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Emballer, bon… mais déballer?

Est-ce dû à l'industrie de la colle?

Est-ce dû à l'industrie du carton?

Est-ce dû à l'industrie du ruban adhésif?

Est-ce dû à l'industrie du plastique?

Le fait est que ÇA FERME.

Ça? Tout ou presque.

A une époque pas si lointaine, la pire difficulté pour ouvrir un contenant de grande consommation, c'était lorsqu'on tirait le bouchon d'une bouteille de vin. Cela demandait adresse et force, mais Dieu merci, d'autres que moi l'ont déjà chanté, le tire-bouchon électrique a été inventé.

N'empêche: même le tire-bouchon électrique, il faut l'avoir sous la main, et il n'est pas nécessairement dans toutes les corbeilles de pique-niques.

Il y avait aussi (déjà), il est vrai, les boîtes de conserve en métal – elles ont beaucoup diminué en quantité, mais hélas il en reste, et il est toujours indispensable de disposer d'habileté et de force, même s'il existe aujourd'hui des ouvre-boîte métalliques électriques.

Mais enfin, à une époque récente on coupait des ficelles, un enfant pouvait dévisser couvercles grands et petits ou décoller du ruban adhésif, ouvrir un verre de conserve, séparer la partie supérieure de la partie inférieure d'emballages en plastiques, tenus ensemble par des points de pression.

Depuis, le monde a progressé. L'industrie de l'emballage s'est rendue indispensable. Le ciseau ne sert quasi plus à rien dans l'avalanche des paquets et emballages à laquelle nous sommes confrontés depuis qu'un certain nombre d'industries ont «progressé».

Quelqu'un m'expliquera peut-être ici pourquoi, mettons, une prise USB multiple doit être emballée dans un carton, puis enfermée dans une carapace en plastique soudé. Une fois qu'on l'a achetée, un simple ciseau ne suffit pas à ouvrir la carapace, et enfin, lorsqu'une pince a réussi là où tout avait failli, les bords de la carapace sont aussi coupants qu'un couteau.

Poids de la prise USB 27 grammes, poids de l'emballage 140 g. Je n’ai pas mesuré les cm3 respectifs, ça doit faire une différence de proportions encore supérieures. Quoi? J'ai entendu des murmures? Vous avez dit gaspillage? 

Ce n'est qu'un exemple minuscule.

Que dire des paquets fermés au ruban adhésif qu'il est absolument impossible d'ouvrir sans cutter? Monnaie courante, depuis que ledit ruban a été renforcé au point d'être indestructible (et que la Poste a banni la ficelle).

Que dire des produits alimentaires enfermés à double ou à triple tour dans des emballages en plastique ou en carton, impossibles à ouvrir sinon avec un gros ciseau, un cutter ou un couteau? «Ouvrir ici» vous dit une petite flèche. Et vous tirez, vous tirez – en vain, ç'a été collé consciencieusement. Et que dire des emballages souvent rectangulaires ou cubiques, qui demandent une place sans grand rapport avec le contenu? Ça facilite la distribution, mais ça complique la vie du reste de l’humanité. Accessoirement, ça renchérit le produit (transport, loyer supplémentaire engendré, sans parler du gaspillage).

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Un des «pires ennemis» – souvent difficile à ouvrir, et ses petites soeurs, qu'on est pourtant censé porter dans sa poche ou son sac et ouvrir où que l'on soit, ne sont pas en reste.

Je ne voudrais pas manquer de parler de la fermeture des bouteilles à eau ou jus. Depuis quelques années, elles sont le plus souvent fermées par une capsule en plastique. Pendant un certain temps, pas de vrais problèmes. Depuis un an peut-être, on a «progressé»: soit on a changé les perforations qui permettent au couvercle de s'ouvrir en les déchirant lorsqu'on tourne – il y a en a moins, et l'ouverture devient difficile, ou alors on a rajouté, m'a-t-on expliqué, une matière collante qui renforce la fermeture. Depuis qu’on a «amélioré» ces fermetures pour s’assurer contre les accidents en route, votre bouteille ne s'ouvrira qu'au prix d'effort dont je doute qu'un enfant soit capable. Il va vous falloir beaucoup de force, et même là… Vous avez beau avoir soif et être pressé de boire. A moins que vous n'ayez des mains de Goliath, vous ne l’ouvrirez pas. J’ai vu un monsieur, bien musclé pourtant, sur une aire de pique-nique, rendu impatient par la soif, percer une bouteille en plastique au couteau après plusieurs tentatives: le bouchon ne voulait pas tourner.

Et les bouteilles d'huile ou de sirop! On nous rend service en faisant du bouchon une espèce de bec verseur: il faut tirer, pousser, triturer – un ami et moi avons fait un pari: la première fois que l'un de nous ouvre une de ces bouteilles sans faire gicler le liquide il reçoit un prix de l'autre. Pour l'instant, personne n'a gagné.

Je ne résiste pas, enfin, à la tentation de mentionner les conserves en verre: le plus souvent, tourner ne suffit plus. C’est fermé si hermétiquement (sous vide, je sais) qu’il faut un instrument pour les ouvrir. 

Je pourrais continuer à égrainer les exemples.

Je ne cite aucune marque, vous vous en êtes aperçus. Je n’en vois pas la nécessité, vu que toutes les marques se sont lancées dans la brèche de l’emballage solide, à de rares exceptions près.

J’avoue que pendant un certain temps, je me suis fait du souci à mon propre sujet. Lorsque je n’arrivais pas à dévisser, séparer etc., je me suis demandé si j’avais soudain moins de force dans les mains. Le fait est que j’ai toujours eu des poignets un peu sous-développés, et que j’ai toujours eu un peu moins de force que ceux qui m’entouraient. Mais enfin, jusque là, cela ne m’avait jamais empêchée d’ouvrir une bouteille d’eau minérale. Alors, qu’est-ce qu’il m’arrivait? Atrophie musculaire? Que nenni! 

Entendons-nous bien, je suis une aficionada des gadgets, François a de qui tenir dans le domaine, et dans mes tiroirs et mes armoires de cuisine on trouve des appareils et des outils pour tout. Mais je parle ici d'une part pour ceux qui n'ont pas la passion des gadgets dont font preuve certains membres de la famille Cuneo, et d'autre part pour toutes les fois où on ouvre un emballage ailleurs qu'à la cuisine – ailleurs même que chez soi.

Le célèbre designer Franco Clivio (créateur entre autres des plumes Lamy) le dit volontiers: «Dans ce monde, tout est récipient, qu’il s’agisse d’un cornet d’épicier ou d’une maison, d’un pantalon ou d’un sac à main. Dans la vie, nous emballons et nous nous emballons sans cesse. Il s’agit ensuite d’imaginer des manières simples de déballer.»

Excellent conseil, que l'industrie de l'emballage ne suit guère.

Pour les maisons, on a trouvé des systèmes excellents de portes et de fenêtres, pour les vêtements, on a trouvé les boutons, les pressions, les fermetures Eclair, qui tous, la plupart du temps, permettent d’ouvrir et de fermer, d'entrer ou de sortir, de boutonner ou de déboutonner relativement facilement. 

Mais il faut croire qu’à l’époque où l’air conditionné interdit d’ouvrir les fenêtres (vous ai-je raconté que dans la flambante neuve Ecole des beaux arts de Zurich, les étudiants s’évanouissent par manque d’air et en dépit de tous les conditionnements imaginables?), qu’à l’époque de l’air conditionné disais-je, le nouveau «concept», c’est de fermer tout à double tour, en d'autres termes de faire peiner le consommateur au maximum. Ce qui est fermé est bien fermé. 

Il devient ainsi aussi difficile de déballer une prise USB que d’ouvrir une fenêtre dans un bâtiment «conditionné».

Quoi? Vous trouvez que je râle?

Ben oui.

Je suis exaspérée. Exaspérée de peiner désormais quotidiennement à ouvrir les emballages les plus simples. Exaspérée de voir le gaspillage en carton, en plastique, en papier, en matériel d’imprimerie dans lesquels on noie des objets qu’on voudrait rendre alléchants, mais qui deviennent de plus en plus difficiles à atteindre. Exaspérée que, pour pouvoir les ouvrir, ces nouveaux systèmes d’emballage rendent indispensable tout un outillage dont ils semblent présumer que nous le portons toujours sur nous.

Il est pourtant parfaitement possible de concevoir des fermetures faciles à ouvrir. La preuve.

image

Regardez les boîtes d'oeufs, par exemple, dans lesquelles les oeufs sont parfaitement protégés, faciles à empiler: une petite languette sert à tenir le couvercle, et il tient bien; il suffit d'une petite pression, ça s'ouvre. Les Japonais (et d'autres sans doute) ont des livres pleins d'idées et d'exemples d'emballages complexes, mais faciles à manipuler faits avec du simple papier.

Conclusion? Je me suis résignée à avoir en permanence mon couteau suisse dans ma poche, il permettait autrefois de résoudre pour ainsi dire tous les problèmes de déballage; avec l'hermétisme croissant des contenants, il n'est de loin plus aussi utile qu'autrefois.

J’aimerais parfois oublier que j’ai ce problème, mais je n’y arrive pas, car il se rappelle sans cesse à moi dans les faits (je viens encore de passer au moins cinq minutes à ouvrir une bouteille de lait––  je préfère ne pas décrire ce couvercle conçu contre toute logique) Puisqu’on est là, vous pourriez peut-être me dire si oui ou non vous aussi peinez parfois…

35 commentaires
1)
Philob
, le 16.04.2013 à 06:41
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Bravo ! Les emballages plastiques soudés, c’est l’horreur, je les hais. Pour les bouteilles d’eau, facile, je bois la bonne eau de mon robinet, qui lui est encore très facile à ouvrir.

Peut-être une exception, les canettes en alu, elles sont encore facile à ouvrir … Mais voilà je ne bois pas de bière, pas de chance ;-)

2)
Inconnu
, le 16.04.2013 à 07:11
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Tssst! tsst! faut lire ;o)

Sur chaque emballage il est insrit = “pour ouvrir, consultez le mode d’emploi à l’intérieur”, c’est pourtant simple, non ?

3)
Orcadis
, le 16.04.2013 à 07:38
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Que du vrai. À l’époque des CDs, cela m’arrivait de casser le boîtier plastique en enlevant l’emballage. Et les bouteilles de lait, avec leur bouchon collé sur le carton qui fuit la plupart du temps. Vive l’industrie de l’emballage !

4)
fxc
, le 16.04.2013 à 08:10
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Pot en verre , couvercle métallique, retourner le pot et frapper le sur le sol, ensuite ouvrir de façon manuelle, variante si la 1° fonctionne pas, frapper le couvercle avec le manche d’un couteau.

Pour la petite histoire, en vacances il y a un mois, deux petites bouteille de jus récalcitrantes, la 1° no problem quoique dure à ouvrir, la seconde dur dur, je frappe sur le couvercle avec la main, c’est le fond de la bouteille qui a cédé, heureusement j’étais en retrait de la table sinon c’est mon nikon qui prenait le jus d’orange, très désagréable de marcher avec un futal qui colle.

5)
ysengrain
, le 16.04.2013 à 08:29
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J’ai idée qu’une explication de la complexité accrue des emballages à laquelle nous assistons est liée à la tentative assez réussie, de valoriser cette industrie. “Avant”, les emballages étant simples, le business réalisé autour était mince. Complexifier les emballages ajoute de la valeur.

@ Anne: je vois d’après la photo publiée que tu n’es pas quelqu’un qui met tous ses oeufs dans le même panier. ;•))

6)
TroncheDeSnake
, le 16.04.2013 à 08:38
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Pour les clés USB, l’emballage comportant une sécurité magnétique (le truc qui fait que ça bîîîîîp si on sort sans payer), il est dans une certaine logique commerciale que l’on rende son déballage difficile. Il n’est pas rare de voir en rayon un blister déchiré et vidé de son contenu. Une clé USB doit vraisemblablement être plus souvent volée qu’un œuf. Reste que la conséquence en terme d’empreinte écologie est désastreuse.

Par contre, en ce qui concerne les capsules de bouteille, je me perd en conjectures: est-il si fréquent qu’un client s’envoie discrètement une ou deux gorgées avant de remettre la bouteille sur le rayon? J’en doute!

Quoi qu’il en soit, je me demande ou va nous conduire notre civilisation de l’emballage et du déchet…

7)
flup
, le 16.04.2013 à 08:53
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Le pire c’est quand l’emballage prend, en volume et en poids, 10 fois l’encombrement du produit “emballé” (une carte mémoire est un exemple parmi d’autres).

8)
Le Corbeau
, le 16.04.2013 à 09:03
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sur les boites à œufs de ce modèle, la découpe du couvercle est tellement grosse, qu’il se déchire sous le poids.

Le contenant de droite est celui que j’utilisais quand, étudiant, je vendais des œufs. Mais le mien contenait un tiers de canadienne…

9)
Jaxom
, le 16.04.2013 à 09:43
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C’est marrant que tu (j’ai hésité sur le tu) cites les Japonais comme (bon) exemple, car en cours de lecture ils me sont venus en tête exactement pour la raison inverse.

Je peux dire que s’il y a un exemple de pays où les objets sont emballés un par un dans un emballage qui est mis dans une boite qui est recouverte d’un cellophane couvert par un papier (en général) de bonne qualité, c’est bien le Japon.

10)
Anne Cuneo
, le 16.04.2013 à 10:38
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On est toujours soulagés de voir qu’on n’est pas seul.

@ Passant ;–)) Pourquoi n’y avais-je pas pensé? Mea culpa!

@ ysengrin J’aurais sans doute dû exprimer plus clairement l’idée que toute cette difficulté est due au fait que l’industrie de l’emballage a trouvé un moyen de faire prospérer ses affaires – elle sous-tend toute l’humeur, bien entendu.

@TroncheDeSnake Je comprends qu’on ne veuille pas faciliter la vie des voleurs – mais je maintiens qu’il y a d’autres moyens, d’autant plus si le gros emballage n’empêche pas les vols, puisque tu as vu des «blisters» vidés!

Je trouve intéressante ton idée que les emballages ne sont pas là pour emballer , mais pour empêcher de voler. C’est une idée inédite, une philosophie, si j’ose dire, différente de celle adoptée pour cet article, car je ne vois personne voler une poignée de riz d’une boîte énorme qui ne contient que 300 g de riz (achat de hier, j’avais cru acheter un kg!)

@ Le Corbeau Tu as raison, je n’ai pas choisi le bon exemple de boîte. Dans les grands magasins suisses, il y a des boîtes pareilles, mais plus solides et je n’ai pas réussi à en faire ouvrir une autrement qu’en le voulant, et alors, vraiment, une pression suffit.

@ Jaxom Je parlais des Japonais, car j’ai visité il n’y a pas longtemps une exposition de pliages japonais où des Japonais faisaient des démonstrations d’emballages pour les objets les plus divers, j’ai acheté le livre qui allait avec, qui s’intitule, «Les mille manières d’emballer un œuf» (en allemand) et qui donnait des exemples vraiment intéressants d’emballages efficaces et simples. Bien entendu, cela ne signifie pas que les Japonais fassent tous comme ça…

11)
Le Corbeau
, le 16.04.2013 à 11:23
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car je ne vois personne voler une poignée de riz d’une boîte énorme qui ne contient que 300 g de riz (achat de hier, j’avais cru acheter un kg!)

tu ne peux pas savoir le nombre de bocaux ouverts (y compris moutarde, mayo) avec la trace du doigt du dégustateur à l’intérieur.
Ce n’est pas pour rien que les couvercles sont maintenant recouverts de plastique ou, à minima, d’une bande de sureté.

12)
Zallag
, le 16.04.2013 à 11:57
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Une suggestion peut-être valable dans quelques cas : faire ouvrir certains de ces emballages diaboliques à la caisse, au magasin, et les y laisser.

Les associations de consommateurs donnent ce conseil, dans le but de diminuer la quantité de déchets que le consommateur mettra dans ses propres sacs-poubelles (taxés). Il a été montré qu’une partie très importante de nos déchets est constituée d’emballages. Et on évite en plus de se casser les ongles ou de se blesser avec un cutter ou un poinçon.

13)
Guillôme
, le 16.04.2013 à 14:13
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Regardez les boîtes d’œufs, par exemple, dans lesquelles les œufs sont parfaitement protégés

Pour être parfaitement honnête, je trouve qu’énormément d’œufs sont cassés et, quand j’achète une boite, je vérifie un à un si les oeufs sont intacts ;)

Puisqu’on est là, vous pourriez peut-être me dire si oui ou non vous aussi peinez parfois…

Oui, rassures-toi, moi aussi il m’arrive de lutter sur des bouchons ou autres couvercles ^^

14)
Jaxom
, le 16.04.2013 à 14:59
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Je parlais des Japonais, car j’ai visité il n’y a pas longtemps une exposition de pliages japonais où des Japonais faisaient des démonstrations d’emballages pour les objets les plus divers

C’est vrai que là-bas l’emballage est un art. L’emballage est aussi important que le cadeau lui-même. Je pense que ça vient de la coutume d’amener un cadeau lors des visites et que celui-ci ne s’ouvre qu’une fois les invités partis ou en tout cas pas devant celui qui offre l’offre. Un bel emballage permet à la personne qui reçoit le paquet de remercier avec un compliment.

15)
Blues
, le 16.04.2013 à 16:18
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Pour le plastique et autres solides, soudés, etc.. c’est la cata ! Si possible je déballe et laisse ça au bons soins du magasin (un couteau est effectivement justifié). Pour la nourriture on de la chance on habite à la campagne, et dans la mesure du possible on évite les grands magasins ce qui diminue pas mal les emballages. Les légumes, œufs, viande, etc… sont le plus possible pris en direct chez les agriculteurs et les emballages rendus ou recyclés (quand y’en a).

Par contre ma femme a une boutique elle est spécialisée entre autre dans les épices mais aussi dans tous les types de cadeaux (souvent bien emballés), donc de côté-là on est verni.

Intéressant de lire la page Wiki du mot EMBALLAGE L’histoire de l’emballage est indissociable des échanges et déplacements entre les hommes… Partout dans le monde, l’emballage est le premier débouché des matières plastiques. En France cela représentait, en 2002, 39 % de la consommation de plastique, devant le bâtiment et l’automobile.

39% !!!!!!!!!!

16)
Anne Cuneo
, le 16.04.2013 à 18:03
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tu ne peux pas savoir le nombre de bocaux ouverts (y compris moutarde, mayo) avec la trace du doigt du dégustateur à l’intérieur. Ce n’est pas pour rien que les couvercles sont maintenant recouverts de plastique ou, à minima, d’une bande de sureté.

C’est bien ce que je disais – et j’avoue que je n’y avais pas pensé: on fait des emballages difficiles à ouvrir pour empêcher de voler.

Ou, soyons plus explicites: dans des supermarchés où il n’y a plus de contacts avec les vendeurs, il y a des gens qui, comme autrefois, aimeraient goûter avant d’acheter. Ça doit bien faire 1, 2, allez, mettons 3 % des acheteurs. Et ainsi, les 97 autres se battront chez eux avec des couvercles qui ne veulent pas tourner, des capsules qui ne veulent pas s’ouvrir, des cartons qui ne veulent pas se décoller. Et tout cela contribuera à

Partout dans le monde, l’emballage est le premier débouché des matières plastiques. En France cela représentait, en 2002, 39 % de la consommation de plastique, devant le bâtiment et l’automobile. 39%!!!!!!!!

Ce sont les conséquences de la rationalisation (y compris du personnel), de la concentration, de la mondialisation, de… j’oublie sûrement quelque chose. On est vraiment des malotrus de ne pas se résigner, de ne pas soupirer et dire: ma foi, c’est comme ça!

17)
FromStart
, le 16.04.2013 à 19:16
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Pour les emballages non-alimentaires, oui, j’ai déjà vécu plus d’une fois la bataille aux ciseaux (sécateur serait plus approprié) pour venir à bout de cette coque. Disons que je peux comprendre que les avantages l’emportent par rapport aux inconvénients: volume réduit par rapport à une boîte en carton (oui enfin, ça dépend si le marketing est passé par là ou pas :-) ); produit bien présenté et mis en évidence; comme mentionné avant protection contre le vol; facilité de fabrication et de transport de l’emballage et au final probablement moins de coûts. Pour les produits alimentaires, je suppose que les normes sanitaires doivent certainement y être pour quelque chose, tant pour la difficulté à ouvrir, que pour la quantité des emballages. Quel est le fabricant qui prendrait le risque d’être pointé du doigt pour une marchandise avariée à cause d’un emballage faiblard? Il serait immanquablement accusé de mettre la santé du client en jeu pour gagner deux sous. Enfin, je vois mal l’industrie de l’emballage avoir un lobby assez puissant pour leur permettre d’imposer plus d’emballages à leurs clients et donc plus de coûts. Ce n’est pas une industrie a forte valeur ajoutée, ou en situation de monopole. Pour moi ils font ce que leur demandent leurs clients, qui eux-même font ce que souhaitent leurs consommateurs, et ce que leur impose la législation et leur département marketing :-) Maintenant ceci est aussi un problème de riches: si nous étions un peu plus nombreux par foyer, nous pourrions acheter en gros ou les produits seraient conditionnés en plus grandes quantités… :-)

18)
Anne Cuneo
, le 16.04.2013 à 21:08
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Pour moi ils font ce que leur demandent leurs clients, qui eux-même font ce que souhaitent leurs consommateurs, et ce que leur impose la législation et leur département marketing :-)

Pour moi par contre, l’industrie de l’emballage a bel et bien des lobbies, qui poussent à l’emballgge toujours plus sophistiqué et cher, qui convainquent ainsi leur clients les fabricants, lesquels sont travaillés par ailleurs par leur département marketing en essayant de jongler avec ce que leur impose la législation.

Mais alors dire qu’ils font ce que souhaitent les consommateurs, non, trois fois non. On cible les consommateurs, on essaie de les convaincre qu’ils veulent cet aspect-là plutôt qu’un autre, mais que les trois quarts des consommateurs trouvent l’idée de tel ou tel emballage pas bonne, ça ne les a jamais fait changer d’avis ou de démarche.

19)
Tom25
, le 16.04.2013 à 23:15
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Nos poêles à bois ou à granulés arrivent fréquement cassés. Les transporteurs et les manutentionnaires des plateformes sont peu soigneux, je serais même tenté de dire qu’on pourrait supposer qu’ils font exprès. Nous on ne peut pas le faire vu la taille de nos marchandises, mais je comprends que d’autres les emballent dans des coques blindées.

21)
Ritchie
, le 17.04.2013 à 05:57
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@Anne : je partage à 1000 % tes sentiments concernant les emballages.

Récemment, pour les jus d’orange, ils nous ont changé le bouchon, il s’ouvre mieux et à l’intérieur il y a une “tirette” pas trop compliqué à enlever. Avec l’ancien bouchon, une fois de temps en temps on arrivait à le décoller du carton lors de la première ouverte avec la fuite qui suivait pour chaque verre !

Un autre classique, les bouchons en alu qui sont supposés se défaire de leur protection anti-ouverture la première fois, quand ils ne le font que rarement ! Du coup, le filet du bouchon est ruiné et le bouchons ne ferme plus correctement. J’ai remarqué ça spécialement sur les bouteilles d’huile d’olive ! En revanche, les bouteilles d’alcool qui ont le même type de bouchon n’ont jamais de problème !! Probablement pour éviter les dégustation intempestives d’huile d’olive en magasin …

++

Ritchie

22)
François Cuneo
, le 17.04.2013 à 06:09
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Anne, merci pour cet article qui reprend point par point ce qui m’énerve quotidiennement.

Au fait, en 2002, j’en parlais déjà .

Quant au couteau suisse, j’espère que tu as un Victorinox, parce que les Wenger de l’époque (marque rachetée par Victorinox, puis depuis quelques mois fusionnée avec cet dernière) ont des lames parfois insortables!

23)
Anne Cuneo
, le 17.04.2013 à 14:58
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La lecture de certaines de vos contributions, doublée de quelques réflexions autour du bilan de Mme Tatcher, me pousse vers une conclusion imprévue.

Elle a fait de l’égoïsme primaire, de la suprématie du privé sur le public, du mépris des nécessiteux des dogmes d’Etat, dit-on de la défunte Maggie.

Je me suis dit que l’emballage devenu super-hermétique (surtout rendre l’accès aussi difficile que possible) était une des conséquences de ces dogmes, qui ont fait tache d’huile et ne sont plus l’apanage exclusif de l’Etat britannique.

Ecrit avec iA Writer

24)
Inconnu
, le 17.04.2013 à 16:24
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Mais, heu.. Anne

Il fallait des trésors de “packaging” pour emballer l’eau ( fétide) de la source vive de Ayn Rand, par exemple.

Aux innocents les mains pleines ou les doigts trop gourds pour ne point pouvoir y deballer et s’y dé-alterer.

On notera les efforts actuels pour nous persuader de boire cette “mauvaise eau”.

Les doigts me brulent.

Ecrit avec une machine dont l’ancien boss “adulé” était un buveur de cette eau.

25)
M.G.
, le 17.04.2013 à 20:18
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Il semble que la perfection soit atteinte non quand il n’y a plus rien à ajouter, mais quand il n’y a plus rien à retrancher. (Saint-Exupéry — Terre des Hommes)

Dans le fameux Jargon File des hackers américains, le terme « elegant » est illustré par cette citation de Saint-Exupéry. J’aime :-)

26)
Anne Cuneo
, le 17.04.2013 à 20:26
[modifier]

On notera les efforts actuels pour nous persuader de boire cette “mauvaise eau”.

Les doigts me brulent.

Ecrit avec une machine dont l’ancien boss “adulé” était un buveur de cette eau.

Euh, oui Passant, c’est un peu hermétique ton texte, un peu comme un bouchon qui ne tourne pas. Qui veut faire boire La Source vive de Ayn Rand à qui? Dans quel packaging? Qui est l’ancien boss adulé?

Je dois être obtuse, mais je ne capte pas, comme dit l’autre.

27)
soizic
, le 17.04.2013 à 20:31
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Pour ma bouteille de jus de pamplemousse, mon casse noix m’est indispensable, du coup il a droit à une place d’honneur contrairement aux autres qui n’apparaissent qu’en saison.

Ma haine va surtout aux fermetures dites de sécurité, car l’énervement est garanti à chaque réouverture ; citons aussi les prises électriques que je n’arrive pas à enfoncer, comment ai-je pu élever trois enfants sans elles et sans accidents ?

N’oublions pas les emballages qui se contentent d’écrire “ouverture facile” sans plus d’indications, je me sens alors complètement débile…

28)
Hervé
, le 17.04.2013 à 20:57
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Je me suis laissé dire, lors d’un séminaire spécialisé donné par un prof d’uni, que lorsqu’on achète un parfum, le flacon représente 90% du prix !

29)
zit
, le 17.04.2013 à 23:17
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Je crois que le problème vient surtout de la grande distribution qui exige de ses fournisseurs des emballages inviolables pour éviter la fauche, lesquels fournisseurs se passeraient certainement de ce surcoût s’ils le pouvaient.

Pour ce qui concerne les emballages japonais, quand il y a une petite flèche et que c’est marqué « déchirer ici », ça s’ouvre vraiment parfaitement, comme il est prévu que ça le fasse; un exemple, les très onéreuses cartouches d’encre Epson, quand on a enfin vaincu le blister (et perdu un ou deux doigts dans la bataille), le sachet hermétique contenant la précieuse cartouche se déchire pile–poil où c’est prévu).

Un autre exemple impressionnant, le Saran wrap (se prononce salanlap), ou film alimentaire, je ne sais pas comment ils font, mais au Japon, il se déchire parfaitement le long des petites dents, comme il doit le faire… si vous voyez ce que je veux dire ;o).

Le problème, par ici, c’est que, non seulement ce n’est pas fait pour s’ouvrir facilement, mais qu’en outre, là où ça devrait le faire, on observe un dysfonctionnement ayant pour effet de répandre une bonne partie du contenu sur la table, le sol, le pantalon, la chemise, SPLARCH ! Et du coup, ils vendent deux fois plus de produit, et font exploser le chiffres des détergents, essuie–tout et autres lessives, c’est quand même balaise, la mercatique…

z (qui consomme relativement peu de choses emballées, je répêêêêêêêêêête : j’aime bien faire mon marché le dimanche)

30)
Anne Cuneo
, le 18.04.2013 à 14:33
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Je me suis laissé dire, lors d’un séminaire spécialisé donné par un prof d’uni, que lorsqu’on achète un parfum, le flacon représente 90% du prix !

Je vais plussoyer, et te donner les chiffres qui viennent de l’agence de pub où j’ai travaillé à l’époque où j’avais une montagne de dettes à payer (on gagnait très bien). Les chiffres donc: dans un parfum (dans un produit esthétique), environ 60% du prix, c’est la pub, 20-30% c’est l’emballage – le reste c’est ce que tu voulais vraiment acheter. Jusqu’à il y a quelques années, tu pouvais ouvrir un flacon et verser ton parfum dans un pulvérisateur, maintenant fini: tu achètes une grande bouteille pour la salle de bain et une petite pour le sac, le fermoir est soudé au verre.

31)
Anne Cuneo
, le 18.04.2013 à 14:34
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Excellents exemples Soizic. Comment avais-je pu oublier les prises électriques «de sécurité»? Je ne les achète plus que dans des pays laxistes où on a le choix, en Suisse ce n’est plus le cas, je crois.

32)
Anne Cuneo
, le 18.04.2013 à 14:42
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Je crois que le problème vient surtout de la grande distribution qui exige de ses fournisseurs des emballages inviolables pour éviter la fauche, lesquels fournisseurs se passeraient certainement de ce surcoût s’ils le pouvaient.

Ça ressemble diablement à une punition collective, tu ne crois pas? Pour les 3% de gens qui fauchent, on emm…e les 97 autres. C’est un peu comme le terroriste amateur qui avait mis des bombes dans ses chaussures, c’était si mal pensé qu’il s’est fait prendre par les passagers de l’avion avant d’avoir pu agir. Depuis, nous sommes tous punis en devant enlever nos chaussures avant d’entrer dans un avion. J’adore devoir enlever mes bottes en hiver, parce qu’elles ont un petit renforcement métallique et font sonner les senseurs.

z (qui consomme relativement peu de choses emballées, je répêêêêêêêêêête : j’aime bien faire mon marché le dimanche)

Tout le problème est là: on pousse frénétiquement à la consommation, on crée des mégavitrines incitatives, et puis on cuirasse pour que ceux qui ont des envies mais pas de fric ne puissent surtout pas se servir. Alors que de laisser les choses en vrac, c’est tellement mieux. Comme je disais un peu plus haut, CQFD.

PS. Après une pause à moitié forcée, j’ai recommencé à alimenter mon blog. Avis aux lecteurs qui, d’après les statistiques, et à juste titre, se sont un peu découragés ces jours-ci.

33)
Anne L
, le 19.04.2013 à 03:45
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Merci beaucoup, Anne, pour cet article très intéressant, lequel, au-delà des soucis quotidiens liés aux emballages souvent disproportionnés et quelque peu envahissants, pose de réelles questions de société : quelle place accordons-nous à la protection des choses, protégerait-on davantage les biens de consommation que les personnes, et si oui dans quel but, à titre réellement préventif ou par souci purement économique, comme vous le remarquez dans les commentaires ? Et ne vivons-nous pas dans une société d’emballage, je dirais même d’emballement si j’osais, où le contenu a parfois moins d’importance que le contenant ?

Cela dit, l’idée même d’un joli emballage-cadeau que l’on ne touche pas d’un certain temps (ce que font nos amis japonais, comme vous le soulignez) est une belle chose, elle rappelle que l’attente est déjà un cadeau.

Ce doit être passionnant de se pencher sur l’histoire de l’emballage, car il est passé du nécessaire à l’objet d’art ces dernières années ; et s’il fut plébiscité dans un temps pas si lointain (et dès lors soumis aux lois du design), il est toujours omniprésent dans nos modes de vie, mais désormais inscrit dans la logique du recyclage. Bref, cet article et ses commentaires m’ont emballée, Anne, merci beaucoup ! :-)

34)
Anne Cuneo
, le 19.04.2013 à 14:20
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A mon tour, je dis, Merci Anne!

quelle place accordons-nous à la protection des choses, protégerait-on davantage les biens de consommation que les personnes, et si oui dans quel but, à titre réellement préventif ou par souci purement économique

Cette question réveille un souvenir de reportage: je discutais avec un des grands manitous des transports suisses, et il se plaignait de la cherté des installations électroniques pour les billets des transports publics urbains. «J’ai fait le calcul, m’a-t-il dit hors micro, en rendant les transports publics urbains gratuits, on arriverait plus ou moins au même résultat, en calculant les machines, les accessoires, l’installation, l’entretien, les contrôleurs qu’il faut tout de même. » J’ai alors demandé pourquoi on ne rendait pas les transports publics gratuits, ce serait plus simple.

La réponse vaut d’être encadrée: «Vous rêvez!, s’est-il exclamé, il faut habituer les gens à payer, à comprendre qu’avec rien on n’a rien.»

On pourrait appliquer cela à la surveillance dans certains magasins. Entre une chose et l’autre, quel est le bilan entre la fauche et les mesures de sécurité, emballages compris?

35)
Anne L
, le 21.04.2013 à 10:21
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Effectivement, la réponse surprend… Nous vivons dans une société qui fait de l’argent le seul garant d’une certaine moralité, ce qui est quelque peu inquiétant.

Merci beaucoup, Anne, pour cette précision qui donne à réfléchir !