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Faut-il“dégrader » ou « améliorer » ses images numériques?

Suite à mon article sur DxO FilmPack 4 de vendredi, je vous propose en article du week-end le commentaire de maxim' qui me semble pour le moins excellent.

Je lui cède donc la parole!


Doit-on où non faire appel à des logiciels qui permettent de “dégrader” ou “améliorer” une image?

La question ne se pose guère si la technique permet de servir l’œuvre et non l’inverse… À titre individuel et de prime abord, je dirais “non” en tant que puriste, ou alors en ayant la souris légère comme dit Dpesch! A titre professionnel c’est beaucoup plus compliqué à trancher.

Donc approfondissons vu que le sujet revient de manière récurrente — sans même aller jusqu’à la question de la simulation du rendu des films et leur développement — la question commence lors du traitement des. raw, à propos de la fidélité des couleurs voire la détermination de la “balance des blancs” in-caméra et même l’exposition (pour ceux qui exposent l’histo “à droite”) voire encore éventuellement l’utilisation des “filtres créatifs” embarqués dans chaque boîtier (qui a dit “quelle horreur”?) pour ne parler que de ces aspects. Un vrai casse-tête si on mélange tout!

J’ai eu longtemps affaire à ces questions avec des “clients difficiles”, ce qui nous pousse dans nos derniers retranchements (autant comme photographe que reprograveur ou éditeur). Hors en général, ceux qui ont besoin d’images ou d’en reproduire, ne savent pas forcément « ce qu’ils se veulent » (puisqu’ils leur manque au moins le recul du pro, si ce n’est un recul relatif à la “culture de l’image”, ce d’autant que pour certains, il n’est pas étonnant de s’apercevoir qu’ils sont en phase d’expérimentation, ils ont alors de la peine à mettre de la distance entre leurs propres filtres de perception et la “représentation photographique” du sujet qu’ils ont à “servir”) mais ils savent plus facilement insidieusement dire « ce qu’ils ne veulent pas », et au moins quand c’est le cas on a encore de la chance, car entre penser que l’on sait ce que l’on se veut et en avoir pleinement conscience, il y a parfois une grosse marge de progrès (lol)

On l’a compris, c’est un domaine où l’on est en plein dans le subjectif. Partant de là, il y a deux écoles:

  •  l’approche pragmatique: celle qui consiste à faire de la « reprographie » — dont le seul but est de garantir la fidélité de la reproduction — et ce, dès la prise de vue (recherche de la fidélité du rendu de la lumière ambiante, et/ou de la fidélité des couleurs jusqu’à la signature de l’épreuve contractuelle) et ce, conformément aux standards de l’industrie des arts graphiques. Cela signifie le respect d’un certain nombre de contraintes, comme une standardisation des procédures, l’utilisation d’une charte grise 18 % pour caler sa balance des blancs (ou une simple feuille de papier blanc), l’utilisation d’un espace couleur le plus large possible ou en fonction des besoins, l’étalonnage de toute la chaîne graphique (désormais depuis la prise de vue avec les outils actuels comme les SLT à viseurs électroniques étalonnés) jusqu’à l’utilisation normalisée des formats de fichiers. TIFF (prêts à l’impression), Dans ce cas-là d’une approche professionnelle, il y a une obligation de résultat de la part de celui qui fournit la prestation et nécessite copyproof voire scalas pour les travaux les plus pointus.
  •  l’approche artistique, celle qui permet tous les écarts et interprétations, mais dans ce cas, charge à l’artiste de livrer ses fichiers. TIFF, qui ne seront plus touchés par l’éditeur.

Et lorsqu’il y a une bonne synergie et confiance entre partenaires, il peut y avoir combinaison des deux approches (à n’importe quelle étape si on sait ce qu’on fait).

Donc partant de là toutes les fantaisies sont admissibles, c’est selon!

D’ailleurs il est un peu décalé de prétendre que l’on ne devrait pas revenir en arrière, ce serait omettre le facteur humain. Si par exemple il s’agissait de sortir un bouquin sur des inédits de Cartier Bresson, un tel programme deviendrait incontournable si on ne veut pas trahir l’esprit de l’auteur! Quant à retrouver la chimie de l’époque… Ce type de feed-back arrive régulièrement en publicité, selon la clientèle cible visée, la mise en scène et le rendu des images s’adapte en fonction d’elle-même.

DXO a des outils fantastiques, de référence et incontournables, c’en est un, après chacun jugera en fonction de ses besoins et/ou de sa sensibilité artistique: point final.

Conclusion: Il ne serait donc guère possible de s’en passer selon les travaux. Cela tient au fait que la courbe de réponse d’un capteur est généralement linéaire (sauf Canon) alors que celle du film est/était sinusoïdale. Par ailleurs il y a une exposition optimale en numérique qui ne sera forcément pas la même qu’en argentique, puisqu’elle dépend de la plage dynamique du capteur et de l’échelle de gris disponible à chaque “pas” entre hautes et basses lumières et que tout se déterminera en fonction de la balance des blancs et de l’exposition que le photographe “s’est proposé d’atteindre”... Et ce n’est pas tout, il faudrait encore tenir compte de la « recette constructeur » qui conduit au dématriçage optimal:

— si on en revient à l’approche minimaliste et pragmatique, en principe il n’y aurait rien à faire, tout est joué à la prise de vue, en fonction de l’exposition et de la “balance des blancs”. Donc normalement, à partir de là on ne devrait plus rien toucher. Et si tant est qu’on le doive, il faudrait tenir compte dès l’exposition, de la façon dont le fichier sera traité in fine (on n’exposera pas la même chose si on veut un rendu “Kodachrome” VS “Ektachrome”, c’est une évidence)

Et ceux qui croient que l’on peut faire n’importe quoi avec un. raw se trompent lourdement.

L’ensemble de la maîtrise de tout ça est un vrai métier. Une culture de l’esthétique de l’image et des couleurs à part entière et qui peut prendre toute une vie! Rembrandt l’un des seigneurs de la maîtrise des couleurs et des clairs/obscurs, ne disait-il pas à l’automne de sa vie, dans une de ses légendaires colères: que « tout ce qu’il avait fait jusqu’alors ne valait rien et qu’il avait tout foiré »?...

maxim’

37 commentaires
1)
yfic17
, le 23.06.2013 à 09:51
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Merci maxim’ pour ce point de vue. Un vaste débat sur « est-ce que les images sont trafiquées ou pas par le traitement qu’on lui fait subir ? ».

Je suis astronome amateur et je fais quelques images du ciel. Il m’arrive de regarder ce que font d’autres personnes et on se rend compte que pour un même sujet nous obtenons des résultats différents ! Il arrive parfois que certains surtraitent leurs images planétaires et créent des artefacts. Sûr de leurs faits, ils clament haut et fort qu’ils arrivent à prendre des détails qui n’existent pas ! Par exemple sur la lune certaine petits cratères, sur Jupiter des petites tempêtes minuscules, sur Mars des détails sur la surface, sur Saturne des divisions sur les anneaux, etc. En fin de compte, il vaut mieux avoir un regard critique sur ce que l’on fait, sur ces travaux. Il faut arriver à prendre du recul et surtout à accepter ce que les autres formulent comme avis (du moment que c’est constructif !).

2)
Blues
, le 23.06.2013 à 10:27
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Comme ces réflexions représentent une part importante de mon métier (typographe/polygraphe et accessoirement preneur et traiteurs d’images) et comme j’ai la chance d’avoir le recul nécessaire pour avoir vécu toutes les transitions vues de tous les côtés de la lorgnette (de Gutemberg-plomb en passant par la reproduction et le développement de films, y compris les retouches manuelles, les scanners et les débuts de Photoshop jusqu’au tout numérique d’aujourd’hui).

Les débats sont très réguliers dans la branche, les “anciens” dont je devrais faire partie sont souvent très conservateurs (ou plutôt coincés du c…) sur le sujet = on touche à rien, aucun trafiquage, tel que l’a voulu le photographe au moment du déclenchement, que soit en chromie ou en cadrage, ceci bien sûr au plus proche de la réalité ou de l’original.

Personnellement ayant fait le saut du numérique à ses début, je pense qu’il faut vivre avec son temps et profiter de tout ce que la technologie nous offre, mais sans trop exagérer (ou exceptionnellement donner de l’effet quand le contexte ou l’image le mérite). Bien sûr qu’une partie du job est bien la reproduction la plus fidèle possible par rapport à l’original. Sorti de cela, pourquoi ne pas compenser des valeurs qui pourraient améliorer la repro : chromie, contraste, saturation, etc… du moment que ça peut rehausser la qualité de l’imprimé (cela avec l’accord de l’auteur si besoin), why not !

Pour terminer, comme les générations d’aujourd’hui n’auront pas connus autre chose, je pense que nous devons “faire avec” les diverses versions d’un même sujet = comme l’aura voulu “l’artiste” et non au plus proche de la réalité.

3)
giampaolo
, le 23.06.2013 à 10:32
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Merci maxim’. Vaste débat en effet. Personne ne disait autrefois non plus qu’avec un négatif on pouvait faire n’importe quoi. Il en va de même aujourd’hui. Par contre, autrefois déjà, des Cartier-Bresson avaient leurs développeurs+tireurs attitrés. Un bon développeur + tireur savait tirer et exploiter tout le potentiel d’un négatif. Pour moi, tant qu’il s’agit d’exploiter le potentiel d’un fichier raw, je parle de développement et de traitement (avec la part d’expression personnelle qui va avec le traitement évidemment).

Par contre, beaucoup de photographes, et surtout parmi les amateurs, s’en donnent à coeur joie pour tripatouiller leurs photos au point qu’une photographie de paysage va déclencher des waouuuu chez certains parce que ce que l’on y voit est plus beau que vrai. Des ombres qui n’existent pas, des intensités qui n’existent pas, des effets en veux-tu en voilà à n’en plus finir. Tout cela pour que le spectateur lambda s’émerveille et s’exclame “il fait de belles photos”. Non, il ne fait pas que de la photo, il fait aussi de l’informatique. Quand on fait de la photographie de portraits, de beauté, de mode, on entend souvent la critique ‘c’est du photoshop’ parce que la peau est embellie et toutes les impuretés supprimées. Tout le monde sait aujourd’hui et se rend compte qu’une telle peau n’existe pas. Par contre, dès que l’on présente des paysages, le lecteur lambda a tendance à croire que la beauté est le résultat de la nature et la photo l’expression du photographe.

Il existe déjà une tendance dans la mode à présenter des photographies auxquelles on ajoute le commentaire “peau non retouchée”. A quand des photographies de paysage, de nature, de scènes quotidiennes avec la même remarque?

Pour moi, le traitement informatique fait partie de la photographie numérique, mais il faut éduquer le lecteur à faire la part des choses entre ce qui est du domaine de la photographie et du domaine de l’informatique.

Quand on me montre une photo en me disant, “t’as vu cette belle photo?’ Il m’arrive de répondre “tu parles de la photographie ou du traitement informatique?”.

C’est aussi valable pour la photographie de studio, domaine que je connais assez bien.

4)
ysengrain
, le 23.06.2013 à 11:04
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Je ne perçois rien de négatif dans cette très sérieuse approche. Je reste fidèle à ce qui sort de la carte de stockage – que du RAW – j’admets “lightroomer” juste ce qu’il faut (parce que le RAW c’est pas beau).

Par ailleurs

Cela tient au fait que la courbe de réponse d’un capteur est généralement linéaire (sauf Canon)

cet aspect pourrait-il être développé un peu ? Merci.

5)
Saluki
, le 23.06.2013 à 11:46
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On voit également des photos de mode où les mannequins ont vu, par une improbable opération chirurgicale…, leurs gambettes allongées de 15%. Ou encore, la voir avec de magnifiques yeux bleus quand je sais pour avoir côtoyé la personne qu’ils sont marrons… Quoique, dans ce cas-là, des lentilles cornéennes sont capables de le faire aussi .

Dans le passé, il y a de cela quelques lustres, je frottais du doigt certaines zones du papier dans le bain de révélateur, je promenais un petit disque devant le flux de lumière de l’agrandisseur, et je pouvais aussi changer la dureté du papier pour varier mes plaisirs ultérieurs dans la ’’contemplation’’ de mes tirages. Quand je les revois, à l’occasion d’un nouveau rangement, je suis souvent déçu en référence à ce que j’obtiens aujourd’hui par une simple impression via mon imprimante laser, sur du bon papier, en virant au N&B via Lightroom.

6)
guru
, le 23.06.2013 à 13:07
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Une photo doit-elle, peut-elle représenter la réalité? Vaste débat… qui ne m’angoisse plus depuis longtemps.

Dans mon cours de prise de son écrit dans le début des années soixante, mon professeur d’alors, éminent musicien-modulateur à la radio belge, écrivait:

Contrairement à ce qu’en pense généralement le public, la technique de prise de son n’est pas une technique de reproduction (proprement dite) de la réalité sonore. La prise de son est la réduction (monophonique) à un seul endroit sonore (le haut-parleur), d’un espace sonore multidimensionnel (le local, le théâtre, la salle de concert, le studio, le plein air). Cette technique de captation de la réalité sonore est, en fait, une technique de transposition d’un système de références comportant un certain nombre de repères (l’espace sonore) en un autre système de références comportant un nombre moindre de repères (le haut-parleur). Il y a donc des limitations radicales dans le principe même de cette technique. Et nous verrons plus tard que la prise de son dite stéréophonique, si elle représente un moyen d’expression plus riche en possibilités que la monophonie, reste essentiellement, elle aussi, une technique de transposition (par le moyen de deux haut-parleurs) plutôt que de reproduction fidèle de l’espace sonore.

Mais d’autre part, l’histoire de l’art nous apprend que l’imposition de limitations radicales dans l’effort de copie de la nature a toujours été à la base même du phénomène artistique: tailler une forme dans la pierre ou peindre le visage d’un personnage sur une toile est autre chose que constituer un Musée Grevin ou fabriquer une fleur artificielle. C’est donc précisément dans le fait des limitations et au sein de la transposition nécessaire que se situe la création artistique et que surgissent les possibilités nouvelles d’expression.

Après un certain temps d’exploitation par l’homme, ces possibilités nouvelles (issues de nouveaux cadres de références) finissent toujours par être porteuses de signes qui leur sont propres, par constituer un langage… et nous sommes alors dans le domaine de l’art.

Ceci peut évidement être appliqué à la photo…

7)
Marcol
, le 23.06.2013 à 14:32
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La question des limites est celle de la création. Effectivement, j’ai pu expérimenter que c’est dans les limites de la technologie de capture que le jeu artistique se développe. Ce Monsieur Leloux était homme d’expérience et de savoir. J’eus bien aimé le connaitre.

Alors bien sûr on essaie de repousser les limites. Mais qui est ce on? Les scientifiques et techniciens à la recherche de la connaissance du monde? Les commerçants à la recherche de bénéfice? Les artistes, peut-être aussi, à la recherche d’autres limites?

La photographie comporte plein de limites à exploiter hors même du sujet photographié. L’optique? Et voilà quelques flares, quelques flous, quelques aberrations, quelques bascules et décentrements qui révèlent directement la présence de la lumière et de l’espace. L’obturateur? Et voilà encore quelques révélations sur le temps et l’espace (La Delage de Lartigue par exemple). Le capteur? Voici maintenant d’autres révélations sur le temps et l’espace par quelques filés ; mais aussi sur le monde fini de l’image que révèlent le grain et le pixel.

Toutes ces limites, propres à la photographies, quasiment, deviennent signes, deviennent outils de rhétorique de l’image où l’expression du photographe ne se limite pas à l’exposition du réel au regard. Peut-être même le réel n’a-t-il plus d’importance, à la limite?

8)
ysengrain
, le 23.06.2013 à 14:43
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À la lumière de l’histoire, on peut trouver une position d’accord.

Une des premières représentations d’image de la réalité se trouve sur les murs des grottes préhistoriques.

Au delà, pendant des siècles, la peinture a interprété la réalité.

Après, vint la photo, souvent présentée comme une “réalité objective”. Nous savons tous l’inexactitude de la proposition.

Je n’ai aucune prétention à la résolution du problème posé ici: c’est un autre regard.

9)
maxim
, le 23.06.2013 à 17:44
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De dzou de dzou :-) bein d’abord merci — à tous — pour ce chaleureux accueil.

Il y a une certaine hésitation à répondre… (les avis sont si riches et variés)! Moment de flottement avant de se confondre, par la création des clichés? La poésie est comme la lumière, sur les ailes du papillon: elle laissera là le commentaire, avant même la conclusion…! Qu’importe pour les amants du Parnasse et des Muses, qui vivent à fond l’instant qui passe et s’en amusent…

La vache, c’est dur de vous répondre pour “garder le niveau!” (lol) Donc voilà un peu ce qu’il y aurait à dire sur l’Art et la lumière, qui n’a d’autre bénéficiaire, que ce que nous voudrons bien en faire…

Pour l’approche, très d’accord avec le parallèle établi par Guru avec le son! A la différence près qu’après quelques années passées à la conversion analogique/numérique, il était assez facile de se rendre compte (idem) que le summum de la perfection était obtenu en ne trafiquant plus le “signal” après acquisition. Car nous avons de facto alors toute une cohorte de dégradations (connues et qu’il n’est pas nécessaire de lister ici, même si involontaires, mais donc les plus remarquables sont l’apparition de la distorsion et du “bruit de lecture”, et pour la photo num c’est pire, puisqu’il y a l’amplification numérique du faible signal de départ qui donnera un gain bruité exponentiellement). Ainsi, pour un résultat optimum, nous avions mis un maximum dans l’acquisition, mais sans plus rien faire en post-prod (car ça “s’entendait” tout de suite pour un ingé expérimenté et ayant de la feuille… et parmi eux on avait des musico de haut vol…). Cela revenait à prendre le son analogique et littéralement le poser tel quel sur support numérique, POINT BARRE! Et là le num c’est en effet le top (mais il ne faut guère lui demander plus: nous avons plus d’un siècle et demi en acquisition analogique, en comparaison d’avec le num: c’est donc comme si nous en étions encore au XVIIIe siècle!). Idem en photo, ou l’analogique sera l’éclairage et tout ce qu’il y a en amont du déclenchement, mais… plus rien… après… (si tant est que ce soit possible ou consenti).

Donc oui Yfic17 on peut être bon astronome et un peu rêveur, mais ça demande beaucoup d’humilité^^ et bien sûr cela s’adresse aussi aux amateurs (comme nous le rappelle si bien Giampaolo). Revenons à l’approche pragmatique, qui du point de vue initial du fil, devrait servir toute cette belle poésie! Même si ce n’est pas forcément contradictoire avec l’approche de Blues, le but étant de savoir “jusqu’où on peut aller trop loin” à partir de où(?) l’on en est! C’est là où ça se complique, en général personne ne sait trop où justement: on se dit «bah en .raw aucun risque, c’est ma “garantie”, on verra plus tard»: erreur! Et de réfléchir à tort, comment faire pour savoir dans quelle direction on déplace les curseurs et pourquoi!? Le problème étant fort complexe, peut-on suggérer de partir de choses simples (mais non simplistes).

Une photo c’est quoi(?) au plan descriptif une fois la caméra et l’optique choisis:

— de la lumière.

— une valeur d’exposition et une d’ouverture.

C’est à peu près tout sur le plan basique. Donc d’accord avec certains, ça peut même remonter en amont sur le plan artistique. Quant à l’interprétation laissons-là aux plus aguerris, comme Ysengrain je ne prendrai pas non plus position.

La qualité de la lumière

Car le premier œil et rôle du photographe est l’observation des effets de la lumière (amha). Il ne pourra reproduire ce qu’il n’a pas et ne sera pleinement conscient que de ce qu’il contemple, que lorsqu’il aura compris que «ce n’est pas lui qui décide», mais «c’est la lumière qui décide ce qu’elle veut bien nous donner». Vous n’aurez jamais par un jour blanc, ce que vous aurez par les merveilleux microcontrastes d’une journée ensoleillée avec ciel d’un bleu profond…! Sauf à passer maître dans l’art du dosage de la lumière d’appoint et du resserrement du cadrage (ou de se contenter du peu qu’on a, avec maestria… Mais c’est une autre question).

Par contre, dès lors que vous aurez vos microcontrastes, il sera toujours possible de dégrader l’image jusqu’à l’aplatir complètement en fonction du résultat final convoité. Essayez de partir d’une image plate pour retrouver du contraste, c’est éventuellement possible mais de façon très limitée: comme par les performances du capteur (c.f. de l’émulsion) quant à retrouver des microcontrastes qui n’existaient pas à la prise de vue initiale……! Ça se confirme par le fait que ce qui était “vrai” à l’ère du film, l’est resté à l’ère du num (et oui Saluki, le num nous a fait largement oublier l’argentique).

Donc voilà d’où part une partie de mon modeste raisonnement (mais il y a tant et tant à apprendre et tant d’autres avis possibles…).

Après on retombe dans l’art, il y a ceux qui sont capables de prodiges avec ouvertures de diaphragme par demi-quart (lol) sans être jaloux on ne peut que les envier: ils sont très forts. C’est probablement l’une des maîtrises techniques les plus dures, celle des clairs-obscurs… Mais de mon point de vue, la «repro» est là pour servir l’art, même si parfois ce n’est pas du tout compris. De toute façon il y a une limite légale: l’épreuve contractuelle.

Les qualités techniques

Hormis cela, sur le plan technique on touche aux lois de la physique qui se traduit notamment pour les capteurs: en «rendement quantique»! C’est tout le fondement des fabricants, que d’en tirer le summum du raffinement!

Ainsi, ce «rendement quantique» contribue à toute l’étendue de la plage dynamique du capteur. C’est un peu ce que permet l’échelle des tons de la valise du peintre. C’est aussi la recherche du saint graal et parfois la quadrature du cercle lorsque l’on pousse son équipement dans les cordes…

Nous y voilà: sincèrement il y a de l’intérêt à se mettre à l’esprit une sorte de hiérarchie dans le mode opératoire, qui peut (et va) contribuer à se représenter les moyens que l’on a à disposition en tant que photo-reprographe. Et l’un deux est de partir du summum de ce que la technique photographique peut nous apporter aujourd’hui, qui passe:

1) par l’utilisation de la plage dynamique maxi du capteur.

Puisqu’il faut bien considérer dans le meilleur des cas, que ce sera avec une lumière riche et abondante que l’on travaillera et puisque l’on ne peut pas à l’inverse adapter ce dont on ne dispose pas en faible lumière en tout type de situation (ce qui n’est pas le cas de l’inverse). A titre exemplatif et contre toute apparence: les scènes de nuit dans les films du box office, sont rarement tournées …de nuit! Il y a différentes techniques, mais regardez bien la colorisation de l’arrière plan et le détail dans les ombres, qui sont impossibles à obtenir en faible éclairage, sauf à voir exploser le bruit. CQFD, on ne tourne pas de nuit pour disposer de bonne lumière qu’on réduira ensuite pour nous faire croire qu’il faisait nuit (par l’utilisation de filtres gris neutres, correction de la BDB, adjonction de sur-éclairage ou quoi que ce soit…).

2) par l’utilisation dans le terrain d’un «périphérique de sortie».

Et ce pour vérifier et corriger sur place les réglages de l’expo idéal “que l’on s’est proposée d’atteindre” en fonction de la scène principale. Jusque-là nous avions l’écran LCD (et pour les mieux lotis, un laptop avec écran de haut vol bien calibré). Puis est apparu ce qu’il faut bien appeler LA révolution: le viseur électronique de haut vol WYSIWYG en temps réel! Avec les fameux SLT de Sony (qui menait déjà le bal question production des capteurs). J’abhorre Sony pour son approche “consumers”, mais là ils sont épatants! Quel pied en tant que reprographe, mazette! (J’ai un SLT-A37 depuis peu et suis fasciné par l’observation en temps réel du changement d’expo, de balance des blancs, de PDC, puis des corrections ou quoi que ce soit… Et de plus avec le rendu du cliché réel tel qu’anticipé par la caméra, et non équivalent à la représentation de celui de visu dans la “vraie vie”, ce qui prend du temps à comprendre comme l’a dit François, mais qui est essentiel et décisif: on est WYSIWYG ou on ne l’est pas nom de Zeus!) :-)))

Et comment peut-on faire (hormis le respect des techniques connues et courantes) pour obtenir le climax de cette plage dynamique? Notamment:

— travailler à sensibilité ISO native (aussi peu d’amplification ISO que nécessaire… On reste autour de 100 ou 200 ISO)

— intervenir avec une lumière d’appoint (flash en fill-in, lightbox, panneaux réflecteurs, etc) où utiliser une optique à plus grande ouverture.

— avoir toujours un œil sur l’histogramme.

— et surtout, utiliser la technique ETTR (Exposing To The RIght) en parlant de l’histo.

— et encore, régler sa «balance des blancs» correctement neutre (ou selon l’atmosphère voulue), même si il fait beau et même si on travaille en .raw car cela influe sur le couple expo/diaphragme et même sur l’impression de netteté en plus faible lumière (et ce n’est récupérable en PP que jusqu’à un certain point, c’est-à-dire au final très mal… Sauf que les exigences ne sont pas les mêmes pour tous, donc là les avis divergent).

— Last but not least pour les pointus: utiliser un filtre magenta clair pour recentrer le canal “R” (rouge) afin de ne pas griller doublement le canal “V” de luminance, et qui remettra à sa place le “B”leu qui par nature pose le moins de problème (avec pour résultat de disposer de photos qui en ont encore un chouilla de plus sous le pied, mais ça mériterait un autre papier).

— Apporter sur site ses propres lampes (bulbes tungstène, néon ou quoi que ce soit) pour remplacer celles existantes, par d’autres en “lumière du jour froide”!

Voilà pour ce qui devrait être des normes de prises de vues (avec l’AdobeRVB par défaut, bien sûr et l’utilisation du trépied de rigeur, dès que possible à cause de la “pixel race!” ). Merci pour ce que chacun a su partager, et à ce propos, encore merci à François Cunéo de si bien nous accueillir dans cette “petite famille”.

Conclusion en forme d’adage:

— «exposer mieux, pour post-traiter peu» (mais c’est juste mon humble avis…)

PS: Marcol, à ton très intéressant post et tous tes points d’interrogations qui sont autant de suggestions, sans vouloir les trahir, n’y ajouterais-tu pas celle de «la volonté personnelle?»

11)
maxim
, le 23.06.2013 à 19:45
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Cet aspect [de la courbe de réponse d’un capteur] pourrait-il être développé un peu ? Merci.

Je parlais en comparaison avec la diapo.

Il me semble bien (mais je peux me tromper), que l’intérêt de l’argentique tenait précisément à cette courbe sinusoïdale (qui permettait d’étaler artificiellement la plage dynamique du film dia limitée à environ 7 IL, représentés en abscisse):

source >>>

Comme à l’ère du film, la courbe était sinusoïdale, nous avions beaucoup plus de niveaux de gris en zone critique (xHL dans les hautes lumières et xBL dans les basses lumières mieux préservées et avec plus de détails…)

Ci-dessus en comparaison d’un Canon, justement.

Ainsi, Canon triche afin de tirer un meilleur parti en haute lumière (les xHL étant moins soufflées en cas de surexposition). Désavantage: certaines mauvaises langues disent que c’est en raison de la techno de Canon, un peu ancienne, et qui par ce biais chercherait à cacher les problèmes de ses capteurs sous le tapis. Par ailleurs en cas d’ETTR on grille plus vite tout ce qu’on a tant pris soin de préserver! Enfin, en num ce n’est pas les xHL qui sont critiques (puisqu’elles ont un échantillonnages de 2048 niveaux de gris) mais bien les BL qui n’ont plus grand chose…

Alors que les autres ont en principe une pente assez linéaire (comparé à Canon en rouge):

Mais qu’importe aujourd’hui avec le num qui frise les 14 IL diriez-vous…! Sauf que…

Source >>>

Mes courbes mélangent un peu des pommes et des oranges, mais l’idée est là.

12)
Madame Poppins
, le 23.06.2013 à 20:04
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On voit également des photos de mode où les mannequins ont vu, par une improbable opération chirurgicale…, leurs gambettes allongées de 15%.

Diantre, il n’est donc pas trop tard pour moi pour embrasser une carrière de modèle ;))) Mais je m’en doutais, elle ne peut pas être naturellement aussi jolie, signé “MP mauvaise langue” ;)

13)
Marcol
, le 23.06.2013 à 21:06
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Ah oui! La volonté personnelle, ce fameux libre arbitre! Mais il ne s’agit que de ça! Je choisis ou non le souci de la technique. Je choisi ou non le sens, la signification de mes images. Je choisi ou non de suivre des standards, des habitudes plutôt, esthétiques. Je choisi ou non de n’exprimer, autant que faire se peut, aucune volonté.

N’est-ce pas dans ces multiples choix que réside la création singulière? Et, l’expérience et l’aptitude aidant, je ne peut-il pas sublimer le labeur et découvrir l’art sensible de ne plus à faire de choix en laissant l’intuition s’exprimer? Mais pour ça il faut du travail, ou du génie.

Pour revenir au discours sur la technique, n’est-ce pas une manière de ne pas douter en s’accrochant au monde matériel façonné par l’humain? Voilà, dans la prose technique, de quoi nommer tout un tas de choses et les nommer c’est les faire exister à notre esprit. C’est les extérioriser pour les mieux maîtriser. Alors, est-ce qu’un peu de courage en acceptant de ne pas savoir, en prenant le risque de n’être pas applaudi – et c’est là un acte de volonté et pas seulement une inaptitude – permet de ne plus s’accrocher à la technique pour entrer dans le succulent monde de l’art?

14)
guru
, le 23.06.2013 à 22:10
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Une photo c’est quoi(?) au plan descriptif une fois la caméra et l’optique choisis:

— de la lumière.

— une valeur d’exposition et une d’ouverture.C’est à peu près tout sur le plan basique.

Et pour reprendre le sens du discours de Robert Leloux, un choix du cadre. Non?

15)
maxim
, le 24.06.2013 à 06:21
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Bonjour à la “maisonnée”! ….Bien, bien…

C’était pas prévu de prendre position, yapa à céder à la tentation du coup >>> :-)))

Casse-tête de terminologie et / ou de psychologie! (Encore un nouveau sujet?)

Il semble bien que la «volonté personnelle» soit plus aisément relative au «Je» ou au «moi», alors que le (vrai?) «libre arbitre» serait plutôt co-relatif au «Ça», (Das Ich und das Es[?] enfin j’dis ça, j’dis rien) donc aurait aussi quelque chose de la distanciation d’avec sa propre culture >>>

Ceci dit, je peux aussi totalement me gourer, vu que celle-ci peut être définie comme “l’état de nos pratiques dans la vie de tous les jours”, c.f. à Wikipédia >>> elle pourrait ainsi en devenir une part intrinsèque chez certains: si vous voyez de quoi il retourne…) et alors si on l’admettait, ce «libre arbitre» bien assumé, pourrait éventuellement signifier/suggérer que l’on serait arrivé à partiellement se démarquer de celle-ci? (pas de la culture, mais de la «volonté personnelle» hein!) Ou tout au moins d’être parvenu à mettre une certaine distance avec ce «sacré égo». Après ça doit dépendre de la longueur et/ou du diamètre du cordon, non…?

[Edit] N’est-ce pas exactement le même sens de démarche, lorsque l’on cherche à garder son sens critique? (Je dis ça pour tempérer un peu avant de secouer la bouteille d’Orangina..!) :-)

Car la locution de «volonté personnelle» était donc plutôt utilisée ici comme facteur auto-contraignant, dont il est à la fois difficile de s’écarter de part son côté impératif — comme à titre d’exemple le fait de dire: que la mobilité (relativement à la bagnole) est/serait une question de «volonté personnelle!» — et tout aussi difficile à réfuter…

Mais n’insistez pas avec le Divan, car pour l’instant je suis passé entre les mailles de la psychanalyse (lol) demandez plutôt à Van Damme [joke sur “OFF”]. Et en plus j’aime la bagnole pour le sentiment de liberté qu’elle procure (mon cas s’aggrave, là!?). Alors même si c’est pas autant HS que ça, question d’appréciation dans le domaine de la représentation subjective des images et de sa propre perception de l’art, comme dit Ysengrain: [la photo] c’est un autre regard… ;)

16)
dpesch
, le 24.06.2013 à 12:23
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(… suite au texte de Robert Leloup)… Ceci peut évidement être appliqué à la photo…

Il suffit pour cela de changer quelques mots.

Les techniques dont sont issus les “Arts” ont toujours été, dès leurs apparitions, détournées, triturées, dévoyées (etc… il y a plein d’autres mots…) par les artistes. Idem pour les règles, les us et coutumes, les lois et tutti quanti. Tout est donc permis. Evidemment, pour détourner des techniques, il faut les connaître. C’est en cela que ce que nous transmet Maxim’ est passionnant. Il me semble que ce débat mériterait plusieurs contributions (au boulot Maxim’ !) tant le sujet est vaste et les techniques nombreuses. Quant à la réalité (ou au réalisme), ce n’est qu’un concept. Lorsque, dans la rue, on passe(ait !) près d’une cabine téléphonique, on n’entend pas la conversation des correspondants. Au ciné, non seulement on entend celui qui est dans la cabine, mais parfois aussi celui qui lui répond, quand bien même si des camions passent entre la cabine et la caméra. Tromper les sens est (parfois) aussi un art. Personnellement, quoique incapable d’en produire, j’aime l’illusion. Méliès, un précurseur génial, était un grand prestidigitateur.

17)
Marcol
, le 24.06.2013 à 14:44
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Disons que l’on peut entendre la volonté personnelle comme étant la capacité d’une personne à faire ou ne pas faire quelque chose, sans contrainte. Et comme arbitrer c’est faire un choix, le libre arbitre c’est la capacité d’une personne à faire ou ne pas faire quelque chose, sans contrainte. Voilà.

18)
Laurent Vera
, le 24.06.2013 à 15:08
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Dis-moi maxim, je suis un poil sceptique sur le viseur calibré quand je vois que je suis obligé de calibrer mon écran (cher) tous les mois?

19)
maxim
, le 24.06.2013 à 19:07
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Bonsoir à tous,

J’en ai trop dit ou pas assez (on laisse tomber Freud, parenthèse fermée hein… c’était pas le sujet). Par contre ce dont personne ne douterait, c’est de la subjectivité de «l’approche artistique» (seulement deux lignes dans le post initial, c’est pas pour rien…)

Laurent: il faut dire que je n’ai pas encore complètement testé ça, pour quelques bonnes raisons, dont peut-être tu vas te reconnaître dans certaines.

— tout d’abord on va dire qu’avec l’OLED (et techno associées aux EVF Sony) on est déjà dans la crème de la crème des écrans non? Tim Cook >>> n’est pas de cet avis, mais c’est pour des écrans plus grands, et j’ai pas testé, donc motus! La dénomination de l’OLED-Sony est «Tru-Finder» et ils déclarent: OLED Tru-Finder™ EVF displays your scene with incredible contrast, clarity and color accuracy. (true = vrai, j’ai bon?) Est-ce que la fidélité des couleurs est “stable”? C’est un point à vérifier, mais a priori oui, par ailleurs y’a rien d’autre, alors je suis déjà tellement content avec ça.

— Je ne parle absolument pas du LCD orientable (que je n’utilise pas, sauf éventuellement pour cadrer dans les situations requises à son utilisation) et même pas pour visionner les clichés pris, ni les rushs vidéo. Pour les moniteurs de PC, on va y arriver et on est sur le bon chemin avec le Trimaster, amha. Si quelqu’un à d’autres infos, peut-être est-ce déjà sorti chez un autre fournisseur? Comme le super-AMOLED+ de Samsung (mais je ne veux rien acheter de chez eux).

— j’ai commencé la photogravure avec écran calibré par défaut (le boss n’avait pas les moyens de se payer un La Cie… Mébon, on n’était pas à plaindre, on avait quand même des tubes Trinitron), je travaillais donc tout à la pipette avec gammes imprimées SICPA de référence! C’est une habitude que j’ai gardé, il y a donc moyennement besoin d’un écran calibré, c’est ce qui s’appelle travailler sans filet! Et avec le LCD, heuh… comment dire… (J’ai encore un 16/10e Trinitron et deux 21”! Même si je sais que…)

— en ce moment je travaille en .jpeg (comme énormément de pros, ça les gens ne le savent pas toujours, et je ne me la pète pas, vu que bon nombre de pros travaillent comme des cochons comparés à certains amateurs, passons…), parce que d’une part on n’a pas le temps pour faire de la PP (quand on fait 500 shoots, il faudrait une semaine lol, qui nous la payerait…) et puis avec le monde «connecté», WiFi et toussa, on envoie nos prises directement depuis le “champs de bataille!” Bref, en quinze ans de reprogravure (avant d’aller dans le terrain) j’ai rarement vu défiler autre chose que ce format de fichier à part quelques rares .TIFF de photographes de mode ou d’artistes peintres… (NB: vous en connaissez beaucoup vous, des pros qui donnent leurs précieux .RAW à une rédac, lol) Et n’oublions pas que les .jpeg (malgré leur mauvaise réputation) sont quand même «l’état de l’art» de chaque firme pour cuisiner ses propres .raw, ils jouent donc là une partie de leur réputation. Malheureusement, les .jpeg sont mal travaillés in-caméra par LE PHOTOGRAPHE et non le dérawtiseur (et également, le compromis “maison” entre tungstène VS lumière-du-jour des firmes, n’est pas toujours heureux (ce qui ajoute à la confusion), voir même catastrophique comme sur certains boîtiers même très chers, comme sur le D3x à 8 battons °_O ). Car il faut quand même savoir que c’est de ce compromis que se situe la latitude de travail et toute la quincaillerie du capteur dans la «feuille de route du fondeur»! (Demandez à Iliah Borg) Et le reporter a une circonstance atténuante puisque TOUS LES RAW IN-CAMERA SONT PARFOIS FAUX (désolé de l’apprendre à ceux qui ne le savaient pas…) donc il n’y a pas à avoir de regret à ce stade, ce d’autant que les capteurs dépassent désormais de loin les performances optiques, sauf en FF (je sens qu’il y en a qui vont passer des nuits blanches à vérifier, lol, voyez déjà le lien ci-après).

— en ce moment je suis encore en phase de test, J’ai fait le tour des fonctionnalités: génial! Il y a tout, sans avoir de gadgets inutiles, donc pas de prise de tête et concentration possible pleine et complète pour que s’exprime ce qu’on appelle «la créativité» (c’est pourquoi après Oly, je suis venu chez Minolta) j’ai à peine commencé les tests avec les optiques. J’ai vu des choses surprenantes en colorimétrie, mais avant de les critiquer et avant d’avoir été jusqu’au bout du problème, je veux d’abord savoir si les quelques dérives que j’ai constaté ne viennent pas bêtement de mon incompétence! (On m’avait conseillé “Landscape” en réglage par défaut, mais c’est déjà trop flashi amha) Mais globalement, j’ai LARGEMENT moins de soucis qu’avec la précédente générations (de capteur sans EVF. hum.. Comment ferais-je désormais pour m’en passer?). Et d’ailleurs les capteurs actuels dépassent largement la résolution optique en APS-C >>> A moins d’être très pointu…

— l’utilisation d’un EVF pousse à l’humilité, parce que la sanction est immédiate en cas d’erreur! Et on a parfois de la peine à l’avaler (ahahaha) :-) mais quelle aide précieuse une fois passé ce cap (François a très bien décrit ce phénomène, il faut arrêter d’utiliser un EVF en pensant que c’est un viseur optique!).

— la méthode minimaliste proposée n’a pas la prétention d’être “LA” méthode! Je remet tout en question dès que nécessaire (sinon je serais aussi resté à la typo…) et aussi merci de me remettre en question! Et puis je ne sais pas vous, mais ce type de défi me plaït à quelque part. Comme dirait TTE, il ne faudrait pas hésiter à «passer à autre chose».

Bref, ça va bien me prendre tout l’été pour matcher mes optiques une à une, à chaque fois avec «le diaphragme qui va bien» en fonction de la focale (retour à la vieille école d’avant l’AF…! Et redécouverte des focales fixes) et ce pour être au top et rester dans «la bonne fourchette de diffraction» (intrinsèque au capteur, pas celle de l’optique hein…). Après, je verrai à fond le dématriçage avec DxO VS IDC. et PS/LR

Et puis hé, malgré toutes mes critiques de la Pomme, j’ai aussi à tester le fantastique écran Rétina: c’est ce qui s’appelle avoir du pain sur la planche! (Oui Dpesch: — «Au boulot!») ^^

20)
maxim
, le 24.06.2013 à 20:17
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Ah, j’ai juste oublié un ch’tit truc, j’ai le sentiment qu’avec Dpesch on s’est bien compris:

Tromper les sens est (parfois) aussi un art. Personnellement, quoique incapable d’en produire, j’aime l’illusion. Méliès, un précurseur génial, était un grand prestidigitateur.

Ça me fait penser aux impressionnistes pour la peinture, et au jazz ou à la soul pour la musique. Il faut donc bien une maîtrise avancée de la technique pour arriver à l’état de l’art (j’ai bon?) ;)

21)
Laurent Vera
, le 24.06.2013 à 22:15
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Maxim, je fais largement moins d’images que toi, tant s’en faut. Du coup je fais du RAW, j’ai le temps de peaufiner mes images et reportages pour livrer des fichiers comme je les souhaite (en jpeg, hors de question de livrer les RAW). C’est vrai que je facture une prestation complète, de la conception à la réalisation (livres, catalogues, cargo-guides ou sentier d’interprétation . J’ai ce luxe de tout maitriser, de l’idée à la livraison du produit fini. J’ai donc créer une chaine graphique totalement calibrée [boitier, écran, imprimante] qui me permet de n’avoir aucune surprise lorsque l’objet imprimé m’est livré. Cela dit, il m’aura fallu près de 25 ans pour y arriver….

22)
guru
, le 25.06.2013 à 08:27
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Vraiment le sentiment qu’on ne parle pas des mêmes choses. S’il faut aller vite, saisir l’instant, composer un cadre, c’est mon expérience de l’EVF qui m’a fait revenir à un bon viseur optique.

Quant au JPEG, ce n’est jamais qu’une xième interprétation des informations recueillie par le capteur. Il faut donc faire confiance à l’appareil comme moi je fais confiance à Lightroom… sauf que moi je conserve le “brut du capteur” au cas où.

TOUS LES RAW IN-CAMERA SONT PARFOIS FAUX

C’est quoi faux? Tout dépend de ce qu’on en fait et de ce qu’on veut. La photo c’est TOUJOURS une interprétation. Dès qu’on choisi un cadre, qu’on déplace d’un millipoil vers la gauche ou la droite, on interprète. On ne fixe jamais la réalité.

Je me suis beaucoup amusé à faire des tests de toutes sortes mais c’est autre chose que photographier. La frontière est mouvante et émouvante entre la technique et l’art.

Au début de ma carrière de chef-op son, je travaillais de manière à ce que mes bandes son soient les plus propres possible. J’éliminais les bruits et je livrais un son direct où il n’y avait pratiquement que les voix et leur réverbe. J’en étais très fier, c’était un défi technique. Jusqu’au jour où je me suis rendu compte que c’était une erreur, car le monde sonore que je créais n’était parfois pas en adéquation avec le monde du film. J’ai eu des discussions passionnées avec Antoine Bonfanti (un des pionniers du son de la Nouvelle Vague) qui lui, incluait son son dans les bruits du tournage à tel point que les voix étaient parfois inaudibles. Ca m’a appris l’humilité et je me suis rendu compte que maîtriser la technique n’avait qu’un intérêt: pouvoir l’oublier et laisser parler sa sensibilité.

Je ne peux pas le faire au travers d’un EVF pour les raisons que j’ai expliquées il y a quelques jours

Voilà c’est dit. Nez en moins, tes considérations, maxim, sont très intéressantes et j’ai appris des choses; mais je le répète c’est un autre monde que celui dans lequel je fais des images.

23)
maxim
, le 25.06.2013 à 12:08
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Guru bonjour !

J’ai lu tout ça avec grande attention et je vais sans doute revoir ma copie. Mais voici mon avis actuel après avoir été guigner dans ton autre fil. D’abord je N’AIMAIS PAS l’EVF, il s’est imposé à moi, et c’est comme ça que je l’ai adopté. Donc je comprends ton point.

Vraiment le sentiment qu’on ne parle pas des mêmes choses. S’il faut aller vite, saisir l’instant, composer un cadre, c’est mon expérience de l’EVF qui m’a fait revenir à un bon viseur optique.

Quant au JPEG, ce n’est jamais qu’une xième interprétation des informations recueillie par le capteur. Il faut donc faire confiance à l’appareil comme moi je fais confiance à Lightroom… sauf que moi je conserve le “brut du capteur” au cas où.

De l’EVF? Mais duquel on parle, car l’architecture autour d’un NEX n’est pas pareille à l’ergonomie d’un réflex amha!? Et dans quel cas, j’ai pas bien compris? Il y a eu aussi pas mal de “résistance au changement” avec l’EVF de mon côté, mais voici quelques exemples (et je ne vais pas parler de l’écran LCD arrière, hein…) à prendre avec des pincettes, car c’est une réaction «à chaud» — quitte à me répéter — bien qu’avec deux semaines de recul, c’est encore maigre et juste mon humble avis:

— franchement, le “lag time” d’un EVF sur un RÉFLEX Alpha est assez imperceptible (sur Nex j’ai pas testé, mais à ce qui m’a semblé en magasin, c’est plus lent), il a été noté par François, mais je ne m’en apperçoit pas. De toute façon tu déclenches en fonction de ce que ton œil voit dans le viseur, et là il n’y a pas de décalage (par contre, si ton attention /perception se fixe sur le lag-time, alors ça peut te gêner, donc aucun doute qu’il faut arriver à s’en démarquer, et là je reconnais que c’est un peu moins fluide dans certain cas, mais qu’on peut maîtriser/contrôler, sans nuire à la créativité et sans perdre l’instant décisif, comme dans les exemples ci-après, car c’est bien ça qui compte);

— pour les porteurs de lunettes, sur l’A37 il y a une fonction spécifique qui zoom arrière de façon à ce que le champ de vision soit à 100%, (je ne sais pas si ça existe sur NEX), si c’est pour les A77/A99 le viseur est “cinématographique”, ce serait bien la première fois que j’entendrais ça… Et il y a un excellent correcteur de 4 dioptries intégré (alors qu’en général c’est jusqu’à 3, non?);

— il existe une fonction “AF Eye-start” qui fait la map avant même que tu ais mis complètement l’œil dans le viseur, et là c’est forcément plus rapide qu’avec un OVF. Mais perso je ne l’utilise pas, car je n’aime pas le “back-focus” (qui lui-même existe aussi avec un OVF, donc l’EVF est plus rapide ici);

— si tu veux avoir un œil sur l’histogramme avant la prise de vue comme avec l’EVF, tu fais comment avec un OVF? Tu dois d’abord prendre une prise de vue test, puis ensuite déclencher pour de vrai. Sinon comme les cellules exposent pour ce qu’elles “voient” tu ne peux pas appliquer la technique “ETTR” à la volée avec un OVF, alors ton résultat sera moins bon ou carrément raté. Là encore l’EVF est “plus rapide” et garanti une expo au top en quasi temps réel;

— pour le contrôle d’un contre-jour, idem, avec un EVF cela se fait en temps réel, toujours plus rapide donc, et cerise sur le gâteau, l’affichage avec un EVF, tient compte de la plage dynamique du capteur (forcément!) et là… Que vouloir de plus?;

— pour la correction d’expo, tu l’arrêtes précisément jusqu’au point d’éclaircissement ou d’assombrissement que tu souhaites, là non-plus, impossible avec un viseur optique sans prise de vue test, alors en quoi serait-il plus rapide;

— en faible lumière quand tu ne vois plus rien dans un viseur optique, comment faire pour être “rapide” et cadrer? Avec l’EVF, même si éventuellement l’image est un peu bruitée, tu cadres encore parfaitement!

— pour la photo en rafale avec 12 images/sec. quel boîtier num fait ça et à quel prix? Là je pense que ça va assez vite!

— avec un EVF la MAP est continue, même durant la prise de vue, alors qu’avec un viseur optique la mise au point est contiuellement refaite par le boîtier entre chaque slap du miroir, ce qui engendre des vibrations parasites visibles au télé (là encore, l’EVF est plus rapide, tout est fluide sans arrêt et le miroir n’ayant pas besoin de se relever y’a plus de vibration…);

— avec un EVF tu peux régler ta balance des blancs en la supervisant à la volée, alors qu’avec un viseur optique, tu dois d’abord faire une prise de vue de test (si l’action est imprévue, on aura la BDB “par défaut”), là encore l’EVF est* incontournablement plus rapide, quant à vérifier une BDB sur un LCD avec une lumière ambiante qui parasite… Bonne chance;

— lorsque tu fais la MAP, il n’y a pas de “friselis”, sauf si tu enclenches le “focus picking” (fonction tout simplement impossible avec un OVF, sauf viseur d’angle avec loupe, mais il faut monter le bastringue) et ceci ne concerne QUE les optiques non AF (sur NEX ça se comprend, mais aucun intérêt courant sur Réflex Alpha), et alors dans le cas d’une MAP manuelle, tu ne pourrais pas la faire ultraprécise “sans”, avec un viseur optique! Donc en quoi ce serait “plus rapide”, ce d’autant qu’en mode “cinéma” tu peux corriger une MAP manuelle, doucement et à la volée, impossible à faire avec aucune caméra au monde sans cette fonction (donc pas plus de «modification de la couleur des objets qui nuirait à la perception globale de la photo») sauf utilisation de la fonction indisponible avec OVF, mais où est le problème?

— pour l’histoire de la latence, je viens d’aller revérifier. Et je peux comprendre que ce soit gênant, quand tout comme moi, on avait l’habitude d’un viseur optique. Sauf qu’il y a la fonction AF-lock qui se réajuste dès lors qu’on relâche, pour se refixer lorsqu’on maintien à nouveau appuyé. Et là ça change tout! C’est extrêmement efficace et rapide et ça n’empêche pas de déclencher à tout moment (ce d’autant qu’il faut utiliser l’AEL lock également). A dire vrai, il peut y avoir un léger avantage en visée optique, MAIS, c’est si on fait confiance à l’AF, chose que l’on ne peut guère faire avec l’OVF sur une série de cliché (sauf maîtrise parfaite et encore, je suis tellement pinailleur!). Dès lors que l’on travaille “à l’ancienne”, que l’on anticipe la MAP avant le déclenchement en la verrouillant (ce qu’il faudrait toujours faire) l’avantage présumé de l’OVF tombe, puisqu’avec l’EVF il n’y a plus rien à faire qu’à attendre que “l’instant décisif” ne se produise pour déclencher, et le réajustement de MAP est au contraire hyper-rapide et fiable (alors ce ne serait éventuellement qu’une question de méthode de travail et de feeling perso(?) — ce qui ne se discute pas, il faut donc prendre LE boîtier avec lequel on se sent parfaitement à l’aise, et là tout autre argument n’y fera rien — mais hormis ça, si on arrive à s’adapter je penche en faveur de l’EVF, et je dis bien: en l’état actuel de l’évaluation et de mes connaissances encore limitées!)

Bref, je pourrais continuer la liste indéfiniment, dès lors qu’avec un viseur optique il n’y aucun moyen d’anticiper tout ce qui est décrit ci-dessus (sauf la MAP et l’expo AEL as usual) (sauf le faire mentalement avec un OVF, ce qui est un peu une gageure, même si pas impossible: mais c’est plus dur, moins sûr et en quoi plus “rapide”)

Après les goûts et les couleurs… Il y en aura toujours pour dire qu’ils préfèrent de l’angora à de la laine polaire… Je maintiens que ça ne se discute pas! Pas avant d’avoir changé d’avis… ;) D’ailleurs j’ai pris soin de noter toutes tes objections et je vais me faire mon auto-critique, ça me prendra quelque temps. Donc merci pour ta réaction et j’en apprends aussi beaucoup de tous les “retours sur expérience” partagés.

PS: pour le poids, c’est la raison pour laquelle je suis passé au réflex EVF-A37 (500gr, le Nex 7 en fait 430…)

24)
dpesch
, le 25.06.2013 à 12:38
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je me suis rendu compte que maîtriser la technique n’avait qu’un intérêt: pouvoir l’oublier et laisser parler sa sensibilité.

Entièrement d’accord. Après, on maîtrise plus ou moins, mais faut faire avec sa sensibilité.

25)
dpesch
, le 25.06.2013 à 12:42
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Il faut donc bien une maîtrise avancée de la technique pour arriver à l’état de l’art

Y a des exceptions.

J’ai tendance à penser que les règles sont faites pour produire des exceptions.

26)
guru
, le 25.06.2013 à 12:59
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Je n’ai d’autre point de comparaison que le NEX7 (que j’ai fréquenté pendant un an). Pour la MAP, sur des sujets où le point devait être sur l’oeil par exemple, je réussis avec le D600 là où j’étais souvent à côté avec le NEX (sauf à utiliser le “focus picking” qui colore mon image).

Ah oui, je vise avec les deux yeux ouverts, et c’est vachement plus dur avec l’EVF.

Mais bon, comme je le disais, chacun son sport, selon sa formation, son tempérament, ses buts. Et tous tes arguments justifient le choix de ton matériel.

Il y a, sur le blog de JF Vibert , de très intéressants échanges pour ou contre l’EVF. C’est aussi rigolo que Nikon contre Canon, Mac contre PC, Coca contre Pepsi. Moi, je suis Nikon, Mac et Coca (mais j’ai essayé Canon, le PC et Pepsi), c’est une position parmi toutes les autres…

Allez, bonne journée et à bientôt!

27)
maxim
, le 25.06.2013 à 13:22
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Daniel: t’as édité! Avant tu disais: «y’a pas d’exception», J’aimais mieux dans l’esprit :-)

28)
maxim
, le 25.06.2013 à 13:22
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Guru: Coca VS Pepsi? Oui mais… Ce que tu vois dans un viseur optique, tu ne le reverras plus jamais!

Alors cette métaphore dit aussi que l’OVF c’est du Coca, certes frais, mais sans couleur, ni arôme, sucre ou rondelle de citron et bu qu’une seule et unique fois dans toute ta vie…!

Bon, ok je sors —>[] :-)

PS: joke “OFF”, je viens d’aller re-re-re-vérifier l’histoire de la visée avec les deux zyeux (ce que je n’avais pas bien fait), et là j’ai été encore SUPER-BLEUFÉ, je n’avais quasiment aucune différence avec les deux yeux et un 50mm, sauf une meilleure vision avec l’œil dans le viseur mais la même colorimétrie, car de meilleurs détails dans les basses lumières (en intérieur c’est encore meilleur). Il est important que l’œil dans le viseur “domine” un chouilla sur l’œil extérieur (et on comprend bien pourquoi, ne serait-ce que question concentration) alors que c’est le contraire avec un OVF, l’œil extérieur domine puisqu’il y a plus de luminosité (réglable avec un EVF). Donc là on a un nouveau contre-exemple, qui penche à nouveau pour l’EVF, ce qui e’est d’autant plus vrai pour ceux qui sont un peu clostro comme moi. Par contre, j’admets que je n’ai pas une expérience d’un an dans les fouilles mais je ne compte pas prendre de NEX vu que j’ai un EVF réflex léger…!

29)
dpesch
, le 25.06.2013 à 14:25
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t’as édité! Avant tu disais: «y’a pas d’exception»

J’ai édité car je voulais bien dire “Y a des exceptions” !

31)
maxim
, le 25.06.2013 à 23:46
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Superbes TTE ! °_O

J’avais zappé ce qui suit dans mes réponses (désolé). Ce qui me permet de donner un autre aspect du problème à Laurent Vera, donc j’y reviens:

> maxim a écrit: « les raw sont faux »C’est quoi faux? Tout dépend de ce qu’on en fait et de ce qu’on veut. La photo c’est TOUJOURS une interprétation. Dès qu’on choisi un cadre, qu’on déplace d’un millipoil vers la gauche ou la droite, on interprète. On ne fixe jamais la réalité.Je me suis beaucoup amusé à faire des tests de toutes sortes mais c’est autre chose que photographier. La frontière est mouvante et émouvante entre la technique et l’art.Au début de ma carrière de chef-op son, je travaillais de manière à ce que mes bandes son soient les plus propres possible. J’éliminais les bruits et je livrais un son direct où il n’y avait pratiquement que les voix et leur réverbe. J’en étais très fier, c’était un défi technique. Jusqu’au jour où je me suis rendu compte que c’était une erreur, car le monde sonore que je créais n’était parfois pas en adéquation avec le monde du film. J’ai eu des discussions passionnées avec Antoine Bonfanti (un des pionniers du son de la Nouvelle Vague) qui lui, incluait son son dans les bruits du tournage à tel point que les voix étaient parfois inaudibles. Ca m’a appris l’humilité et je me suis rendu compte que maîtriser la technique n’avait qu’un intérêt: pouvoir l’oublier et laisser parler sa sensibilité.Je ne peux pas le faire au travers d’un EVF pour les raisons que j’ai expliquées il y a quelques joursVoilà c’est dit. Nez en moins, tes considérations, maxim, sont très intéressantes et j’ai appris des choses; mais je le répète c’est un autre monde que celui dans lequel je fais des images.

Pourquoi les .RAW seraient tous plus ou moins faux? (question que je ne vais pas aborder en profondeur ici, vu que j’ai promis d’en faire un second papier… Alors je vais essayer de résumer en 2, 3 phrases) Cela ne tient pas tant à la question de “l’interprétation” que du fait que celle-ci est faussée dès le départ par les données de base fournie par la caméra!

C’est du fait que la conception d’un appareil numérique, dépend du «compromis constructeur», et que nous sommes dès lors tous leurrés par la fausse représentation de l’histogramme (sur lequel on se base pour peaufiner son expo) puisque cette représentation est par définition fausse (hé! ce n’est qu’un .jpeg in-caméra déjà «dérawtisé»… alors comment voulez-vous mon bon Môssieur…!)

Parallèle avec le num audio

A part ça j’aime toujours ton parallèle avec le son num VS analogique. Ça me parle toujours autant (bien que du son à notre époque on dirait bien que tout le monde s’en tape…).

J’étais une fois en train de faire une prise de son de les studios de la défunte Radio Corol “La radio de la Côte” du père Manz (y’en a-t-il qui s’en rappellent encore?), et j’avais pris une belle collaboratrice de l’imprimerie pour sa voix suave, pour faire un gimmick au nom de la chaîne! (Oui, on dit jingle, je sais…)

Je fais ma première prise, où elle avait fait ce qu’il fallait, et on ré-écoute, y’avait du souffle !

Je lui dis via la pré-écoute / talk-back:

— « on la refait, y’a du souffle !? »

(Ce qui me permettait de passer un peu plus de temps avec la belle, lol) Elle me répondit avec le beau sourire ravageur dont elle avait le secret:

— « le souffle c’est la vie ! »

Ça m’est toujours resté ce «mieux qui est l’ennemi du bien» donc oui trop de perfection peut nuire. Comme les photos n/b ci-dessus, presque trop techniquement parfaites. Mais que je trouve pourtant magnifiques pour ce qu’elles évoquent de leur époque!

NB: on a refait la prise… j’ai juste rapproché le micro, un peu plus près… :-)

32)
Laurent Vera
, le 27.06.2013 à 06:49
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Et l’histogramme de LR5 pu C1, il est faux également ? Parce qu’en fait, comme zit, je re ne regarde jamais l’écran de mon boitier. Mon expo est calé au mieux, parfois même à la cellule à main, le travail de devellopement se faisant ensuite. En studio, le boitier est connecté au mac et le fichier est importé directement dans C1, alors si tu me dit que les histogrammes sont faux aussi dans les logiciels de développement, je suis bien dans la m….. Et bien je vous propose qu’on en reparle tous les 2 et 3 aôut, en cas concret lors du rock’ n poche ;-).

33)
maxim
, le 27.06.2013 à 12:00
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Oui pourquoi pas! C’est une invite?

Non, le phénomène se produit in-caméra. En corrigeant son expo et en se faisant leurrer par un histogramme qui ne correspond pas assez précisément au fichier non dématricé, c.f. le fichier .RAW

Le seul risque que tu prends Laurent — et comme l’immense majorité des photographes dans le monde, y compris moi — c’est de perdre de l’info en cramant un peu le canal de luminance (V)ert, mais c’est tout, j’ai dit que c’était important pour les travaux très pointus, car après forcément tes images en auront un peu moins sous le pied.

Pour les cellules et thermocolorimètres externes c’est encore “mieux”, mais il vaudrait mieux prendre des versions prévues pour le num à ce que certains disent… (Ça on ne le sait pas toujours).

J’espère pouvoir faire un papier sur l’alignement des canaux RVB durant l’été, mais je dois finir le gros dossier que je traite en ce moment (please)! :-)

35)
Marcol
, le 01.07.2013 à 15:10
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Il est bien évident que la technique est à prendre en considération. Et il est même parfois séduisant de discuter des caractéristiques d’un outil et de ses différences d’avec un autre outil.

Avoir un objectif de grande qualité optique apportera potentiellement plus de piqué à une image. Avoir un capteur avec un grand nombre de photorécepteurs fins permettra potentiellement de capter plus de détails. Avoir un viseur qui restitue le cadre précis de l’image prise permet de mieux contrôler la composition. Mais à quoi sert tous cela si on est pas capable de voir à l’œil nu la réalité et l’image qu’on en fera?

Pour apprendre ou réapprendre la photographie, n’est-il pas plus intéressant de se débarrasser de toute technique, quitte à la retrouver ensuite, afin de ne pas se laisser entrainer dans un excès de technicité?

Avec le retour du développement instantané grâce à l’Impossible Project, on a pas affaire seulement à une larmoyante nostalgie ou à un riche marché de niche. On a affaire aussi à une expérience photographique. Cette expérience où toute certitude est laissée au vestiaire, où le doute et l’imperfection sont les sensibles et difficiles variables de la création.

L’objectif et le capteur ne permettent pas d’avoir beaucoup de détails, il faut donc se concentrer sur l’ensemble. La latitude de pose du capteur est très réduite, les contrastes seront vite très prononcés. Le décalage entre le viseur et la ligne optique rend le cadrage imprécis. La relative lenteur et l’unicité du procédé de tirage conduisent à travailler dans la patience et la pondération.

Toutes ces caractéristiques, que d’aucun qualifierait de défaut, obligent à se concentrer sur cette expérience photographique où la quantité ne pourra pas pallier la l’absence de qualité. Elles offrent par contre l’opportunité d’apprendre à voir, pour mieux photographier.

36)
Pascal
, le 08.07.2013 à 22:38
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Il y a une chose qui me chiffonne dans ce que je lit : le jpeg est limité à 256 couleurs par canal RVB. En plus, c’est compressé avec perte. Alors je vous explique même pas la gueule des aplats si on triture un peu trop les photos. Et que dire si vous la voulez en N&B… 256 niveaux, wazaaaaa ;-)

Certe, l’oeil aura bien de la peine à voir la différence entre un RAW 14 bits à 16384 couleurs par canal, mais en avoir sous le pied permet toutes sortes de fantaisie. Alors de là à saboter son boulot… Ok, pour un reporter, ça ne dérange en rien, vu la destination, ou c’est la vitesse qui compte avant tout. Mais j’ai bien de la peine à croire qu’un photographe de mode ou un paysagiste ne tiennes pas compte de ce “détail”. Surtout que dans la mode, on se doit de reproduire la couleur du vêtement le plus fidèlement possible, alors avec du jpeg…

Comme je côtoie quelques photographes dans ce domaine, je n’en ai croisé qu’un seul qui travaillait en jpg, mais à cause d’une total méconnaissance du sujet, étant donné qu’il… n’était pas photographe mais styliste (comme Lagerfeld au passage).

37)
maxim
, le 28.08.2013 à 23:48
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Hello à tous!

Ghost: j’avais prévu une suite, mais ne sachant pas comment je puis la poster, je m’en suis tenu à ce fil.

Il me semble que ce que tu dits tombe sous le coin du bon sens. Notez bien tous quand même, que les .jpeg boîtier, pour ceux qui savent s’y prendre, sont très difficile à égaler précisément si on veut en avoir “autant sous le pied” avec un .raw! Puisqu’avec un fichier non dématricé, si on le fait avec soin, ça peut vite prendre plusieurs dizaines de minutes par photo! (Je ne parle pas évidemment de la grosse cavalerie en batch processing, puisque chacun devrait savoir que chaque photo est un cas spécifique de lumière et donc d’exposition à résoudre, on ne le répétera jamais Ça peut éventuellement se concevoir en studio, lorsque l’on maîtrise absolument tous les paramètres: mais question “spontanéité”: la vache!) Bon les .RAW d’accord, mais qui vous payera un dématriçage fait aux petits oignons à l’heure actuelle? C’est pourquoi les solutions in-camera vont continuer à se développer, à n’en point douter (et ça a déjà commencé avec les SLT). Notes bien que je te donnes raison dans l’absolu, et également que je parlais de .TIFF et non de .JPEG dans mon intitulé! Enfin 8 bits à 256 couleurs et toutes les combinaisons croisées aboutissent à 16 mios de couleurs! Bien sûr il faut choisir l’espace couleur le plus large, comme AdobeRVB, mais qui aurait dès lors des yeux pour en voir autant? Quelle imprimante pourrait les reproduire? En offset il ne faut même pas y penser!

Marcol, l’important n’est-il justement pas d’avoir un “outil de référence”? Bien, bien… A partir de là on retombe dans la discussion Approche “Pragmatique” VS “Artistique”, voire combinaison des deux. A part ça on se rejoint dans ta conclusion, qui se trouvait dans ma première phrase de départ :-)