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Résultats pour l'auteur: Argos
397 commentaires trouvés.
Article: De la B.O. (4/5): des compositions marquantes

La musique, un cache-misère ? C’est tout le contraire.
Il suffit de voir et de regarder Odyssée de l’Espace de Stanley Kubrick, qui n’est vraiment pas un manche cela dit, avec les musiques des deux Strauss, Johann et Richard, pour se persuader de leur complémentarité. Ce n’est pas pour rien que les grands cinéastes ont le plus souvent collaboré avec des grands musiciens, comme Eisenstein et Prokofiev par exemple.
Le cinéma devient ainsi un art total, annoncé par Richard Wagner dans son Anneau du Niebelung, à sa manière le précurseur des films d’Heroic Fantasy…
Evidemment, on s’éloigne un peu des musiquettes de Francis Lai et consorts.

Article: De la B.O. (4/5): des compositions marquantes

Ce genre de B.O. n’est pas ma tasse de thé. Et pour les associations, je penserais plutôt à Davis Lynch et Angelo Baldamanti que Claude Lelouch et Francis Lai. Affaire de goût… La plus belle bande-son de l’histoire du cinéma c’est peut-être l’adagietto de la Cinquième de Mahler sur les plans magnifiques de l’approche de la Cité des Doges dans Mort à Venise de Luchino Visconti.

Article: La technique cinématographique
Argos
, le 02.04.2015 à 09:08
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Article: La technique cinématographique

Amusant cet étonnement que le son était imprimé à côté de l’image sur la pellicule. Cela a valu un rétrécissement du format de l’image par rapport au temps du muet. Cette pratique a été en usage jusqu’à la fin du vingtième siècle, sa disparition est toute récente donc. Le Dolby stéréo a été à l’origine aussi inventé pour améliorer la qualité de cette bande-son.

Il faut rappeler que la bande magnétique n’a été employée pour l’enregistrement qu’à partir des années quarante avec en particulier les concerts de Wilhelm Furtwängler et que le multipistes magnétique n’est apparu qu’avec le format Cinémascope en 1953 avec La Tunique d’Henry Koster.

Une histoire toute récente déjà en passe d’être oubliée comme souvent celle de 125 ans de cinéma. Le principal problème qu’avait créé l’apparition du muet était que la lourdeur des caméras entourées d’un véritable blindage sonore pour qu’elles restent silencieuses ont pour un temps rendu impossible la fluidité des mouvement d’appareils utilisée à la fin du muet.

Aujourd’hui le numérique a remplacé le film, tout juste un peu plus tard que dans le domaine de la photo.

Article: Beauté et objectivité
Argos
, le 31.03.2015 à 21:03
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Article: Beauté et objectivité

Oui, Dominique, j’avais exactement la même réaction que toi à l’écoute des compositeurs du deuxième Groupe de Vienne. A l’exception peut-être du concerto pour violon d’Alban Berg, d’un extraordinaire lyrisme. Mais à l’orée de la soixantaine, j’ai été saisi par l’incroyable beauté des pièces de Webern. Et j’évoquais Gould pour mieux défendre Maria Yudina, sublime dans Bach, Mozart et les Variations Diabelli de Beethoven. Ah, l’oubliais Schubert. Mais là, pour les dernières sonates une, autre référence, Richter, est écrasée par Arthur Schnabel, un autre génie.

Article: Beauté et objectivité
Argos
, le 31.03.2015 à 07:08
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Article: Beauté et objectivité

Et si, en application la mécanique quantique, le beau n’existait qu’en fonction l’observateur ?

Parce que s’il est facile de trouver beau Bach ou Mozart, qu’en est-il de Webern ? J’ai dû arriver à l’âge de 60 ans pour découvrir chez lui autre chose qu’un chaos musical. Et aujourd’hui, pour moi, ses courtes pièces représentent la référence absolue du beau. Il s’agit donc bien ici d’une question de temps, comme nous le dirait Hawkins, un temps nécessaire à l’établissement du beau.

Et puisque on évoque Bach, penons les Variations Godberg et l’interprétation considérée comme la référence absolue, celle de Glenn Gould.

Mais voilà, écoutez ce qu’en a fait à Moscou en 1967 la grande pianiste russe Maria Yudina, pulvérisant par avance la vision du pianiste canadien.

Le beau en lui-même n’existe pas.

Les Goldberg par Yudina se trouvent sur Youtube. Et, en passant, ses rapports avec Staline représentent un des épisodes les plus délirants de la vie artistique soviétique.

Article: Le son, grandeur et subjectivité

Illustration de l’importance du lieu : Nous avions un épais tapis dans le salon où se trouvait la chaine hi-fi. Un jour on le porte au nettoyage, le parquet reste à découvert. Et à l’écoute, étonnement : le son était devenu beaucoup plus clair, plus aérien. Résultat : le tapis est parti à mon grand regret dans une autre pièce.

Article: De la B.O. (3/5) – Danny Elfman

Elfman c’est sympa mais parler de génie me parait très exagéré. Le problème avec lui est que sa musique, quel que soit le film, reste toujours du Elfman, comme si le compositeur voulait rappeler « Hé, les mecs, c’est moi qui ai écrit ce truc ; ça améliore drôlement le film, non ? »

Je viens de télécharger en 24 bits la b.o. de Psycho composée par Bernard Herrmann pour Hitchcock. Lors de l’écoute de la scène de la douche, le matou a filé se cacher sous un meuble et mes filles sont venues demander ce qui se passait. Ca c’est du génie.

Article: « Je » est objectif
Argos
, le 03.03.2015 à 11:11
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Article: « Je » est objectif

@Ysengrain, j’ai écrit : Mozart est le plus grand, puis j’ai continué : Beethoven est le plus grand. Je peux ajouter : Bach est le plus grand. C’était ma modeste contribution au débat sur l’objectivité et le réel, qui tous eux n’existent pas. Mais après tout, pourquoi pas Claudio Monteverdi ? Ah non, ce serait Francesco Cavalli, par ailleurs un drôle de zigotto, qui aurait en partie composé le Couronnement de Poppée. Et entre cet opéra et Tristan et Isolde, tous deux sur l’amour fou, c’est lequel le meilleur ? etc. etc.

Article: « Je » est objectif
Argos
, le 03.03.2015 à 08:49
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Article: « Je » est objectif

Objectivité et subjectivité sont des mots creux. Comme l’a démontré la théorie des quantas, la réalité dépend de la position de l’observateur.
Il y a trente ans, je trouvais les oeuvres de Webern insupportables, aujourd’hui elles me fascinent et me bouleversent. Mais Mozart restera toujours le plus grand… Beethoven aussi. La réalité est d’abord paradoxale.

Article: Mise en oreilles du casque Beyerdynamic T1

Les enregistrement originaux de Bruno Walter ne sont pas sur vinyle mais sur disques 78 tours. J’en possède quelques-uns dont la symphonie Jupiter de Mozart avec hélas quelques rayures.

Mes 28 CD représentant l’ensemble des enregistrements, dont le premier acte de la Walkyrie, – l’arrivée des nazis empêchant la suite, Bruno Walter ayant dû s’enfuir – ont été téléchargés sur FLAC (compression non destructive) et leur qualité est excellente.

Les enregistrements des concerts de Furtwaengler réalisés par la radio allemande pendant la guerre sont d’une intensité rare. Pas de vinyles non plus, ils avaient été enregistrés sur bande et une partie d’entre elles avait été emportées par les Soviétiques à la fin du conflit. On pouvait parfois trouver quelques vinyles à Moscou. et les originaux ont été restitués à l’Allemagne à la fin des années quatre-vingt puis édités chez DGG qui avait déjà sorti auparavant une Neuvième de Bruckner enregistrée en 1944 et une Septième…au Caire en 1952

A propos de Karl Münchinger, ses Concertos brandebourgeois de Bach, qui fut une version de référence, ont été sauf erreur enregistrés au Victoria Hall de Genève avec pour les bois et les vents des solistes de l’Orchestre de la Suisse romnde.

Article: Mise en oreilles du casque Beyerdynamic T1

Là j’ai un peu le vertige à la lecture des prix de ces casques même si je ne doute pas qu’ils sont excellents. Enfin voilà : avant-hier mon bon vieux Sennheiser a rendu l’âme. En attendant de l’amener chez mon réparateur préféré qui lui insufflera une nouvelle vie, j’étais chez Carrouf – mais oui, il y an a dans mon coin du Caucase – pour un objet de dépannage. J’en ai pris un à 8 Euros – vous avez bien lu, huit – sans marque et à l’écoute, surprise : si les aigus sont un peu faiblards, les basses sont amples, profondes et le tout dégage un indéniable sentiment de présence.
Alors voilà…

Article: Et si on leur disait merci?
Argos
, le 10.02.2015 à 06:19
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Article: Et si on leur disait merci?

J’habite aussi à 700 mètres d’altitude sur la colline qui surplombe la capitale. Après un hiver jusqu’alors très clément, la neige a fini par tomber hier. Mais rien à voir avec les mètres qui rendent impraticable la route vers la Russie. Il y a 150 ans Alexandre Dumas raconte déjà qu’il avait tenté de l’emprunter et qu’il avait dû faire demi-tour avant le Col de la Croix, à 2500 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Chez moi la route n’est généralement pas déneigée,et ce fut la raison du choix d’un 4×4. Oui, se rendre en 4×4 pour acheter des croissants à la boulangerie française un doit peut-être en faire hurler plus d’un. Mais que de crimes ne commettrait-on pas pour un bon croissant ?

François, tes photos de neige sont un peu grises, surtout la première. Dans ces situations il faut toujours surexposer par rapport aux indications données par l’appareil. En rav tu peux bien sûr corriger.

Sur ce je vais me faire un café, non pas de Nespresso mais avec une vieille cafetière napolitaine.C’est pour accompagner les croissants, bien chauds.

Article: Le chasselas est un cépage formidable, encore faut-il le savoir !

T, les gens de l’Est ne juraient pas que par la la Trabant mais ils juraient tous contre cette saloperie, n’ayant souvent pas les moyens de se payer autre chose, pendant que les dirigeants se déplaçaient en Volga, en Tchaïka ou pour les mieux lotis en Zis. Ils avaient aussi la Schigouli, appelée Lada chez nous, version russifiée de la FIAT 124, avec liste d’attente de plusieurs années.

Article: Le chasselas est un cépage formidable, encore faut-il le savoir !

Comme j’habite dans le pays où le vin a été inventé il y a près de 8000 ans, pour le blanc je bois un tsinandali remarquable, issu des cépages Rkatsiteli and Mtsvane. Comme d’autres vins géorgiens, il n’est pas élevé en fûts mais dans de grandes amphores (jusqu’à 3000 litres), appelées Kvevri et enterrées dans les caves. Cette tradition est à présent inscrite au Patrimoine mondial de l’UNESCO. Pour le rouge, c’est un Saperavi, autre cépage millénaire dont les meilleurs, en dégustation à l’aveugle, peuvent concurrencer de bons bordeaux.Sortis du Kvevri ils peuvent être vieillis pendant plusieurs années dans des fûts de chêne.

Article: L’ampli à tubes PrimaLuna Prologue Classic: qu’elles sont belles les lampes!

M’enfin François, la violoniste Lisa Batiachvili n’est pas russe mais géorgienne, ce qui n’a strictement rien à voir. C’est une ancienne élève du conservatoire de Tbilissi, comme Katia Bunachvili, que le virtuose Steven Kovasevitch considère comme la nouvelle Martha Argerich. De Lisa Batiachvili, je te conseille aussi le concerto de Beethoven avec l’Orchestre philharmonique d’Israël dirigé par Zubin Meta.

Article: Partir…
Argos
, le 13.01.2015 à 09:29
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Article: Partir…

Moi je suis aussi parti parce que je trouvais la Suisse triste et parfaitement ennuyeuse. Et depuis, je ne me suis plus ennuyé un seul jour. Nombre de mes amis, qui rêvent d’aller en Suisse, ne pourront jamais comprendre que je me sens bien mieux chez eux. C’est vrai que faire la fête dans le jardin jusqu’à point d’heure sans que des voisins furieux appellent la police est un extraordinaire avantage.

Article: Partir…
Argos
, le 12.01.2015 à 09:34
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Article: Partir…

Je suis parti en 2000 après plusieurs missions à l’étranger. A la fin de la dernière, dans le Caucase, j’ai décidé de rester. Pourtant c’était chaotique. Insécurité galopante, électricité deux heures par jours en hiver, restrictions nombreuses. Mais une chaleur chez les habitants, de vraies relations humaines, une vie parfaitement libre et des marchés où la qualité des produits est incomparable, où les tomates sont parfumées, où tout a du goût. J’ai donc acheté une belle maison sur la colline au dixième du prix helvétique.

Depuis, beaucoup a changé, les rues le soir sont plus sûres qu’à Genève, et certains traits commencent à ressembler à l’Europe.

Ce qui a contribué à mon choix, c’est internet. Pouvoir communiquer en direct avec mes amis, recevoir instantanément toutes les informations, lire Libération chaque matin en mangeant les croissants produits juste un peu plus bas par la boulangerie française, écouter France musique, télécharger Callas remastered en 24 bits.

Et la Suisse, finalement, n’est qu’à quelques heures d’avion…

Article: Charlie Hebdo: un peu de notre famille s’en est allée

Défendre la liberté de la presse ? Oui. Car elle existe dans bien peu de pays, une petite minorité parmi les 200 qui composent notre monde et dans beaucoup d’entre eux, c’est une notion hélas parfaitement incongrue. Quand je vois que même des médias anglo-saxons floutent des Une de Charlie, je me dit que c’est très loin d’être gagné.

Article: Charlie Hebdo: un peu de notre famille s’en est allée

C’est dans le monde entier que des gens réagissent. Même à Tbilissi, Capitale de la Géorgie, où je réside et où ce soir à dix-neuf heures nous serons nombreux à nous réunir devant l’Institut français pour commémorer les victimes de ce massacre et témoigner de notre solidarité avec Charlie Hebdo.

Article: Charlie Hebdo: un peu de notre famille s’en est allée

Se moquer des religions comme de tout le reste est un droit de l’homme, et de la femme bien sûr. En réponse aux kalachnikovs qui tentent de le supprimer, il s’agit de rappeler que toute religion est d’abord une escroquerie et de ridiculiser le barbu prétentieux qui s’est intitulé « prophète ».

Article: Sept semaines à l’hôpital
Argos
, le 15.12.2014 à 18:48
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Article: Sept semaines à l’hôpital

D’abord, Anne, mes meilleurs voeux de rétablissement.
Ce que tu nous décris a finalement un nom très simple celui de Bureaucratie. Elle est de plus en plus envahissante, chaque geste devant être justifié et le résultat est une inefficacité croissante, entrainant pas ailleurs une déresponsabilisation également croissante.

Dans mon coin du Caucase, l’ordonnance médicale n’existait pas. Le médecin écrivait le nom des médicaments sur une fiche et on allait à la pharmacie.
A présent, le médecin doit remplir des formulaires précis, les tamponner, les enregistrer et demander une taxe d’une vingtaine d’euros qui part dans les caisses sans fond de l’Etat.

A la pharmacie, le préposé doit soigneusement enregistrer les médicaments, découper aux ciseaux les différentes prescriptions – mais oui – et constater en suite qu’il n’a pas le médicament en stock. Résultats : les médecins ont moins de temps pour leur vrai boulot, les files s’allongent dans les pharmacies. Tout cela parce qu’au nom du nouvel accord d’association avec l’Union européenne, il faut se mettre aux normes.

Et rappelons que dans une bureaucratie, c’est toujours le plus incapable qui monte plus haut, les gens compétents finissant pas abandonner. Dans tous les lieux où j’ai travaillé, la bureaucratie a toujours tenté de m’empêcher de faire correctement mon travail. Heureusement, j’ai une sale mentalité et je possède encore quelques ressources pour lutter contre la bêtise humaine.

Article: Bouboule: comment ont-ils osé?
Argos
, le 21.11.2014 à 11:49
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Article: Bouboule: comment ont-ils osé?

François, il se trouve que j’en vois passablement, y-compris des productions plutôt exotiques. J’ai jeté un oeil sur la programmation genevoise. Oui, il y a bien Chef qui m’amuse et dont la musique cubaine m’enchante, mais franchement, la bouffe du Sud des Etats-Unis représente plutôt un élément folklorique que gastronomique. Et le dernier Woody Allen ressemble tellement aux précédents… Donc pour moi, le programme de la semaine : The Lost Weekend, un Billy Wider de 1945, quelques Hitchcock muets et Don’t Look Now, un film inclassable de Nicholas Roegg où Julie Christie et Donald Sutherland affrontent une Venise inquiètante.

Article: Bouboule: comment ont-ils osé?
Argos
, le 21.11.2014 à 06:51
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Article: Bouboule: comment ont-ils osé?

Ce n’est hélas plus que rarement que l’on trouve des films satisfaisants. De plus en plus le talent et l’innovation se manifestent dans les séries. Ce n’est pas pour rien qu’un Scorsese s’est investi dans Boardwalk Empire, qui à travers le destin d’un gangster qui n’a jamais atteint la célébrité de ses confrères Capone ou Luciano, nous plonge dans l’univers criminel de l’Amérique des années vingt et du début des années trente. En France, hélas, pas grand chose, même La Vie d’Adèle qui a quelque peu agité les médias se révèle un grosse baudruche ennuyeuse.Pour moi, le meilleur film français récent reste Le Bruit des glaçons du trop rare Bertrand Blier.

Article: Qu’est-ce que donne NetFlix en Suisse ?

L’arrivée de Netflix explique pourquoi l’offre illégale sur le Net reste attractive. On y trouve depuis longtemps House of Cards en v.o. sous-titrée en français, comme Hannibal, The Strain et bien sûr la plus grande réussite, The Wire, décrivant de bas en haut la vie de Baltimore à partir d’un poste de police en lutte contre les dealers jusqu’aux instance politiques, et dont Netflix a l’attention de reproduire la trame à Marseille. Et ce n’est que là qu’on trouve American Horror Story, qui renvoie les autres films d’horreur au niveau de gentil divertissement.

Pour les films, le choix de la qualité est moins large et les v.o. sous-titrées moins nombreuses, bien qu’il soit possible de trouver les fichiers de sous-titres séparément.

Je sais, ce n’est pas bien, mais lorsqu’un service comme Netflix permettra aussi de s’installer face à son home cinema pour assister à Le Bruit des glaçons de Bertrand Blier, l’un des meilleurs films français de ces dix dernières année, totalement sous-estimé, il sera possible de reconsidérer la question. Parce qu’un film qui commence avec l’arrivée de Dupontel à la porte de la maison de Dujardin, interprétant un écrivain alcoolo en lui annonçant « Je suis votre cancer » ne peut qu’être génial.

Article: Littérature (suisse?) – la grande négligée

Est-ce que ces aides sont efficaces pour le cinéma, ToTheEnd ? C’est bien la bonne question. Première réponse : le « miracle » du « Nouveau cinéma suisse », celui des Soutter, Goretta, Tanner s’est produit à une époque où les aides pour les longs-métrages n’existaient pas encore, ils ont juste reçu un soutien de la Télévision suisse romande. Deuxième réponse : sans ces aides, il n’y aurait aujourd’hui plus de cinéma suisse. Cela ne présuppose en rien une quelconque qualité ou absence de qualité, c’est juste une nécessité. A partir de là, recomposer aujourd’hui le système semble nécessaire. Mais personne n’a le courage de s’y lancer. Il m’est arrivé de comparer le cinéma suisse à un nageur fatigué dont on maintient juste la tête hors de l’eau. Suffisamment pour survivre, pas assez pour gagner la course.

Pardon pour ces digressions plus cinématographiques que littéraires, mais peut-être que les deux situations, dans l’avenir, ne seront pas si éloignées l’une de l’autre.

Article: Littérature (suisse?) – la grande négligée

L’aide au cinéma proprement dit est en Suisse non pas de 7 mais de 26 millions. Et comme je l’ai écrit plus haut, ce mode d’intervention devrait être profondément réformé. Malheureusement, on assiste souvent de la part des premiers concernés créateurs à un manque d’imagination et un immobilisme peu compatible avec la création.

Article: Littérature (suisse?) – la grande négligée

Tiens, un exemple que je vis. Dans la république caucasienne où je réside, il existe une librairie anglophone sur la principale avenue de la capitale, bien fournie, du neuf surtout mais aussi de l’occasion ; en revanche le seul accès à des livres francophones se fait à travers la médiathèque française qui ne vend pas de livres. Entre parenthèses, plusieurs ouvrages d’Anne apparaissent sur les rayons. Jusqu’en 2003, un couple de passionnés retraités avaient organisé dans les combles de la Bibliothèque nationale une petite librairie. Ne recevant aucun soutien des institutions francophones, ils avaient fini par abandonner.

Il faut avouer que l’organisation de la francophonie, à qui incomberait la tache de promouvoir la littérature du même nom, est l’une des institutions les plus calamiteuses de la planète qui se perd dans des discours pseudo-politiques hors de propos. Je me souviens d’une visite dans leurs locaux à Paris à la fin du siècle passé pour tenter d’orienter ces braves fonctionnaires vers le développement de l’usage de programmes en français pour ordinateurs, afin de contrer l’influence de la langue anglaise dans ce domaine essentiel. Les regards d’incompréhension m’ont fait comprendre que la notion même de programmation informatique était pour eux un mot étranger.

Allez, rideau.

Article: Littérature (suisse?) – la grande négligée

Oui, Anne, nous sommes d’accord sur l’essentiel. En revanche, par expérience, j’ai tendance à me méfier des structures purement étatiques, certes qualifiées pour apporter des aides à l’agriculture, mais beaucoup moins à la culture. En Suisse, le principal problème consiste dans l’alliance entre fonctionnaires chargés de répartir les montants – je n’ose écrire la manne – et les « experts » choisis pour décider qui sera digne de les recevoir. Dans aucun cas, la responsabilité des uns et des autres n’est engagée. Un « expert » pourra se planter dix fois, un fonctionnaire ne rien connaitre à la production culturelle, ils ne courent aucun risque de se faire virer et peuvent rester en place longtemps.

Le remède serait la création de structures para-étatiques, avec nécessité de résultats, non pas individuels, mais globaux.Il s’agit en effet aussi bien de considérer l’éventuel best-seller que l’ouvrage ultra-pointu, qui ne répondent pas aux mêmes critères. Mais cela nécessiterait une avancée dans la réflexion qu’aucun responsable politique ne possède actuellement. Et en général, la question les laissent parfaitement indifférents.

Article: Littérature (suisse?) – la grande négligée

Les intéressantes interventions d’Anne suscitent souvent chez moi un abime – non, pardon, une montagne – de réflexions. Et il lui faut juste quelques lignes pour aborder, certes par la bande, quelques aspects essentiels de la production culturelle d’aujourd’hui. Non, je ne vais pas vous ennuyer à gravir cette montagne mais je désire juste je vous conduire dans un petit vallon où je me demande si le poids du rouleau compresseur de la culture américaine (littérature, cinéma, séries télé, etc.) ne provient pas de cette capacité à fabriquer et à vendre le talent. Dans son édition de cette semaine, le Nouvel Observateur publie un grand article sur les agents littéraires, omniprésents aux USA, absents en Europe continentale. Ici on prône encore la solitude de l’artiste, qui ne doit qu’à son génie solitaire d’être finalement révélé, avec si possible l’aide d’un Etat qui joue souvent à la loterie artistique. Là-bas, ce sont des structures qui certes ont pour but de vendre, mais savent soutenir et aider les talents dans ce but.

Je sais, soutenir le culture américaine aujourd’hui est mal vu, mais je terminerai juste par une petite pirouette : Apple, qu’on aime ici n’est-il pas d’abord le parfait produit de la culture américaine qu’on peut consommer et utiliser sans remords ?

Article: Depuis le 11 août sans Coca Zéro, c’est trop beau

Quatre litres de Coca par jour, c’est plus dangereux que quatre litres de vin rouge. La seule utilisation du Coca que je m’autorise, c’est après ce que l’on appelle vulgairement une indigestion. Amélioration radicale mais il ne faut jamais abuser des médicaments et à l’origine le Coca était considéré comme tel, à une époque où, de plus, il contenait de la cocaïne ce qui pouvait faire son charme. Mais c’était aussi une époque où l’on trouvait des pubs pour un médicament produit par Beyer, celui de l’aspirine, qui s’appelait héroïne…

Bon, l’addiction à l’Iphone n’est peut-être pas aussi grave, mais finalement elle fait peut-être encore plus de ravages.

Pour moi, le comble de l’addiction serait de ne siffler que la Romanée-Conti. Hélas, je suis très très loin d’en avoir les moyens. Alors je me suis rabattu sur le Saperavi, un des plus anciens cépages du monde, datant de plusieurs milliers d’années. Pas mal.

Article: En vrac
Argos
, le 16.09.2014 à 09:41
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Article: En vrac

Il semblerait que mettre en doute l’intérêt d’un produit Apple comme l’IWatch puisse être ressenti comme une attaque personnelle. Alors, enfonçons le clou, pour moi, la quintessence de ce que l’on puisse porter au poignet s’appelle Patek-Philippe. Ou, à défaut, Swatch Chrono que ma fille qualifie de Vintage. Le reste…

Article: Films, festival et compagnie
Argos
, le 18.08.2014 à 17:35
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Article: Films, festival et compagnie

Au fond l’histoire du Grand Hôtel illustre le parfaitement le manque d’imagination des administrations. Au cours des trente dernières années, la Confédération a versé plus de vingt-cing millions de francs au Festival de Locarno, permettant ainsi son développement. Il aurait été logique qu’elle conditionne la suite des versements avec la création d’un véritable centre du festival qui aurait pu être le Grand Hôtel, lieu qui aurait pu servir en d’autres occasions. Quand on voit ce que Lucerne a réussi à faire avec la salle de concerts imaginée par Jean Nouvel, on ne peut que regretter le provincialisme des autorités régionales et l’absence d’impulsion des bureaucrates qui s’occupent du cinéma à la Confédération.

Article: Films, festival et compagnie
Argos
, le 18.08.2014 à 11:22
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Article: Films, festival et compagnie

Les catégories A ou B – un classement établi par la FIAPF (Fédération internationale des producteurs de films) dont c’est la principale activité – n’ont aujourd’hui plus aucune importance. Le Festival de Toronto – le plus important du monde après Cannes – n’est ainsi pas classé.

Locarno a beaucoup perdu avec la disparition du Grand Hôtel, qui était l’âme du festival. Le monde du cinéma y a été fait et défait à d’innombrables reprises que ce soit dans ses salons, ses terrasses ou sa piscine. Après avoir failli disparaître en 1970, le Festival a été sauvé par l’aménagement de la Piazza Grande et par la direction avisée du fondateur du Festival de Nyon, Moritz de Hadeln, qui a su faire venir dans une manifestation en perdition des films d’Istvan Szabo, Jacques Rivette, Marguerite Duras, George Lucas, Pier Paolo Pasolini, Krzysztof Zanussi, Kontad Wolf, Rainer Fassbinder, Gerhard Schröder et beaucoup d’autres. Fassbinder avait d’ailleurs déclenché l’ire de l’hôtelier qui le logeait au point que le brave homme avait fait appel à la police, l’accusant d’avoir volé un paravent. Lors de la présentation de Salo de Pasolini, un commando d’extrême-droite venu de Milan avait débarqué pour s’emparer des bobines de films et à la projection sur la Piazza Grande des Contes immoraux de Valerian Borowczyk, l’évêque avait fait sonner les cloches de églises de Locarno.

Article: Films, festival et compagnie
Argos
, le 18.08.2014 à 07:00
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Article: Films, festival et compagnie

Locarno a aussi révélé au milieu desannées soixante un extraordinaire créateur alors inconnu, Serguei Paradjanov, qui fut plus qu’un cinéaste, en montrant Les Chevaux de Feu, appelés originellement Les Ombres des ancêtres oubliés. Paradjanov choqua les bureaucrates du cinéma soviétique avec Sayat-Nova, (La Couleur de la grenade)narrant de façon quasi-abstraite la vie d’un célèbre poète arménien.Interdit de cinéma, il fut emprisonné de nombreuses années pour « homosexualité et vol d’icônes » laissant sa santé dans le système carcéral. Locarno se devrait de présenter une rétrospective enfin complète de son oeuvre. A Erivan, le musée Paradjanov est un véritable petit bijou rassemblant ses créations.