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Amazon présente le Kindle Fire…

Mercredi dernier, de nouveaux produits sont venus étoffer la famille Kindle.

Kindle, ça ne vous dit rien? Pour ceux qui n’auraient pas suivi (bah oui, on peut pas être partout…), le Kindle est le lecteur électronique d’Amazon. C’est une tablette qui permet de lire des livres achetés sur le fameux site de vente en ligne, ou ailleurs.

Avant de se pencher sur ces nouveaux produits, il faut savoir qu’Amazon n’en est pas à son coup d’essai: la première version du Kindle est sortie en novembre 2007. Déjà à l’époque, les fonctionnalités de ce lecteur étaient très intéressantes:

  • Navigation, achat et téléchargement de livres
  • … et de magazines, au total 800’000 livres, journaux et magazines (à l’époque!)
  • Un écran “e-ink” noir et blanc sur lequel je vais revenir
  • Très léger (moins de 300 grammes)
  • Une énorme autonomie
  • Accès à Wikipedia

L’écran du Kindle était sans doute le point qui a beaucoup fait parler. Basé sur une technologie d’encre électronique, il permettait de lire facilement même en pleine lumière… mais n’était pas rétro-éclairé… un peu comme un vrai livre, en fait.

Ce premier Kindle ne s’est vendu qu’aux USA, mais il a été suivi par plusieurs autres versions, améliorant le produit à chaque fois, et gardant l’idée de l’écran e-ink, promesse d’une autonomie hors du commun. L’avant-dernière version du produit, le Kindle 3, annonçait fièrement 2 mois(!) d’autonomie avec le wifi éteint.

Ces différentes tablettes ont reçu de bonnes critiques, et pour cause: il s’agit d’un bon produit. La plupart des articles que j’ai lu à ce sujet ces dernières années étaient très positifs. Personnellement, j’ai eu plusieurs Kindle différents en main et j’ai été plutôt séduit. Les boutons sur le côté, qui permettent de tourner la page, ne sont certes pas très agréable (un comble: on les utilise sans cesse!) mais l’ensemble tient vraiment bien la route . L’intégration entre les Kindle et le site d’Amazon est souvent citée en exemple. Un livre peut être immédiatement envoyé vers l’appareil lors de l’achat sur le site.

L’ajout d’ouvrages sur l’appareil est également possible via d’autres canaux que le site d’Amazon. En particulier, Amazon a mis en place un système qui permet à des auteurs indépendants de publier leurs livres. Ce système a eu beaucoup de succès, au point de surnommer certains de ces auteurs les Kindle 99cents millionaires.

Le Kindle Fire

Venons-on maintenant aux nouveaux produits. Amazon offre maintenant 6 versions de son lecteur. C’est la version haut de gamme, nommée “Kindle Fire” qui est la plus intéressante, vous allez comprendre.

Cette tablette offre un écran couleur et multi-touch de 7 pouces. Elle tourne sur une version d’Android développée par Amazon (détail important, on va en parler…), comprend un accès à l’AppStore d’Amazon, un client mail, un navigateur Web, et un accès à l’impressionnant catalogue du site web: 18 millions de films, séries TV, chansons, magazines, livres… il y a de quoi faire!

… et cette tablette est vendue 199 USD.

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Autant vous le dire tout de suite: nous sommes en face de la première tablette Android qui a une chance d’être un succès commercial.

Android OS: oui mais non

Android, il ne faut pas le dire trop vite. Amazon a pris le parti de développer sa propre version du système d’exploitation, basée sur une ancienne version open source. Ancienne? Oui, oui… le système n’est plus vraiment ouvert. Google a annoncé il y a quelques mois que le code de la dernière version ne serait pas disponible.

Mais ce n’est pas tout. Depuis le début, tout le monde ne peut pas créer son propre appareil sous Android sans contraintes. La définition d’”ouvert” et de “libre” de Google doit être nuancée. À l’époque où le code était disponible, n’importe qui pouvait effectivement diriger son navigateur vers le projet open source, télécharger le code et l’utiliser.

Par contre, pour fabriquer et commercialiser un appareil “compatible Android”, il est nécessaire d’obtenir l’aval de Google. Sans ça, interdiction d’utiliser le nom “Android” dans sa communication, et interdiction d’utiliser les services de Google, tel l’Android Market, sur le téléphone. Sans Android Market, pas d’écosystème Android… et l’intérêt de l’appareil est en chute libre. Google utilise d’ailleurs cette obligation d’obtenir leur licence comme moyen de pression face aux opérateurs et fabricants d’appareils.

Android sans Google? C’est pourtant bien ce qu’a fait Amazon.

Ils ont repris le code open source du système d’exploitation et l’ont adapté à leur tablette. N’oublions pas qu’Amazon n’est pas juste une grosse FNAC: leur infrastructure est réputée, et leurs équipes techniques n’ont rien d’amateurs: ils sont assez solides pour créer et maintenir leur propre version d’Android.

Mais il n’y a pas que ça: le Kindle Fire accède à l’Amazon Appstore.

Lorsque l’Amazon Appstore a été lancé, au début de l’année, c’était évident que c’était la seule alternative crédible au Market d’Android. La visibilité d’Amazon chez les consommateurs est inégalée! Actuellement, l’Appstore d’Amazon compte un peu plus de 10’000 applications. C’est pas beaucoup, mais Amazon n’a encore vendu aucun produit qui installe ce store par défaut! Ce nombre va augmenter, c’est certain. Ce magasin en ligne n’est pas utilisé par énormément de gens, mais il a déjà montré son poids: c’est ses créateurs et ses utilisateurs qui ont fait reculer AT&T, géant des télécommunications aux USA lorsqu’ils ont tenté d’interdire le téléchargement d’applications provenant de magasins autre que l’Android Market.

Ce que fait Amazon, c’est de s’approprier l’un des produits “clé” de Google, et de le retourner contre eux. Tous les articles que j’ai lu ces derniers jours sur ce système sont unanimes: ce système est une réussite. Amazon ne reviendra plus en arrière, et n’a plus besoin des développeurs de Google: ils ont maintenant leur propre système d’exploitation, taillé sur mesure pour leur matériel. Que pense Google de tout cela? Michael Mace le résume très bien:

Let’s look at the press release Google issued today to welcome Amazon to the Android family. Wait a minute, there is no press release. Okay, so let’s look on the Google blog. Nothing at all. Maybe a tweet from Andy Rubin? Dead silence.

Jetons un oeil au communiqué de presse qu’a sorti Google aujourd’hui pour souhaiter la bienvenue à Amazon dans la famille Android. Attendez une minute, il n’y a pas de communiqué de press. Ok, regardons le blog de Google. Rien du tout. Peut-être un tweet d’Andy Rubin? Un silence de mort.

Google voit très mal l’arrivée d’un acteur aussi puissant qu’Amazon dans un rôle de développeur indépendant.

Résumons: une visibilité mondiale, un système d’exploitation solide et réussi, et un énorme catalogue de médias: le Kindle Fire a les atouts qu’aucun autre fabriquant de tablette Android n’a eu jusqu’à maintenant. Les Motorola, Samsung et RIM et les autres fabricants des 32(!) tablettes sorties depuis l’iPad ont tous poursuivi la tablette d’Apple en essayant d’égaler ses caractéristiques et son prix sans vraiment y arriver. On a vu des tablettes avec les mêmes specs que l’iPad, vendues plus cher, des tablettes moins performantes vendues au même prix… Les économies d’échelle sur lesquelles s’appuie Apple lui permettent de vendre leur tablette à un prix difficile à suivre pour ses concurrents.

Je lisais il y a quelques temps un article à propos du marché des tablette dont le titre était: Pourquoi devrais-je acheter cette tablette plutôt qu’un iPad?. L’auteur écrivait qu’aucune tablette n’avait offert de réponse intéressante à cette question alors que de nombreuses possibilités existent. Deux réponses possibles étaient “Je donne accès à un meilleur service de divertissement”, et “Je suis nettement moins cher”.

Le Kindle Fire répond à cette question simplement: la tablette est effectivement bien moins chère, offre moins de possibilités mais ouvre l’accès à un contenu qui rivalise avec celui d’Apple (moins d’applications, mais nettement plus de livres et de films). Ajoutons à cela que des millions d’utilisateurs profitent déjà d’un Kindle et on retrouve une situations connue: les utilisateurs d’iPods qui ont acheté un iPhone… ou les utilisateurs d’iPhone qui ont acheté un iPad… et ne parlons pas des masses de gens qui, après avoir acheté un iPhone on acheté un Mac! Un bon produit fait vendre ses “petits frères”.

Un concurrent de l’iPad?

Malgré les apparences, je ne crois pas qu’Amazon propose un concurrent à l’iPad. Pour réaliser cela, il faut penser aux deux entreprises qui commercialisent les tablettes.

D’un côté, Amazon. Un vendeur de médias, qui fabrique aussi un appareil pour augmenter la consommation des médias qu’il vend. Personne ne pense au Kindle Fire comme un “ordinateur basique”: le Kindle Fire est une tablette d’entrée de gamme dont le rôle est de conduire les utilisateurs vers le business principal de son fabriquant. Vu son prix, je ne serais pas étonné d’apprendre qu’Amazon ne fait pas de bénéfice sur la vente de ses Kindles: ce n’est pas le but. Des articles commencent d’ailleurs à fleurir concernent même une légère perte financière à chaque vente.

De l’autre côté, Apple. Un vendeur de matériel qui maintient à côté un magasin en ligne pour son matériel. L’iPad vise le haut de gamme et son rôle va au delà de la consommation de médias. Les magasins en ligne d’Apple ne sont pas un business principal et ne représentent qu’une petite part du bénéfice de la société. Ils sont ce que le Kindle est à Amazon.

Les deux entreprises attaquent le marché en s’appuyant sur leur forces respectives. Forces qu’aucun autre fabriquant de tablette n’a eu jusqu’ici. Le Kindle est une sorte de “media center portable” alors qu’Apple est nettement plus ambitieuse quant aux utilisations possibles de sa tablette. Apple tente de redéfinir l’ordinateur dans un nouveau type de matériel. Amazon tente de redéfinir la distribution de contenu multimédia.

L’évolution du produit est également une différence qui démontre que ces deux appareils ne sont pas concurrents. Amazon a conçu sa tablette comme un “minimum vital” pour consommer du contenu confortablement. Je suis persuadé qu’on ne verra pas des Kindle Fire 2 et 3 débarquer prochainement: Pour Amazon, le besoin est satisfait. Apple est à l’opposé de cet état d’esprit, et on peut imaginer facilement qu’elle fera évoluer sa tablette plus rapidement qu’Amazon. Leur communication à ce sujet est claire et nette: It’s just getting started.

Le Kindle n’a-t-il donc pas de concurrent? Chez nous, pas vraiment. Mais aux USA, oui:

image

Image tirée de l’excellent This is my next

Si j’étais Barnes et Noble, fabricants du Nook, j’aurais une goutte de sueur sur le haut du front. On remarque que, au niveau des caractéristiques, le Kindle Fire n’est clairement pas taillé pour concurrencer l’iPad, mais se positionne juste au dessus du Nook.

Conclusion

En tant que consommateurs au sens large (utilisateur Mac ou Windows, iPhone ou Android, etc…), nous pouvons tous nous réjouir de la sortie du Kindle Fire.

Steve Jobs le disait lors de l’introduction de l’iPad: il y a un territoire inexploré entre le smartphone et l’ordinateur portable. L’iPad et le Kindle Fire sont deux tentatives très réussies d’occuper une partie de ce territoire.

L’accès mobile à nos données est depuis quelques années un thème central de l’informatique grand public… et cet accès sera toujours plus important dans nos vies quotidiennes. Acheteurs d’iPad ou de Kindle Fire, ou d’aucun des deux: nous avons tous intérêt à ce que ces appareils évoluent dans différentes directions, parce que d’ici quelques années, nous en aurons tous un! :-)

25 commentaires
1)
ToTheEnd
, le 04.10.2011 à 01:20
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Perso, je pense que c’est ni plus ni moins qu’un Android…. C’est juste qu’ils ne veulent pas le dire et pour cause… Trop de concurrence. Avec cet appareil, amazon à le contrôle sur Google et ce qu’ils affichent, traquent, filtrent, etc. Ça va faire mal mais pas forcément pour la première victime à laquelle on pense (Apple).

Amazon compte vendre ces appareils à perte pour fourguer son contenu et je pense que l’entreprise est risquée car on en est au début et à ce petit jeu, celui qui a le meilleur contenu, c’est Apple.

D’ici quelques mois, nous devrions avoir une vision plus précise de ce qui a réussi, réussit et réussira… HP et RIM ne font pas partie de ceux qui vont réussir.

2)
ptinutz
, le 04.10.2011 à 01:25
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Mmmmh tentant… C’est à peu près ce qui m’intéressait le plus dans une tablette lire des livres, lire des pdfs et j’avoue que les pdfs en question j’avais besoin de la couleur… Dommage qu’il n’y aie pas moyen d’avoir les mains sur l’objet avant d’acheter…

Pour le contenu Video c’est vrai qu’itunes a un meilleur catalogue, mais en ce qui concerne les livres, Amazon tient le pavé… Je ne sais plus qui avait fait l’article, mais l’idée de pouvoir emmener avec moi une dizaine de livre pour 300g d’électronique, c’est tentant…

3)
Inconnu
, le 04.10.2011 à 06:43
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Je n’ai pas d’avis sur le Kindle Fire, si ce n’est que je partage le sentiment de Sébastien: Amazon est une société très capable en terme de développement de produits. Au sujet du contenu, je suis un utilisateur de Kindle depuis presque 3 ans. Et je souffre de l’absence de contenu en français. Je me traine encore mon vieux Sony reader, qui tient mal la comparaison en terme d’ergonomie et d’autonomie face au Kindle. Quand à l’iPad, l’écran est parfait pour la vidéo et jouer à Angry Birds. J’ai essayé de lire un livre dessus, c’est une horreur.

4)
Mirou
, le 04.10.2011 à 08:46
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Une question même pas tout à fait hors sujet pour les Romands qui passent par là:

Je trouve extraordinairement compliqué de trouver des livres en français, en téléchargement légal. L’offre me semble peu fournie, les sites mal fichus. iBooks mélange les livres français et allemands, Payot, Fnac, etc n’ont jamais ce que je cherche (et en plus ça me semble bien compliqué d’ensuite lire leurs livres sur iPad), et Kindle est résolument anglophone.

Donc. Compatriotes romands, est-ce que vous lisez des livres électroniques, et si oui, où les trouvez-vous ?

5)
rIO
, le 04.10.2011 à 09:06
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ouaip, enfin un detail: la derniere version d’android (Honeycomb) n’a pas ete ouverte, pour la simple raison qu’elle etait faite uniquement pour les tablettes (pour gagner du temps dans le developement). Et que Google a decide qu’ouvrir le code source de cette version conduirait a avoir une floppee de telephones android qui utiliserait cette version (histoire commercialement de dire “on a la derniere version”). Version absolument pas prevue pour tourner sur telephone, qui donc fournirait une experience mediocre, d’ou la decision. Raisonnement correct ou non, il n’a jamais ete question de fermer le code source d’android.

La version suivante, ICS, fait donc l’union tablette-telephone et marche sur les deux. Et cette version sera ouverte, dixit Andy Rubin.

Quand au nom Android, il est libre d’utilisation—ce qui n’est pas libre c’est l’utilisation du label “Google Experience”. Pour obtenir cela il faut passer un certain nombre de tests verifiant que la version d’android testee ne differe pas du canon en termes d’api et de fonctionalitees. En echange, cela donne acces aux logiciels Google (GMail, Maps, Market, etc.)

6)
jokef
, le 04.10.2011 à 09:52
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@Mirou,

c’est vrai que iBooks, c’est nul pour trouver des livres en français, au moins aussi nul que l’Apple TV pour les films (en français). Perso je n’ai pas encore acheté de bouquin électronique chez Payot ou à la FNAC et je ne sais pas comment ils fonctionnent. Par contre j’achète assez régulièrement des e-books en Suédois directement dans une libraire en ligne suédoise (bokus.se), vu la distance c’est plus rapide et le choix est vaste. Je peux les lire dans leur application surt iPad, mais elle ne vaut pas iBooks. Mais comme je reçois un lien de téléchargement par mail, en plus du téléchargement direct dans l’application de Bokus, je peux l’ouvrir facilement dans iBooks.

Quant à la lecture sur iPad, même pour les bouqins, je m’y suis fait. Et on évite de déranger sa voisine ou son voisin dans le lit ;-) Moins de lumière et moins de bruit lorsque l’on tourne les pages…

7)
Sébastien Pennec
, le 04.10.2011 à 10:29
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rIO,

On peut croire ou pas les raisons données par Google pour la fermeture du code… Pour ma part, je crois qu’ils ont vu le problème d’avoir leur code qui se balade chez des opérateurs ou fabriquants d’appareils qui font du mal à leur travail. Il y a quelques jours, on a bien trouvé une faille de sécurité sur les téléphones HTC.. dans du code ajouté par le fabriquant! Et on ne parle pas des mises à jour retardées ou jamais fournies par les opérateurs. En Suisse, je connais une personne avec un HTC chez Sunrise qui a attendu des mois avant d’obtenir une mise à jour qu’avait sortie Google.

Le nom protégé est bien Android… je t’invite à lire la page Branding du site Android.com:

Any name with ‘Android’ alone may not be used in a name without permission.

Mais au delà du nom, qui n’est pas le plus important: sans la bénédiction de Google, pas d’Android Market, donc gros désavantage pour le fabriquant.

8)
FT'e
, le 04.10.2011 à 12:03
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Sébastien le dit bien, le Kindle Fire est intéressant pour le contenu proposé par Amazon, et c’est ce contenu qui fait la force du Fire.

Avez-vous remarqué qu’à aucun moment Amazon n’utilise le mot tablette à propos du Kindle Fire ? C’est un Kindle. Pas une tablette. Et il a en effet les caractéristiques d’un Kindle polyvalent et non d’un iPad. Il n’entre pas en concurrence avec l’iPad.

Avez-vous aussi remarqué l’absence totale de réaction de Google ? Rien, nada, nulle part, ni officiel ni officieux.

Le Fire n’est pas une tablette, le Fire n’est pas Android… le Fire est une fenêtre ouverte sur le contenu et l’infrastructure Amazon, et toute la communication d’Amazon le montre (ainsi que l’absence de communication de Google).

Petite considération perso : ce n’est pas et de loin un iPad, et ce n’est pas non plus un Kindle e-ink haut de gamme. Un écran e-ink offre un confort de lecture très supérieur, sans parler de l’autonomie. Mais le Fire sera sans doute un grand succès commercial, à défaut d’être un grand succès financier (m’étonnerait qu’Amazon gagne beaucoup sur un Fire, s’ils ne perdent pas d’argent).

Cette tablette est la seule qui m’ait intéressé assez pour me faire blogger à son sujet, c’est dire :))

9)
Anne Cuneo
, le 04.10.2011 à 14:16
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Lorsque je suis en voyage, je suis devenue une grand utilisatrice de Kindle – mais sur mon iPhone. Sur le iPhone 4, la lecture est aisée, et peu fatigante (pour moi, en tout cas); les longs trajets et les attentes, avec mon seul téléphone dans ma poche pour lire, c’est trop bien. Il est vrai que je lis aisément l’anglais, et que je cherche surtout dans les livres anglais. Néanmoins, j’ai une bonne partie des oeuvres d’Alexandre Dumas (mon auteur fétiche), gratuites par-dessus le marché. J’ai aussi, mais en anglais, tout Sherlock Holmes, que je suis en train de lire dans l’ordre, ce qui donne une vision différente de l’oeuvre de Conan Doyle. Tout ça dans mon téléphone.

Je raconte ce qui précède pour poser ma question: je ne vois pas le besoin de vendre à perte une tablette qui ne concurrencera, à mon avis, ni l’iPhone, ni l’iPad, ni les autres tablettes, sur lesquelles on peut télécharger les livres numériques de Kindle. Les contenus sont disponibles partout avec une interface pratique pour la lecture – à quoi bon une tablette spécifique, aussi bien faite soit-elle?

Avec iBooks, je n’ai fait que de mauvaises expériences lorsque j’ai tenté le téléchargement de bouquins, quelle que soit la langue.

11)
FT'e
, le 04.10.2011 à 15:14
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À quand un Kindle avec un clavier français ?

A mon avis, la question à poser serait : À quand un Kindle chez Amazon.fr ?

Je me demande si le faible taux de pénétration des ebooks en France est une conséquence de l’absence de la boutique Kindle sur Amazon.fr, ou l’inverse… Il sera intéressant de voir l’évolution des ventes lorsque Amazon se décidera. Tiens, d’ailleurs, pourquoi dois-je acheter mes livres Kindle en français chez Amazon.com (ou Amazon.de, mais merci la convivialité de navigation pour quelqu’un qui ne cause pas allemand) plutôt qu’Amazon.fr ? Crétin ça. Du coup je lis 10 livres en anglais pour 1 en français.

12)
Sébastien Pennec
, le 04.10.2011 à 15:17
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Anne,

Cette tablette ne sert pas juste à lire des livres mais, comme le dit FT’e, c’est une fenêtre ouverte sur le contenu entier d’Amazon: musique, films, etc… Les applications “Kindle” sur iPhone/iPad n’ont pas ces possibilités… et risquent de ne pas les avoir, pour donner une bonne occasion à leurs utilisateurs d’acheter un Kindle.

13)
Anne Cuneo
, le 04.10.2011 à 15:27
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Les applications “Kindle” sur iPhone/iPad n’ont pas ces possibilités… et risquent de ne pas les avoir, pour donner une bonne occasion à leurs utilisateurs d’acheter un Kindle.

Oui, d’accord, Sébastien. Mais qu’ai-je besoin des autres possibilités? Je peux atteindre Amazon sur mon ordinateur, sur mon iPad, sur mon iPhone, et pourquoi achèterai-je un outil informatique (payant!) fourni par Amazon sous prétexte que ça me facilite l’accès à son catalogue?

Autant te dire que sauf rare exception, je n’achète pas mes livres sur Amazon. Sauf rarissime exception pas non plus la musique et les films. J’ai des sources diverses.

Si j’étais une cliente assidue d’Amazon, encore… Et je demande à discuter, même là-dessus. Mais pour quelqu’un qui lit (et plus haut il était essentiellement question de lecture), je trouve Kindle un système commode, mais la tablette Kindle ne me sert à rien.

14)
Sébastien Pennec
, le 04.10.2011 à 15:34
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Ah mais tu as tout à fait raison sur un point: si ton intérêt est centré sur les livres, les applications Kindle sont très bonnes, et tu n’as absolument pas besoin d’un Kindle Fire.

Par contre, la tendance générale en terme de consommation de médias, c’est la “livraison” par le net. C’est à ça que ressemble le futur proche… et il y a fort à parier que les gens qui, maintenant, achètent de la musique et des films sur Amazon en streaming sont très tentés par cette tablette.

ps: “consommation de médias” est vraiment une expression horrible, j’ai de la peine à m’y faire…

15)
zit
, le 04.10.2011 à 16:08
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Dans le genre, mais apparemment, beaucoup plus puissant : le BOOK

z (de retour de la campagne, je répêêêêêêêêêêêête : la ville, ça pue !)

16)
pat3
, le 04.10.2011 à 16:19
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D’accord avec Sébastien pour dire que

nous sommes en face de la première tablette Android qui a une chance d’être un succès commercial.

Mais tout aussi d’accord avec Anne, pour constater que je ne serais sans doute pas client, du fait que le modèle économique sous-jacent ne me correspond pas:
– je n’achète rien en streaming (pire, je ne regarde rien en streaming, de légal ou d’illégal), je tiens trop à la liberté acquise avec le magnétoscope: tu regardes quand tu veux, comme tu veux;
– je suis un acheteur assidu sur Amazon, tant les conditions de livraison sont inégalées; mais je n’y achète que du “dur” (ou presque: deux albums en trois ans, dont un pour ma fille dont le CD était rayé); or, le Kindle est fait pour l’achat dématérialisé; – je subodore que le prix des produits Amazon ne va pas être si bon marché que ça: à, disons, 5 euros le film en streaming, le bouquin au prix du papier (en France, d’où je pense le renvoi aux calendes du Kindle Fire ici), et je ne sais quel prix pour le jeu (mais avec un Kindle Fire double point au lieu de multipoint, on risque d’être légèrement déçu au niveau du gameplay), on commence à avoir plein de raison de se dire… qu’est-ce qu’on va bien pouvoir mettre sur son Kindle sans vider son porteuf?
– enfin, 8 go de stockage seulement, rien sur la possibilité de stocker ses fichiers non achetés sur Amazon (qu’est-ce qu’une tablette sur laquelle je ne peux pas mettre mes propres photos et films?)…

Bref, autant je salue le Kindle comme la vraie première alternative à l’iPad, autant je pense que les deux sont complémentaires plutôt que concurrents.
Mais, en proposant enfin un écosystème, Amazon peut piquer à l’iPad des clients potentiels (enfin, presque: ceux qui étaient rebutés par le prix et qui ont d’autres raisons plus terre à terre de casser ou de ne pas casser leur tirelire), et ce faisant, attaquer ne serait-ce qu’un peu la part de marché d’Apple; honnêtement, j’aimerais que ce soit le cas, c’est le seul moyen pour qu’Apple baisse un peu le ticket d’entrée de leur tablette…

17)
rIO
, le 04.10.2011 à 17:21
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Sébastien Pennec

Le nom protégé est bien Android…

Au temps pour moi! j’était persuadé que Google ne controlait que l’attribution du “Google Experience” et que le nom Android était donné a l’open handset alliance.

On peut croire ou pas les raisons données par Google pour la fermeture du code…

Il n’y a pas de raison de douter de ce que Google a publiquement dit, redit et repete: Honeycomb n’a pas ete ouvert car une version intermediaire ne fonctionnant pas sur telephone, et le code source d’ICS sera ouvert. Quand au boulot des fabricants, c’est une toute autre histoire (mais ca confirme a mon avis la bonne decision de Google de ne pas ouvrir Honeycomb).

Mais au delà du nom, qui n’est pas le plus important: sans la bénédiction de Google, pas d’Android Market, donc gros désavantage pour le fabriquant.

Clairement. Et c’est pour ca que l’annonce d’Amazon est interessante. Je pense que leur interet (pour le moment) n’est pas de casser la compatibilite avec la version “Google” d’android—c’est mieux pour eux de faciliter la venue d’applications: leur but c’est qu’un maximum de gens puissent acceder aux contenus Amazon (film, livres), d’ou la vente a perte de la tablette Fire. Dans l’immediat Amazon contribuera probablement au succes d’Android, et je ne les vois pas faire un vrai “fork” d’Android.

Par contre, d’ici 2-3 ans, si leur plateforme prends suffisamment de parts de marché (ce qui est plus que plausible), la… on verra. Les choses vont etre interessantes. En tous les cas, la tablette d’Amazon est la premiere a repondre a la question “pourquoi elle et pas un iPad” de facon viable.

18)
Guillôme
, le 04.10.2011 à 18:09
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Merci Sébastien pour cet article de qualité, bien documenté et qui m’a appris plein de choses :)

à quoi bon une tablette spécifique, aussi bien faite soit-elle?

Tout simplement pour enfermer le consommateur dans l’écosystème Amazon ;)

Ceci dit un point n’a pas été évoqué, ce sont les drm associés au contenu Amazon, en tout cas, sauf erreur, les livres commerciaux!

N’ayant jamais acheté de la musique avec drm, je me vois mal acheter un livre avec drm.

Pourquoi empêcher ce que la technique permet (copie, impression, transfert, changement de support, revente, prêt…) et qui facilite la vie de l’acheteur?

Encore une fois, on se trompe de cible en bridant et bloquant l’acheteur d’autant que les usages possibles avec le livre papier sont supprimés artificiellement avec le livre numérique avec l’argument à mon sens factice du piratage!

19)
henrif
, le 04.10.2011 à 18:29
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Sébastien Pennec a conclu :

parce que d’ici quelques années, nous en aurons tous un!

Ben non justement ! Merci à Zit pour le lien. :-)

PS : coïncidence, je cite “à la main” juste derrière Guillôme qui essaye toujours de nous convaincre que l’on peut citer quelqu’un en commentaire en faisant du Latex. A propos, on ne peut toujours pas faire un simple retour à la ligne dans les commentaires. Non, toujours pas !

20)
Sébastien Pennec
, le 04.10.2011 à 18:46
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Il n’y a pas de raison de douter de ce que Google a publiquement dit

Pas d’accord. Tout comme ce que dit Apple ou n’importe quelle autre entreprise. Il y a la raison réelle, et la raison que l’on donne au grand public. Parfois ces deux raisons sont le mêmes. Parfois seulement.

Quand au boulot des fabricants, c’est une toute autre histoire (mais ca confirme a mon avis la bonne decision de Google de ne pas ouvrir Honeycomb).

Justement! Je crois qu’ils ont compris les limites de l’ouverture du code… Et qu’il y a de bonnes chances pour que leur raisonnement reste le même plus tard. L’open source a plein d’avantages. J’ai moi-même été développeur à plein temps sur des logiciels open source et j’ai pu voir de mes yeux les bienfaits du modèle. Par contre, je pense que suivant la situation, l’open source est un mauvais modèle. Android est une bonne illustration de cette mauvaise situation.

Google met beaucoup d’efforts et d’intelligence dans un système d’exploitation et laisse la porte ouverte à des gens qui ont moins de talent et de surtout de moins bonnes motivations modifier leur travail avant de le passer à l’utilisateur final. Résultat: ce même utilisateur ne sait pas ce qui vient de Google et ce qui a été ajouté après, et attribut les tous les points, bons et mauvais, à Google.

Je pense que leur interet (pour le moment) n’est pas de casser la compatibilite avec la version “Google” d’android

Honnêtement, je crois que c’est trop tard… Ils ont basé leur OS de tablette sur une version 2.2, ou 2.3 si je me souviens bien… version qui n’était pas du tout faite pour ce support. J’imagine que leur code s’est passablement éloigné de celui de Google… qui lui-même est pour l’instant très loin de ce qui pourrait (je crois que non, mais c’est pour l’exercice) être ouvert dans un futur pas trop lointain. Imagine la différence à ce moment-là… Selon moi ils ne feront plus machine arrière: ils ont leur OS maintenant… Contrairement à toi, je vois ça comme un vrai fork. Sinon ils ne se seraient pas passé de la certification Android, qui est tout de même intéressante. S’ils avaient voulu l’obtenir, ils l’auraient eue.

C’est une discussion très intéressante, merci pour tes commentaires :-)

Guillôme, Est-ce que leur musique contient des DRMs? Je pensais que non, mais il faudrait vérifier. Cela dit, DRM == mauvaise idée, on est d’accord :-)

21)
FT'e
, le 04.10.2011 à 18:51
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Il me semble avoir lu je ne sais plus où qu’une loi (suisse) autorise à contourner une mesure de protection si celle-ci empêche l’utilisation raisonnable de ce qui est protégé.

Les livres protégés d’Amazon se déplombent en un drag-and-drop et 5 secondes.

22)
Anne Cuneo
, le 04.10.2011 à 18:57
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Citation de Anne Cuneo

à quoi bon une tablette spécifique, aussi bien faite soit-elle?

Tout simplement pour enfermer le consommateur dans l’écosystème Amazon ;)

Ben oui, c’est exactement ce que je disais… Je préfère acheter de plusieurs sources, Amazon compris.

23)
rIO
, le 04.10.2011 à 20:23
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Je crois qu’ils ont compris les limites de l’ouverture du code… Et qu’il y a de bonnes chances pour que leur raisonnement reste le même plus tard.

Certes, mais ne pas ouvrir le code a des desavantages pour Google egalement. Je dit juste qu’ils se sont engages publiquement a ouvrir le code d’ICS, et je ne vois pas de raison de douter de cela.

Honnêtement, je crois que c’est trop tard… Ils ont basé leur OS de tablette sur une version 2.2, ou 2.3 si je me souviens bien… version qui n’était pas du tout faite pour ce support. J’imagine que leur code s’est passablement éloigné de celui de Google…

Basé sur 2.3 je crois—la derniere version qui a été ouverte. Mais ce qui est interessant, c’est que n’importe quelle applicaton android actuelle peut tourner sur leur tablette, et je pense que c’est leur interet de conserver cela. L’UI / shell presentee a l’utilisateur peut changer, ce n’est pas le plus important.

Contrairement à toi, je vois ça comme un vrai fork. Sinon ils ne se seraient pas passé de la certification Android, qui est tout de même intéressante. S’ils avaient voulu l’obtenir, ils l’auraient eue.

Pas forcement, parce que certes cela leur aurait ouvert les portes de certaines applis Google, mais ca les aurait aussi forcé a avoir le Market google—et ca, forcement, ca les interesse beaucoup moins!

Bref, on verra, mais l’epoque est interessante.

24)
Sébastien Pennec
, le 04.10.2011 à 20:44
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ca les aurait aussi forcé a avoir le Market google

Ah c’est une question intéressante, ça: est-ce que tu es obligé d’utiliser le Market si tu es dans l’écosystème Android?

Je pensais que l’aval de Google te permettais d’utiliser leurs produits si tu en avais envie… là, tu parles d’obligation…