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Résultats pour l'auteur: Okazou
1371 commentaires trouvés.
Article: À propos de Cuba…
Okazou
, le 29.04.2011 à 02:51
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Article: À propos de Cuba…

Réflexions d’un honnête homme. Ça fait du bien tant l’honnêteté est une denrée rare de nos jours. Et je ne parle pas de l’objectivité.

Il m’arrive d’être en contact avec de jeunes musiciens cubains. On n’imagine pas le talent qu’ils ont. Deux jeunes flûtistes de jazz (flûte traversière) d’une vingtaine d’années ont scotché sur son siège une copine professeur de flûte lors d’un concert. Je me souviens aussi d’un jeune bassiste de jazz arrrivé avec sa Jazz Bass Fender tout écaillée et un seul jeu de cordes, celui monté sur la guitare, et qui nous a enchanté toute la soirée, d’un jeu d’un enthousiasme non dissimulé, le sourire aux lèvres. Je me souviens aussi de Damas de Cuba, un groupe de 11 jeunes femmes cubaines aux voix divines. Qui m’ont vendu à un coût défiant toute concurrence, une boîte de cohibas (au nez et à la barbe du fisc français). Je passe aussi sur ce groupe de bal cubain avec ses deux chanteurs danseurs incitant la salle à danser avec eux. On se souviendra enfin de Compay Secundo. Les vieux, là-bas, sont respectés et reconnus.

Une formation musicale ne coûte rien à Cuba et les instruments vous sont prêtés.

Bref ce qu’on peut reprocher à Cuba (qui voit la paille ne voit pas la poutre) est plus que largement compensé par une qualité de vie, certes plus que sobre, mais saine, courageuse, solidaire et généreuse.

Merci François pour cet article qui fera certainement réfléchir.

À part ça, que penses-tu du mojito, boisson de La Havane au rhum Havana Club ?

Article: Profitons des concerts sans nous abîmer les oreilles

Bonne année 2011 à tous !

jdmuys-2 lève le lièvre : ne pourrait-on s’interroger sur ce qui fait qu’un genre musical ne puisse exister, s’imposer que par des effets de la puissance sonore ? Et pourquoi des spectateurs s’attendent-ils (exigent-ils ?) à recevoir (baissez le niveau sonore d’un de ces concerts et observez les réactions) une part de souffrance avec le plaisir qu’ils vont chercher ? Que signifie ce dévoiement ?

On pourrait élargir ainsi ce champ des mœurs actuelles vers d’autres plaisirs : alcool,sexe, bouffe… et constater que l’excès (bascule vers la souffrance) devient une exigence. La réduction de son plaisir par l’auto-imposition d’une souffrance. Réponse (mais quelle ?) à la souffrance sociale et l’impuissance à laquelle les populations sont soumises depuis 30 ans ?


Un autre monde est possible.

Article: Le talent a rendez-vous avec la morale…

« J’insiste sur un point: je me sens, MOI, face à un dilemme que je partage. Je ne l’impose à personne. »

Nous sommes tous logés à la même enseigne devant ce dilemme et si nous pouvons adopter des postures froidement intellectuelles pour analyser et en discuter il n’en reste pas moins que quelque chose au fond de nous peut nous retenir et nous nous disons alors : « Non, là, c’est trop ; ça dépasse ce que je peux admettre. » et faire que nous refusons de devenir en quelque sorte complice d’un auteur et de le notifier en en rejetant l’œuvre.

Article: Le talent a rendez-vous avec la morale…

« C’est indiscutable, je n’avais pas souvenance qu’elle avait dit non. »

Parce que tu considères sérieusement le oui d’un préado (a fortiori celui d’un enfant) comme un oui à part entière, émis en connaissance de cause, conscient et étayé par une réflexion qui serait du niveau de la réflexion d’un adulte ?

Article: Le talent a rendez-vous avec la morale…

L’homme n’est pas un saint, la sanctification (la recherche de la perfection) est une utopie, c’est à dire un but inatteignable mais une direction à suivre pour « les cœurs purs » qui s’attacheront à ne pas quitter la voie de leur utopie.
L’artiste, qui est aussi un homme, n’est pas un exemple et n’a pas à l’être. L’artiste, c’est celui qui « vit en flèche », celui qui voit ce que les autres ne voient pas encore. C’est tout (!) ce qu’on lui demande. Et comme le dit très bien zit-9, son œuvre lui échappe parce que l’œuvre livrée au public n’appartient plus à son auteur mais à l’humanité ; pas plus qu’un enfant n’appartient à ses parents. Point de scrupule à avoir, donc, pour apprécier l’œuvre pour elle-même. Même si je refuse toujours de lire Céline.

Ta position, Anne, qui est de ne point dissocier l’homme-auteur de son œuvre, rejoint le point de vue (et la méthode) de Michel Onfray dans sa Contre-histoire de la philosophie où, s’opposant aux mythes fabriqués de l’histoire officielle de la philosophie où la pensée convenue les a confinés (quand elle ne les a pas « oubliés »), il revisite les philosophes en s’attachant à confronter leur œuvre à leur biographie, à l’histoire de leur vie.

Il apparaît alors que la connaissance de l’œuvre dépend notablement du niveau de lecture pour lequel on opte. Considérer l’œuvre comme la production d’un auteur anonyme reste possible et valable (qui dessinait à Lascaux ? Qui concevait les temples incas ?) mais il est certain qu’une bonne aperception (conscience aiguë) de l’œuvre ne peut s’obtenir que par la superposition du producteur à sa production.

Article: Les premiers pas d’OS X (suite et fin)

« malgré les railleries de la plupart de mes copains de l’époque qui voyaient en GEM puis en Windows le futur de l’informatique personnelle. »

Ils allaient simplement un peu vite en besogne car GEM était remarquable par son interface, non par le fonds du système. Ce qui aggrave leur cas c’est l’intérêt qu’ils pouvaient porter à Windows dont l’interface n’était qu’un leurre pour attirer les couillons, une pauvre surcouche de DOS.

Article: Le rangement par le vide, c’est questionnant…

« Ce n’est pas encore entré dans les mœurs, et surtout pas chez les éditeurs, de permettre une édition numérique des bouquins qui sortent… »

Voilà bien le hic ! Le fric. « Il faut d’abord tirer du profit d’un créateur », au lieu de « il faut d’abord que le lecteur, auditeur, etc. dispose de la création. »

Article: Le rangement par le vide, c’est questionnant…

« Henri-David Thoreau est ton ami, mais comme l’écrivait Arnaud de la Hougue, “la reconnaissance sociale s’obtient grâce à l’exhibition de ce que l’on achète… faute d’être, on se tourne vers l’avoir, qui procure le paraître.“ »

La reconnaissance sociale ne peut être une quête. Elle est ou elle n’est pas. Et qu’importe d’ailleurs qu’elle nous concerne ou pas. L’important est d’exister. L’être, on n’a vraiment que ça.

Thoreau est bien mon ami. Un bonhomme hors du commun, spécial mais attachant.

Article: Le rangement par le vide, c’est questionnant…

« Le numérique a sans doute beaucoup d’avantages, mais le prix à payer (en recyclages successifs) sera très élevé, si on ne veut pas que notre société finisse amnésique. »

Ne pourrait-on déduire de ce constat sur la difficulté d’archiver qu’il faut laisser les professionnels (bibliothèques, vidéothèques, ludothèques et autres …tèques) s’en dépatouiller pour nous ? Ne nous resterait que l’exigence de contrôler ces professionnels chez qui nous pourrions emprunter ou louer. Pas d’amnésie et accès pour tous, même les fauchés. Que demander de plus ?

Article: Le rangement par le vide, c’est questionnant…

« “Qui parle de bonheur a souvent les yeux tristes. N’est-ce pas un sanglot que la déconvenue ?” »

Parole de curé ! (à moustaches)

« Ceci dit, la direction de conscience, c’est une quête de bonheur aussi non ? et elle a fait autant de dégâts que le consumérisme, et depuis beaucoup plus longtemps ! »

Parole de défroqué !

Article: Le rangement par le vide, c’est questionnant…

« Okazou, quel plaisir de te relire… »

Je suis moi-même surpris du plaisir de participer à nouveau à la grande saga de cuk.ch. Mais j’ai toujours lu articles et commentaires.

« Ben justement, le fait de garder des livres, des films, des disques, je trouve plutôt cela non compulsif… »

C’est moins conserver qu’acheter qui est compulsif. À moins de recycler en donnant, en revendant, etc. Qu’est-ce que ce besoin qui semble quasiment impérieux de s’approprier un CD, un livre ou je ne sais quoi pour en profiter un peu avant d’en faire des conserves ? Comment surgit dans une cervelle ce qui apparaît comme une injonction derrière laquelle semble transparaître une sanction ? Et de quelle nature serait cette sanction ? De quelle façon serait-on puni lorsqu’on résiste à un réflexe de consommateur bien formaté ? Je ne peux croire que ce n’est qu’une question de pouvoir d’achat, c’est-à-dire que si un consommateur avait les moyens de s’approprier la planète il se la paierait.

Article: Le rangement par le vide, c’est questionnant…

Et, après ça, on continue ? On reprend ses mauvaises habitudes de surconsommateur archiviste accumulateur d’inutile ? On ne retient pas la leçon ? On n’a rien compris ?

Pensons un instant à ce qu’il restera vraiment de nous-mêmes et envisageons peut-être un autre mode de vie humainement plus riche et tellement plus satisfaisant. Ces errements compulsifs ont des conséquences infiniment graves sur d’autres hommes et sur cette belle planète qui nous reçoit le temps d’une courte vie, qu’il ne faut pas gâcher par des comportements somme toute puérils.

Le bonheur ne se trouve ni dans la consommation ni dans l’accumulation ni dans la possession. On ne le trouve pas dans le monde marchand.

Mais c’est de l’origine de ces funestes manies qu’il faudrait parler, pas de leurs conséquences ni de ces grands ménages dont on se voudrait le héros et qui ne sont pourtant que de fallacieuses victoires. Quel est donc ce mode de vie assez aberrant et absurde qui peut mener à ces grands nettoyages ? Comment en arrive-t-on là sans s’être rendu compte, à un moment ou l’autre du parcours, que l’on est en plein dérapage ?

Pour vivre vraiment, pour ne pas passer à côté de sa vie, il faut avancer léger. Sobre, sans surpoids.

––
C’est la connerie, qu’il faut traiter en urgence, alzheimer peut attendre…

Article: Mes sources d’information à l’heure d’internet

Aujourd’hui, avec la multiplication des sources d’information, il faut trier et nous avons surtout besoin de décryptage. Pour la télé, pommedapi a cité Arrêt sur images, sur abonnement, qui est un bon outil – s’abonner à la gazette Neuf-Quinze, qui est gratuite et souvent savoureuse ; pour tous les médias il faut ajouter Acrimed qui est gratuit mais à qui l’on peut faire un don.

Article: Le Royal Exchange – variations sur une image

« Je fais un sale métier, c’est vrai, mais j’ai une excuse, je le fais salement. » nous dit le voleur, en cassant les vitrines de protection des bijoux à grands coups de pied-de-biche, dans le film tiré du roman du cher anar Darien.

On peut également s’intéresser à L’argent de Zola et à ses Carnets d’enquête (pavé prêté il y a plus de dix ans à une amie) dans lesquels Zola démonte les processus boursiers.

Reste encore, si l’on veut aller un peu plus loin, à lire Qu’est-ce que la propriété ? puis Théorie de la propriété du bon Proudhon.

Tous contemporains, ces hommes-là. Mais où donc les cache-t-on aujourd’hui, les Darien, Zola et Proudhon du 3e millénaire ?

Quant aux bourses, on peut préférer qu’elles brûlent plutôt qu’elles ne flambent.

Chomsky sera à Paris du 28 au 31 mai.

Article: Vigousse, ce canard…!
Okazou
, le 03.05.2010 à 07:26
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Article: Vigousse, ce canard…!

Tu fais bien, Anne, d’inciter les Suisses qui te lisent à acheter régulièrement Vigousse. Nous venons de perdre l’un de nos fleurons de la presse satirique : Siné Hebdo.

Cet excellent canard, malgré ses collaborateurs prestigieux et une qualité d’articles sans pareille, ne paraîtra pas mercredi prochain et je me contenterai d’acheter Le Canard enchaîné, excellent volatile également.

Siné Hebdo est mort du manque de lecteurs et c’est un crève-cœur, alors, chers amis suisses, ne laissez pas tomber Vigousse, faites-le vivre, il est un des garants de la démocratie et de la (votre) liberté d’expression.

Article: Un brochet grand comme ça
Okazou
, le 22.03.2010 à 06:34
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Article: Un brochet grand comme ça

Ils devraient faire le procès des antibiotiques (et de ceux qui les utilisent) pour les génocides répétés sans cesse contre de pauvres microbes innocents qui ont bien le droit de vivre, comme tout le monde.

« Mais enfin bon – vu l’état actuel du monde, mettons qu’un pays dont les tribunaux sont occupés par des problèmes comme celui-là est tout de même un pays heureux. »

Heureux, c’est pas sûr. J’aurais plutôt dit repu.

Article: La machine à remonter le temps

À Chichille-10

L’affaire Siné que tu évoques ne laisse aucun doute. Aucun. Sauf à refuser l’évidence. Il te suffira de lire les attendus du jugement, lumineusement favorables à Siné, pour comprendre le fond de l’affaire. Et constater qu’il est des juges, en France, qui savent lire.

Tu trouveras ces attendus assez facilement sur la Toile si tu cherches un peu.

Article: La machine à remonter le temps

J’adore ton regard sur les choses et le monde, Modane. Une fois de plus tu nous places devant un problème fondamental, la censure, et certaines réactions à ton texte nous permettent de comprendre au moins une chose on ne sait pas lire ou bien même on ne veut pas savoir lire.

C’est tout de même fou d’avoir à constater que dès lors que l’on donne dans la subtilité ou dans le second degré un certain nombre de « lecteurs » décrochent. C’est sur cette éventualité que s’appuient les censeurs en nous claquant au visage un : « Tout le monde ne peut interpréter correctement comme vous le faites, il nous faut donc protéger ces gens-là. » 

Et si on leur apprenait à lire, tout simplement ?

Article: Maurane qui chante Nougaro… une redécouverte

Claude Maurane était une de mes grandes déceptions. Une des plus belles voix francophones gâchée par de mauvais choix artistiques.

Cette fois, quelque chose me dit qu’elle a enfin retrouvé sa… voie. D’abord, elle est excellemment entourée par des musiciens de jazz qui sont tous des vieux routiers. Ensuite elle chante de superbes textes sur des musiques parfaitement adaptées à ces textes, ce qui manquait à Maurane jusqu’alors.

Je pense que je vais l’écouter, ce disque.

Quant à Nougaro, comme auteur et interprète, je le vénère (jusqu’à Nougayork) mais le bonhomme, que j’ai eu l’occasion de côtoyer une première fois professionnellement et une seconde dans le cadre amical d’une grande bouffe qui s’acheva à l’aube, est un type que j’ai trouvé peu agréable (litote) et je n’étais pas seul à le penser. Il a failli à plusieurs reprises gâcher notre soirée. A contrario, Higelin, qui était également présent à notre bringue, est un type réellement fantastique et agréable qui mérite d’être connu et fréquenté.

Article: Un Océan(s) d’ennui…
Okazou
, le 23.02.2010 à 06:56
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Article: Un Océan(s) d’ennui…

« Ce qui me dérange, c’est que tu pars du principe que tout Suisse est “montagnard” et qu’il doit par nature s’extasier devant n’importe quel tas de cailloux. C’est un peu comme si tu disais qu’un voleur de bicyclette sommeille forcément en chaque Italien… »

Comme je disais plus haut-25, n’exagérons rien, Caplan. Manifestement, tu ne veux pas comprendre. Pour une raison connue de toi seul. Relis-moi sans a priori, je pense que j’ai été assez clair et que l’on m’a compris. Sauf toi, apparemment. Levé du pied gauche ?

Article: Un Océan(s) d’ennui…
Okazou
, le 22.02.2010 à 19:03
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Article: Un Océan(s) d’ennui…

« Okazou, en d’autres temps et en d’autres débats, tu serais le premier à hurler au scandale devant de telles généralisations “ethniques”! »

N’exagérons rien, Caplan, il ne s’agit que d’une généralisation écologique ; nous sommes issus d’un biotope et si nous ne l’avons guère quitté (ou pas longtemps), nous en sommes imprégnés et en subissons fortement les influences de tout ordre. Après tout, si la proposition était inversée – d’un montagnard vers un marin – je n’aurais pas été choqué le moins du monde.
Imaginons, par exemple, un Lapon déplacé au Gabon et un Gabonais au-delà du cercle arctique, ce ne serait pas faire montre de généralisation ethnique que de prétendre que l’homme déplacé de son milieu d’origine ne perçoit pas son nouvel environnement à la façon de l’autochtone. Un gros travail d’adaptation au milieu devient nécessaire et une masse de connaissances doivent être acquises pour seulement survivre au milieu. Alors quand s’ajoutent les attachements affectifs…

Article: Un Océan(s) d’ennui…
Okazou
, le 22.02.2010 à 07:33
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Article: Un Océan(s) d’ennui…

« Oui je sais, je ne vais pas plaire à tout le monde aujourd’hui. »

C’est vrai.

« Alors oui, c’est beau. C’est vrai, c’est même souvent magnifique.

Mais c’est profondément ennuyeux. »

On ne peut exiger d’un montagnard qu’il s’attarde des heures à contempler la mer. Ou alors une mer de nuages (fluide en mouvement contre fluide en mouvement). De même, un marin pourra trouver ces masses rocheuses qui lui bloquent l’horizon parfaitement incongrues. Couvertes de sinistres conifères, de surcroît…

C’est ainsi. Bien que nous ayons adopté quelques marins helvétes (et pas les plus mauvais), chez nous, en Bretagne, il faut avouer que les Suisses, terriens s’il en fut, se plaisent mieux dans leurs altitudes qu’au niveau de la mer. Alors se taper des longs métrages d’images de mer sans scénario tangible peut devenir rapidement lassant.

Bien que je n’aie pas encore vu le film de Jacques Perrin, je sais que je n’en manquerai pas une image et que je sortirai régénéré de sa projection. C’est comme ça. La mer a toujours été pour moi, de quelque façon qu’elle se présente et que je me présente à elle (dessus ou à côté mais pas trop dedans), une source de bien-être. Je conçois très bien que la montagne puisse jouer un rôle semblable pour un montagnard mais un film qui me montre des gars en train de grimper me gonfle immédiatement. Je serais plus sensible aux films de montagne animaliers. Mais aucune montagne ne portera jamais plus d’éléments vivants différents (on est loin d’en avoir fait le tour) que la mer, notre berceau originel.

Au-dessus de mon bureau, sous mes yeux, donc, trône une photo de Plisson qui représente une simple vague qui déferle sans qu’on lui en demande plus. D’un seul regard, je rejoins la mer.

Article: MBT, c’est (peut-être) moche, mais qu’est-ce que c’est bon!

« Remarquez (bis), quand je vois certains qui ont fait du sport, je me dis que j’ai encore eu raison de ne pas en faire… »

Bien dit. Vive l’exercice, qui profite et fait du bien, et à bas le sport, qui esquinte et porte en lui l’esprit de compétition et du chacun pour soi, contre l’autre.

« j’ai une magnifique paire de bottes mexicaine (heuuu, j’accorde avec paire, qui est singulier, ou bieeeen ?)  »

Une paire, de quoi ? De bottes mexicaines . Ce sont les bottes, qui sont mexicaines, pas la paire qui se fout que les bottes soient lapones ou mandchoues.

« Ce que François oublie de dire, c’est qu’à la moindre chiquenaude dans le dos, il se transforme en pendule de Foucault… »

François transformé en ramponneau (qui subit des bourrades le déséquilibrant – d’où le coup appelé ramponneau) ou en culbuto®, on voit l’image. Même pas besoin d’être bourré !

Comme le rappelle henrif-26, la marche naturelle entraîne une inclinaison, tout aussi naturelle, du buste vers l’avant. Ça doit être bizarre de marcher avec des semelles convexes. Des coups à se ramasser par terre en arrière après avoir abusé du chouchen.
Tiens ! J’ai lu quelque part qu’Apple nous proposerait peut-être un jour une souris tactile à semelle convexe pour multiplier les commandes. Manquera plus qu’à intégrer les commandes souris aux pompes (façon Nike) pour piloter son Mac avec les pieds. Comme un pied ?

Article: Racontars et billevesées…
Okazou
, le 10.02.2010 à 07:00
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Article: Racontars et billevesées…

Tu aurais tort d’avoir des scrupules, Modane, BHL est tout sauf une ambulance, plutôt un blindé (blindage inattaquable) bien armé qui n’hésite pas à flinguer tout ce qui ne fait pas partie de son microcosme. C’est un ami de Sarkozy, c’est dire que le culot est son carburant et le mensonge le comburant de propulsion des missiles qu’il n’hésitera jamais à lancer contre les ennemis de sa pensée unique. D’ailleurs, lui accorder une pensée, ne serait-ce qu’une seule, c’est déjà abuser.

Petit gag que l’on découvre dans La vie sexuelle d’Emmanuel Kant, une des têtes de chapitre de l’irrésistible et improbable œuvre de Botul/Pagès porte le nom du parfait nanard que BHL avait tourné au Mexique : Le jour et la nuit, qui fit deux ou trois entrées dans les salles françaises avant de retourner dans l’ombre.

Cela dit, Modane, rien ne t’empêche, après avoir dégoupillé une bière au nom de Spinoza, de le lire. C’est un philosophe majeur, lui…


Le botulisme n’est pas une école de pensée philosophique.

Article: Les armes désarmées
Okazou
, le 25.01.2010 à 06:45
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Article: Les armes désarmées

Très belles photos. Il est vrai que la lumière est superbe.

Pourquoi les jeunes garçons (j’en fus) sont autant captivés par les attirails guerriers et particulièrement les armures, qu’ils trouvent fascinantes ?

Imaginons un combat entre armées ainsi enferraillées du point de vue sonore. Et les boules Quies n’existaient pas !

Très réaliste, ce musée ; j’ai particulièrement remarqué, sur la dernière photo, l’union sacrée entre sabre et goupillon.

Article: J’ai testé pour vous le livre électronique

« Mais j’adore la lecture papier, préférentiellement dans mon fauteuil plutôt que sur le banc d’un parc (je ne comprends ni cette mise en spectacle de soi-lisant, ni l’intérêt de la lecture soumise au vent, quand ce n’est pas aux intempéries, ni l’intérêt de se priver de ce qui pour moi est un double plaisir suavre: lire et boire une boisson chaude, voire manger un morceau sucré, toute chose qui demande force préparation pour être faite dans un parc :-) ) »

Ah, le bonheur absolu de lire vautré dans l’herbe, le cul au soleil ! Pure jouissance !
Quand je suis dans la nature, mon thermos de thé n’est jamais loin. Rien de complexe dans la bouteille thermos. Une ampoule de verre protégée par un cylindre de métal et un quart pour boire.

Mais lire au coin du feu est tout aussi agréable lorsque le temps est chagrin.

S’adapter pour ne pas manquer le plaisir et le prendre là où il se trouve.

Article: J’ai testé pour vous le livre électronique

« En fait, c’est 35% du bois coupé dans le monde qui fini en papier et 50% spécifiquement pour les livres, magazines, journaux, etc. »

On admirera ici la puissance d’occultation d’un : etc. On cite nommément livres, magazines et journaux, c’est-à-dire les objets en papier qui nous retiennent de devenir complètement idiots – coupables paraît-il de participer à grande échelle à la déforestation – et on oblitère tout le reste en le concentrant dans ces trois petites lettres : etc.

Quelques chiffres en vrac glanés sur la toile vont nous ramener à un réel bien franc et honnête :

• L’essentiel de la consommation de papier (90 %) concerne le papier à usage graphique et les emballages (43 % pour l’emballage et les papiers d’hygiène [7 %] et 47 % pour les usages graphiques [dont 7 % pour les journaux]). Dans les usages graphiques on trouvera les publicités.

• Augmentation de 33 % des papiers d’hygiène en 10 ans : couches du bébé, mouchoirs, PQ, essuie-tout, nappes, serviettes… Ce serait une mauvaise idée de tenter de recycler du PQ.

• En France, on consomme annuellement 180 kg de papier par an et par habitant. En Suisse, 220 kg. Aux USA, 300 kg. 137 kg pour l’Islande, petit consommateur du monde occidental.

• 70 % du bois utilisé dans la fabrication de pâte à papier provient de coupes d’éclaircies (pour aider les beaux arbres à se développer) et le reste de chutes de scierie. L’image du bel arbre abattu pour finir dans nos bibliothèques n’est donc que le fantasme d’esprits trop imaginatifs.

• La majorité du papier n’est pas recyclé mais brûlé ou enfoui. Dans les meilleurs cas 60 % des papiers sont recyclés.

• Un eucalyptus est exploitable en 4 ans. Rien à voir avec le chêne et les essences nobles à croissance lente.

• En France, la fabrication de livres a nécessité 220 000 tonnes de papier en 2006 contre 4 446 000 tonnes pour les autres imprimés. On mesure la qualité des affirmations ici exposées, sans vergogne et avec un gros culot, sur l’association entre livre et destruction de la planète !

Il va bientôt falloir expliquer aux castors qu’il est urgent de se faire les dents sur autre chose qu’un arbre sacré !

Il y a une dizaine d’années, j’ai tenté une petite expérience, excédé que j’étais par l’incroyable quantité de documents purement publicitaires relevés chaque jour dans ma boîte à lettres. Pendant un trimestre, j’ai tout conservé et pesé l’ensemble en bout de course. J’ai égaré le chiffre mais il était colossal. Mais le plus important est que j’ai pu me faire une idée de ce que, pendant cette période, j’avais reçu comme pubs et ce que j’avais acheté comme livres. Je suis un bon client des librairies mais en un trimestre, en comparaison avec ce qu’on colle dans ma boîte à lettre, mes achats de livres n’étaient rien.
Depuis, j’ai placé une vignette autocollante remerciant les distributeurs de pubs de bien vouloir éviter ma boîte. Ça fonctionne très bien. Tout au plus je puis trouver aujourd’hui, de temps en temps, une vignette du Dr Mamadou, spécialiste en mauvais sorts, gri-gris et autre fétiche, s’inquiétant de mes rapports amoureux et de l’état de mes finances et se proposant d’y remédier.

J’aime bien l’image du globe-trotter occidental partant en expédition culturelle. Un ordinateur portable, un « livre » électronique, un téléphone, un appareil photo, les alimentations de tout ce petit monde. Le nomade intelligent voyage léger, c’est connu.

La redondance de certains machins électroniques n’effraie personne. Normal. La société contemporaine se doit de nous procurer ces indispensables biens et elle le fait consciencieusement. Sot que celui qui ne profiterait pas de ces merveilles techniques !

Maintenant, est-il vraiment nécessaire d’évoquer le coût, la complexité de mise en œuvre, l’autonomie énergétique, la durée de vie de ces « livres » électroniques et la simplicité de leur recyclage ? Sur le seul plan écologique le livre l’emporte haut-la-main contrairement à ce qui est prétendu ici, contre toute raison.

Mais « Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage. »


Un autre monde est possible. Plus sensé.

Article: J’ai testé pour vous le livre électronique

« il n’en demeure pas moins que 17% du bois coupé dans le monde est transformé pour créer du papier… »

Je me trompe ou nous parlons du livre qui disparaîtrait au profit de l’édition de textes sur machins électroniques ? Les 17 % de bois que tu mets en avant, ToTheEnd, ne concernent que fort peu l’édition de livres et considérablement plus tous les autres imprimés (des monceaux de documents publicitaires dont on ne parlera évidemment pas ici), les emballages (des tonnes inutiles mais ça ne défrise pas les couillons), la bureautique (kolossal mais on n’en fait pas argument) et un tas d’autres usages modernes (même les parquets et le mobilier) parmi lesquels le livre ne représente presque rien. D’autant que tout ce qui passe au pilon (beaucoup) est recyclé, pas jeté comme le papier journal ou les emballages (recyclage très partiel).

Au cas où (!) ça aurait échappé à certains, l’arbre est une plante qui se renouvelle très bien et l’espace ne manquera jamais pour produire ce qui est nécessaire au livre. Le problème, c’est le gâchis mais ça ne semble pas déranger grand monde, c’est tellement plus intelligent d’accuser le livre de la destruction des arbres ! On croit rêver…

Il va tout de même falloir vous remettre les neurones à l’endroit, un de ces jours, les gars, parce que là, vous êtes en plein délire. Mais le réel vous rattrapera !

« Sûr que le livre, qu’on l’aime ou pas (je n’ai pas de lecteur électronique, je n’aime pas lire sur un écran, je l’ai déjà dit mille fois), sera remplacé dans allez, dix ans, pour une grande partie des titres par un téléchargement. »

Parole de consommateur lucide et critique !

Tu seras mort avant de voir le livre disparaître, François, et moi aussi. Les petits-enfants de tes petits-enfants liront encore des livres.

C’est drôle comme l’apparition d’un nouvel objet peut annihiler toute capacité à prendre du recul et à analyser correctement les choses.


Un autre monde est possible.

Article: J’ai testé pour vous le livre électronique

« Je pense comme Anne sur le fait que le livre électronique n’est pas forcément concurrent du livre papier. »

« Je dirais même plus, mon cher Dupond, le livre n’a pas de concurrent. » – Dupont

Et il n’est pas près de disparaître alors que des générations de ces machins électroniques auront été, eux, recyclés en autant d’autres machins électroniques, le livre avec tous ses formats, toute la créativité et la diversité qu’il porte dans son principe même, avec ses belles typographies et ses belles images, le livre osera un sourire compatissant.

Ah ! La sensualité du clic-tourne-page ; la jouissance du doigt glissé entre les feuilles électroniques ; le contentement éprouvé à l’odeur de l’encre électronique ; la satisfaction sonore et tactile du feuilletage des pages dans un sens, puis l’autre en dégageant ce petit air frais chargé du parfum de l’imprimerie ; le ravissement à la pensée qu’après lecture et abandon sur un banc public ou un bord de fenêtre (le pouvoir du don), quelqu’un trouvera peut-être son bonheur à le prendre en main à son tour et à le lire  !

Les fabricants de machins ont décidé que nous n’avions pas suffisamment acheté d’ordinateurs, alors ils en inventent d’autres (camouflés), indispensables (sans lesquels la vie n’est pas possible) comme l’iPhone et l’iTablet, qui ne sont (seront) que des ordinateurs spécialisés, beaucoup moins compétents qu’un bon vieux micro qui, lui, peut tout faire. Achetez, braves gens, sinon c’est le système qui disparaît. Et ça, ce n’est, bien sûr, pas possible.


Un autre monde est pourtant possible. Avec vous ?

Article: Migrations
Okazou
, le 06.01.2010 à 06:58
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Article: Migrations

Bonne année, Anne !

Voilà le genre d’excellente idée de proximité à multiplier, et pas seulement dans le domaine festif. Il faut aider ses voisins à sortir de leur routine, généralement ils ne demandent que ça : retrouver les autres pour faire quelque chose ensemble.

Le début d’un autre monde.

Article: Et de huit!
Okazou
, le 28.12.2009 à 07:18
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Article: Et de huit!

« Je me rends compte que mes achats n’existaient que pour combler mes angoisses.

J’ai toujours des angoisses, je cherche à les combler autrement.

Pas facile. »

Ce n’est jamais facile, en effet. Nous sommes tous, un jour, passés par là.

Camus, le pessimiste, parlait de l’absurdité de la vie. L’optimiste que je suis préfère parler du dérisoire de la vie. Qu’elle soit absurde ou dérisoire il faut s’y colleter. C’est parce qu’il jugeait la vie absurde que Camus décida de se tourner vers ses semblables à travers ce qu’il appelait sa révolte. Accepter l’absurdité de la vie et en faire un combat (il fut d’ailleurs directeur du journal Combat).

Pour moi, c’est pareil. C’est parce que la vie est dérisoire que j’essaie de ne pas gâcher la mienne. En m’oubliant un peu et en me tournant vers mes semblables, sans le faire pour un quelconque bénéfice (y compris moral) que je pourrais en tirer. C’est ainsi qu’on peut se libérer. D’abord s’oublier.

Une lecture attentive et consciencieuse du Mythe de Sisyphe pourrait t’apporter une clef.

Article: Et de huit!
Okazou
, le 27.12.2009 à 19:12
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Article: Et de huit!

Bon anniversaire à cuk.ch, à son pilote François (et l’intendance de Madame Cuk), à son soutier Noé, à son équipage les rédacteurs et à ses passagers ses lecteurs et commentateurs. Vogue le navire !

« Le problème, c’est que j’ai un peu revu ma façon de fonctionner et de consommer.

Je n’achète pratiquement plus rien, et donc, j’ai moins de tests à faire sur des gadgets.

Ce changement me plaît bien parce que je me sens un peu mieux avec ma conscience, mais en même temps, je regrette un peu ce genre d’articles. »

Quel progrès phénoménal ! Voilà un enrichissement personnel que tu dois à cuk.ch. Ne consommer que le nécessaire (et tout de même un peu de superflu) permet de poser sur le monde un regard plus aigu, plus profond, plus responsable, plus respectueux. On sait alors qu’un autre monde est possible. Pour le bien de tous.


Le monde n’est pas une marchandise.

Article: Encyclopaedia Universalis 2010, cette fois j’en ai marre

François, je comprends ton point de vue comme tu comprends le mien. La question qui reste posée est pourquoi ces problèmes et comment y remédier.

L’Encyclopædia Universalis est un trésor. C’est les bijoux de famille de la francophonie et si elle venait à disparaître c’est un peu à la fin de notre culture que nous assisterions.

Je ne connais pas la raison qui entraîne ces très regrettables retards dans les mises à jour d’Universalis (car il ne s’agit au fond que de cela) mais je te fiche mon billet qu’il y a le commerce pas loin. Des raisons d’économies qui ne devraient pas exister pour ce genre de bien qui n’est pas un pur produit commercial comme un ordinateur ou un appareil photo. On peut s’étonner que l’exception culturelle si bien défendue contre l’AMI (tentative libérale de tout transformer en produit commercial) il y a quelques années n’ait pas drainé dans son sillage des aides publiques conséquentes aux produits « sensibles ». Parce qu’un soutien clair et de qualité pousse également à l’exigence et au résultat et nous aurions un meilleur suivi des mises à jour. Une autre façon de faire pourrait consister à utiliser les outils de communication de la Toile pour créer un club des utilisateurs (forum ouvert aux seuls utilisateurs d’Universalis) avec participation active des gens compétents chez l’éditeur. Les choses pourraient alors avancer très vite et aller dans le bon sens.

Je pense qu’il ne faut pas focaliser sur les responsabilités de l’éditeur (qui propose un outil très difficile à vendre), en bon consommateur quelque peu totalitaire (oui, c’est bien ça) et d’autant plus frustré de voir l’objet de son désir lui échapper. Il y a peut-être (sûrement !) d’autres façons, moins stériles, de réagir à la frustration.

Article: Capitalisme – quelle histoire d’amour?

Pour comprendre l’organisation des sociétés, les systèmes politiques, le capitalisme et les autres systèmes économiques il faut aller en amont à la recherche des fondamentaux. Comprendre le fond des choses, pas seulement ce qui émerge.

Proudhon et sa Théorie de la propriété permettent de comprendre et parler en connaissance de cause. À lire absolument pour éclairer ses propres choix, quels qu’ils soient. C’est touffu mais un vrai régal.

Article: Capitalisme – quelle histoire d’amour?

« Okazou n’a pas traité Moore de populiste, il a dit que le traiter de populiste, c’était un hommage qu’on lui rendait… J’ai compris cela comme: on l’insulte, donc on se rend compte qu’il est dangereux pour le système.

Traiter quelqu’un de populiste est une manière de se débarrasser de sa probité intellectuelle, en ce moment. »

Pas de doute, Anne, tu sais lire.

Extrait du Discours de la Servitude volontaire d’Étienne de La Boétie (1530-1563) :

« Pour le moment, je voudrais seulement comprendre comment il se peut que tant d’hommes, tant de bourgs, tant de villes, tant de nations supportent quelquefois un tyran seul qui n’a de puissance que celle qu’ils lui donnent, qui n’a pouvoir de leur nuire qu’autant qu’ils veulent bien l’endurer, et qui ne pourrait leur faire aucun mal s’ils n’aimaient mieux tout souffrir de lui que de le contredire. »

Bêêêêêh ! L’histoire du berger, de sa houlette et de ses chiens. On admet… ou pas.

On trouve ici le discours in extenso de La Boétie (publié sur Debian GNU/Linux en LATEX).

Doit-on rappeler que le bon Étienne avait 18 ans lorsqu’il rédigea son discours contre la tyrannie, discours anarchiste s’il en est ?

Article: Capitalisme – quelle histoire d’amour?

Comme tu sais dire les choses, Anne !

Je n’ai pas vu ce dernier film de l’ami américain mais j’en ai beaucoup entendu parler. Trop souvent par des critiques repus dont le jugement est tellement gauchi par la fréquentation des pouvoirs d’argent qu’ils ont pris le pli de critiquer désormais ce qu’il reste de beau et noble dans ce monde en décomposition et d’encenser l’indéfendable.

Comme tu le dis, il faut d’abord aller voir ce film (j’attends le DVD) même s’il s’adresse cette fois plus nettement au peuple américain. J’ai vu quelques séquences, notamment celle de l’expulsion d’une famille, il faut avoir le cœur bien accroché pour ne pas crier devant cette infamie.

Que Moore se fasse traiter de populiste est un hommage que les crapules lui rendent et la preuve qu’il mène un combat juste. Aujourd’hui, dès que l’on met le doigt avec précision sur le fond du problème , on se fait traiter de populiste, comme on se fait traiter d’antisémite lorsqu’on exprime son soutien aux Palestiniens et ses critiques à Israël. Les libéraux en sont là, c’est-à-dire pas loin de leur fin.

Le plus tragique, dans cette histoire d’expulsion, c’est que les gens que l’on expulse n’ont jamais été propriétaires de leur maison et ne l’auraient peut-être jamais été. On emprunte, on achète et on hypothèque aussitôt pour meubler la maison, payer les études des mômes et s’acheter le véhicule qui justifie le garage. De toute façon, sans autonomie de transport, on est mort tant les villes américaines ne sont pas des villes organisées comme on l’entend chez nous. Alors tout va bien tant que l’on peut rembourser, non pas le crédit, qui ne varie pratiquement pas, mais l’intérêt du crédit. Lorsque les taux (toujours variables) augmentent, c’est fini et l’expulsion n’est jamais loin tant les choses vont vite là-bas. Un vautour rachète ensuite la maison mise en vente par le prêteur et le jeu recommence avec une autre famille juste assez riche pour pouvoir faire semblant d’être propriétaire et pas assez pour l’être effectivement.

Que Moore montre à quel point le président-le-plus-puissant-du-monde n’est rien face à la finance internationale (imaginons alors un Sarkozy !) est exemplaire et nous indique très clairement contre qui il faut se battre et que l’on ne peut compter que sur nous-mêmes pour ce combat. Nos politiques, c’est-à-dire ceux en qui nous mettons notre confiance, ceux qui sont sensés représenter nos intérêts, ne sont que des caniches (il n’y avait pas que Blair !) aux ordres de leurs maîtres, les financiers. Vernis de démocratie, le droit de vote.

Le jeu des politiques libéraux (gauche et droite réunies) est fort simple. Il s’agit pour eux d’adopter des mesures légales pour transférer un maximum d’argent public (celui des impôts des peuples ou celui de nos bourses plates) vers les poches sans fond des financiers. C’est précisément ce qui s’est joué avec le G20 de Londres, c’est exactement ce qui se joue en ce moment à Copenhague au sujet du carbone. Taxer le carbone, c’est du nanan pour la finance ! Écologie ? Réchauffement de la planète ? Souffrance des pays du Sud ? Foutaises !

Reste, comme tu le dis, Anne, à comprendre pourquoi les citoyens ne répliquent pas plus vigoureusement au sort qui leur est échu. Mais parce que ce sont des consommateurs, désormais, plus des citoyens. La démocratie est en train de mourir de la surconsommation et d’un mode de vie inepte. Sous nos yeux.

Quant au côté calotin de Moore, évoqué par Smop-1, il est fort regrettable puisqu’au bout du compte, ce peuple est foncièrement maléable et manipulable pour avoir choisi la croyance contre la raison. C’est leur croix…

P.S. : Espérons que Moore ne soit pas, à terme, déçu par Obama en qui il croit (plus qu’en Dieu ?)


Un autre monde est possible.

Article: La nostalgie de Dieu, c’est génial.

Mesurons l’écart qui nous sépare, nous Européens et peut-être même nous Européens francophones, de bien d’autres populations qui vivent pourtant le même temps que nous.

Notre liberté de pensée, et notre liberté d’expression, sont telles que nous pouvons nous permettre de nous attaquer de front au dieu des trois religions monothéistes.

Veillons à sauvegarder cette liberté. Le meilleur moyen pour le faire c’est de la renforcer. Cette BD constitue un des moyens à employer pour aller toujours plus loin dans la liberté.