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Tribulations écologiques dans les nuages

En 2013, sur cuk.ch, il y a eu un petit cataclysme! Everpix a fermé ses portes, d'un coup ou presque, laissant certains rédacteurs de cuk.ch perdus dans les arcanes du cloud! Heureusement, ceux-là même n'ont pas tardé à trouver une solution

Et je dois bien avouer qu'Everpix, moi aussi j'avais essayé. Parce que c'est tentant d'avoir ses photos en ligne: à la fois une sauvegarde centralisée et la possibilité de les regarder/montrer sur son téléphone, sur l'ordi d'un copain… D'ailleurs ça fait un moment que la plupart d'entre nous fonctionnent comme cela pour les mails; maintenant les photos; demain les sauvegardes et autres time machines… Comment?!? Des sauvegardes dans le nuage, vous êtes sûrs!? Parce que si des boîtes mail, en faisant attention, sont faciles à contenir sous les 5Go, une photothèque un peu fournie chatouille plutôt les 50Go et une sauvegarde Time Machine les 500Go. Ca va être long à synchroniser tout ca. Et puis en ai-je vraiment besoin?

Non, je ne vais pas vous faire le coup de la décroissance à tout va, les pigeons voyageurs pour remplacer les mails et les sténopés votre dernier appareil photo. D'ailleurs vu les volume de données que je suis amené à manipuler dans un cadre professionnel, je suis bien content qu'ils nous aient installé un nouveau réseau tout neuf au labo. Là, j'en ai vraiment besoin! Mais les mois de travaux, les pièces nouvellement condamnées pour les switchs et autres routeurs, la climatisation qui va avec, tout cela donne une petite idée de l'infrastructure à mettre en oeuvre pour synchroniser sa photothèque avec l'autre côté de l'Atlantique.

Entre temps, un NAS a fait son entrée à la maison (pour les technophobes qui auraient lu jusque là, c'est un disque dur connecté, qui sert de serveur personnel). D'abord pour la musique dématérialisée, et petit à petit comme disque time machine, puis comme serveur de fichiers et serveur VPN. Un NAS, c'est commode parce que vous l'avez sous la main quand vous voulez déplacer des gigas et des gigas, et en même temps, il est accessible partout quand vous voulez retrouver ce fichier que vous avez supprimé de votre compte utilisateur depuis qu'Apple nous impose des SSD faméliques. Un NAS, c'est un peu comme un petit nuage au dessus de la maison… Et même si le sujet d'aujourd'hui n'est pas de vous parler de mon flux de gestion des photos (encore un, après celui-ci et celui-là), quand j'ai vu que le fabricant proposait une solution de stockage de photos, je me suis dit que je tenais peut-être enfin une solution satisfaisante pour partager une photothèque avec mon amie. Quelque chose comme Flickr ou Picturelife à la maison, plutôt tentant, non?

De la réalité matérielle des services dématérialisés

Vous l'aurez compris, pour les services en ligne, je me pose souvent deux questions:

  • En ai-je vraiment besoin?
  • Est ce que je préfère utiliser un service centralisé (serveur d'entreprise) ou le mettre en oeuvre moi-même (sur un NAS)?

Pour chacun, la réponse sera sûrement un compromis entre plusieurs facteurs (dans le désordre: compétences, temps, coût, qualité du service, etc). Comme chaque solution a ses avantages et ses inconvénients, je  me suis demandé quel critère de choix important je pourrais oublier.

Je me suis rappelé les clignotements et la climatisation des rares salles de serveurs dans lesquelles j'ai eu l'occasion d'entrer… Oui, c'est sûr, déplacer des gigas "dans le nuage" a un coût énergétique! Alors, est-il plus écolo de synchroniser sa photothèque avec la West Coast ou d'avoir chez soi un NAS allumé en permanence? La réponse dépend-elle de la taille de la photothèque? Est-ce vraiment la question pertinente? Faut-il seulement prendre en compte l'énergie nécessaire pour le transfert, ou aussi le mode de production de l'énergie, ou bien même essayer de faire un bilan global qui intègre la production du matériel électronique?

J'ai décidé de partager avec toi, lecteur de cuk.ch, mes efforts pour me faire une idée sur ces questions. Mon exemple sera celui de la mise en ligne de photos. Je vais commencer par m'intéresser au coût énergétique du transfert de données. Dans un prochain billet, je regarderai si une analyse plus globale, prenant en compte la production du matériel, est possible.

Quelques ordres de grandeur

Avant de s'intéresser au cas particulier du transfert de photos, commençons par une question plus générale: combien d'énergie est nécessaire pour transférer 1Go de données? En commençant ma recherche, je voulais séparer le cas d'un transfert entre l'Europe occidentale et l'Amérique du Nord, et celui d'un transfert entre deux pays voisins en Europe. En fait, très peu de données sont disponibles sur cette question. La plupart des articles se réfèrent à une étude de 2008, réalisée par des chercheurs américains à la demande d'une entreprise de publicité en ligne [1]. Ils estiment que 15kWh environ étaient nécessaires en 2006 pour transférer 1Go. Cette valeur (moyenne sur un an pour les USA) est obtenue en divisant la quantité totale d'énergie utilisée par les entreprises de l'internet par une estimation de la quantité de données transférée. Ce que la plupart des articles qui les citent ne précisent pas, c'est que ces auteurs indiquent à plusieurs reprises que l'estimation est approximative et préliminaire; ils proposent un intervalle de confiance de 8 à 24kWh/Go. Par ailleurs, leur estimation pour 2006  est 10× plus faible que celle pour 2000. Il est légitime de se demander comment cette valeur a évolué 7 ans plus tard. Difficile donc de dire si transférer des données vers l'Amérique du Nord consomme 10kWh/Go, 1kWh/Go ou 0,1kWh/Go. Et complètement illusoire d'espérer estimer l'impact de la distance du transfert sur le coiut énergétique.

Tous ces chiffres sont un peu secs, et ne vous évoquent peut-être pas grand chose. Pour comparer, demandons nous à quoi correspond l'utilisation d'un ordinateur? Quatre heures de bureautique sur un poste fixe consomme environ 0,35kWh; la même durée sur un portable consomme 5× moins (environ 0,07kWh) [2]. De l'autre coté de l'échelle, un trajet Lausanne – Zürich (225km) consomme environ 35kWh par passager en train, et 145kWh pour une voiture de taille moyenne [3].

Pour finir ce tour d'horizon, revenons à notre NAS. Pour pouvoir y accéder à l'improviste, il reste allumé en permanence. Cela correspond à une consommation annuelle de 165kWh [4]. À mettre en regard de celle d'un petit réfrigérateur récent, toujours allumé lui aussi: environ 140kWh/an [5].

cloud_magnitude

Comparaison de l'énergie utilisée pour transférer un giga-octet (1Go) avec d'autres actions mentionnées dans le texte. La region colorée en rose illustre l'incertitude de cette estimation.

 

Sur les sources d'énergie

Les chiffres de consommation énergétique précédents ne nous renseignent qu'indirectement sur l'impact environnemental de ces usages: on n'a de cesse de nous le répéter, toutes les sources d'énergie ne se valent pas! Mais nos sociétés continuent à utiliser majoritairement des ressources fossiles. Comme la croissance frénétique du secteur de l'internet se traduit par une augmentation des besoins énergétiques, elle correspond à une production accrue de gaz à effet de serre comme le CO2 [6]. En particulier, la consommation des centres de serveurs des géants du web et l'absence de transparence sur l'origine de l'énergie utilisée a été pointée du doigt. La transparence énergétique est devenue un argument commercial qui les contraint à adopter des énergies moins polluantes. Greenpeace rendait public en 2012 un rapport détaillé sur les pratiques et la transparence des entreprises du web grandes consommatrices d'énergie. Cette approche a été critiquée par les tenants des analyses de cycles de vie des produits qui insistent sur le fait que la consommation énergétique n'est pas dominante dans l'empreinte écologique d'un serveur et que le coût énergétique de la fabrication doit être intégré (à suivre dans un prochain billet).

À ce sujet, je me bornerai à constater que l'on peut adapter ses pratiques pour réduire non seulement la quantité d'énergie utilisée et mais aussi l'impact environnemental de celle-ci. Tant que les acteurs du web ne seront pas transparents, l'utilisation de ressources à domicile (comme un NAS) permettra de contrôler le type d'énergie consommée (selon le choix de l'abonnement au réseau électrique).

Remarques en forme de conclusion provisoire

Pas facile donc de se livrer à ce petit jeu anodin. Il semble que la consommation énergétique moyenne associée au transfert d'un giga-octet soit un secret bien gardé! Pourtant, certaines sociétés (qui publient par ailleurs des statistiques sur les taux de pannes des disques durs) transfèrent de gigantesques quantités de données entre leurs centres de serveurs (comme le confirment les documents de la NSA) et ont vraisemblablement une estimation très précise de ces chiffres et des paramètres déterminants pour minimiser le cout énergétique des transferts.

À propos des  économies d'énergie possibles par secteur, je me suis plusieurs fois vu opposer que, même si éteindre une ampoule semblait un geste dérisoire, le potentiel d'économie serait plus grand chez les particuliers – qui privilégieraient leur confort – que dans les industries – qui ont une stratégie d'optimisation des coûts. Il semble que le monde des services dématérialisés change la donne: l'industrie du web se serait construite sur le mythe de la disponibilité permanente et immédiate. Victime de leur propre marketing, cela imposerait aux entreprises du web une culture de la disponibilité "à tout prix", à l'encontre de l'efficacité (économique et énergétique) de l'utilisation des ressources; le taux moyen d'utilisation observé serait en moyenne seulement de 5 à 7% du potentiel du matériel [7].

En absence de chiffres, je me suis contenté de reprendre les estimations disponibles, de mettre en avant leur caractère approximatif, et de les mettre en perspective avec des comparaisons. Les sources utilisées pour ces estimations sont indiquées ci-dessous, et d'autant plus importantes que l'absence de données quantitatives robustes fait la part belle à l'idéologie. J'attends avec impatience vos commentaires: n'hésitez pas à corriger les erreurs que vous remarqueriez et à confronter les sources!

[1] C. Taylor & J. Koomey. Estimating Energy Use and Greenhouse Gas Emissions of Internet Advertising. 2008. Working paper prepared for IMC2. Cette étude (en anglais) a été réalisée pour le compte d'une entreprise de publicité en ligne et vise à montrer que remplacer la publicité papier par  la publicité en ligne a un impact positif sur l'environnement.
[2] Les valeurs couramment utilisées sont 90W pour un ordinateur de bureau et 17W pour un portable. Au moment où j'ai rédigé ce paragraphe, mon macbook pro retina consommait 16.5W… (wifi off, retroéclairage à 65%, carte graphique dédiée off)
[3] D'après le comparateur de l'ADEME, en comparant le train grandes lignes et une voiture de taille moyenne.
[4] Données constructeur pour un NAS Synology 2 baies d'entrée de gamme: 19W.
[5] Par exemple, mon précédent frigo.
[6] Un article de Forbes (en anglais) sur la croissance des entreprise du web. Attention,  conclusions cyniques!
[7] Un très bon article du New York Times (en anglais) décrit par le menu le peu d'optimisation des centres de serveurs et la culture de la fiabilité à tout prix.

21 commentaires
1)
François Cuneo
, le 30.12.2013 à 07:32
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Eh ben…

15Kwh pour 1 Go…

Ça fait peur!

On a un peu tendance à dématérialiser l’énergie nécessaire pour tout ça.

Merci de remettre en place certaines données, même si les chiffres de 2008 peuvent avoir évolué.

Cela dit, en ce qui concerne les photos, ton NAS est certainement bien pour toi et ta copine, mais plus limité pour le partage avec les autres.

Non?

2)
guru
, le 30.12.2013 à 09:23
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Merci thomas, ceci confirme ce que je ressens instinctivement depuis très longtemps. Le cloud imposé par Apple, plébiscité par les utilisateurs, me semble devoir avoir ses limites d’utilisation: les mails, les adresses et les calendriers.

Rien n’est gratuit finalement, seront-ce nos enfants qui payeront ?

3)
ToTheEnd
, le 30.12.2013 à 10:41
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Donc tout repose sur une étude qui présente, sur plusieurs années, des données très différentes…

A l’évidence, nos vies numériques « coûtent » quelque chose en énergie et par extension, avoir des données dans le cloud ajoute encore quelques joules à notre bilan énergétique.

Je n’ai pas le temps de trop développer mais pour connaitre un peu le milieu, les acteurs de ce secteur ont fait beaucoup de progrès ces dernières années mais le problème est principalement lié à la disponibilité des systèmes. Ils affichent tous une grosse réserve et un taux de disponibilité élevé ce qui alourdi la facture pour « rien ».

En gros, il y a tout de même quelques bonnes nouvelles que je résumerais comme ça:

– L’adoption massive de tablettes améliore le bilan énergétique global d’un utilisateur moyen puisque, par exemple, l’iPad Air consomme 0.16W en veille ou 3.62W en utilisation. C’est presque 5x moins qu’un MBP et 20x moins qu’un ordinateur de bureau.
– Quelques grands noms de l’industrie comme Apple et Google se sont engagés à avoir un bilan énergétique neutre au travers d’investissements importants dans des centrales électriques. A noter que certains se sont engagés pour couvrir leurs infrastructures mais aussi les bureaux…
– Toutes les nouvelles infrastructures qui sont mises en place aujourd’hui sont liées à un environnement géographique dûment sélectionné qui permet de faire des économies substantielles. Par exemple, grâce à un fleuve ou la mer à proximité pour le refroidissement de l’infrastructure Google arrive à économiser 670MWh par datacenter… le bénéfice est double car il permet aussi d’économiser 67 mille dollars par an en terme d’électricité.

Enfin, si on voulait vraiment faire un grand pas dans les économies d’énergie, les centres de données et les ampoules sont un problème mineur. Pour rappel, le chauffage consomme entre 60% et 70% de la note énergétique d’un foyer… les appareils domestiques, c’est <10%.

T

PS: si je puis me permettre, je trouve le graphique épouvantable à comprendre…

4)
Saluki
, le 30.12.2013 à 11:20
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Je ne voudrais pas chipoter, ni paraître opposé au remarquable texte en objet du jour, mais j’ai un bon contre-exemple à propos du train :
Il y a quelques semaines, nous étions très peu nombreux dans le TER de Paris à Troyes.
Au delà de Troyes, j’étais seul, avec le contrôleur. Il m’a dit que c’était fréquent.

Bien entendu, celà n’a rien à voir avec la fréquentation des RER de la banlieue parisienne où le fameux ratio :  »hommes : 40 – chevaux : 8″ est toujours dépassé, même avant 18 heures.
Enfin, SNCF déclare que la rentabilité des TGV part en quenouille, ce qui semble indiquer que la fréquentation diminue et/ou, voire les deux, le prix du billet s’érode.

Pour en revenir au TGV vers Zürich, j’ai longuement pratiqué le 6h24 au départ de la Gare de l’Est pour affirmer que, après Strasbourg, vers Mulhouse et Bâle, seul un siège sur dix était occupé, ce qui donnait du loisir à la Douane de regarder, avec une régularité de métronome, si ma valise ne contenait que du linge pour la semaine, au point qu’à force, ils me reconnaissaient et me saluaient de mon nom…

5)
infisxc
, le 30.12.2013 à 12:12
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Merci pour ce très intéressant article qui montre, parce qu’il est déjà bien documenté, que la question de l’énergie dépensée dans l’immatériel est très difficile à quantifiée. Alors en intégrant le cycle de vie… (j’attends le prochain article avec impatience)

Je ne suis pas de l’avis de ToTheEnd : le graphique m’a paru au contraire très éclairant.

7)
ysengrain
, le 30.12.2013 à 12:23
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J’utilise très peu la 3G: pas ou peu utile. Aucune de mes photos n’est dans un quelconque cloud. J’ai un NAS qui n’en contient pas et qui n’est pas allumé en permanence.

Je ne comprends cette frénésie quasi hystèrique du besoin de connexion permanente.

Google ( quid des autres) qui installe ses fermes de serveurs au bord de la mer ou sur le cours d’un fleuve réchauffe l’eau et modifie la flore et la flaune en aval.

Le sujet de ce billet est passionnant mais hélas – pas commode – insuffisamment documenté.

8)
ToTheEnd
, le 30.12.2013 à 12:53
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Google ( quid des autres) qui installe ses fermes de serveurs au bord de la mer ou sur le cours d’un fleuve réchauffe l’eau et modifie la flore et la flaune en aval.

Allons allons, ce n’est pas les mêmes volumes et les mêmes températures que, par exemple, n’importe quelle centrale thermique, y compris nucléaire, qui est refroidie avec de l’eau…

T

9)
ToTheEnd
, le 30.12.2013 à 13:22
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Je ne suis pas de l’avis de ToTheEnd : le graphique m’a paru au contraire très éclairant.

Je n’ai pas dit qu’il n’était pas éclairant, je le trouve difficile à lire… les couleurs et le type même de graphique n’est pas terrible.

T

10)
ToTheEnd
, le 30.12.2013 à 14:00
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PdB: évidemment, si tu te mets à confondre MWh avec MW, on ne va pas y arriver.

Une centrale nucléaire d’une puissance de 1’200MW produit environ 10’000’000MWh par an… donc un data center qui économise 670MWh c’est bien, mais ce n’est qu’une fraction de ce qui est produit par une centrale nucléaire (0.0067% pour être précis).

Ce n’est donc pas du tout les mêmes ordre de grandeur y compris pour l’échange de chaleur afin de refroidir les éléments!

T

11)
Simon
, le 30.12.2013 à 18:02
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Article intéressant, j’aimerais bien connaître le coût énergétique réel du transfert d’un Go. Cependant, les 15kWh me semblent énormes et peu probables si on tient compte des coûts que cela représenterait pour les fournisseurs d’espace dans le cloud.

J’ai regardé les tarifs pour le stockage amazon s3:
http://aws.amazon.com/fr/s3/pricing/

Le coût du transfert descend à 0.05$ par Go.
A cela, il faut ajouter le coût du stockage, qui varie entre 0.01$ et 0.1$ mensuel par Go suivant les options (niveau de redondance, etc.)

On peut estimer que 15kWh coûtent environ 1.5$. Si les datacenters consommaient autant par Go, ils ne seraient tout simplement par rentables avec les tarifs qu’ils proposent.

12)
thomas
, le 30.12.2013 à 18:08
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Merci pour vos commentaires! Je réponds rapidement mais je prendrai le temps d’y revenir dans la semaine…
Le graphique, je l’ai rajouté à minuit et demi après avoir publié l’article sans ;) En le regardant à nouveau, je suis d’accord qu’un diagramme en barre aurait pu faire l’affaire.

@ Noé: Merci pour le lien. J’avais pourtant lu cet article il y a un moment et n’ait malheureusement pas pensé à y revenir pour estimer la conso / Go. Je vais vérifier cette semaine si les sources sont différentes.

@ Francois: protestation permet de rendre des albums publics ou des les partager avec un mot de passe. Donc c’est pas si mal… J’y reviendrai quand j’aurai apprivoiser la version 6.

@ TTE: Merci d’avoir rajouté les chiffres du chauffage domestique; ca devrait à coup sur figurer dans ma comparaison.
Pour les chiffres sur google, je suis intéressé par la source pour voir s’il y a d’autres infos. A propos, lors de l’introduction de google instant search, il y avait eu pas mal de discussions sur l’impact énergétique et les gains de productivité. Mais je n’ai pas encore réussi à y voir clair.

@ Saluki: pour le train, les données de l’ADEME prétendent prendre en compte la frequentation mais je ne suis pas en mesure d’argumenter sur ce sujet. La comparaison avec la conso d’une voiture est sans doute moins contestable.

@ ysengrain: j’ai fait mon possible pour documenter le sujet. Je ne prétend pas à une quelconque expertise sur ces questions; l’idée de ce billet est aussi (1) de déplorer le peu de données disponibles et (2) de partager les sources des uns et des autres pour essayer d’y voir un peu plus clair.

13)
ToTheEnd
, le 30.12.2013 à 19:25
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Article intéressant, j’aimerais bien connaître le coût énergétique réel du transfert d’un Go.

Ta question est extrêmement large et donc, la réponse sera entre quelques fractions centimes à quelques dollars si tu balances 1GB de données dans une station en Arctique via un satellite qu’on a mis en orbite à 10 mille balles le kg.

Pour les chiffres sur google, je suis intéressé par la source pour voir s’il y a d’autres infos.

Pour Google, il faut que tu fasses des recherches sur ce qu’ils appellent le Power Usage Effectiveness (PUE) car à ma connaissance, c’est une des boîtes qui surveillent et publient ce chiffre. En gros, c’est un indice qui permet d’avoir le ratio entre la conso globale d’un bâtiment (avec tout ce qui est dedans des machines jusqu’au gens) et la consommation des équipements IT uniquement. Sauf erreur, Google doit être juste dans les 1.1 alors que la moyenne doit se trouver dans les 2.0 dans un data center classique et réfrigérer avec de l’électricité. Ma donnée provient d’une conférence il y a quelques semaines mais je suis sûr que tu peux la retrouver sur le net. Pour le moment, la référence, c’est le site d’Hamina totalement intégré dans une ancienne usine à papier en Finlande.

D’après une étude récente, les émissions de CO2 liées à l’IT dans le monde représente 2% (comme les avions quoi)… et les data centers c’est 15% de ces 2%. Ajoutez à ça que tous les 18 mois, les appareils sont 2x plus denses ce qui veut dire moins d’énergie consommée pour la même puissance. D’ailleurs, tous les constructeurs d’équipements se sont engagés à baisser leur consommation et pour cause, ça devient un critère de sélection.

Enfin, il ne faut pas être dupe car même s’il est de bon ton de parler économies d’énergie, il y a surtout une économie financière… dans toutes les vidéos, il parlent d’abord de ça avant de dire « environnement » mais je trouve qu’il serait navrant de se plaindre car ça va dans le bon sens…

Pour info, le rapport Smart 2020 avec plein d’engagements intéressants en annexe 4 des entreprises actives dans ce secteur:

Rapport smart 2020

T

14)
Simon
, le 30.12.2013 à 20:02
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Ta question est extrêmement large et donc, la réponse sera entre quelques fractions centimes à quelques dollars si tu balances 1GB de données dans une station en Arctique via un satellite qu’on a mis en orbite à 10 mille balles le kg.

Ce n’est pas ma question, mais celle que pose l’article. La réponse de 15kWh pour 1 Go est proposée, ce qui me semble beaucoup.
Il me semble qu’on parle plutôt de l’utilisateur moyen qui met ses photos sur Dropbox que du transfert de données vers une station en Arctique.

15)
ToTheEnd
, le 30.12.2013 à 21:38
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Je pense que s’il y a peu de chiffres, c’est vraisemblablement parce qu’il n’y a pas de protocole pour calculer un coût précis en raison des centaines de variables et intermédiaires. D’ailleurs, les 15kWh cités ne sont pas que pour l’hébergeur mais pour tout ce qui a entre les deux.

Et ensuite, il faut bien se rendre compte que le prix pratiqué par kWh à une boîte comme Google doit être très différent d’un pays à l’autre… à l’époque, j’avais entendu parler de 5 ou 7 centimes le kWh et je ne parle même pas si elle investit dans une centrale PV ou autres.

En bref, je pense que même avec de la bonne foi et sans parti pris, deux équipes différentes qui tenteraient de calculer arriveraient probablement à des chiffres totalement divergents.

T

PS: et je continue de dire que l’IT n’est pas un gros problème en terme de consommation d’énergie…

16)
ToTheEnd
, le 30.12.2013 à 23:37
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Tombé complètement par hasard sur cette info en lisant autre chose… coût du GB dans le temps:

1981 $300’000
1987 $50’000
1990 $10’000
1994 $1’000
1997 $100
2000 $10
2004 $1
2012 $0.10”

Il ne manque que la puissance pour s’amuser à faire des calculs mais je parie que ça aussi, ça a été divisé par quelques milliers de fois…

T

17)
Simon
, le 30.12.2013 à 23:42
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@ToTheEnd
Oui tout à fait d’accord, pour le transfert le coût est également supporté (en grande partie?) par l’utilisateur qui paye son accès à internet.
Le coût de stockage, lui, est totalement à la charge du data center.

Pour la consommation énergétique de l’IT je ne sais pas, je pense qu’il faudrait aussi tenir compte de l’énergie grise de tous les appareils à courte durée de vie, mais aussi les avantages apportés (moins de déplacements nécessaires).

18)
ToTheEnd
, le 31.12.2013 à 00:58
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Le coût cité dans le rapport (pas atteignable d’ailleurs) tient certainement compte de l’énergie grise et vu que ce genre de data center à des réserves énormes, il y a forcément un coût qui est également répercuté. Perso, je continue de penser qu’il est « facile » de donner un ordre de grandeur au niveau mondial comme la pollution ou énergie consommée par un secteur mais a contrario, je pense qu’il est peut réaliste de tenter de sortir un prix moyen ou une valeur énergétique à un transfert de 1GB… à moins d’accepter d’avoir un résultat qui varie du simple au quintuple ce qui n’a pas beaucoup de sens.

T

19)
Krynn
, le 11.01.2014 à 13:23
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Bonjour thomas,

Étant possesseur d’un Synology 2 baies, je ne peut-être d’accord avec votre manière de calculer. La consommation en fonction est bien de 19W (puissance maximum pour 100% du CPU, ce qui n’arrive presque jamais).
Mais surtout mon NAS est en hibernation quand je n’y accède pas (il consomme donc moins de 4W). Et cette hibernation dépasse largement les 12 heures par jour.

Il mettra bien 5 ou 6 sec lors d’un accès à distance, si il est en hibernation pour en sortir. Mais ca reste très raisonnable vis-à-vis de l’économie d’énergie.

Pour avoir un Syno à la maison, je peux certifier que je ne peux plus m’en passer.
Accès FTP à mes documents. Il a un style de Dropbox à lui (ce qui évite de confier nos documents à un fournisseur).
Il backup tout seul sur un autre Synology qui est sur un autre site), …
Et tous les documents de la famille sont centralisés avec des droits d’accès.

Ca fait près de 5ans que j’en utilise (je suis passé d’1 à 2 baies). C’est vraiment ce qu’il y a de mieux et cela pour un prix au Go défiant toute concurrence.

20)
thomas
, le 23.06.2014 à 23:36
[modifier]

@Krynn
Mon NAS aussi fait hiberner ses disques durs. Par curiosité je viens d’activer les lots d’hibernation pour savoir quelle proportion du temps cela représente…
En attendant, si je considère 12h en accès et 12h en hibernation (réaliste étant donné qu’il y a des accès pour sauvegarde Time Machine et streaming squeezebox), on tombe à 100kWh annuel. C’est encore beaucoup, mais ça doit commencer à être assez peu pour justifier un accès local aux fichiers (par rapport à une synchro à distance de plusieurs services: dropbox, flickr, etc)

@TTE
Merci pour les informations. J’aimerais avoir ta conviction que le secteur IT a un impact écologique faible. La face émergée de l’iceberg que j’ai commencé à apercevoir en m’intéressant aux analyses de cycle de vie pour les ordinateurs et smartphones me donne l’impression que c’est très difficile de s’en faire une idée: que doit on inclure dans IT?

21)
ToTheEnd
, le 24.06.2014 à 10:50
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J’aimerais avoir ta conviction que le secteur IT a un impact écologique faible.

Bien entendu qu’il y a un coup et si je n’ai pas de lien à donner, j’en déduis tout bonnement que l’IT au sens général nous permet d’économiser plus d’énergie que sans dans un monde peuplé de 7 milliards de personnes.

Au total, bien entendu que l’IT, à l’échelle mondiale, doit consommer quelques pourcents de l’électricité mondiale. Toutefois, quel énergie dépenserions-nous sans IT et en réintroduisant des livres de compte non informatisé dans une multinationale? Comment on gérerait sur du papier les retraites de milliards de gens? Etc.

Après, bien entendu qu’il faut faire des efforts et je rappelle qu’un iPad consomme 100x moins qu’une tour d’il y a quelques années… idem pour les portables qui sont toujours plus nombreux et toujours plus économes.

T