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Le temps suspendu

"Ce qu’il y a de très beau dans le fer, c’est que dès qu’on a fait l’objet, lui ne cherche qu’une chose, c’est de redevenir poussière et oxyde." Étienne Krähenbühl

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Avec son exposition à la Galerie C à Neuchâtel, Etienne Krähenbühl nous emmène en balade à travers le temps. « Quelques heures suffisent pour que le fer, auparavant poli par la main de l’homme, se couvre de rouille ». Un jour, une nuit, et la matière se transforme. D’abord à sa surface, puis peu à peu, au fil des saisons, se creuse et se marque sous l’action du temps. Rouille, corrosion, coloration, transformation, plus je les regarde, plus je me dis que ces objets vivent.

Je l’avais lu, Etienne Krähenbühl aime qu’on touche ses œuvres pour leur imprimer un mouvement. Je pose ma main dessus, troublé au début. Sphères, cubes, tubes et spirales, autant d’objets défiant la pesanteur se mettent à danser devant mes yeux et semblent ne peser plus rien. Le mouvement des pièces de métal qui, comme suspendues dans l’air, égrène les secondes de leur balancement et marque le temps. Je vois bien que ces sculptures sont faites de fer, jusqu’à plusieurs tonnes de matière pour certaines, un léger effleurement suffit pourtant à leur donner vie.

Avant ce jour, j’éprouvais une certaine antipathie pour le fer, sans doute en raison du froid et de la rigidité qu’il m’inspire. Je regarde encore, subjugué par la masse de la forme sphérique du Bing Bang Blue dans son immobilité apparente. Je sens la résistance de la matière lorsqu’une personne tente d’enlacer la grande boule bleue dans ses bras, puis, dès qu’elle est relâchée, la force avec laquelle la pièce reprend sa liberté. Je m’étonne alors de voir apparaître dans la sculpture la forme imprimée par le corps juste auparavant, mouvement et respiration, comme une mémoire de ce corps dont elle vient de se libérer. Et c’est alors un carillon qui résonne maintenant dans tout le bâtiment, les barres de fer reliées entre elles par de minces fils comme soudainement transformées en cloches.

L’artiste a beau nous expliquer l’utilisation d’un alliage nickel-titane pour conférer l’élasticité à ses pièces, comme il les appelle, je reste avec le mystère de « la mémoire de forme ». Et lorsque j’écoute Etienne Krähenbühl parler de son travail, je ressens à mon tour que « c’est d’une simplicité le bonheur ».

 

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 Les liens:

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À venir : la parution au printemps d’un ouvrage consacré à l’ensemble de l’œuvre d’Etienne Krähenbühl et une exposition en automne à l’Espace Arlaud, à Lausanne.

9 commentaires
2)
yfic17
, le 17.03.2013 à 10:12
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Je ne connaissais pas cet artiste.

C’est beau le métal lorsqu’on lui donne des formes étonnantes.

Dommage, je suis trop loin de Lausanne pour aller voir cette exposition.

3)
RJC
, le 17.03.2013 à 10:20
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Cela a effectivement l’air superbe! Ce que je trouve fascinant c’est le pouvoir qu’a l’artiste de générer des émotions aves des morceaux de “métal oxidés”. Je me réjoui de m’y rendre, merci pour l’information.

4)
Iris
, le 17.03.2013 à 10:35
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Merci pour cette pépite! C’est magnifique! Je ne manquerai pas le rendez-vous lausannois.

6)
TroncheDeSnake
, le 17.03.2013 à 17:36
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Splendide! Merci pour ce partage.

Je découvre qu’il est passé par Genève et que j’ai loupé ça… Une excellente occase d’aller à Neuchâtel!

8)
dpesch
, le 18.03.2013 à 12:02
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Merci desimages pour cette magnifique découverte. Cet homme est fascinant et ses œuvres superbes. Je ne pourrai sans doute pas me rendre à Lausanne (550 km de Sète, quand même…), mais je vais guetter et attendre qu’une exposition s’organise dans les environs ou dans les villes que je fréquente deux ou trois fois par an (Paris, Bruxelles). En attendant je me contente de vidéos et notamment celle-ci qui est simplement à tomber raide !

9)
zit
, le 18.03.2013 à 17:48
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Magifique, merveilleux !

Ça donne envie de venir faire un tour à Neuchâtel avant début mai, cette expo…

Les film sont intéressants, Bing Bang, j’aurais aimé que ça dure bien plus longtemps, les personnes qui on eut la chance de voir la performance en vrai ont dû en avoir le souffle coupé pendant un moment !

C’est chouette de voir des artistes pouvoir aller aussi loin dans leur délire; en fait, je pense tout de suite aux budgets de production. Comment s’en sortir sans vendre et avoir des commandes publiques ou institutionnelles ?

z (merci desimages, je répêêêêêêêêêêêêêête : tu fais honneur à ton pseudo ;o)