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Un dimanche à vélo dans les Ardennes

Après mon article précédent sur une route cyclotouriste dans les Ardennes flamandes, voici un petit compte-rendu de mon excursion de dimanche dernier dans les « vraies » Ardennes belges.

Un petit mot sur ces Ardennes (appelées généralement Ardenne, au singulier, en Belgique francophone). Il s'agit d'un très vieux massif montagneux datant de l'ère primaire (plusieurs centaines de millions d'années), complètement érodé dès l'ère tertiaire, mais qui a subi alors une forte poussée tectonique lui ayant permis d'atteindre sa hauteur d'aujourd'hui (altitude maximale : 694 m au Signal de Botrange). En conséquence, la pente des rivières a augmenté et celles-ci ont creusé les différentes vallées ardennaises, dont l'encaissement prononcé a permis les routes abruptes qui font le régal des cyclistes d'aujourd'hui. En particulier, Liège-Bastogne-Liège, la « Doyenne » des grandes classiques cyclistes, ne serait pas ce qu'elle est sans ces côtes.

La randonnée que j'ai effectuée ce dimanche parcourt (entre autres lieux) deux de ces vallées ardennaises : celles de l'Amblève et de la Vesdre. Il s'agit de la Randonnée Philippe Gilbert, du nom du champion du monde cycliste actuel, Belge natif d'Aywaille, en province de Liège. Cette randonnée proposait trois parcours : 80 km, 135 km et 160 km. Étant actuellement dans une forme médiocre, et n'ayant guère de pratique des bosses ardennaises, j'ai préféré assurer et opter pour le 80 km.

Le point de départ et d'arrivée commun à tous ces parcours est la ville natale de Philippe Gilbert, Aywaille donc, belle cité au bord de l'Amblève, particulièrement active dans le tourisme.

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Aywaille

Quand j'arrive de Bruxelles en voiture, Philippe Gilbert est déjà parti de bonne heure dans sa propre randonnée (sur le grand parcours, ça va de soi), mais comme on le voit il est à l'honneur sur les stands :

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Au départ, je retrouve un autre Philippe, un habitant des lieux et autre passionné de vélo. On va faire le parcours ensemble, lui (bien meilleur que moi) se contentant de suivre mon rythme pour mieux récupérer d'une précédente sortie.

Le temps est sec, mais très froid et venteux. La tenue hivernale est de rigueur alors qu'on est fin avril ! En plus, à peine 3 km après le départ, on attaque la principale difficulté du parcours : la Redoute (pas le magasin !), la côte symbole de la course cycliste Liège-Bastogne-Liège. Elle est située à Remouchamps (localité d'Aywaille) :

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Le peloton des randonneurs s'étire en longueur dans la Redoute…

Un coup d'œil sur son profil vous fera comprendre pourquoi cette Redoute est assez… redoutée :

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Profil de la Redoute, tiré du site « Climbbybike » (cliquer sur l'image pour l'agrandir)…

Chaque printemps, lors de Liège-Bastogne-Liège, les fans de cyclisme (dont bon nombre de Hollandais) se ruent en masse pour voir passer les coureurs :


Ascension de la Redoute lors de Liège-Bastogne-Liège 2011 (vainqueur Gilbert !).

Le sommet est bienvenu, en ce qui me concerne. Je n'ai jamais apprécié de grimper « à froid », encore moins sur des pourcentages pareils !

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Votre serviteur sur la Redoute, vers le sommet. Belle vue… à l'arrière.

Après la Redoute, suivent deux côtes de moindre ampleur : la courte côte de Hornay à Sprimont et celle des Forges à Gomzée-Andoumont (localité de Sprimont). Au sommet de celle-ci se trouve une stèle dédiée au champion cycliste belge Stan Ockers, champion du monde en 1955 et vainqueur de la Doyenne la même année, décédé en 1957 sur chute au vélodrome d'Anvers.

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La belle stèle en l'honneur de Stan Ockers.

Ensuite le parcours quitte l'Ardenne pour entrer dans la banlieue sud de Liège. On grimpe la longue côte de Fléron dans la localité du même nom, puis toujours à Fléron la rue Joseph Leclercq, un drôle de talus slalomant au milieu des maisons, et puis un ravitaillement bienvenu après déjà plus de deux heures de route.

En repartant du ravitaillement, nous sommes victimes d'une (mauvaise) blague : un plaisantin quelconque a trafiqué les flèches du parcours, nous envoyant nous balader, Philippe et moi, dans une côte non prévue par le parcours : la bien nommée « Haute folie », à Vaux-sous-Chèvremont, dont voici le profil…

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La Haute folie (profil sur Climbbybike). Rouge toujours !

Heureusement, Philippe est du coin, donc après cette horreur digne de la Redoute on parvient vite à retrouver le parcours normal.

Suit une longue côte régulière et pas très pentue, poétiquement appelée « Fond des cris » dans la ville thermale de Chaudfontaine (c'est de là que vient la boisson du même nom). Et puis, une quinzaine de kilomètres plus loin, le parcours revient en Ardenne et sur le territoire d'Aywaille, pour attaquer la deuxième vedette prévue de la journée : la côte de Chambralles.

Cette côte à la route étroite, sinueuse, champêtre et… très pentue, présente une curiosité géologique : les nombreuses stries verticales des rochers de ses falaises, lesquelles évoquent tant le pain coupé qu'on leur a donné le nom de « tartines ».

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Quelques « tartines » de Chambralles.

Côté sportif, là aussi l'image du profil vaut mieux qu'un long discours :

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Profil de la côte de Chambralles, de Climbbybike (cliquer dessus pour agrandir).

Peu de courses semblent passer par là, sans doute à cause de l'étroitesse de la route, mais Chambralles est néanmoins célèbre dans le milieu cycliste belge. En voici une vidéo amateur, récoltée sur YouTube :


Vidéo amateur de la côte de Chambralles.

Pour ma part, c'est l'endroit que choisissent les crampes pour m'assaillir, à la cuisse et au mollet droits. Je parviens à ne pas mettre pied à terre, mais, comme on dit, je le sens passer !

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Chambralles, ça fait mal !

Heureusement, c'est l'avant-dernière difficulté. Reste à avaler la côte de Niaster, bien moins pentue et même très agréable à grimper (ces fichues crampes ont bien voulu disparaître) :

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Du côté de Niaster.

Et là, retour à Aywaille… où Philippe Gilbert est déjà rentré de sa balade sur le circuit long de 160 bornes ! Ouf, c'est terminé. Me reste à retourner me changer dans ma voiture et repartir à Bruxelles (1 h 30 de route). Et là, nouvelle (très) mauvaise surprise : la batterie de ma voiture est à plat ! Ma faute, ma toute grande faute : j'ai tout bêtement oublié d'éteindre mes phares, le coup classique… Heureusement, Philippe, mon compagnon de sortie, a les câbles qu'il faut dans sa voiture pour permettre à la mienne de redémarrer… Je me voyais déjà devoir passer la nuit à Aywaille alors que je devais donner cours le lendemain matin à Bruxelles ! Décidément cette journée aura été mémorable à plus d'un titre…

Voilà, voilà, fin de l'excursion ardennaise, en espérant qu'elle vous aura donné quelque peu envie d'y faire un tour… sur deux roues sans moteur, hein !

8 commentaires
1)
fxc
, le 02.05.2013 à 01:13
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“Hawaï” avec l’accent régional est une superbe petite ville de chez nous,faut être gonflé de ne pas avoir parlé de ses vahinés…. (:D

2)
guru
, le 02.05.2013 à 03:48
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Merci Franck, depuis le Vietnam, à la frontiére chinoise, ça fait du bien cette évocation de ma région natale… Qu’est-ce que les boulets sauce lapin me manquent ici!

3)
Franck Pastor
, le 02.05.2013 à 09:21
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Fxc : houla, ça me rajeunit pas la vidéo ! :-) Alors quoi, cette levure serait fabriquée à Aywaille ?

Guru : la prochaine fois, faudra que je prenne le temps de déguster ça… Difficile d’être plus loin de ses racines que toi en effet. En compensation, tu pourrais peut-être nous faire un article sur les spécialités culinaires vietnamiennes ? :-)

4)
zit
, le 02.05.2013 à 10:56
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Ah bin moi, c’est pareil, une côte comme ça, à sec, sans au moins 10 bornes dans les pattes avant, c’est un truc à me cramer pour la journée… Je suis plutôt diesel, comme cycliste, et de toutes façons, je ne suis pas certain que j’aurais pu passer la portion à 17 % avec mon développement mini actuel (30 – 30), vu que j’ai coincé au bout de 200 m dans une côte à 16 %; d’ailleurs, je pense suivre ton exemple et très vite essayer de mettre un 24 ou un 26 devant, pour pouvoir passer partout, en moulinant tranquillement (d’autant que mon enclume de près de 20 kg me permet de pédaler bien plus longtemps sans fatiguer, et surtout, en côte, je suis beaucoup moins vite dans le rouge du point de vue respiratoire, comme avant en VD : ce sont les gambettes qui chauffent en premier j’ai donc bon espoir qu’avec un peu d’entrainement, je puisse attaquer n’importe quel col, et comme, contrairement au VD, je prends un panard absolu en descente, vivement cet été et les petites pentes aux alentours d’Habère Poche ;o).

J’ai fait une petite sortie de 80 Km il y a 10 jours, mais presque sans côtes, juste un chemin forestier que j’ai passé bien plus facilement que je ne l’aurais crû à le voir, et une montée bien raide mais assez courte (moins de 500 m) au retour. Faudrait vraiment que j’aille faire une promenade dans la vallée de Chevreuse.

z (très jolies, les tartines de Chambralles, je répêêêêêêêêêête : pas trop indigestes ?)

7)
Divama
, le 02.05.2013 à 14:33
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J’ai fait le même parcours (j’habite la région). Merci pour ce reportage très juste et très réussit.

8)
Franck Pastor
, le 05.05.2013 à 12:28
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Merci à vous pour les compliments ! :-)

Zit : si le VD c’est le vélo droit, il faut dire VC pour vélo couché ? Faudrait pas penser à mal :-))

Pour ce qui est de mettre un plus petit plateau, je suis d’accord, ne serait qu’à cause du poids de la machine. Tu peux peut-être aussi augmenter le nombre de dents à l’arrière : Shimano et Sram proposent des cassettes 10 vitesses de 32 dents maxi sur la route, maintenant.