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La Joueuse, une descente aux enfers

Ce n’est pas tous les jours que l’on publie un livre et j’ai le plaisir aujourd’hui de vous signaler qu’un roman dont je suis à l’auteur vient de sortir sous le titre de « La Joueuse une descente aux enfers ».

Je raconte l’histoire d’une femme, née en Italie au début du siècle passé, qui à l’âge de trente ans, à la fin de la Grande Guerre de 1945, se retrouve veuve à Milan avec un enfant de six ans sur les bras. Elle commence alors à mener une vie d’aventurière sans se soucier des conséquences que ce seul fils que je lui accorde dans mon roman, Giorgio, va devoir endurer. 

Je décris, à travers ses aventures, la trajectoire de vie, d’abord en Italie, puis en Suisse, d’une femme qui réunit toutes les caractéristiques d’un personnage romanesque. Je me suis servi, pour retracer cette existence, de celle qui fut (si peu) ma mère (ainsi que celle de ma sœur Anne, que vous connaissez, ne serait-ce que par ses écrits ici, et la grand-mère de François, le « patron » de Cuk), en racontant son trajet à partir des éléments que je connais de sa vie et en imaginant les autres à travers ma sensibilité. 

Après avoir fait entendre ma propre voix dans deux premiers récits de vie, « Maman je t’attendais en 2009 » (dont Madame Poppins a parlé en son temps) et « Au Bal de la Vie » (cette fois c’est François qui en a parlé en 2011), j’ai voulu porter ma réflexion plus loin ; je l’ai fait en tentant de me mettre dans la peau d’une femme qui prend davantage d’importance pour son enfant par ses absences que par sa présence. C’est donc à travers la vie de ma protagoniste, dénommée Stella, que je retrace la destinée de ma mère, en « devenant elle » par la magie de l’écriture. 

Si je lui attribue intelligence, instruction, charme et beauté (éléments dont ma mère était assurément pourvue), dans mon histoire elle se trouve encore sujette à ce qu’aujourd’hui on appelle une maladie, mais qu’il y a peu de temps encore on considérait comme un vice : l’addiction au jeu dont malheureusement ma mère était atteinte. 

Je décris la manière dont une personne parfaitement constituée, avec toutes les chances de réussir sa vie, va peu à peu perdre toutes ses qualités de cœur et d’esprit, envoûtée par la fascination d’une petite boule virevoltante sur la roulette d’un casino qui ne lui apportera que le désespoir là où elle imaginait trouver la fortune. À travers mon personnage, je décris la lente descente aux enfers de quelqu’un pris dans le piège de l’addiction au jeu et les conséquences qui peuvent en découler pour elle et pour ses proches. 

Mais ce n’est pas tout, le livre contient un autre sujet, tout aussi important : il parle de la vie d’une femme atypique, puisque ma Stella est une personne dépourvue de ce qui dans notre société est donné comme naturel, la fibre (ou instinct) maternelle, autre caractéristique réelle de ma mère. Dans mon écrit, Stella revendique sa liberté, je lui fais dire : « … j’ai répondu aux attentes de la société et de mon mari, cet enfant est là en bonne santé, on pourrait me dire merci. Je ne comprends pas ce que les autres femmes signifient par l’expression la chair de ma chair, moi j’ai rempli mon devoir, c’est tout... »

Malheureusement pour moi et ma sœur, dans la vie réelle, nous étions les enfants d’une telle mère. 

Tout au long de mon écrit, je me suis refusé à condamner mon personnage ou à le justifier, aux lecteurs de le juger ; je me contente d’imaginer ses réflexions, ses revendications, ses prises de position sur le sujet de la liberté d’une femme, et ce bien avant le féminisme d’aujourd’hui ; parallèlement, je décris la lente dégringolade de quelqu’un emprisonné dans les filets du jeu compulsif. 

Son argumentation découle-t-elle de la pensée d’un être sensé ou n’est-elle que le prétexte que Stella se donne pour continuer à satisfaire son besoin de retourner dans un casino ? Toujours est-il qu’au cours de ses aventures, elle tombe et sombre dans les mailles du jeu, ce qui, contrairement à ses revendications, aliène fortement son exigence féministe de liberté. 

Le livre traverse la vie de cette femme, de son enfance à son décès, et raconte les nombreuses facettes de l’âme humaine révélées par ce personnage à travers ses rôles successifs d’enfant, de jeune fille, de femme mariée, de mère, de femme libre et de joueuse. 

J’ai essayé d’en comprendre les ressorts et contradictions de nous tous, de retrouver la part de moi et celle de chacun de nous tous face aux « petits (ou grands) diables » qui nous habitent.

Le livre est déjà en rayon chez Payot Lausanne, Genève et Yverdon, ainsi qu’à La Librairie du Boulevard à Genève et peut être commandé dans toutes les librairies, du moins suisses, mais probablement en France aussi.

Il est aussi disponible sur le site Amazon. Cliquer : La joueuse, une descente aux enfers Amazon.

J’aurais aussi plaisir à échanger avec les intéressés sur Cuk.ch à la parution de cette « humeur » ou ensuite par mail.

« La Joueuse, une descente aux enfers » 

Éditions Mon Village

11 commentaires
1)
Ornitho
, le 20.09.2013 à 06:49
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J’ai lu vos deux livres qui montrent bien l’enfer de cette addiction pour la personne atteinte et toutes les retombées sur l’entourage. Souvent la voie de la psychothérapie et aussi la résilience propre à chacun d’entre nous permet de métaboliser ce traumatisme. J’espère pouvoir le commander chez mon libraire en France car j’ai pu le faire pour vos autres livres. J’essaie de le favoriser plutôt qu’Amazon car il ne reste plus que lui dans une ville de 90000 habitants.

2)
cerock
, le 20.09.2013 à 12:05
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Merci pour ce partage. Cela ne doit pas être facile de parler de ses sujets quand il s’agit de notre mère. J’espère retrouver un peu de temps pour lire des romans quand mes nuits seront un peu moins coupée ;)

En tout cas si il y a autant de tallent dans se livre que dans la pièce du petit prince que tu as jouée, je me réjouit de le lire.

3)
Migui
, le 20.09.2013 à 12:43
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J’essaie de le favoriser plutôt qu’Amazon car il ne reste plus que lui dans une ville de 90000 habitants.

Ornitho, je l’avais déjà signalé dans un commentaire posté il y a quelques semaines: je consulte généralement les titres sur Amazon, et envoie par e-mail le lien à mon libraire. Les seules exceptions que je m’autorise sont les livres en Anglais, pour des raisons pratiques sur le plan de la livraison.

Je fais d’ailleurs de même avec les produits Apple: vus sur les sites, achetés chez un revendeur.

Une bonne manière, en effet, de refuser la déshumanisation qu’on tente parfois de nous imposer!

4)
Madame Poppins
, le 20.09.2013 à 17:34
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J’avais donc “raison” en répondant “le livre encore à écrire” à la question de Anne L. ce mercredi ;-) Le voilà !

Bravo et longue vie à lui !

Comment te sens-tu maintenant qu’il est “dans les bacs ?”

5)
Roger Cuneo
, le 20.09.2013 à 19:07
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Bonjour Madame Poppins, je me sens comme après un accouchement difficile (puisque je me suis mis dans la peau d’une femme j’en ai le droit) et je constate que l’enfant ne m’appartient plus. J’ai fait ce qui m’importait, j’y ai mis du mien, le livre est là, je vais le défendre, mais il faut dire que sortir un bouquin chez nous quand on n’est pas une “vedette” c’est particulièrement difficile. D’abord il faut avoir un bon éditeur, puis un distributeur et ensuite parvenir à intéresser les critiques littéraires avant que le tout public, en définitive le véritable juge vous apporte son verdict. C’est lui qui compte, du moins pour moi. J’espère l’avoir, mais c’est difficile. Alors je me tiens les pouces.

7)
Madame Poppins
, le 20.09.2013 à 23:48
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(…) avant que le tout public, en définitive le véritable juge vous apporte son verdict. C’est lui qui compte, du moins pour moi.

Ce qui compte aussi et probablement même plus – du moins à mes yeux -, c’est le cheminement qui a été le tien, au moment de l’idée, à l’instant de l’envie d’écrire, durant les phases de doute, durant les semaines de recherche d’éditeur, le face à face avec toi-même : ce qui compte, c’est que tu sois fier de toi ! J’espère que tu l’es !

8)
Roger Cuneo
, le 21.09.2013 à 10:52
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Citation de Madame Poppins , (je me débrouille comme je peux, j’ai quelques manques en informatique pour encadrer ta citation) :

“(…) ce qui compte, c’est que tu sois fier de toi ! J’espère que tu l’es.”

Ma réponse :

On peut le dire comme ça, mais je l’exprimerai autrement. Plus que fier, je suis surtout content d’être enfin parvenu au bout du cycle qui m’intéresse depuis longtemps, celui du rapport entre une mère et ses enfants. Je m’explique : nous sommes marqués jusqu’à la mort par les débuts de notre vie et dans mes deux premiers récits de vie, je n’avais fait qu’une partie du chemin, celle qui me concernait en propre : j’y relatais mes douloureuses expériences et le comportement que je jugeais inadmissible d’une femme, ma mère.

Deux ans plus tard, j’ai compris que je n’étais pas au bout du chemin, je n’en avais parcouru qu’une seule partie, la mienne, sans me préoccuper de la route parallèle à ma démarche, celle de cette femme qui s’est apparemment si mal comportée.

Voilà pour l’idée d’écrire ce troisième livre : je n’allais plus traiter notre rapport sous l’angle de l’enfant, mais tenter de comprendre le cheminement d’une femme atypique dépourvue de ce que dans notre société l’on appelle «la fibre maternelle». Par-dessus le marché, pas de chance encore pour ma sœur et moi, peu à peu elle a été atteinte par un terrible virus : la maladie du jeu.

Pour le personnage que je campe dans «La Joueuse, une descente aux enfers», ces deux éléments se superposent et s’interpénètrent : si le seul fils que je lui accorde dans ce livre, pour des questions de cohérence romanesque, va passer pour elle au second plan, il est pourtant constamment présent dans l’inconscient et la culpabilité de cette femme ainsi que dans son désir de se justifier pour s’autoriser à retourner aux tables de jeu.

Aime-t-elle son enfant ? Si j’étais «neutre», je pourrais répondre oui, elle l’aime à sa manière, différemment de ce que l’on conçoit dans notre société. Pour moi qui en ai subi les conséquences, c’est évidemment différent, aujourd’hui encore j’ai de la peine à accepter. Ce qui m’a particulièrement intéressé d’aborder au-delà des excuses que mon personnage se donne pour justifier son comportement c’est une autre question encore ; est-ce que chacun de nous ne se comporte-t-il pas, en d’autres circonstances similaires, (culpabilité-justification) de la même manière ? Dans sa tentative de ne pas vouloir (ou pouvoir?) suivre le chemin de la morale ambiante, cette femme sort de l’ordinaire, c’est le moins qu’on puisse dire : à vous de juger si elle est blâmable, victime ou dans son droit, moi j’ai tenté de la comprendre et je suis parvenu à la conclusion que j’ai eu à faire à une mère malheureusement «différente» de celle que j’aurais aimé côtoyer.

J’ai essayé à travers mon récit de parler d’un aspect particulier de «l’âme humaine. Plus que fier, je suis surtout content d’être parvenu enfin au bout du cycle qui m’intéressait depuis longtemps.

9)
Olivier M.
, le 21.09.2013 à 17:36
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Cher Roger,

Il y a quelques semaines, nous avons eu beaucoup de plaisir à converser avec vous et à découvrir votre parcours dans la cour du château de Morges lors de la soirée des auteurs du festival Le livre sur les quais. Mon épouse y dédicaçait son propre roman Entre deux voix, journal d’une jeune interprète de conférence en tant que voisine de table, ayant le même éditeur que vous pour ce récent ouvrage.

Je souhaite une longue vie à votre roman et vous souhaite bonne chance pour la suite !
Olivier

PS: votre lien dans l’article sur le site amazon ne semble pas être actif, le voici à tout hasard : http://www.amazon.fr/joueuse-une-descente-aux-enfers/dp/2881942660/

Sinon il y a aussi l’entrée chez Payot, même si elle indique encore la mention “à paraître” qui disparaitra bien vitre j’espère… :) (il n’est pas inutile de les contacter directement pour faire avancer les choses, même s’il faut parfois être très patient).

10)
Roger Cuneo
, le 21.09.2013 à 18:09
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Merci Olivier, je me souviens parfaitement de notre rencontre à Morges, j’en garde moi aussi un excellent souvenir. Je pense que nous aurons l’occasion de nous retrouver, ne serait-ce que par l’intermédiaire de notre éditeur commun. Merci pour vos précisions quant au lien du site amazon, il est vrai qu’en ce qui concerne la technique… Bon, je passe et je souhaite moi aussi le succès du livre de votre épouse avec laquelle j’ai eu plaisir à échanger.

11)
Madame Poppins
, le 22.09.2013 à 14:44
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Olivier M,

J’ai reçu en cadeau le livre de votre épouse : transmettez-lui mes félicitations, j’ai adoré (pour plein de raisons trop longues à expliquer ici) !

Un prochain roman en cours, j’espère !