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Résultats pour l'auteur: iker
217 commentaires trouvés.
Article: La littérature…
iker
, le 11.03.2013 à 10:26
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Article: La littérature…

Madame Poppins, Zit, Anne, je me retrouve trait pour trait dans ce que vous racontez,

Benjamin d’une famille de sept enfants, tous bien plus âgés que moi, non seulement je dévorais les livres de mon âge dont ils avaient abondamment été dotés, mais je leur piquais leurs journaux, leurs magazines, le moindre de leurs ouvrages je le lisais aussi. Tout ce qui passait à ma portée. Écumé ensuite les bibliotheques, puis les librairies, hier physiques aujourd’hui virtuelles.

Les contes et légendes de toutes les traditions les plus reculées de la planète, toutes civilisations confondues, n’avaient aucun secret pour moi, je voyageais déjà à travers les livres, et mes explorations du monde, bien plus tard, revenaient aussi sur les traces de mes héros d’enfance.

Et pour la poésie, ce n’était que par l’oralité, comme la magnifique (re)découverte de textes de Prevert Roger à Cugy, en septembre 2007 (six ans déjà ? J’ai l’impression que c’était hier) que je ne connaissaient que par la chanson.

Mais si j’ai adoré les livres et le pouvoir des mots, ils me manquait parfois le plaisir des sens, de la vue, du toucher, du goûts et des odeurs, qui n’étaient alors que le pur produit de mon imagination.

Au point de rêver de pouvoir écrire à la fois du texte mis en scène avec de la photo, de la vidéo, de l’animation. Oh tiens, c’est désormais possible. ;-)

Et ce n’est peut être que le tout début de la découverte de nouveaux univers.

Les BD que j’ai lues étaient celles de mes aînés, et comme Korbo, je suis resté old school, Asterix, Tintin, Lucky Luke, Gaston, sans passer à mes propres lectures dans ce domaine.

Tardy, Mauss, c’était à travers les ouvrages que nous offrions à mon père, et que je lui soustrayais à l’occasion.

Par contre, la magie des mots, l’imaginaire qu’ils faisaient naître en moi, et cette capacité à rêver en couleur, qui, me dit-on, ne serait pas la norme ?

Et puis à travers les lectures de mes aînés, de leurs compagnes et compagnons, étudiants en philosophie, psychologie, sociologie, sciences politiques, économie, et leurs débats interminables, c’était les années 68-81, avant que je ne fasse mes propres choix, à la fois dans l’héritage et la singularité, la découverte et l’explorations des sciences humaines et sociales.

Un souvenir particulier, vers les 10-11 ans, la lecture des rapports Kingsey et Master et Johnson, tout en découvrant “l’éducation sentimentale”, mais aussi “comme un arbre dans la ville” et “parachutiste” de Maxime Le Forestier. Le choc. Je n’ai compris que plus tard. ;-)

Article: 41 occasions quotidiennes de simplifier votre vie

Conclave News ? La dernière fois qu’il y a eu un conclave, en 2005, les iPad étaient loin de l’imagination des gens, et c’est à peine si les rumeurs d’un téléphone commençaient à poindre.

La fois d’avant, il n’existait ni la photo ni la vidéo numérique, ni les ordinateurs portables, ni l’Internet, ni la publication assistée par ordinateur, la typographie, la CAO-DAO, et le Mac lui même n’existait pas. C’est tout juste si Apple était sorti des limbes avec l’Apple II.

Imaginez qu’en 1978, pour Karol Wojtyla, l’Eglise ne consacrait pas autant d’énergie à mettre le préservatif à l’index, ce dont nous savons tous à quel point c’est assez inutile, et que même le Sida n’existait pas. En tout cas qu’il ne portait pas de nom et que personne ne soupçonnait ses dégâts.

À moins que le règne du futur pape ne dure le temps de celui d’Albino Luciani, tenterions nous le pari d’imaginer à quoi ressemblera le monde numérique, la virtualité de nos supports numérique tant pour le travail que pour nos usages quotidiens ? En aurons nous fini avec le nucléaire et le pétrole pour passer dans un environnement de sobriété énergétique et d’énergies renouvelables. En aurons nous fini avec l’usage des fils et des câbles, et qu’elles maladies nouvelles liées à ce monde sans fil auront un impact sur notre santé ?

En attendant, quelqu’un aurait-il testé une poêle en acier carbone, culottée à la main, et dans laquelle on retrouve le goût des choses, qu’il faut laver au sel fin, et que l’on doit huiler entre deux usages, et qui ne connaissent aucune obsolescence programmée puisqu’elle est faite pour durer cent ans. Que de l’induction au feu de bois, elle fonctionne sous routes les formes d’énergie et ne contient ni du Téflon ni de l’aluminium ?

Vous seriez surpris de voir qu’il y a encore des choses, entre deux conclaves qui semblent tout aussi immuables. Mais que pour le reste, les changements dans nos vies sont à ce point vertigineux.

Article: 41 occasions quotidiennes de simplifier votre vie

à 7 h 24, je reçois un message sur Cuk d’un lecteur qui a rédigé un papier toute la nuit sur ça et ça et qui avant d’aller se coucher vérifie son CUK quotidien… et me signale que la lecture de “A corps et à cris : être psychanalyste avec les tout-petits” de Caroline Eliachef, paru en 1995 aux éditions Odile Jacob, et disponible en poche chez Amazon pour 7,5 euros, répondrait à sa question sur “à quatre mois on ne comprend pas vraiment de quoi on lui parle”, parce qu’en fait, si… dès le premier jour, l’enfant comprend beaucoup plus qu’on ne le croit. À condition qu’on lui explique tout, même ce qu’on croit qu’il ne peut pas comprendre.

Il faut simplement prendre le temps de le lui expliquer… ce qui ne garantit pas pour autant que l’enfant s’arrêtera tout de suite de se réveiller en pleine nuit à trois heure du matin en pleine forme. Il faut bien que jeunesse se passe ;-)

Et qui ignore, mais pense que c’est fort peu probable, qu’on puisse le trouver en version numérique sur iBookstore… mais que sa lecture est tout à fait passionnante, même sur papier…

Sinon, par bien des aspects, à part la gestion du patrimoine en bourse, ma journée pourrait à peu près ressembler à ça dans les usages… sans oublier jouer du piano sur MusicStudio, mettre un certain nombre de pages en liens sur Scoop.it, programmer quatre à six enregistrement sur eye.tv, et regarder certains d’entre eux, rédiger et mettre en page un livre multimédia (en fait quatre) sur iBook Author, agencer ses notes dans Scrivener, s’attaquer à une présentation sous Keynote et chercher à aller plus loin sur Prezi… publier la chanson d’Inti Illimani “Simon Bolivar” pour essayer de mettre du baume au cœur à un ami bolivarien inconsolable, retranscrire quelques moments mémorables de “the gatekeepers” sur sa page facebook… le tout avant d’aller se coucher alors que tout le monde se précipite dans les transports publics… et au réveil aller se promener à la chambre d’amour pour contempler par 21° l’océan, la Rhune et le Jaizquibel… sans la moindre technologie… ni neige, mais avec son scooter, s’il veut bien démarrer.

Article: Anne Cuneo est Commandeur de l’Ordre National du Mérite

La meilleure reconnaissance, c’est celle de ses lecteurs, et notamment ici, de ceux d’entre eux qui avons le privilège de la lire parfois en avant première, et de la rencontrer dans la vraie vie.

Mais la reconnaissance des autorités, ça ne fait pas de mal, surtout quand c’est mérité, comme c’est le cas avec Anne. Félicitations et amitié.

Article: Documents, par Readdle
iker
, le 05.02.2013 à 13:59
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Article: Documents, par Readdle

Merci Sébastien pour ce papier. J’utilise déjà document depuis plusieurs semaines. En raison de son interface, il a remplacé dans mon cœur l’excellent GoodReader qui faisait de mieux en mieux son office, depuis avril 2010. Mais dont l’interface, à peine remodelée, était à millie lieues du look and feel du mac.

Je garde encore toutefois GoodReader, car sur l’iPad 1, Document est assez plantogène. Même quand je quitte toutes les autres applications. Gageons qu’avec l’iPad 4 ou le futur iPad, il disposera de la mémoire vive et de stockage (enfin 128 gigas) et la vitesse de processeur pour gérer des documents plus nombreux, plus lourds et plus complexes.

Article: Ras-le-bol, des gens dynamiques et performants

Tu sais trouver les mots avec subtilité et respect pour le ressenti des autres TTE : ce que tu appelles puéril, c’est peut être la réconciliation avec son enfant intérieur précisément. Laissons le temps au temps.

On est pas obligé d’être fâché avec lui au point de détruire ses idéaux les plus simples tout au long de sa vie.

Il y a toujours un Gemini Cricket perché sur son épaule. Mais c’est vrai qu’avec tout ce bruit ambiant, il a du mal à se faire entendre.

Le monde associatif, où l’ideal est placé haut, plus haut que dans le monde marchand, est un lieu qui se confronte en permanence à des contradictions, et de voir cet idéal pietiné, ne serait-ce que par des contingences budgétaires, révèle rapidement des sources de tensions. C’est de ce fait un des lieu les plus conflictuels qui soit.

Article: Ras-le-bol, des gens dynamiques et performants

Se défoncer au boulot pour être performant dans tout ce qu’on fait, dans tout ce qu’on dit, en faisant abstraction des autres atteint un jour sa limite quand la contradiction entre soi et soi, l’adulte, le parent et l’enfant intérieur dont parle Ysengrain si bien, devient tellement intenable qu’on frise l’overdose.

Cette ligne permet-elle d’échapper au burn out dans les jobs exposés aux stress jusqu’à la fin de sa carrière ? Fait-elle des victimes collatérales ? Chaque fois qu’on piétine les autres pour se hisser plus haut n’est ce pas au fond une partie de soi même qu’on abîme ?

Article: J’ai parlé à Microsoft…
iker
, le 09.11.2012 à 05:14
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Article: J’ai parlé à Microsoft…

“Merci Monsieur d’avoir appelé Microsoft”, en début et en fin de conversation, plus les autres formulations d’usages, ont plusieurs fonctions, désamorcer les situations conflictuelles., par exemple.

Le tout muliplié par quinze interlocuteurs, une fois à l’entrée en relation, une fois à la sortie, ça se chiffre en minutes de conversations.

Ca aide aussi a rendre le client plus patient entre deux interlocuteurs, plus aptes à attendre quelques secondes voire dizaines de secondes voire davantage. Entre temps ton interlocuteur explique la situation à son collègue ou c’est toi qui t’y recolle aussitôt.

Bref, tout cela c’est du temps.

Du temps qui se chiffre en décompte de ton forfait, ou pas, ou tu appelles un numéro surtaxé, ou pas, mais au bout du compte, ce temps est facturé à quelqu’un. En général c’est au client.

Ceci dit, quitte à payer, autant vaut-il avoir été bien accueilli et traité avec amabilité.

Je me trompe, ou bien ? ;-)

Article: Les indispensables… à la cuisine N°3 : Spicy Box

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Le bonheur est dans L'assiette (Hd) u2022 Au Pays Basque avec Arnaud Daguin
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Comment ça je ne vous ai pas mis le lien pour voir ce reportage sur le site d’Arte ?

Au Pays-Basque avec Arnaud Daguin

Et pour les retardataires qui ne l’ont pas encore enregistré, ils ont deux occasions de le voir ou revoir :

le lundi 22 octobre 2012 à 16:55

le samedi 27 octobre 2012 à 07:15

Le bonheur est dans l’assiette (France, 2012, 43mn) Réalisateur: Philippe Allante

Une petite programmation d’EyeTV et c’est dans la boite…

Article: Les indispensables… à la cuisine N°3 : Spicy Box

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Gabriel Durruty u2022 Le bonheur est dans L'assiette (Hd) u2022 Au Pays Basque avec Arnaud Daguin
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C’est là qu’on rencontre Gabriel Durruty… longtemps enseignant au lycée agricole d’Hasparren a décidé avec quelques amis communs, dont le camarade Mixel Bergouignan, ancien directeur de la cave coopérative d’Irulégi, ont décidé de développer des vergers de pommes basques traditionnelles, non traitées, pour en extraire du jus de pomme ou du cidre, qu’en basque on appelle le “vin de pomme” (sagarnoa) en complément du vin de raisin (garagarnoa).

Avant que tout se petit monde se retrouve autour d’un verre d’Irulegi justement et improvise à seize mains, un repas où chacun met la main à la pâte, comme le faisaient toutes les familles dans les Etxe (les maisons), au sein duquel se trouve un Txoko (tchoko, un “coin”, où toute la famille élargie se réunissait pour cuisiner ensemble les produits de saison).

C’est dans les Txokoak (pluriel de Txoko) que de l’autre côté de la frontière, dans ce que nous appelons Hegoalde, le côté sud, que dans un autre contexte historique relativement contemporain, sous le franquisme, pendant quarante ans, à l’ombre de la dictature, des sociétés gastronomiques se sont créées, et ont adopté le nom de Txoko. Ce sont dans ces txoko qu’est née la gastronomie basque, qui donne lieu à San Sebastian à des concours de tapas, chaque semaine, où six cent bars de la ville rivalisent d’imagination pour inventer de nouvelles associations et de nouvelles saveurs, dans cette ville qui figure parmi les plus étoilées au monde par le guide Michelin.

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Crocus pour le Safran u2022 Le bonheur est dans L'assiette (Hd) u2022 Au Pays Basque avec Arnaud Daguin
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Oh, tiens, un crocus, qu’est ce que je pourrais faire avec ce safran qui pousse en haut de ma montagne, ou au pied de ma maison ? ;-) Dis moi Zit, quand est-ce que tu viens apprendre à faire le safran avec nous… et François, quand est-ce qu’on décentralise le CUK day en Pays Basque ?

Si après ça je ne vous ai pas donné envie… c’est à désespérer…

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Donibane u2022 Le bonheur est dans L'assiette (Hd) u2022 Au Pays Basque avec Arnaud Daguin
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Bon ben, après cette petite mise en bouche… j’irais bien faire une petite promenade au bord le la mer moi…  et vous, une petite ballade digestive ? ça vous dit ?

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Article: Les indispensables… à la cuisine N°3 : Spicy Box

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Gabriel Durruty et Lucien Betbeder, maire de Mendionde u2022 Le bonheur est dans L'assiette (Hd) u2022 Au Pays Basque avec Arnaud Daguin
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Le documentaire évoque aussi le village de Mendionde, où la municipalité, un peu alternative, a décidé de développer autour de l’ancien chateau de Garroa, un projet pilote de ferme bio collective, pour alimenter à la fois des paniers d’Amap, de particuliers qui viennent y chercher leurs produits bios, mais aussi pour alimenter les cantines des écoles, notamment des ikastolaks, ces écoles en langue basque, ou encore des systèmes de restauration collective cliniques ou hopitaux par exemple.

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Le bonheur est dans L'assiette (Hd) u2022 Au Pays Basque avec Arnaud Daguin
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Article: Les indispensables… à la cuisine N°3 : Spicy Box

Ramuntxo Laco, qui du côté de Hélète, fut il y a une vingtaine d’années l’un des pionniers du légume bio… au Pays basque,

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Le bonheur est dans L'assiette (Hd) u2022 Au Pays Basque avec Arnaud Daguin
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Des légumes dont Arnaud Daguin va concentrer toutes les saveurs dans des cuissons rapides à très hautes températures dans un four à bois qui lui sert également pour faire le pain…

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Article: Les indispensables… à la cuisine N°3 : Spicy Box

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Anita Duhau u2022 Le bonheur est dans L'assiette (Hd) u2022 Au Pays Basque avec Arnaud Daguin
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Alors qu’un peu plus loin Anita Duhau élève des chèvres en altitude, qui se délectent de la fougère locale, et donne un parfum merveilleux à ses fromages, dont son fils Josep tire la quintescence par des tapas surlignés par un trait d’huile d’olive.

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Josep Duhau u2022 Le bonheur est dans L'assiette (Hd) u2022 Au Pays Basque avec Arnaud Daguin
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Article: Les indispensables… à la cuisine N°3 : Spicy Box

Voici un extrait d’un reportage que lui avait consacré l’Express, il y a deux ans…

Voilà bientôt trois décennies que Jean-Michel Berho, 52 ans, est entré en résistance. Contre l’agriculture industrielle et la dictature productiviste. Contre les marchés de gros et l’asservissement des petits fermiers. BTS de techniques agricoles et gestion d’entreprise en poche, cet aîné de cinq enfants a repris, en 1982, la ferme familiale Eyhartzea (“l’endroit du moulin”) à Domezain-Berraute, près de Saint-Palais, au Pays basque. 15 hectares de terres fragiles et peu fertiles, aux confins de la Basse-Navarre et de la Soule, mal adaptées aux exigences de la production de masse.

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Le bonheur est dans L'assiette (Hd) u2022 Au Pays Basque avec Arnaud Daguin
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“Comme tous les Basques, je suis allergique à la vassalité, explique le maître des lieux. Je voulais avoir prise sur mes produits et les vendre moi-même. Or mon exploitation, avec ses bas-fonds humides qui courent le long d’un ruisseau, se prête bien à l’élevage des canards.” A la ferme Eyhartzea, canards et oies faisaient partie de la basse-cour depuis belle lurette. Les premiers avaient les honneurs de la table dominicale, tandis que les secondes alimentaient les réserves familiales en confits. Quant aux précieux foies des palmipèdes engraissés, ils étaient vendus au marché, à l’exception de ceux qui régalaient les convives des communions et des mariages.

Comme tous les éleveurs saint-palaisiens, Jean-Michel Berho a d’abord pratiqué l’élevage intensif de “souches” classiques. Dix ans plus tard, à force de promiscuité, les maladies ont gagné ses volatiles et l’ont obligé à recourir intensivement aux vaccins et aux médicaments. Pas pour longtemps. “A ce moment-là, j’ai décidé de revenir à un mode de production plus en phase avec la nature”, souligne l’éleveur. Fini, le parcage des canards. Oubliés, les antibiotiques.

Self-service naturel pour palmipèdes Désormais, les palmipèdes se dandinent librement sous les pommiers, dans les cultures de maïs, le long du ruisseau et des bandes herbeuses qui enserrent les cultures. Ici, sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, le désherbage est mécanique et les poteaux de clôture, en plastique recyclé. Dans ce havre naturel, les canards dénichent leurs plats préférés: herbe et feuilles de maïs, bien sûr, mais aussi petits poissons, limaces, sauterelles et vers de terre. De quoi diviser par deux, l’été, les quantités d’alimentation (faite maison) déversées dans les nourrisseurs, sortes de self-service pour palmipèdes posés dans les champs.

Encore faut-il disposer de volailles mieux adaptées à la vie au grand air que leurs cousines d’élevage, affaiblies par les excès de la sélection. Jean-Michel Berho avait bien entendu parler d’une ancienne souche locale, le canard mulard Criaxera, très répandue dans les fermes saint-palaisiennes des années 1960. Un palmipède dont on lui avait vanté la robustesse, mais aussi la finesse de la peau et la saveur de la chair. Seulement voilà: plus fertile que la canne criaxera, sa concurrente de Pékin l’avait peu à peu remplacée dans les croisements avec le mâle de Barbarie. Heureusement, dans les Landes et au Pays basque, une poignée de rescapés avaient survécu à la quasi-extinction de la souche. Grâce à eux, une trentaine d’exploitations du Sud-Ouest ont renoué avec l’élevage de ces canards noirs aux reflets irisés vert et rouge.

On engraisse, on éviscère, on découpe. Autre qualité du volatile: c’est une bonne pâte, docile et calme, qui se laisse aisément gaver. Et chez les Berho, on ne se contente pas d’élever 3 600 canards chaque année. De septembre à juin, on engraisse, on éviscère, on découpe et on cuisine dans la conserverie qui jouxte la maison familiale, à côté de l’église et du fronton. Christiane, l’épouse de Jean-Michel, et sa soeur Sylvie Fourcade règnent sur ce domaine-là. Leurs foies gras, magrets, manchons, cuisses et ailerons sont ensuite vendus à la ferme, par correspondance ou dans les halles de Saint-Jean-de-Luz, où une dizaine de producteurs locaux font point de vente commun. “Nos clients nous offrent une ouverture formidable sur le monde, très appréciable dans un milieu paysan fermé”, glisse Jean-Michel Berho.

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Au fond, la vraie passion de l’éleveur gaveur de Domezain-Berraute est ailleurs. “Ce que j’aime, confie-t-il, c’est mettre au point des systèmes nouveaux, machines ou même logiciels.” Comme son séchoir à maïs solaire, ses applications informatiques de comptabilité agricole et de gestion des ventes, ou la bineuse qu’il a modifiée pour la fixer derrière les roues motrices de son tracteur. Et, surtout, fierté de ce Géo Trouvetou basque: le parc de gavage mécanisé breveté sous le nom de PalmiZen. Conformément à la recommandation européenne en matière de bien-être animal, cet équipement bannit les cages individuelles pour permettre aux canards de battre des ailes, lisser leurs plumes et s’abreuver. Elcabe, la société créée par Jean-Michel Berho, a déjà une dizaine d’installations à son actif, dont une salle pour 1 000 palmipèdes au lycée agricole de Périgueux- la référence dans la filière canard. Et dire que ses voisins le prenaient naguère pour un illuminé…

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Jean-Michel Berho, vous fera découvrir comment il a abandonné le système productiviste pour produire des canards qui eux aussi vivent en toute liberté dans les champs de mais, où ils font par ailleurs la chasse aux limaces, et aux mauvaises herbes… “Portrait de Jean-Michel Berho dans l’Express

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Jean-Michel Berho et ses canards u2022 Le bonheur est dans L'assiette (Hd) u2022 Au Pays Basque avec Arnaud Daguin
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Article: Les indispensables… à la cuisine N°3 : Spicy Box

Et dont on retrouve le goût sublimé avec de la ventrèche sur un lit de piments verts doux, avec un œuf ou du jambon, le traditionnel déjeuner des paysans qui se lèvent tôt pour aller faire la traite de leurs brebis, de leurs vaches ou de leurs chèvres…

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Le bonheur est dans L'assiette (Hd) u2022 Au Pays Basque avec Arnaud Daguin
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ou encore chez Jean-Michel Berho, qui accompagne son œuf d’un verre de cidre basque, et de boudin relevé au piment d’Espelettte.

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Christian Aguerre dans le s袨oir �ambon Kintoa u2022 Le bonheur est dans L'assiette (Hd) u2022 Au Pays Basque avec Arnaud Daguin
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On y découvre par exemple “la joue de kintoa”, dont la rareté et le parfum subtil est considéré comme un aromate par Daguin, au même titre qu’en Italie, le lard de Colonnata (mis à maturer dans des épices pendant plusieurs mois, dans des coffres en marbre de Carrare).

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Lard de joue de porc Kintoa u2022 Le bonheur est dans L'assiette (Hd) u2022 Au Pays Basque avec Arnaud Daguin
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Le bonheur est dans L'assiette (Hd) u2022 Au Pays Basque avec Arnaud Daguin
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Vous y découvrirez le camarade Christian Aguerre qui avec ses amis du quartier de Basaburu à la limite d’Itxassou et d’Espelette, ont développé un système de paniers avec des fruits et des légumes, mais aussi de la viande de boeuf, d’agneau, des confitures, des plats cuisinés et le sublime jambon basque, le Kintoa, qui n’a plus rien à voir avec les jambons de l’appelation de Bayonne.

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Christian Aguerre et les cochons Kintoa u2022 Le bonheur est dans L'assiette (Hd) u2022 Au Pays Basque avec Arnaud Daguin
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Le Kintoa est un cochon à pie noir (son cousin le cul noir de Bigorre est tout aussi exceptionnel), sont des descendants des cochons sauvages ibériques, qu’on retrouve de Salamanque à Jabugo. Le Kintoa se nourrit à base de glands de chênes récoltés dans la forêt au cours de longues marches en montagne.

C’est un cochon sportif et athlétique, dont la nourriture est alors complétée par du maïs et de l’orge, mais vivant en liberté une bonne partie de la journée, la plupart des jours à l’exception des périodes de très mauvais temps.

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Article: Les indispensables… à la cuisine N°3 : Spicy Box

La plupart des paysans qui sont associés à l’émissions sont des copains, et pour certains des amis, engagés dans une agriculture paysanne en rupture avec le modèle productiviste dominant de l’agriculture intensive à la française. Ce n’est pas un hasard, si à l’instar de nombreux cantons suisses, ou länders allemands ou autrichien, comme le Bade Wurtemberg ou le Voralberg, le Pays Basque est un lieu où se développe une agriculture biologique alternative.

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Le bonheur est dans L'assiette (Hd) u2022 Au Pays Basque avec Arnaud Daguin
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Article: Les indispensables… à la cuisine N°3 : Spicy Box

Et l’acteur principal est Arnaud Daguin, qui s’est installé dans cette maison… 

Le bonheur est dans L'assiette (Hd) u2022 Au Pays Basque avec Arnaud Daguin
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Arnaud Daguin est le rejeton d’André Daguin, gersois célèbre pour avoir mis le magret de canard sur toutes les tables de France, de Navarre et d’Europe, pour un produit jusqu’alors resté confidentiel, même dans sa Gascogne natale.

Son fils Arnaud c’est installé au Pays Basque, dont il est tombé amoureux, et y consacre les produits des paysans locaux.

Comme l’agneau, le canard, la chèvre, le poisson, le sublime cochon Kintoa, et quelques autres, associés aux meilleurs fruits et légumes bios de cette région où l’agriculture productiviste perd chaque jour un peu plus de terrain, au profit d’une agriculture paysanne, respectant les sols, le rythme des saisons.

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Article: Les indispensables… à la cuisine N°3 : Spicy Box

Depuis le début de la semaine, dans une série intitulée “le bonheur est dans l’assiette”, Arte a consacré cinq documentaires à des cuisiniers de cinq continents pour illustrer comment ces cuisiniers font un travail engagé en harmonie avec le sol et leur environnement, et les saisons pour proposer une cuisine inventive et généreuse.

Pour l’Océanie, ils ont choisi la Tasmanie, cette île située au sud de l’Australie.

En quelques années, le jeune chef Luke Burgess a réussi à créer, pour son restaurant Garagistes à Hobart, un réseau de producteurs qui lui fournissent des ingrédients exceptionnels, des huîtres à coquille lisse de Bruny Island au boeuf wagyu élevé en bio dans le nord-ouest de l’île, en passant par d’étonnants vins nature produits sur une croupe sablonneuse en bord de mer et le boeuf wagyu élevé en bio dans le nord-ouest de l’île. Sans oublier d’authentiques truffes noires. Une cuisine symphonique et inspirée qui est comme la traduction en saveurs de l’île tout entière.

Pour l’Afrique, ils se sont installés au Bénin, au côté du père Godfrey Nzamujo, À Porto-Novo, près de la capitale du Bénin, il a créé le Centre Songhaï, qui remplit plusieurs fonctions : système d’agriculture biologique fondé sur le recyclage et la préservation de la biodiversité, lieu d’hébergement et de restauration où sont servis les produits cultivés sur place, centre de transformation alimentaire avec point de vente. Mais Songhaï, c’est surtout un label de qualité, le premier issu d’Afrique. Le charismatique père Nzamujo nous présente son travail ainsi que divers aspects de l’agriculture et de la cuisine béninoises. “Bénin”:http://videos.arte.tv/fr/videos/le-bonheur-est-dans-l-assiette—6987634.html

Ce soir le reportage portera sur la Chine, à Hangzhou, dans la province du Zhejiang, Dai Jianjun met tout son coeur à préserver les anciennes doctrines alimentaires qui constituent la diététique chinoise, un art qui se perd et qu’il cherche à sauvegarder.

Tour à tour à Hangzhou et à Suichang, nous suivons Dai et ses amis dans leurs recherches gastronomiques et leurs visites aux producteurs.

Demain, le reportage se déroulera en Californie.

David Kinch chef du restaurant Manresa à Los Gatos (Californie centrale), est un pionnier de la haute cuisine respectueuse de la terre. Il a fait ses classes en France, en Espagne, en Allemagne et au Japon. À quelques pas de son restaurant, d’un côté les puces électroniques de la Silicon Valley et de l’autre côté les girolles qu’on ramasse le long des sentiers de forêt dans les collines de Santa Cruz ; le vin produit en biodynamie au coeur des forêts de chênes, les ormeaux élevés sous les pontons de Monterey dans les eaux marines les plus pures du monde, et les fabuleux agrumes du jardin-conservatoire de Gene Lester.

Cette abondance californienne est superbement mise en valeur par la passion de David Kinch que nous suivons en cuisine, mais aussi en cueillette et dans le potager de Love Apple Farms, qui fonctionne exclusivement par contrat avec le restaurant.

Mais lundi soir, il y avait une émission d’autant plus importante à mon cœur qu’elle traite d’un pays dans lequel je vis, et qui met en exergue des paysans que je connais, que je côtoie au quotidien.

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Le bonheur est dans L'assiette (Hd) u2022 Au Pays Basque avec Arnaud Daguin
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Article: Les indispensables… à la cuisine N°3 : Spicy Box

De la même manière, depuis deux ou trois jours, dans les mêmes villages favorables au piment, tout aussi exposés aux vents du sud, à la lumières, depuis quelques années, sortent spontanément de terre dans nos jardins, dans les prairies de certaines de nos montagnes, en particulier sur les versants exposés au soleil levant… en particulier lorsque les étés sont secs et raisonnablement chaud, comme c’est de plus en plus le cas avec le changement climatique, notamment cette année.

Ainsi, nous pouvons récolter notre propre safran au moins pour nos besoins personnels et le partager avec nos voisins, mais la contrainte est que la fleur doit être cueillie le jour même de son éclosion, qu’elle ne contient que trois stigmates, et qu’il faut extraire à la main avec une pince à épiler, et sécher soigneusement. Il y a là, comme avec le piment, le vin, le chocolat ou la vanille, tout un savoir faire à acquérir, mais ça peut valoir le coup, le coût surtout, lorsqu’on sait le prix que coûte la plus chère de toutes les épices.

Car il faut entre 50 000 et 70 000 fleurs, dont la pousse se concentre sur une quinzainee de jours entre la mi-octobre et début novembre, pour produire à peine 500 grammes de safran, correctement séché aussitôt récolté, pendant une douzaine d’heures dans un four à charbon de bois atteignant les 30-35°. pour lui donner une saveur épicée, ou une température légèrement plus élevée mais sur un temps plus court, pour lui donner une saveur plus safranée. Il y a derrière tout un savoir-faire qui comme la cuisine nécessite du temps, et donc un coût, mais que chacun d’entre nous peut apprendre.

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Mais quand on sait qu’il faut ± 150 à 200 fleurs, soit 450 à 600 stigmates pour obtenir après séchage (80 % de perte de poids) un seul gramme de Safran sec, qui pourra servir à parfumer 50 à 200 portions.

Mais que si on achète ce gramme de Safran au détail, son prix peut aller jusqu’à atteindre 30 à 40 euros, ça peut valoir le coût de le cultiver soi-même ou de procéder à des échanges avec des voisins… toujours si les conditions climatiques et le savoir-faire sont réunis.

Safran de france

Article: Les indispensables… à la cuisine N°3 : Spicy Box

Pour ce qui concerne le Safran, ou encore le Piment d’Espelette, tout est une question de terroir.

Zit, tu peux utiliser le cultivar du Gorria (c’est à dire le type de piment qui sert à faire du Piment d’Espelette) partout, sous serre, ou à l’extérieur… mais il ne réunira probablement aucune des conditions qui lui permettra de devenir un piment d’Espelette.

Le problème se pose aussi avec d’autres épices, aromates, ou parfums les plus sublimes de notre gastronomie. La vanille par exemple, celle de la Réunion ou de Madagascar n’a rien à voir avec celle de Tahiti.

De la même manière qu’il ne suffit pas de se procurer une orchidée Vanilla tahitensis pour produire la plus odorante et la plus envoutante des vanilles. Ton balcon ne réunira ni les conditions climatiques, le sol, la lumière, l’exposition aux vents du large, l’humidité, le soleil, pour la faire pousser puis pour la faire sécher.

Et tu auras beau planter les meilleures graines de caféier ou de cacaoyer du monde dans ton jardin, elles ne donneront jamais les mêmes fèves, les mêmes cabosse que dans le terroir où elles sont le mieux acclimaté.

Le Piment d’Espelette a été ramené par des marins basques, du Mexique semble-t-il, et ils l’ont acclimaté à partir de 1650, au fil des générations dans le jardin de leurs fermes natales, et ils l’ont amélioré au fil du temps pour ses qualités uniques.

Ce n’est que plusieurs siècles plus tard que des gastronomes ont redécouvert cette pépite au cœur de quelques fermes basques isolées , et la production a commencé à monter en puissance. Il a fallu encore attendre les vingt dernières années pour obtenir à force de sélection, et de limitation d’un périmètre très très strict, un appellation d’origine controlée, depuis douze ans à peine, et protégée depuis quatre ans… sur le territoire d’une dizaine de villages.

J’avais publié cette vidéo sur ma page dailymotion il y a quelques mois…  Silence, ça pousse ! Le piment d’Espelette

Et encore, le village d’Espelette lui même a des parties qui ne sont pas reconnues dans l’AOC-AOP parce qu’il faut réunir des conditions d’expositions, d’altitude, très particulières pour que le Gorria devienne un véritable piment d’Espelette.

Ces dix villages ont en commun d’avoir une superbe exposition au soleil, une pluviométrie idéale et abondante, une alternance des vents de l’ouest venant de l’océan tout proche, et d’effets de foehn, venant du sud, tout comme les vents secs en provenance du sahara, remontant la péninsule ibérique, depuis l’Andalousie jusqu’aux contreforts Navarrais des Pyrénées, avant de redescendre dans nos vallées.

Ce sont les mêmes phénomènes qui, à partir de ces jours ci, font fleurir les crocus, qui poussent spontanément dans nos jardins, pour les mêmes raisons…

Ce sont encore les mêmes phénomènes qui permettent à nos jambons de sécher en altitude, notamment le Kintoa à base de porc basque, d’origine semi-sauvage, un “cul noir” cousin du fameux porc ibérique, de fournir des jambons exceptionnels sans commune mesure avec les jambons industriels dits de Bayonne.

Ce territoire est donc un terroir qui comme le vin, le chocolat, le café, la vanille, et mille et un aromates de la nature va prendre là et nulle part ailleurs toute sa plénitude.

Il se trouve que pendant quelques mois de l’année, entre la fin du printemps, et le milieu de l’automne, avec un été indien qui se prolonge parfois jusqu’à la mi nomvembre… ces dix communes présentent climatiquement des caractères proches des zones tropicales où le piment s’était développé en Amérique latine, notamment au Mexique. Et les communes d’à côté, comme le village où je vis, ne présente plus tout à fait les mêmes caractéristiques.

Tu retrouveras le même phénomène avec les différents fromages d’Alpage… où pour avoir tel arome, tel bouquet, il faut que les vaches, en Suisse par exemple, ou les brebis et les chèvres, par chez nous, puissent brouter à l’état naturel, telle plante, telle fleur, telle herbe, ou telle fougère qui va donner à ce fromage un caractère exceptionnel.

Et c’est autour de ces produits exceptionnels que vont se construire et se décliner au fil du temps toute une cuisine qui sera sublimée par ses produits.

À Espelette par exemple, mon ami André Darraïdou, qui fut longtemps le maire du village, et très engagé dans des causes communes pour le développement économique local, réalise un des tous meilleurs Axoa (hachoa, basquisation du mot hachis) de veau au piment d’Espelette, dans le restaurant de l’hôtel Euzkadi, au centre du village… 

Article: Les indispensables… à la cuisine N°3 : Spicy Box

Merci pour la visite Zit, et je partage l’essentiel de ce qui a été dit… 

Le piment d’Espelette, très doux… je m’insurge… ;-)

Et c’est vrai qu’en matière d’insurrection, nous en connaissons un rayon, dans ce coin du Labourd.

bon ok, je t’ai vu en avaler un cru, tout frais récolté de quatre jours, il y a cinq ans à cuk day, mais c’est parce que tu es un habitué des piments forts ;-)

Le proverbe chez nous dit que c’est “le plus doux des piments forts, et le plus fort des piments doux”, et c’est exactement ça puisqu’il est à 4,5 sur l’échelle simplifié de Scoville, qui en compte 10, qui va de neutre,le poivron, en passant par doux, chaleureux, relevé, chaud, fort, ardent, brûlant, torride, volcanique et explosif, pour le Habanero.

Il est donc considéré comme chaud… quoique selon le moment, comme le Basque qui s’éveille en lui, puisse être à la fois, selon les circonstances fort et doux, chaleureux et torride,… et dans certaines occasions historiques désormais révolues, explosif, mais jamais volcanique.

Article: Bravo Noé! Et bon anniversaire aussi!

Bravo Noé, félicitations

Et non, je ne crois pas qu’atteindre la note maximum soit ni le fruit du hasard, ni celui de la chance, mais d’abord celui du travail et de capacités particulières.

Bon, déjà, avec la réalisation du site vers quatorze ans, il y avait un sérieux indice de toutes les potentialités de Noé… 

Mais la famille Cunéo est aussi la parfaite illustration d’une forme de curiosité, disponibilité à l’innovation, notamment pédagogique et méthodologique : et les résultats sont là… C’est aussi la rencontre d’un tempérament et d’aptitudes qui ne demandaient qu’à s’épanouir, conjugué au produit de l’accumulation du capital culturel, et le soutien d’un environnement favorable dans un pays qui ne l’est pas moins.

Brillant parcours, félicitations Noé et bon anniversaire.

Et comme on dit ici en Pays Basque, “Segi azkar eta luzaz” ce qui pourrait se traduire par “tiens bon et pour longtemps”

Article: Ca y est ! J’ai enfin un Mac Moche, Bruyant et Instable !

Ce n’est pas l’envie de commenter qui me manque en général, mais le temps… 

Alors première chose, merci Guillôme de nous faire explorer le côté sombre n’en déplaise aux gardes chiourmes, qui ont atteint le point godwin un nombre si invraisemblable de fois qu’il ont conquis haut la main le titre de troll de l’année, sur Cuk.

À moins que ces sautes d’humeurs, ces propos outranciers, et ces nausées n’aient une autre cause qui n’ai rien à voir avec la technologie ;-)

Et pour la culture de djemuys :

• un conseil thérapeuthique : réaliser, ou faire réaliser dans une pharmacie spécialisée en aromathérapie, un mélange composé de :

– Huile essentielle de citron : dix gouttes

– Huile essentielle de menthe poivrée : dix gouttes

– Huile essentielle de gingembre : dix gouttes

– Huile essentielle d’estragon : dix gouttes

Bien secouer le flacon, et en verser deux gouttes, sur un sucre brun, ou directement sous la langue et laisser fondre en bouche autant de fois que souhaité jusqu’à obtenir une nette amélioration (sauf si djemuys est une femme enceinte, alors là, le remède sera d’une toute autre nature).

• Une fois que les premiers symptomes de la nausée se seront calmés… Je préconise la lecture, en anglais, trois fois hélas, de la page wikipedia consacrée aux Blue Box, le système de piratage d’ATT, dont la plus fameuse version fut inventé, utilisé et même, de mémoire, vendu par de joyeux drilles iconoclastes du nom de Steven Wozniak et Steve Jobs…  et que l’on trouvera ici : Blue Box

Article: L’anti mouches presqu’absolu.

Dans les années 60-70, les maisons à la campagne avaient des rideaux de porte en bande de plastique verticales colorées, assez flashy. Elles avaient les mêmes fonctions mais c’était moche, mais pas cher. Si on l’a pas vu dans des maisons, n’importe quel film de cette époque là, vous ramènera ce souvenir à la mémoire.

Mais il y a quelques années, un reportage de l’émission “question maison” avait présenté des rideaux de portes traditionnels, il me semble en Provence ou Languedoc, des rideaux de perles de bois plus ou moins sculptées, bien plus jolis, tout aussi efficace contre les mouches qui ont apparemment un problème avec ces formes multiples à franchir.

Pour équiper portée et fenêtres, tu devrais trouver ton bonheur ici, ça filtre la lumière, lui donne une jolie couleur, et le matériaux pour le coup est plus léger, et sans doute plus écologique.

rideaux de portes et fenêtres en bois:

Tu devrais y trouver ton bonheur. Et ça a un côté “voir sans être vu” qui fait un peu penser au moucharabieh ;-)

Ca existe ici par exemple dans toutes sortes de matériaux, de formes, de couleur, de texture.

Il peut y avoir des effets de matières et de motifs

On en trouve même en raffia, ou feuilles de maïs tressé, comme ici

Article: Survol d’iBooks Author
iker
, le 04.02.2012 à 11:17
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Article: Survol d’iBooks Author

Et si je pouvais partager une réflexion avec nos “amis” d’Adobe et de Quark, ce serait-celle ci.

Vous êtes aujourd’hui dans une situation de monopole bien plus importante que ne l’étaient en 1984, Linotype, Monotype, Berthold, Scangraphic et quelques autres… que vous dénonciez pour leur modèle d’un ancien temps.

27 ans plus tard, c’est manifestement à votre tour. Vous n’avez pas vu venir l’iPad et ses nouvelles opportunités. Vous avez mis un an à sortir des usine à gaz pour produire des livres multimédias, en rajoutant à vos logiciels hors de prix, des contraintes techniques et financières délirantes pour publier des ouvrages même gratuits en cherchant à profiter d’une rente de situation qui a eu pour effet de verrouiller le marché du livre multimédia, au cours des deux dernières années. Poussant de nombreux auteurs et éditeurs à ronger leur frein.

Mac Editeur, incontestable pionnier du secteur, est mort en quelques mois. Pagemaker, de chez Aldus était avec Apple et Adobe, le triple A des inventeurs du Desktop Publishing. Adobe a été cofondé par Apple, et a absorbé Aldus, tuant dans l’œuf Pagemaker. Pendant ce temps, un nouvel acteur issu des rangs de la photocomposition, Quark, s’est émancipé pour lancer le premier produit multipage véritablement productif, quoique non exempt de petits défauts agaçants, exactement comme aujourd’hui avec iBooks Author.

Si en 1987, du jour au lendemain en tant que “early adopter” et “evangelist”, je me suis emparé de cet outil que vous nous avez présenté, au point de commencer à former à son usage, dès les premières semaines pendant une quinzaine d’années, 4 000 journalistes et éditeurs sur trois continents, mais surtout dans une quarantaine de pays européen, qui a contribué à établir une forme de leadership de Xpress en France et de loin, dans le marché de la presse et de l’édition.

Vous avez la possibilité d’imaginer ce qui pourrait se passer lorsque des dizaines de nouveaux utilisateurs, les “nouveaux évangélistes”, exaspérés par la lourdeur de vos procédures de publication, le coût de vos outils, et la forme d’octroi que vous avez établi avant de pouvoir publier le moindre ouvrage… il vous suffit de regarder en arrière ce que votre intrusion sur le marché il y a un quart de siècle, à peine, a provoqué chez les dinosaures de l’ancien régime, de leurs routines et de leurs situation de monopole. Aujourd’hui, il n’en reste rien. La plupart de ces sociétés sont essentiellement réduites à des diffuseurs de catalogues de polices, construites au fils des siècles.

Si j’osais une métaphore, vous me faites penser au frelon asiatique, l’une des causes multiples de la dévastation de l’apiculture. Vous vous êtes placés à l’entrée de la ruche, éliminant à la fois les abeilles qui tentent de sortir et celles qui reviennent les pâtes chargées de pollen et de nectar. En agissant ainsi, vous êtes en train de détruire la ruche, et pas simplement de réduite à néant l’activité de l’apiculteur, mais aussi tout l’écosystème de pollinisation et de dissimination qui était la fonction naturelle des essaims d’abeilles avant même de voir leur activité servir aux plaisirs gustatifs des humains.

Nous sommes à l’aube d’une révolution dans les usages de la lecture. Vous avez la possibilité d’être des acteurs majeurs du changement en nous faisant tous bénéficier de votre expérience et de vos savoir-faire, ou bien vous vous dresser sur les freins, pour tenter de conserver encore quelques temps la rente de votre situation de monopole au risque de provoquer l’exaspération de vos utilisateurs au risque de subir à votre tour, en temps de crise économique et sociale, le même sort que vous avez fait subir aux tenants des anciennes méthodes et des anciens outils.

L’histoire est un éternel recommencement. Ou nous l’écrivons ensemble, ou nous passons à autre chose et, littéralement, nous tournons la page.

Article: Survol d’iBooks Author
iker
, le 04.02.2012 à 11:16
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Article: Survol d’iBooks Author

Comme à chaque fois qu’une nouvelle application sort, il y a de petits correctifs dans les semaines qui viennent.

Un des problèmes des Textbooks, c’est qu’ils avaient une fâcheuse tendance à planter dans certaines circonstances non identifiées, de s’ouvrir sur la page dite “fichier multimédia d’introduction” et de rester bloquer dessus, sur une page grise. C’était aléatoire.

J’ai cru d’abord que c’était du à l’insuffisance de mémoire du premier iPad… Apple a sorti hier soir un premier correctif de ce problème en mettant à jours iBooks (en version 2.01).

Depuis lors j’ai aussi beaucoup moins de plantage à la lecture des textbooks. Comme d’habitude il y a un petit temps d’ajustement avant d’éliminer les petits problèmes rencontrés à l’usage.

Mon premier prototype de livre a été validée hier par l’équipe à laquelle je l’ai présenté, et provoqué un certain enthousiasme devant les fonctionnalités prometteuses des TextBooks.

Toute technologie a besoin de ses pionniers, qui essuient les plâtres. Nous en sommes là, et je suis tout aussi heureux qu’il y a 27 ans lorsque sont sortis les premiers logiciels de micro-édition que l’on n’appelait pas encore la PAO : Mac Editeur suivi de Pagemaker, Writer + pour préparer les textes en amont, puis Photoshop, Freehand ou Illustrator, enfin Xpress dont j’ai été le premier acheteur sur le continent européen, à l’occasion d’une Apple Expo où il n’y avait qu’un seul exemplaire, et qui officiellement n’était pas en vente.

On ne peut pas dire qu’ils étaient d’une productivité à toute épreuve, certains mêmes étaient assez instable. À côté, iBooks Author est un modèle de stabilité ;-)

Seul Xpress était immédiatement productif au point que rongeant mon frein de ne pouvoir le tester à Paris, où j’étais en déplacement, j’ai passé ma semaine à lire et relire, en anglais, la documentation du produit, avant de pouvoir le tester. J’en connaissais les moindres des fonctionnalités avant de le mettre en œuvre.

L’essayer, c’était l’adopter. Du jour au lendemain, toute mes productions sont passées sur Xpress, je n’ai plus jamais ouvert Pagemaker, si ce n’est pour récupérer d’anciens documents. Ce dernier avait été subitement ringardisé, par l’ergonomie et la productivité du nouveau venu.

Mais si j’avais ouvert Xpress pour la première fois sans lire la documentation, j’aurais été “comme une poule devant un couteau”. Impossible de savoir quoi en faire, sans un minimum de pré-requis.

Aujourd’hui on néglige d’autant plus cette étape que les documentations papiers sont réduites à la portion congrue voire inexistantes.

Saluki ne disposait même pas de l’aide en ligne, ni des liens vers le site internet d’Apple où plein de réponses, déjà francisées, aux questions sur les fonctionnalités et les limites d’iBooks Author.

Toutefois, d’ores et déjà, j’entrevois toutes les possibilités de ce produit, et son évolutivité, son potentiel d’adaptation et les nouvelles fonctionnalité que l’on est en droit d’en espérer.

Et je ne peux dissimuler mon enthousiasme que j’ai envie de partager. Lancez-vous, expérimentez, quitte à râler et à faire remonter à Apple les insuffisances et les attentes… Mais dans le droit fil de la révolution de la PAO, une nouvelle révolution est en train de se produire. L’iPad a trouvé son outil de conception de documents à contenus enrichis.

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iker
, le 03.02.2012 à 01:46
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Merci pour le truc Pat3, concernant les modèle de Keynote… c’est vrai que travaillant avec depuis les toutes premières heures de la toute premières version, j’ai été échaudé des problèmes de thèmes d’une version à l’autre.

Mais je vais devoir me replonger dans les modèles incessamment je sens.

Pour ma part, le lien vers l’application Book Palette marche dans l’AppStore. Est-ce une raison géographique ? ou un lien provisoirement suspendu et rétabli depuis ?

Pour Saluki, ne te décourage pas, une fois que tu auras apprivoisé la bête tu en feras d’excellents usages.

François, Migui, Pat3, je sens que votre créativité va trouver tout son sens.

J’ai hâte de voir les fameux tutoriels de François réalisés dans des TextBooks… le pied ;-)

••••• Autre bug agaçant toutefois

J’ai passé une bonne partie de la nuit dernière et encore aujourd’hui à faire des variations sur le fichier du livre que j’ai à présenter demain.

Certaines mises à jour de l’Aperçu allaient jusqu’au bout et aboutissaient à un message d’erreur tout à fait à la fin… sans que je n’ai à ce jour une explication convaincante.

L’un d’entre vous aurait-il rencontré cette difficulté ?

Peut être est-ce familier à ceux qui développent des applications ?

••••• Présentations Keynote J’ai inclu dans le livre histoire de faire un essai, une présentations Keynote que j’avais faite il y a cinq ans, après un voyage sur les alternatives urbaines à travers l’Europe. C’est à cette occasion que j’étais venu à la Cuk day de Cugy de septembre 2007 et que j’ai rencontré nombre d’entre vous.

Malgré son âge vénérable (bien que j’en ai d’autres qui ont cinq ans de plus, que le temps pase vite) cette présentation keynote assez lourde s’est incluse sans difficulté.

Mais la plupart des effets et transitions ont été ramenés à des transitions plus simples. L’une des rares transition à avoir survécue est “le cube”.

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iker
, le 02.02.2012 à 20:49
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Mac génération a publié aujourd’hui l’information selon laquelle Jumsoft a été aujourd’hui le premier à dégainer avec des gabarits complémentaires.

Mac génération

On verra sans doute comme d’habitude d’autres sociétés (telles Keynote Pro ou Keynote User) sortir d’autres gabarits.

“Jumsoft”:http://www.jumsoft.com/book-palette/

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iker
, le 02.02.2012 à 20:24
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Article: Survol d’iBooks Author

3 h 51, c’est le premier jet… de 4 h à 7 h, ce sont les multiples corrections de fautes plus invraisemblables les unes que les autres ~ et il en reste encore ~ réorganiser les titres pour le rendre lisible, reconstruire les liens avec skitch qui ne marchaient pas en standard, écrire des compléments, être plus précis dans les formulations ;-)

J’avais prévu de me coucher plus tôt… comme toutes les nuits. Aujourd’hui, ce n’était pas une insomnie, mais la volonté de partager le maximum d’information avant qu’une idée définitive ne se forge sur ce produit. … ;-)

Ceci, dit, je suis en plein dedans, et envie de partager ça avec vous, car je crois au potentiel de cet outil qui pourrait être au livre multimédia, ce que Keynote peut être aux présentations, aux cours et aux conférences.

J’aimerai retrouver dans Keynote le principe des feuilles de style déja présentes dans Pages et iBooks Author.

Apple dans ses outils a le mérite de leur apporter régulièrement des améliorations vivement attendues par les utilisateurs, en ergonomie et fonctionnalité notamment.

Mais dans ces conditions les petits bugs qui durent dans le temps sont moins supportables. La question des guillemets et des apostrophes, n’est pourtant pas si difficile à faire. Puisque le site “cuk.ch” le fait automatiquement, on se demande encore pourquoi Pages et iBooks Author n’en seraient pas capables.

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iker
, le 02.02.2012 à 05:11
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Une dernière remarque, Saluki. Lorsque tu créées un lien vers un site à travers un mot, il arrive qu’on omette de remplacer le lien standard proposé par Apple et qui renvoie vers son site

par le lien personnalisé qui renvoie vers la page de ton choix.

Ça m’est arrivé si souvent avec Pages, j’imagine que c’est ce qui a pu se produire avec iBooks Author ?

Article: Survol d’iBooks Author
iker
, le 02.02.2012 à 03:51
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Article: Survol d’iBooks Author

J’ai pour ma part une expérience bien plus satisfaisante avec iBooks Author dont j’entrevois tout le potentiel, même si, il va nous falloir apprendre à jongler avec les défauts de jeunesse.

Le logiciel étant mis à disposition depuis douze jours, je le teste en permanence depuis lors, et je ne rencontre pas tout à fait les mêmes problèmes que toi Saluki.

Peut être cela tient-ils à nos configurations ?

Comme toi, j’avais la difficulté d’être resté sur Snow Léopard, or officiellement, iBooks Author (iBa) ne fonctionne que sur Lion.

••••• Installer iBooks Author sur Snow Leopard

Heureusement, le soir de la mise à disposition, Mac Génération a publié un mode d’emploi pour pouvoir l’installer quand même sans changer de système. Installer iBooks Author sous Snow Leopard

On ne lit jamais assez bien ce genre de procédure, j’ai du m’y remettre à deux fois ;-)

••••• Une interface familière avec iWorks

Le soir même je commençais l’expérimenter.

Comme Pages, et numbers, et surtout Keynote, me sont particulièrement familier, je n’ai pas été dépaysé par iBooks Author.

Je suis d’abord parti d’un ouvrage simple que j’avais publié il y a trois ans avec Pages.

••••• Importer du texte

Pas de fonction d’importation, comme dans n’importe quel logiciel de mise en page professionnelle, mais effectivement un copier coller depuis Pages vers iBooks Author. (ou Word, ou tout traitement de texte).

Les feuilles de styles de Pages sont importées aussi, avec leurs attributs, mais les textes qui en dépendaient ne sont plus liées à leur feuille de style d’origine. Il va falloir les réappliquer paragraphe par paragraphe. C’est un bug très gênant. Surtout pour des produits qui ont une telle proximité et ressemblance. C’est sans doute provisoire.

••••• La feuille de style

L’arborescence est donc bien là, on va pouvoir optimiser les formats de titres, surtitres, sous-titres, chapô, légendes, crédits, signatures, textes courants, textes avec ou sans alinéas, énumérations, sous-énumérations, citations, encadrés…

Je décide alors de personnaliser le modèle “Editorial” sur les “sciences de la terre”, un des six gabarits proposés par défaut par iBooks Author.

En réalité je n’en garde quasiment rien, ni les polices, ni les fonds, ni les couleurs… bref, je crée mon propre gabarit avec mes propres feuilles de styles et leurs raccourcis claviers associés pour gagner du temps dans leur application aux paragraphes concernés :

• 10 textes courants (F1)

• 20 énumération (F2)

• 30 sous énumération (F3)

• 40 citations (F4)

• 50 intertitre (F5)

• 60 Titre de section (F6)

• 70 Titre de chapitre (F7)

Les choix sont beaucoup plus limités qu’avec Xpress par exemple, où l’on peut avoir des dizaines de feuilles de styles avec leur raccourcis associés en combinant les touches option, majuscule, commande et contrôle.

Mais pour un ouvrage simple, c’est tout à fait commode.

••••• Concevoir son gabarit personnel

Et la première bonne surprise, c’est que les gabarits créés à la main sont bien plus fiables que ceux que j’ai pu faire dans Pages. Tant et si bien que dans certaines circonstances, iBooks Author pourrait remplacer Pages. À bon entendeur ;-)

••••• Depuis que Pages disposait de l’exportation au format ePub, puis ePub + vidéo

J’avais l’habitude de formater des cours, des articles, avec mes propres feuilles de style pour en faire des ibooks traditionnel j’avais même inclu des vidéos dedans, mais je ne maîtrisais ni le choix de la fonte, ni le choix du corps. Je ne maîtrisais pas la forme visuelle qu’aurait mon texte dans les mains du lecteur. J’avais été dépossédé d’une fonction éminente. Bref, j’étais frustré en terme de design.

Avec iBooks Author, nous retrouvons un petit peu une certaine maîtrise du design à condition de respecter au moins une règle de base à laquelle Saluki s’est heurtée sans savoir qu’elle existait.

••••• Le choix des polices doit être celui des fontes disponibles dans l’iPad.

Le format d’un TextBook (nom étrange pour un livre multimédia qui comporte bien d’autres choses que du texte), est adapté à la taille de l’écran (aujourd’hui 1024/768 pixels, sans doute beaucoup plus avec l’iPad 3 attendu avec une vive impatience).

Comme c’est l’auteur et le metteur en page qui déterminent le design et la taille des caractères, autant les régler de manière optimum pour qu’ils soient lisibles à l’écran (et dans mon cas sans lunettes, et encore moins lentilles comme dirait le boss).

Le texte courant au lieu d’être en 12 ou en 13 comme il pourrait l’être sur un livre papier doit passer en 18 voire en 20.

Ce qui veut dire que de toute manière, il va falloir revisiter de fond en comble toute sa feuille de style conçue initialement pour du papier.

Si on change le corps, on change aussi l’interlignage, la gestion des espaces avant et après, les alinéas, les tabulations.

Et il faut rétablir la hiérarchie visuelle des corps entre les titres, les intertitres et les textes… Donc le choix de la police des titres, et de celle des textes.

Les textes courants et les énumérations doivent avoir les mêmes polices, même corps, même interlignage.

Bref, il faut se peaufiner et hiérarchiser sa feuille de style de telle manière que l’architecture générale soit respectée.

Et puis il faut réappliquer cette feuille de style de bout en bout.

Si un détail cloche, il est aisé de modifier un paragraphe, de le tester, et de modifier la feuilles de style, aussitôt, tous les autres paragraphes ayant les mêmes caractéristiques de caractère et de formatage seront instantanément modifier.

Tout cela est familier aux utilisateurs professionnels de Quark Xpress, inDesign ou même Pages et Word.

D’où l’importance de maîtriser les feuilles de style qui devraient être enseignées le plus tôt possible (au collège voire à l’école primaire).

Mais avoir une bonne architecture typographique ne suffit pas. Encore faut-il utiliser les bonnes polices de caractères.

Et lorsqu’on fait un “aperçu” avec iBooks Author, commencent les surprises de substitutions de polices de caractère, problèmes que tu as rencontré Saluki.

On peut tricher en préparant son titrage dans un logiciel graphique (comme Art Text 2 par exemple)

On obtient alors par un simple copier coller, un titre totalement personnalisé en jouant sur la typo de son choix, sa couleur, ses dégradés, ses ombrages, mais qui n’est qu’un objet graphique, et a perdu tous ses attributs textuels qui sont bien utiles par ailleurs (pour la table des matières par exemple).

Mais pour ce qui est des textes, pas question de faire appel à un logiciel graphique.

À l’heure actuelle, à la différence d’un fichier PDF, les polices, et à l’intérieur d’une police, les différentes fontes qui les composent, ne sont pas “embeded” dans le TextBook. On se demande bien pourquoi dans la mesure où les fichiers multimédias n’étant pas légers, ce ne sont pas les quelques centaines de kilo-octets supplémentaires par fonte (environ 300 ko par fonte) qui sont les plus contraignantes.

C’est donc un petit défaut de jeunesse qu’Apple devra corriger au plus vite.

••••• Commencer par des documents simples

J’ai donc commencé par des textes seuls, puis enrichis… et au fur et à mesure de chaque enrichissement, mesuré les limites et les contraintes de la version actuelle.

Certes elle n’est pas parfaite, mais je trouve que les résultats sont déjà assez impressionnant pour une première version.

•••••• L’export vers l’iPad : l’aperçu

D’abord pour faire cet aperçu, il faut ouvrir iBooks sur son iPad, et connecter l’iPad au mac avec le cable idoine (celui qui permet de le charger ou de faire les mises à jour système).

Il semble que ce soit le même dipositif pour ceux qui réalisent des applications pour l’iPhone et l’iPad.

••••• Valider souvent

Pour voir comment réagissait mes livres sur l’iPad, j’ai donc régulièrement validé mes essais en faisant des aperçus. Manœuvre qui consiste à faire une forme d’export du livre au format “.iba” qui n’est lisible qu’avec la toute dernière version d’iBooks (2.0).

Lorsque mon TextBook ne comportait encore que du texte, il se comportait sans problème, et offrait un confort pour surligner et annoter supérieur à un iBook traditionnel.

Mais les choses se sont compliquées un peu, lorsque j’ai commencé à charger la bête avec des images (qui n’étaient pas toutes au même format, tiff, png et jpeg, et pas de même dimension, dans un diaporama).

Je ne sais pas si c’est du à la mémoire vive limitée de mon iPad (première génération soit 256 mo), mais mon premier prototype pesant une centaine de mega, avait tendance à planter de façon aléatoire.

l’iPad 2 est doté de 512 megas… espérons que l’iPad 3 atteindra le giga, parce que les livres à contenus enrichis sont fortement consommateurs de ressources et de puissance.

••••• Wysiwyg ou Wysimolwyg ?

Puis j’ai formaté mes textes avec mes polices habituelles et le wysiwyg de mon iMac n’était plus tout à fait le même que celui de mon iPad. Autrement dit, Apple a réiventé le What you see is more or less what you get.

Espérons que c’est provisoire, et que iBooks Author ne sera pas que l’outil de travail du pauvre.

••••• l’aide en ligne marche sur Snow Leopard

Bizarrement Saluki, même si l’installation d’iBooks Author n’est pas préconisée sur Snow Leopard, l’aide du logiciel marche parfaitement et sa lecture est assez instructive.

On y apprend notamment que lorsqu’on va créer un aperçu du livre à l’iPad les polices pesonnalisées que l’on utilisait dans sa maquette sur Pages, et que l’on a été puiser dans sa typothèque personnelle constituée patiemment au fil du temps, ne sont pas opérationnelles.

Effectivement, il y aura un remplacement de polices plus ou moins heureux (les caractères bâtons, le Frutiger ou le Futura, par de l’_Helvetica_, le Garamond Adobe ou Garamond ITC avec leurs attributs typographiques (petites capitales, old styles figures – chiffres minuscules) par du Georgia ou du Palatino.

En réalité, dans toute première version, par ailleurs très prometteuse, il faut utiliser des fontes qui sont exactement les mêmes que celles qui sont contenues dans le système de l’iPad sous iOS 5 dont voici la liste. Sinon, elles seront remplacées par des polices approchantes.

Par exemple, mon Gill sans qui doit venir de chez Adobe ou Linotype, n’est pas remplacé par le Gill Sans de l’Ipad, mais par de l’Helvetica, c’est assez agaçant (et non Aga Sans)

À part certaines polices recommandées pour les langues orientales par exemples, il faut aller puiser dans cette liste aimablement publiée par Apple par son site de support.

liste des polices autorisées et leurs versions numérotées

Pour l’instant, la version 1.0 d’iBooks Author est donc limitée à ces polices là.

Comme toute les applications Apple ou pour le Mac écrites dans les règles de l’art, on est tenté de faire le choix des polices en activant la fenêtre des polices, “commande t” (t comme type) ou dans le menu format (de Pages et iBooks Author). Oui, mais voilà, si on fait ça, on va être tenté d’utiliser ses polices habituelles, qui à 90 % ne sont pas celles de l’iPad.

Donc si tu choisis tes polices par la fenêtre des polices, tu risques utiliser tes polices à toi, et pas celles de l’iPad, et ce dernier les ignorera avec mépris.

Le mieux est de faire comme c’est indiqué ici, sur la page d’assistance Apple désormais en français

Il faut activer dans iBooks Author la barre des formats, et se rendre comme l’indique la flèche orange, vers le menu des polices de cette cette barre.

!Ajustement!

Dans le sous-menu, ne s’affichent en haut que les fontes utilisées dans le documents et en bas celles qui sont effectivement disponibles dans l’iPad.

Bien que nous ayons plusieurs possibilités, c’est donc exclusivement dans ce sous-menu qu’il nous faut choisir la police, et éventuellement la graisse et le style dans laquelle elle se décline, dans sous-menu suivant de la barre des formats.

Donc dans l’attente qu’Apple donne accès à toutes les polices de caractère de la typothèque dont nous disposons sur nos ordinateurs, nous devons renoncer à la fenêtre des polices, bonjour la barre des formats et exclusivement celle-ci.

Sinon, il faudra avoir recours à des outils plus professionnels, mais infiniment plus contraignants et plus coûteux.

On remarquera, que l’Optima, par exemple, avec ses trois graisses et ses déclinaisons italiques est disponible à la fois sur le Mac et l’iPad, il n’y aura donc pas de souci.

Par contre il reste quelque caractères résiduels ou des styles (en provenance de Pages) en Frutiger, qu’il ne trouvera pas au moment de créer l’aperçu l’ouvrage dans iBooks Author avec de le lire dans l’iBooks.

••••• Les premiers bugs

Sur un iMac 27” avec 8 GO de Ram, iBooks Author est remarquablement stable.

Par contre il a quelques défauts de jeunesses qui sont déjà les défauts de vieillesse de Pages, alors il serait temps de les résoudre et chez l’un et chez l’autre.

Le bug des apostrophes et guillemets

L’un des plus agaçant, c’est le non remplacement des apostrophes et guillemets droits ” et ’ par les apostrophes ouvrantes ’ et les guillemets typographiques ouvrants et fermants “ et ”, que je privilégie, ou « et » si on est orthodoxe sur le choix des guillemets français et leurs espaces intérieurs épouvantables.

Comme dans Pages, on ne peut toujours pas faire une recherche remplacement sur ces apostrophes et guillemets, elles seront d’office remplacées par leurs versions droite.

La ruse consiste donc à faire cette recherche dans TextEdit, qui sait faire ça parfaitement, puis de copier coller soit dans Pages, soit dans iBooks Author avant de formater son texte avec les feuilles de style.

C’est pénible à l’usage.

Le bug de la césure

La césure marche assez bien en anglais, mais pas dans les autres langues, ils ont tout simplement oublié de l’implémenter. Ce sont les mêmes algorythmes que pour Pages, ça ne devrait pas être difficile de les réintroduire, dans une prochaine mise à jour corrective.

Certes, ni avec Pages, dans toutes les langues, ni avec iBooks Author en anglais, on n’obtient pas la qualité du gris typographique, de césure et des blancs, des approches et des espaces intermots d’un logiciel professionnel comme Xpress ou encore inDesign (dont je concède que le moteur typographique est l’un des points forts majeurs sur son concurrent, que je préfère pourtant par ailleurs, pour sa productivité et son ergonomie, ayant pratiqué abondamment les deux, mais c’est une querelle aussi interminable que celle des Mac contre les PC).

Après avoir repéré ce bug, et en attendant que ce soit résolu, j’ai décidé provisoirement de laisser croire à iBooks Author que mes textes seraient donc en anglais, même si ce n’est pas le cas.

En agissant ainsi je me prive de la correction assistée, en français. Le problème se pose par ailleurs pour les documents en basque dont aucun logiciel n’est fiable ni en terme de césure, ni de correcteur ortographique, autant dire que je suis habitué à cette baisse de confort, malgré tout chronophage.

Cette bidouille, intégrée à la feuille de style de mes textes courants, me permet de justifier à peu près correctement les textes quitte à tricher un peu à l’occasion, lorsque les césures violent les règles françaises de façon très visible.

En anglais comme en français, il y a des règles logiques de césure, liées à la manière dont la langue s’est construite.

Ainsi en anglais on peut couper entre deux voyelles à smok-ing ou go-ing en français à fu-mant ou al-lant (quoique, dans ce derniers cas, deux lettres d’un côté ou de l’autre ne soit pas bien académique).

Mais vous vous verriez couper “vo-yelle” ou “voy-elle” vous ? ;-) eh bien en anglais, dans certaines circonstances, ça ne lui poserait pas de problème, là où en français c’est exclu.

Les auteurs d’iBooks Author ont d’autant moins dû se rendre compte du problème de la césure que dans leurs modèles, les textes sont toujours conçus en fer à gauche, où la question de la césure ne se pose plus.

Voici ce que ça donne en gardant les paramètres de césure en français

Et avec les paramètres de césure anglais appliqués à un texte français

••••• Les plantage d’un TextBook, too rich content embedded

Un autre problème sont les plantages des ibooks multimédias générés. Comme déjà évoqué, ça pourrait être lié à l’insuffisance de mémoire… 

Et voilà le retour de l’obsolescence programmée évoquée par Saluki dans son article du jour, pas pour une application cette fois mais pour l’iPad lui même. Si c’est le cas, c’est mesquin.

J’ai usé et abusé de possibilités multimédias d’iBooks Author, et ce qu’il appelle les “widgets” : galleries de photos, inclusion de vidéos (qui doivent être au format M4V), inclusion de présentations keynotes…

Pour ce qui est de la vidéo

Voilà ce que dit l’aide en ligne d’iBooks Author

Convertir un fichier vidéo Ouvrez le fichier dans QuickTime 10.1 ou une version ultérieure.Choisissez Fichier > Exporter.Procédez de l’une des manières suivantes :Pour créer une vidéo jusqu’à 420p : sélectionnez « iPod touch et iPhone 3GS ».Pour créer une vidéo jusqu’à 720p : sélectionnez « iPad, iPhone 4 et Apple TV ».Les chiffres font référence au nombre de lignes verticales. Pour une qualité optimale, sélectionnez l’option 720p (iPad). Si vous êtes préoccupé par la taille du fichier ou souhaitez obtenir de meilleures performances, utilisez 420p (iPod touch).Cliquez sur Exporter.Ajoutez le fichier exporté au widget Multimédia (ou HTML).

Il est donc fortement recommandé de basculer sur Lion. Ce que j’ai fini par faire sur une partition de mon disque dur.

Toutefois ça marche avec Quicktime Player 10.0 de Snow Leopard, même si je n’ai pas les mêmes options que celles proposés par l’aide ci-dessus.

•• Inclusion de diaporamas Keynotes fiables

J’ai également créé des diaporamas dans Keynote qui, bizarrement, sont plus fiables que les diaporamas (galleries) de iBooks Author. L’effet de transition est toutefois limité à “fondu”.

Mais par contre on perd l’avantage des légendes d’iBooks Author.

Peut être que le problème vient de la nécessité de redimensionner ses images pour qu’elles occupent pleinement soit la largeur, soit la hauteur de l’iPad actuel (1024/768) ?

Je n’ai pas encore testé d’autres fonctions plus sophistiqués de Keynote, que j’envisage d’exporter sous la forme de film Quicktime.

••••• L’export en PDF

On peut exporter le document au format PDF où il perd alors tous les contenus enrichis, mais fort présentable par ailleurs.

••••• Quelques réflexions en passant

Au final, mon premier prototype d’un manuel pédagogique que je vais présenter vendredi est un document assez spectaculaire d’ores et déjà.

Et en tout cas, bien plus facile à réaliser que les usines à gaz produites par inDesign ~ et dans une moindre mesure par Quark ~ dont les modèles économiques de finalisation de la publication de livres s’apparente par ailleurs à une forme de racket, en particulier pour les enseignants et les associations à but non lucratifs, les petits auteurs, les éditeurs militants…

Adobe et Quark, profitant de leurs situations de monopole ont réintroduit la nécessité de passer par une “moulinette” interne avant de publier des ouvrages.

Avec le livre électronique, il n’y avait plus de photocompositeur, de photograveur, d’imprimeur, ils ont réussi à le réinventer, et à le délocaliser du quartier où vous imprimiez avant, pour le relocaliser aux États Unis. Chapô les mecs. En agissant ainsi, ces éditeurs de logiciels ont verrouillé un marché émergent, et décourager les éditeurs et les auteurs, en abaissant au même niveau voire plus bas leurs niveaux de rémunération.

Une première tentative pour dévérouiller cet étau, avait été tenté avec la publication de “our choice”, le superbe livre multimédia d’Al Gore (dont le design et l’interactivité remarquable avait été inspiré par le très jeune Mike Matas, designer depuis l’âge de 14 ans chez omnigroup, puis Delicious Library, qui avait recyclé ses étagères en bois chez Apple avec l’iPhone et l’iPad sur iBooks et a été un des designers des icônes et de effets, sur Photos par exemple, avant de s’externaliser et de cofonder Pushpoppress.

Cette jeune startup avait pour vocation de rendre accessible au commun des mortels la possibilité de produire et commercialiser ses bouquins multimédias. Facebook qui est réputé pour sa capacité à absorber les technologies des autres afin de les empêcher d’émerger, s’est jeté sur Pushpoppress, à la fois pour en récupérer les savoir-faire et les talents.

Toutefois, quelques éléments clés découverts, dans le livre d’Al Gore, par ailleurs Vice Président d’Apple, se retrouvent dans iBooks Author et les TextBooks. Il semble que ce fut même un sujet de tension entre Steve Jobs et Mike Matas, à la fin du printemps dernier. Une tension qui a probablement accéléré l’acceptation de l’idée de mettre un terme aux activités de Pushpoppress et d’intégrer l’équipe de designer de l’interface Facebook, qui par ailleurs en a bien besoin.

C’est dans ce contexte de grandes manœuvre entre les grands acteurs monopolistiques du secteur qu’arrive donc iBooks Author, avec un contrat de licence controversé.

Tant que vous ne faites pas payer votre production, vous êtes libres de la diffuser comme bon vous semble, y compris sur l’iBookstore. Ce que ne permettent pas les deux autres systèmes professionnels concurrents. La licence d’iBooks Author autorise de diffuser les ouvrages aussi gratuitement par ses propres canaux (sur son site internet, sur CUK.CH par exemple).

Toutefois, le logiciel n’est pour l’instant capable que de produire des TextBooks dans un format epub 3 propriétaire, exclusivement sur iPad (et peut on espérer sur iPhone et Mac un jour ?).

Dès lors que l’ouvrage aura vocation a être payant, il ne pourra-t-être diffusé que par l’iBookstore.

••••• un outil de base pour l’auto-édition

Je n’ai pas encore expérimenté le dispositif des livres payants, ça ne saurait tarder, c’est le but de la manœuvre, tenter de publier directement des ouvrages pour que l’auteur puisse vivre décemment du fruit de son travail en relation avec ses lecteurs en limitant au strict minimum le nombres des intermédiaires.

Surtout si cet auteur a une approche globale de son écriture, et qu’il maîtrise techniquement, tous les aspects techniques de son travail en amont et en aval de son écriture.

Lorsque j’écris un texte, je sais d’emblée comment je vais l’éclairer par de la photo, du son ou de la vidéo… expliquer un phénomène complexe par une animation créée avec Keynote par exemple. C’est un travail d’artisan immédiatement mis à disposition du monde.

Ça ne dispense pas de le faire relire et corriger par des personnes qualifiées. Car nous ne maîtrisons jamais nos propres fautes. En particulier aux heures les plus tardives de la nuit.

••••• pour un livre payant, exclusivement sur la plateforme Apple

Hélas, ce sera limité à la plateforme Apple, pour l’instant même essentiellement iPad, avec un peu de coffre (volume de stockage, RAM, et haut débit pour télécharger des ouvrages qui font souvent un giga ~ maximum recommandé ~ à deux gigas, maximum autorisé).

Si nous voulons toucher d’autres plateformes (Kindle, Hobo, ordinateurs, il faudra faire appel à d’autres technologies, et refaire le travail. C’est là que les plateformes professionnelles multiplateformes avec des intermédiaires peuvent avoir du sens. Au détriment des éditeurs et de la rémunération des auteurs.

Les conditions d’Apple sont certes, aujourd’hui, sans commune mesure avec les méthodes monopolistiques des deux mastodontes des logiciels de PAO. Mais la différence se mesure plus dans le degré de leur intensité que dans leur nature et dans leur principe.

Un de mes grand regret des dernières années c’est qu’aucun logiciel n’était facilement capable de produire du PDF multimédia, lisible sur toutes les plateformes (ni Aperçu sur Mac, ni l’iPad ne sont capable des les lire. Il faut alors recourir à une version du lecteur Acrobat reader). Sans que nous sachions exactement si c’est de la faute d’Adobe ou d’Apple.

iBooks Author, en devenant un outil grand public et gratuit de production de contenu, est censé apporter une réponse simple, élégante et facile d’emploi. Mais oublie le pdf multimédia interactif, pour un format propriétaire qui esquisse peut être les futures préconisations et mises en œuvre de l’epub 3, dont il contribuera peut être à aider à en fixer les contours, du fait que l’iPad est aujourd’hui la plateforme de référence.

L’outil grand public ou professionnel exige un minimum de technicité pour obtenir un résultat qui tienne la route. Mais il n’est pas encore, pour l’instant, universel. C’est simplement le premier couteau suisse de la mise en page de livres multimédias, qui va aider à déverrouiller un marché confisqué par Adobe et Quark.

Ces deux là ont, pour l’instant verrouillé ce marché marché émergent, par leurs politiques tarifaires excessives, réintroduisant des intermédiaires avec tous les inconvénients que l’on peut supposer (à commencer par l’obstacle financier fort coûteux avant de publier un ouvrage, mais aussi éventuellement les problèmes de censure puisque ces deux éditeurs de logiciels, tous les deux américains, nous obligent à passer par leurs fourches caudines pour publier des ouvrages).

De la même manière qu’Apple peut décider de publier ou de retirer une application jugée inconvenante. Qu’en sera-t-il des livres ?

Mais s’il faut en plus passer par le biais d’Aquafadas, d’Adobe ou de Quark, qui se surajoutent à Apple, ce risque est pire encore. Les situations de monopoles sont particulièrement dans le colimateur des institutions américaines et européennes.

À trop tirer sur la corde, il y a un danger auquel ces sociétés monopolistiques auraient intérêt à réfléchir avant de s’obstiner dans cette voie, les lois anti-trust existent dans nos pays.

Lorsque Calvin s’est réfugié à Genève, il a pu y faire publier des livres que le Royaume de France lui interdisait. Qu’en sera-t-il demain lorsque des ouvrages mettront en cause “l’empire américain”, ou dérangeront des intérêts puissants ?

Mais c’est une autre question.

Article: Non, c’est pas vrai, dix ans, déjà?

Dix ans déjà ? comment se fait il que j’ai loupé les quatre premières ?

En tout cas, même si les activités chronophages ne permettent pas toujours de commenter autant qu’on le voudrait, il y a toujours le même plaisir à lire les chroniques de Cuk, qui est toujours en tête de liste des onglets traitant de mac et autre sujets relative à la photo, au livre numérique.

Justement parce qu’il ne parle pas que de ça, et que plus qu’ailleurs on y sent la fibre humaine et la grande diversité de ses rédacteurs et ses commentateurs.

Certains cette année nous ont fait faux bond et de là où ils sont ne nous font parvenir d’aucune manière leurs coups de gueules, ce qui n’est pas bon signe sur le niveau d’accessibilité de l’internet dans l’au-delà. ;-) car assurément, s’il y en avait la possibilité, ces deux-là se seraient débrouillés pour nous le faire savoir.

Alors si se profile à nouveau une CUK day, ce sera peut être l’occasion de renouer le contact après une année qui sera probablement intense de notre côté du Léman.

Ces dix dernières années, nous sommes passés du côté confidentiel d’une plateforme réputée plus exclusive, avec parfois le sentiment d’appartenir une sorte de communauté un petit peu à part, à une massification d’une gamme de produits de consommation dont beaucoup autour de nous possède un exemplaire au fond de ses poches ou de sa besace, d’une société se disputant, et de loin, le sommet des capitalisations boursières, à l’issue d’une décennie où la financiariasation du moindre des aspects de notre vie quotidienne qui à la fois généré des nouvelles activités où beaucoup d’entre nous sont impliqués, et détruit des pans entiers de l’économie réelle et la société.

Apple est en une décennie, et plus encore depuis début 2010, passée du statut envié de porteurs de l’éthique des tables de la loi, à la secte d’adoration du veau d’or, dont le point d’orgue a été atteint avec la disparition du prophète maudit, à la fois admiré, redouté, adulé et détesté.

Une décennie marquée par la radicalisation de la société, qui doit à la fois subir une raréfaction des ressources et des revenus, et l’apparition de nouveaux besoins consuméristes, au détriment de fonctions comme se loger, se nourrir, se soigner ou se former. Une décennie où la marchandisation du sport, des loisirs, de la culture, se traduit aussi par la mise en scène de la peopolisation d’inconnus avides de notoriétés, et la médiocratisation des élites, écrivains, sportifs, et du personnel politique…

Mais cette décennie, et les crises repétées et accélérées d’un système dont ont ne sait pas tout à fait s’il en est à sa énième mutation ou à la fin d’un cycle, est aussi porteuse de nombreuses pistes pour trouver des solutions concrètes à nos problèmes quotidiens : la question énergétique par exemple, les logements écologiques, les nouvelles solidarités, sont les nouvelles contre-cultures qu’ont été il y a trente ans l’irruption de l’informatique personnelle dans nos vies quotidiennes. Après l’instantanéité et l’ubiquité, d’un système global accessible à tout instant depuis n’importe quel point de la planète, on pourrait assister à la fois au retour du local, des solidarités de voisinage, d’une “sobriété joyeuse”, ouverture et ancrage à la fois.

Dématérialisation des biens, échange et mutualisation des savoirs ? quelle sera la part de la technologie dans tout ça ? Cuk saura-t-elle alimenter ce regard critique une décennie de plus ? Pour ma part François, Noé, Sébastien, Blue, Anne, Madame Poppins, Caplan, Saluki, Guillôme, Modane, Zit, Franck, Smop, et tous les autres contributeurs inestimables et commentateurs de ce site, je m’en réjouirais, de passer à nouveau une décennie à vos côtés et peut être de vous retrouver dans la vraie vie quelque part l’année prochaine.

Article: Un petit soleil dans la poche…
iker
, le 17.11.2011 à 05:53
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Article: Un petit soleil dans la poche…

C’est ReReX qui est le plus précis ;-)

Entonnoir à piston

Un indice nous avait été donné le 10 février dernier dans une chronique de Zit sur les instruments de cuisine indispensables. Et celui-là, il en rêvait.

C’est parfait pour remplir des moules à cannelés en cuivre ou en silicone, ou des pots de crème brulée, des moules à mini soufflés ou de petites quiches ou encore des macarons sur une plaque pour aller au four avec un “appareil” liquide…

On le voit à l’œuvre ici entonnoir à piston

Article: Des oursins dans le pain…
iker
, le 13.11.2011 à 04:15
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Article: Des oursins dans le pain…

Je suis très accroché aux miens ces temps-ci, et ça finit par donner des résultats intéressants, mais ça ne me rends pas aussi disponible que je ne le voudrais à nos amis communs d’outre-Léman. Juste assez pour vous lire, tous les jours et avoir une pensée fraternelle pour vous tous, beaucoup moins pour commenter autant que je ne le voudrais, chaque fois que l’envie me démange.

Amitié à tous, et une pensée pour ceux qui ne sont plus là.

Article: Je ne suis pas fier de notre humanité

En effet François, tout repose sur la plainte à la police, préalable à toute prise en charge.

Pilote.ka, l’accumulation des virgules, des concordances des temps aléatoires, des conjugaisons hasardeuses et des copier-coller pour rédiger un message au milieu de la nuit du fond de son lit, sur un iPad ne saurait être une preuve de talent, mais de fatigue ;-)

Le seul talent consiste alors à repérer les fautes de frappes et surtout les incongruités de correction, comme quand le correcteur propose “prépuce” à la place de “preuce”.

Sinon, pour le talent, il y a Montand

Article: Je ne suis pas fier de notre humanité

François, je compatis à votre situation, et pour avoir connu quelque chose de comparable, je comprend l’état de fébrilité dans lequel ça peut précipiter la personne qui en est victime.

Mais il existe toute une série de protection du client de la banque, d’assurances, qui devrait prendre en charge les dépenses.

Laisse moi te compter ce qui m’est arrivé une fois, il y a vingt ans, en avril 1991 quand je travaillais à Paris.

C’était un week end, je venais de rentrer dans l’après-midi de Prague avant un passage à Berlin où je retournais fréquemment depuis la chute du mur, un an et demi plus tôt. J’avais passé quelques jours à discrètement former à la PAO des journalistes des nouveaux médias libres de la gauche indépendante, derrière ce qui n’était déjà plus le rideau de fer… Depuis plusieurs mois, je parcourais trois à quatre mille kilomètres par semaine. Entre Paris, l’École de journalisme de Lille, et au quatre coins de l’Europe.

En neuf mois à Paris, j’avais connu trois mois de canicule, un passage brutal de l’été à l’hiver… et un hiver froid, mais alors vraiment très froid avec des températures inférieures de 20° avec celle que j’avais l’habitude de rencontrer chez moi.

C’était ma première année que je passais autant de temps éloigné de mon Pays Basque natal, pays au climat tempéré, été comme hiver, où je résidais normalement, et retournais me ressourcer trois ou quatre jours toutes les deux semaines. Mais cet hiver là m’avait amené à parcourir l’Europe de long en large, en particulier vers les satellites en cours d’émancipation de l’Union Soviétique ou vers la Scandinavie. Accentuant ce sentiment pénible d’un climat qui n’était décidément pas celui de la côte Basque, avant les grands changements climatiques des vingt dernières années que nous avons connus depuis.

Après avoir déposé sur le passage mes bagages porte de Gentilly, dans mon appart glacial à deux pas de la station Lénine (histoire de ne pas de dépayser), je décidais de m’aérer l’esprit. Lorsque j’étais à Paris un dimanche, ce qui était rare, j’allais m’aérer l’esprit du côté du Quartier latin, des “Champs” ou de l’Opéra.

Initialement je devais m’exiler à Paris que quelques semaines, après avoir dormi un mois à l’hôtel, j’en étais à ma quatrième sous-location.

Et cette fois, c’était le pompon, un appartement modeste des années trente, minuscule, en banlieue rouge aux portes de Paris, à la jonction de la nationale 10 et du périph, l’enfer auditif, aussi peu isolé phoniquement que thermiquement. Au point que même quand le chauffage nucléaire était à fond le thermostat, il faisait plus froid dans l’appart, que dans le frigo. Avec des factures astronomiques pour “chauffer le dehors” comme disent les Québequois. Une vraie plaie cet appart, je n’avais qu’une hâte, c’était de le fuir le plus vite possible.

J’avais besoin de voir du monde et me vider l’esprit derrière des bruschettas et du pain au beurre d’ail, chez Pi…a h…tt, avant de me faire une séance de cinoche, boulevard des italiens. Là au moins, il y avait le choix.

J’avais garé mon scooter sur le trottoir entre la pizzeria et le cinéma que j’avais retenu, pour aller choisir un film, parmi la trentaine de salles qui se trouvaient là, à proximité de l’Opéra. Histoire de me détendre, et n’ayant à peu près aucune idée sur le contenu, mon choix s’était porté Jody Foster et Anthony Hopkins dans “le silence des agneaux”.

Bien que ce fut un dimanche soir, malgré le froid, il y avait une foule considérable sur les trottoirs, du boulevard.

Toujours à l’affut d’une situation cocasse ou inédite, je m’amusais à observer les gens autour de moi. J’étais intrigué par le manège d’un quidam, d’à peu près mon âge, dont la veste ample matelassé couleur mastic n’aurait pas dépareillé dans la capitale de la Bohème que je venais de quitter. Il semblait ne s’intéresser ni aux affiches, ni au cinéma. La salle de mon film était en train de se vider, et je m’apprêtais à rentrer, mais lui semblait attendre quelqu’un à la sortie de la salle et donnait l’impression d’observer attentivement les passants pour tromper le temps… dans d’autres circonstances, j’y aurait prêté davantage attention.

Nous venions de passer à l’heure d’été, mais les journées étaient encore courtes, et décidement, cet hiver était interminable, le froid glacial s’était abattu à nouveau sur la ville.

Je dois dire à cet instant que dans le genre film pour se vider, mon choix manquait de pertinence. J’étais un peu sonné par l’enchaînement des scènes d’Hannibal Lecter, de Buffalo Bil qui dépèce ses victimes pour en faire des vêtements, du maton en chef aux méthodes sadiques. Tant et si bien qu’en sortant de la salle je ne prêtais immédiatement attention au quidam de tout à l’heure. Bizarrement, deux heures plus tard, il était encore là, à la sortie du film. Il devait se cailler comme ça dans la rue, peut être était il sorti d’une autre séance, un peu avant la mienne ?

Pensif et même sous le choc du film, ce qui m’arrive rarement, me dirigeant, vers mon scooter, je n’arrivais pas à détacher mon antivol du poteau où j’avais accroché la roue arrière de mon scooter, lorsque il était là, à deux pas, me toisant, m’interpella sur le scooter, il avait l’air branché et de s’y connaître un peu. Me posant deux-trois questions : c’était un Cosa de chez Piaggio, qui venait juste de sortir, quelques semaines plus tôt, et j’en avais eu la primeur.

La séance s’était terminée vers 21 h 30-35. Après l’échange de quelques banalités, je rentre chez alors dans ce qui me tient lieu de congélateur résidentiel… .

Le film m’avait mis dans un drôle d’état, à la limite du malaise. Je n’avais qu’une hâte, retourner le plus vite possible “chez moi“. La dizaine de kilomètres me paraissait interminable, j’étais à la limite de la nausée. Sitôt franchi le pas de la porte, et je tombais dans les pommes quelques instants, j’étais secoué de mouvements de fièvre. Je me réfugiais sous une triple couche de couette… assailli par les scènes du film.

Bref, je n’étais pas dans mon état normal, et finissais par sombrer dans un sommeil agité vers 23 h 30, pour me réveiller à peine dix minutes plus tard. Brûlant et tremblant à la fois, trempé de la tête aux pied, avec un rêve étrange, qui se déroulait dans une bande dessinée.

Ça se situait dans une planche de Tintin, où un pickpocket aux puces de Montreuil, tente de lui arracher son portefeuille. Mais à bien l’observer, était-ce bien Tintin ?

Bizarrement, avec son pantalon de golf et son pull bleu, Tintin portait par dessus un blouson en cuir, en tous points identique au mien et hormis la houpe et la couleur des cheveux, me ressemblait traits pour traits… Sur la vignette d’à côté, le capitaine Haddock semblait se précipiter vers moi en menaçant de m’assommer avec un parapluie, et déversant un tombereau d’injures “graine de vaurien de sacripan de chapardeur de coupe-jarret d’Anthropopithèque”. Le parapluie s’abattit finalement sur un passant que j’étais en train de croiser dans le marché bondé et qui avait comme un air familier avec le mec du cinéma, avec la même veste ample matelassée couleur mastic.

“Nom de d…” (mes expressions sont nettement moins imagées que celles du capitaine Haddock)… je m’arrachais, fébrile et en nage, de ma couette, me précipitais vers mon blouson pour vérifier le contenu de ma poche intérieure… Peut être était il tombé dans ma chute en arrivant… non, décidément, après avoir passé l’appartement au peigne fin, il fallait bien le reconnaître… je m’étais fait piqué mon portefeuille par un mec dont je ne souvenais même pas qu’il m’ait approché à moins de cinquante centimètres. Ma conscience n’avait rien vu, rien senti… mais on mon inconscient, lui, savait.

Dans la vraie vie, la scène n’avait durée qu’une fraction de seconde, mais suffisamment pour qu’il m’ait subtilisé mon portefeuille et tout ce qu’il contenait, carte d’identité, passeport, permis de conduire, carte bleue perso, ma carte bleue professionnelle, carte plein ciel air inter et air france pour l’abonnement à une époque où je prenais l’avion à travers l’Europe et la planète, deux fois par semaine, carte fnac, et toutes les cartes possibles et imaginables à l’exception de ma carte de presse environ trois cent francs, des quelques dizaines de deutsche mark, koruna česko-slovenská, pesetas, pour les taxis, quand je débarquais chez les voisins. Surtout quelques photos auxquelles je tenais aussi, les derniers exemplaires de souvenirs précieux qui ne restent plus que quelque part, gravés au fond de ma mémoire. Et cela était plus précieux que tout le reste. Il fallait que je les retrouve.

À l’époque, il n’y avait pas de téléphones portable, ni ligne fixe dans l’appart. Je n’ai pas fermé l’œil de la nuit… c’est la première fois que je me faisais tout dérober, j’avais l’impression de me retrouver à poil, à 800 km de mon véritable domicile, au Pays Basque, dans une ville et un climat hostile, sans la moindre thune. Mais heureusement, j’y avais ce qui était alors mon principal travail, dans un grand groupe de presse parisien. Après une nuit blanche, le lendemain matin je faisais bloquer mon compte et la totalité de mes abonnements, ça prend un temps fou ces trucs là… deux jours plus tard, mon agence bancaire commençait à m’informer quotidiennement des usages frauduleux de ma carte, que je pouvais suivre à la trace. J’étais sorti du cinéma à 21 h 30, le premier achat était horodaté à 21 h 48, au drugstore opéra. Le pickpocket avait été acheter quelques minutes avant la fermeture, deux briquets Cartier à 4 500 francs pièce, soit 9 000 balles l’équivalent de deux mois de SMIC (le salaire minimum) de l’époque … sans provoquer de surprise de la part de la vendeuse.

Je décidais de traquer mon pickpocket, à commencer par interroger la vendeuse. Déjà à l’époque, l’invention de Roland Moreno, faisait que la plupart des transactions par carte bancaire, en France en tout cas, se faisaient avec le code et des terminaux de paiement automatisés. Ce n’était pas le cas à l’étranger.

Mais bizarrement, au drugstore Opera, ce soir là, le lecteur de carte “n’était pas en état de marche”, et la vendeuse avait ressorti du placard, ce bon vieux “fer à repasser” avec les petits fiches manuelles avec le papier carbone. Et tout aussi bizarrement n’avait pas jugé utile de vérifier l’identité de l’homme qui trainait régulièrement à deux pas de sa boutique, et qui venait de s’offrir non pas un mais deux briquet de valeur juste avant qu’elle ne ferme boutique.

Manifestement il y avait de la complicité dans l’air.

Mais il était hors de question de retirer de l’argent avec dans les distributeurs, à l’époque j’avais la possibilité de choisir mes codes, et je les avais unifié et laissé dans un coin de mon esprit dont j’étais le seul à conserver la clé.

Le soir même, quelqu’un faisait le plein de l’essence dans le XVIIIe arrondissement, et tous les deux ou trois jours, il y revenait. Les jours suivants, il y avait plusieurs fois par jour des achats pour des sommes toujours inférieurs à 150 francs (± 22 euros), entre la place Clichy et la porte de Clignancourt, chez les petits commerçants et les supermarchés du quartier, pendant une quarantaine de jours. Il y en avait pour environ mille francs par jours, toujours sur des planches à repasser, jamais sur des terminaux sécurisés. Il s’arrêta brusquement d’utiliser la carte. Avait-il était arrêté ? En remontant la trace, je m’étais rendu compte que celui qui faisait ses achats ne ressemblait pas du tout physiquement au voleur initial. Bref, ma carte avait été vendue, et avait servie à d’autres, selon un mode opératoire connu des services de police.

La plaisanterie à coûté plus de 47 500 francs (7 000 euros d’aujourd’hui, mais à l’époque, c’était l’équivalent de dix mois de SMIC, de quatre à cinq mois de salaire de journalistes ou maquettistes auprès desquels je travaillais. C’était considérable).

On ignorait tout de ces arnaques à la carte bleue, mais le client lambda ignorait qu’il y avait une procédure d’urgence pour de tels cas.

J’ai eu la chance qu’à part devoir refaire tous mes papiers, et la perte irréversible de mes photos, du point de vue bancaire, ça ne m’ait rien coûté, si ce n’est une belle frayeur rétrospective, de voir mon compte se vider pour passer dans le rouge, au point qu’il fallut externaliser ces dépenses à partir de l’heure même de mon vol, sur un compte à part.

Bien qu’étant le plus souvent à moins 800 bornes de mon agence, mon banquier avec lequel j’entretenais alors les meilleures relations, m’avait fait prendre en charge par l’assurance pour l’utilisation frauduleuse de ma carte. Il avait créé un sous-compte où l’on voyait tous les jours les opérations passer, vérifiable et traçables sur “minitel” (oui, l’internet non plus n’existait pas).

Le système français faisait qu’on était protégé contre ce genre de pratique, déjà à l’époque, en tout cas dans ma banque mutualiste. Ça c’est généralisé par la suite à toutes les banques françaises, la “carte bleue” étant un système unifié à l’échelle de l’Hexagone.

Ça a bien changé depuis, maintenant c’est ma banque qui me rackette mensuellement de très nombreux frais, tous aussi invraisemblables les uns que les autres. C’est toujours la même banque, elle est toujours mutualiste, à ce qu’on dit, et son slogan est “une banque à qui parler“, mais qui manifestement ne vous entend pas.

Il y a vingt ans, le mur de Berlin venait de tomber, aujourd’hui le mur de l’argent est en train d’imploser de toute part.

Désormais, les pickpockets n’ont pas besoin de m’attendre à la sortie du cinéma pour me faire les poches, et ils le font en toute impunité, au cœur même du système bancaire. Mais c’est une autre histoire… 

Article: Quoi de neuf à la Keynote, ce soir?

Steeve faisait partie de la famille… mais c’est aussi quelqu’un qui a modifié, par son travail, les trajectoires de nos vies.

Peu d’hommes, dans l’histoire de l’Humanité, auront eu un tel impact sur notre façon de vivre, de travailler, de voyager, nous cultiver, nous distraire. Il a contribué à rendre le monde, et pratiquement n’importe quel être au monde, à notre portée immédiate.

Lui vient de s’éloigner dans un monde pour lequel il n’avait pas encore eu le temps d’inventer le moyen de communiquer, laissant son œuvre inachevée finalement.

Voilà qui aurait fait une belle keynote.

So long comrade !