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Résultats pour l'auteur: Soheil
85 commentaires trouvés.
Article: Montages…
Soheil
, le 04.03.2009 à 13:00
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Article: Montages…

Belle description, dans une langue imagée et vraie. J’aime beaucoup le petit commentaire sur le journal télévisé, “œuvre au moins autant de fiction.”

Un petit doute quand même: je ne suis pas sûr que les films de Dziga Vertov nous fassent oublier le “narrant”. Et si, dans son esprit, ce mot ne concerne pas seulement l’outil de narration mais désigne aussi le narrateur, je ne crois pas qu’il ait raison de vouloir qu’on l’oublie. Un film c’est avant tout un regard, un timbre, une voix. L’idéal n’est pas de les faire oublier mais, me semble-t-il, de les faire accepter et de les partager. C’est en tout cas ce que je recherche en tant que spectateur.

Merci en tout cas pour ces quelques minutes passées entre la caméra et le projecteur.

Article: L’annonce du jour
Soheil
, le 04.03.2009 à 12:00
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Article: L’annonce du jour

Le regard que les tout petits enfants posent sur le monde est souvent étonnant de profondeur, avec un rien d’inquiétude. On croirait presque qu’ils voient déjà l’avenir.

J’ajoute mes voeux à la suite des autres. Et mes remerciements aussi, pour cette œuvre bénévole. M’étant exprimé deux ou trois fois sur ces pages, il eût été inconvenant que je me tusse aujourd’hui.

Article: Baroqueux, moi? Ben… évidemment!! – Par Ysengrain

Merci Ysengrain pour cette bouffée d’oxygène qui nous rappelle que le plaisir d’écouter de la musique baroque n’allait pas de soi il n’y a pas si longtemps, et que les musiciens à qui nous le devons n’ont pas toujours fait l’unanimité (loin de là). La musique baroque, mais aussi la musique ancienne — la redécouverte du répertoire franco-flamand du 15e siècle a, me semble-t-il, bénéficié du courant “baroqueux” tout autant que la musique baroque proprement dite ( je dois de belles découvertes, entre autres, à Paul van Nevel).

Merci aussi pour ce moment d’anthologie extrait de la Tribune des critiques de disques — à mourir de rire. Antoine Goléa n’était pas seulement un violoniste raté, comme il aimait à dire, c’était aussi, je crois, un comique qui s’ignorait.

Article: Passage du Nord-Ouest, passage du Nord-Est… une chronique.

Excellente analyse. Preuve, s’il en est besoin, qu’il n’est pas nécessaire d’être spécialiste pour réfléchir sainement (c’est même souvent le contraire qui se produit). Dommage que cet article paraisse un samedi, jour où, visiblement, l’affluence est moindre.

D’accord aussi avec Anapi. La Genèse place l’homme au milieu de l’univers, et la nature y est décrite comme une collection d’objets qu’un créateur prévenant a généreusement disposés autour de lui, rien que pour lui. Pas étonnant que la civilisation qui se réclame de cette philosophie ait conquis le monde.

Article: C’est la crise? Mais oui puisqu’on vous le dit!

@Zit (17) Scepticisme entièrement partagé.

@Tom25 (38) De toute façon le système actuel s’effondrera un jour ou l’autre, mais quand et pour faire place à quoi? Ceux qui veulent le sauver ne réfléchissent pas, ils pensent par habitude, ce qui n’est déjà plus penser. Des amis Libanais qui arrivaient de Beyrouth à la fin de la guerre civile me disaient, optimistes, que tout allait reprendre comme avant. Ils ne voyaient pas que non seulement c’était impossible, mais que ce n’était même pas souhaitable et que, les mêmes causes produisant les mêmes effets, si tout recommençait comme avant, ils iraient droit vers une nouvelle guerre civile.

Comme tous les empires, l’empire américain va mourir de sa belle mort, et ce n’est pas moi qui irai pleurer sur sa tombe. Mais quel sera le prix à payer? Après la chute de l’empire romain, et durant un millénaire, l’Europe a connu une période qui avait son charme, certes, mais qui était néanmoins gouvernée par la toute-puissance d’un dogme qui vouait au bûcher tous ceux et toutes celles qui avaient l’audace de s’en écarter. A quel dieu ou à quel maître devrons-nous demain jurer fidélité?

Article: C’est la crise? Mais oui puisqu’on vous le dit!

A partir du début des années 90 j’ai progressivement vu arriver, dans les textes que je devais mettre en page pour mes clients, un certain nombre de termes nouveaux pour moi. On y parlait de plus en plus de nouveaux instruments financiers, de produits dérivés, de hedge funds ou equity brokerage … Un jour j’ai fini par demander qu’on m’explique ce que signifiaient ces barbarismes et on m’a expliqué. Je ne suis pas sûr d’avoir tout compris, je l’avoue, mais m’a réaction a été immédiate: “mais c’est malhonnête!” On m’a répondu que je pouvais penser ce que je voulais, mais que c’était comme ça que ça marchait. Je suis content de voir que ça ne marche pas si bien que ça. Il y avait quelque chose de pourri au royaume des économistes. Ils construisaient des châteaux de cartes et les revendaient comme des châteaux en Espagne. Même si je sais bien que nous allons le payer cher, je suis quand même content que leur château s’écroule enfin.

Article: La viole de ci, de là, par Ysengrain

Merci Ysengrain pour ce tour d’horizon très complet et pour les très belles photos qui l’accompagnent.

Je n’ai pas voulu voir le film “Tous les matins du monde” (à la place j’ai lu le livre) de crainte de lier définitivement la tête de Gérard Depardieu à la musique de Marin Marais. Mais je n’y ai pas échappé: avec tous les extraits de ce film diffusés par le différentes chaînes de télévision, pendant longtemps son visage et celui de Jean-Pierre Marielle m’ont poursuivi toutes les fois que j’écoutais de la viole de gambe. La force des images est redoutable.

Cela dit, j’approuve tout ce qui a été dit sur les transcriptions des suites de Bach par Paolo Pandolfo. C’est une pure merveille (écoutez la Sarabande de la 4e Suite), tout comme, dans un genre très différent, son interprétation des variations sur le thème de la Folia de Marin Marais. Et il y a un petit bijou qui se trouve sur le premier disque de son album Grand Ballet, je veux parler de la version à deux violes de la Muzette du IVe Livre (de Marin Marais). Le thème semble d’abord se chercher dans une suite d’arpèges ascendants et descendants, puis il devient balancement, et puis danse… On a l’impression d’assister à une improvisation.

Enfin, je salue au passage le travail de la Schola Cantorum Basiliensis, véritable pépinière où ont passés (d’où sont sortis et où enseignent) tous les grands noms de la musique ancienne.

Merci encore de nous faire partager cette passion.

Article: Marco Ganz – un artiste atypique

Travail intéressant. Dire qu’il est libre de tout passé me paraît excessif. Alexandre Calder et Hans Arp ne sont pas loin, me semble-t-il, et le dessin du Veto ne sort pas tout droit du néant: bien que différent, il n’est pas sans rappeler les créations d’Eric Gilles. Quant au Mano, comme son nom l’indique, il dérive de ces polices de caractères qui s’inspirent de l’écriture manuscrite, quoique celui-ci possède en même temps une certaine rigueur propre aux créations purement typographiques — c’est ce qui fait sa différence, et sa qualité. Dire que la démarche de cet artiste n’est pas libre de tout passé ne diminue rien l’intérêt de son travail ni la qualité de ses oeuvres, évidemment.

Article: Mangeons!…
Soheil
, le 29.05.2008 à 12:22
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Article: Mangeons!…

1020 porcelets en engraissement sur environ 4 mois. ensuite, hop abattoir. et çà repart. Le cochon n’est plus un animal, mais un bien de consommation comme un autre. Bon, assez logique.

Nous mériterions qu’une espèce animale se venge un jour, au nom de toute les autres, en nous faisant subir le sort que infligeons sans aucun état d’âme aux vaches, cochons, poulets… Mais il est vrai que pour exploiter nos semblables et les conduire à l’abattoir nous nous débrouillons très bien tous seuls.

Article: Mangeons!…
Soheil
, le 29.05.2008 à 09:41
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Article: Mangeons!…

Je ne vois pas très bien où veut en venir l’article d’aujourd’hui, mais je réagis quand même pour dire que je partage l’opinion exprimée par François et Jérémie pour qui une vache ou un mouton valent bien un chien ou un chat. Sauf que, pour ma part, j’ai fait le choix contraire: voilà plus de trente ans que je ne mange plus ni viande ni poisson, et que je m’en porte plutôt bien.

Les bonnes raisons d’être végétarien peuvent être multiples. Dans mon cas il s’agit d’un sentiment d’identification avec les animaux, sentiment si puissant qu’il est arrivé un moment où, regardant une aile de poulet dans mon assiette, je voyais se superposer mentalement l’image de ma main coupée. J’en ai tiré les conclusions qui s’imposaient. J’ai d’ailleurs perdu très vite le goût pour la viande, et j’ai découvert qu’être végétarien n’empêche pas d’être gourmet (et même gourmand).

Article: Mozart : avant ou après Amadeus ?

Merci pour cet article. Même si, avec le temps, je me suis éloigné de la musique romantique et n’écoute pour ainsi dire plus que de la musique d’avant 1750 (mort de Bach) et d’après 1950, je dois reconnaître qu’il y a de très belles choses chez Mozart, les oeuvres de la maturité surtout. Les mythes qui entourent certains artistes leur font toujours beaucoup de tort. Pour Mozart c’est l’image de l’enfant prodige, et celle de l’artiste foudroyé en pleine jeunesse — bien sûr Mozart est mort à l’âge 36 ans, bien sûr ce n’est pas un âge pour mourir, mais Schubert est mort à 31 ans et on n’en fait pas pour autant un symbole de jeunesse. Si on demande à des gens de citer des musiciens morts jeunes, les plus cités seront sans doute Mozart et Chopin (mort à 39 ans). Telle est la force des images, et pour moi le mérite du film de Forman était justement de dépoussiérer certaines images et certaines perruques.

Une dernière chose: il faudrait rectifier le lien renvoyant à l’article de Wikipedia sur Einstein. Le bon lien devrait être http://fr.wikipedia.org/wiki/Alfred_Einstein (c’est en effet le musicologue Alfred Einstein qui a révisé le catalogue de Koechel, et non son presque homonyme Albert).

Article: Lao Gai
Soheil
, le 09.04.2008 à 09:41
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Article: Lao Gai

@ alec6 : merci pour le lien vers l’article de contreinfo. Contrairement à ce qu’en dit levri, il me paraît intéressant, mesuré, et je ne vois rien à y redire. On pourrait même en rajouter: il est certain que la Chine n’avait pas besoin de cette publicité au moment où elle s’apprête à accueillir des visiteurs du monde entier, et qu’elle aurait préféré mettre en veilleuse ses problèmes internes pour faire bonne figure. Ces émeutes éclatant juste à ce moment critique ont très probablement été provoquées, pas par le Dalaï Lama comme pensent les Chinois, mais plutôt par l’aile dure des Tibétains en exil soutenue par le Gendarme du Monde, lequel a tout intérêt à affaiblir le géant asiatique au moment où sa propre économie bat de l’aile.

Quand on critique leur politique intérieure, les Chinois ont une réponse amusante: que notre président aille diriger votre pays et que votre président vienne gouverner le nôtre. On verra lequel aura la tâche la plus facile.

Article: Lao Gai
Soheil
, le 08.04.2008 à 09:58
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Article: Lao Gai

Rien, évidemment, ne justifie le recours à la violence. Mais qui jettera la première pierre? L’hypocrite Occident, toujours prêt à donner des leçons de savoir-vivre aux autres nations oublie sur quoi il a construit ses richesses et son développement.

Le miracle de la Renaissance (dont nous bénéficions encore aujourd’hui) aurait-il été possible sans la découverte de l’Amérique et sa colonisation? Sans l’exploitation de ses ressources, sans l’élimination des peuples qui s’y trouvaient et la mise en esclavage des peuples d’Afrique pour y importer une main d’oeuvre à bon marché? Pour ne rien dire de la longue histoire des colonies censées apporter à des peuples primitifs les lumières de notre civilisation et la vérité de notre religion.

Histoire ancienne, dira-t-on. Oui, sauf que le statut des Amérindiens n’a guère évolué depuis, que notre commerce inéquitable continue d’exploiter à bon compte les matières premières et la main-d’oeuvre africaine, et que l’essor économique de la Chine et des pays d’Asie est le fruit de l’esprit de profit des entrepreneurs occidentaux.

Nous reprochons aux Chinois de faire ce que nous avons fait avant eux. Et le plus grand donneur de leçons, aujourd’hui encore, n’hésite pas à engager des guerres pour répandre sa nouvelle religion, la Démocratie, et en tirer le profit énergétique qui en découle naturellement. Le colosse occidental a les pieds dans la boue.

Cela ne justifie en rien la violence, ni les camps, ni aucune injustice d’aucune. Mais je ne supporte pas de voir l’Occident se donner sans cesse bonne conscience à si bon compte. Et, sans aucune connaissance de l’histoire, peindre sans cesse une image idyllique d’un Tibet pacifique et heureux. Il vaudrait la peine de se renseigner avant de tomber dans les clichés romantiques.

Certes le Dalaï Lama est un homme respectable, admirable même, et, qui plus est, éminemment sympathique. Mais sa philosophie non-violente est la sienne propre, elle n’était pas partagée par tous ses prédecesseurs. Le Dalaï Lama n’est pas tout le Tibet, de même que Gandhi n’était pas toute l’Inde (il a d’ailleurs été assassiné par l’un des siens, compatriote et coreligionnaire).

Conversation de café du commerce. Un café qui ne nous coûte pas cher, et un commerce qui nous avantage — c’est la loi du genre. Mais que tout cela ne nous empêche pas de juger les autres et de remercier le Ciel de nous compter parmi les Justes.

Article: J’ai mis de l’eau dans mon vin…

Je n’ajourerai pas mon grain de sel ici, mais celui de Chris Marker: “Après quelques tours du monde, seule la banalité m’intéresse encore” (Sans soleil). Ce n’est pas exactement mettre de l’eau dans son vin — ce serait plutôt aller puiser l’eau à sa source — mais ça va quand même dans le sens de cette humeur, je crois.

Article: Saga d’une chronique avortée

Nous avons tous le même âge face à l’Eternité !

Cette phrase m’en rappelle une autre, qui donne aussi le vertige: “L’avantage de mourir jeune c’est qu’on est mort plus longtemps”. Malheureusement je ne sais plus qui en est l’auteur.

Autrement, je partage l’irritation d’Hervé face à ce vent de folie qui s’empare de notre société, qui conduit les architectes à exiger des droits d’auteurs toutes les fois qu’une de leurs constructions entre dans le champ d’un objectif. A force de vouloir tout protéger et tout breveter nous finirons comme le roi Midas qui, ayant demandé et obtenu de Dyonisos le don de transformer en or tout ce qu’il touchait, s’est finalement rendu compte qu’il allait mourir de faim et de soif.

Ça me fait penser à un film d’animation que j’avais vu en Chine il y a une vingtaine d’années. Le héros de l’histoire n’était autre que Afanti ou Efendi, l’un des avatars de Nasr Eddin Hodja (connu dans tout l’Orient, du Proche à l’Extrême, sous différents noms: Goha en Egypte, Djoha au Maghreb, Nasreddin Afandi au Kirghistan, Afanti en Chine…):

Afanti, donc, passant devant une maison où l’on fait cuire un mouton, s’arrête pour humer l’odeur appétissante. Le propriétaire de la maison le voit et exige d’Afanti qu’il lui paye une pièce d’or comme prix de l’odeur de mouton dont il n’est pas question que le passant bénéficie gratuitement. Afanti s’exécute, sort sa bourse, en fait sonner le contenu aux oreilles de l’avide propriétaire, puis la remet dans sa poche. Le propriétaire, qui s’attendait à être payé, se fâche et demande des explications. Afanti lui dit alors: C’est normal, j’ai profité de l’odeur de ton mouton, je te paye avec le son de mes pièces d’or.

Morale de l’histoire: pour avoir pris leurs bâtiments en photo, on devrait payer les architectes avec des photos de nos pièces de monnaie.

Article: Pourquoi écoute-t-on de la musique?

lorsque ledit texte est du chinois, c’est-à-dire que très peu de gens sont capables de le comprendre,…

Ils sont quand même plus d’un milliard !

Oui, je sais, il fallait lire “que très peu de gens chez nous sont capables de le comprendre”, mais cette élision est quand même symptomatique de notre ethnocentrisme latent. Remarquez, sur ce point les Chinois n’ont rien à nous envier: à leurs yeux le monde est composé de Chinois et d’étrangers, où qu’ils se trouvent. Ainsi, quand ils viennent en Europe, ce ne sont pas eux les étrangers, ce sont les Européens.

A part ça, je n’ai rien à ajouter aux commentaires d’Okazou, Alec6 et Guillôme. Cet article sur la musique reflète une vision si étroite que je préfère l’ignorer. Et retourner à ma musique.

Article: Un roman – une trajectoire, une vie: Zaïda

Il y a un demi-siècle, Zia Zaida parlait bien de Tirami su, et pas d’un simple dessert sans nom.

Intéressant. Ce nom, qui ne figure dans aucun livre de recettes avant les années 80, aurait donc une origine populaire et familiale, contrairement à ce que laissent entendre Giuseppe Maffioli et Anna Maria Volpi. L’histoire de ce dessert reste à écrire. Il mériterait en tout cas qu’un(e) journaliste lui consacre une enquête, si vous voyez ce que je veux dire…

Article: Un roman – une trajectoire, une vie: Zaïda

Mon nom et mon mot de passe n’étant pas reconnus sur le forum, je poste mon commentaire ici:

Très intéressante la recette transmise par Zia Zaïda (surtout en raison de son apport calorique relativement faible), je l’essaierai certainement un jour. Mais il me semblerait plus exact de parler d’ancêtre du Tiramisu, titre auquel pourrait prétendre également le sabayon.

Les créateurs du Tiramisu (et inventeurs du nom de ce dessert) se nomment Aldo et Alba Campeol, et tenaient un restaurant, “Le Beccherie”, à Trevise. Si j’ai bien compris, ils sont à présent retraités et le restaurant est tenu par leur fils Carlo.

Pour ceux que le sujet intéresse, je mets en lien vers ce site qui leur consacre plusieurs pages:

http://www.annamariavolpi.com/tiramisu_trip.html

http://www.annamariavolpi.com/page38.html

http://www.annamariavolpi.com/tiramisu.html

Article: Un roman – une trajectoire, une vie: Zaïda

Merci Anne pour cette présentation de votre travail. Comme je le disais dans mes voeux, il y a quelques jours, votre “Maître de Garamond” m’a ému jusqu’aux larmes. Peut-être la relation que j’entretiens avec la typographie a-t-elle favorisé et renforcé le processus d’identification, mais si ce processus a si bien fonctionné c’est parce que tout le travail de documentation qui alimentait le récit (et que je salue ici) rendait vos personnages très présents, vivants, au point que leur mort ne me laissait pas indifférent (même si je savais bien qu’ils étaient tous morts depuis cinq cents ans). C’était le premier de vos livres que je lisais, le seul pour l’instant, et cette expérience m’a donné envie d’en découvrir d’autres. J’inscris donc Zaïda en bonne place sur ma liste d’attente.

Article: Permutations…
Soheil
, le 08.01.2008 à 18:40
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Article: Permutations…

Je ne les ai pas toutes lues, et de toute façon je n’aurais pas été capable d’en deviner la moitié, mais je dois avouer que les contrepèteries me lassent très vite. Il y en a d’excellentes et je ne peux que saluer le tour de force, mais à forte dose elles cessent de m’amuser.

Mais si j’interviens ici ce n’est pas pour faire part de mes réticences (dont tout le mou se fonde) mais parce que je ne résiste pas au plaisir de reproduire ici, dans le même esprit mais dans un genre différent, ces trois lettres codées très connues, qu’on attribue à George Sand et à Alfred de Musset — mais il s’agit sans doute du travail d’un habile faussaire de la fin du 19e siècle.

__

Lettre (apocryphe) de George Sand à Alfred de Musset :

Cher ami,

Je suis toute émue de vous dire que j’ai

bien compris l’autre jour que vous aviez

toujours une envie folle de me faire

danser. Je garde le souvenir de votre

baiser et je voudrais bien que ce soit

une preuve que je puisse être aimée

par vous. Je suis prête à montrer mon

affection toute désintéressée et sans cal-

cul, et si vous voulez me voir ainsi

vous dévoiler, sans artifice, mon âme

toute nue, daignez me faire visite,

nous causerons et en amis franchement

je vous prouverai que je suis la femme

sincère, capable de vous offrir l’affection

la plus profonde, comme la plus étroite

amitié, en un mot : la meilleure épouse

dont vous puissiez rêver. Puisque votre

âme est libre, pensez que l’abandon où je

vis est bien long, bien dur et souvent bien

insupportable. Mon chagrin est trop

gros. Accourez bien vite et venez me le

faire oublier. À vous je veux me sou-

mettre entièrement.

_



Réponse d’Alfred de Musset :

Quand je mets à vos pieds un éternel hommage,

Voulez-vous qu’un instant je change de visage ?

Vous avez capturé les sentiments d’un coeur

Que pour vous adorer forma le créateur.

Je vous chéris, amour, et ma plume en délire

Couche sur le papier ce que je n’ose dire.

Avec soin de mes vers lisez les premiers mots,

Vous saurez quel remède apporter à mes maux.

_


Réponse de George Sand :


Cette insigne faveur que votre coeur réclame


Nuit à ma renommée et répugne à mon âme.

_

Il faut lire la première lettre en ignorant toutes les lignes paires.

Des deux autres, ne retenir que le premier mot de chaque ligne.

__

Ce qui donne:

Je suis toute émue de vous dire que j’ai

bien compris l’autre jour que vous aviez

toujours une envie folle de me faire

danser. Je garde le souvenir de votre

baiser et je voudrais bien que ce soit

une preuve que je puisse être aimée

par vous. Je suis prête à montrer mon

affection toute désintéressée et sans cal-

cul, et si vous voulez me voir ainsi

vous dévoiler, sans artifice, mon âme

toute nue, daignez me faire visite,

nous causerons et en amis franchement

je vous prouverai que je suis la femme

sincère, capable de vous offrir l’affection

la plus profonde, comme la plus étroite

amitié, en un mot : la meilleure épouse

dont vous puissiez rêver. Puisque votre

âme est libre, pensez que l’abandon où je

vis est bien long, bien dur et souvent bien

insupportable. Mon chagrin est trop

gros. Accourez bien vite et venez me le

faire oublier. À vous je veux me sou-

mettre entièrement.

__

Quand je mets à vos pieds un éternel hommage,

Voulez-vous qu’un instant je change de visage ?

Vous avez capturé les sentiments d’un coeur

Que pour vous adorer forma le créateur.

Je vous chéris, amour, et ma plume en délire

Couche sur le papier ce que je n’ose dire.

Avec soin de mes vers lisez les premiers mots,

Vous saurez quel remède apporter à mes maux.

_

Cette insigne faveur que votre coeur réclame


Nuit à ma renommée et répugne à mon âme.

_

(Désolé pour la mise en page, je ne sais pas pourquoi mais je n’arrive pas à obtenir un retour à la ligne simple, ni d’espace entre les paragraphes)

Article: Que l’année 2008 soit la meilleure possible

Tous mes meilleurs voeux et mes remerciements renouvelés à l’équipe de Cuk.

A propos de tabac, comme Anne (plus haut, nº36) je n’ai jamais fumé, mis à part les quelques bouffées prises en fin d’adolescence qui n’ont réussi qu’à me dissuader pour toujours de recommencer l’expérience. Et pourtant…

Lors d’un contrôle médical effectué pour une assurance, mon médecin m’a dit que j’avais dans le sang le taux de nicotine d’un petit fumeur. Ce résultat inquiétant était dû évidemment à la fumée passive: j’ai épousé une fumeuse qui en était arrivée, à certaines périodes, à ses deux paquets par jour, et j’en ai inévitablement fumé ma part. Alors je veux bien respecter la liberté des fumeurs, mais ne faudrait-il pas que les fumeurs témoignent aussi un peu de respect à ceux qui ne partagent pas leur goût pour la fumée ?

@ Anne: si vous repassez par là, je voudrais juste vous dire que je viens de finir votre “Maître de Garamond” et que vous avez réussi à m’émouvoir jusqu’aux larmes – des larmes retenues mais bien réelles. Je ne saurais trop recommander ce livre à ceux qui ne l’ont pas encore lu.

Article: Le temps: il est mon ennemi
Soheil
, le 27.12.2007 à 01:49
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Article: Le temps: il est mon ennemi

J’ai eu par deux fois l’occasion de voir l’armée de terre cuite du premier empereur, la première fois en 1985, la deuxième fois il y a un an, et j’ai éprouvé à chaque fois le même saisissement.

Ce que je trouverais très drôle, ce serait que l’on découvre un jour que toute cette armée n’est qu’un faux magistral, un coup monté par Mao pour qui ce premier empereur était un modèle (même mégalomanie, table rase du passé, réforme de l’écriture, et j’en passe) et que si les fouilles ont été retardées c’est tout simplement parce qu’on n’avait pas fini de fabriquer et d’y enfouir les faux témoignages que les archéologues du futur déterreraient un jour avec émotion et respect. Mais là je rêve, ou je délire, je le reconnais.

Cela dit, dans ses mémoires historiques Sima Qian décrit la tombe, ses palais souterrains et sa reproduction en miniature de l’empire chinois d’alors avec ses deux grands fleuves de mercure (le Fleuve Jaune et le Yang Tsé), et de récents sondages ont révélé en effet sur cette colline une teneur en mercure étrangement plus élevée que sur les terrains avoisinants. Ça laisse rêveur.

Pour le reste, il y a tant de choses que j’aimerais voir, savoir, comprendre (et faire aussi) qu’il est impossible de les énumérer toutes. Même en courant, je n’aurai pas le temps…

Article: Six ans…
Soheil
, le 26.12.2007 à 13:07
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Article: Six ans…

Six ans seulement ? C’est drôle, j’aurais dit plus, dix peut-être. Mais c’est sans doute à cause des années PommeA (combien déjà?). Six ans donc, qui ont apporté jour après jour leur dose de curiosité, d’intérêt, de passion, de colère parfois et d’humour enfin, d’humour surtout, cette qualité qui permet de parler de tout avec légèreté et qui est, je crois, l’une des composantes majeures de l’esprit Cuk. Un grand merci à tous, donc, à François d’abord, mais aussi à tous ses collaborateurs et collaboratrices pour cette dose quotidienne de vitamines si nécessaires à la vie.

Article: Résultats financiers d’Apple, année 2007

Merci TTE. Je n’ai jamais rien compris aux chiffres et je suis plutôt allergique à tout ce qui ressemble de près ou de loin à Excel, et pourtant je lis toujours avec plaisir vos analyses. Claires, bien pensées et bien présentées, elles sont toujours très instructives, j’ai même l’impression de les comprendre. Alors c’est dommage que vous arrêtiez, juste au moment où je commençais à devenir plus intelligent !

Article: Le pardon
Soheil
, le 05.10.2007 à 01:50
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Article: Le pardon

@ alec6

La frontière entre le réel et l’imaginaire n’est pas si étanche que ça. Si le personnage de Jésus est sorti de l’imagination d’un rêveur anonyme, c’est celui-ci qu’il convient d’appeler Jésus. Et, au fond, il n’aurait manqué à son personnage que d’avoir vécu, ce qui n’est pas si important qu’on le croit puisque, en définitive, même imaginaire, son influence sur l’histoire du monde a quand même été considérable.

Quant aux utopistes, je crois qu’ils méritent notre respect, même si les oasis qu’ils aperçoivent au bout de leur longue-vue sont parfois des mirages. Ce sont peut-être de doux rêveurs, mais les lions dans les arènes n’étaient pas des mirages, pas plus que les bourreaux japonais prêts à écorcher vifs les communistes chinois qu’on leur livrait. Ils n’ignoraient pas les risques qu’ils couraient. Pour ma part, si j’avais été à leur place, je ne suis pas sûr que j’aurais eu le courage d’acheter à ce prix le droit de rêver.

Article: Le pardon
Soheil
, le 04.10.2007 à 13:11
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Article: Le pardon

Et voilà que c’est reparti sur pépère le barbu et son fiston le clouté… damned ! ne peut-on pas se débarrasser de cette engeance une bonne “foi” pour toutes ! Le jour où l’humanité se sera débarrassée de ces supercheries, de ces légendes et de ces superstitions à la mord moi le … sera un grand jour ! mais ce n’est pas demain la veille.

Il est étrange que l’on ne puisse pas porter sur la religion qu’on nous a enseignée le même regard — dégagé, observateur, curieux, intéressé ou indifférent — que nous posons sur les anciennes mythologies.

Pourquoi ne pas essayer de voir dans ces textes et dans ces croyances l’expression d’intuitions au moins aussi profondes et aussi révélatrices de la psychologie humaine que celles que Freud a bien voulu lire dans les mythes grecs qu’il a tenté de décrypter? Pourquoi ne pas voir dans ces histoires qu’on nous raconte depuis deux millénaires des tentatives de réponses aux éternelles interrogations: d’où venons-nous, où allons-nous, comment utiliser au mieux ces quelques années que nous passons ensemble?

Parce que la religion est l’opium du peuple? Oui, sans doute. Mais la publicité, la télévision et les séries américaines sont un opium tout aussi puissant, tout comme la sacro-sainte liberté dans laquelle on nous fait croire que nous vivons et pour laquelle nous érigeons des statues. Entre les mains de ceux qui gouvernent les nations et les empires, tout se transforme en opium. Le communisme n’y a pas échappé non plus. Les premiers communistes, comme les premiers chrétiens, étaient portés par un idéal généreux et animés d’un esprit de sacrifice que quelques uns, plus malins que les autres, ont réussi à retourner contre eux.

A travers les textes qui en parlent, et malgré les déformations partisanes dont ils ont sans doute souffert, ce que nous pouvons deviner de la pensée d’un certain Jésus de Nazareth serait, aujourd’hui encore, révolutionnaire. Dans une société dont l’économie reposait encore largement sur l’esclavagisme et dont les empereurs étaient honorés comme des dieux, dire que nous sommes tous enfants de Dieu revenait à dire: tous les hommes naissent libres et égaux. C’était tout simplement révolutionnaire.

L’ordre social décrit dans les évangiles sous le nom de Royaume proposait en réalité plus que toutes les Républiques. Parmi les histoires que Jésus racontait pour illustrer ses propos, il y en a une qui met en scène des ouvriers qui attendent sur la place du village que le chef de la vigne vienne les embaucher. Celui-ci en engage quelques uns le matin, d’autres à midi et les derniers en fin de journée. Ces ouvriers étaient tous également disponibles et seul le hasard a fait que les uns ont été embauchés et d’autres pas. Au moment de les payer, il leur donne à tous le même salaire, même aux vignerons de la dernière heure qui étaient restés toute la journée en attente d’emploi. La leçon est claire: le jour où nous adopterons de telles lois pour nos sociétés, nous aurons réalisé le royaume de Dieu sur terre.

Malheureusement, ceux qui avaient pour charge de transmettre ce message et de l’appliquer se sont empressés d’en détourner le sens. Le maître d’une vigne versant un salaire égal à tous ses ouvriers, il n’y aurait là, d’après eux, qu’images et sens figuré: le Royaume de Dieu c’est l’au-delà, et la parabole signifie que les convertis de la dernière heure auront droit au même paradis que ceux qui auront passé leur vie au sein de l’Eglise. Voilà comment on transforme une plante médicinale en opium du peuple. Il faudra attendre vingt siècles et des décennies de luttes ouvrières pour que la société consente à verser un salaire (même pas égal) aux chômeurs de bonne volonté.

La non-violence (d’où découle la notion de pardon) était aussi inscrite au programme de cette société idéale, tellement idéale qu’on l’a déclarée divine, autrement dit surhumaine, irréaliste, et donc irréalisable. Origenius en a déjà parlé, je ne m’étendrai pas davantage. De toute façon le sujet n’est plus à l’ordre du jour et mon intervention (déjà trop longue) est à peu près inutile, j’en ai conscience.

(Pour ceux qui en auraient le courage, une relecture de la Genèse se trouve sur mon site ici ou, de manière plus résumée, ici , il y a aussi quelques mots sur la non-violence . Ce n’est pas de la pub, je n’ai rien à vendre.)

@ levri : je suis d’accord que ceux qui ont la foi ne devraient pas la brandir à tout bout de champ — leur foi est une manière de vivre, pas un argument. Et. en l’occurrence, dire que le pardon est divin ne dit rien d’intelligible tant qu’on ne s’est pas mis d’accord sur le sens à donner à ce mot, et là, en effet, ce n’est pas demain la veille.

Article: Le pardon
Soheil
, le 01.10.2007 à 12:32
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Article: Le pardon

Il me semble que le pardon est avant tout libérateur, pour celui qui pardonne autant que pour celui qui est pardonné. Il libère d’un cercle vicieux.

Lorsque l’évêque déclare aux gendarmes que c’est lui qui a donné à Jean Valjean les chandeliers que celui-ci lui a dérobés, et qu’il ajoute en plus qu’il a oublié de prendre les couverts en argent qu’il lui avait offerts, il fait plus que simplement pardonner, il libère le misérable du cercle vicieux dans lequel la société voudrait l’enfermer.

Le désir de vengeance est un autre exemple de cercle vicieux. Des familles s’entre-tuent génération après génération, parce qu’il n’y a pas de faute ancienne: chaque offense ou chaque mort réactualisent la haine ancestrale.

On n’échappe pas à un cercle vicieux, on l’interrompt. Mais j’avoue que c’est plus facile à dire qu’à faire. Il m’arrive de pardonner dans le sens de ne plus en vouloir à quelqu’un, mais après je coupe quand même les ponts. Pas pour me venger, pour me protéger. Comme un chat échaudé craint l’eau froide.

Article: Journaliste: faisons un tour de la question

Merci Anne pour ce moment de réflexion. Le journalisme comme vous l’entendez n’est pas un métier comme un autre, c’est une vocation, ou un sacerdoce, comme devrait être et comme est parfois, quand il est bien compris, le métier d’enseignant.

La dérive du journalisme que vous décrivez, de même que la faillite programmée de l’école*, ne font que suivre en définitive la logique inscrite dans les fondements de notre société depuis, en gros, 1492 – je prends cette date symbolique pour signifier la naissance de la société où nous vivons, parce que l’éveil et la splendeur de l’Europe à la Renaissance a curieusement coïncidé avec la découverte et l’appropriation des richesses du “Nouveau Monde”, l’extermination de ses populations et l’exploitation de celles d’Afrique, la vie humaine et le travail considérés comme de simples marchandises… Le reste, c’est-à-dire la récente disparition de la notion de service public, la rentabilité de tout et à tout prix, et tout ce qui s’en suit – tout cela était déjà dans l’oeuf de Colomb. Il n’est d’ailleurs pas étonnant que ce soit le président de ce même Nouveau Monde qui ait déclaré en 1989, après la chute du Mur de Berlin, l’avènement d’un “nouvel ordre mondial”, expression dont nous comprenons chaque jour un peu plus la signification. C’est la bourse ou la vie: notre société a choisi la Bourse, nous y perdons la vie, ou du moins ce qui donne un sens à notre vie. Travailler plus pour gagner plus, je veux bien, mais pour quoi faire? Henri Laborit, dans son livre “Eloge de la fuite”, avait très bien décrit le fonctionnement de notre société qui ne laisse pas d’autre choix que d’être dominant ou dominé. Que fait-on si on ne souhaite appartenir à aucune de ces deux catégories? La réponse est dans le titre de son livre.

J’admire que des gens comme vous choisissent de se battre (et je ne dis pas ça pour me faire pardonner notre différend au sujet de Dowland), mais pour ma part j’ai opté pour la résistance passive. Je ne lis jamais les journaux, ou très peu, j’écoute les informations le matin sur France-Musique, je survole les journaux télévisés le soir, me disant que les nouvelles importantes, celles qui le sont vraiment, me parviendront de toute façon tôt ou tard. Et je trouve en effet, comme l’a fait remarquer Le Citadin, qu’il y a, pour l’instant, un plus grand espace de liberté sur Internet. Mais ne nous faisons pas trop d’illusions: les marchands sont partout, même dans les mondes virtuels, comme le montraient il n’y a pas si longtemps, les journalistes de Temps Présent.

A part ça, très intéressant l’article de Joris Luyendijk sur le langage biaisé signalé par VRic (commentaire No 16). _

  • Je parle de faillite programmée de l’école (dans le sens qu’elle faillit à sa mission), parce qu’il me semble que nos dirigeants ont finalement compris qu’en réduisant le nombre d’étudiants diplômés ils allaient pouvoir réduire le nombre de chômeurs de luxe, qui coûtent trop cher à la collectivité, et recréer une main d’oeuvre bon marché qui sera bien utile le jour où l’Europe sera le tiers-monde de l’Asie.
Article: Déjà 10 ans…
Soheil
, le 15.03.2007 à 10:26
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Article: Déjà 10 ans…

Le succès est immédiat malgré l’absence de disquette et une souris impraticable.

Merci TTE pour ces dix ans d’histoire que je relis (et revis) avec une certaine émotion. Toutes ces évolutions et révolutions, nous les avons vécues au quotidien (pour ma part depuis 1988) et elles ont considérablement influencé notre travail et nos loisirs. Je remarque un absent, l’iPod vidéo et son disque dur de 60Gb (je le remarque parce qu’il ne me quitte pour ainsi dire jamais).

Je note aussi que la souris ronde de l’iMac n’était pas du tout impraticable. C’était même, à mon avis, la souris la plus ergonomique de toutes celles que j’ai eues en main. Il suffisait de la tenir légèrement entre le pouce et l’annulaire pour la déplacer, la faire tourner et cliquer sans effort. La main n’était jamais crispée dessus, contrairement à ce qui se passe avec ces énormes mulots aux formes compliquées, conçus paraît-il pour s’adapter aux formes de notre main, sur lesquels on s’agrippe plus qu’on ne les dirige. Mais je reconnais qu’il valait mieux ne pas avoir de gros doigts pour manipuler la souris-poudrier de l’iMac et que, de ce fait, elle ne convenait peut-être pas à tout le monde (quoi qu’il en soit, un début de tendinite m’a finalement conduit à abandonner la souris au profit du stylet de la tablette Wacom).

J’ajoute enfin que moins de Mac chez Apple ne m’alarme pas. D’ailleurs il n’y a pas moins d’informatique chez Apple, elle est seulement plus intégrée et, d’une certaine manière, le Mac est présent dans tous leurs produits. Le nouvel iPhone est un Mac en miniature.

Article: Deux rois de la musique pop(ulaire) se rencontrent

Ceux qui regrettent que le phrasé de Sting manque de ci, que sa voix manque de ça, ce sont les spécialistes. Un aria d’opéra est écrit pour eux. Le populaire s’en empare ensuite parfois, mais c’est accessoire. Tandis qu’une chanson, c’est d’abord fait par être chanté par tous

Quelques mots pour vous remercier, Anne et Okazou, d’avoir pris la peine de nuancer mes propos. J’aurais préféré que vous nuanciez les vôtres d’abord et c’est pourquoi j’ai décidé au dernier moment d’effacer les trois mots (“je trouve que”) qui précédaient mon affirmation à l’emporte pièce (Sting chante mal) de manière à la rendre encore plus agressive. Dans la phrase que je cite, Anne, vous ne nous laissiez guère le choix qu’entre Sting et l’opéra. C’était sans doute pour faire plus court, mais c’était forcément réducteur: le particulier était nié au profit du général. Et quand j’ai vu Okazou vous emboîter le pas en parlant d’intégrisme, j’ai décidé de sortir de mon mutisme habituel. Parce qu’il me semble au contraire que c’est quand on nie le cas particulier que l’on peut parler d’intégrisme.

J’ai entendu dernièrement une spécialiste en histoire de l’art s’exprimer au sujet de l’échec de l’habillage des produits Cailler. Elle en déduisait que pour le public il demeure difficile d’associer chocolat et modernité et que le kitsch vieillot est plus vendable. Selon elle Cailler faisait oeuvre de pionnier et c’était le public qui n’était pas encore prêt à franchir ce pas . Son analyse était un peu courte parce qu’elle n’envisageait pas une seconde que l’échec pouvait être dû à CE design et à CE graphisme qui n’était pas forcément représentatif de TOUTE la modernité. D’ailleurs les chocolats Richart, pour ne citer qu’un exemple parmi d’autres, ont prouvé depuis longtemps que le chocolat se marie très bien avec une forme de modernité. Mais c’est évidemment plus facile de rejeter la faute sur le public en général que de rechercher ce qui dans ce cas particulier n’a pas bien fonctionné.

Petite parenthèse à l’intention d’Okazou (“Mais ce ne sont que tes yeux et tu ne les ouvres peut-être pas suffisamment pour imaginer d’autres interprétations possibles.”): je ne mettais pas en cause l’idée qu’un chanteur quel qu’il soit chante Dowland, au contraire je m’en réjouissais, mais, comme je disais dans ma conclusion, celui-ci ne m’avait pas convaincu et j’attendais qu’un autre chanteur le fasse mieux que lui. Je n’ai donc pas l’impression d’avoir les yeux fermés, au contraire, puisque j’imagine que d’autres interprétations (y compris d’autres que celle de Sting) sont possibles.

Cela dit, mon intervention sur cette question est elle-même un cas particulier qui n’enlève rien à l’intérêt et au plaisir que j’ai de vous lire habituellement (je m’adresse de nouveau aux deux). L’intransigeance est à la mesure de l’estime, dont elle est l’empreinte négative. Je tenais à vous le dire avant de retourner à mon silence.

Article: Deux rois de la musique pop(ulaire) se rencontrent

Je suis d’accord avec vous, Anne, pour la partie théorique de votre exposé (si j’ose dire). Mais je ne vous suis pas du tout pour la pratique. Je ne connais de la chanson en général que les bribes qu’on entend inévitablement ici ou là, qu’on le veuille ou non, dans les lieux publiques ou à la télévision. Je dois dire que je suis allergique à l’usage immodéré que fait notre époque de la batterie et de son succédané numérique et que je n’entends plus dans cette musique que cette locomotive qui n’en finit pas de passer. Je suis donc mauvais public et je ne connais que très peu, et certainement très mal, la musique de Sting. Mais il y a longtemps que je me dis que des airs de Dowland ou des lieder de Schubert pourraient facilement être repris par des chanteurs populaires qui pourraient très bien les interpréter accompagnés d’une guitare, et que cette musique qui me semble capable de toucher un large public atteindrait ainsi tous ceux que la voix “classique” rebute. Aussi, quand j’ai vu que Sting venait d’enregistrer Dowland j’ai accueilli la nouvelle avec un a priori positif. Je suis allé écouter quelques extraits à la fac (il manque une lettre mais c’est pour qu’on ne m’accuse pas de faire de la publicité déguisée), et malheureusement je dois dire que j’ai été très déçu. Le monde n’est pas divisé en mauvais puristes d’un côté et gentils membres de l’autre — je caricature, mais reconnaissez que vous et Okazou le faites aussi (Okazou va même jusqu’à parler d’intégrisme). La vérité est plus simple: on peut ne pas aimer cet album, et je ne l’ai pas aimé, pour la simple raison que Sting chante mal. Je ne le connais pas dans son répertoire habituel, mais là il ne chante pas Dowland, il le massacre. Pardonnez-moi de venir mettre une fausse note dans ce concert de louanges. Je n’ai rien contre Sting, qui est certainement quelqu’un de très généreux, courageux et sympathique, mais j’espère seulement que son exemple sera suivi par d’autres chanteurs que lui parce que là il ne m’a pas du tout convaincu.

P.S. Nous avons eu la chance de pouvoir entendre au mois de décembre à Genève, à l’occasion d’un mini-festival de musique arabo-andalouse, les Cantigas de Santa Maria (compilés par Alphonse X le Sage, ou le Savant) interprétés par l’ensemble Gilles Binchois, Dominique Vellard et Françoise Atlan. Si vous avez manqué le concert il reste le disque qui correspond exactement au programme de ce concert. C’est une magnifique interprétation de chants vieux de 800 ans, dont les accents populaires toucheront immédiatement, je crois, tous ceux qui sont réfractaires au chant classique.

Article: Cinq ans…
Soheil
, le 27.12.2006 à 11:29
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Article: Cinq ans…

Je sors de la majorité silencieuse le temps de rédiger ces quelques lignes et remercier François (d’abord) ainsi que toute l’équipe de cuk.ch pour le travail remarquable accompli tous les jours depuis cinq ans. Plus que cinq ans même: je me souviens du temps de PommeA (combien d’années déjà?) où régnait ce même esprit d’ouverture, de curiosité, d’humour et de service offert, avec une liste de mises à jour de logiciels qui faisait référence. Merci encore à tous et… à demain.

(Je précise que mon prénom n’est pas un anagramme d’helios :-)