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Il y a des sciences qui ne sont pas exactes…

Wanted un i-Bidule, une e-Application ou un web-Machin même payant qui me permettrait de pianoter sur un écran, quitte à entrer plein de paramètres, même les plus saugrenus (signes astrologiques chinois, cours du dollar et pointure des chaussures) si nécessaire, afin de trouver réponse à ce qui constitue à ce jour une énigme complète pour moi : pourquoi Junior est-il à ce point-là en opposition avec l'école et ce, depuis longtemps et de façon crescendo ?

Oui, je sais, ma quête de sciences "exactes" est très sotte - elle n'est d'ailleurs qu'une vaine tentative de mettre une note d'humour dans ce marasme - mais n'empêche, qu'est-ce que j'aimerais qu'elle existe, cette solution quantifiable et mesurable ! Je suis en effet tellement triste et fatiguée de constater que les semaines se suivent et se ressemblent, au point de me faire trembler à chaque retour de l'école de mon aîné (11 ans) : presque chaque jour, il y a un commentaire, parfois même deux, une remarque négative, une punition !

Les devoirs sont pour lui une séance de torture, ce qu'il manifeste verbalement (je vous épargne une retranscription de ses propos, la tenue du site m'interdisant de le faire) et physiquement (pour qui ne le saurait pas encore, un agenda, un cahier de math et un devoir de science peuvent "voler" assez loin à travers un appartement), sans parler des effets "sonores" comme des portes qui claquent, un sac qui rebondit contre le mur et un crayon brisé volontairement sur la page de l'exercice d'allemand...

Inutile de vous dire que Diego et moi avons à peu près tout essayé : confier les devoirs à des tiers (ce qu'on appelle chez nous "les devoirs surveillés"), travailler avec lui, négocier avec lui pour qu'il puisse trouver une motivation extérieure au fait d'adopter une attitude plus correcte en classe, le féliciter chaleureusement pour les jours sans annotations et autres tentatives plus stériles - du moins à nos yeux - comme les punitions.

Rien n'y fait : "l'école, c'est de la merde et les profs sont des cons !" est la seule réponse que j'obtiens de lui. D'accord, certains profs ne sont effectivement pas mes meilleurs amis mais quand même : tous ne sont pas malveillants et tous ne sont pas mauvais; je pense même que sa prof de classe est plutôt bien. En outre, je pourrais même vivre avec sa "prise de position" - finalement, il est bien libre de penser cela - mais je n'arrive plus à vivre avec le fait qu'il est en opposition permanente manifestée à cor et à cris, ce qui ne manque pas d'impacter sur l'ambiance familiale : discussions avec lui, énergie non consacrée aux deux autres frères, échanges parfois énergiques entre Diego et moi, entretiens relativement stériles avec les profs presque aussi démunis que nous...

Je n'ai pas besoin qu'il soit premier de classe, je pourrais même vivre avec le fait qu'il soit dernier mais je n'arrive plus à supporter l'ambiance créée par cette opposition, avec son refus de jouer un tant soit peu le "jeu" de l'école, quitte à être simplement un doux rêveur cancre qui dort à côté du radiateur en attendant la sonnerie : c'est plus fort que lui, il faut qu'il dérange le bon déroulement des cours, il faut qu'il manifeste son dégoût de l'école par des devoirs non faits, des choses oubliées malgré des rappels : il en est au point de même "oublier" ses affaires de gym (les guillemets parce qu'il a une excellente mémoire lorsqu'il est partie prenante d'une chose) alors que là, jamais de devoirs !

Cette problématique m'attriste d'autant plus qu'elle en est venue à occulter toutes les autres qualités de Junior qui, dès que le sujet n'a pas de lien avec l'école, est un enfant avec un humour ahurissant, curieux, ouvert à plein de choses et passionné par la bande dessinée, l'actualité et la politique.

Bref, j'arrête ma complainte. Le tableau est incomplet - je pourrais vous parler de la pédopsy chez laquelle je le conduis depuis des mois et des mois dans l'espoir qu'il puisse déposer là un peu de son "énergie", de nos recherches de lui trouver une activité parascolaire qui le motive - mais vous aurez compris l'esprit du billet : j'espère trouver parmi les lectrices et les lecteurs que vous êtes des clins d'oeil "moi aussi, l'école était une torture quand j'étais gamin(e) mais j'ai eu le déclic lorsque....", ça me ferait probablement un peu de bien de lire que vous avez survécu à une situation un peu similaire sans l'aide du Prozac; ma reconnaissance serait bien évidemment éternelle si, à défaut d'un i-Bidule, une e-Application ou un web-Machin, vous auriez des idées, même saugrenues (à part l'école privée, notamment pour des raisons financières mais aussi par refus de le déraciner de ses copains) sur la question de "quoi faire pour qu'un semblant de quiétude revienne, tant pour lui que pour moi".

Et même si vous n'avez pas la moindre piste, merci pour votre bienveillance face à ma "minute perso-familiale" : j'espère que mon prochain billet sera plus universel.

41 commentaires
1)
jpg
, le 12.05.2014 à 00:50
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« l’école, c’est de la merde et les profs sont des cons ! »
Voilà un jeune homme qui raisonne bien et qui a de l’avenir.
Étant prof. (de math, ceci entre nous, n’allez pas le répéter), je trouve que l’enseignement passe bien chez les élèves grégaires mais que les originaux ont beaucoup de difficultés.
Le système éducatif est bien fichu pour ceux qui acceptent le moule. Mais les plus originaux, ceux qui sont réellement créatifs,-et qui sont notre avenir- sont à la peine dans ce système (et leurs parents aussi).
Donc, soyons positifs et optimistes, ce jeune homme nous remet en cause. Acceptons cela.

Question subsidiaire : y a-t-il des sciences exactes ? A mon sens, une seule : les mathématiques. Encore faut-il y mettre un bémol depuis les travaux de Gödel (datant d’il y a presque un siècle).

2)
ysengrain
, le 12.05.2014 à 01:00
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J’ai le souvenir datant de 3-4 ans, que tu m’avais dit que Junior était bon élève. Un événement pourrait être survenu qui …
Dans l’immédiat, je ne vois que, à cette époque, que l’arrivée de « number 3 ». Arrivée un peu compliquée qui a privé Junior de la présence maternelle quelques jours … durant lesquels Junior … était à l’école … obligatoire…mais qui n’empêchait certainement pas la préoccupation/inquiétude à propos du devenir de sa maman.
De même, l’arrivée de « number 3 » a sans doute sensiblement modifié l’activité de sa mère affairée,alors que Junior était tout naturellement … à l’école. Laquelle deviendrait alors si ces suppositions étaient avérées, LE lieu négatif par excellence.
Autre supposition induite par une expérience personnelle: le bruit régnant dans les préaux et cours d’école a, à titre personnel toujours été une gêne extrême.
L’école est une source de conflits familiaux sui cristallise les … conflits… actuels, ultérieurs et sui verrouille très efficacement les problèmes passés non ou partiellement résolus. Peut-être faudrait-il lui expliquer que ce n’est pour l’instant pas si important, le laisser « naviguer » quand bien même il devrait redoubler, mais surtout fixer un délai de liberté au delà duquel … Ça aurait pour bénéfice de relâcher la pression familiale et scolaire.

Enfin, relire/lire Libres enfants de Summerhill (http://www.amazon.fr/gp/aw/d/2707142166/ref=mp_s_a_1_1?qid=1399849095&sr=8-1)

3)
Ritchie
, le 12.05.2014 à 07:01
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@Madame Poppins :

Avez-vous visionné les 3 présentations TED de Ken Robinson ?

Sinon, je vous suggère FORTEMENT de commencer par celle de 2006 : Do schools kill creativity ?

Je n’ai pas eu la patience de tout vous lire ce matin, désolé.

Bonne chance !

4)
Daniel
, le 12.05.2014 à 07:15
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Bonjour il y a de thérapeutes qui travaillent la dessus si jamais (j’ai une adresse au cas ou)en tout cas ne coupez pas les ponts avec votre fils .
Bonne journée

5)
PSPS
, le 12.05.2014 à 07:27
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Voici quelques années, je fus confronté au même type de problème avec le jeune fils d’un de mes amis. Décrochage scolaire, agressivité vis à vis des enseignants et de l’institution, avec mise à l’écart par les copains de type « grégaire » comme les qualifie si bien JPG…

Un jour qu’on se promenait seuls tous les deux pendant la digestion du déjeuner dominical, je lui posai une question parfaitement innocente : « que souhaites-tu faire dans la vie ? » Devant son silence, je lui conseillais d’imaginer son futur en lui démontrant sans trop insister que « l’école » si imparfaite soit-elle constitue souvent le premier et, souvent, le plus sûr moyen d’atteindre ses objectifs…

J’ignore si cette unique conversation porta ses fruits, mais le fait de le projeter hors et au-delà de son présent douloureux lui permit de prendre son mal en patience et d’entreprendre un apprentissage d’ébénisterie qui parait toujours le satisfaire.

6)
Tom25
, le 12.05.2014 à 07:37
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Je n’envoyais pas tout bouler, mais je n’étais pas très attentif ni très travailleur. Cela désepérait mes parents, mes deux sœurs ayant toujours été très bonnes élèves. Je me suis mis à bosser quand mes parents m’ont placé en internat quand j’ai redoublé ma seconde.

Je te dis ça, mais je ne sais même pas si c’est une solution a envisager.
Je me souviens du premier trajet quand ma mère m’a amené. Elle avait un nœud dans le ventre elle aussi. Et le sien a grossi quand elle a vu le dortoir, 35 lits dans une grande salle, genre après guerre.

7)
Crifan
, le 12.05.2014 à 08:04
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J’ai remarqué que ça se passait mieux, chez moi, depuis que l’iPod n’est plus emporté à l’école et qu’on a limité l’accès au wifi; et que ce dernier est conditionné à des devoirs préalables ou de la lecture.

8)
pisadoo
, le 12.05.2014 à 08:32
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Etre élève en difficulté ou non peut être rébarbatif quelques fois comme très sympa à d’autres moments.
Reste qu’une fois que l’on a incorporé le fait que bosser correctement à l’école vous offrira plus tard la possibilité de faire plus facilement ce que l’on veut de sa vie, on y trouve plus facilement son compte.
On ne bosse pas à l’école pour faire plaisir à papa/maman mais égoïstement pour soit.

A titre perso, je me fiche des notes que peut ramener mon enfant à la maison.
Je veux en revanche que le temps passé à l’école ou à faire ses devoirs soit productif.
Qu’il y ai de l’acquit, du positif, du plaisir à apprendre.

9)
fandepoppins
, le 12.05.2014 à 08:35
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Que proposer ? Une délocalisation dans une école finlandaise ;-)

A lire ces lignes, difficile de savoir si le problème n’est que « scolaire » ou si l’enfant exprime autre chose à travers ce rejet de l’école.
Pour dire vrai, chez nous, grâce au métier de Mme, on baigne dans la pédagogie. Résultat un enfant intelligent, scolairement brillant mais sans aucun enthousiasme pour aller au lycée !

En France, à part les établissements particuliers qui essayent « autre chose », à partir du collège, l’enseignement devient normatif et élitiste, centré sur le savoir et les notes. Les enfants deviennent des machines à apprendre à réussir leurs études, surtout pas à réussir leur vie. S’il est intelligent, curieux, avec de l’humour, arriver à lui faire comprendre ce côté normatif de l’école et qu’il peut (faut ?) jouer le jeu sans être dupe.

Ah oui : du sommeil, beaucoup de sommeil, limiter ordi, console, télé, pas plus d’une heure de devoir par jour et jouer, rêver lire, écouter ou jouer de la musique,…

10)
Mirou
, le 12.05.2014 à 08:35
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J’avais envie de dire: école d’art?

Mais surtout, que je le comprend bien Junior. Moi quand un job me plait pas, je n’arrive pas à avoir de la patience. Je m’énerve, je hurle, je lance des choses, je tape des meubles.
Et je change de job…. Chose qu’il n’a pas la possibilité de faire….

11)
François Cuneo
, le 12.05.2014 à 08:49
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En tant que Doyen de mon école, je peux te dire que je suis confronté quotidiennement à des élèves de type « Junior ».

Une des nouvelles idées que je ne trouve pas stupide du tout, c’est que les élèves qui dérangent en classe, qui ne font pas leurs devoirs ou veulent ne rien faire trouverait son origine dans le fait que ces élèves ont un manque de confiance en eux assez patent: en ne faisant rien, en refusant le travail, ils peuvent mettre la faute de certains résultats sur cela, en dérangeant, ils s’arrangent pour perturber le fonctionnement de la classe pour qu’ils ne soient pas tout seuls dans la m… dans laquelle ils se mettent.

Tout cela inconsciemment bien évidement…

Et si tu cherches des exemples d’enfants qui ont fini par avoir le déclic, tu n’as qu’à regarder dans ma famille qui est aussi la tienne!

Mon deuxième va très bien, et pourtant, qu’est-ce qu’on a craint, tu te souviens?

12)
ToTheEnd
, le 12.05.2014 à 08:58
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J’étais un élève très peu assidu. Aussi loin que je me souvienne, je n’aimais que deux branches à part le sport: maths et dessin (=archi). Ajoutons à ça mon problème avec l’autorité et une aversion pour les trucs que je n’aimais pas faire et tout cela aurait pu se terminer plus mal… surtout vers l’adolescence.

Rétrospectivement, et je rejoins jpg, l’école est une machine à formater et gare à celui qui ne veut pas rentrer dans le moule. Pas réellement de conseil à donner à l’exception de creuser deux ou trois pistes si elles n’ont pas encore été exploitées: quid d’un système scolaire différent et spécialisé (comme Steiner par exemple)? Pour des copains, le placement en internat sur la semaine a permis de mieux structuré leur enfant et aujourd’hui, après 4 ans, ça va nettement mieux. Enfin, une bonne prise de Taekwondo peut, dans certains cas, fonctionner (quoi?).

Le plus difficile à faire comprendre c’est que l’école est un passage (pratiquement) obligé pour arriver à ce qu’on veut… encore faut-il trouver un but qui permette de s’affranchir ou supporter toutes les contraintes qui, au mieux, semblent fastidieuses ou au pire, qui sont carrément chiantes et inutiles.

T

13)
soizic
, le 12.05.2014 à 09:18
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Mon neveu a eu des problèmes de ce genre avec un de ses fils ; tout s’est arrangé quand il l’a changé d’école en le mettant dans un établissement genre « un peu surdoué ». Depuis que l’enfant ne s’ennuie plus à l’école, il a retrouvé son équilibre.

14)
thomas
, le 12.05.2014 à 09:21
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Qu’ajouter? Beaucoup a deja été dit…

Je voudrais seulement dire que je ne suis pas d’accord avec le point de vue qui est revenu dans beaucoup de commentaires « l’école est un passage obligé pour réussir à faire ce qu’on veut ». Elève brillant moi-même (je le dis en n’en tirant aucune fierté ni même satisfaction), ma réussite scolaire m’a aussi permis de repousser beaucoup trop longtemps des choix importants, pour trouver une activité en adéquation avec ma personnalité.

Par ailleurs, j’ai plusieurs exemples de personnes entre 25 et 35 ans qui ont réussi à développer leur activité avec succès, en n’étant très peu (voire pas du tout) passer par l’école. Ca leur a en general pris plus longtemps mais la plupart sont maintenant plus épanouis que les anciens « bons élèves » qui m’entourent. Ceci dit, je ne suis pas capable d’apprécier la difference entre ces situations là et une confrontation forcée à l’échec scolaire… A vrai dire, c’est plus de la situation d’échec que de l’absence d’école que je me méfierais!

15)
levri
, le 12.05.2014 à 09:27
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D’après tes propos Junior semble avoir des intérêts hors scolaires, et dans ce cas il ne rechigne pas à passer du temps à apprendre, a-t-il un Q.I supérieur à la moyenne? il est assez courant que ceux qui ont les possibilités les plus étendues décrochent au niveau scolaire.

L’école convient à la majorité mais ceux qui sortent du moule peuvent devenir amorphes ou rebelles. Le passage au Collège peut être le déclencheur (11 ans en Franche c’est la 6ème ou la 5ème, le changement de rythme du collège).

Peut être y a-t-il en Suisse des écoles d’avantage adaptée à Junior que celle qu’il fréquente.

16)
Zallag
, le 12.05.2014 à 09:29
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Madame Poppins, une question me vient : est-ce que votre fils peut vous expliquer de manière relativement précise et nuancée les reproches qu’il adresse aux enseignants qu’il critique, dire le comment, le pourquoi, le quand du malaise scolaire qu’il ressent ? Parce que, bien sûr, ce n’est pas sa réaction «L’école, c’est de la merde et les profs sont des cons!» qui vous a servi, jusqu’à maintenant, à essayer de comprendre ce qui se passe. Il a dû en dire plus.

Je donne assez souvent des appuis scolaires pour presque toutes les branches dans une structure du genre réseau de savoirs, et je suis frappé des changements extrêmes qu’il y a depuis des années dans l’enseignement.

Mode schématisation à outrance ON
Mode lecture par enseignants OFF

On ne transmet plus de savoirs, ni de méthodes.
On attend des élèves qu’ils inventent et découvrent seuls comment les acquérir, comment les développer. On les observe.
On ne leur donne plus de livres de référence (livre de grammaire, de maths ou d’histoire), mais on leur passe des photocopies souvent pourries, pâles, illisibles, non reliées, qu’ils collent dans des cahiers, s’ils ont eu la chance de ne pas les perdre ou les intervertir.

Mode schématisation à outrance OFF
Mode lecture par enseignants ON

J’en vois fréquemment qui sont déstabilisés par une réflexion que je fais plus souvent que je ne voudrais, par exemple : « Là, on te parle de pente, et du sinus de cet angle, et là il y a un angle droit. Tu peux me montrer où le prof a parlé de tout ça, parce que je voudrais t’expliquer un peu comme lui a expliqué. Moi je sais bien comment ça marche, mais je ne voudrais pas te dire les choses trop différemment ».

Mais tellement souvent il ne sait pas, n’a rien, se rappelle un peu, mais pas bien.

Un enfant structuré, intelligent, déductif, devient rapidement stressé sans carte, sans boussole, sans références, sans outils, sans sentiment de cohérence.

Madame Poppins, avez-vous songé à ce que pourrait apporter un autre type d’enseignement, je pense par exemple à L’Ecole Steiner ? Je sais, il faut quelque peu adhérer à la « philosophie » de Rudolf Steiner, s’impliquer, participer plus à ce système, à cette vision. Mais le rythme de chaque élève, ses intérêts sont considérés avec respect par les enseignants, même le programme peut varier très fortement. Je crois même qu’un élève peut faire plus d’heures dans une branche que dans une autre un certain temps, et d’un coup, il y aura comme un déclic, et il acquerra à toute vitesse un secteur qu’il délaissait quelques mois avant. Il y a de nombreuses activités manuelles, et pas beaucoup de hiérarchisation dans ce que font les élèves. L’originalité, la créativité y sont courantes et encouragées. Et il y a ce qu’on appelle « chef d’œuvre ».

Je connais, mais pas en détails, ce qui tourne autour de l’anthroposophie et ce qui constitue l’enseignement scolaire qui s’en inspire. Mais tous ceux que je connais et qui ont passé par cette sorte d’enseignement sont devenus heureux et équilibrés sur le plan scolaire. Et aucun souci pour rejoindre plus tard gymnase, apprentissage, ou uni.

Pourquoi n’exploreriez-vous pas cette piste ?

Et chez eux, à Bois-Genoud, entre Prilly et Crissier, ils font une cuisine absolument surprenante. À boire, à manger, à s’informer, vous y trouverez tout, et votre fils aimera sûrement le lieu, les arbres, l’immense espace, les animaux.

17)
Anne Cuneo
, le 12.05.2014 à 09:36
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J’ai vécu la chose des deux côtés. En étant élèves, et en étant prof.
Lorsque j’étais élève: après la mort de mon père, blocage total, l’école c’est de la m…, et en Italie (où j’étais encore) ça ne plaisante pas: tu n’arrives pas à suivre, tu es écarté. Si tu es pauvre en plus, il ne te reste que les métiers subalternes.
J’ai été sauvée par l’émigration en Suisse, et pas tout de suite. Mais j’ai fini par tomber sur une institutrice qui m’a motivée à fond, et à la base c’était seulement en me disant des choses qui signifiaient, en résumé: je crois en toi, je te fais confiance. Et là-dessus, elle m’a mis au travail, et m’a donné plus de choses à faire que mes camarades, car en fait je n’avais qu’un vrai problème: je m’ennuyais, et une fois que le blocage a été surmonté, rien n’allait assez vite pour moi.
Me souvenant de cela, lorsque je me suis retrouvée enseignante quinze ans plus tard, j’ai essayé de faire cela avec mes élèves. Et j’ai constaté une chose: entre le cancre et celui ou celle qui le motivera et lui fera changer d’attitude, l’alchimie est très subtile. Je n’ai jamais compris pourquoi ça «prenait» avec l’une ou l’un et pas avec son voisin de banc.
Il ne me reste qu’à souhaiter à Junior de rencontrer le ou la pédagogue qui le motivera, car je pense que ce sera quelqu’un hors de la famille qui fera l’affaire.
Je souscris par ailleurs à la tentative d’analyse d’Ysengrin (commentaire 2).

18)
guru
, le 12.05.2014 à 09:43
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Chère MP,

Comme je comprends cette humeur, et comme je comprends ton angoisse. Néanmoins, le fait est que l’école peut être un lieu de torture pour certains individus ce qui n’engage en rien la suite de leur vie et la propension qu’ils peuvent avoir à être heureux et à se réaliser plus tard.

Je suis assez d’accord avec Ysengrain: des écoles du type Decroly ou Summerhill peuvent convenir à certaines personnalités. Il n’a que 11 ans et le déclic va sûrement venir où il trouvera une motivation: la danse, le rock, les maths, le dessin… bref une passion qui emportera tout et qui rendra l’apprentissage nécessaire et supportable.

En attendant je t’embrasse… et je compatis

19)
iYannick
, le 12.05.2014 à 09:55
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C’est drôle, Madame Poppins, J’ai l’impression que tu fais mon portrait d’il y’a 17 ans !

A partir de la 5ème année (à l’époque, c’était à la fin de celle-ci qu’on nous distribuait dans les petites cases « terminale », « supérieure », « pré-gymnasiale »), j’avais décidé que l’école c’était naze, que j’avais mieux à faire plutôt que d’y passer le plus clair de mon temps. Je préférais aller faire du vélo ou jouer au basket plutôt que d’écouter des cours d’allemand (beurk) ou de math (beurk bis). Mais autorité parentale oblige, j’allais en classe. Je parle même pas des devoirs, pour moi c’était une notion complètement abstraite.

J’étais plutôt passif au début, ce n’est qu’à partir de la 7ème année que je suis devenu (très) turbulent, j’ai collectionné les heures d’arrêt jusqu’à, par deux fois, poser la question de mon renvoi de l’établissement (ce qui n’est pas survenu).

Mes profs n’étaient pas en question, je les aimais bien, c’était le système qui ne me convenait pas. Et peut être qu’un petit problème avec l’autorité n’y était pas pour rien.

Après m’être fait viré des cours de dessin (pas matière à examen = inutile dans ma tête), j’ai fini, en assurant le service minimum, à obtenir mon certificat en catégorie « supérieur ». Je me suis directement engagé dans un apprentissage. Il fallait que je bouge, que je gagne du flouze.

Après ces 4 ans, j’ai eu le fameux déclic, et j’ai décidé de faire une matu fédérale, pour ensuite aller à l’université, et c’est là que je me trouve en ce moment.

Mon déclic est peut être intervenu trop tard, j’aurais peut être pu passer direct à la matu, mais j’avais besoin de ça je suppose. De plus les 4 ans d’apprentissage ne sont pas perdu, j’ai quand même appris un métier.

Après tu dis que Junior a 11 ans ? Un peu les prémisses de l’adolescence, dans laquelle on se révolte. Et disons, pour un enfant, dire que l’école, c’est nul est assez habituel.

quid d’un système scolaire différent et spécialisé (comme Steiner par exemple)?

Pour être en couple avec une « Steinerienne » et en connaître plusieurs autres, je confirme que c’est un système qui a ses avantages. Mais je reste dubitatif sur une majorité d’autres points du concept.

20)
jdmuys
, le 12.05.2014 à 16:29
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Avec beaucoup d’humilité pour avoir été confronté à des problèmes analogues avec mes enfants, j’ai constaté que chaque cas est différent.

Mais c’est vrai que la précocité est une hypothèse vraisemblable. J’aime bien le qualificatif de « zèbre » que leur donne Anne Siaud-Facchin. Voir son livre « L’enfant surdoué, l’aider à grandir, l’aider à réussir. »

Après, c’est vrai que l’enseignement est normatif et destructeur, tout au moins dans mon hexagone. Même (surtout) les maths, pourtant discipline ludique, esthétique, inventive, imaginative s’il en est.

Si j’avais pu, j’aurais fait du « home-schooling » avec mes enfants.

21)
ggkrail
, le 12.05.2014 à 17:00
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Bonjour Madame Poppins,

Comme tu l’as remarqué dans les commentaires sur l’incident « championne de taekwondo – mâle mal éduqué », je suis enseignant, souvent avec des élèves de l’âge de Junior (je me permets le tutoiement, ce n’est pas un manque de respect, bien au contraire, je tutoie mes élèves et les respecte beaucoup).

Comme lu plus haut, les enfants HPI (haut potentiel intellectuel) sont souvent inadaptés au système scolaire en général (nous avons fait faire des tests à notre fille). Le résultat ne change pas grand chose, mais savoir que ton enfant est « différent » (notez les guillemets) peut parfois aider à appréhender les événements différemment.

Expérience datant de quelques semaines: un élève que j’avais cette année a été transféré d’établissement scolaire (commune voisine). J’ai bien lu que tu ne voulais pas déraciner Junior, mais le fait est que cet élève (que j’ai revu dernièrement) s’est donné la chance d’un nouveau départ: pas de réputation sulfureuse au sien du nouveau corps enseignant, pas d’à priori négatif de sa part face à ces mêmes nouveaux enseignants. Et après 3 mois, la solution a l’air d’avoir fonctionné.

Puisse ces quelques réflexions, ainsi que celles des autres lecteurs-contributeurs, apaiser un minimum cette situation que j’espère ne jamais vivre avec mes enfants. Courage à toi, Diego et Junior.

22)
ysengrain
, le 12.05.2014 à 17:03
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Si j’avais pu, j’aurais fait du « home-schooling » avec mes enfants.

Ça m’évoque la période de votre périple européen où tu as assuré le rôle de prof. Junior ne se dit il pas (aussi) qu’avec Maman c’était mieux ?

23)
Jean Claude
, le 12.05.2014 à 18:44
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Et puis il y a des choses que l’on n’apprend que plus tard.
Vers les 15 ans mon fils, Yann, avec qui nous avions grosso modo les mêmes problèmes, nous a fait une grande scène. Très violente. Il en avait « assez », il « partait » et joignant l’action à la parole il ouvrit la porte de l’appartement. L’empêcher a été très dur, à l’époque il était déjà plus grand et plus fort que moi, la porte s’en souvient ! Mais il est sorti. Nous l’avons retrouvé dans notre camionnette, transformée en camping-car, sur le trottoir devant chez nous. Puis retour dans sa chambre et silence.
Plus de 15 ans plus tard, il y a 6 mois il nous a expliqué qu’il voulait tout bonnement aller chez un copain pour terminer un devoir de math…
A l’époque il devait vraiment y avoir un problème de hiérarchie dans les besoins. Ce devoir devait être si important pour lui que nous ne devions sûrement pas comprendre, nous les adultes.
Bon, certes ce n’est pas le problème de Junior, mais à 10 ou 15 ans ils ne vivent pas dans le même monde que nous. Disons qu’ils ne l’appréhendent pas de la même façon.

24)
Soheil
, le 12.05.2014 à 18:54
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« l’école, c’est de la merde et les profs sont des cons ! »

C’est exprimé de manière excessive, peut-être, à son âge il manque encore de diplomatie. Mais pour ce qui est du fond, il a tout à fait raison le petit! N’essayez surtout pas de le « normaliser ».

25)
Philob
, le 12.05.2014 à 20:05
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Bon, tu dis qu’il aime la BD, alors propose-lui de faire une BD, s’il n’aime pas dessiner alors de la scénariser, il aime peut-être la nature, allez observer les oiseaux ou tout autre animal, l’inscrire à un camp WWF, on est sur CUK, il pourrait s’intéresser à la photo, mais avec un appareil « complexe ». Tous ces exemples, pour dire simplement : essayer de lui proposer une activité qu’il pourra aimer, mais une activité qui fait appel à ses capacités cognitives, comme cela il les entrainera, il apprendra à faire des liens, des synthèses, à savoir transposer, à faire des listes, à chercher des réponses auprès d’autres personnes ou dans des livres ou sur internet, toutes ces choses qui font l’intelligence, l’école passera au second plan, tant mieux et tant pis s’il redouble, pourvu qu’il s’éclate intellectuellement dans une activité qu’il aura choisie et qu’il pourra aimer. Parfois ça suffit et le reste suit simplement.

Surtout, en bon jardinier, je sais qu’une graine ne peut germer que si le jardinier à confiance en elle, ça veut dire préparer un bon terreau, surveiller l’arrosage et surtout savoir patienter, certaines graines mettent beaucoup de temps à germer.

On parle toujours de soi, j’étais un bon élève, sage, studieux (mais complètement nul en langue, ce que je suis toujours), à l’âge de 16 ans, j’avais toutes les portes ouvertes pour continuer des études, mais, contre l’avis de tous, j’ai refusé de continuer un cursus scolaire, je me suis trouvé un apprentissage de jardinier (un métier très mal payé et avec un maximum d’heures par semaine); mais que j’ai bien fait, que j’ai été heureux. Maintenant ? Je suis éducateur spécialisé (avec un papier équivalent HES) et je suis même responsable d’équipe avec un bon salaire; je suis serein, car j’ai été jardinier.

Ne pas oublier : avoir confiance et à 11 ans on peut prendre déjà des décisions très importantes et presque définitives (j’ai refusé à cet âge ma confirmation, j’étais devenu incroyant, et je le suis toujours, mes enfants ne sont pas baptisés), mes parents ont été dépassés, ils ne m’ont pas pris au sérieux et pourtant, à 11 ans je l’étais déjà.

26)
Zallag
, le 12.05.2014 à 20:42
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On ne doit pas oublier que les enseignants sont des fonctionnaires, donc qu’ils ont peu, voire aucune vraie indépendance dans leurs choix pédagogiques, de matériel d’enseignement, de méthodes, de notation.

Ma fille a eu la chance d’avoir une maîtresse d’école primaire qui était une forte tête, en ce sens qu’elle utilisait, contre l’avis de son directeur de collège, un livre d’apprentissage de la lecture, interdit d’usage à partir du moment où les sociologues ont commencé à supplanter les enseignants en matière de didactique, valsant entre des approches socio-constructivistes, constructivistes, cognitivistes, et enfin behavioristes. Je ne rapporterai pas ce qu’elle en pensait.

Les élèves de sa classe adoraient lire, apprenaient très vite, avaient les meilleures notes de l’établissement scolaire en lecture, et aussi en d’autres branches, par ricochet sans doute ?

La maîtresse nous a même dit qu’elle cachait les « Mon premier livre » qu’elle avait, de crainte qu’on ne les lui enlevât !

Je m’excuse de ce subjonctif, mais la concordance des temps est un charme du français. En plus ça me permet de passer pour un nostalgique du bon vieux temps de l’enseignement … Je suis nostalgique du temps des enseignants qui faisaient presque uniquement ça, et pas mille choses en plus.

27)
Madame Poppins
, le 12.05.2014 à 21:20
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jpg, il est vrai que Junior aime remettre les choses en cause mais s’il pouvait le faire de façon moins… expressive et fleurie, ça serait parfois agréable…. Quant au « moule », j’en prends conscience avec lui : ledit moule avait été fait pour moi à l’époque et j’en avais déduit à tort que c’était évident qu’il irait aussi à mes enfants (oui, je sais maintenant que c’était une approche très conne mais bon….).

Ysengrain, c’est certainement très juste de dire que l’école cristallise à peu près tous les conflits mais diantre, qu’est-ce que c’est usant… Quant à « maman qui fait l’école », Junior avait trouvé, tant est que cela soit possible, que c’était encore pire qu’avec ses profs : forcément, y avait pas les copains durant le voyage et l’heure de cours par jour avait très rapidement viré au cauchemar absolu… On a connu deux années où c’est plutôt bien allé, avec une instit’ qui avait un truc en plus ou un truc en moins et qui savait y faire avec lui : dommage qu’elle n’ait pas pu continuer à l’avoir comme élève !

Ritchie, pas de quoi être désolé : l’idée de visionner ces TED est excellente, merci, je le ferai dans le courant de la semaine, ne les connaissant pas encore.

Tramaja, c’est en pensant à votre message, ce soir, que j’ai tenté justement de causer de moult autres choses avec notre fils, pour conserver ce fameux lien, tellement plus important que les annotations dans le carnet. Mais certains soirs, fichtre, c’est dur… Heureusement, j’étais assez en forme pour ne pas céder à ses provocations…. A suivre.

PSPS, j’ai aussi posé la question à Junior sur ce qu’il souhaitait pour son avenir professionnel : il m’a répondu « du multimédia ». Lorsque j’ai trouvé que c’était une riche idée, il m’a rétorqué qu’elle pouvait être concrétisée sans formation et sans parcours particulier après l’école obligatoire… Doux rêveur, non, ce garçon ?!

Tom25, l’internat, il m’arrive d’en rêver mais si je l’envisage concrètement, j’ai le coeur qui se brise à l’idée de ne pas voir mon fils durant cinq jours chaque semaine….

Crifan, les moyens électroniques et TV ne sont accessibles qu’à partir de 18h00 et ce jusqu’au moment de passer à table (vers 18h45 – 18h00) : le soumettre à la condition que les devoirs ont été faits revient à priver aussi les deux frères de la TV, ce qui est serait injuste je crois. En outre, limiter encore davantage ne ferait que attiser le feu : il estime être le seul, l’unique, le pauvre de la classe parce que « tous les autres ont accès illimité à internet » (mon oeil…. je connais plusieurs parents) mais il est convaincu qu’en étant ultra désagréable partout, on finira par craquer et lui laisser avoir un accès permanent à internet… Doux rêveur à nouveau…

pisadoo, justement, je ne mets pas l’accent sur les notes mais sur le fait d’avoir un comportement correct, histoire de ne pas déranger la classe en permanence : un cancre qui attend en rêvant la fin des cours, ça m’irait aussi, je suis juste fatiguée de cette opposition si sonore…

fandepoppins, quel pseudo ;-) je suis convaincue qu’il y a dans son opposition la preuve d’un problème mais fichtre, lequel ???? Les profs, les parents, la pédopsy, tout le monde cherche mais personne ne trouve et lui ne dit rien (à part que son problème, c’est son accès trop limité au net….). Quant à la délocalisation, je pensais plutôt à la Chine…

Je reviens plus tard pour la suite,

28)
Madame Poppins
, le 12.05.2014 à 21:39
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Mirou, je peux venir te voir le jour où tu piques ta crise au boulot ? ;-) Moi, j’ai tendance à m’énerver parfois mais quand c’est professionnel, je tente de rester « mesurée »… Changer de boulot, y peut pas mais peut-être que changer d’école serait quand même une bonne chose, je cogite la chose…. De toute façon, cette année scolaire est bientôt terminée, c’est pas le moment de faire de grands changements.

François, c’est pas con du tout, cette théorie : elle me parle plutôt pour Junior, ses comportements inadéquats lui permettant de faire passer au second plan les lacunes qu’il a et qui vont grandissantes… Mais tu fais quoi, concrètement, pour enrayer le processus ? C’est là que moi, je ne vois pas du tout du tout du tout… Et oui, je pense souvent à ton second fils, qui peut être ultra fier de son parcours aujourd’hui, il a redressé la barre de façon remarquable !

TTE, certains soirs, je dois avouer songer à recourir à une forme particulière de taekwondo… la prise « je t’encastre dans le mur » mais bon, j’ai fait droit, ça freine les ardeurs ! ;-)

soizic, admettons, hypothèse, que Junior serait « très doué » et après, je fais quoi ? La seule école qui existe est à l’autre bout du canton et c’est aux parents de conduire les enfants : inutile de dire que ça sonnerait le glas de ma vie professionnelle et ça, je peux pas (financièrement) et je ne veux pas (intellectuellement). Soupir… N’empêche, contente de lire que ça a pu fonctionner et être une « bonne » réponse pour certains enfants.

29)
Madame Poppins
, le 12.05.2014 à 22:40
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Thomas, j’ai eu un peu ce genre de parcours : comme ça marchait bien, j’ai aligné les formations, cherchant encore et encore ce que je pourrais bien faire de ma vie… Il a fallu du temps pour que je trouve la matière et je ne suis même pas encore certaine de savoir où je veux l’exercer : prions pour que Junior trouve avant ses 44 ans :-)))

Levri, (mode « humour à la con » on), vu l’énergie qu’il a fallu ce soir pour ne pas répondre aux provocations incessantes de Junior, je me demande si la réaction « amorphe » ne serait pas plus « simple » que la catégorie « rebelle » (mode « humour à la con » off). A nouveau, hypothèse, admettons que le QI de Junior soit supérieur à la moyenne : il n’en demeure pas moins qu’il n’a pas les capacités à chercher les bons côtés, à faire des efforts et à s’adapter un tant soit peu et ça, il faut qu’il trouve, d’une manière ou une autre, parce qu’il s’agira aussi de s’adapter à un monde professionnel par la suite. Donc, moi, je continue à refuser les tests de QI, ils sont pour moi une donnée mais jamais une solution.

Zallag, mince, t’as vu les cahiers de Junior ?????? La description de l’absence de manuel et la collection de copies mal faites et datant du siècle passé, c’est tellement ça, hallucinant ! Remarque, la bouffe, à Bois-Genoud, elle est excellente mais je ne croche vraiment pas à l’idée de passer mes week-ends à faire marcher l’école…

Anne, tu le dis très bien : l’alchimie est sensible, elle a existé durant deux ans mais là, on est plutôt en plein cours de « chimie », ça explose dans tous les sens. Je retiens quand même le fait de ne pas baisser les bras et de continuer à dire à Junior « je crois en toi » : à force de déchiffrer des annotations les plus diverses dans son agenda, j’ai probablement oublié de le lui dire assez souvent.

30)
Anne Cuneo
, le 12.05.2014 à 23:03
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l’alchimie est sensible, elle a existé durant deux ans

Ah! Elle a existé! Mais alors n’est-ce pas la séparation d’avec ce (ou cette) pédagogue-là qui a provoqué la crise? Ce cas de figure-là, je l’ai aussi vécu, avec ma propre fille. On fait un transfert, et puis la vie nous sépare alors qu’on n’est pas encore prêt à quitter l’autre. Je souhaite vraiment que Junior retrouve une personne de confiance, qui à mon avis ne sera pas toi, mais quelqu’un d’extérieur à la famille, quelqu’un qui sera «à lui tout seul» – et à des dizaines de camarades, mais à personne d’autre de sa famille.

31)
ggkrail
, le 12.05.2014 à 23:06
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admettons que le QI de Junior soit supérieur à la moyenne : il n’en demeure pas moins qu’il n’a pas les capacités à chercher les bons côtés, à faire des efforts et à s’adapter un tant soit peu et ça, il faut qu’il trouve, d’une manière ou une autre, parce qu’il s’agira aussi de s’adapter à un monde professionnel par la suite. Donc, moi, je continue à refuser les tests de QI, ils sont pour moi une donnée mais jamais une solution.

Complètement d’accord! Comme déjà écrit, la donnée aide seulement à voir les choses avec un point de vue différent ancré sur quelque chose de concret (pour autant que l’on considère le résultat d’un test de QI comme concret).

Ma femme lit régulièrement des livres (personnellement, je les parcours, je les lis partiellement, elle me conseille certains chapitres,…) sur les enfants surdoués, à haut potentiel, surefficients, ou tout autre qualificatif que l’on peut leur coller: la description de ces enfants ne colle jamais complètement à notre fille, seulement par bribes. Mais ces livres nous amènent aussi quelques bribes de solution, de questionnement aussi parfois, qui nous font avancer un peu, on espère, lentement ça c’est sûr.

Une constante tout de même: la sur-émotivité de ces enfants. Liée à l’âge de Junior (adolescence ou pré-adolescence), ce ne peut être qu’explosif à mon humble avis. Je compatis.

32)
ToTheEnd
, le 12.05.2014 à 23:20
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il m’a répondu « du multimédia ». Lorsque j’ai trouvé que c’était une riche idée, il m’a rétorqué qu’elle pouvait être concrétisée sans formation et sans parcours particulier après l’école obligatoire… Doux rêveur, non, ce garçon ?!

Avant de répondre à ça, je tiens à préciser que je pense que la filière traditionnelle est bonne dans 80% ou même 90% des cas.

Pour revenir sur ta citation, il faudrait savoir d’où lui vient cette idée car elle n’est pas si saugrenue que ça. L’informatique, le multimedia ou les technologies de l’information en général sont pour pour moi une de ces seules branches où on peut ne pas suivre la filière classique parce que:

La branche est vraiment très vaste avec énormément de filières qui sont peut être enseignées mais dont le programme peut être obsolète avant même que le premier diplômé finisse. Ensuite et surtout, parce qu’elle est en perpétuelle évolution. Bien sûr, tous les métiers évoluent mais pas comme dans le numérique, rien n’évolue aussi vite et de manière aussi radicale.

Bref, encore une fois, je ne dis pas qu’il ne faut pas suivre des études mais si je peux me permettre, il ne faut pas hausser les épaules et réduire cette affirmation ou désire à une simple crise prépubère parce qu’elle est loin d’être saugrenue (il aurait dit « médecin » ou « journaliste », je ne dis pas). Il faut donc comprendre pourquoi il dit ça car tu es tout de même vachement plus avancée que beaucoup de parents qui entendent juste une révolte avec des phrases à la con du genre « je veux être chanteur » ou « je sais pas ». Ici il y a une piste.

Sauf erreur, dans la famille, il y a des gens dans les technologies de l’information et probablement quelqu’un qui touche au « multimédia » non? Il serait intéressant de provoquer une discussion avec Junior et cette personne en donnant du crédit à son idée même si, pour toi qui a suivi une voie classique, ça te semble être quelque chose de totalement absurde.

Bien entendu, à cet âge, il peut y avoir une sacrée différence entre ce qu’on pense vouloir faire ou même l’idée qu’on s’en fait et la réalité.

Enfin, deux anecdotes pour la route:

Il y a 3 ou 4 ans, ma cousine italienne âgée de 15 ans s’est passionnée pour la photo et elle a dégoté un petit réflex numérique bien merdique et depuis, elle fait des photos. Je les ai vues et si pour le moment je ne suis pas encore impressionné par le résultat, le moins qu’on puisse dire c’est qu’elle en a envie. L’été dernier, sa mère qui travaille dans la mode lui a trouvé un stage de vacances chez un photographe de mode connu… après ça, elle affirmait encore plus fort que c’est ce qu’elle voulait faire et la mère lui a dit ok mais après le BAC. Pour le moment, ça tient et elle vise le BAC avant de mettre les voiles à 110% sur la photo.

Perso, après archi, je me suis retrouvé un peu par hasard chez un intégrateur qui m’avait repéré lorsque je les ai aidé à mettre en place une infrastructure pour diffuser des concerts live dans une salle de concert que je gérai alors que j’avais 0 papier en télécom ou IT. J’ai commencé à faire carrière dans les télécoms/l’IT et j’ai géré des projets à 7 chiffres.

Mais en réalité, des histoires comme ça et encore plus dingues, j’en connais des dizaines parce que les gens comme ça s’attirent.

A l’arrivée, il vaut mieux le canaliser au mieux dans quelque chose qu’il souhaite faire en tentant d’imposer quelques jalons que de juste hausser les épaules et de tout réfuter en bloc parce qu’il ne suit pas le chemin que tu veux lui faire suivre.

T

33)
Trucmouche
, le 13.05.2014 à 00:14
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Que raconter de plus si ce n’est mon expérience personnelle…

Je ne sais pas par où commencer !! J’ai toujours (encore aujourd’hui) été un rêveur qui avait envie de plaire aux autres.

J’ai durant ma scolarité dépensé beaucoup d’énergie à faire rire les autres (surtout les copains de classe) ce qui m’a valu pas mal de rappels à l’ordre.

Mais j’ai vite compris qu’on pouvait également bien s’entendre avec les prof, même en ayant des notes « limites », en adoptant un comportement raisonnable qui frôlait parfois les limites de la tolérance du prof qui devait en avoir souvent marre !

Ayant un père architect et un grand-père peintre (et architecte aussi), j’ai eu la chance d’être sensibilisé à l’art en général. Je me suis pris de passion pour le design en particulier.

En terme de notes, je n’étais pas brillant, mais c’était suffisant pour ne pas redoubler, du moins jusqu’à la première au lycée que j’ai doublé. Après le bac j’ai aussi redoublé 2 fois.

Je suis aujourd’hui en médecine (après avoir fait 2 fois la première année et 2 fois la deuxième, ce dernier redoublement n’était pas de mon fait cependant).

Tu vas me demander pourquoi s’être orienté vers la médecine plutôt que vers le design ou l’architecture … Et bien la psychiatrie m’a également toujours intéressé et j’ai voulu tenter la voie la plus sélective d’abord, voilà tout.

En y réfléchissant, ce qui m’a aidé c’est d’avoir un but (avec l’éventualité de faire autre chose qui m’aurait tout autant plu si je ratais médecine, à savoir l’archi ou le design), mais c’est aussi d’avoir une maman qui m’a toujours poussé même quand c’était difficile et qui m’a très vite mis face à mes responsabilités en me considérant comme un adulte assez jeune (vers 14 ou 15 ans).

Je ne sais que te conseiller car si l’origine de ce comportement turbulent est concomitant à l’arrivée du petit frère, le pensionnat (qui est une super expérience je pense mais il est peut-être encore un peu jeune) pourrait être vécu comme un abandon par Junior qui serait alors « délaissé » au profit de son frère (tout ça dans son inconscient bien sûr !!) et cela pourrait être compliqué à manager après … Enfin c’est mon avis …

J’arrête de vous embêter avec ce post qui devient long !! :)

Je reste à ton entière disposition si tu as des questions plus personnelles (car je suis passé par « tout »: Pédopsy, test de QI, profs particuliers, sofrologie …)

Camille

34)
Ritchie
, le 13.05.2014 à 00:14
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Bon, après la lecture de tout depuis le début, je dirais qu’il faut faire ressortir sa(es) passion(s) et les encourager à fond, et ensuite négocier pour qu’il termine au moins les études de bases.

Ma petite petite histoire donc, qui risque d’être une peu longue, désolé !

Fin 1980, mes études secondaires (au Québec) en poche, j’avais depuis un très long moment l’envie de faire de la compétition de vélo (je rêvais de gagner le Tour de France… pas seulement d’y participer !) Je roulais déjà pas mal, et je m’inscris à un club de vélo, et commence à m’entraîner avec le club junior (j’avais 17 ans) de la ville la plus proche.

Ma mère était contre et mon père plutôt neutre et les deux favorisaient bcp plus des études supérieures (Ingénieur, Médecin, …), de plus comme le club était pas à côté de la maison ça n’aidait pas non-plus, je m’entraînais souvent seul et aucune motivation familiale.

En fait, tout pour me mettre dans les meilleurs dispositions quoi !

Donc, démotivé au bout d’un été, j’ai entamé mes études au CEGEP à l’automne, et en plus il fallait sérieusement songer à choisir son futur métier. J’en ai passé des soirées à me triturer l’esprit et avec ma copine de l’époque pour trouver une carrière, tant je ne voyais rien qui me plaisait, mais vraiment rien du tout.

Au début de la 2ème année de CEGEP, je prend un cours de FORTRAN, et c’était tellement simple que j’ai choisi d’aller en Informatique (j’avais 2 cousins qui étaient dans le métier et mon père m’avait fortement suggéré d’y songer).

Donc Université (que j’ai pas terminé, comme bcp d’autres choses par la suite), puis boulot, puis départ pour Paris en ’88.

L’effet déclencheur !

Arrive 2000, je participais déjà aux randos rollers de Paris depuis 2 ans, tous les WE, et nous nous tirions la bourre entre copains la semaine ET voilà qu’un ami me demande si je ne voudrait pas faire parti de l’équipe pour les 24h de Mans 2000. Au début, je dis non que bof, ça me disait pas trop etc etc. Mais, c’est sans compter qu’il était très convainquant (le contraire de mes parents !) et que j’ai fini par céder et même commencer à m’entraîner sérieusement, en me disant « Bon, après, retour à la normale et pattati et pattata ! »

Sauf, que, nous avons fait une perf. de folie (6ème sur 88 avec 2 quadeurs et 1 fille) et que je me suis laissé prendre au jeu pour les 24h de Goumoens-la-ville (pas loin de Lausanne) et que cela a démarré une carrière sportive de 4 ans, où en 2002 j’ai terminé l’année en tant que 2ème vétéran en France. J’ai dû arrêter pour cause de problème au dos courant 2003. J’ai ensuite entraîné les meilleurs pendant 1 an et demi.

Pendant ce temps, je me rend compte que j’aimais de moins en moins mon boulot …

Fin 2011, on met fin à mon contrat prématurément, épuisé physiquement je prends un peu de temps. Début 2013, je finis en forte dépression, et je viens à peine de re-démarrer un autre contrat !

Avec mon psy, nous en sommes venus à la conclusion que le vélo (et le sport de haut niveau) était vraiment ma passion et que l’informatique, ben pas du tout en fait, même si c’est assez facile pour moi. Bon, maintenant à plus de 50 balais, le sport de haut-niveau qui rapporte je vous fait pas un dessin !

Perso, j’en suis toujours pas sorti de tout ça et qui sait si un jour j’en sortirai (j’en suis en sueur de l’écrire).

J’vais souvent m’entraîner à Vincennes derrière les pelotons de vélo avec mon Brompton et je ne suis pas si mauvais que ça. Comme on dit, il y en encore de bons restes !

Tout ça pour dire que si Junior ne fait pas qqch qui le passionne vraiment, ben faut faire gaffe à ce que ça peut générer derrière.

Ritchie

36)
Madame Poppins
, le 13.05.2014 à 14:05
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Je continue mes pérégrinations…

Guru, je retiens les bises et le fait que nombreux sont les individus qui sont heureux par la suite sans avoir passé par une scolarité « épanouissante » : faut que je me mette un panneau sur le frigo « Junior sera quand même heureux un jour, faut juste qu’il trouve sa voie ». Bises à toi aussi.

iYannick, ton message m’a fait un bien fou : on peut avoir été celui qui met le bordel dans la classe et quand même avoir un jour l’envie de retourner sur les bancs de « l’école » ! En tout cas, bravo pour ton parcours, ta volonté est réellement hors du commun ! Merci donc pour ta réponse, elle me met du baume au coeur : je me dis que peut-être, un jour, Junior ne se distinguera plus seulement par le nombre d’annotations hebdomadaires…

jdmuys, le home-schooling, j’aurais bien vu ça mais avec tout le monde sauf Junior…. On a tenté le coup durant six mois (durant un voyage), ça a été encore pire que maintenant…. En revanche, avec Mini, son frère (maintenant 9 ans), ça a été un truc super (même si j’en étais déjà presque à mes limites niveau math, tant je suis une bille dans cette branche). Ton message ne le dit pas mais je vais admettre qu tu as surmonté ces difficultés analogues avec tes enfants sans ingurgiter des tonnes de prozac !

37)
Pom
, le 13.05.2014 à 14:08
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Plusieurs d’entre vous le mentionnent implicitement dans vos commentaires … je réitère explicitement: la responsabilisation peut fonctionner …

Junior pourrait choisir une voie à lui, le multimédia par exemple … ensuite, tu pourrais lui conseiller de faire un stage, pendant quelques jours de vacances, avec des professionnels du métier qui lui expliqueraient comment ils sont arrivés là, quelles sont les bases qu’ils recherchent pour un collaborateur chez eux (formation, expérience…) et qu’il puisse par lui-même voir ce qu’il faut faire ensuite pour y arriver …
Et ensuite, plus qu’à l’encourager, lui donner l’assurance qu’il peut y arriver, le conforter qu’il a fait un choix qu’il peut assumer … et même s’il change d’idée par la suite, il aura fait cette expérience qui l’enrichira pour le reste de sa vie.

Je le remarque aussi avec mes enfants: aller contre est parfois nécessaire, mais est un tel gaspillage d’énergie que c’en est rageant … alors, courage, Madame Poppins, nous sommes tous plus ou moins aussi fortement dans le même bâteau en tant que parents ! Et nos enfants, comme tu le dis ci-dessus, deviennent de toute manière quelqu’un !

Enfin, petite question rituelle et fort intéressante, qui souhaite-t-il devenir ?

38)
Dom' Python
, le 13.05.2014 à 15:56
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Très chère Madame P,

(Je suis touché par ton billet, mais n’ai pas eu la possibilité d’y répondre plus tôt.)

Je peux effectivement, et sans arrière-pensée, souscrire au « moi aussi, l’école était une torture quand j’étais gamin(e)« , mais malheureusement je n’ai pas de quoi continuer la phrase, n’ayant jamais connu de déclic salvateur. Le seul « déclic » dont je me souviens, c’est en rentrant de mon premier jour de stage dans le magasin où j’allais faire mon apprentissage de vendeur. Ayant garé mon vélomoteur, je me suis machinalement retourné vers son porte-bagages pour y récupérer mon cartable, ainsi que je le faisais quotidiennement au retour de l’école. Et là, me souviens encore de cette sensation libératrice que j’ai eue en réalisant que le porte-bagages ne « portait » rien. Je venais donc de passer une journée de « non-loisir » dont j’étais le centre, moi, et non ces foutus bouquins et cahiers.

Le psy-orientateur-professionnel que mes parents m’avaient fait consulter et qui m’avait orienté vers cet apprentissage, leur avait dit: « Pour Dominique, la culture, c’est ce qu’il apprend et utilise dans la vie quotidienne et non ce qu’il y a dans les livres. »

Dans la pratique musicale, pareil: j’ai quitté la voie académique dès que j’ai eu le courage de m’opposer à mes parents (musiciens amateurs) et ma marraine (organiste et professeur de piano). J’ai appris la guitare en autodidacte. Je ne dis pas que c’est mieux, mais c’est ce que j’ai choisi. Et encore, je n’ai que très peu « travaillé » mon instrument, mais j’ai appliqué le principe, entendu bien plus tard dans la bouche d’un professeur de musique: « Jouez aujourd’hui, vous apprendrez demain! »

Lorsque notre fils unique a commencé sa carrière d’écolier, nous avons rapidement pu constater qu’il avait hérité de mon gène « scolairophobe »; et tout ce qui se rapporte à sa scolarité reste dans ma mémoire comme autant d’épisodes douloureux et… bon, bref.

Lorsqu’il a – très jeune – manifesté des dispositions certaines pour la musique, je me suis juré que jamais je ne l’obligerais à suivre des cours. Il ferait la musique qu’il voudrait, s’il le voulait, et de la manière qu’il voudrait. Et c’est ce qu’il a fait. Il est aujourd’hui un vendeur apprécié dans un magasin d’instrument de musique réputé, batteur dans deux groupes de métal genevois, occasionnellement photographe amateur, et, surtout, bien dans sa peau.

Pourquoi je te raconte ça? Ben… honnêtement… j’sais pas trop! Mais mon expérience est que parfois, on m’a autant aidé par le simple partage que par le conseil avisé. Donc mon propre parcours ne me mettant pas en position de t’offrir conseil et idée, voilà!

J’ajouterai quand même que, parlant du difficile et fondamental métier de parent, ton billet – à mon sens – EST universel.

39)
frank
, le 18.05.2014 à 14:11
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Tiens ce jeune homme me fait penser à ma petite personne avec quelques années d’avance.

Ma révolte anti-école s’est développée par esprit de vengeance du fait de mes échecs retentissants à l’école (j’ai doublé la 3ème et la la 5ème)et certainement dans un besoin de ne pas faire comme la norme, me démarquer des autres.

Je rejoins assez la théorie de M. Cuneo par laquelle, j’avais à l’époque un manque de confiance total en moi et surtout en mes capacités.

La descente aux enfers (en tout cas pour mes parents) à durer plusieurs années puisque par la suite j’ai aussi quitté mon apprentissage tout en ayant des problèmes d’addiction aux paradis artificiels.

Demande à Diego. il me connaît assez bien pour t’en parler.

Mais surtout regarde maintenant où j’en suis, je sais la limite entre y arriver ou pas est tenue, quoiqu’il en soit mon déclic à eu lieu vers les 25 ans (hé oui je suis plutôt lent de nature) et l’obligation de devoir gagner de l’argent pour manger autre chose que des boîtes de raviolis indigestes.

Aie confiance en lui, je suis certain qu’il s’en sortira peut-être pas comme vous le désirez mais comme lui le veut.

40)
Smop
, le 23.05.2014 à 02:05
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Passant moins de temps sur le réseau Internet, je découvre ce billet seulement maintenant. Mam’ Poppins semble vraiment désespérée…

J’ai apprécié le tout premier commentaire, de jpg, et suis aussi heureux de constater que l’esprit majoritaire des différents intervenants démontre une fois de plus que l’on est plutôt progressiste sur Cuk. Il y a bien des sites sur lesquels un tel article aurait suscité des recommandations d’éducation plus stricte et où l’on aurait suspecté les parents de manque d’autorité.

Moi aussi je fais partie de ceux qui ont eu, contre toute attente, une scolarité très difficile. Ma mère était éditrice et mon père artiste-peintre, tous deux grands intellectuels, et qui n’ont pas fait la moindre économie d’investissement dans mon éducation. Fils unique, j’ai grandi dans les « beaux quartiers » londoniens puis parisiens, fréquenté les meilleures écoles, beaucoup voyagé, et ai été surexposé à toutes les sources d’inspiration culturelle possibles. Ma mère croyait aux écoles et méthodes d’enseignement expérimental très en vogue dans les années soixante-dix et je suis passé par un certain nombre d’entre elles. Je réussissais aussi très bien aux tests psychotechniques et on me présentait toujours comme un « surdoué ».

Tout cela ne m’a pas empêché de déraper très sérieusement entre onze et dix-sept ans. Je n’ai jamais redoublé (au contraire, j’ai sauté une classe), mais à une exception près, je n’ai jamais fait deux années de suite dans le même établissement, presque exclusivement dans l’enseignement privé. Je me suis fait renvoyer à plusieurs reprises en cours d’année scolaire. Je fuguais régulièrement et à quatorze ans, je trainais déjà dans les boites de nuit et étais un consommateur régulier de cannabis. Je passe ici sur mes autres frasques… Mes relations avec mes parents étaient extrêmement tendues et l’absence de dialogue, les mensonges, les provocations, les insultes, voire même parfois l’affrontement physique, étaient monnaie courante. Avec le recul de l’âge, je suis encore sidéré aujourd’hui de la capacité de résistance de mes parents, qui ont vraiment tout essayé, sans succès. Je pense que je n’aurais pas été capable de supporter ce qu’ils ont enduré, et c’est probablement l’une des raisons qui m’ont conduit au choix de ne pas avoir de progéniture. Il y a une part de loterie dans la chose et je ne suis pas joueur.

Lorsque j’ai quitté le domicile parental à dix-sept ans pour m’installer avec une étudiante en médecine et entamer des études de droit guère brillantes, je n’avais toujours pas trouvé ma voie. Le déclic salvateur a été une proposition d’un emploi nocturne à temps partiel dans un centre informatique, domaine que je ne connaissais absolument pas et qui est devenu presque immédiatement une véritable passion. À partir de là, ma vie a complètement changé. Je me suis senti reconnu socialement, et j’ai rapidement acquis une certaine aisance financière en travaillant pour mon propre compte. Vingt ans a été l’âge de ce déclic.

Trente ans plus tard, je crois que je peux faire un bilan plutôt positif de mon adolescence « borderline » . Tout n’a pas été rose, mais en contrepartie, j’ai acquis une liberté de pensée, une confiance en moi et un anticonformisme qui m’ont beaucoup servi par la suite. Comme quoi, il faut toujours garder espoir, même face à l’improbable ! La seule chose que je n’ai jamais su faire a été de me réconcilier avec mes parents, tous deux décédés aujourd’hui.

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Madame Poppins
, le 23.05.2014 à 15:08
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Smop,

Merci pour ton message : le choix du terme « désespérée » est correct !

Merci surtout aussi pour ton récit : je croise, je prie, j’invoque pour que Junior ait prochainement aussi ce fameux déclic autre que « je veux un ordinateur avec un accès illimité, jour, nuit, aux jeux et à internet ». Et puisque j’y suis, « j’allume aussi un cierge » pour que je n’aie pas à me réconcilier avec Junior : j’espère que le lien ne sera jamais rompu.

frank, mince, toi ici ???? Merci pour ton message : tu sais, « réussir », ça fait longtemps que j’ai pigé qu’il y avait plein de façon de le faire. En revanche, je suis et reste convaincue que se mettre tous les profs, ses parents et prochainement une partie de la classe (dérangée par son comportement) n’est pas une réussite. Au-delà de ça, qu’il soit instrumentiste en salle d’opération, boulanger ;-) ou accordeur de piano, peu m’importe (si, si, je suis snob mais pas au point de penser qu’à part le bac et la fac, point de salut), tant qu’il est bien dans ses shoes, ce qu’il n’est de toute évidence pas du tout maintenant. Ce que j’aimerais bien savoir, puisque tu rejoins François, c’est comment tu as fait pour trouver cette confiance en toi (qui, à mon sens, fait aussi défaut à Junior).

Dominique, merci à toi aussi pour tes lignes : je retrouve Junior dans le commentaire de l’orientateur, Junior adorant apprendre… pourvu que ça se passe dans la vraie vie et non dans un bouquin sur un banc d’école.

Bon week-end à toutes et tous, merci pour vos messages et désolée d’y répondre si tardivement !