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Innovation et OS cloud

Nous avons déjà eu l'occasion de parler, voire de se plaindre, du manque d'innovation dans les derniers produits Apple, Samsung, et autre. Comme les quelques nouveautés proposées par Nokia telles que la stabilisation optique et le chargement sans fil (dit comme toujours de façon totalement partielle☺), on sent bien que les dernières annonces technologiques sont plus axées sur l’évolution matérielle que logicielle. Ainsi, le dernier Galaxy S4 lancé en fanfare à New York le mois dernier par Samsung essuie déjà les critiques les plus vives concernant les nouvelles fonctionnalités logicielles relevant plus du gimmick que de l’utile, et encore quand ça marche…

Cependant, il y a quand-même tout un pan de l’industrie logicielle qui n’a finalement que très/trop peu évolué : la gestion des données. Lorsqu’on étudie les différents environnements de développement logiciel (SDK) proposé par Apple, Microsoft ou Google, on remarque un déséquilibre important entre la richesse des librairies graphiques pour réaliser l’interface des applications, et la pauvreté des méthodes de gestion des données, en particulier leur persistance. Concernant ce dernier point, on propose au pire de « sérialiser » les données dans un fichier, au mieux d’utiliser une base de données relationnelle avec SQL. En fait, c’est un peu comme si rien n’avait vraiment évolué depuis les années 90 : on parle toujours de stockage sur disque laissant les problèmes de synchronisation entre terminaux et serveurs pour le développeur.

Avec la généralisation du Cloud et des iBidules connectés (smartphone, PC, tablette, TV, montre), j’espère une grande révolution dans les app stores, avec l’avènement d’une pléthore de services basés sur la gestion et la valorisation des données personnelles et professionnelles, accessible sur tous les écrans. Aujourd’hui, seuls les grands acteurs comme Amazon, Google et Microsoft possèdent les librairies et outils pour valoriser ainsi à grande échelle les données des utilisateurs de leurs services. Mais qu’en est-il pour le commerçant souhaitant étendre ses activités sur Internet avec un suivi personnalisé, ou le club de philatélie qui envisage de proposer à ses membres une gestion de leurs collections avec des recommandations d’échange basées sur les périodes et pays préférés (ce ne sont là que deux exemples mais le principe peut se décliner à toute activité ou passion impliquant plusieurs personnes) ? A moins d’avoir les moyens et la possibilité d’investir au minimum 50 à 100 milles euros pour une application sur iPhone et/ou Android sans compter le déploiement sur serveur et l’administration, ces opportunités ne seront pas réalisées car les technologies à mettre en œuvre sont complexes et trop difficiles à configurer pour des besoins artisanaux, par opposition aux besoins industriels justifiant les investissements et moyens dédiés.

En fait, on trouve des outils en silo dédiés aux différents types de plateforme (serveur, PC, tablette, smartphone) mais peu à ma connaissance transversaux. Ce qui est dommage car à la base, le développeur devra modéliser et coder les mêmes objets et la même logique. Le diagramme suivant illustre ce que pourraient être une plateforme transverse et standardisée permettant d’instancier facilement les différentes applications formant ensemble l’interface du service :

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Pour cela, il faudrait que les OS évoluent autant que cela n’a été le cas dans le monde du PC entre les années 70 et 90. Le concept du cloud nous est maintenant familier avec ses serveurs distants permettant la synchronisation de données d’une machine à une autre telle (Dropbox) ou la création et le partage de présentations (Prezi). Mais ces services sont souvent le fruit d’équipes conséquentes ayant développé leurs propres outils qu’elles gardent jalousement… Il est temps que le monde de l’open source ou un grand acteur comme Amazon investisse dans la prochaine génération de Cloud OS comme présenté ci-dessous :

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D’après mes recherches, seul Apple s’est penché sérieusement sur la persistance des données et leur synchronisation, premier pas vers ce Cloud OS auquel je pense. Avec iCloud Storage, il s’agit d’un ensemble d’outils permettant le stockage de documents, de données simples (clé-valeur) ou complexes (bases de données) qui sur le papier semblent très avancés.

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Malheureusement, dans l'approche typique d'Apple, ces outils sont 100% propriétaires limitant l'approche aux Mac, iPod, iPhone et iPad. A la lecture de quelques articles récents, il semble que les développeurs sont de moins en moins intéressés à l'utiliser (ici et puis là aussi).

Si je devais aujourd'hui faire un pronostic, je parierai sur Microsoft ou Amazon pour ouvrir leurs coffres et permettre une évolution majeure du monde des app stores, proposant des services de niche sur abonnement plutôt que des applications gratuites sponsorisées par la publicité. Le premier ferait ainsi la promotion de sa plateforme Azure, le second se positionnant comme intermédiaire ou broker avec ses solutions de paiement.

Amitiés,

Arnaud

5 commentaires
1)
Anne Cuneo
, le 02.04.2013 à 16:07
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Avec iCloud Storage, il s’agit d’un ensemble d’outils permettant le stockage de documents, de données simples (clé-valeur) ou complexes (bases de données) qui sur le papier semblent très avancés

J’ai suivi le lien que tu donnes pour iCloud Storage, et je me suis rendu compte que je ne sais pas du tout utiliser ça rationnellement. Je vais m’y mettre.

A tout prendre, je préfère un système de Apple, avec toute les superprécautions prises par Apple, et toutes les critiques qu’on peut faire, qui nous énervent, à l’ambition monopolistique d’un Microsoft ou Amazon qui dans un monde de rapaces sont des rapaces en chef.

2)
Guillôme
, le 02.04.2013 à 21:29
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Mais ces services sont souvent le fruit d’équipes conséquentes ayant développé leurs propres outils qu’elles gardent jalousement…

A noter que Dropbox s’appuie sur le langage Python et, sauf erreur, des composants libres en partie (Rsync?). Je ne nie pas le travail conséquent de Dropbox mais ils s’appuient en partie sur des outils existants ;)

Il est temps que le monde de l’open source ou un grand acteur comme Amazon investisse dans la prochaine génération de Cloud OS comme présenté ci-dessous

Sans parler de Cloud Os, il me semble que la communauté Open Source est assez active dans cette direction avec des initiatives comme Own Cloud, du stockage en ligne intégré avec Ubuntu…

D’autre part, en logiciel libre, il y a une pléthore de librairie ou de programme de synchronisation et/ou de travail en ligne extrêmement puissant (rsync, Unison, git…).

Mais effectivement, je suis d’accord avec toi, le matériel évolue plus vite que le logiciel.

Mais pire que ça, des algorithmes/structures/méthodes logiciels extrêmement puissants des années 70 ne sont toujours pas exploités par les API d’aujourd’hui ou à disposition du grand public!

Nous sommes encore à la préhistoire de l’informatique, ne l’oublions pas ;)

3)
zit
, le 02.04.2013 à 21:40
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Le Gloude n’a d’intérêt que pour les usagers possédant plusieurs terminaux (un ordi à la maison, un au bureau, un schpountzPhone, une choseBlette et compagnie), les zyperconnnnectés ultraconnnnnnsommateurs.

Quand au rêve d’un monde meilleur avec un OSGloude, ça me parait surtout un cauchemar orwellien, et une régression incroyable, le mode serveur/client, c’est pas un vieux truc abandonné, justement avec l’avènement du « Personnal Computer », une « révolution » de 1984 (ou kek’chose comme ça) ?

Mais de toute façon, c’est bien vers là que les marchands ont décidés, tous unanimes, de faire aller leurs clients, à marche forcée si besoin. Que ce soit la pomme avec iGloude et iThunematche, la guerrière monopoitrinaire et son GentilDle et les livres à la location (on n’achète pas un livre, chez ces gens là, on en acquiert une « licence d’utilisation »), la maison de terre crue et sa suite inzegloude, sans parler de gogol et son métal bling–bling de pare–choc de voiture avec lequel tout se passe « par là–bas… ».

Évidemment, un ami me le rappelais l’autre jour, il y a une quinzaine d’années, je disais « internet, mais ça ne sert à rien ce truc, je n’en aurais jamais besoin », mais là retourner à l’ère du Minitel (que justement je n’ai jamais eu), mouais, bof.

Et puis j’aime bien une certaine petite indépendance…

z (qui utilise quand même Dropbox, pour les gros transferts, je répêêêêêêêêêêêête : c’est quand même un progrès par rapport au CD dans une enveloppe pour le coursier…)

PS : la stabilisation optique, je me souviens du premier camescope Canon à la proposer, ça fait presque une vingtaine d’années (ou bien étais–ce un Sony ?)…

4)
rdp10
, le 06.04.2013 à 19:59
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L’arrivée du serveur distant, genre iCloud ou autre “cloud” plus ou moins à la mode, paraissait intéressante dans la mesure où l’on dispose de plusieurs appareils et où, par ce canal, l’utilisateur peut maintenir une synchronisation parfaite sans se poser de question. J’avoue apprécier que les modifications, même minimes, dans mon carnet d’adresse, agenda, notes diverses, etc, se retrouvent sur Mac de bureau, sur portable, sur téléphone, sans que je me demande sans cesse ce qui est à jour et ce qui ne l’est pas.

Mais voilà, comme Zit, j’ai la désagréable impression qu’on cherche à nous pousser vers des machines ne disposant plus de rien, même pas d’applications. Tout serait “dans le nuage”. Ce qui promet de jolis gros problèmes.

D’une part, on ne dispose pas toujours d’une liaison internet suffisante. Dans mon fond de campagne bretonne, c’est souvent difficile. En déplacement, en dehors des agglomérations un peu conséquentes ça l’est aussi. On crée donc ainsi plus de problèmes que l’on en résout.

D’autre part, il s’agit là d’un sacré recul. Il faut quand même se souvenir, comme le rappelle aussi Zit, que l’arrivée de la micro-informatique, autrement dit de l’ordinateur personnel, permettait de couper la chaine jusque là imposée avec la machine centrale uniquement accessible par l’intermédiaire d’un terminal inerte. L’autonomie, enfin ! Garder avec soi ses documents et applications, en disposer comme on le souhaite, quand on le souhaite : Une révolution ! Et l’on voudrait nous ramener aux temps du serveur-client, d’avant l’Apple II ?

Enfin, peut-être le pire, voici venir le monde d’Orwell. L’emprise totale, la surveillance totale. Si nous acceptons ça, nous sommes fichus. Il sera trop tard pour pleurer.

Le « cloud » n’a d’intérêt que pour synchroniser, et dans la seule mesure où nous sommes assurés de rester totalement maîtres de nos données. Je crains qu’il ne s’agisse pas du chemin sur lequel on cherche à nous engager.

5)
flup
, le 10.04.2013 à 05:53
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Comme toujours, le nuage pose aussi la question de l’accès mobile. Dans certains pays, les données 3G commencent seulement à devenir abordable (jusqu’il y a peu, 5€ pour un petit paquet de 50Mo pour les petits utilisateurs en Belgique…). Et je ne parle même pas du roaming (ou pire, le roaming hors Europe!)