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Moskova ou Borodino ?

Vous avez sans doute remarqué que l’on a beaucoup parlé en France du bicentenaire de la bataille de la Moskowa. En Russie on a beaucoup parlé de la bataille de Borodino.

C’est la même, mais vue sous deux angles diamétralement opposés, car ce sont deux chants de victoire qui se sont égosillés. Et un peu plus fort d’un côté que de l’autre. Et le ton n’a pas baissé aujourd’hui. Il vaut la peine de lire les commentaires à l’article cité en lien.
En fait le Général Koutouzov ne fut pas proprement défait car, soucieux de ne pas engager la Garde Impériale, Napoléon laissa l’armée tsariste se replier en quasi bon ordre, ce qui lui permit de faire une entrée triomphante dans la capitale.

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Une semaine plus tard, les Français entrèrent, eux aussi, dans Moscou et franchirent la Moskowa par le pont de …Borodino.

J’ai voulu en savoir plus, en relisant le point de vue d’un “insider” dans le livre écrit par le grand-père de Madame Saluki sur les “Itinéraires” de son propre arrière-grand-père à partir des lettres et documents qu’il avait rassemblés. Et je n’arrive pas à mettre la main dessus : qui donc le possède dans la famille?

Et je n’ai pas envie de craquer chez un antiquaire.

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Ce dont Madame Saluki se souvient des lectures chez son grand-père est que ce fameux Pierre, survécut à la retraite de Russie, mais rentra chez lui tellement décharné et en haillons que son épouse ne le reconnut point. En effet, si, quand Napoléon ordonna le départ de Moscou, le 18 octobre, il faisait encore bon, la température chuta très vite – on parle de moins 35°C lors du franchissement de la Bérézina – et quarante-cinq mille morts plus tard le reste atteint Vilnius.

o0O0o

Nous venons de faire un voyage en Russie, non pas exactement sur les traces de l’ancêtre, mais aux sources de la formation de cet …empire.

Deux mots d’histoire, ou prolégomènes à ma sauce.

Les « Russ » sont des peuples scandinaves qui ont envahi “vers le sud” les espaces qui s’offraient à eux. Le centre de leur pouvoir, tout à fait païen, s’est installé à Kiev et c’est là que Vladimir a importé la foi chrétienne de Constantinople parce qu’il désirait la fille de l’empereur byzantin qui lui a en quelque sorte mis le marché en mains…

Je passe sur le martyr de ses fils, Boris et Gleb, c’est expliqué brièvement ici.
Tout au long des siècles suivants, les princes et potentats locaux sont incapables de s’entendre, et laissent les hordes venues de l’est rançonner et piller à loisir. À l’ouest ce n’est pas mieux, les Polonais occupent Moscou…
Si vous voulez voir comment on s’étripe en famille, visitez ce lien.
Pour l’autre branche, ce n’est pas mieux.

André Bogolioubsky décide de quitter Kiev pour trouver de meilleures terres, etc et en chemin la légende dit que son destrier fait un écart quand il se trouve face à une icône de la Vierge. C’est le début de notre propre périple sur une partie de l’ “Anneau d’Or”.

Je ne vais pas vous faire faire un récit de pèlerinage, mais il est quand même des monuments extraordinaires pour certains “dans leur jus”, pour d’autres, restaurés avec un soin méticuleux, pour d’autres, enfin détruits plusieurs fois et autant reconstruits, ce ces dernières années.

Dans la partie “vols intérieurs” de l’aéroport de Moscou Sheremetyevo, les pubs peuvent prendre un certain parfum de provoc’ quand le jugement de la bataille Apple/Samsung vient juste d’être publié.

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‘Manquerait pas une majuscule, par hasard?

Avant de plonger dans les icônes, il est bon de vérifier que rien n’a changé depuis l’URSS. Dans un hôtel de bon standing, la porte de la salle de bains peut quand même, et enfin, être fermée…

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…parce qu’on a donné un coup de perceuse à gauche, évidemment, DU BON CÔTÉ du chambranle !

Mais il peut y avoir plus de danger pour le piéton, fut-il touriste :

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Un simple coup de vent peut coucher un panneau d’affichage…

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…surtout avec ce type de fixations de “sécurité”.

Si j’étais cruel, j’ajouterais que “même un Suisse” (OK, je sors à la fin…) sait qu’on ne se gare pas sous un toît en pente lors du dégel.

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Et pourtant… Ce sont des moraines de l’an dernier.

Les apparatchiks sont devenus des i Paratchiks, vu le nombre d’iPhone et de voitures occidentales dans les rues.
À Moscou, j’ai patienté plus de dix minutes sur une voie à grande circulation avant de voir une voiture de construction locale.
Un autre moyen de repérer un iParatchik, c’est au nombre de zéros sur sa plaque. Un, c’est un haut fonctionnaire, deux, c’est un intouchable.

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Et si les zéros sont devant, c’est encore mieux.

Comme partout, il y a les contre-exemples, quoique :

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Voici, une antique Moskva 1951

Oui, mais elle semble appartenir à un moine haut placé du monastère en arrière plan, il vient d’en extraire une caisse de cierges.

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Bingo ! Naguère aussi …

Maintenant, nous sommes vraiment à la césure entre l’ancienne CCCP et la Nouvelle Russie car nous assistons au chargement d’une rarissime Bugatti Veyron “Vitesse”. C’est un joujou à seulement deux millions d’Euros.

Le premier essai est apparu sur le magazine EVO en juin sur le site web, en août sur le magazine papier.

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Pour en savoir plus, c’est par ici.
Je n’en avais jamais vue, même en rôdant du côté de Molsheim.
Pour rappel, Bentley et Bugatti sont aujourd’hui deux marques du Groupe VW. C’est bien pourquoi la Bugatti peut sortir de la “boutique” Bentley.

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Admirez les moyens très traditionnels, voire romantiques ?, de chargement en étroite relation avec la préciosité de l’objet.

Et puis, il y a le VRAI changement, regardez bien le slogan affiché au fronton de l’usine d’automobiles GAZ (Gorky Avto Zavod).
À croire que le précédent gouvernement français a fait des émules jusqu’à Nijni Novgorod !

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“La baisse des charges est le chemin de l’augmentation des salaires”.
Apparemment ça n’a pas fonctionné chez Peugeot.

Vous allez croire que le Saluki est un anti-russe primaire, à défaut de primate. Que nenni, il y a des points où j’estime que nous sommes à la ramasse par rapport à la Russie/aux Russes actuels.

Vous avez sans doute, vous français, voire seulement Parisiens, entendu la grandissime nouvelle : il va y avoir, cette année, deux essais de Wi-Fi dans le métro parisien.
On l’a aussi dans les TGV Est et le Thalis.
OK, OK, à Moscou, c’est dans la plupart des …rames, et gratis. Et si tu l’oublies, un panneau te le rappelle.

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Tu vois aussi la rame devant et celle derrière.

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Idem dans les restaus, et…les musées.

Chez « Coffee-Bean », par exemple, le code de connexion, valable deux heures, figure sur le ticket de caisse.

Et puis, vous n’ignorez pas la désastreuse nouvelle, plus grave encore que les rayures de gamine : l’iPhone 5 n’est pas compatible avec la norme 4G en France. Oui, mais elle n’est toujours qu’à l’état de projet : SFR veut combiner deux connexions Edge à défaut de 4G natif. En Russie les opérateurs se battent à coup de pub’ pour dire “la mienne est la meilleure” (et installée).

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Face à la gare de Moscou qui mène à l’aéroport de Sheremetievo.

Justement dans cette gare, il y a un train direct pour l’aéroport, et Bingo !…dans les deux sens. Il y a des racks à bagages, bien entendu la WiFi, et pour qui a connu les bétaillères qui relient l’aéroport de Paris-la+belleKpitale-CDG à la Gare de Paris-Nord, le choc est rude.
D’autant qu’on y affiche les vols à venir dans telle ou telle aérogare, qu’un service ambulant de vente de boissons y circule, etc. Ce qu’on est simplement en droit d’attendre n’importe où.

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…Et pas le moindre arrêt en Zone Urbaine Sensible, comme chez nous. C’est vraiment d’une triste monotonie…

À propos de trains, il y a un train assez plan-plan dénommé l’« Albatros » qui relie Nijni Novgorod à Moscou. Le nom de cette ville a été “Gorki”durant l’ère soviétique, parce que Maxime Gorki y a vécu et qu’il a composé le « Chant de l’Albatros » dont je ne trouve pas de lien en français, mais un autre peut être plus intéressant, car relatant sa vie en France.
L’albatros, vecteur d’espoir de toucher terre pour les marins qui le voient, porteur de bonnes nouvelles sans doute, de promesses d’avenir meilleur, il suffit de le dire !

Bien entendu, maintenant que nos amis allemands ont construit un train à grande vitesse ICE, ils l’ont à point nommé…

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…”l’Aigle”, qui comme chacun le sait vole plus vite que l’albatros.

Venons-en au fait

Nous avons voulu visiter un segment de l’Anneau d’Or afin de relier certaines dates à 1812, mais aussi faire quelques excursions (au sens mathématique !) en dehors de ce cercle vertueux.

Nous sommes partis de Nijni Novgorod par la route et, auparavant, nous avons découvert, outre l’usine GAZ…, les particularités de cette ville.

Tout d’abord, c’est une cité bâtie à un confluent de l’Oka avec la Volga : c’est donc…imposant.

Que les amateurs de football se réjouissent la coupe d’Europe de 2018 se jouera ici. On va construire un immense stade…

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…sur l’espace encore vert, dans la presqu’île, derrière la grande église. L’Oka est devant nous, la Volga plus au fond.

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“Vue de l’Artiste”, comme on dit.

Sur la promenade, un pont enjambe une faille profonde, et les cadenas sont le symbole d’autant de mariages “indissolubles”, ou prétendus tels :

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la clef est ensuite jetée dans le vide. Quand on sait qu’aujourd’hui deux mariages sur trois ne tiennent pas cinq ans…

Ici, ce n’est pas 1812 qui se prépare, mais 1612 ! Une autre date importante dont Nijni fête le 400e anniversaire.
C’est la date anniversaire de la marche d’une milice, dirigée par un riche marchand, qui libéra Moscou de la tutelle polonaise et mit ainsi fin à ce qui fut nommé “la période des troubles”, en plaçant les Romanov sur le trône de Russie.
La parade aura lieu demain, mais nous serons repartis.

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Préparations devant une école de cadets.

Bien entendu, on prépare aussi, et simultanément un défilé/parade pour célébrer 1812. On connaît l’acharnement thérapeutique, moins l’acharnement patriotique, mais il semble laisser autant de séquelles prononcées.

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Je dénote un léger anachronisme dans l’armement…

Je suis certain que si les troupes de Koutozov avaient vraiment été équipées de ce fusil-mitrailleur DP28 Degtyarev, quelques hommes auraient suffi à défaire la Grande Armée.

Il existe une immense voie piétonne qui traverse la ville haute.

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Il y a même des nostalgiques, mais le rapprochement des trois vitrines peut se lire comme un symbole …de gauche à droite.

C’est ainsi qu’un peu plus loin on peut croiser le chemin de notre Ami Zit qui rentre du festival d’Habère-Poche avec son matériel pliable.

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Plus vrai que ça, c’est impossible, sauf les moustaches !

D’ailleurs, il a des concurrents qui préparent leur matos pour la parade du lendemain.

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avec télécommande

Tout au long de la voie, les boutiques ont sorti de vieux pianos, assez accordés pourtant, repeints à leurs couleurs, pour tenter le chaland. Les caches en plastique ne sont pas loin, il y a des giboulées dignes du mois de mars qui alternent avec un franc soleil.

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Vous avez de la chance : je n’ai pas mis le son !

La pratique du piano dévoile un sens musical appuyé.
Dès lors, on comprend facilement qu’ici, durant la Seconde Guerre mondiale, il y avait un facteur d’orgues. Gorki n’a jamais connu l’invasion nazie, trop à l’est de Moscou pour être réellement menacée.

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34000 furent construits ici.

Notre premier arrêt fut Bogolioubovo.

Vous avez vu, ci-dessus, le train qui y passe…vite. Andrei 1er, lui s’y est arrêté, a construit son palais et s’y est fait ensuite assassiner par ses boyards, comme souvent. Sur le lieu où il est sensé avoir trouvé l’ancienne icône de la Vierge, un monastère a été construit autour de l’Église de la Nativité de la Vierge. Les nonnes qui l’occupent sont “un peu” tradi-rigides, je vous en dirai un mot à propos des Vieux-Croyants.

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Une partie de cette église, la plus ancienne, que je vous ai illustrée ci-dessus, est inscrite au patrimoine de l’UNESCO.

Mais il est un vrai joyau, à quelques centaines de mètres après avoir traversé la voie ferrée (d’où le train…), qui a été construit après la mort au champ de bataille du fils d’Andrei : l’église de l’Intercession.

Lors du dégel, elle est complètement entourée par les eaux de la Liazma, la rivière locale. On nous a dit que le spectacle est surréaliste, vu du fameux train, en cette période.

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Le vrai gag est que les figurines des lions protecteurs se retrouvent tout autant au fronton de la cathédrale de Vladimir et… sont vendus sous forme de magnets. Géant sur un frigo !

Le second séjour a été Vladimir.

La Cathédrale de Saint Demetrius a été construite en quatre ans à partir de 1193 et c’est là que nous retrouvons, à foison…

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…nos magnets !

Elle est inscrite, elle aussi, et comme sa toute voisine, la cathédrale de l’Assomption au registre de l’UNESCO.
L’unité de compte semble être quatre ans : elle aussi a été construite en quatre ans de 1157 à 1160. Elle a brûlé et a été reconstruite encore en quatre ans à partir de 1185.

Son immense intérêt réside dans la présence d’une très rare fresque d’Andrei Roublev et une autre de Danyil Chorny.

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Ah oui, ça n’ouvre qu’à…17 heures.

Mieux, cette bâtisse a servi de modèle pour construire son homonyme au Kremlin de Moscou.

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À ce propos, si vous allez sur le lien Wikipedia ci-dessus, à propos de Roublev, vous trouvez à droite de la page l’”Icône de la Trinité”, du même auteur, datée de 1410. Elle est aujourd’hui exposée à la Galerie Tretiakov, à Moscou.
Et là, comme pour beaucoup d’autres œuvres, c’est à fendre le cœur :

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Oui, elle gît bien contre une fenêtre avec en prime un éclairage par spots halogène !

Gageons que nous sommes la dernière génération à en apprécier les couleurs, sauf…miracle ou restauration complète dans dix ans.

Donc à l’heure dite, ou presque, la porte s’ouvre et nous comprenons vite que c’est, en fait, pour les vêpres. Parce que, la fresque de Roublev…

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…elle est bien là, mais derrière l’échafaudage.

C’est un vrai gag : on entend la perceuse à percussion durant le service.

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Rassurez-vous, les ors luisants sont certainement dus au classement qui a apporté des fonds de préservation.

Pour nous consoler, une autre expo est annoncée, mais…

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…vous aurez deviné de quoi il retourne.

Ici, vous aurez remarqué que nombre de croix faîtières des églises locales ont cette forme, plus ou moins affirmée, les pointes étant souvent ornées d’étoiles. Ce ne sont pas des symboles triomphalistes d’un islam vaincu : en effet les premières seraient localisées en Lithuanie ou Estonie au début du VIIIe siècle.
732 c’est Poitiers, hein, pas Vilnius !

Les variantes d’explications sont presque aussi larges que la Volga… celle qui semble recueillir le plus de “faveurs” serait que le croissant symboliserait une coupe contenant le sang du Christ sur laquelle se fonde l’Église.
Le Saluki n’est pas exégète, mais se contente donc d’admirer le travail de ferronnerie.

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Elle était au faîte de la cathédrale St Demetrius précitée.

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Celle-ci, beaucoup plus “ciselée” est installée sur le monastère de Palekh. Pour ce qui est de la couleur de la toiture, je demeure perplexe.

Le Saluki est un animal fantasque : il a décidé de voyager léger en n’emportant que son Leica X2.
Oui, mais dans sa désorganisation récurrente, il emporte le chargeur…Canon.
D’accord, ils ont un air de famille, tous deux appartiennent à la race des cargatus complexibus qui ne sont différentiables qu’en cherchant bien la marque sur les étiquettes.

Quant à trouver une batterie de rechange du côté de Palekh, autant la fabriquer soi-même. C’est ainsi que j’ai pu constater que l’autonomie du X2, sans jamais flasher, est de l’ordre de 600 prises, suffisant pour la journée donc, mais qui ne tient pas la semaine.

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Ils ont quand même un air de cousinage affirmé.

Donc, bon nombre de ces images sont issues d’un bon iPhone 4S qui ne prend pas les photos face au soleil, hein, cher Doyen…et dont le câble d’alim’ ne me quitte guère en déplacement : il y en a un dans ma trousse de toilette en permanence.
J’avais gardé juste un peu de jus dans le X2 pour la Galerie Tetriakov.

On a fait des guerres pour moins que cela.
Les “Vieux Croyants” ont créé un schisme au XVIe siècle, en ce que l’Église a mal traduit ses “textes et procédures” par rapport à Constantinople et qu’ils entendaient y revenir.
La marque extérieure de différenciation se voit dans les vêtements, et tient aussi la manière de tenir les doigts en faisant le signe de croix.
La position des doigts révèle une lecture différente de la Trinité.

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À gauche les vieux croyants et la Dualité, à droite la marque de la Trinité.

Les Vieux-Croyants ont été persécutés au long des siècles et ce n’est qu’en 1905 que Nicolas II a aboli les discriminations. En fait, ils n’étaient pas les seuls : Stolypine, le premier ministre voulut aussi annuler les restrictions imposées aux juifs, mais la Douma (Chambre des députés), élue en 1905, s’y opposa. Cette Douma, dominée par des révolutionnaires fut dissoute, pour répondre aux milliers d’actes terroristes qui visaient autant des dignitaires que de simples policiers. Ce fameux Stolypine échappa à onze attentats et, en 1911, succomba au dernier, fomenté par…la police secrète ! Manque de chance pour lui, un bon nombre de réformateurs, à défaut d’être révolutionnaires, étaient Vieux-Croyants et ont donc eu meilleur accès à la parole dès leur élargissement !
Bien entendu, par la suite, les bolcheviques les ont matés comme les autres…

Au début du XXe Siècle, ils étaient nombreux, le long de la Volga, parmi les marchands. Mais pas seulement : la noblesse y était aussi sensible. Ici, à Gorodetz, voici la maison d’une certaine Comtesse Panina, bien restaurée, aujourd’hui musée de différentes choses, dont quelques centaines de fers à repasser, certains même français dont on nous a demandé de bien vouloir traduire les inscriptions (!) et marques de fabrique.

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Il y a aussi des garde-temps (suisses et français), des balances, etc.

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Jolie maison

On conserve de même les éléments de train de vie de la dame : des photos de son palais à St Petersbourg et de sa maison sur la Mer Noire. Mais il y a aussi sa garde-robe, de la cape en zibeline à la robe traditionnelle…

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… qui ressemble à quelque chose de vu dans nos cités.

1812… Tous les prétextes sont bons pour y « aller de la gueule » et les pâtissiers nous offrent leur version stratifiée de l’arme de destruction massive.

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1812 : C’est le nom du gâteau et c’est du lourd !

La fabrication des icônes est une technique particulière de peinture très ancienne, la tempera, appliquée sur du bois préalablement enduit de sel de calcium pour en assurer le support.

Quand la révolution commença sa politique de répression religieuse, le mobilier de la plupart des églises fut brûlé et l’”industrie bondieusière” périclita. Des villes entières qui s’étaient vouées à la reproduction, mais aussi à la production artistique originale, des icônes assurèrent leur reconversion qui dans la fabrication des petites – voire plus grandes – boîtes.
D’autres se tournaient vers la décoration de plats ou vases ou encore de poupées emboîtables. C’est une activité qui perdure avec, bien entendu, un retour vers la production d’icônes.

C’est pour tenter de trouver des boîtes originales que nous avons fait un détour par Palekh, haut lieu de ces arts et techniques.
Les musées locaux offrent peu d’intérêt.
Ici, les photos ne sont pas autorisées, et les gardiennes collaient aux semelles des rares visiteurs, et ce malheureusement, car celui qui comptait “se faire bien voir” en peignant une quasi-icône avec Engels, Marx, Lénine et Staline a selon sa fiche survécu deux ans seulement à sa peinture. Et je ne peux pas vous la faire déguster.

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L’iPhone permet quand même ce genre d’images, uniquement pour vous situer la qualité muséographique toute relative.

Mais on vend tout l’attirail pour l’artiste…

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…et toute une famille de boîtes préparées et une grande variété de brosses.

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La même chose pour les icônes.

Mais le plus surprenant, c’est bien le cinéma local.

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C’est presque un multiplexe, en tout cas, même un peu sinistré, il a de la gueule.

Les 11 et 12 septembre, un film très connu était annoncé, pour un prix très abordable quand on sait que 40 roubles valent un euro.

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Un an d’abonnement à cuk.ch pour le premier qui nous donne le nom français de ce chef d’œuvre.

Suzdal est une ville intéressante, il y a un musée du bois, de la construction en bois aussi, deux églises en attestent. Il y a aussi un remarquable couvent, dit de l’Intercession.
Le monastère Saint Euthyme, imposant, a été entièrement réhabilité en 2001-2004, et, à voir les travaux encore en cours, j’ai quelque interrogation sur ce qui est d’origine.

Dès les années trente, c’est devenu un centre pénitentiaire important, plutôt pour intellectuels, les écrits conservés dans le musée en attestent. Dès le début du conflit, c’est aussi devenu un camp de prisonniers et on en exhibe un :

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von Paulus, au centre en paletot, le défait de Stalingrad.

On y voit aussi une photo en compagnie du secrétaire du parti communiste allemand venu leur rendre visite pour essayer de les “retourner”.

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vous pouvez comparer avec la photo ci-dessus : ils ne se sont pas contentés d’un simple ravalement.

Si je parviens à le mettre sur DailyMotion,

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je vous ferai écouter un concert de cloches comme il y en a trois fois par jour.


Carillon du monastère de Suzdal

Caramba ! En insérant le lien pour les cloches, et comme une pauvre cloche moi-même, j’ai effacé toute la suite du texte déjà écrit et qui n’attendait que cet insert !
Et vous pensez bien que “pomme-Z” ne fonctionne pas une fois que vous avez enregistré pour visionner si tout va bien…

Conclusion, quoique…

Il y a encore tout plein de choses que je voudrais vous dire, notamment sur Moscou : je garde donc Moscou pour une humeur plénière.

Nous avons vu et vécu des épisodes généralement peu rapportés par les guides de voyage.
Qui vous parle des papys qui agitent des carrés blancs le long des voies à grande circulation? Ils ne cherchent pas à se rendre et sont fugaces : je ne suis pas parvenu à en photographier un. Ce sont des anciens qui survivent ou alors qui vivent TRÈS bien en revendant aux voyageurs de commerce, ou autres itinérants, de vraies ou fausses notes qui de restaurant, qui d’hôtel et même des amendes !!!

Rien que pour donner à TTE l’envie d’attendre un peu, ou encore à Zit de comparer avec les hôtesses du Salon de la Photo, je vous propose la charmante jeune femme qui annonce le concert dans la salle du Musée Scriabine.

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Elle a bien une tablette, c’est la mode, mais lit un papier !

Et puis, il y a les babouchkas qui vendent ce qu’elles produisent dans leur jardin, à côté ou qu’elles glanent.
Ces babouchkas portent quelquefois culotte.

La discussion porte sur le prix des pommes, légèrement voisin de 1 €. Madame Saluki fait aimablement remarquer que c’est presque le prix à Paris…

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… mais c’est le panier, pas le kg !

Et les champignons, abondants sont à 20 Rub (0,5 €) le seau.

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Celui qui peut expliquer à quoi il voit que j’ai photographié en HDR avec l’iPhone a droit à toute mon estime.

Je devais vous infliger une séance moscoutaire en guise de conclusion.
Et, comme dit plus haut, j’en ai quelque peu perdu le fil. Mais il y a mieux :

2012 – Les cosaques quittent Moscou !

Je viens de découvrir ceci :


Les cosaques marchent à nouveau vers Paris par euronews-fr

Et ils arrivent vendredi 19 octobre à Fontainebleau, ville où Napoléon a abdiqué en 1814. C’est donc dimanche 20 qu’il y aura la parade, je mets donc mon discours en veille jusqu’à cette date.

Dimanche 20 dès potron-minet, nous prenons la route vers le Grand-Parquet, le centre équestre de Fontainebleau, sur la route d’Orléans.

La performance des cavaliers cosaques est quand même hors du commun. Ils sont au nombre de 23, montés sur des pur-sang du Don, une race de chevaux en voie d’extinction aujourd’hui.
Le “rallye” de cette année a pour but, outre la célébration, de mettre en valeur les qualités de robustesse et d’endurance de cette race chevaline et tenter son regain.

Il y a 200 ans, l’ataman Matveï Platov, à la tête de 60 000 de ces chevaux/cosaques a traversé toute l’Europe, participé aux combats et est solennellement entré dans Paris avant de retourner dans les steppes du Don.
Aucune cavalerie au monde n’a réalisé un tel raid en si peu de temps.

(Pour le fun, je vous livre la biographie de Platov en traduction automatique de Google ).

Ils voulaient rééditer cela à travers la Russie, la Biélorussie, la Pologne, la Lituanie, l’Allemagne et la France. Et ils l’ont fait.

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Les voici donc, rue de la République ;°))

Après avoir fait le tour de la Place du Marché, ils retournent vers le Centre Équestre.
Nous avons raté, hier soir le concert du cœur des Cosaques du Kouban. Il faut dire que c’est une habitude. En 2008, c’était complet…

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Dans l’autre sens…

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Quel beau port de tête !

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L’écusson du régiment.

Comme partout, l’attrait du neuf attise la tenue du matériel d’enregistrement adéquat :

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Encore une fois, j’ai pu mettre en ligne (économie de bande passante pour cuk) une vidéo iPhone attrapée par Madame Saluki. Écoutons le bruit des sabots…


Cosaques à Fontainebleau par Madame Saluki

Le tout, sous l’œil des sponsors, dont Loukoil, les hydrocarbures bien connus, et Dostoïanie Rossii …

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…ou, en bon français : « Apanage de la Russie »

Il est une tradition qui se perd aussi, mais c’est de ce côté-ci.
Dans le temps, je mettais du gaffer sur les grosses pastilles rouges qui identifiaient ostensiblement à la vue tous mes Leica.
Voilà que le photographe officiel des cosaques fait de même avec…

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…son 6 D, même pas 1D X comme un iParatchick !

Même François ne va pas courir après pour le lui reprendre !

Merci de m’avoir lu ou parcouru jusqu’ici.

13 commentaires
1)
fxc
, le 21.11.2012 à 00:39
[modifier]

Merci du voyage.

Cosaques à Fontainebleau par Madame Saluki

les liens ne fonctionnent pas ou alors je suis encore plus nul dans l’utilisation du net.

PS je m’étais promis d’aller me coucher tôt, па поверхностное encore raté (;D je n’ai pas trouvé la traduction de caramba…

2)
ToTheEnd
, le 21.11.2012 à 01:47
[modifier]

On me prête des intentions… Tout est faux. Ceci dit, aurais tu son numéro?

Ceci dit, très chouette petit reportage…

3)
fxc
, le 21.11.2012 à 07:57
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Merci Msieur Saluki pour le son.

Y a pas à dire ces cosaques ils ont un don.

4)
Le Corbeau
, le 21.11.2012 à 08:36
[modifier]

Bon, avec :
– une prof de russe portant à l’époque des mini-jupes en daim frangé et hauts très échancrés,
– une assistante de russe comme on disait, un peu moins sophistiquée que la demoiselle présentée (car issue des kolkhozes)et dont l’orgueil consistait à nous expliquer que, chez eux, leurs champs étaient tellement grands, qu’il fallait un jour pour tracer un sillon,

tout ce que j’ai retenu, en 4 ans, c’est bonjour, je t’aime et au revoir. :-))

Et je n’ai pas envie de craquer chez un antiquaire.

Quand on épouse une descendante de Chevalier et de Baron, ce type de réflexion est tout à fait mesquin :-))

Dommage que les vidéos ne passent pas au boulot, mais je ne suis pas non plus payé pour aller sur Cuk….

6)
M.G.
, le 21.11.2012 à 09:59
[modifier]

Merci Saluki !

Grâce à toi, très bon début de journée devant mon écran. Et comme je ne suis pas au boulot, j’ai pu écouter le carillon ;-)

7)
Madame Poppins
, le 21.11.2012 à 11:06
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Côté lourdeur, le 1812 n’a rien à envier, je suppose, au gâteau aux noix des Grisons et à la Sachertorte :-)

Merci pour ton billet, j’ai apprécié, bonne journée,

8)
Argos
, le 21.11.2012 à 12:11
[modifier]

Très beau parcours à travers la Russie et des coins qui me furent autrefois bien familiers, même si Gorki était à l’époque interdit aux étrangers. J’aime bien cette approche qui consiste à opposer le passé soviétique toujours présent avec une volonté d’être à la pointe de la nouveauté. Le rapport des Russes avec la voiture mérite un chapitre, les plaques d’immatriculation comportant 007 sont toujours prisées et le grand échec de Poutine est d’avoir été incapable de redonner vie aux industries automobiles et aéronautiques.

9)
Saluki
, le 21.11.2012 à 16:03
[modifier]

M’sieur TTE, attends la suite…

Le Corbeau : croâs-tu ?

Ysengrain : ni moi ni Madame Saluki non plus. Qu’en pense sa prof de russe qui a du nous lire à cette heure ?

M.G. : j’ai été aussi surpris que toi, ce matin, mais plus tôt, en allant me coucher.

Ma’ame Poppins : j’avais eu quelques lourdeurs de gâteau, chez Dremel à Vienne ou l’année précédente à Budapest chez Gerbeaud, mais point à ce niveau de mortier.

Argos : c’est vrai pour l’automobile chez GAZ on y assemble aujourd’hui des VW…

11)
Anne Cuneo
, le 21.11.2012 à 20:52
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Merci beaucoup Saluki, tout ça m’a rappelé mon voyage en Russie pré-iPhone. Et l’arrière-grand-père du grand.père m’a rappelé l’histoire que me racontait la très vieille demoiselle qui s’est occupée de moi lorsque j’étais enfant. Elle avait près de 90 ans en 1960, et son arrière grand-père avait fait Borodino en 1812, à l’âge de 14 ans, puis Waterloo, car il avait réussi à survivre… en se cachant chez l’habitant, puis en rentrant par ses propres moyens. Je ne me souviens plus des détails. Il avait ensuite été estafette à Waterloo, avait été laissé pour mort et avait encore une fois réussi à s’en tirer. Après quoi, il avait vécu jusqu’à 70 ans passés. Ce qui m’émouvait, lorsque j’étais enfant, c’était qu’on me raconte une «histoire vraie» qui avait 150 ans et qu’on s’était passée entre être vivants, et je me disais à l’époque que si je vivais jusqu’en 2012 (mais je n’y croyais pas), j’aurais moi aussi pu la transmettre oralement. Dans mon esprit, cela la faisait paraître plus «fraîche», parce qu’elle contenait des détails qu’on ne trouvait dans aucun livre.

12)
Argos
, le 22.11.2012 à 11:14
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Saluki, à lire Dremel au lieu de Demel, mais ancêtres viennois vont encore se retourner dans leur tombe.Da Demel hot ja schon den gueten Franz-Josef und die Elisabeth serviert.