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De Bruxelles au Brabant wallon à vélo (bis)

Si vous avez suivi mes articles récents, vous vous rappellerez peut-être que plusieurs d'entre eux prenaient prétexte de mes longues balades à vélo autour de Bruxelles pour vous faire découvrir quelques attraits touristiques du Brabant, la région dont elle est la capitale historique, et que le dernier article de ce genre se focalisait plus particulièrement sur la province du Brabant wallon. Exploration loin d'être complète, et que je reprends donc ici.

J'ai souvent remarqué beaucoup de Brabançons se montrent assez négatifs vis-à-vis de leur région, lui déniant tout intérêt pour le touriste, eux-mêmes préférant se ruer en masse, les vacances venues, vers la côte belge, les Ardennes, le sud de la France, l'Espagne ou même la Thaïlande. Tant il est vrai que le Belge de la capitale et de ses environs est souvent un pigeon voyageur, cherchant ailleurs si l'herbe est plus verte que chez lui.

Est-ce parce que je suis Français d'origine, donc avec un œil pas du tout blasé par ce que je vois ici ? Toujours est-il que moi, à presque chaque coin de rue ou presque, je trouve quelque chose d'intéressant à cette région. Particulièrement lors de mes balades à vélo, ainsi que je vous l'ai montré lors de mes articles précédents sur ce thème. Je vais donc continuer avec cet article-ci, et probablement le prochain.

Dimanche dernier donc (14 septembre), profitant d'une journée splendide, je pars pour une longue sortie de 120 kilomètres sur mon fidèle cheval d'acier à deux roues sans moteur. Je me dirige d'abord vers la forêt de Soignes, point commun de beaucoup de mes sorties, et à partir de là, je prends direction plein sud, par le chemin des Tumuli, itinéraire déjà décrit dans l'article cité plus haut.

En sortant du chemin des Tumuli, je quitte la région bruxelloise pour arriver en Brabant flamand, sur le territoire de la commune de Hoeilaart, et plus précisément à la localité de Groenendaal, laquelle dispose d'une gare toujours en service, mais donc le bâtiment principal est à l'abandon. Il a pourtant une certaine allure :

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La gare de Groenendaal, et son magnifique bâtiment piteusement délaissé. Photo tirée de Wikipédia (donc libre de droits), comme toutes celles de cet article à une exception près.

Il est prévu à l'avenir que cette gare accueille une des lignes du futur RER bruxellois. Espérons qu'ils en profiteront pour restaurer ce bâtiment…

De là je suis la Nationale 275 qui se dirige droit vers le sud. Sitôt Hoeilaart dépassé, se présente le Brabant wallon, et la commune de la Hulpe. Un endroit très apprécié des habitants alentours et des Bruxellois qui adorent flâner autour du beau château éponyme, ancienne propriété de la richissime famille Solvay, et de son immense domaine.

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Le château de la Hulpe, côté cour.

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Le château de la Hulpe, côté jardin.

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Un aperçu du parc…

Dans le même parc se trouve un musée à visiter absolument si vous passez dans le coin : la fondation Folon. On y trouve des centaines d'œuvres de l'artiste bruxellois Jean-Michel Folon (1934-2005), un touche-à-tout virtuose : dessins, peintures, sculptures… Entre autres, ce bonhomme au parapluie qui donne bien le ton général, surréaliste, de son œuvre considérable :

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Les téléspectateurs français de quarante ans et plus n'auront pas oublié ses « bonshommes en papier animés » dans les magnifiques génériques de début et de fin des retransmissions télévisées d'Antenne 2 dans les années 70-80. Séquence nostalgie :

Le générique de fin des émissions d'Antenne 2. Dessins et animation de Jean-Michel Folon, musique de Michel Colombier… Dans combien de ménages français entendait-on alors « Allez les enfants, au lit maintenant ! » ?

Toujours sur la même nationale, on passe par la localité huppée de Genval et près de son lac, partagé avec la commune flamande d'Overijse. C'est un autre lieu de villégiature apprécié des Bruxellois, qui vienne se balader sur ses rives bordées de maisons souvent très originales, ou canoter sur ses eaux.

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Le château de Genval (un jour de pluie), un des remarquables bâtiments bordant le lac.

Après Genval, on traverse Rixensart (à laquelle Genval est rattachée), puis on sort enfin de la zone péri-urbaine de Bruxelles en arrivant à Céroux, village brabançon typique (avec la localité voisine de Mousty) dépendant de la commune d'Ottignies-Louvain-la-Neuve. Je quitte alors la N275 pour m'engager dans de très agréables chemins de traverses me faisant passer par le centre de Céroux, puis le territoire de Lasne (une des communes les plus riches de Belgique, paraît-il) et enfin Ways, à Genappe. De là, je me dirige vers Court-Saint-Etienne, et ensuite vers le principal but de mon excursion : l'abbaye de Villers.

Les splendides ruines de cette importante abbaye cistercienne, fondée au 12e par Saint Bernard lui-même paraît-il, se situent dans la localité de Mellery, partie de la commune de Villers-la-Ville. Les moines en furent chassés par les révolutionnaires français en 1794 et l'abbaye fit office de… carrière de pierre par la suite. L'état belge arrêta le massacre en 1892 en devenant propriétaire du site, aujourd'hui entre les mains de la Région wallonne. Ce qu'il en reste est aujourd'hui accessible aux visiteurs, et laisse facilement imaginer la majesté de l'abbaye avant son abandon, notamment les impressionnants vestiges de l'église abbatiale, le bâtiment le mieux conservé. L'été, se déroulent parmi les ruines des spectacles théâtraux de plein air, très courus.

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Une partie des ruines.

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L'église abbatiale.

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Coupole de l'église abbatiale.

Pourtant, même maintenant, ces ruines ne sont pas à l'abri. L'année dernière, un camion faisant fi de l'interdiction pour les véhicules de sa hauteur, a percuté les arcades surplombant la route nationale longeant le site.

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Après le choc (photo RTBF).

Le chauffeur s'en est sorti indemne (vu l'état du camion sur la photo, on peut parler de miracle !), et les arcades en question ont dû être démontées. J'ai pu constater en passant à cet endroit qu'il ne reste que les piliers, en attente d'une hypothétique reconstruction.

Je m'arrête à la hauteur du site de l'abbaye pour prendre un café à l'agréable brasserie le Moulin de Villers. Service impeccable, charmante serveuse, mais quand même, 2,30 € le café ça fait cher le sourire ! Ceci dit, elle accepte volontiers de remplir d'eau mon bidon cycliste (certains refusent de le faire — ça doit dépendre de l'amabilité du serveur et/ou de la tête du client…). Bidon d'eau que je complète avec un sachet de poudre de boisson énergétique. La couleur blanche de la poudre interpelle deux dames à la table voisine qui me demandent pince-sans-rire si c'est de la drogue ! Arf, tous dopés ces cyclistes, n'est-ce pas ! Je leur rétorque sur le même ton que c'est plus proche du fameux sucre en poudre de Fernand Raynaud

Bref, après discussion avec ces deux dames, je repars pour m'attaquer à la côte de l'abbaye et ses 1900 m de pavés, ce qui en ferait la côte pavée la plus longue de Belgique (on est maso ou on ne l'est pas, hein… maso mais pas dopé !!). Mais ce n'est pas bien raide ni si mal revêtu que ça (j'ai connu bien pire), et c'est pittoresque : le début de la côte est marqué par un des portiques de l'abbaye (intact lui), et le sommet dévoile un très plaisant paysage champêtre. La descente sur le centre de Mellery se fait sur un revêtement très étrange, constitué de sortes de dalles à motifs irréguliers que je n'ai jamais vus ailleurs, et qui secoue au moins autant que de véritables pavés.

De Mellery, je fais un détour rapide vers un tout petit bout de province de Hainaut puis un morceau un peu plus conséquent de la province de Namur, à Sombreffe précisément, une commune que je ne connaissais pas. J'ai l'attention attirée par le château local dont je n'avais jamais entendu parler, et qui mériterait sans doute une visite de ma part plus tard. En voici deux photos dénichées sur le web.

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Après Sombreffe, la fatigue commençant à se faire sentir, je décide de remettre le cap vers le nord, direction Bruxelles. Je passe rapidement sur le territoire de la commune de Chastre, à nouveau en Brabant wallon, puis sur celui de Mont-Saint-Guibert, près de la commune d'Ottignies-Louvain-la-Neuve, déjà citée et qui mérite à elle seule un article, du fait de son histoire particulière (ce sera pour plus tard). De là je rejoins la nationale 4, une des principales artères routières du pays, qui relie Bruxelles aux Ardennes. Absolument pas photogénique cette route, mais sur cette portion elle est munie d'une bande cyclable (généralement) en bon état qui permet un retour rapide et direct à Bruxelles.

Et à propos de capitale, c'est celle du Brabant wallon que je traverse le long de cette nationale 4 sitôt après rejoint celle-ci : Wavre. Commune essentiellement réputée auprès des Bruxellois pour la cuvette dans laquelle elle se situe, laquelle est surplombée par un viaduc autoroutier régulièrement victime d'embouteillages monstres… mais on la connait également pour son parc d'attractions à la franchise mondialement célèbre : Walibi.

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Une des attractions de Walibi, lieu de détente privilégié des environs.

Après Wavre, la nationale pénètre en Brabant flamand, pour traverser la commune d'Overijse. Vlaams, groen, gastvrij, disent les panneaux d'accueil en néerlandais. « Flamande, verte et hospitalière »… et résolument hostile à tout ce qui s'affiche en français… mais passons. D'ailleurs, je n'y ai jamais vraiment fait que passer, la plupart du temps sur ma bécane, pas vraiment convaincu par cette gastvrijheid (hospitalité) un peu trop flamingante pour être sincère. Signalons quand même que le centre d'Overijse a la particularité d'être en pente, et que la nationale 4 y décrit même deux épingles à cheveux successives, ce qui est tout à fait exceptionnel dans la région. C'est bien visible sur la photo aérienne ci-dessous.

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Le centre d'Overijse et ses épingles à cheveux, au milieu desquelles on distingue la majestueuse église Saint-Martin (Sint-Martinuskerk)

D'Overijse, j'entre enfin à Bruxelles et je termine ma petite excursion, les jambes un peu lourdes mais des images plein la tête, comme quasiment à chaque fois que je parcours ce Brabant qui recèle tant de trésors cachés. J'espère que cet article vous aura donné un peu l'envie de les découvrir un jour par vous-mêmes !

12 commentaires
1)
ToTheEnd
, le 17.09.2014 à 09:30
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Joli tour qui donne envie d’enfourcher son vélo… et son iPhone (pour les photos et Strava).

Pour avoir testé récemment l’ecopista do Dão, je suis persuadé que les communes et autres régions auraient intérêts à développer ce type de parcours sur des voies annexes aux routes traditionnelles.

Bref, je viendrai peut être faire un tour…

T

2)
Anne Cuneo
, le 17.09.2014 à 10:44
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Je suis allée en vacances à Genval, il y a longtemps, et j’ai fait (en plusieurs fois) ton tour à vélo, mais moi… c’était en mobilette. On a le souffle qu’on peut, que veux-tu. En tout cas, je garde un souvenir très positif de mon exploration de cette partie du Brabant, et ça m’a fait plaisir de voir les photos et de reconnaître les lieux.

3)
Benhurt
, le 17.09.2014 à 11:10
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Si tu cherches des chemins sur des voies annexes, il faut chercher après ce qu’on appelle en Belgique un Ravel (ce sont d’anciennes lignes de chemin de fer qui ont été réaffectées en piste cyclable..).

Info que tu peux trouver ici

4)
Franck Pastor
, le 17.09.2014 à 14:29
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Merci pour vos commentaires !

@ Anne : bien content que ça t’ait rappelé des souvenirs agréables ! À vélo, en effet, les environs de Genval sont loin d’être plats. C’est donc le genre d’endroits qui attire mon vélo comme un aimant :-) Je pense notamment à une belle côte près du lac de Genval, quand on se dirige vers Rosières et Overijse. Du 13 % sur 300 m (avant ils étaient pavés, en plus), il vaut mieux avoir un vélo bien équipé pour la franchir. Une collègue habitant l’endroit m’avait dit qu’elle n’osait pas l’emprunter en voiture les jours de verglas !

@ Benhurt : les RAVeL, je connais bien. On les trouve aussi le long d’anciens chemins de halage. Comme celui entre Tournai et Kluisbergen sur les rives de l’Escaut, que j’ai souvent arpenté en direction des Ardennes flamandes. J’avais consacré d’ailleurs un article aux genres d’itinéraires cyclistes qu’on trouve en Belgique. Mais je ne recherche pas les RAVeL particulièrement : j’aime bien quand c’est vallonné, et les RaVeL c’est généralement tout plat !

@TTE : les itinéraires cyclables en voies annexes, j’avais dit ce que j’en pense dans encore un autre article. Pour résumer : du bien, mais pas seulement ! Un des gros inconvénients, si cette politique des voies annexes se systématise, c’est que sur les voies normales on risque de finir par considérer les cyclistes comme des intrus.

6)
Franck Pastor
, le 17.09.2014 à 22:18
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Comme à chacun de mes articles, les photos ne sont pas de moi. La plupart, je les ai sélectionnées sur Wikipédia. Comme photographe je suis archi-nul et je n’arrive pas à m’y mettre, malgré tous les excellents articles du chef de ces lieux.

Madame Poppins, si tu aimes le bonhomme au parapluie, la fondation Folon doit être ta prochaine destination touristiques, quand tu reviendras dans les parages. Pour ma part, j’y suis allé à deux reprises et je compte bien y aller une troisième fois bientôt. L’endroit est absolument féérique, à mes yeux et à ceux de bien d’autres.

7)
macabike
, le 17.09.2014 à 23:02
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Salut Franck
Belle description d’une Ballade sympa avec du ciel bleu… sur les photos. Pour faire des photos, c’est pas plus compliqué que faire du vélo, mais au lieu d’appuyer sur les pédales, tu appuies sur le bouton. En plus c’est une bonne excuse pour faire des pauses ;-)
Par contre je n’échangerai pas mes vraies côtes avec du vrai dénivelé contre 100m de pavés !
Bonne route :-)

PS : le café n’est pas trop conseillé pendant l’effort (crampes notamment)
Le camion qui ne passe pas me rappelle une histoire belge avec des pneus dégonflés…

8)
Benhurt
, le 18.09.2014 à 12:14
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Autre petit truc bien pratique, via Randobel tu peux trouver des itineraires bis, tris,… a rentrer dans ton GPS ou sur ton smartphone… c’est pratique et ce permet de decouvrir des chemins de travers (surtout en VTT)

10)
Franck Pastor
, le 18.09.2014 à 23:36
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@ Dan DT : j’avais complètement oublié que tu habitais dans le coin ! Ce n’est que partie remise, j’y repasserai bientôt et te ferai signe, promis.

Et tu vois, j’en apprends tous les jours, je n’avais jamais fait attention à ce miroir… Nouveau prétexte pour y retourner !

11)
zit
, le 19.09.2014 à 20:14
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Merci pour la promenade, Franck.

Et je confirme : quand on aime monter (et maintenant aussi descendre, depuis que je roule allongé), on s’ennuie vite sur le plat, à moins de pratiquer une véloroute, en pleine nature (du genre de celle qui longe de la Loire par exemple); mais quand même, les bosses, c’est un plaisir plus fort, et, avec un peu de pratique et d’entraînement, pas si difficile, pourvu que l’on aie les développements appropriés… et du temps devant soi ;o).

Et au sujet des pentes raides, j’ai récemment monté la côte des gardes par Chaville, un petit km à 14 %, bien régulier, j’ai bien sûr mis « tout à gauche » (entendez, petit plateau devant, et le plus grand pignon derrière, soit 160 cm par tour de pédale, moins qu’un tour de roue, qui fait dans les 210 cm), je n’étais pas du tout certain de pouvoir la gravir, n’ayant tenté l’affaire qu’il y a une douzaine d’années, arrivant à chaque fois au sommet crachant les poumons après m’être battu avec la gravité (fichu Newton !) et devant m’arrêter quelques minutes pour reprendre mon souffle; là, alors que je n’étais pas vraiment encore chaud (je suis long à chauffer), je suis monté vraiment tranquillement, à six km/h, et en haut, j’avais le sentiment de pouvoir continuer l’ascension encore au moins autant, donc avantage au dragon (avec pas mal de km en plus dans les jambes et un développement plus court).

z (jolies les épingles d’Overijse, surtout celle du bas de la photo,qui fait plus de 180 °, en descente, c’est piégeur !, je répêêêêêêêêêêête : mais je préfère ça dans un environnement plus verdoyant, avec moins de trucs à moteur dans les parages )

12)
ToTheEnd
, le 20.09.2014 à 12:56
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Mais je ne recherche pas les RAVeL particulièrement : j’aime bien quand c’est vallonné, et les RaVeL c’est généralement tout plat !

Effectivement, le cas que je citais plus haut est une ancienne ligne ferroviaire reaffectée en piste cyclable et les pentes y sont douces… mais c’est traitre car j’ai parcouru ces 80km avec un vélo type « mixte » et l’aller était très très très légèrement en pente! Au retour, monter 600m sur 30km, c’était super pénible au bout d’un moment car contrairement à une côte ou mont, l’effort est constant et très long (2h30!).

Après sur le fait d’avoir des routes dédiées aux vélos/piétons, je pense que ça sera toujours exceptionnel… je ne vois pas l’état ou autre investir dans des routes avec un autre tracé pour ce mode de transport uniquement.

A mon humble avis, il faudra bien que les gens s’habituent à vivre avec des vélos et des bagnoles sur les mêmes routes avec, idéalement, des voies cyclables ou des bas côtés dédiés à ce type de transport.

Benhurt: merci pour site… très riche mais un peu HTTP 1.0 dans le style;-) compte tenu de la qualité des infos, l’affaire mériterait une mise à jour.

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