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Sebastião Salgado, GENESIS et Paolo Woods, STATE: la claque!

Oui je sais, 2 humeurs pour un dimanche qui normalement n'en compte point, ça fait beaucoup.

Cela dit: nous sommes allés avec Mme K et les enfants au musée de l'Élysée pour y découvrir deux expositions photo totalement antinomiques.

Tout d'abord, et c'est la plus importante de ce que l'on peut voir au musée pour la photographie de L'Élysée, à Lausanne: GENESIS, de Sebastião Salgado.

Deux étages y sont consacrés, et un "carré" dans les extérieurs.

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C'est marrant, cette photo est prise avec un bête iPhone, on arrive encore à voir la lumière des photos

Mesdames et Messieurs, c'est la claque!

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Depuis 8 ans, Salgado travaille pour cette expo, pour nous montrer des territoires vierges, ou non détruits par l'homme.

C'est poignant.

C'est beau.

Je suis véritablement époustouflé par ce que j'y ai vu.

Ce type est un magicien des lumières.

Ses photos sont à la fois bourrées de matière (ce grain incroyable qu'il utilise tellement bien) et de piqué carrément indescriptible, alors que les contrastes, les nuances de gris sont à pleurer tellement ils sont beaux.

Je reprends ce qui est écrit sur le site de l'Élysée: L’exposition, composée de près de 240 photographies, est divisée en cinq sections géographiques, formes de miroirs du fonctionnement de la nature: le Sud de la planète, les sanctuaires naturels, l’Afrique, le Nord de la planète et l’Amazonie. Ces images parcourent également le monde et sont présentées en parallèle au Musée de l’Élysée à Paris et à São Paulo, après avoir fait escale à Londres, Toronto, Rome et Rio de Janeiro.

Si vous cherchez un prétexte quelconque pour visiter Lausanne, ne cherchez plus! Rien que cette exposition en vaut la peine.

Que c'est beau le noir et blanc, mon Dieu que c'est beau.

On se dit que l'on ne veut plus jamais photographier en couleur.

Et puis on monte dans les combles de l'Élysée, et l'on tombe sur l'exposition de Paolo Woods: elle explose de couleurs, elle, justement.

Il nous fait découvrir Haïti d'après le tremblement de terre. Mais pas un Haïti larmoyant, un Haïti percutant, drôle, qui souffre, mais qui est aussi joyeux, qui vit!

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Photo de Paolo Woods, tirée du site de l'Élysée à Lausanne

Mais lisons plutôt ce qu'en dit le musée: "Le photographe canado-hollandais a travaillé sur le temps long, sur des thèmes qui s’étendent de l’industrie locale aux atermoiements des ONG, du monde foisonnant de la radio à la conquête du protestantisme américain. Au fil de ces recherches, la fragilité de l’État-nation haïtien est devenue le fil rouge d’une future exposition.

Haïti est une contradiction. Une nation particulièrement fière de son histoire unique, de sa langue, de sa culture singulière. Mais un État qui demeure souvent absent et presque toujours dysfonctionnel. STATE explore ces questions fondamentales: que se passe-t-il dans une société dont le gouvernement est inefficace et dont l’Etat échoue à fournir des services de base à sa population ? Comment un peuple se construit-il en dépit de cet échec reconduit ?

STATE rompt avec l’iconographie du désastre qui sert en général à illustrer Haïti. L’exposition part d’images qui disent l’ordre plutôt que le chaos, la comédie plutôt que la tragédie: les riches Haïtiens, l’émergence lente d’une classe moyenne, l’élaboration de corps alternatifs. Avec le journaliste et écrivain suisse Arnaud Robert, Paolo Woods décrit des dynamiques qui ont cours dans tous les pays en développement. Organisations internationales contre gouvernement local. Société civile contre pouvoir exécutif. Argent privé contre argent public."

C'est excellent, vraiment, et les tirages du musée, poussant la couleur très haut, rendent de manière magnifique le travail de Paolo Woods, qui a utilisé ces photos dans un livre dont les textes sont signés Arnaud Robert.

Bon.

Je suis sorti de cette expo avec le livre de Sebastião Salgado (j'ai hésité entre un tirage gigantesque numéroté à 100 exemplaires vendus chacun 10'000 $ et le grand, mais néanmoins normal à 69 francs, finalement, j'ai choisi ce dernier) et le livre de Paolo Woods et Arnaud Robert.

Je n'ai pas payé l'entrée du musée (merci la banque Raiffeisen) certes, mais au final, ça m'a pompé un peu beaucoup dans le porte-monnaie.

Mais ça en valait la peine.

Allez mes ami(e)s, tous et toutes à Lausanne, vous avez jusqu'au 5 janvier 2014 pour voir la chose, après, il sera trop tard.

J'ajoute que la présentation des images est absolument superbe, ce qui ajoute à notre bonheur.

7 commentaires
2)
Caplan
, le 29.09.2013 à 12:19
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… au final, ça m’a pompé un peu beaucoup dans le porte-monnaie.

Le bouquin qui a fait connaître Salgado m’a coûté 4 balles aux puces, à l’état de neuf, sous prétexte qu’il ne contient “que des photos noir/blanc”, selon le très cultivé vendeur…

Avec un peu de patience, je finirai par trouver Genesis dans les mêmes conditions.

Mais je ne manquerai pas de faire un tour par l’Elysée.

3)
giampaolo
, le 29.09.2013 à 14:41
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C’est planifié depuis une semaine. J’y vais le 29 octobre. J’ai quelques livres de Salgado dans ma biblio-photo. J’admire ce qu’il fait.

4)
Jean-Yves
, le 29.09.2013 à 16:24
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Effectivement bluffant.

Les sauriens du tirage de gauche de la deuxième photo, agrandis au maximum, m’ont fait penser à cette lithographie de M.C. Escher.

Autre forme d’image, pourtant. Mais ces gris, jouant avec la lumière, rendus à la pointe de graphite ou par procédé photographique complexe … Rhâââ !

Tiens, pour les photographes, une illustration, qui fait réfléchir à la place de l’appareil ;-)

Juste une coquille issue du site de l’Élysée à signaler, notamment pour Caplan.

A Paris, Sebastião Salgado est exposé à la Maison européenne de la photographie, 
jusqu’au 5 janvier 2014 aussi.

5)
ggkrail
, le 29.09.2013 à 19:49
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Le supplément du 24Heures paru il y a une dizaine de jours m’a fait flashé sur l’expo de Salgado, donc j’ai prévu d’y passe ce mercredi. Ton article me donne encore juste un peu plus envie d’y aller!

6)
ggkrail
, le 02.10.2013 à 20:41
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De retour de l’expo Genesis: magnifique, superbe, époustouflant.

Une question néanmoins (et qui n’a rien à voir avec le talent du photographe): comment, au jour d’aujourd’hui, peut-on laisser exposer des photos avec autant de reflets? L’éclairage mal dirigé, les verres non-traités,…

Le travail de l’artiste est magnifique, mais en partie gâché par l’accrochage qui n’est pas à la hauteur. Salgado ayant été sponsorisé pendant ses huit ans nécessaires à réaliser Genesis, les sponsors auraient pu (dû) financer les verres anti-reflets!

En dehors de ça, sublime. Et les très grands formats à l’extérieur n’ont pas de reflets ;-) Allez-y, cela vaut vraiment la peine.