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Résultats pour l'auteur: Okazou
1371 commentaires trouvés.
Article: Tcheu la honte… d’être suisse

« Note à Okazou : Tu as vu Bigalo en #85 a fait un commentaire plus long que tu n’en a jamais fait  »

Ce que j’ai vu, avant tout, c’est que Bigalo, lorsqu’il ne se pose pas en tant que sujet principal, tient des propos que je pourrais partager. À part, tout de même, le fait que je ne considère pas la religion comme une maladie mentale.

Article: Tcheu la honte… d’être suisse

« je considère que la meilleure réponse qu’auraient pu apporter nos amis Suisses à cette votation n’était ni oui, ni non mais un abstention massive. »

À ce propos, le vote blanc (que je préfère à l’abstention) est-il reconnu comme l’expression d’une opinion en Suisse ou est-il amalgamé aux votes nuls comme en France ?

Article: Tcheu la honte… d’être suisse

Le Grand démocrate a parlé :

Le Monde cite Le Temps

Voilà l’homme politique qui monte en France. Libéral revendiqué avec force, ce Grand démocrate recommande, une fois de plus, de revoter. Cela devient une habitude. Ils t’annoncent ça comme si c’était désormais admis. « Tant que je perds, je rejoue ! »

Quand le peuple n’est pas bon, il faut passer au-dessus de ses décisions. On voit que l’on quitte la démocratie, chemin périlleux et complexe qui demande du travail, du courage, une grande honnêteté intellectuelle et une bonne dose de patience pour retrouver le pouvoir des nouveaux aristocrates.

Croyez-vous que ces nouveaux aristos pensent à informer et éduquer pour donner une autonomie de pensée à ce peuple qu’ils méprisent tant ? Que nenni, mon bon ! Mieux vaut manipuler, tricher et mentir, c’est plus simple et ça va plus vite. Voilà le « libéralisme » en action, tel qu’en lui-même.

Accroche-toi aux branches, Dany, un de ces jours, ça va secouer !

P.S. : Désolé, alec6-121, je n’avais pas vu ta réaction. Coup double !

Article: Tcheu la honte… d’être suisse

« l’adhésion de tout un peuple, voilà l’idéal, il n’y a là rien d’incompatible avec la démocratie, au contraire : c’est un idéal d’unanimité. »

L’unanimité, ça n’existe pas. C’est pourquoi la démocratie est le seul moyen connu de laisser une place à l’expression d’une opposition. Le fascisme fait taire ses opposants. Souvent violemment.

« Nous sommes quand même avant tout un peuple européen, de race blanche, de culture grecque et latine, et de religion chrétienne. » 

De Gaulle n’a jamais été exempt de dire des conneries et là on en tient une belle.

Nous sommes avant tout, de tous temps, un peuple composite, métissé, plus ou moins coloré, de culture égypto-grecque, de toutes religions ou sans religion. Typiquement notre identité nationale. Riche.

•••

Quant au problème de savoir si les minarets doivent ou pas modifier la silhouette des villes européennes, c’est un faux problème. Les hommes se mélangent depuis toujours et font surgir ici et là des architectures diverses et variées. Voir l’influence des peuples musulmans sur l’architecture espagnole. Choquant ? Évidemment non. Un apport culturel n’est pas à refuser a priori puisque les peuples savent limiter les débordements lorsqu’il en survient. C’est ainsi que l’humanité progresse. L’Espagne est-elle musulmane pour autant ? On peut constater que la religion catholique s’est d’autant plus développée en réaction en Espagne (c’est un athée parfait qui constate ) et que l’Espagne peut être fière de son architecture arabo-andalouse unique et belle.

Le problème il faut le rechercher dans la peur en général et la peur de l’islam en particulier. Si l’on a peur de l’islam, alors l’islam a beau jeu de se développer. Si les gens ont peur de l’islam, s’ils n’ont pas confiance dans leur capacité à accepter ce qui leur paraît bon et refuser ce qui leur semble mauvais, s’ils pensent qu’une autre culture peut s’imposer à eux sans leur consentement, s’ils doutent de la puissance, pourtant installée, de leurs mœurs, alors c’est eux, le problème. Un peuple faible, qui a peur d’un minaret, doit s’attendre à voir sa peur se développer dans d’autres domaines. C’est la punition. Méritée, bien sûr.


La démocratie ne doit pas avoir peur d’elle-même.

Article: La gratuité est-elle vraiment gratuite?

Très beau papier, Anne. Presque trop beau car il ne laisse guère de prise à l’engagement d’un dialogue (un tant soit peu polémique, bien sûr !) tant ton regard sur la gratuité est proche du mien.

Gratuité souhaitée et espérée dans un contexte social à transformer.

Ce n’est d’ailleurs pas tant le gratuit, qu’il faut réclamer, mais le juste échange. L’échange équitable. Disons que l’idéal pourrait se situer entre gratuité et échange équitable. Quel que soit le service ou le bien concerné.

Pour en rester aux biens culturels il est bon de rappeler que ce que nous payons aujourd’hui est moins une œuvre que son support – moins le texte que le livre. L’œuvre d’un seul être enregistrée (un livre est un enregistrement, une manière de mise en mémoire en même temps qu’une mise à disposition) sur un support élaboré par un artisanat ou une industrie et la distribution de ce support sur des réseaux (libraires, disquaires, Toile…)

Trois intervenants sont concernés : l’artiste créateur ; le fabricant-commerçant-distributeur ; vous et moi. On voit qu’entre l’artiste qui crée l’œuvre pour nous et nous-mêmes qui sommes dans l’attente de sa création se glisse, comme un coin dans un tronc, le monde marchand qui, comme nous, mais avec une attention et des intentions très différentes, attend la naissance de l’œuvre pour nous la fourguer (pas de sentimentalisme en affaire) et nous vider les poches. Tout le problème réside dans cette interface marchande qui s’immisce entre des hommes qui créent de la culture et des hommes naturellement avides de cette culture. Un échange équitable peut s’établir aisément entre les créateurs et les récepteurs de culture. En revanche il est parfaitement inéquitable entre l’industrie et le créateur et entre l’industrie et le pigeon de payant.

Faut-il alors supprimer cet ogre d’intermédiaire ? Et d’abord, est-il vraiment utile ou bien ne se contente-t-il pas de sucer la sève des organismes vivants (vous savez ? l’homme !) qu’il parasite par les deux bouts ?

Mes libraires, j’y tiens. Mes disquaires aussi. Ils sont compétents et les rapports humains directs se raréfient tellement par les temps qui courent. Et puis je remarque que j’achète plus souvent ma littérature chez de petits éditeurs qui ne se sont pas fait bouffer par des gros dans la tourmente des concentrations. Hachette appartient au marchand d’armes Lagardère et Hachette ce n’est pas que Hachette littérature mais aussi : Grasset, Fayard, Stock, Calmann-Lévy, Jean-Claude Lattès, Harlequin, Armand Colin, Hattier, Le Livre de Poche et Marabout. J’en oublie sûrement.
Heureusement, les petits éditeurs (qui vivent de peu mais sont passionnés par ce qu’ils font) se multiplient.

Les éditeurs de supports papier sont plus à l’abri de la dématérialisation (numérisation) des œuvres. Ce n’est pas demain que l’on se baladera avec un eBook®, le livre papier est un objet trop sensuel et tellement plus pratique au lecteur. En revanche, les éditeurs de supports de musique ont du mouron à se faire.

Aujourd’hui la musique peut être produite directement par son créateur et distribuée sur la Toile. Demain, des coopératives (structures éminemment démocratiques) peuvent être créées pour produire et distribuer la musique, tous genres confondus.
Pour la coopérative, le travail n’est pas une marchandise (Organisation Internationale du Travail), les salariés-coopérateurs détiennent la majorité du capital et ne disposent, quelle que soit leur fonction, que d’un seule voix à l’assemblée générale. On regarde alors le monde autrement. Idem pour les mutuelles dont les membres sont, dans le même temps, actionnaires et clients.

Les compétences n’ont jamais été l’apanage des directions des grands groupes. Les compétences, on les trouve chez les créateurs et les techniciens. Chez ceux qui ne réclameront jamais de parachute doré.

Les moyens techniques et les moyens légaux sont aujourd’hui réunis pour mettre en place une culture dynamique et ambitieuse, non marchande, où chacun trouvera, créateur ou technicien, une maîtrise et une reconnaissance de son travail et où le consommateur cèdera sa place à l’amateur gourmand.

La recherche d’un échange équitable entre créateur, producteur et amateur d’œuvres culturelles me semble donc plus intéressante que la quête de la gratuité.


Le monde n’est pas une marchandise.

Article: Dépêche toi
Okazou
, le 07.11.2009 à 06:48
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Article: Dépêche toi

« Mais qui a vraiment la possibilité de choisir aujourd’hui ? »

Ça, henrif, c’est la question stérile de celui qui a baissé les bras ou qui s’est levé du pied gauche. La bonne question, celle qui peut faire avancer les choses en tant qu’elle constitue un point de départ, c’est : « Que devons-nous faire pour qu’il soit possible à chacun de choisir et comment l’homme “moderne” a-t-il accepté de perdre sa liberté de choix qui est pourtant fondamentale ? » Encore faut-il prendre la liberté de dire haut et fort que ce qui doit devenir normal c’est que chacun puisse choisir. Quand je parle de choix, je ne présuppose pas non plus qu’il puisse être altéré par quoi que ce soit.

Ne t’inquiète pas sur mon compte ni sur mon sort, henrif, ce que tu décris comme une autocongratulation n’est que l’exemple le plus significatif que j’ai trouvé en écrivant pour emmener mon propos sur la possibilité dudit choix. Mais quand on veut forcer le trait… ;-)

Article: Dépêche toi
Okazou
, le 05.11.2009 à 06:11
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Article: Dépêche toi

Beau thème d’actualité, ysengrain.

On peut aussi se poser la question de la qualité de l’éducation de ceux (cadres et patrons) qui poussent les autres, ceux d’en bas, à surproduire, en survitesse et en sachant très bien qu’ils leur demandent trop. Qu’ont-ils donc subi comme traumatisme dans leur enfance, ces traumatiseurs, comment et par quoi ont-ils été ainsi formatés à la capacité de faire sciemment souffrir les autres ? Bourreaux et victimes se confondraient-ils dans un même passé subi ?

D’où vient donc que tel quidam travaille avec la nonchalance d’un ours placide et que tel autre s’agite avec un métabolisme de lemming ? Le remarquable est que la productivité de chacun peut être équivalente. Mais l’un aura souffert, l’autre pas.

De fait, nous devrions adapter notre rythme de travail à la pure nécessité ; tantôt rapide pour une urgence, mais l’urgence ne peut être un état permanent, tantôt lent lorsque l’on n’est pas sous le coup de ladite urgence ; une période compensant l’autre, le rythme naturel serait respecté et le bien-être sauvegardé.

Il m’est arrivé de produire un « opuscule » de 135 pages en dix jours sur onze possibles. En restant crédible, apparemment, puisque personne n’a jamais émis sur ce chef-d’œuvre (!) né de l’urgence la moindre remarque négative. Aucun stress, juste le fun. Mais c’était un choix, rien ne m’interdisait de refuser. Ainsi l’homme devrait-il pouvoir choisir de forcer la cadence… ou pas. Le simple fait de pouvoir choisir vous place dans un état d’esprit constructif et productif. C’est quand il est libre que l’homme peut déployer tout son potentiel. Voir le fonctionnement des coopératives, on en reparlera certainement beaucoup et souvent dans les années qui viennent.

Il m’arrive de travailler avec un copain dont la devise est : « On n’a pas été faits en courant », devise qui place d’autorité le temps, tout simplement hors de propos. Quel temps est nécessaire à l’accomplissement d’une tâche ? Le temps qu’il faut pour l’accomplir correctement, tout simplement. Ce n’est pas du Fernand Reynaud dans le refroidissement du canon, c’est de la raison pure. Or, placés face à l’incompressibilité du temps, les zozos qui décident et ordonnent ont délibérément choisi de contourner l’indépassable en jouant sur la variable « ressource humaine » : l’homme de chair et de sang. Tant qu’il coûtera moins cher à l’entreprise abusive de remplacer un homme en panne (usé ou détruit) dont le coût sera encaissé par la collectivité, plutôt qu’une machine en panne dont le coût sera à la charge de l’entreprise, la folle course à la productivité se poursuivra. Car ce qu’il y a de radicalement nouveau dans ces trente dernières années c’est l’accroissement du « gagner toujours plus ». C’est l’avidité, le virus que le peuple subit. Jamais l’appât du gain ne fut si développé et l’on sait aujourd’hui que la course à l’argent est porteuse de mort pour ceux qui produisent la richesse.

Bien sûr, l’éducation, familiale et scolaire, peuvent formater à jamais un être humain.

Tu évoques, ysengrain, Libres enfants de Summerhill, un ouvrage que nous lisions dans les années post-68. Un guide, à l’époque, pour imaginer une philosophie de vie différente commençant par une éducation différente. Les critiques bourgeoises condamnaient alors violemment la « permissivité » (le mot s’est répandu comme un trait de poudre) de ces expérimentateurs anglais qu’ils jugeaient même licencieux, confondant ainsi, dans un raccourci qui les arrangeaient bien, liberté et licence. Pensez donc ! Un système éducatif dans lequel n’entreraient ni discipline, ni religion ! Ni sabre, ni goupillon ! Impensable pour le pouvoir de droite dont le libéralisme n’a décidément rien à voir avec la liberté.

Nous avons d’ailleurs des expériences antérieures de ce type en France avec la pédagogie Montessori et plus encore la pédagogie Freinet (coopérative d’enseignement laïc désormais intégrée à l’Éducation nationale) et je travaille en ce moment avec un jeune issu d’une école Freinet qui, à 24 ans, vient de créer, dans un établissement culturel, son propre emploi auquel personne n’avait pensé et qui s’avère aujourd’hui indispensable. Quelle capacité d’analyse, quelle indépendance d’esprit et quelle créativité ont été nécessaires pour inventer un emploi et combiner son financement à une époque où les restrictions budgétaires n’ont jamais été aussi sévères dans le domaine culturel !


« On ne peut être à la fois au four et au moulin. »

Article: Apple, iTune et iPod font de l’audio

Voici la retranscription de l’introduction d’une émission de Jeanne-Martine Vacher, le 26 mai 2009 :

« Au cœur du débat, on ose à peine le mot vu l’atmosphère d’anathème et d’excommunication qui règne de part et d’autre, sur le téléchargement illégal, se tient un autre débat qui en découle directement et qui d’une certaine façon est beaucoup plus angoissant. L’objet n’est pas ici de prendre position sur une question trop complexe pour se faire le petit plaisir de la régler catégoriquement en trois minutes de micro, non, l’objet de ces quelques mots est de poser une interrogation qui est directement issue de cette pratique du téléchargement.

Télécharger – gratuitement ou pas – certes, mais pour quelle écoute musicale ? Il est parfois assez sidérant de constater à quel point les habituels défenseurs de la culture, ceux qui militent contre le marché et pour la substance, sont parfois tout obnubilés par leur guerre contre toute atteinte liberticide et cela fait qu’ils en viennent à défendre une logique de téléchargements gratuits qui pousse peut-être plus encore à la frénésie quantitative, une frénésie qui sature les petites boîtes à musique électroniques de milliers de titres dont on se demande à quelle logique de choix, de construction esthétique, de passion musicale ils réfèrent. La marchandisation de l’art ne relève pas d’une seule question financière, mais bien aussi d’un état d’esprit. Est-on autorisé à se demaner si la multiplication de l’offre, accouplée à la totale gratuité, ne sont pas le terreau de cette histérie consommatrice qui porte en elle un rapport à la musique en particulier et à l’art en général, des plus interrogeants ?
D’autant plus inquiétant si l’on considère une expérience faite à Stanford par le professeur de musique, Jonathan Berger, qui expliquait tout d’abord que Thomas Edison avait promu son tout nouveau phonographe en démontrant qu’on ne pouvait faire la différence entre les sons qui en sortaient et la voix d’un chanteur bien réel caché derrière un rideau, c’est-à-dire en montrant le côté qualitatif de son invention. Berger à ajouté que dans cet esprit, dans l’esprit de cette anecdote, il testait ses étudiants, chaque année, en leur faisant écouter différents enregistrements allant de la plus basse qualité MP3, celle qui est courante dans le téléchargement, jusqu’aux standards sonores les plus sophistiqués. C’est-à-dire qu’il commençait par le son compressé, le MP3, amputé d’une partie de ses fréquences, pour aller jusqu’à un son riche de relief et d’un maximum d’harmoniques. Quelle ne fut donc pas la terrible déception de Berger de constater que ses étudiants préféraient, en majorité, le son du MP3 et, pire encore, le plus mauvais parmi les différents standards du MP3. Les étudiants en question justifiant ce choix par un goût immodéré pour le son grésillant de ce format. Jonathan Berger a refait ce test six années durant et six fois, le résultat fut identique, la faveur de ces jeunes oreilles allaient au son le plus compressé c’est-à-dire pauvre en harmoniques, un format sonore qui, de plus, standardise la dynamique pour une puissance linéaire où sont englouties toutes notions de piano, de forte, de tension et de détente, notions essentielles à la musique elle-même, ce sont aussi les raffinements mêmes des timbres et des nuances, l’idée d’espace sonore qui disparaissent également dans ces sonorités-là. Alors, aussi tourné vers l’avenir, aussi séduit que l’on soit par les innovations numériques, aussi convaincu que l’on trouvera des innovations techniques pour améliorer la qualité du MP3, on ne peut s’empêcher de craindre que quelque soit le système économique choisi pour le téléchargement, fût-il idéal, il contribuera à la métamorphose inquiétant du mélomane exigeant, idéalement formé par l’école, en un consommateur à l’oreille façonnée aux pires facilités sonores, l’absorption frénétique prévalant alors sur la dégustation éclairée. Les associations dites de consommateurs sautent au front, tout étendard dehors pour le téléchargement gratuit et illimité, sans aucune nuance, cela fait une conclusion qui parle d’elle-même.

•••
S’il est une musique qui donne toute son importance au son et à la qualité de ses vibrations, c’est bien la musique indienne, née d’une civilisation qui pose le principe sonore comme créateur du monde, du son originel Brahma créa l’univers, de cette civilisation-là les dieux sont musiciens et cette vinah, luth indien que nous entendons encore sous les doigts de Ragunath Manet, ne quittaient pas la déesse Sarasvati, les sons, leur résonnance, leur organisation, autant modale que rythmique, étant censés agir sur l’individu capable d’écouter parce qu’instruit dès l’enfance, avec une exigence active et créative, cette force-là on la trouve donc sur son disque intitulé : Veena dreams http://www.raghunathmanet.com/boutique-en-ligne/ »

Article: Le dilemme culturel et judiciaire de la semaine

« une victime a parfois besoin de temps pour trouver la force et le courage de parler. Pour cette raison, j’aurais été favorable à une prescription qui démarre à la majorité de la victime et non au moment de l’acte. »

C’est pour cela qu’en France l’imprescriptibilité des crimes sexuels sur mineurs est de 18 ans (sauf erreur de ma part qui serait fort possible) à partir de la majorité légale de la victime, légale et non pas sexuelle.

Il y aurait d’ailleurs beaucoup à dire sur la majorité sexuelle. 15 ans en France, 13 ans en Espagne. 18 ans aux USA ? Dans certains pays la majorité sexuelle des filles et des garçons est différente. Des disparités culturelles qui poussent à réfléchir sur le bien-fondé d’un jugement dans le pays de la victime plutôt que dans celui de l’accusé dont le premier avantage pourrait être qu’un criminel serait moins hésitant à se rendre à la justice de son pays qu’à une justice étrangère. Un sacré nœud de problèmes sur cette réflexion.

Article: Le dilemme culturel et judiciaire de la semaine

« Je crois pour ma part qu’il y a une erreur à essayer d’atténuer sa responsabilité en sortant le contre-argument du “ce n’est pas un crime contre l’humanité”. Pourquoi lancer une comparaison aussi inutile que vaine ? »

Où as-tu vu que j’essayais d’atténuer la responsabilité de Polanski ? Au nom de quoi te permets-tu de le prétendre ? Après on comprend mieux que tu ne comprennes pas les évidences.

En effet, si tu ne comprend pas que les peines sont étalonnées par degré de gravité – voir la remarque de Sébastien-17 : « Maintenant, en Suisse, un acte d’ordre sexuel n’est pas prescrit, mais un meurtre l’est… », mais tu ne l’as sans doute pas lu ! – si tu ne comprends pas ce principe de base qu’un voleur de pomme ne peut être puni comme un cambrioleur et qu’un cambrioleur ne peut être puni comme un auteur de crime de sang, qu’au bas de l’échelle se situe le vol de pomme et en haut le crime contre l’humanité, alors je ne peux rien pour toi. Il est grand temps de mettre un peu d’ordre dans ton jugement et l’expression de ton jugement.

Article: Le dilemme culturel et judiciaire de la semaine

« En tant qu’artiste, on n’est dispensé de rien. »

C’est sûr mais ne nous focalisons pas sur les artistes et leurs passe-droits. C’est le microcosme des gens riches (ils se reconnaissent parfaitement entre eux) qui est de facto protégé et peut, au moins, bénéficier de traitements de faveur de certains juges ou carrément de la part du pouvoir qui, chez nous du moins, tient la justice dans sa main, au grand dam des magistrats intègres et au détriment du citoyen lambda. Et bientôt, avec la suppression des juges d’instruction, ce petit monde-là sera parfaitement à l’abri, à moins de ne pas pactiser avec le pouvoir. Lèche, lèche, lèche.

Nul besoin d’être une vedette pour être protégé. Voir la criminalité en col blanc, par exemple. Des gens importants et influents économiquement parfaitement inconnus du grand public.

Article: Le dilemme culturel et judiciaire de la semaine

« Après, c’est toujours facile de parler de : “la manière”, “un complot”, “il était guetté”, mais la police agit toujours ainsi, il y a toujours une préparation discrète, le choix du lieu et du moment est décisif pour arriver au meilleur résultat qui est l’arrestation de la personne soupçonnée. »

Il ne s’agit pas ici de l’arrestation d’un citoyen helvétique par la police de son pays mais de la réalisation d’une « commande » d’un pays tiers. La justice US est loin d’être exemplaire et on peut comprendre qu’un prévenu en fuite ne soit pas chaud pour se rendre ni qu’un juge européen soit empressé de lui envoyer des prévenus.

Article: Le dilemme culturel et judiciaire de la semaine

« Je suis bien évidemment contre tout prescription de crime, que ce soit l’extermination nazie ou un viol sur mineur. »

Tu as donc, en fin de compte, une position plus dure que la mienne.

Pourquoi suis-je favorable à l’imprescriptibilité des seuls crimes contre l’humanité ? Pour une raison majeure : pour que ce crime, le pire de tous, puisse se distinguer des autres.

Ainsi un viol, même d’un enfant, serait plus grave qu’un crime contre l’humanité ? Je ne peux l’admettre. Et c’est en cela que Suisse et USA, le jour où ils ont décidé de mettre ces deux crimes sur un pied d’égalité ont fait une énorme connerie. À croire qu’ils ne se rendent pas bien compte de ce qu’est un crime contre l’humanité.

Article: Le dilemme culturel et judiciaire de la semaine

« Essayez de vous imaginer que c’est arrivé à un de vos enfants, vous verrez si vous pensez encore que vous avez à faire à un grand artiste. »

Quelle confusion !

Polanski est certainement un affreux violeur, il n’en reste pas moins un grand artiste. Il faudrait peut-être ne pas trop s’éloigner de la raison si l’on veut maintenir ici un débat d’une certaine tenue.

On parle de justice, on n’est pas dans un délire people.

Article: Le dilemme culturel et judiciaire de la semaine

« Roman Polanski, un grand artiste, aurait-il dû se voir appliquer un traitement spécial du fait que c’est un grand artiste, et que les faits qu’on lui reproche sont vieux de 30 ans? »

Présenter les choses ainsi c’est donner son point de vue sur la question en même temps qu’on la pose.

Cela dit, le problème est posé du viol et de l’imprescriptibilité d’un crime. Contrairement à Renaud-5, je pense qu’il est une forme de crime imprescriptible en l’espèce du crime contre l’humanité, qui est la négation de l’homme, et peut-être du crime de guerre mais moins sûrement.

Quant au viol, s’il est particulièrement indéfendable lorsqu’il est commis sur un mineur, il ne constitue pas un crime contre l’humanité, le violeur s’attaquant généralement à une victime unique pour abuser d’elle sexuellement. Sauf cas de viol en tant que crime de guerre comme on l’a vu pratiqué en Yougoslavie.

C’est cet acharnement de la justice US sur un prévenu de 30 ans qui me gêne. Une justice de croyant : « Œil pour œil, dent pour dent. » Une telle justice ne vaut pas mieux que les coupables qu’elle emprisonne. Zéro.

Roman Polanski, quant à lui, ne doit pas profiter de sa célébrité et encore moins de ses relations pour tenter d’échapper à la justice.

Ce qui me gêne encore c’est ce traquenard tendu par la justice suisse à cet homme. La délation, ce côté dénonciateur pour le compte d’un tiers. On guettait son arrivée pour le refiler aux mains des Américains. Personne pour prévenir discrètement Polanski de rester à l’abri. Je n’aime pas la chasse à l’homme (sauf en cas de crime contre l’humanité où elle peut être nécessaire) et encore moins les sournois. C’est bas.

Article: L’image du jour…
Okazou
, le 15.09.2009 à 19:15
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Article: L’image du jour…

La technique, il faut la laisser aux couillons, ça les occupe (et s’ils pouvaient nous lâcher ça nous ferait des vacances). Pendant ce temps nous nous attachons à l’image et à ce qu’elle nous dit, ce qu’elle produit comme réaction en nous.

Qu’elle soit signée Ronis ou Personne n’a pas plus d’importance. De deux choses l’une si mon regard se pose dessus : j’accroche ou je n’accroche pas. Si j’accroche, c’est gagné, on peut aller plus loin dans la découverte et la « lecture ». Si je n’accroche pas, je passe mon chemin.

Cette photo de Ronis, il se trouve qu’elle me séduit. Qu’elle soit signée ne doit pas être un handicap à son appréciation. Au fait, cette photo que nous montre Modane, l’avons-nous faite ? Non, bien sûr. Non seulement elle nous séduit mais elle est un unique objet d’un unique auteur.

Rappelons tout de même que Ronis était le photographe de la classe ouvrière et de la lutte sociale. Il aurait fallu une seconde photo, cher Modane, pour mettre en évidence ce volet qui était de la première importance pour Ronis et c’est en tant que tel qu’il entre dans l’histoire. Il était beaucoup moins le photographe de l’intime.

Article: Theo Pinkus, la passion du livre et de la parole

« Je te sens bien optimiste… »

Je te sens bien pessimiste…

Ces jeunes dont tu parles qui adoptent la panoplie convenue des marques à la mode, je les connais. Je les connais parce que nous nous rencontrons pour créer et construire ensemble. Dans divers domaines, selon leurs affinités et les miennes, eux, les ados et moi le sexagénaire qui fut ado et n’oublie rien.
« L’habit ne fait pas le moine » est toujours d’actualité, ne l’oublions pas. Si Sarkozy croit pouvoir améliorer son être par un paraître bling-bling d’un ridicule achevé et pitoyable, ces jeunes ne sont pas dupes des oripeaux qu’ils endossent (de l’ordre de la convention) et leur ramage est assez divergent de leur plumage pour que certains jugements, pour le moins certaines impressions (téléphonées par les médias corrompus qui pétrissent les cerveaux du consommateur au moule de « la bonne pensée »), disons pour que certaines présomptions sur leur être doivent d’urgence se voir corriger dans un sens qui leur soit favorable.

« Mais ils n’ont pas de conscience politique », me dira-ton. Ni plus, ni moins que la plupart des citoyens de ce pays. En revanche, ils pointent un regard aigu sur leur condition et leur environnement.
Leur qualité majeure, ce sur quoi on peut s’appuyer pour les aider à sortir d’une condition dans laquelle on les englue quoiqu’ils fassent, c’est la qualité et l’intensité de leur désir. Car ils ne sont pas médiocres, ces jeunes, et si certains ont raté le train de l’école de la République, ils débordent d’une soif inextinguible d’exister. Et pas seulement par la quête d’un emploi sans intérêt et sans plaisir. Non. Le boulot, ils savent tous que c’est le passage obligé pour survivre. C’est au-delà de cette survie qu’ils aspirent à développer leur potentiel et à mettre au jour, comme une seconde naissance, leurs qualités personnelles, pour eux-mêmes mais aussi pour les autres car ils sont généreux si on ne l’est guère avec eux. À la marge des contraintes ordinaires de la vie qu’ils acceptent. Ils sont vivants et veulent le rester mais pas a minima comme le souhaitent certains nécrophages de droite et aussi de « gauche » (la gauche gauche, de droite !), tous unis dans le libéralisme pour ostraciser tout un petit peuple qui ne mérite pas ce sort que leur réserve l’extrême cynisme d’un système économique d’une perversité abjecte.

Ainsi, que penser d’une société qui stigmatise, invective, exploite et repousse sa jeunesse, c’est-à-dire l’avenir du genre humain ?

Voilà où mène la société de consommation que nous voyions arriver en 1968 et que nous dénoncions sans mollir mais sans parvenir à nous faire entendre : un gâchis des ressources qui dépasse l’entendement et un gâchis humain répugnant. Le tout en moins de trente ans de déraison pure ; la durée d’un clin d’œil.

L’important n’est plus, aujourd’hui, de posséder ou pas une conscience politique affûtée. Tout est tellement faussé, les dés sont tellement pipés qu’il est urgent de prendre des chemins de traverse pour sortir de ce marasme (éloge du biais, de la diagonale, de la marche en crabe). Refuser à toute force le jeu classique qu’on nous impose depuis si longtemps et qui mène toujours à un pouvoir déconnecté (c’est à la fois son souhait et son but) du réel des citoyens.
Inventer une démarche à la fois insaisissable par le pouvoir et qui imprègne le fond même de la société d’une façon inexpugnable. Redécouvrir humblement et discrètement que le pouvoir ne peut être que nous-mêmes et qu’il ne peut prendre vraiment sa force qu’à notre niveau. Un pouvoir partagé, sain et fructueux. C’est ainsi qu’en s’appuyant sur nos désirs (encore faut-il en avoir), comme les jeunes dont nous parlons, nous devons multiplier les rencontres et la connaissance des autres et développer ces rapports purement humains pour que s’impose à nous, comme le fruit de cette action, une solidarité si solide qu’aucun pouvoir artificiel, qu’aucun de nos « représentants » ne pourra plus l’ignorer. C’est par cette multiplication, en tout lieu, de reprise de contact avec ses semblables que l’on peut commencer à construire (ou reconstruire) et renforcer les valeurs humaines qui sont à la base de toute société en harmonie.

Les associations, les lieux associatifs sont infiniment nombreux et peuvent constituer des nids de rencontres et de débats. Mais les cafés aussi qui furent des lieux sociaux de rencontre et d’échange où l’on commençait, par l’échange, à changer les choses. Sans chefs, sans programmes, sans autre but et intérêt que de changer la vie ici et maintenant, par petits pas, pour simplement vivre mieux, ensemble. Mettre une bonne fois l’avoir à sa juste place pour développer son être ; pour soi et pour les autres.

Échanger avec l’autre pour construire ou reconstruire, n’est-ce pas autrement plus gratifiant, parce que simplement humain, que se payer la dernière montre Alakon™ pour l’exhiber devant ceux, qu’au fond, on méprise de ne pas la posséder ?

Trop optimiste ? Décidément non si l’on ne se contente pas du discours et que l’on tient ce que l’on dit en le mettant en pratique au quotidien, pour gagner de la liberté. Celui qui ne bouge pas ne sent pas ses chaînes disait Rosa Luxemburg. Être citoyen c’est-à-dire s’inscrire dans la société pour soi et pour les autres. Comme ces jeunes qui refusent d’être laissés pour compte et choisissent de vivre, vraiment vivre, la seule vie dont ils disposent. Pour eux et pour les autres. Solidaires.


Un autre monde est possible.

Article: Theo Pinkus, la passion du livre et de la parole

« Je trouve qu’il a l’air incroyablement triste. Pourquoi les intellectuels de gauche ont-ils toujours l’air triste? »

Non, non. Pas tous. Regarde Michel Onfray, par exemple, notre remarquable philosophe hédoniste, c’est un bon vivant qui ne semble pas héberger la tristesse et encore moins l’engendrer. On riait moins chez Kant, c’est sûr. Les manches à balai dans le cul on les trouve chez les intellectuels convenus et bourgeois, généralement. Edgar Morin fut toujours un bon vivant à l’œil réjoui et malicieux, aujourd’hui encore à plus de 80 piges. Deleuze n’a jamais eu l’air non plus du type qui renfile sa veste avec son cintre.

Article: Theo Pinkus, la passion du livre et de la parole

Voilà bien ce qui manque le plus à nos pays aujourd’hui, un intellectuel de gauche qui s’active.

La plupart (pas tous !) des intellectuels de notre temps sont aussi désespérés, semble-t-il, que le citoyen ordinaire qui, pourtant, n’a jamais eu autant besoin de lui (les autres intellectuels ne sont pas entendus). La cause en est que la politique n’a jamais été autant à la remorque, on pourrait même dire objectivement aux ordres, de l’économie libérale.

Jamais le personnel politique n’a été aussi inexistant et ceux qui semblent encore exister ne sont que des moulins à vent de la communication. Sarkozy est le meilleur exemple de cette apparence donnée à la fonction. Soit il détruit, et là il s’active réellement, soit il annonce, et là il est dans le mensonge. Certains citoyens croient encore à ses promesses, aidés qu’ils sont par une presse et des médias aux mains de ses amis.

Tout ça va pourtant disparaître.

Alors, des Theo Pinkus, ces fourmis laborieuses et déterminées attachées au sort de leurs semblables, il en faudrait partout, à tous les niveaux de la société et dans tous ses domaines d’activité. C’est ce qu’on voit, en ce moment et un peu partout, commencer à se développer. C’est de ce mouvement non forcé, non dirigé, non encadré que surviendra le changement de fond. Là, près de chez nous, dans notre aire de vie familière, entre voisins, se construit petit à petit mais résolument, une société créative ambitieuse et originale.

> Marcolivier : tes consorts ne valent pas les miens.

Article: Entre désordre et rangement, mon coeur balance

« un appartement digne de figurer dans une revue est, pour moi, le reflet d’une personnalité qui a besoin de tout maîtriser, certainement sa vie intérieure qui pourrait déborder mais également l’entourage. »

…ou quelqu’un qui a une femme de ménage.

Pour ma part, le bordel peut être acceptabme ou ne pas l’être en fonction de ce que je suis en train de faire.
Dans la cuisine, lorsque je prépare un repas, tout est nettoyé et rangé très vite. Les pelures d’oignons ne traînent pas sur la table plus que le temps nécessaire à mettre mes oignons savamment découpés à revenir. Alors je passe à la suite. La segmentation est assez efficace, en matière de popote.
Dans mon bureau, en revanche, je pratique le bordel organisé tant que je n’ai pas achevé un travail. Il me faut ma doc à portée de main à tout moment. Aussi ai-je adopté une « stratégie par ilôt », une segmentation géographique, en quelque sorte, en regroupant dans divers endroits du bureau mes documents par rapports logiques. Faciles à retrouver, mes docs peuvent subir ce faux bordel sans que je perde mon temps à les rechercher pour chaque consultation. Ce que peuvent en penser ou même en dire les gens de passage m’indiffère. Et mon bureau c’est MON bureau. À chacun son domaine inviolable.

Article: Une revue de presse
Okazou
, le 04.09.2009 à 16:47
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Article: Une revue de presse

« moi, teigne que je suis, c’est depuis mon enfance que le cirque m’emmerde. Surtout quand il y a des animaux en cage. »

Le cirque est un des plus beaux spectacles qui soit. Le cirque, ce n’est pas sa ménagerie, qui le fait, ils pourraient s’en passer et laisser la place aux numéros humains qui, eux, sont extraordinaires. Cirque chinois, Cirque du soleil…

Une news à ajouter aux-tiennes, Modane®, il vient de paraître chez Dargaud un album de Jul pas piqué des hannetons : Silex and the City, qui narre les aventures de la famille Dotcom aux âges farouches du paléolithique. Il fera des petits.

Et puis cette nouvelle qui semble avoir échappé à tous : il y aurait une pandémie grippale ! Si, si !

Article: Les journées n’ont que 24 heures, en comptant les nuits

« C’est bien la première fois en effet qu’un nouveau système arrive, et que je ne l’installe pas deux ou trois jours avant sa sortie officielle. »

On ne sait encore si c’est maîtrise de soi ou faillite du désir mais on ne peut que souhaiter la première option.

Économise-toi, François. Sans états d’âme.

Article: Quarante ans!
Okazou
, le 02.09.2009 à 16:02
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Article: Quarante ans!

Une petite rafale pour calmer un prétentieux.

On imagine très bien ToTheEnd s’autodésignant mâle dominant chez les macaques ; encore faudrait-il qu’il parvienne à se dominer lui-même et il est loin du but.

« Automatiquement, qui dit mandat politique dit vision court terme. »

Cette « analyse » est typique d’un gars qui ne sait pas de quoi il parle. Si ToTheEnd participait à une structure sociale en rapport avec, d’un côté, les citoyens, de l’autre le pouvoir politique, il saurait, il saurait forcément que le moyen terme est l’objectif le plus courant. Un objectif à plusieurs années forme la norme. Pour ce qui est des grandes décisions à l’échelle planétaire, c’est la même chose. Le fait que des décisions tardent à venir parfois tient à ce qu’avançait alec6-4 et qui constitue ta philosophie et celle des tes amis « libéraux » qui consiste à viser l’avoir plutôt que l’être, ToTheEnd.
Mettre ses forces et ses talents au service de l’acquisition de biens plutôt qu’a « la construction de soi », c’est ce qui fait différence entre le macaque libéral et l’homme en devenir. Les conséquences de cette faute de choix, on les constate aujourd’hui de manière flagrante dans tous les domaines où ces non-pensants/ultra-possédants au nombril infiniment développé ont pu sévir ces 30 dernières années. La pensée courte, c’est chez « ces gens-là » qu’on l’observe et ToTheEnd en porte l’étendard avec fierté.

« ne faudrait-il pas commencer par limité les naissances et le droit à procréer? »

Là, on sait de qui tu parles. Tu vises nécessairement les pays les plus pauvres à forte population puisque les sociétés repues, comme la nôtre, ne se reproduisent plus. Mais l’homme a des droits et seule sa raison peut le pousser à choisir de se reproduire moins. Choisir.

Et comme le rappelle alec6- 8 : « Soit nous organisons la mutation, soit nous la subissons. » Mais mutation il doit y avoir et mutation il y aura.

Article: ShoveBox, un gros fourre-tout
Okazou
, le 27.08.2009 à 16:13
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Article: ShoveBox, un gros fourre-tout

Pas mal, cet utilitaire, pour celui qui travaille sur la prise de notes, une belle évolution, mais je suis très satisfait de mon SideNote qui offre à peu près tout ce dont j’ai besoin, l’essentiel, en fait, de ce que propose ShoveBox et peut-être plus simple à utiliser puisqu’il n’ouvre qu’une seule fenêtre, disponible en permanence et encombrant extrêmement peu l’écran : une colonne de pixels sur le bord gauche de mon écran.

Article: C’est la rentrée…
Okazou
, le 26.08.2009 à 16:26
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Article: C’est la rentrée…

Je pense, Tom25, que jamais je ne fus moins en accord avec toi que sur ce texte. Essayons de voir ce qui nous sépare et pourquoi cela nous sépare.

« Alors que les enseignants aient leurs problèmes, je le conçois sans peine, mais qu’ils pleurent sur les épaules de gens biens moins lotis qu’eux me fous en rogne. »

Ici, nous retrouvons à peu près le même reproche que celui émis par Madame Poppins à l’égard des enseignants.
Une manière de dire que les bien lotis relatifs doivent se taire face à ceux qui le sont moins (du nanan pour la droite qui aimerait tant revenir aux temps farouches du « Ferme ta gueule et accepte ton sort »). Par exemple l’OS à temps plein et en CDI (Contrat à Durée Indéterminée) ne doit pas se plaindre de sa condition auprès de l’OS à temps partiel en CDD (Contrat à Durée Déterminée), même si, lui aussi, a de bonne raisons de lutter pour améliorer sa condition. Pour que cela tienne, il faudrait que les enseignants soient les mieux lotis absolus (genre traders indécents ou actionnaires à portefeuille d’actions confortable et en vacances permanentes, eux) et alors on pourrait admettre qu’ils émettent des plaintes abusives.
Si personne n’avait lutté pour l’amélioration de ses conditions, où en serait-on aujourd’hui ? En république ? Certainement pas. Il est du devoir et de l’honneur de l’homme de travailler à l’amélioration de sa condition et cela passe d’abord par les doléances. Supprime les doléances et tu supprimes le progès social. À moins de croire que les nantis (les vrais, ceux qui en ont beaucoup trop) deviennent humains et justes. On peut rêver.

« un jeune de 25 ans des banlieues qui brûle une bagnole de 1000 € parce qu’il ne trouve que des boulots de merde payé une misère, qu’il ne s’agit que de CDD d’un mois et qu’on le jette quand le coup de bourre est passé, lui est un brigand (émeutes de 2005). Mais qu’un ouvrier de 55 ans qui a bossé toute sa vie dans la même boîte, qui a fini avec un salaire largement supérieur au miens, qui est protégé bien plus que ne le sont les jeunes des banlieux, qui va partir avec 30 ou 50000 € couler des jours heureux de chômage en attendant la retraite, brûle des machines d’un million d’€ pour en toucher 100 000, ça c’est normal. Il a raison. »

Mettre ainsi en opposition deux groupes de citoyens en difficulté c’est le job de Sarkozy aujourd’hui et de la droite de tout temps. Je te laisse deviner à qui profite cette absence de solidarité.

Essayons de comprendre, plutôt, ce qui peut bien amener des ouvriers à menacer de détruire leur outil de travail alors que celui-ci, dans l’histoire du syndicalisme, est sacré.

Voilà des gens qui travaillent dans une entreprise dont l’utilité sociale ne fait pas de doute et dont la rentabilité est normale et qui apprennent un jour, dans des conditions d’ailleurs étranges (un communiqué en anglais) que leur boîte qui marche pourtant bien doit fermer par défaut de rentabilité.

Ces gens (qu’ils soient proches de la retraite ou jeunes employés n’a d’ailleurs rien à faire dans le problème) ne comprennent pas, ou plutôt ils comprennent trop bien que les exigences des actionnaires va détruire leur vie. Ils se défendent donc et prennent contact avec leurs syndicats. Malheureusement, le soutien des syndicats ne vient pas. Du moins au niveau national car localemet les syndicats sont aux avant-postes. La collusion est manifeste entre gouvernement, patronat et syndicats (en l’occurence la CGT). L’actionnaire de l’entreprise est sacré, tout doit lui être sacrifié.

Que faire ? Accepter la destruction des conditions de vie de sa famille ou continuer à lutter ? La lutte est choisie et les moyens de lutte, sans syndicat en soutien, sont ce qu’ils sont, ce qu’il leur reste : chantage à la destruction de l’outil de travail. Et ça marche.

Ces gars-là ont défendu leur croûte et n’ont pas à rougir des moyens qu’ils ont dû employer pour y parvenir puisqu’ils n’en avaient pas d’autres. Ils n’ont pas baissé la tête, ils ne se sont pas mis à bêler, à geindre. Ils ont lutté solidairement avec les moyens qui leur restaient.

« Ah oui j’oubliais, c’est la crise, c’est commercial le crise. »

La crise, on n’en connaît aujourd’hui que les prémisses et le mensonge règne tous azimuts alors que tous les indicateurs sont au rouge. Quand elle va se déclencher, que les entreprises fermeront les unes après les autres et qu’on aura atteint un taux de chômage colossal (multiplication des drames sociaux) tu auras peut-être un autre point de vue sur les moyens à engager pour sauver les meubles. Les gens n’auront alors pas d’autre choix que de ne pas se laisser faire comme des moutons qu’on mène à l’abattoir et les chiens de garde de la société (mais de quelle société parlons-nous ?) pourront à loisir distribuer les coups de matraques sur les victimes innocentes.

À partir de quel seuil de chômage accepteras-tu de considérer qu’il est normal, vital et honorable de lutter pour pouvoir vivre dignement ? Je te rappelle que le travail est un droit, pas une faveur.


Un autre monde est possible. Solidaire et juste.

Article: Digression sur le cyclisme sportif

« En fait, l’idée de se doper ne nous effleure même pas ! Pour une raison toute bête : nous ne faisons pas de compétition cycliste. »

Tout est là. La compétition appelle à gagner, pour gagner il faut dépasser les autres et le passage obligé pour dépasser les autres est de les dépasser physiquement. Si le corps naturel ne suit pas, on introduit des artifices. On devient alors imbattable ou, plus exactement, on ne peut être battu que par mieux préparé chimiquement que soi. Reste à masquer la chimie pour ne pas être démasqué trop vite.

Ainsi la compétition tue-t-elle le sport dont elle est pourtant la constituante première.

« La clé, c’est de mettre des développements suffisamment petit pour NE JAMAIS FORCER. Si vous vous sentez forcer sur les pédales, ça veut dire que vous souffrez, ou que vous allez souffrir. Diminuez alors votre développement ! C’est-à-dire, diminuez votre braquet : mettez un pignon plus grand et/ou un plateau plus petit, jusqu’à ce que vous ne vous sentiez plus forcer. C’est impératif. »

Ah, que voilà de belles paroles ! Foin de la souffrance, qu’il est pervers, malsain et morbide de rechercher.
Que les sportifs en quête de souffrance visitent un sex-shop, s’achètent un chat à neuf queues et s’infligent, à domicile, loin de nos regards, ce qu’il leur faut de coups cinglants pour les amener à l’état de jouissance maladive qu’ils visent. Les bons pères et les bonnes mères avaient (ont toujours ?) le cilice. Pas mal non plus.
Quant au dépassement de soi, et dans la douleur, en plus, qu’ils n’en espèrent rien. Ce qu’ils pourront atteindre de mieux à un temps T n’est jamais que ce qu’ils peuvent espérer atteindre sans jamais pouvoir le dépasser. La limite de ses capacités propres est indépassable par définition, elle ne tutoie pas l’infini. L’orgueil du demi-dieu ou quoi que ce soit d’autre n’y changeront rien. Ceux qui s’imaginent avoir dépassé leur limite, tout au plus ne se croyaient-ils pas capables de faire ce qu’ils auront atteint ce jour-là et se donnent-ils l’illusion d’être allés au-delà d’eux-mêmes quand ce ne sont que leurs limites qu’ils ont atteint. Peut-être même pas.
On peut progresser mais dans la lenteur et la régularité, pas dans l’exception fugace et unique.

Personnellement, je ne peux être atteint de ce mal avec ma brave Didine, mon Vélo à Assistance Électrique qui écarte de moi toute souffrance. Mais pas tout effort.

Article: C’est la rentrée…
Okazou
, le 24.08.2009 à 06:04
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Article: C’est la rentrée…

« je ne suis pas toujours fan des instituteurs et des institutrices et je me suis récemment engueulée avec une digne représentante de ce corps de métier, laquelle m’expliquait avec beaucoup de sérieux que les sept semaines de vacances d’été étaient justifiées en particulier par la pénibilité de son métier. Là, autant que je vous le dise, mon sang n’a fait qu’un tour et je n’ai pu m’empêcher de répondre qu’effectivement, à côté de celui d’une infirmière en oncologie pédiatrique, disposant de cinq semaines annuelles et travaillant en 7/7, 24/24 et 365/365, son emploi était bien difficile… »

Putain, la droite revient !

La droite, c’est toujours les bonnes intentions vis-à-vis de ses semblables ! Plutôt que de souhaiter voir ceux qui travaillent le plus disposer de plus de temps de vie hors du travail, la droite préfère traiter de feignasses ceux qui bénéficient de plus de temps de vie, de liberté privée, les culpabiliser (au nom de quels principes pervers ?) et ramener leur temps de liberté, souvent durement acquis, au niveau de ceux qui en ont le moins. Sarkozy, nous voici (air connu).

Je sais que chez Calvin, on naissait coupable (et même parfois condamné) et que l’on se devait de réparer sa faute originelle (surréaliste, non ?) par une vie de labeur, de souffrance et de soumission mais nous sommes tout de même au IIIe millénaire, que diable ! Et que de pareils discours puissent encore être tenus, qu’une telle perversion ou négation des valeurs de l’humanisme puisse aujourd’hui (!) être affichée sans vergogne aucune, Madame Poppins, ça me troue littéralement le cul (deux grossièretés dans le même texte, une esche efficace pour les accros des convenances, un cadeau !).

Je connais et fréquente régulièrement de nombreux enseignants du primaire, du secondaire et de l’enseignement supérieur. C’est personnellement aux enseignants que je dois l’essentiel et même un peu plus que l’essentiel. Je les aime et admire leur compétence et la qualité de leur travail. Beaucoup font une passion de leur métier qui est pourtant complexe et éprouvant. Il faut les entendre en parler. Un métier que j’aurais été bien incapable d’exercer faute des qualités nécessaires. Un métier d’une importance considérable dans une société. Un métier qui génère de l’indépendance et de la liberté de pensée. Un métier admirable.

Sept semaines de vacances d’été après avoir délivré savoir, pratique et méthode à une ribambelle de mômes pas toujours faciles à captiver, c’est correctement rendu et permet d’assurer une vraie coupure. Je connais trop d’enseignants qui ont effectué des « stages » dans des cliniques spécialisées en dépit de ce temps de déconnexion rendu. Sept semaines de vacances d’été, c’est normal.

Ce qui est tout à fait anormal, Madame Poppins, c’est bien qu’une infirmière en oncologie pédiatrique ne dispose que de cinq semaines de congés annuels quand elle travaille sept jours sur sept en restant disponible 24 heures sur 24. On peut s’étonner qu’un métier aussi prenant puisse être correctement assuré avec un régime de labeur pareil. T’es-tu demandée ce qu’il adviendrait des conditions de travail de ton amie infirmière si les infirmières étaient plus nombreuses à se partager la masse de travail ? Oui, bon, partager, c’est une notion de gauche pas facile à assimiler.

On peut donc espérer que tu milites activement pour une amélioration du statut des infirmières (presque toutes logées à la même enseigne et en plus mal payées en France) et que tu n’iras pas jusqu’à demander que les enseignants sacrifient une partie de leurs vacances d’été pour soutenir les infirmières dans leur épreuve. Déshabiller Pierre pour habiller Paul n’est pas un principe, c’est une connerie (et de trois !)


Un autre monde est possible.

Article: Les Bourbakis, la glace, le train. Mélangez et hop: un spectacle!

Pour les fans, voir le Panorama Bourbaki à Lucerne. Dégustation d’absinthe pour les plus acharnés !

C’est toujours très intéressant que de voir se monter une pièce de théâtre. C’est même fascinant. Du théâtre lui-même et son décor aux acteurs et leur mise en scène en passant par les costumes, il y a quelque chose de vraiment grand, dans le théâtre, que l’on ne perçoit pas du tout lors du tournage d’un film. Le théâtre est tellement humain !

Article: Deux ou trois couches, la question n’est même pas là

Je ne savais pas que les Suisses avaient l’anus en toile émeri. On en apprend tous les jours.

Perso, je me fournis en triple épaisseur de marque U dans mon Super U et il ne correspond pas du tout à ce que tu décris. Il faut dire que nous, Français, avons été dotés depuis la naissance et pour la vie entière de trous du cul tapissés de peau de pêche. Ceci explique peut-être cela.

C’est aussi pourquoi, lorsque nous disons Kiss my ass à un Anglais il se hâte de s’exécuter.

J’attends avec impatience ton test comparatif sur les capotes anglaises. Je suis sûr de n’être pas le seul.

Article: Comme Gwenola me disait….
Okazou
, le 06.08.2009 à 06:34
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Article: Comme Gwenola me disait….

Bonjour, poête. Comme tu la sens bien, la Bretagne.

Hors les villes et les terres remembrées elle est rude et sauvage. Elle est de tous les temps. Jamais évidente à qui ne l’aimerait pas, toujours protectrice à celui qui se montre familier.

On parle de la Bretagne quand on devrait évoquer des Bretagnes tant la multiplicité des paysages et des sites, dans une même contrée parfois, nous montre la variété des possibles en matière de géographie, de faune et de flore. L’ennui ne concerne pas le promeneur.

Article: L’objectif intérieur: Vincent van Gogh

« C’est magnifique, mais combien de photos laissées de côté? As-tu vu les planches contacts des grands photographes? Pour une photo choisie, 30 de jetées. »

Mauvaise connaissance de l’exigence de nos artistes. Ce qu’ils ne sélectionnent pas, bien d’autres l’auraient conservé. Et puis, je le répète, peu de clichés. C’étaient des maraudeurs en quête de l’événement qui allait ou pas se produire sous leurs yeux. Boubat en est le meilleur exemple puisqu’il ne faisait que ça. Très peu de clichés, donc. Pas de séries hors les portraits.

« Donc le photographe moteur peut très bien faire de belles choses aussi. »

Imagine un peu ce que serait aujourd’hui une planche de contact. Rien à ajouter, n’est-ce-pas ?

Depuis l’avènement de la photo numérique ça shoote à tout va (rafale ou pas, c’est pareil). La frénésie est un pur comportement de consommateur. On a de l’argent pour acheter un boitier, on achète le plus cher qu’on peut, et puis on justifie sa dépense en tirant sur tout ce qui bouge, qu’importe l’intérêt du sujet, qu’importe son traitement puisqu’un clic ne vaut plus rien. La photo non plus. Parmi une kyrielle de clichés on choisira sur son écran d’ordinateur celles qui nous semble les moins mauvaises.

Et où est passé l’humain ? On ne se risque plus à s’y intéresser. On fera du paysage. Vide. De la photo d’architecture. Vide. De la nature morte. Vide. Du plan rapproché de détail. Vide. Vous avez dit : « Et l’homme, dans tout ça ? »

Les noms des photographes que nous avons cités ici sont toujours liés à l’homme en situation de vie.

Je n’ai vraiment rien contre la nature photographiée, l’architecture photographiée ni contre la peinture écaillée d’une coque de vieux bateau en gros plan. Si le traitement est intéressant. On est dans l’esthétique. Mais la photo de la joie de cette petite fille à genoux dans les pétales de fleurs de l’arbre sous lequel elle prend littéralement une douche de pétales, cette photo en noir & blanc de Boubat, elle, m’émeut.

Article: L’objectif intérieur: Vincent van Gogh

« Peut-être est-ce perceptible sur l’original, mais sur l’image de l’humeur, je suis bien incapable de discerner la moindre expression sur le visage de l’homme. Sur celui de la femme, il me semble deviner un sourire, mais cela n’a rien d’évident.

Pour résumer, l’image n’est pas assez précise à mon goût. »

Le propre de l’impressionisme est de confier – c’est la grande générosité de cette peinture – à celui qui regarde le tableau une part d’interprétation. L’imagination et la sensibilité personnelles sont au pouvoir.

Article: L’objectif intérieur: Vincent van Gogh

J’écoutais tout à l’heure sur France Culture une intéressante émission sur Édouard Boubat, le « correspondant de paix», selon Prévert. On abordait notamment le fait que Boubat, mais aussi Cartier-Bresson et bien d’autres, prenait peu de clichés.

Aujourd’hui, le photographe lambda ne peut se passer du moteur qui lui permet de shooter en rafale. Comment veux-tu, Anne, que la pensée puisse intervenir à un moment quelconque dans cette frénésie de déclenchements ? Le photographe frénétique d’aujourdhui fera le tri, a posteriori, parmi ce que le hasard lui aura fourni tandis que Boubat pensait a priori le cliché qu’il allait prendre. Deux mondes.


À écouter également sur France Culture, du lundi au vendredi de 19 h 30 à 20 h 30, la retransmission des cours de l’Université populaire de Caen donnés par Michel Onfray cet hiver dans le cycle “Contre histoire de la philosophie”. Un sujet de choix cette 7e année : Nietsztche et un français méconnu : Guyau.
Le site aujourd’hui avant l’émission. Les choses sont très bien faites puisque vous pouvez consulter le cours en déroulé pendant l’écoute. Si vous avez manqué la première semaine, vous pouvez vous rattraper dans les archives, en haut à droite sur la barre de menus.

Un autre regard sur Nietszche, bougrement intéressant.

Article: Les éoliennes: et si c’était du vent ?

Des kilomètres d’asphalte engoncés entre des plaques de métal qui serpentent à travers champs et bois et qui gâchent l’aspect de nos belles contrées. Partout ! Avec, dessus, des mécaniques bruyantes qui puent, qui tuent et qui bouleversent l’équilibre de la planète.
Des barages hydroélectriques, monstres de béton, qui massacrent les si belles lignes de nos montagnes, qui ont détruit des villages et bouleversé la vie des hommes avant de gâcher de leur masse les points de vue en montagne.
Un barrage à marée, surmonté d’une route à grande circulation, barrage qui détruit le cours naturel d’une belle rivière et rompt le flot multimillénaire de la marée allant, chaque jour, à la rencontre de celui de la rivière. Des rives détruites, sur lesquelles s’accroche cette horreur bétonnée.
Des centrales électriques thermiques qui bousculent les paysages et crachent leur noirs remugles sur les environs quand ils ne sont pas portés sur des kilomètres et des hectares par les vents.
Des centrales électriques nucléaires, centaines de milliers de tonnes de béton, qui dressent leurs gigantesques tours de refroidissement à plus de cent mètres de haut. Et c’est du lourd, de l’épais, du conséquent, de l’incontournable !
Des milliers de kilomètres de lignes électriques suspendues à travers notre belle campagne à de monstrueux pylones qui brisent toute perspective harmonieuse.
Des gigantesques ports de commerce entièrement bétonnés sur des hectares de côtes volées à la nature, avec leurs monstres d’acier de 200 ou 300 mètres de long qui accostent chargés de grosses boîtes très laides pleines de marchandises aux trois-quarts inutiles, qui bousillent le point de vue de milliers de riverains.
Et puis, last but not least, cet enchevêtrement ridicule de barres de fer peintes couleur d’étron qui a brisé définitivement la silhouette de la capitale en s’imposant dans son inutilité jusqu’à 300 m de haut et qui s’appelle la tour Eiffel.

Enfin, quelques siècles plus tôt, cette jolie colline, à la silhouette parfaite dans son galbe unique, dont tout-un-chacun pouvait admirer la beauté rassurante et qui, un jour qu’on n’aurait pas aimé voir venir, a vu sa perspective et ses courbes détruites par l’érection, à son point le plus haut, d’un de ces engins abominablement moderne que l’on appelle un moulin à vent. La laideur de ses ailes énormes qui brassent l’air à longueur de journée, l’affreux grincement des pignons de bois de ses engrenages qui dérangent le cours de la vie des hommes et des bêtes affolées qui se réfugient où elles peuvent pour échapper au danger de ce géant à quatre bras qui veut les attraper.
Déjà que le meilleur coin à pêche avait été salopé à jamais par la construction, sur le ressaut si poissonneux de la rivière, d’un moulin à aube qui a totalement bouleversé la quiétude de ce joli cours d’eau. Et pour faire quoi ? Du Papier. Mais qui donc à besoin de ce papier ? Personne ne sait écrire, au village !

Alors, s’il-vous-plaît, n’ajoutons pas de ces éoliennes sur la silhouette si familère de nos horizons intangibles et éternels ! Qu’elles soient belles, qu’elles soient silencieuses, qu’elles soient efficaces, qu’elles soient propres et qu’elles soient facilement démontables n’a rien à voir à l’affaire. On n’en veut pas, vous dit-on !


Un autre monde est possible. Moins superficiel.

Article: Breizh
Okazou
, le 30.07.2009 à 06:32
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Article: Breizh

« mais si cette côte est vierge, c’est bien parce que c’était un terrain militaire. »

Je me rends compte que je n’ai pas commenté cette phrase.

Comment ne pas se réjouir que ces terres sanctuarisées par l’armée reviennent aujourd’hui à un usage civil ordinaire ?

À côté de chez moi, dans une commune limitrophe, les constructions privées ont surgi comme des champignons depuis quelques décennies. Sauf deux cent mètres de côtes restées vierges qui appartenaient à l’armée. Elles avaient été attribuées aux forces américaines au titre de l’OTAN. C’est ainsi que nous avions des bâtiments de débarquements US qui occupaient le lieu avant que de Gaulle ne les foute dehors. Leur présence m’a d’ailleurs apporté mon premier contact avec un américain noir qui valait son pesant de chewing-gum, avant que je ne m’intéresse d’assez près au jazz et finisse par en rencontrer beaucoup d’autres.

Petite anecdote qui donne une idée des compétences de la marine US. Ces braves marines s’étaient mis dans l’idée de fabriquer un port artificiel avec d’énormes conteneurs. Les marins locaux, qui connaissent les lieux et les dangers météorologiques comme personne, les avaient prévenus qu’au premier coup de suet’ (vent de sud-est), ils retrouveraient leur port au fond de la ria. Bien sûr, ils ne furent pas écoutés, pensez donc ! Et au premier coup de suet’, les conteneurs en débâcle ont inexorablement pris le chemin du fond de la ria, se percutant les-uns les-autres dans un tintamarre assourdissant, sous les rires entendus de la population sûre de son fait et qui n’attendait que cela.

Article: Breizh
Okazou
, le 30.07.2009 à 06:01
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Article: Breizh

Kermorvan-34

Où as-tu vu, cher Kermorvan, que je distordais la réalité de la zone de Gâvres comme zone de tir durant le XXe siècle. Je parle du présent. Et le présent est bien différent du passé en ces lieux.

Quelques éléments qui devraient te convaincre :

Tout d’abord au sujet de l’action du Peuple des dunes qui a si bien fait reculer le projet de dragage au large de la zone Gâvres-Quiberon. À tel point que sans le Peuple des dunes, tout serait signé depuis belle lurette et les dégâts auraient commencé.
Cette citation dans Ouest-France du maire de Gâvres :
« Pour autant il ne faut pas oublier le rôle majeur joué par l’Association de sauvegarde du littoral de la presqu’île de Gâvres dans ce combat. Elle fut la première à se mobiliser contre. Elle a surtout fait preuve d’un sens politique aigu en ne restant pas à l’échelle de Gâvres et en s’ouvrant à d’autres associations de défense du littoral pour créer Le Peuple des dunes. »

Ensuite, pour continuer à superposer notre présent à ton passé et te montrer à quel point les zones sauvages appartenant à l’armée sont en train de se muer en zones sauvages que s’approprient les civils, quelques informations dont j’aurais dû étoffer mon premier billet.

Le site Gâvres-Quiberon, ces 25 km de plages et de cordon dunaire dont je parle et même 10 km de plus si on y ajoute la Côte sauvage de Quiberon sur laquelle l’armée vient de livrer au Conservatore du littoral ses terrains, fait suite au programme Natura 2000 et suit ses recommandations. L’opération Grand Site National qui chapeaute notre affaire est gérée dans le cadre d’un SIVU d’économie mixte auquel est d’ailleurs associée l’armée.

Le grand site national Gâvres-Quiberon couvre 2 500 ha dont 277 (avec d’intéressantes zones humides) sont occupés par le CELM (Centre d’Essais de Lancement de Missiles) et appartiennent au ministère de l’économie, pas à l’armée qui en a l’usufruit. Le CELM de Gâvres est spécialisé dans l’artillerie et répond aux normes de management environnemental ISO 14 001 qui, sans être épouvantablement contraignantes, obligent ceux qui y répondent à ne pas faire n’importe quoi sur les territoires régis par la norme.

La réalité quotidienne du site est marquée par la présence d’une population de plus en plus importante en quête de loisirs : équitation, pêche (surf-casting, pêche à pied) et chasse, surf et kite-surf, voile… Entre 40 000 et 60 000 personnes s’y baignent au quotidien pendant l’été.

En outre, répondant aux exigences de Natura 2000, des équipes sont en place pour restaurer le milieu endommagé, organiser les flux de visiteurs et gérer le site dans le sens du développement local.

On peut alors raisonnablement penser que le grand site national Gâvres-Quiberon, sur lequel existent encore une trentaine de guérites d’observation pour les tirs (10 fois moins que de restes de blockhaus allemands) verra de moins en moins de dégradations dues aux exercices de tirs des militaires. Nous sommes ici sur le continent, pas sur l’Île du Levant où le CELM possède un site de tir de missiles, les accès sont nombreux et aisés. Le petit peuple des civils attaché au respect de la nature y reprendra ses droits inéluctablement. Reste à arrêter la date.

Il est d’ailleurs instructif de lire cet échange significatif entre un élu local et le ministre de la défense à ce sujet.

Quatre cartes en pdf sur le site Life Nature qui mettent en évidence la délimitation de la zone de 2 500 ha du grand site dunaire Gâvres-Quiberon :

Côte sauvage de Quiberon

Tombolo de Quiberon

Ria d’Étel

Petite mer et tombolo de Gâvres

Article: Breizh
Okazou
, le 29.07.2009 à 17:11
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Article: Breizh

« Houat ! la plus belle des îles, j’ai eu le loisir de visiter l’archipel des San Blas au large de Panama, Tahiti récemment… sincèrement ! rien ne vaut Houat ! Peut-être Hoëdic, quelque île du golfe (du Morbihan) ou au large de Concarneau, à la rigueur ? »

Se trouver bien à Houat dénote un certain état d’esprit. Surtout par un beau coup de vent qui te coupe du continent, t’isolant avec toi-même sur ce bandeau de lande. Sur Hoëdic c’est encore plus marqué. Houat, le canard, île longue, Hoëdic, le caneton, île ronde, ne se donnent pas au premier venu.
Richesse archéologique du néolithique sur ces îles. Mais sur quelles barcasses naviguaient-ils donc ?

Cela dit, Belle-Île, la bien nommée, n’est pas mal non plus.

Article: Breizh
Okazou
, le 29.07.2009 à 17:08
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Article: Breizh

« Pardonnez-moi, mais devant tant de beauté, la glossolalie idéologique me donne la nausée »

On te pardonne tout ce que tu veux mais tu n’es pourtant pas idiot, Marcolivier, je te lis régulièrement et il ne me semble pas que tu aies un problème de neurones. Ça se passe ailleurs. Il faudrait te secouer les boyaux de la tête pour revenir à la vraie conscience des choses, toute idéologie jetée aux orties. On rencontrera bientôt beaucoup de défroqués du libéralisme. Prend ta carte au club !

En attendant, je te propose une immersion dans cette gelée glauque et fétide que nous procure chaque année, aux beaux jours (!), l’idéologie de tes accointances.

Tu n’en reviendras pas indemne.

Article: Breizh
Okazou
, le 29.07.2009 à 17:04
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Article: Breizh

« Nous en sommes revenus, politiquement, très exactement à 1789 moins quelques jours : une classe de privilégiés qui a confisqué richesses et pouvoirs, et qui maintient ses privilèges à tout prix, et un peuple subrepticement éclairé qui se pose la question de la légitimité de la chose. »

La plus juste des analyses. Comme tu le dis, la citoyenneté est à reconstruire. Abandon de la défroque de consommateur bêlant et endossage de pantalon de sans-culotte.

Article: Breizh
Okazou
, le 29.07.2009 à 17:00
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Article: Breizh

Bon dieu, François, voilà exactement le comportement (bien normal, comme dit Anne) que nous attendons ici ! Comme quoi, quand la volonté politique est là, le meilleur est possible.

Quand tu parles de la remise des terres en prairies, tu offres la solution. La filière herbe sur le point de se développer en France avant le libéralisme s’est trouvée balayée par l’arrivée des gros intérêts américains et des pots-de-vin distribués à nos politicards hexagonaux et européens. La filière maïs, cette horreur sans nom, s’est imposée avec ses plantes hybrides dont il faut racheter chaque année les graines ; avec les quantités astronomiques d’eau (3 m3 par pied) nécessaires ; avec l’appauvrissement des sols dû à une plante très gourmande ; avec cette tentation de la monoculture qui ravage les paysages et fait considérer que le maïs est une plante miracle. Y répondre par l’herbe, la luzerne, le trèfle, la navette, etc. constitue l’issue bénéfique à cette situation. Retour à notre culture ancestrale. Ensiler de l’herbe plutôt que du maïs. Offrir au bétail une nourriture variée, équilibrée et fort peu coûteuse. Le maïs sans le soja n’assure pas les besoins nutritionnels du bétail. Le coktail cité plus haut, oui.

Reste la surproduction de porcs, de volailles, de l’alimentation qu’ils nécessitent et de leurs déjections dont il faut bien faire quelque chose (surépandage du lisier de porc qui embaume nos campagnes), c’est encore un choix politique. Majeur.

Quant à se demander le pourquoi des comportements en France il est assez clair que le problème concerne au premier chef nos politiques. Il n’est que de voir les lamentables politicards du PS. Ne parlons pas des godillots de l’UMP. Quant aux populations, pourquoi réagissent-elles ici et pas là ? Cela reste un mystère. J’aurais tendance à mettre en avant un comportement trop convenu de certaines associations qui ont choisi la négociation plutôt que la lutte bien marquée. On ne négocie que lorsque l’on est en position de force, pas de faiblesse. Il y a un côté « Oui, not’ bon maître » derrière ces comportements inadaptés. On ne soupe pas avec le Diable, même avec une longue cuiller. Le Diable, quand il se fout de ta gueule depuis des années, il faut lui rentrer dans le lard ! On y vient, on y vient…

Article: Breizh
Okazou
, le 29.07.2009 à 16:57
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Article: Breizh

« Si la côte n’est pas sabotée de Port Louis à Quiberon, c’est parce que l’armée y avait (y a toujours ?) un long champ de tir (dit « de Gâvres »). »

Ça, c’est la version servie par le pouvoir pour se retirer d’une affaire qu’il voyait bien mal engagée avec la réaction populaire très déterminée. C’est bien le Peuple des dunes qui a fait abandonner le projet.

Les « tirs de Gâvres » se font de plus en plus rares. Encore quelques exercices des Super Étendards de Lann Bihoué. Quand j’étais môme, nous entendions régulièrement le canon tonner. Même au cœur de l’été. Ce n’est plus le cas depuis longtemps. L’armée a tendance aujourd’hui (réduction de crédits ?) à céder ses territoires littoraux au Conservatoire du littoral qui prend en charge leur développement. Ainsi fut fait l’année dernière sur la Côte sauvage à Quiberon.

Article: Breizh
Okazou
, le 29.07.2009 à 16:56
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Article: Breizh

« vu mes origines méridionales… Même des origines de bord-de-mer (Gênes mon père, Trieste ma mère – il faut le faire!), ne me donnent pas le droit de me sentir chez moi en Bretagne. »

Bien sûr que tu es chez toi en Bretagne, Anne. Comme toute personne qui y pose le pied. Et avec le prénom que tu portes, tu es déjà un pied dedans ! Gènes gênois ou pas.

Article: Breizh
Okazou
, le 29.07.2009 à 06:15
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Article: Breizh

Très beau texte, Modane. C’est bien ce coin de Bretagne que tu décris tel qu’il est dans sa beauté farouche et ses horreurs sans nom.

« Et ça pue! Mon Dieu que ça pue!… La décomposition… Hydrogène sulfuré à outrance. À en mourir, dit-on… De ces algues vertes, on peut en ramasser jusqu’à 10 000 tonnes par an rien qu’en baie de St Brieuc. Il doit y avoir des bretons qui n’aiment pas la mer pour laisser le trop plein d’engrais faire ces ravages à la côte. »

Ça, il faut le dire et le répéter bien haut, bien fort. Que le monde montre du doigt ces dégâts humains, parfaitement évitables, qui, par la très grande lâcheté des élus et des populations locales perdurent depuis des années et pour des années encore. Le « Grenelle de la mer », vaste entourloupe toute sarkozienne qui vient d’avoir lieu, n’a absolument pas abordé ce problème qui restera donc écarté des mesures projetées. Tous les Bretons, et ceux qui sont directement concernés dans ce département des Côtes d’Armor (Finistère nord idem) mieux que d’autres, savent à qui l’on doit d’infliger ces remugles atroces, le qualificatif n’est pas trop fort, aux humains qui nous font l’honneur de nous visiter.

Il n’y a pas deux coupables mais un seul : le productivisme agricole et sa surproduction destinée à l’exportation et grassement subventionnée par cette Europe gâtée par le libéralisme économique. Je me répète ? Je m’en fous ! Rien n’est plus vrai que ce que j’écris là et il va bien falloir un jour, qui sera un beau jour, sortir une bonne fois de cette gabegie mortifère, qui nous entraîne vers la mort aussi sûrement que le bateau mal gouverné va se briser à la côte.

Les marées vertes (nous avons aussi eu droit régulièrement [7 fois] aux marées noires de pétrole) sont la résultante du lessivage des sols sursaturés d’azote par les pluies printanières (avril à juillet) qui entraîne ces quantités d’engrais vers la mer à la rencontre d’algues (ulves) qui ne demandent qu’à se développer inconsidérément au premier rayon de soleil. Ces algues couvrent littéralement, telles une immense méduse flasque d’un vert de gelée anglaise, les plages et les fonds de baies avant de se désagréger dans la puanteur justement décrite par Modane.

On imagine l’état de déliquescence dans lequel sont rendus les populations et les élus locaux dans ce coin de Bretagne-Nord (des baies de Lannion et de St-Brieuc [400 ha d’échouage pour cette seule baie !] jusqu’à celle de Douarnenez, plus de 70 communes littorales touchées !) pour qu’ils en soient à accepter qu’une poignée d’éleveurs de porcs et d’agriculteurs irresponsablement avides, formant un des lobbies les plus puissants d’Europe, détruisent une des plus belles contrées de France (même sous la pluie).
Un exemple du comportement du pouvoir sur place ? Je ne sais pas ce que vous feriez à sa place devant un tel problème mais le préfet des Côtes d’Armor, représentant direct du gouvernement (droite ou gauche, c’est pareil), qui signe à tour de bras, contre les recommandations de la pourtant ultra-libérale Europe, des autorisations d’extensions de porcheries déjà en surnombre, plutôt que d’agir contre les fautifs, préfère demander aux maires des communes touchées de restreindre les accès des plages aux populations tant la santé des personnes est en danger. C’est magnifique de cynisme et de bêtise, non ?

C’est comme ça que tout continue. Les citoyens locaux ne sont pas assez nombreux à se mobiliser. On se tait. La Bretagne, à l’instar de la Corse, sait faire jouer l’omerta et celui qui rue dans les brancards est bientôt menacé, certaines menaces allant jusqu’à aboutir. Un système mafieux est en place, sous l’égide du pouvoir et de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles) qui poussent à surproduire quoiqu’il puisse en découler.

Alors quand j’entends des abrutis cracher sur la politique j’ai bien envie de leur mettre le nez dans un mètre cube d’algues vertes en putréfaction. Car c’est bien par des choix politiques différents que l’on parviendra à retrouver la Bretagne qu’on aime. Celle d’avant les années libérales.

Revenons à une agriculture non productiviste qui n’exporte que les produits que d’autres ne peuvent pas produire et qui se charge d’assurer l’autonomie alimentaire de la France et de produire ce que pourrait demander l’ONU pour ses programmes d’aide alimentaire. Tout est là.

Si la FNSEA sévit fortement en Bretagne, c’est également en Bretagne qu’est née la Confédération paysanne dont la vision de la fonction sociale du paysan est à mille lieues de l’enrichissement à tout crin sur le dos des autres.

La Bretagne-Sud où je me trouve, très différente géologiquement et économiquement de la Bretagne-Nord, n’est guère victime de ces marées vertes. L’ensoleillemeent supérieur (qui bloque la croissance des ulves) et le développement agricole plus réduit nous fait passer à travers cette malédiction.

Mais d’autres dangers, également en rapport avec le mépris qu’affichent certains chantres du développement économique en dépit de tout et de la nature en particulier, nous guettent.
Ainsi, à deux pas de chez moi, Dame Nature nous a dotés de 25 km de plages et de cordon dunaire ininterrompus (sauf ria d’Étel) entre le tombolo de Gâvres et l’isthme de celui de la presqu’île de Quiberon (voir Google Earth). Une plage et des dunes à perte de vue. C’est beau, c’est sauvage, c’est riche en faune et en flore. C’est unique et irremplaçable. On touche au sacré. Eh bien, on vient de l’échapper belle, un cimentier leader mondial en matériaux de construction, Lafarge – qui a signé un partenariat avec le WWF (!) –, avait décidé de se fournir en sable par dragage devant cette merveille de la nature. Dix-huit millions de tonnes de sable auraient ainsi été déplacées créant un vide (l’horreur absolue pour la nature) que seul le retour à la mer du sable des dunes aurait pu combler, détruisant par là deux écosystèmes par une seule action. Ces gens sont incapables d’imaginer ce que leur comportement « prédateur » peut induire sur l’écosystème auquel ils s’attaquent. Et quand ils peuvent l’imaginer (ils savent parfaitement « orienter » leurs études d’impact), ils passent outre leurs états d’âme. Du cynisme au service de ces maudits actionnaires voraces.
Malheureusement pour eux, le Peuple des dunes, réunissant solidairement 150 associations de défense de la nature, s’est mobilisé efficacement et les beaux accords qu’ils s’apprêtaient à signer avec le représentant du gouvernement sont restés lettre morte.
Sur le même magnifique site naturel entre Gâvres et Quiberon, l’état-dans-l’État EDF avait cru pouvoir implanter jadis (!) une centrale nucléaire. À Erdeven. Ils avaient cru pouvoir. Mais le pouvoir, celui des gens, des hommes et des femmes de ces contrées et bien d’autres venus de toute part, le pouvoir populaire, l’avait emporté. Nous pensions aussi beaucoup, alors, aux pays sous le vent de la Bretagne (quand nos flux d’ouest, Gwalarn, Kornog et Mervent s’en mêlent, ils ont tôt fait de traverser le pays) qui auraient subi, au premier dysfonctionnement important de la centrale, les effluves mortels qui ne se seraient pas arrêtés aux Marches de Bretagne comme le nuage de Tchernobyl l’avait fait si aimablement aux frontières de l’Est de la France.

Le pouvoir ? C’est toi, c’est moi, c’est nous. Et personne d’autre.

L’action politique, c’est ça. Militer, c’est ça. Se faire respecter, c’est ça.


Un autre monde est possible. Le nôtre.

Article: Détails à propos du fonctionnement de Cuk.ch

« mais que se passe t’il, Okazou poste un commentaire de seulement 5 lignes ! »

Rassure-toi, ce ne sera sans doute pas longtemps le nouveau format de mes interventions !

L’écran 13’ est petit mais ne constitue pas un obstacle en matière de textes. Mon WallStreet disposait également d’un écran 13’, plus carré, et ce petit Mac sera secondé à l’automne (novembre ?) par un iMac 24’ propulsé par un Core i7 (architecture Nehalem). Tu verras alors comme mes textes seront plus longs !

Article: Détails à propos du fonctionnement de Cuk.ch

Mon vieux Titanium (6 ans de bons et loyaux services) est tombé en rade graphique (écran quasiment illisible) lors de la dernière mise à jour de cuk.ch. Maintenant, c’est un tout neuf et tout petit Macbook qui le remplace. Il va bien falloir que je propose quelques sujets à la rentrée, maintenant que tout marche mieux, et chez cuk et chez moi…

Merci Noé, pour ce travail impeccable.

Article: « J’ai eu de la chance » et « c’est juste une vieille robe »…

« Il y a quelques années, une de mes connaissances, institutrice, a fait une petite expérience avec ses élèves : elle leur a demandé de noter sur une feuille trois de leurs défauts et trois de leurs qualités »

Franchement, une question pareille, on ne peut y répondre que par une page blanche, accompagnée ou pas d’un bras d’honneur. À moins, peut-être, si l’on est exhibitionniste et que l’on prenne plaisir à s’exposer.

Mes défauts et qualités ne regardent personne. Chacun peut les imaginer, c’est peut-être amusant, mais on aura plus vite fait de constater des faits de vie, tout simplement, pour notre famille ou nos amis. De là à en tirer une liste de qualités et de défauts…

Les meilleures qualités sont souvent cachées. Comme les pire défauts. Cela fait que l’attente d’une réponse sincère confine à la plus grande naïveté. Le mensonge est la qualité la mieux partagée et personne n’y échappe.

Quant à répondre à la question sur le compliment qui a le plus marqué, et pourquoi pas la critique la plus cinglante ?, là encore la meilleure réponse peut-être une page blanche. Ou alors la mise en pratique de la fameuse formule : » Il n’y a pas de questions indiscrètes, seule les réponses le sont. »  Ce qui laisse toute lattitude à qui le désire de poser la question qu’il veut et permet de ne pas avoir à y répondre