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Editorial: comment réinventer l’automatisation sous iOS

Depuis quelques mois, je vous parle d'automatisation sous iOS. Il y a eu d'abord un article sur les URL schemes, ces services que publient certaines applications pour que d'autres puissent leur envoyer des ordres. Il y a également au Drafts, une application de prise de note très puissante.

Aujourd'hui, je vais vous parler d'Editorial, une application de rédaction de texte qui, en plus d'être performante dans ce domaine, offre des fonctionnalités avancées uniques.

En particulier, Editorial permet de créer des “workflows”. Ce sont des suites d'actions plus ou moins complexes, qui sont lancées depuis l'interface et effectuent des modifications de texte mais aussi nombre d'actions plus complexes, comme se connecter à Internet et y récupérer des informations. Ces workflows se construisent avec une interface intuitive qui a certains points communs avec celle de l'application Automator d'Apple.

… mais tout ça, c'est plus bas dans cet article. Commençons par le commencement :

Editorial

Editorial est un éditeur de texte pour iPad qui permet de rédiger des documents au format texte ou Markdown. L'app est compatible avec DropBox, ce qui permet d'avoir un outil de synchronisation très efficace sur lequel se reposer. L'app offre également une vue “Preview” qui permet de prévisualiser le texte, une vue avec sa documentation et un navigateur intégré. Si le navigateur n'est pas aussi complet qu'un Safari ou Chrome pour iOS, il est surtout là pour aller documenter le texte, par exemple pour y ajouter un lien ou une référence de base de page. Il a tout de même une barre de signets, qui permet d'y stocker quelques sites et des bookmarklets.

L'interface d'Editorial se compose d'un grand espace central où on rédige notre texte entouré de tiroirs, sur les côtés, pour faire appel aux fonctions de l'app. Sur la gauche, on trouve le fameux bouton “hamburger” qui permet d'afficher la liste des fichiers. L'app étant compatible avec Dropbox, on distingue deux listes de fichiers : l'une locale et l'autre online. Un tap long sur ce bouton affiche un menu qui liste les documents récemment ouverts.

À côté, la roue dentée permet d'accéder aux préférences d'Editorial. Depuis là, on peut modifier le thème de l'application (clair ou foncé), le dossier de synchro sur Dropbox, un bon nombre de réglages liés à l'affichage du texte: police de caractère, taille, espacement et largeur du texte, et le comportement d'Editorial par rapport à la correction automatique.

Sur la droite, la loupe permet de rechercher un mot et le surligner dans le document courant.

selection_stabilo

Tout à droite de l'écran, on trouve l'accès au panneau de prévisualisation, à la documentation, au navigateur intégré et à une console, sur laquelle je reviendrai plus tard. On trouve enfin, sous l'icône de la clé anglaise, un menu depuis lequel on peut sélectionner, ajouter, supprimer ou réordrer les workflows. Cette icône change d'aspect pour montrer une roue qui tourne lorsqu'un workflow est en cours d'exécution.

Éditeur de texte

Comme tout bon éditeur de texte actuel, Editorial fourni une barre de clavier supplémentaire, pour avoir sous la main les principaux caractères utiles lors de l'édition d'un texte en Markdown. Certaines de ces touches peuvent être appuyées plus longtemps pour faire apparaître d'autres caractères utiles.

toolbar

Cette barre est également là pour aider lors du positionnement du curseur au milieu d'une ligne. Il suffit de glisser son doigt le long de cette barre pour déplacer le curseur. C'est vraiment très efficace. Dommage toutefois que le contenu de cette barre ne soit pas personnalisable. Son contenu actuel est parfaitement calibré pour du Markdown mais ceux qui utilisent l'app pour écrire du texte simple auraient sans doute voulu le modifier.

Tout à droite de la barre, on trouve deux boutons aux couleurs inversées par rapport aux autres : il s'agit du bouton pour annuler le dernier mot ou la dernière action et l'accès à la fonctionnalité des abréviations. Je la nomme ainsi, faut de mieux… Editorial permet de taper quelques lettres qui seront remplacées par une expression définie à l'avance. Pour ceux qui connaissent TextExpander sous OS X ou iOS, c'est le même genre. Editorial est d'ailleurs compatible avec TextExpander pour iOS.

Lorsqu'on ajoute une abréviation, il y a deux composants à définir : l'abréviation et le texte correspondant. L'interface pour entrer l'abréviation liste les autres codes précédemment entrés, et affiche en rouge un éventuel conflit.

conflict

Du côté du texte qui sera inséré, on commence à voir poindre la puissance d'Editorial. En effet, on peut inclure à notre texte les éléments suivants :

  • Texte sélectionné
  • Nom du fichier courant
  • Extension du fichier courant
  • Titre actuellement affiché dans le navigateur intégré
  • URL de la page affichée dans le navigateur intégré
  • La date du jour, et l'heure, en spécifiant précisément le format souhaité
  • Le contenu du presse-papiers

Lorsqu'on commence à taper une abréviation, Editorial affiche une aide visuelle pour identifier plus rapidement le texte que l'on souhaite insérer.

complete

En haut de la zone de texte, Editorial affiche une barre d'outils, un peu comme la barre des liens que l'on peut trouver dans nos navigateurs Web. On peut y ajouter n'importe quel workflow précédemment enregistré, lien Web et même un document local.

toolbar_up

Un petit détail qui a toute son importance: Les raccourcis qu'on installe dans cette barre d'outils sont liés au workflow correspondant grâce à un identifiant interne, plutôt qu'à leur nom. Ceci permet de modifier le nom du workflow lorsqu'il est affiché dans cette barre pour garder à la fois un nom explicite pour le workflow et un nom plus court et plus pratique pour une barre d'outils. Chaque workflow peut également se voir attribuer une icône parmi des dizaines disponibles.

Si on place plus d'éléments dans la barre d'outils que la place ne le permet, un petit menu “>>” similaire à ce que l'on voit dans Safari avec les tabs s'affiche à droite de la fenêtre.

Cette barre d'outils est très pratique, je l'utilise sans arrêt. D'autant plus que certains de mes workflows contiennent des actions qui ne se rapportent pas directement au texte affiché à l'écran mais vont chercher des infos sur le net: je peux lancer une action et simplement continuer à rédiger mon article pour quelques secondes le temps que la requête revienne. Editorial fait vraiment tout pour que je ne sois pas interrompu. Son côté pratique, flexible et puissant fait de cette barre d'outils un excellent différenciateur entre Editorial et les autres éditeurs de texte.

Lorsqu'on rédige un document, son titre est affiché sur le haut de l'écran. Si on tape sur ce texte, on peut le modifier, mais Editorial va juste un pas plus loin: l'app affiche aussi une liste des chapitres du document, pour un accès rapide aux différentes sections. Juste à côté du titre, on trouve aussi une petite icône d'une horloge, qui permet d'accéder aux différentes versions du document. Cette interface simple mais efficace permet non seulement de revenir à une version précédente, mais aussi de comparer les différentes versions.

comparaison

Un autre détail qui, dans Editorial, prend toute son importance: la sélection de texte. Dans la majorité des apps, le fait de réduire le clavier avec une sélection active perd la sélection. Avec Editorial, on peut sélectionner du texte, faire disparaître le clavier et continuer d'utiliser la sélection pour l'étendre ou copier du texte.

Le panneau de prévisualisation est très pratique. On l'a vraiment sous la main et quand on rédige des textes en Markdown, comme je le fais, on se rend compte tout de suite de ce que ça va donner.

Pour conclure cette première section, je dirais qu'Editorial est un très bon éditeur de texte. Dès sa première version, il se place immédiatement parmi les “grands” de cette catégorie, avec Byword, Nebulous Notes, etc… Mais utiliser Editorial en tant que simple éditeur de texte serait un énorme gâchis, comme vous allez le constater.

Workflows

Les workflows sont la raison d'être d'Editorial. Comme vous allez le constater, ils sont très puissants et parfaitement intégrés au reste de l'application, mais ils sont surtout complètement personnalisables par l'utilisateur.

firstwf

Un workflow est constitué d'une série d'actions qui sont exécutées les unes après les autres, du haut vers le bas. Ils peuvent recevoir du texte en paramètre au début de l'exécution, et retourner un résultat à la fin. C'est d'ailleurs souvent ce qu'on leur demande: interagir avec l'article qu'on est en train de rédiger. Ce n'est toutefois pas une obligation: on peut créer des workflows qui sont totalement indépendants du texte, comme vous allez le découvrir.

Un workflow peut également interagir avec l'utilisateur sous forme de messages d'alertes, de sons ou encore de liste dont il faut choisir un item. Un workflow peut également interagir avec iOS, via différents modules qui permettent d'accéder aux albums photos, créer des notifications locales ou encore accéder au Keychain (le conteneur crypté qui contient les noms d'utilisateurs et mots de passe).

Enfin, un workflow peut se connecter à Internet. On peut fabriquer des requêtes HTTP ou FTP et ainsi publier ou récupérer de l'information de l'extérieur.

Editorial offre quelques dizaines d'actions de base pour créer ses propre workflows:

Les actions liées à l'éditeur de texte

  • Étendre la sélection
  • Récupérer l'URL d'un bookmark
  • Récupérer le nom du document courant
  • Récupérer le texte du document courant
  • Récupérer le texte d'un autre document
  • Récupérer le texte sélectionné
  • Déplacer le curseur
  • Ouvrir un document
  • Remplacer le texte sélectionné
  • Sélectionner le mot le plus proche
  • Sélectionner un morceau de texte
  • Enregistrer du texte dans un fichier

Les interactions avec l'utilisateur

  • Composer Email
  • Composer un SMS
  • Composer un Tweet
  • Écrire dans la console
  • Demander à l'utilisateur d'entrer du texte
  • Demander à l'utilisateur de choisir parmi une liste
  • Afficher une alerte avec 1 à 3 options possible
  • Afficher la définition d'un mot dans le dictionnaire
  • Afficher la version HTML
  • Afficher un texte dans une fenêtre

Les filtres de texte

  • Changer la casse
  • Convertir du Markdown en HTML
  • Compter les mots / phrases
  • Échapper les caractères d'une expression régulière
  • Remplacer une abréviation par sa version longue
  • Extraire une partie du texte
  • Extraire les URLs
  • Filtrer les lignes (ne garder que celles qui satisfont une condition)
  • Chercher un mot
  • Chercher et remplacer
  • Supprimer les lignes dupliquées
  • Supprimer les blancs inutiles (espaces à la fin d'une ligne, etc…)
  • Échapper une URL
  • Ajouter du texte au début ou à la fin d'une ligne

“Échapper” des caractères est une action simple qui consiste à remplacer certains caractères particuliers par des codes, pour pouvoir les inclure dans les paramètres d'une URL.

Utilitaires

  • Math
  • Jouer un son
  • Placer du texte dans le presse-papiers

Navigateur Web intégré

  • Évaluer un Javascript
  • Ouvrir une URL
  • Lancer une recherche Web

Actions spéciales

  • Bloc conditionnel (si <une condition> alors …)
  • Générer un bloc de texte
  • Répéter une action
  • Action personnalisée
  • Renseigner une variable avec une valeur donnée
  • Jouer un script Python
  • Arrêter le workflow

Parmi ces actions, l'une est particulière: Editorial sait jouer un script écrit dans le langage Python. Ce langage assez répandu est un véritable langage de scripting, qui contient de quoi créer des workflows d'une richesse et complexité qui va bien au-delà de tout ce qu'on a pu voir sur iOS depuis 2007. Rien que ça.

Chacune de ces actions est décrite en détail dans la documentation d'Editorial. Lorsqu'on construit un workflow, ces actions sont listées, avec une brève description, dans un menu accessible sur la gauche de l'écran.

action_list

L'écran d'édition d'un workflow peut être réduit en bas de l'écran. Cette fonctionnalité semble peu intéressante mais est en fait très pratique lorsque l'on est en train de construire le workflow et que l'on souhaite corriger un comportement inattendu. Dans le même but, chaque action peut forcer une pause après son exécution, permettant ainsi d'avancer pas à pas à travers le workflow.

Un premier workflow

Pour illustrer la manière de construire un workflow avec Editorial, je vais vous montrer la création d'un workflow simple, qui consiste à insérer dans le texte du document un lien Web, en s'appuyant sur le navigateur intégré et la sélection courante. C'est un workflow qui est pratique lorsqu'on a terminé un document, et qu'on souhaite y ajouter de la documentation, que ce soit sous forme de lien au milieu du texte ou sous forme de liste de référence à la fin du document.

L'algorithme de ce workflow sera le suivant: vérifier que du texte est sélectionné dans le document, puis vérifier qu'une page soit affichée dans le navigateur. Après cela, le workflow remplacera le texte sélectionné par un lien Markdown contenant l'URL et le titre de la page Web.

verif

On commence donc par deux actions conditionnelles. La première va simplement vérifier si le contenu de la variable “SelectedText” n'est pas vide.

verif_detail_1

Les variables sont fréquemment utilisées dans les workflows. C'est un moyen facile de stocker une valeur dans un “conteneur” et la réutiliser autant que l'on souhaite. Editorial stock automatiquement le texte sélectionné dans l'éditeur dans une variable nommée “SelectedText”. L'app offre une série de variables qui sont disponibles dans des menus en bas de l'écran d'édition d'un workflow.

var_bar

Une action similaire va maintenant vérifier que la variable “BrowserURL” n'est pas vide. Si l'une de ces deux vérifications s'avère échouer, un message d'erreur sera affiché à l'utilisateur grâce à l'action “Show Alert”.

show_alert

Lorsque l'on ajoute une action conditionnelle, la condition peut être parmi les types suivants:

  • Le texte est égal à X
  • Le texte n'est pas égal à X
  • Le texte contient X
  • Le texte ne contient pas X
  • Le texte satisfait l'expression régulière X

Une expression régulière est une suite de caractères qui décrivent un morceau de texte variable. C'est un bon moyen, par exemple, de s'assurer qu'une chaîne de caractère représente une adresse email valide.

Passons maintenant à l'insertion du lien. Pour cela, nous allons utiliser une action de remplacement de texte, qui va simplement entourer le texte sélectionné par les balises Markdown nécessaires et les informations tirées du navigateur intégré:

replace_text

Enfin, une dernière action va afficher un message de confirmation à l'utilisateur.

Nous avons maintenant un workflow simple mais pratique, que l'on peut insérer dans la barre d'outils et appeler à volonté d'un simple tap.

Scripts Python

Le développeur d'Editorial a mis à notre disposition une action qui va jouer un script écrit en python. Il s'agit d'un puissant langage de scripting, à la syntaxe assez facile à lire même pour une personne n'ayant pas fait d'étude en informatique. Croyez-moi, ce n'est pas si courant, un langage de scripting lisible.

Lorsqu'on est dans un script python, on a accès à une grande variété de fonctions, fournies par le langage, qui permettent de travailler sur du texte, mais aussi de “sortir” d'Editorial. Les modules fournis par Editorial sont des types suivants:

  • Presse-papiers
  • Console
  • Éditeur
  • Keychain (accès au gestionnaire de mot de passe)
  • Notifications
  • Photos
  • Sons
  • Workflows
  • Traitement de XML/HTML
  • Dropbox
  • Feed parser (pour lire un flux RSS)
  • Markdown
  • Gestion de connexions Web classiques (HTTP) et sécurisées (SSL)
  • Traitement d'image

Prenons quelques exemples. Le module Workflow permet d'accéder aux variables du workflow courant pour y extraire ce sur quoi le script va travailler. Il permet aussi d'injecter un résultat dans le workflow, pour que les actions suivantes puissent le traiter.

Le module éditeur permet d'accéder à un grand nombre de fonctions autour du document courant mais aussi de n'importe quel autre document. Par exemple, un script pourrait tenir à jour un document “bibliographie” ou “table des matières” automatiquement, à chaque fois qu'on insère une référence dans le document principal.

Le module Keychain, avec les modules de RSS et connexions Web, permet d'accéder à un site distant qui serait protégé par un mot de passe et y récupérer de l'information. Par exemple, ce script pourrait se connecter à votre lecteur de news (FeedWrangler, Feedly, etc…) et afficher la liste de vos articles favoris. Il suffirait alors d'un tap sur l'article de votre choix pour en insérer un lien dans le document courant. J'utilise souvent le workflow qui me permet d'insérer rapidement un lien tiré de mon compte Pinboard.

pinboard

Le module Photos, avec celui de traitement d'image, permet d'accéder aux photos stockées sur votre iPad, de les redimensionner et, grâce aux modules de connexion sécurisée et au Keychain, d'uploader l'image sur un site FTP. Une petite touche de module Éditeur, et on a là un workflow qui permet de sélectionner une image dans un album, la retoucher, la transférer sur un site et en insérer le lien directement dans l'article courant. Ou simplement d'enregistrer la photo dans le même dossier Dropbox que l'article courant pour préparer l'upload de tout l'article en même temps.

Un script alliant le module de l'éditeur, celui du Markdown et Dropbox permet de créer une version HTML de l'article courant et l'enregistrer à côté du fichier en cours d'édition.

L'édition de script python peut se faire dans un mini-éditeur, directement dans l'action ad hoc. Pour créer un script court, cet éditeur fait très bien l'affaire.

minied

Pour les scripts plus longs, on peut passer à l'éditeur complet, qui prend toute la place sur l'écran:

biged

Cet éditeur fourni une fonctionnalité indispensable lorsqu'on connaît mal le langage: l'auto-complétion. Il suffit de commencer à écrire un nom de fonction et Editorial va proposer les différentes possibilités existantes.

auto_complete

Comme pour tous les types d'actions, Editorial fourni une documentation très pratique sur les scripts python et les différents modules. En sélectionnant le nom d'une fonction dans l'éditeur apparaît à côté des boutons copier et coller un bouton “help” qui permet d'afficher rapidement la documentation de cette fonction.

docu

Pour tester des morceaux de scripts dans pour autant créer un workflow, Editorial offre un “scratchpad”, sorte de carnet de brouillon python qui permet d'écrire des scripts et de les tester hors du contexte d'un workflow. Ce carnet est un éditeur python complet, avec la documentation etc… qui est sauvegardé entre les sessions.

Un fois qu'un script python est codé, Editorial offre un moyen très malin d'enrober ce script dans une action classique et de faire disparaître le code: les “Custom Actions”. Ces actions sont finalement des lanceurs de scripts avancés, auxquels on peut configurer des paramètres d'entrée et de sortie. On transforme ainsi un script en véritable action Editorial, qui sera aussi simple à utiliser que les autres. Du même coup, on rend très facile la réutilisation du code python dans d'autres contextes.

Partager un workflow

Après tout ce travail de création et test d'un joli workflow, Editorial permet de partager son œuvre. Un bouton “share workflow” publie le workflow sur un site géré par le développeur d'Editorial. Un lien est créé pour représenter ce workflow. Par exemple:

http://editorial-app.appspot.com/workflow/5370856603648000/GgJiHNDA9is

Ce lien n'est pas public: seuls ceux qui le connaissent peuvent y accéder. En suivant le lien, vous trouverez une page qui résumé joliment les différentes actions. Un bouton permet d'importer le workflow directement dans Editorial.

shared

Cette fonctionnalité est très pratique. On peut se passer des workflows entre utilisateurs très facilement, et sans avoir de surprises puisque la page permet de vérifier ce que font réellement les actions qu'on est sur le point d'installer.

Une évolution possible serait de créer un annuaire des workflows les plus pratiques ou les plus populaires. Vu que l'app est très récente, c'est encore un peu compliqué de trouver des workflows déjà fait sur le net. Notez que certains workflows sont déjà mis en avant sur le site de l'app… mais ce n'est pas encore idéal. Mais avec une app comme Editorial, ne pas créer ses workflows soi-même, c'est un peu dommage :)

URL Scheme

Editorial est compatible avec les URL schemes et avec le standard x-callback-url. Petit rappel: une app qui est compatible avec les URL schemes publie un mini-serveur-web interne au système et est capable d'agir en fonction des adresses qui sont appelées. Je vous en avais parlé plus longuement dans un article sur le sujet il y a quelque temps, n'hésitez pas à y retourner pour plus de détails.

Editorial peut donc être commandé à distance, grâce aux URL débutant par editorial://. Par exemple, pour ouvrir le fichier Todo.txt, stocké sur Dropbox:

editorial://open/Todo.txt?root=dropbox

De la même manière, on peut créer une URL qui va ouvrir Todo.txt et lancer un workflow nommé “SendByMail”:

editorial://open/Todo.txt?root=dropbox&command=SendByMail

Imaginons maintenant que je souhaite ajouter la page courante de Safari Mobile à ce document, pour y revenir plus tard. Je peux créer un bookmarklet dans Safari avec l'adresse suivante:

javascript:window.location='editorial://open/Todo.txt?root=dropbox&command=AjouterALaFin&input='+encodeURIComponent(document.title+'\n'+document.location.href);

L'app permet également de récupérer le résultat du workflow et de l'envoyer dans la commande suivante, avec la variable [[output]]. On peut donc créer une URL qui lance un workflow, et envoie le résultat dans Tweetbot si tout se passe bien, et reste dans Editorial pour afficher une erreur si ça se passe mal.

Utiliser Editorial avec d'autres applications est très flexible et puissant. Le nombre d'apps compatible grandit sans cesse ! On peut par exemple envoyer une adresse dans Google Maps, créer des notes dans Drafts et les envoyer dans Evernote, ouvrir un lien directement dans Chrome, chercher un mot de passe dans 1Password (ou ouvrir le site courant dans le browser intégré à 1Password pour bénéficier du login “gratuit”), etc…

Quelques exemples

Voici quelques exemples de workflows que j'ai codé ou trouvé sur le net, et qui me sont très utiles:

  • Créer une liste Markdown à partir d'un bloc de texte
  • Chercher la sélection dans Google ou Wikipedia
  • Insérer le lien de la page ouverte dans le navigateur intégré dans le document, en remplaçant la sélection courante
  • Afficher les liens stockés dans Pinboard dans une liste et ajouter celui que je sélectionne dans le document courant
  • Afficher mes liens favoris dans mon lecteur RSS (FeedWrangler) et ouvrir celui que je sélectionne dans le navigateur intégré
  • Ajouter du texte dans une note Evernote, avec création d'une liste des notes existantes pour choisir la cible.
  • Transférer une capture d'écran stockée sur mon iPad dans le même dossier que l'article courant dans DropBox. Ce workflow me permet de regrouper dans le même dossier tous les fichiers qui me seront nécessaires pour publier l'article. L'image est nommée en fonction de la sélection courante, ce qui me permet de retrouver très facilement l'endroit où il faudra insérer l'image.

Conclusion

Editorial est un excellent éditeur de texte. En ignorant toutes les fonctionnalités liées à l'automation, cette app, qui en est qu'à la version 1.0, s'impose immédiatement parmi le top de sa catégorie. L'excellent éditeur Markdown, la synchronisation Dropbox fiable, le clavier et son ingénieux principe de sélection, les abréviations… tout ça pour CHF 5.-, c'est un très bon rapport qualité prix.

Si on ajoute à cela toutes les possibilités d'interactions avec les autres applications ou même des sites Web distants, Editorial est une application vraiment extraordinaire. La création de workflows taillé sur mesure pour mes besoins a radicalement changé ma manière d'utiliser mon iPad, mais aussi de construire et rédiger un article. Je n'ai plus du tout envie de retourner sur mon Mac lorsque je prépare un article pour Cuk.ch.

Cet article a été entièrement rédigé dans Editorial. Toutes les captures d'écran ont été recadrées et préparées sur mon iPad, à l'exception d'une mise à l'échelle que j'ai fait sur mon Mac… parce que je ne me suis pas encore penché sur le module de modification d'images python. Mais je peux vous garantir que mon prochaine article sera 100% Mac-free.

Ça fait longtemps que je tourne autour du sujet de l'utilisation d'iOS pour les utilisateurs avancés. Que je cherche, par exemple grâce aux URL schemes ou à Drafts, des moyens de devenir vraiment productif avec un iPad. Le but est de pouvoir écrire des articles pour Cuk.ch entièrement sur l'iPad, de la recherche d'informations à la publication. Si cette dernière étape n'est pas encore tout à fait prête (mais patience, on s'en rapproche !) tout le reste est maintenant à portée de main. Mais ce but n'est pas simplement d'y arriver: je veux y arriver confortablement et d'une manière très efficace.

Editorial est un grand pas dans cette direction.

Je vous souhaite une très bonne journée à tous!

… et si vous souhaitez partager des idées d’articles, des liens, des apps, etc… vous pouvez me retrouver sur Twitter.

25 commentaires
1)
Radagast
, le 03.09.2013 à 07:01
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Eh bien ! Quel article ! Editorial a l’air exceptionnel. Il faut tester ça. Merci beaucoup.

2)
cerock
, le 03.09.2013 à 08:43
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J’avoue ne pas avoir lu tout en détail, mais merci pour cette découverte. Personnellement je ne suis pas sur que je m’amuserais à faire ça sur iPad… mais bon ;)

3)
fxc
, le 03.09.2013 à 11:26
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Merci Sébastien pour cet article complet et fouillé.

Puis-je me permettre d’utiliser tes commentaires pour pousser 2 coups de gueules, le premier sur internet et le second ……aussi.

Il y a deux mois j’ai acheté une bague ft1 qui permet de mettre tous mes objectifs nikon sur mon v1, entre-autre pour pouvoir utiliser mon 70/300 sur le v1, avec le coéfficient multiplicateur de 2,7 cela donne un 187/810 mm, jusque là pas de problèmes graves sauf un, à 800mm faire une photo nette sans flou de bougé de l’opérateur, dur dur, j’en parle à un ami naturaliste qui me dit pourquoi tu ne prends pas une tête pendulaire

gloubs le prix surtout pour un usage occasionnel.

Je fais une recherche sur le net et en trouve une venant de chine pour 75 dollars, yes je commence la commande à la finalité de celle-ci le site me demande de recopier des chiffres et des lettres, jusque là je peux le faire sauf que tout est em..brouillé, peut-être des majuscules et des minuscules, 1° essai, niet, 2° essai non, 3° essai nai, 4° votch, 5° awa………. je vais pas vous faire la lithanie de tous les “non” dans toutes les langues, rontudju chaque fois que je me trompe c’est un autre mot, sur cuk c’est facile il suffit de recopier un mot comme “feuille” moyen mnémotechnique de retenir le mot spécial cuk…..

Et c’est pas tout, ces en%*+`£ d’informaticiens ont pensés au problème, si si j’vous le jure, il y a à coté du mot un sigle qui vous permet de l’écouter, nos anciens devaient avoir plus facile d’écouter “ici londres les français parlent au français” accompagné d’un bruit de crécerelles…..

Après un nombre d’essai conséquent, j’ai pu passer commande, patience et longueur de temps….

Voilà pour le premier coup de sang, le deuxième est plus simple, Lorsque vous voulez sur certains site fermer une page vous cliquez comme moi sur le bouton adhoc ben non un popup surgit me demandant si je veux vraiment fermer cette page oui msieu duc… si j’ai fait l’effort une fois c’est pas pour recommencer….

Mis à part cela je suis très content de ma tête pendulaire, j’ai juste du la régler un chouia à cause d’un point dur sur l’axe horizontal.

Pour que ceux que la tête pendulaire intéresse c’est ici

4)
Guillôme
, le 03.09.2013 à 11:46
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Article impressionnant, merci Sébastien Pennec!

Je n’ai pas d’iPad mais je garde en tête au cas où cela changerait ;)

Ton article sur les url-schemes m’avait déjà impressionné à l’époque sur les possibilités cachées de iOS. Apparemment tu es un expert iOS, en tout cas, tu utilises des fonctions que peu de monde doit maitriser!

Merci en tout cas de prendre le temps de nous faire partager ton savoir.

5)
Sébastien Pennec
, le 03.09.2013 à 13:17
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Merci pour vos commentaires :)

Guillôme: le but est surtout de devenir le plus indépendant possible de mon Mac. J’explore beaucoup les possibilités avancées d’iOS qui vont dans le sens de l’efficacité, parce que c’est (c’était) ça la plus grosse différence entre utiliser mon Mac Book Pro et mon iPad. Avec une app comme Editorial, je deviens plus efficace lorsque je prépare un article sur iPad que sur MBP!

Ce but d’efficacité est aussi important parce qu’il ne s’agit pas juste de faire fonctionner une opération. Par exemple, j’aurai pu écrire un article 100% sur iPad dès la sortie de l’appareil… en admettant que je rédige tout en HTML dans une note! :) Mais faut pas pousser: l’opération doit être possible et confortable.

6)
Anne Cuneo
, le 04.09.2013 à 14:41
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Personnellement je ne suis pas sur que je m’amuserais à faire ça sur iPad…

Génial, cet article, je me suis précipitée sur la chose… et y ai passé la matinée. J’avoue m’être amusée à tester… et avoir abandonné. Les qualités du programme sont exceptionnelles, mais c’est tout de même très compliqué. Personnellement, j’écris sur iPad avec iWriter, qui me permet de tout faire, de tout préparer pour Nisus sur le Mac si vraiment je veux faire plus qu’écrire au km. Je suis une utilisatrice acharnée de l’iPad – mais pourrais-tu m’expliquer, Sébastien, pourquoi il serait nécessaire de se rende indépendant du Mac? Il y a désormais de tout petits Macs. Et quand tu n’as qu’un iPad, il y a des traitements de texte plus simples et tout de même performants.

7)
Sébastien Pennec
, le 04.09.2013 à 16:34
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Anne,

Tout d’abord: merci :)

Pour te répondre : actuellement j’ai un Mac Book Pro 17 pouces, un iPhone et un iPad. Vu le format de l’iPad, et son autonomie, je l’utilise de plus en plus, et utilise mon Mac de moins en moins. En gros, actuellement, j’utilise mon Mac pour trier et modifier des photos et c’est à peu près tout. J’ai acheté un clavier physique de Logitech qui me permet d’écrire sur l’iPad en étant super efficace.

Je passe environs 2h par jours dans les transports en commun. Je voulais utiliser ce temps le mieux possible, et pas juste voir défiler le paysage (même si Morges – Genève, c’est plutôt joli). Du coup, j’utilise l’iPad environs 1h par jour (2×30min) pour le trajet en train, et le reste je le passe devant l’iPhone. C’est vrai que les derniers Mac Book Air ont l’air vraiment bien! Et sauf erreur, ils offrent une autonomie dingue. Mais avec le matériel que j’avais, tu imagines bien que c’est surtout l’iPad qui m’accompagne dans le train et pas le MBP.

Enfin, il y a une autre raison : j’ai tellement entendu dire « l’iPad, c’est un outil de consommation et pas de production » que j’avais envie de vérifier ça par moi-même et de montrer qu’un iPad peut être un vrai outil de production qui, dans certains cas précis, est aussi valable qu’un ordinateur.

C’est vrai qu’Editorial peut devenir compliqué. C’est comme beaucoup d’outils « avancés » : il faut s’y investir pas mal pour en obtenir un maximum. J’imagine pas vraiment que les lecteurs de cuk vont tous se mettre au langage python juste pour utiliser cette app J Mais pour ceux qui sont vraiment motivés, le jeu en vaut la chandelle !

8)
PatrickB
, le 04.09.2013 à 18:49
[modifier]

Oui, vraiment merci pour cet article. L’éditeur d’Editorial n’a t-il pas créé une solution pour piloter IOS ? Pour ce que je comprend après une (très) rapide 1ère lecture, (je poursuivrai ce soir dans le métro sur iPad), c’est que l’application Editorial propose des dizaines d’actions en workflow,dont certaines impacte IOS ou d’autres applications.

Cela fait écho à une de mes préoccupations actuelles sur iPad : trouver un moyen de générer via un bookmarklet ou un bookmark Safari une icone sur l’écran d’accueil, qui lance directement une ressource dans la bonne application indiquée par son URL scheme. Ex : – une icône qui ouvre directement un PDF dans Goodreader (qui propose un Lien de type :// gropen://0/A_Lire/La_naissance_de_Ribol.pdf?cc=1) – des séries d’icônes dans un dossier pour lancer des vidéos, des présentations Keynotes, des i-books, voir un module HTML5 ?

On me dit que tout cela est impossible sans qu’une application tierce comme Iconizer soit ouverte, et je l’ai vérifié.

EDITORIAL, outre ses qualités pour l’écriture, pourrait -il servir à celà ?

Patrick

9)
Sébastien Pennec
, le 04.09.2013 à 20:32
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Patrick,

Editorial a totalement créé une solution de pilotage d’iOS. Entre cette app, Drafts et, par exemple, Launch Center Pro, on peut faire des trucs assez violents! :)

À propos de l’ouverture d’une action depuis une icône: j’ai deux infos pour toi. La première, c’est qu’avec Pythonista (l’app précédante du développeur d’Editorial, qui est une sorte d’environnement de dév python), il y avait une page web nommée “Pythonista Shortcut” qui faisait pile ce que tu cherches: il suffisait de donner le nom d’un script a entrer et les éventuels paramères et tu pouvais enregistrer l’action sous forme d’icône. J’ai contacté l’auteur d’Editorial (merci Twitter!) et il m’a répondu qu’adapter cette page à Editorial était possible. Il y a de bonnes chances qu’il nous mette ça à disposition prochainement.

Sinon, il y a Launch Center Pro. J’en avais parlé, peut être trop brièvement, dans mon article sur les URL Schemes. C’est une app iOS qui s’appuie sur les URL schemes pour lancer des actions. Je te conseille vivement de te pencher sur cette app, elle apporte le raccourcis que tu cherches (enfin presque: deux taps au lieu d’un) et bien plus encore.

Ca m’intéresse beaucoup de suivre les résultats que tu obtiendras de ton côté avec ces url schemes… si tu le veux bien, tu peux me contacter par mail ou Twitter :)

10)
François Cuneo
, le 08.09.2013 à 07:00
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Eh bien!

Quel superbe article!

Ce programme a l’air génial, vraiment. J’avais lu d’autres articles sur lui, tous ne sont pas aussi enthousiastes que toi, mais en gros, il est super bien vu.

Je suis comme Anne: l’iPad pour moi n’est pas encore mon outil de production. Le Mac reste supérieur. Mais quand je vois l’article que tu as écrit dans Editorial, je me dis que oui, tout est possible avec cette tablette géniale.

Merci en tout cas!

11)
zit
, le 09.09.2013 à 11:27
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Très impressionnant !

Je ne dispose pas d’iPad non plus, mais je note aussi attentivement la chose.

z (en espérant qu’Apple ne décide pas que ce genre de bidouille pervertit iOS, je répêêêêêêêêêêête : et ne décide pas du jour au lendemain de rendre ces opérations impossibles)

12)
Sébastien Pennec
, le 09.09.2013 à 13:02
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zit,

Je ne pense pas qu’Apple ait intérêt à tuer ce genre d’opérations. En fait, c’est même tout à fait dans le sens de ce qu’ils mettent en place… je m’explique:

Dans iOS et dans OS X, ils ont installé un système de sandboxing. Chaque application peut agir dans le cadre de son “bac à sable” et ne peut pas aller touiller dans le bac à sable des autres, ou dans celui du système. En clair: une app peut gérer ses données et personne d’autre ne peut aller les modifier derrière son dos.

Le sandboxing n’est donc rien de plus qu’une manière de renforcer les responsabilités de chacun. Hors ces URL schemes, c’est justement un renforcement des responsabilités puisque c’est chaque app qui offre un service web “interne” à l’OS. Pour aller donner un ordre ou modifier des données d’une autre app, tu dois impérativement passer par elle. Elle va donc s’assurer que tu as le droit de faire ce que tu demandes et que ta demande ne va pas rendre ses données incohérentes. L’app reste seule responsable de ses données. Si elle ne veut pas que tu modifies un truc, elle ne te le permettra pas.

Le sandboxing offre une sécurité nettement plus grande et une promesse de stabilité nettement meilleure sur le système, au prix d’une flexibilité un peu moindre. En effet, si une app ne publie pas d’URL scheme, alors aucune autre app ne peut interagir avec elle ou ses données.

13)
pat3
, le 09.09.2013 à 16:24
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Impressionnant, ton article, Sébastien. Éditorial a l’air puissant… trop puissant pour moi. J’ai l’impression que ça dépasse de loin mes besoins. Déjà, pour Drafts, j’avais trouvé que l’app était très puissante. J e crois que je vais devoir relire tes deux articles à tête reposée, pour bien prendre la mesure des applis que tu décris.

En fait je pense avoir un problème avec l’automatisation : je n’ai jamais pu me faire à Automator, et je commençais à peine à péniblement comprendre l’intérêt des scripts AppleScript quand Automator est sorti. Pour moi, les scripts d’automation ont un intérêt pour les tâches de type sauvegarde, c’est tout. Même lorsqu’il s’agit de conversion de fichier, je trouve qu’une tâche en série as hoc fonctionne mieux qu’un script. Quelque chose m’échappe, là, profondément.

Anne, je me souviens de quelques discussions que nous avions eu sur Cuk a la sortie de l’iPad, mais pas que tu t’y étais totalement convertie! Je pensais même me souvenir que tu avais revendu ton premier iPad offert et que tu préférais de loin le MacBook Air. Qu’est-ce qui t’as fait changer autant d’avis (à moins que je me trompe et que mes souvenirs soient vraiment mauvais)?

14)
pat3
, le 09.09.2013 à 16:43
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Bon, ben, j’ai relu les trois articles, et c’est clair: je ne comprends pas ce que je peux faire avec les fonctions d’automation, toutes puissantes qu’elles soient!

En fait, Sébastien, ce serait génial que tu fasses un article sur ton workflow avec ce genre d’applications.

Question incidente que je me suis posé à la relecture du présent article: est-ce qu’on peut éditer une feuille de style pour ses documents écrits avec Editorial, et, mieux, est-ce qu’on pourrait automatiser l’export avec feuille de style vers un service, en liant une feuille spéficique à un service donné?

Pas sûr d’être clair, là; mais mon idée est, par exemple, d’écrire des billets dans Editorial, et de les poster vers son site / son blog / un dossier avec un projet d’article (etc) avec la feuille de style adéquate. C’est plus clair là?

15)
Sébastien Pennec
, le 10.09.2013 à 07:30
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pat3,

Pour résumer: ces articles montrent comment un utilisateur peut ajouter des fonctionnalités à une application, et comment il peut créer des interactions entre applications sous iOS.

Dans ton exemple, on peut imaginer que tu écrives un article dans Editorial au format Markdown, et que d’un tap Editorial convertisse le texte en HTML, y lie une feuille CSS particulière et upload tout ça sur le bon serveur FTP, avec les images nécessaires.

D’autres exemples, liés à Mr Reader (lecteur RSS pour iPad) – Ajouter un article (URL + Titre + éventuellement texte sélectionné) dans une note précise sous Evernote pour me créer une liste d’idées d’articles pour Cuk.ch – Envoyer l’article courant (URL/titre/texte sélectionné) dans Pushpin pour l’ajouter facilement à Pinboard puis revenir à Mr. Reader.

Ces deux fonctions étaient inexistantes dans le logiciel au moment de son téléchargement, ou moins puissantes. Les URL schemes m’ont permis de les ajouter, et également de faire en sorte que le focus revienne à Mr. Reader une fois l’action terminée.

Regarde la vidéo que j’avais posté dans l’article sur les URL schemes pour te faire une idée de ce que ça donne “en vrai”.

Peut-être qu’un article avec d’autres vidéos et plus d’exemples concrets serait intéressant, tu as raison…

16)
maxim
, le 23.09.2013 à 04:03
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Bonjour à tous. Mille mercis pour cet article très fouillé et bien présenté.

En effet, des outils de cet acabit manquent cruellement sur iPad, malgré la vaine promesse d’Apple et sa pub mensongère qui prétendait un temps “qu”on pouvait tout faire avec son iPad ou presque” presque rien d’efficace, en fait! Jusqu’à cet article.

J’avais pris un iPad en me réjouissant d’en faire une plateforme pour mes appareils réflex, c’était tellement compliqué à accomplir – avec les entraves qu’Apple a VOLONTAIREMENT mises sur le parcours – que j’ai finalement renoncé.

C’est pourquoi je m’inscrirais en faux sur un seul point un seul (puisqu’à part ça ton article est génial Sébastien) le prétendu “sens des responsabilité” qu’Apple introduirait dans son paradigme. La vérité est qu’ils veulent tout fermer pour tout contrôler et faire de nous des vaches à lait (captifs et à leur merci dans le concepts des fermes de serveurs du iClouds ). Mais surtout pas nous fournir des tablettes graphiques ouvertes et conviviales! (Dans lesquelles on pourrait par exemple changer nous-même la capacité mémoire ou remplacer la batterie…) Ce qui dément totalement la facilité d’utilisation suggérée par le “slide”, qui ne fut qu’un leurre pour masquer leur immonde politique de neuro-marketing addictif (voir la dernière pub…), et qu’ils ont financé avec NOS deniers d’utilisateurs de base, NOUS qui voulions, par essence même, des machines ouvertes sans fil à la patte! Ne l’oublions pas.

Et mince… Oû sont passés les traitement de textes de Claris et le fameux OneClick…? Disparus avec Wozniak , le “tout au réseau” ethernet? Faudrait-il maintenant réapprendre à programmer juste pour faire du traitement de texte? Steve Jobs le génial précurseur, a VRAIMENT foutu en l’air et enterré avec lui l’esprit “friendly” initial de Darwin-Open-Source chez Apple – avec ses “ai-Choses” – en voulant nous faire le coup de la réinvention de la roue. Hélas façon Big Brother, de mêche avec la NSA

Cordialement.

PS: en ce moment je peste avec l’absence de compatiblité des cartes graphiques montables dans les Mac Pros, dont l’effet est une complexification inutile, volontairement nuisible et incompatible avec l’esprit même du Mac et de Unix…! Faut pas m’en vouloir… :-/

17)
ToTheEnd
, le 23.09.2013 à 12:12
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Mais surtout pas nous fournir des tablettes graphiques ouvertes et conviviales! (Dans lesquelles on pourrait par exemple changer nous-même la capacité mémoire ou remplacer la batterie…)

Avec 150 millions d’iPad vendus et des concurrents qui copient par le menu Apple, c’est vrai que l’iPad a prouvé qu’il n’était pas convivial. Absurde.

18)
Sébastien Pennec
, le 23.09.2013 à 13:24
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Sans surprises, je ne suis pas du tout d’accord avec toi, maxim… et totalement d’accord avec le commentaire de TTE. Si l’iPad n’était pas si convivial, ça se saurait.

Je vais simplement répondre sur le point précis qui te gêne dans l’article. Empêcher une app d’aller voir et/ou modifier les données d’une autre app est un gros apport en terme de sécurité et stabilité, parce que personne ne peut influencer sur des données dans le dos de l’app “propriétaire” de ces données. La définition d’une donnée n’existe que dans l’app qui a la responsabilité de créer et modifier cet élément. La création de ces web service renforce encore cette séparation de responsabilité tout en augmentant la flexibilité du système car le service augmente les interactions possibles entre les apps.

La séparation des responsabilité est un sujet fréquemment abordé en design informatique (pas design visuel, mais plutôt au sens de la conception d’un logiciel) et une séparation claire de responsabilité entre les composants d’un système améliore le système. Puisque tu aimes les liens Wikipedia, en voici un qui parle de ce principe de design. Comme tu verras, il n’est pas limité à Apple. Ni à la mobilité, ni à une technologie particulière. C’est tout simplement une bonne pratique que les développeurs utilisent depuis des dizaines d’années.

19)
maxim
, le 23.09.2013 à 22:47
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Ca oui d’accord avec ta réponse Sébastien. 100% d’accord.

Mais c’est presque une réponse d’informaticien. Les “end-users” eux, il n’en ont rien à faire de toutes ces explications: que ce soient de “petits arrangements entre amis” ou des arguments pragmatiques et incontournables comme les tiens (et je te dis bravo). Parce que si on en croit lesdits arguments, ce monde informatique “nouveau” devrait alors tendre vers la perfection. Tout devrait baigner dans l’huile, alors qu’en réalité “il” (le cochon de payant d’end-user) ne peut qu’assister impuissant à la machine de guerre marketing, qui a conduit les développeurs (sans qu’il ne s’en doute à priori) à les priver de leur accès élémentaire et direct, à tout réseau filaire ethernet de base via le Wifi (à force de licenses et de contraintes juridiques: ceci à titre purement exemplatif, mais il y en a des tas, on n’est plus à une honte près). Et cette nuisance est VOULUE jusque dans la gestion des protocoles réseau savamment verrouillés pour tout cloisonner (dès lors que le mode “bridge” n’est jamais disponible par default, alors que la pomme se targue d’utiliser DHCP! La honte…).

Dire que 150 mios de moutons seraient alors “d’accord” avec de telles mauvaises politiques, c’est ça qui est absurde (néfaste pour eux en tout cas et non pour ceux qui détiennent les rennes des fermes de serveurs…) donc une telle argumentation ne tient que par un drôle de syllogisme (ont-ils eu le choix et ont-ils été consultés, les utilisateurs finaux: NON! Que neni évidemment), voire tient éventuellement du sophisme! A nôtre époque, on voudrait ne plus admettre le mouton qui remonte à contre-courant pour ne pas sombrer bêtement dans le précipice du iClouds avec les autres.

Et cette machine marketing marche du tonnerre de Zeus, puisque des gars aussi en pointe que TTE, tombent non seulement dans le panneau mais défendent ce paradigme!

Sont vraiment très fort à Cupertino, se concentrer uniquement sur les dividendes, ça ne durera que ce que ça durera: voyez avec Nokia puis maintenant Black Berry..

20)
Sébastien Pennec
, le 24.09.2013 à 07:14
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C’est une réponse d’informaticien… et c’est une réponse factuelle. Les utilisateurs vont profiter de cette séparation des responsabilité car ils auront un système plus stable, plus flexible et plus sûr. C’est un bénéfice directement lié à cette séparation.

21)
ToTheEnd
, le 24.09.2013 à 10:50
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Que les gens préfèrent acheter un iPad plutôt qu’une tablette linux avec un noyau à compiler soi-même, ça tombe un peu sous le sens… sauf pour certains. Pourtant ces produits existent mais j’imagine que si je tente de me mettre au niveau de paranoïa de l’intervenant du jour, c’est sûrement la NSA ou la DOEC (moins connu mais très efficace) qui agit pour limiter leur adoption.

Je ne défends rien mais je tente de te faire comprendre qu’on a déjà fait le tour de la question: si ces appareils te déçoivent, c’est que tu les as mal évalués par rapport à tes besoins. Ils n’ont peut être pas été fait pour toi? (je sais, c’est terrible…)

Pour le reste, 150 millions de clients semblent très satisfaits et probablement, il y en aura encore quelques dizaines de millions d’ici la fin de l’année.

Enfin, je sais que la bourse et Apple sont un sujet difficile mais pourquoi raconter n’importe quoi sur le sujet? Tu penses que c’est plus intéressant dans un débat de dire n’importe quoi ou c’est juste une manière journalistique de traiter un sujet?

Bref, je retourne à mes petites affaires…

22)
maxim
, le 25.09.2013 à 00:41
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Quand les arguments sont pertinents, ça tombe vite dans l’attaque perso avec TTE. Dommage.

Aurais-je mal “évalué” ou plutôt les consommateurs dans leur ensemble seraient trompés?! Une piste: mais qui aurait bien pu songer qu’Apple oserait ne pas implémenter autant de commandes clavier désormais manquantes (oui j’ai un clavier bluetooth), commandes pourtant traditionnellement bien présente sous OSX et bien avant (même dans Safari ça manque! Donc rien de “parano”).

C’est pourquoi l’article de Sébastien tombe à point nommé. Au moins il est constructif.

Car avoir osé “offrir” un outil “raccourci clavier” qui n’a de raccourci que le nom, puisque complétement inopérant dès lors qu’il ne concerne en rien les COMMANDES de la tablette est profondément mensonger: confondre “raccourci de saisie” avec un tel “arrangement avec la sémantique” est forcément une volonté de nuisance émanant des cerveaux (malades?) des merchandisers attachés à développer l’obsolescence programmée (qui consisterait à nous dégoûter par des entraves de toutes sortes?). Non ce n’est pas les exemples qui manquent, hélas.

Rien de parano non-plus avec la NSA, TTE ne lit-il pas la presse(?) tout le monde est au jus depuis!

Si demain on enlevait le copier/coller, faudrait-il accepter cela “parce que ce serait le reflet de la loi consumériste de l’offre VS demande, ?” serait-ce légitime et/ou équitable du moment que ça bafoue les licenses précédentes? Et toujours rien d’impressionnant avec le 150 mios de silences des agneaux, de tels arguments finissent comme des cotelettes. Ce n’est pas parce qu’il y a 150 mios d’achat que ça vaut 150 mios d’approbations, faudrait arrêter de faire dans le sophisme. Au Japon aussi ils étaient majoritairement pour le nucléaire avant Fukujima (et tel qu’il était conçu à l’époque), avaient-ils raison?.

23)
Sébastien Pennec
, le 25.09.2013 à 07:20
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Concernant les raccourcis clavier: j’ai un clavier BT et sauf erreur le copier/coller fonctionne… non? Quels autres raccourcis clavier voudrais-tu voir dans l’OS, concrètement? L’ouverture de tabs dans Safari?

Pour le reste… si tu penses vraiment qu’Apple (ou Google, ou d’autres boîtes hi-tech actuelles d’ailleurs) tente activement de dégoûter ses utilisateurs, le plus urgent est de revenir sur terre.

24)
ToTheEnd
, le 25.09.2013 à 08:04
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Aurais-je mal “évalué” ou plutôt les consommateurs dans leur ensemble seraient trompés?! […] Ce n’est pas parce qu’il y a 150 mios d’achat que ça vaut 150 mios d’approbations, faudrait arrêter de faire dans le sophisme.

C’est donc ça, les gens sont trompés dans leur ensemble et l’agent m veut rétablir la vérité. C’est louable mais affirmer que 150 millions d’acheteurs se font gruger ou duper, c’est tout de même délirant non?

Mais ne nous laissons pas aller dans l’invective personnelle et apportons une réponse sur le fond! Figure toi qu’il existe des études sur l’indice de satisfaction et qu’elles ne proviennent pas toutes d’Apple. Des organismes indépendants, d’états, des boîtes privées, des sondeurs, etc. Des dizaines de rapports ou sondages pointent tous dans la même direction: l’iPad récolte un taux de satisfaction compris entre 75% et 94%.

Bien sûr, c’est pas 100% mais cite moi un produit qui affiche 100%? La réalité, c’est qu’il y a une partie des gens comme toi qui se gourent sur l’évaluation d’un produit. Seulement voilà, heureusement pour nous, ils ne viennent pas tous s’en plaindre ici en faisant des références absurdes et hors de propos avec la NSA, le nucléaire, les OVNIs et Dieu sait quoi encore. Au contraire même, je pense que cette minorité se tait car elle a un peu honte de s’être laissée emportée stupidement dans la liesse générale en achetant un truc qui ne fait pas ce qu’ils veulent.

Dans le fond, j’admire ces gens qui se taisent quand ils se trompent car à la bêtise, ils n’ajoutent pas l’indigence intellectuelle… une qualité de nos jours.

25)
maxim
, le 25.09.2013 à 21:05
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Faut-il rappeler ici, que l’utilisation des trois petits point entre crochets typographiques “[…]”, sont là pour indiquer qu’un texte sans rapport avec la citation a été enlevé par commodité, MAIS NON PAS POUR PROFITER D’EN CHANGER LE SENS DES PROPOS – ex nihilo – et aux dépens de leur auteur! Simple question d’honnêteté intellectuelle, une qualité de toujours,

et sauf erreur le copier/coller fonctionne… non?

Sauf hypothèse, ais-je dit le contraire? Pour les autres commandes clavier, manquantes dans ma config: CMD-q, CMD-tab, CMD-i, CMD-b, dans Safari CMD-F. CMD-I et CMD-1 à -9. Sans oublier CMD-z, le plus important, car secouer son iPad comme un malade °_O Etc… En même temps, ma remarque ne s’adressait pas à toi ;)

Il ne faudrait quand même pas oublier que la saisie sur un clavier non virtuel est incomparablement plus rapide que celle disponible à même l’écran de l’iPad! (l’entraver c’est peut-être là où provient déjà “l’indigence” léguée par l’O.P. et non pas de par ceux qui dénoncent lesdits faits – puiqu’on ne saurait les accuser des tares dont ils ne sont pas la cause! – même si je dois bien reconnaître que le phénomène ne concerne pas exclusivement la Pomme, mais bien toute l’industrie informatique et au-delà.) Il n’empêche que si parmi les 150 mios d’utilisateurs ceux qui seraient éventuellement “attardés” s’en tapent, il reste TOUS les autres! Et à se titre, je crois me souvenir qu’Apple ne visait pas spécialement ce segment de marché à l’origine, mais plutôt un marché de niche et de pointe! Appliqué à un bien de consommation de masse (puisque devenu comme tel) s’en prévaloir ne serait-il pas déjà discriminatoire en soi! Ainsi, après le sophisme, voilà l’invective ad hominem, dommage pour la bonne atmosphère de ce blog et la perte d’objectivité qui découle de cette sorte de déni. Désolé, si je ne mange pas de ce pain là (c’est un peu comme ceux qui ont dénié les méfaits de certaines réformes de l’enseignement, comme le laxisme qu’il y a eu dans l’enseignement du français).

Et dans tout ça que vient faire dieu (qui devrait s’écrire avec une minuscule, sauf à considérer que TTE ne voudrait nous parler que de celui auquel il se rattacherait et qui par ce simple fait aurait une sorte de primauté à ses yeux “eu égard aux autres”, hum!) “dieu” et les OVNIS en même temps: la vache! :-)