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Les réflexes qui sauvent, ce n’est pas évident.

Comme la plupart d’entre vous, j’imagine, je suis amateur de baignades dans le lac Léman en été. Le genre d’endroit où on est détendus, on boit des bières avec des amis, on surveille vaguement les enfants qui ne doivent pas nager au delà des bouées jaunes. On n'est en tous cas pas préparés à subir une catastrophe !

C’est pourtant bien ce qui s’est passé ce soir de 1er août, à la plage de Lutry, archi-bondée. En causant avec des amis assis sur l’herbe, j’ai distraitement regardé ce groupe de jeunes à 10 mètres de nous, qui tentaient d’allumer un barbecue. J’ai vu le gars approcher avec une bouteille, je n’ai pas compris. J’ai entendu les cris et vu le cercle s’élargir brusquement, je n’ai pas compris non plus. Et j’ai encore moins compris lorsque cette jeune fille s’est mise à courir en hurlant, pas du tout en direction du lac. Quand elle s’est effondrée au sol, et que j’ai vu l’air chaud qui vibrait au dessus d’elle, alors j’ai compris : elle était en feu.  Mais ces flammes d’alcool à brûler, en plein jour, on ne les voit pas !

D’autres ont compris plus vite que moi et se sont rués sur elle avec des couvertures et des bouteilles d’eau…

Et puis la panique : tout le monde veut faire quelque chose, donner son avis, gesticuler, y compris moi ! Je tremblais tellement que je n’arrivais même pas à composer le 117 ! C’est ma fille aînée qui l’a fait…

Il a fallu l’arrivée d’un médecin, qui était heureusement parmi les baigneurs, pour que les choses soit faites de façon organisée…

D’abord essayer de calmer la fille qui hurlait et souffrait atrocement, puis la convaincre d’aller tout de suite sous la douche pour refroidir les brûlures. Même si de précieuses secondes sont perdues, traîner de force un grand brûlé ne fait qu’aggraver ses blessures, ce que tout le monde ne sait pas…

L’ambulance et la police sont arrivés assez rapidement sur les lieux, et la fille a été emmenée à l’hôpital, dans une unité pour grands brûlés.

J’ai discuté avec une femme gravement brûlée lors d’un court séjour au CHUV il y a quelques années, je réalise ce que ça représente comme souffrances et patience. J’espère que cette jeune fille s’en sortira le mieux possible, j’espère que le gars qui a versé l’alcool comprendra la gravité de son acte… Mais savait-il seulement que le barbecue était déjà allumé ?

Ironie du sort, quelques jours avant ce drame, alors que j’allais me baigner avec mes deux filles au même endroit, la police organisait une action de prévention. Pas du tout sur les risques de brûlures dues aux barbecues, mais sur le danger de noyade des enfants non-surveillés. Cette plage (publique et gratuite) n’est pas contrôlée par un maître nageur…

Cela m’a inspiré quelques réflexions : tout d’abord, dans une foule aussi compacte, surveiller qui que ce soit est presque impossible. Au moins dix fois j’ai perdu mes filles du regard : repérer et reconnaître deux petites têtes dans l’eau quand il y en a des centaines, c’est très difficile.

Et puis, quand il y a autant de monde, les entorses aux règles de sécurité sont nombreuses : baigneurs qui vont au delà des bouées, jeunes qui utilisent le plongeoir n’importe comment, enfants qui lancent les cailloux dans l’eau, tessons de bouteille par terre, et bien sûr profusion de mini-barbecues jetables sur la pelouse, malgré le fait que c’est une zone non autorisée pour faire du feu !

Mais le problème, c’est que le panneau des interdictions est tellement rempli que personne ne le lit !

Peut-être faudra t-il à l’avenir limiter le nombre de personnes sur cette plage, comme dans les piscines, avec un surveillant et un tourniquet à l’entrée ?

Autre question que je me pose : en Suisse nous sommes contraints à toutes sortes de formations de sauvetage, que ce soit au service militaire, service civil, protection civile, permis de conduire, etc…

C’est magnifique, mais à quoi ça sert quand on doit s’occuper de quelqu’un (ou plusieurs personnes) dans une panique totale, et qui hurle de douleur ? Que feriez-vous dans ce cas, en sachant que le moindre geste maladroit peut avoir des conséquences catastrophiques ? J’en parle en connaissance de cause, suite à un accident de sport – infiniment moins grave qu’une brûlure au 3e degré ! – qui m’avait laissé au sol, hurlant de douleur. La seule chose que j’ai pu entendre c’est «calmez-vous. Je suis médecin, je vais m’occuper de vous !»

Autre chose : la prévention dans le cadre d’un acte irresponsable. Imaginez-vous aller expliquer à un groupe de jeunes venus pour s’amuser, qu’il ne faut pas faire de barbecue parce que c’est interdit à cet endroit, qu’il ne faut pas utiliser d’alcool à brûler parce que c’est dangereux ! Seul un vigile ou un surveillant peut être crédible. Sur ces plages bondées, tout le monde se fout de ce que font les autres…

Au moins une chose dont je suis sûr : mes deux filles ont tout vu. Elles ont compris. Elle ne laisseront jamais quelqu’un s’approcher du barbecue avec une bouteille d’alcool à brûler !

 

Bonnes vacances à tous, et faites gaffe avec vos grillades !

12 commentaires
1)
Saluki
, le 08.08.2013 à 00:14
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C’est bien pourquoi notre barbecue/plancha fonctionne sur butane. Évidemment nous ne pouvons pas le transporter à la plage.

2)
François Cuneo
, le 08.08.2013 à 08:12
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Idem quand un dingo décide de remettre de l’alcool à brûler dans le réchaud à fondue!

Ça me rend fou, je dis qu’il ne faut pas, et tout le monde rigole.

Cela m’est égal, je sors, et si j’ai mes enfants avec, je les prends avec moi.

Certes, on passe pour un couard, mais je m’en fiche complètement.

J’ai aussi vu un retour de flemme sur une bouteille d’alcool à brûler, je n’y touche plus.

Raison pour laquelle je préfère les réchauds électriques ou Kisag, à gaz, beaucoup plus sûrs.

Pour les grills, il existe tout de même des systèmes moins dangereux que l’alcool à brûler comme allume-feu!

3)
illianor
, le 08.08.2013 à 08:42
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J’ai été garde-bain en parallèle de mes études. Au delà du brevet nécessaire, nous avions chaque année une remise à niveau donnée par des ambulanciers. Les gestes à pratiquer devaient rassurer l’accidenté et autant que possible éviter de la faire paniquer.

Pour une personne qui se noie. Si elle panique vraiment et se débat en s’accrochant à vous on nous apprend à la laisser couler un peu et à venir la chercher peu de temps après. Il n’y a pas d’autres moyens de calmer une personne dans l’eau et le but n’est pas d’avoir deux noyés. Je n’ai jamais été dans une position qui me demande de le faire et j’en suis ravi.

Pour ce qui est des multiples brevets, beaucoup de personnes ont oublié ou croient savoir. Ces cours sont bien car tout le monde ne peut prédire sa réaction. Dans le tas certaines réagirons plus vite (suffisamment?). Personnellement sur un accident hors Europe des adultes plein de bonnes volontés se sont mis à faire des conneries et me mettre de côté parce que j’étais jeune. Je ne pouvais pas savoir…

4)
Madame Poppins
, le 08.08.2013 à 09:25
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Terrible aventure et j’imagine bien le stress ! Cela dit, les deux fois que je suis “intervenue” dans une situation d’urgence, je me suis surprise de mon calme pendant : c’est après que j’ai tremblé et que j’ai eu peur (mais il n’y avait pas eu de mal).

Je donnais des cours de natation loisirs, mon cours était terminé et j’avais remis mon survêtement et mes chaussures lorsque j’ai vu une femme dans le public commencer à couler, les nageurs autour ne s’en rendant même pas compte (c’est plus facile de voir les nageurs quand on est debout au bord du bassin, ce n’est pas une critique à l’égard des nageurs). Et là, bizarre, je me suis souvenue de tout mon cours, que je me suis presque récitée “ne plonge pas sans enlever le pantalon et les chaussures, il faut prendre ce temps, aborde-là par derrière, elle va sans ça s’agripper à toi et te traîner au fond si elle a plus de force que toi (probablement en raison de la panique), comme le dit illianor.

Mais évidemment, tout cela était bien peu de choses par rapport à des brûlures, là, je ne sais absolument pas comment j’aurais réagi.

Je pense que dans toute situation d’accident, le plus difficile, c’est de coordonner et d’éviter les voyeurs.

Ceci étant, mon employeur propose des cours d’utilisation du défibrillateur mais là, je n’y crois pas : je ne pense pas que j’aurais les réflexes, l’eau, c’est mon élément, pas le reste !

5)
ysengrain
, le 08.08.2013 à 10:01
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Gérer les situations d’urgence médicale est un entrainement apparenté à celui d’un sportif de haut niveau. Il faut pratiquer le plus souvent possible.

Je ne dirais pas y avoir été confronté journellement, mais toujours, après évaluation rapide de la situation, un peu comme le dit Madame Poppins qui enlève pantalon et chaussures, je me suis dit: cool, tu sais faire, pas besoin de te dépêcher, mesure pensées et gestes.

J’interprète les “calmez vous, je suis médecin” comme la méthode Coué, en fait orienté vers le “sauveteur ” qui gère son stress – on y est toujours soumis dans cette situation.

Enfin, en guise de citation, je rapporterai celle du Professeur Vilain, pionnier de la chirurgie esthétique français des années 60-70 – il s’appelait réellement Vilain – qui disait aux parents des enfants accidentés domestiques: l’eau chaude brûle.

6)
Le Corbeau
, le 08.08.2013 à 10:05
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C’est bien pourquoi notre barbecue/plancha fonctionne sur butane

Ne me dis pas que tu n’as jamais entendu parler des explosions dues au gaz. Par contre, la résistance d’une bouteille à la chaleur est impressionnante, bien que j’en ai entendu deux ou trois exploser dans les jardins d’un lotissement en proie aux flammes (ah, la convivialité d’un bon petit feu… de forêt).

J’ai aussi vu un retour de flemme sur une bouteille d’alcool

Personnellement, aucun retour de flemme, ne m’a empêché de toucher à une bouteille d’alcool. A mon avis, tu manques un peu de volonté :-))

Imaginez-vous aller expliquer à un groupe de jeunes venus pour s’amuser, qu’il ne faut pas faire de barbecue parce que c’est interdit à cet endroit, qu’il ne faut pas utiliser d’alcool à brûler parce que c’est dangereux !

Même quand c’est un copain, je me suis aperçu que c’était difficile, voire impossible, alors des inconnus en groupe, t’as vite fait de te faire éjecter (même plus, si t’es à Marseille) Donc perso, je laisse faire, me casse plus loin et revient éventuellement ramasser les morceaux. :-((

7)
ToTheEnd
, le 08.08.2013 à 10:21
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Je connais très bien cette plage et quelques autres coins entre Nyon et Vevey… nous avons un environnement magnifique et c’est toujours très agréable de passer du bon temps au bord de la plage avec des amis et on ne peut que regretter cet incident… en espérant que la victime ne garde pas trop de séquelles de cet événement tragique.

Nous ne sommes pas égaux devant un incident qui demande une intervention. Certains paniques et d’autre font preuves d’un réel sang froid pour apporter leur aide.

Malgré ce grave incident, je suis contre une surveillance accrue ou un renforcement de la sécurité au travers de gardes, barrières ou tourniquets. Bien sûr, il faut faire de la prévention (école?) et avoir quelques panneaux qui indiquent les choses à ne pas faire mais le pire qu’on puisse faire et qu’on fait régulièrement, c’est de prendre des décisions sous le coup de l’émotion.

En 2003, il y a eu plus d’une cinquantaine de morts en Suisse dans nos lacs et cours d’eau… et certains politiciens ont voulu réglementer l’accès à l’eau dans un pays qui compte plus de 50’000km de rivières ou côtes. Absurde.

Il en va de la responsabilité de tous d’être vigilant et attentif aux dangers d’un simple bbq ou coin d’eau.

8)
Nept
, le 08.08.2013 à 12:11
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J’ai la grande chance, lors de situations d’urgence, d’arriver le plus souvent avec la casquette du professionnel en situation de travail (je suis médecin urgentiste). Ca facilite… mais ça n’en reste pas moins compliqué. Pas tellement d’ailleurs pour gérer le problème (médical) mais plus pour gérer l’environnement (famille, curieux, …).

Les mauvaises langues diront que lors de l’utilisation d’alcool pour allumer le barbecue, ou toute autre prise de risque imbécile, on peut laisser Darwin faire son choix…

9)
Philob
, le 08.08.2013 à 13:59
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Je suis moniteur samaritain depuis plus de 30 ans, j’ai souvent dû intervenir, mais la plupart du temps je suis à un poste (jamais seul) bien fourni en matériel que je connais et on nous amène les “blessés”, dans ces situations je suis très calme pendant l’intervention et c’est après que je peux trembler et même avoir peur, mais nous pratiquons dans tous les cas graves un débriefing, ça aide beaucoup.

En ce qui concerne des réanimations, je n’ai jamais eu l’occasion d’en faire, mais je sais que 3 personnes on réussi à réanimer, avec succès, des blessés suite aux cours que je leurs avais donnés, c’est pour moi la plus belle des motivations et des récompenses.

Je suis intervenu (comme samaritain) dernièrement lors de l’accident de train à Granges- Marnand; il y avait que des professionnels déjà sur place (policiers, ambulanciers, pompiers) et tout était très bien organisé, au fur et à mesure les secours sont montés en puissance, et la coordination a vraiment très bien fonctionné.

Pour arriver à ce résultat, il y a avant un entrainement de chacun et autant que possible aussi des exercices en commun, et chacun connait son rôle, ses limites et surtout la hiérarchie est connue et respectée lors d’intervention de cette envergure. Nous arrivons sur place avec du matériel standardisé et connu et nous nous sommes aussi entrainés à utiliser le matériel complémentaire qui arrive souvent plus tard sur les lieux.

C’est presque plus simple d’intervenir dans ces conditions que dans une situation comme décrite dans ce billet, toutes proportions gardées. J’ai connu des infirmières très efficaces sur leur lieu de travail complètement désorientées en improvisation, car elles n’avaient pas les instruments, pas le matériel et pas l’environnement habituel.

Comme le dit Ysengrain et l’a pratiqué Mme Poppins, quand je me suis rendu sur les lieux de l’accident avec mon propre véhicule, j’ai dit à mon épouse, qui conduisait, de rouler tout à fait normalement, et j’ai profité du trajet pour me préparer mentalement. Je suis arrivé sur place, je suis tout de suite intervenu, mais j’avais un calme olympien.

Malgré mon expérience, je ne sais pas du tout si je serai capable d’utiliser mes compétences dans une situation où le blessé serait quelqu’un qui m’est très proche, je suis extrêmement modeste quant à mes capacités à rester toujours calme.

Merci pour cet exemple qui, à la fois, met en lumière les “bêtises” pouvant amener un accident et la difficulté à intervenir au milieu d’une foule.

10)
Blues
, le 08.08.2013 à 15:05
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Pas cool cette affaire.

Employer de l’alcool à brûler pour des grillades, hum… non seulement le produit s’évapore si vite que ça ne sert à rien, et en plus d’en ajouter après coup, il faut être débile tellement c’est reconnu comme dangereux !

Pour les grills, il existe tout de même des systèmes moins dangereux que l’alcool à brûler comme allume-feu!

Oui, mais le problème est que : ces types de produits sont gras, ils puent à la combustion et peuvent donner par la suite un mauvais goût à la viande. Donc et idéalement, moi c’est démarrage d’un petit feu avec papier et petites branches de bois et addition tranquille du charbon à côté/par dessus, ensuite insuffler de l’air pour accélérer la prise du charbon.

11)
TroncheDeSnake
, le 08.08.2013 à 18:36
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Je n’ai heureusement jamais connu de situation aussi dramatique et j’ai toujours une incommensurable estime pour celles et ceux qui savent “quoi faire” et “comment le faire”. Sauveteurs, pompiers, urgentistes, mais aussi mères, jardinières d’enfants, et tout simplement personnes se trouvant là au bon moment et faisant les bons gestes, ayant la juste attitude, je vous vénère! Quand à moi…

Il y a quelques années, sur une plage méditerranéenne. Je nageais tranquillement là ou je n’avais juste plus mon fond. J’ai entendu une voix qui appelait: “Hello! Hello!”. Me retournant j’ai vu un monsieur qui semblait chercher par ses gestes a attirer l’attention de gens sur la plage. Mais en vain. Comme je n’étais pas sûr de bien comprendre la situation, je me suis approché et j’ai demandé : “Ça va,monsieur?” Il m’a dit avoir une crampe et j’ai vu qu’il avait en effet du mal à se maintenir en surface. J’ai alors compris qu’effectivement il était en difficulté.

Et là, au lieu d’appeler au secours, j’ai voulu le ramener au bord. Pourtant que je sais très bien que je n’ai aucune connaissance en matière de sauvetage aquatique et que par ailleurs, je nage juste assez bien pour un; mais pour deux…

Voulant le maintenir en surface, je me suis coulé moi-même et pensais arriver à tenir sous l’eau le temps d’arriver jusqu’à l’endroit ou j’aurais pied. Mais j’avais beaucoup de mal à avancer. J’ai alors refait surface pour reprendre souffle et j’ai vu deux hommes de ses connaissances se précipiter à son secours. Il l’a tiré hors de l’eau, et moi je me suis péniblement traîné jusque sur le sable dans l’indifférence générale. J’y ai mis de longues minutes à récupérer mon souffle et me remettre de cette fort désagréable impression qu’en voulant l’aider, je m’étais moi-même mis en danger.

Je me rends compte que, si j’ai voulu me débrouiller plutôt que d’appeler à l’aide alors que j’étais juste à côté, j’aurais eu l’impression d’avoir l’air con; la logique semblait vouloir que j’intervienne au lieu de sortir de l’eau pour appeler… Parfois on est plus efficace en assumant son incompétence!

12)
soizic
, le 10.08.2013 à 14:02
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J’étais un jour à la piscine de Luminy (Marseille) où il n’y a pied nulle part. Pas mal de monde y compris dans l’eau, je me dirige vers l’échelle (je suis incapable de plonger) je vois des cheveux bruns flotter, je regarde mieux et surprise deux petits à la verticale dans l’eau, le second totalement immergé ; mon sang ne fait qu’un tour, inutile d’appeler tant il y a de monde et de bruit, je me force à descendre posément via l’échelle et je récupère les deux lascars qui avaient environ deux et quatre ans ; pas de mal, ils crachent et toussent un bon coup et je demande où est leur mère ? C’est papa, lequel était au bord de l’eau bien loin des enfants. Je lui ai dit calmement où j’avais trouvé ses enfants (en le traitant intérieurement de tous les noms). Je me suis toujours demandé ce qui se serait passé sans moi ? Deux gamins de cet âge peuvent-ils vraiment se débrouiller ? C’est après que je me suis mise à trembler.