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La classe moyenne existe-t-elle en France ?

La difficulté de la définition

« La classe sociale dite « Classe moyenne » rassemble un ensemble de populations hétérogènes, situées au-dessus des classes pauvres et en-dessous des classes aisées. La question de sa définition exacte reste délicate et explique que l’on parle aussi « des » « classes moyennes ». Les critères majeurs de définition étant le niveau de vie et l’appartenance ressentie à un statut social, il est patent que la notion varie suivant les pays et dans le temps. » Source : Wikipedia

Avez-vous compris ce qu’était la classe moyenne? Si non, vous avez compris tout le problème et l’arnaque actuelle des discours des politiciens qui en s’adressant à la classe moyenne s’adressent à tout le monde mais aussi à personne!

Si l’on ne peut pas la définir par ce qu’elle est, on peut peut-être la définir par ce qu’elle n’est pas!

Si les très pauvres sont ceux qui ne peuvent pas manger à leur faim et les très riches ceux qui peuvent acheter tout ce qu’ils veulent et ne manquent de rien, la classe moyenne devrait donc se situer au milieu, à savoir des gens qui manquent de choses non essentielles, qui ne peuvent pas acheter ce qu’ils veulent mais qui peuvent se nourrir, se loger et vivre convenablement.

Or comme nous le verrons plus loin, ces conditions de vie moyennes sont loin d’être évidentes, ce qui pousse à s’interroger sur la pyramide des richesses de la population et si, en France, la classe moyenne n’a pas disparut au profit d’une majorité de pauvres et de très pauvres?

Les chiffres de l’INSEE

Alors, tout d’abord, petit préambule, les chiffres on leur fait dire ce que l’on veut et il faut se méfier énormément des statistiques. Je vous invite donc à lire l’étude complète et d’appréhender les définitions de revenus, foyer… pour comprendre la signification des chiffres.

Dans toute statistique, l’inexactitude du nombre est compensée par la précision des décimales – Georges Elgozy

Néanmoins, à moins de croire au complot des chinois du FBI, l’INSEE reste une source chiffrée incontournable pour appréhender la réalité des revenus des Français.

Et ces chiffres sont étonnants!

Pour les chiffres datant de 2009, on a d’abord 10% des foyers qui vivent avec moins de 10,5 kEur net par an! Et 10% des foyers qui gagnent plus de 35,5kEur net par an.

Par revenu net, l’Insee considère les revenus net comme étant composés des revenus d’activité, les revenus du patrimoine, les transferts en provenance d’autres ménages et les prestations sociales (y compris les pensions de retraite et les indemnités de chômage), nets des impôts directs. Donc, on est très proche du salaire sur sa fiche de paie auquel on soustrait le prélèvement mensuel de ses impôts, si l’on n’a pas de revenus annexes.

Donc si on est seul et qu’on gagne plus de 35,5kEur net, on est dans les 10% des foyers les plus riches de France! Soit un revenu représentant seulement plus de 3.000 Eur net par mois.

Le conjoint compte pour une-demi part, de même pour les enfants au-dessus de 14 ans. Donc un foyer composé de 2 parents et 2 enfants avec seulement 1 adulte qui travaille signifie que le salaire de l’adulte doit être au minimum de 35,5×2,5 = 89kEur net par an pour être dans les 10%.

Toujours sur les chiffres de 2009, on peut apprécier la fameuse “classe moyenne” mathématique :

Concernant la médiane, elle est de 19kEur net par an par individu par foyer. Soit 1580 Eur net de revenu par mois.

Concernant la moyenne, elle est de 22kEur net par an par individu par foyer. Soit 1842 Eur net de revenu par mois.

Avec plus de 1600Eur net par mois, on est dans les 50% de la population les mieux payés.

Si l’on est un couple avec deux enfants et que le conjoint ne travaille pas, il faut 3950 Eur net par mois de revenu pour être dans les 50% les mieux payés.

Après si l’on veut les revenus par individu sans considération du foyer fiscal ou si l’on veut des découpages du type les 1% les plus riches, les 5% les plus riches… Il faut lire l’étude de l’Insee

Donc, si l’on a plus de 85 kEur net de revenu par an, soit plus de 7.000 Eur net par mois, on est dans les 1% les plus riches de la population!

Si l’on est deux adultes et deux enfants et qu’un seul adulte travaille, il faut 15.000 Eur net par mois pour être dans les 1% les plus riches.

Grâce à l’illustration très bien faite en milieu d’article, on retrouve le critère 5% grâce à la médiane sur les hauts revenus. Ainsi, si l’on est célibataire et que l’on gagne plus de 45 kEur net annuel par an, on est dans les 5% les plus riches des Français!

L’Observatoire des inégalités résume bien les chiffres de l’INSEE en les mettant en forme graphique.

image

Source : L’Observatoire des inégalités

Un autre graphique très instructif est la mise en perspective de la “classe moyenne” en fonction de sa situation familiale (seul, avec enfants…) et sur un choix de découpage où la classe moyenne se situent entre les 30 % les plus démunis et les 20 % les mieux rémunérés.

image

Source : Observatoire des inégalités : Qui sont donc les classes moyennes ?

La perception d’appartenance à la classe moyenne

Philippe Bouvard déclarait dans une tribune du Figaro Magazine en mars 2012 : « Je me situe sans honte mais sans fierté excessive dans cette classe moyenne qu’on souhaite faire disparaitre en nivelant notre société par le bas ».

Reste à déterminer ce qu’entend M. Bouvard par « classe moyenne », si l’on considère qu’il a une retraite supérieure à 31.000 euros mensuels d’après le magazine Capital et qu’il est probablement dans les célébrités radio/télé qui ont été les mieux rémunérées de sa génération.

Côté politique, Rachida Dati le 11 juin 2012 sur France Info déclarait : « Il faut dire aux Français que tout ce qui a été annoncé par le parti socialiste se terminera par une augmentation forte des impôts, et pas uniquement sur les riches, parce que pour eux, les riches c’est 3000 ou 4000 Euros, donc ça veut dire toute la classe moyenne Française » Source : France Info

Indépendamment de son propos vis à vis du parti socialiste, déjà, félicitons Mme Dati de mettre un chiffre sur les classes moyennes, vu que généralement personne n’ose se mouiller ! Si elle parle d’une famille avec ou sans enfant, alors, oui, elle a tout à fait raison, 3000~4000Eur net correspond à la « classe moyenne » statistique, du moins à la partie médiane de la population mais que comprends l’auditeur ? Il va généralement comprendre 4.000 Eur de revenu tout seul sans enfants et sans conjoint, soit la catégorie des 10% les plus aisés !

De la même façon, François Hollande, Président actuel de la France, avait déclaré en 2007 que les riches étaient ceux qui gagnaient plus de 4.000 Euros par mois, ce qui statistiquement est vrai pour les personnes seules et les couples sans enfant mais faux pour les familles avec enfant!

A cela s’ajoute le problème de la perception sociale de la richesse. Il est fort probable que si vos revenus sont de 10.000 Eur mensuels alors vos amis et votre entourage seront probablement dans la même tranche de revenus car, qu’on le veuille ou non, vos revenus conditionneront vos relations sociales (vos collègues de bureau qui auront les mêmes revenus, vos voisins dont le lieu de résidence sera conditionné par leurs revenus, vos sorties qui devront être compatibles avec les moyens financiers de vos amis…). Dès lors, on aura tendance à considérer sa situation comme normale et majoritaire puisque tout son entourage et ses relations seront dans une situation similaire.

De la même façon, on comprendra que l’on est toujours le riche (ou le pauvre) d’un autre. Je suis convaincu que Monsieur Bouvard se pense honnêtement appartenir à la classe moyenne quand ils voient ses amis s’acheter des bateaux, des villas plus grandes que la sienne et dépenser des sommes au poker plus indécentes que les siennes.

De la même façon, le cadre célibataire qui gagne 5.000 Eur net d’impôts par mois aura tendance à se considérer dans la classe moyenne vu qu’il ne pourra même pas envisager l’achat d’un 2 pièces à Paris en s’endettant sur 20 ans et en ayant un apport de 50kEur! Effet d’autant plus pervers qu’il fréquentera ses amis riches qui ont un 3 pièces à Paris et qui partent en vacances à l’autre bout du monde!

Pouvoir d’achat moyen pour classes moyennes?

Si l’on a une réponse statistique sur la définition des revenus des classes moyennes, force est de constater que l’on n’a pas de réponse sociale puisque le bon sens voudrait que les classes moyennes aient un pouvoir d’achat raisonnable à même de subvenir à des besoins de base : logement, vacances, voiture…

Or, prenons le stéréotype statistique d’une classe moyenne Française : le couple de 2 enfants avec un revenu net total de 4.500 Euros, soit la tranche haute.

Cette famille aura besoin d’un minimum de 70m2 pour se loger décemment. A Paris, le prix moyen actuel est de 560kEur hors frais de notaire et coûts cachés (soit 8.000 Euros environ le m2) pour un appartement.

Avec un apport conséquent de 20% (112kEur), une capacité de remboursement mensuelle de 1/3 soit 1.500 Eur et un endettement de 20 ans, cette famille ne pourra pas acheter plus de 50m2!

En étant plus raisonnable, la famille va s’éloigner de son lieu de travail et se loger en banlieue parisienne où le prix moyen est proche de 3.500 Euros le mètre carré pour un appartement, soit 245kEur pour 70m2. Si l’on compte les frais pour un achat global à 270kEur et un apport plus réaliste de 50kEur, la famille pourra accéder à la propriété en s’endettant sur 20 ans.

Sachant que l’apport de 50kEur est loin d’être négligeable et que l’espace de 70m2 est loin d’être idéal quant on est quatre en appartement!

Si l’on parle location, ce ne sera pas non plus la fête avec 1.000 Euros de loyer mensuel à prévoir pour 70m2 en banlieue et proche des 1.500 Euros pour Paris.

Certes, Paris et sa région représentent une tension très forte en terme de logement, mais cela représente quasiment 20% de la population Française et le tarif de l’immobilier en banlieue parisienne est assez proche du tarif pratiqué dans les villes de France qui concentrent les activités économiques.

Rien qu’à travers le logement, on comprend que cette famille de classe moyenne ne peut pas se loger dans de bonnes conditions et accèdera difficilement à la propriété. Si vous ajoutez les coûts pour le transport, les vacances, la nourriture… on comprendra que cette famille aura du mal à se considérer dans la catégorie aisée des classes moyennes (qui démarre, pour rappel, à 3.000 Eur de revenus net pour une famille avec 2 enfants).

Rien d’étonnant alors de constater que plus de 75% des Français considèrent qu’il est difficile de se loger d’autant que le logement est un droit

Conclusion

Et vous, êtes-vous riche au sens statistique?
Car personnellement, en France, je suis toujours amusé de voir les personnes qui sont dans la tranche des 10% les plus aisés se considérer largement dans la moyenne des revenus et être surpris d’apprendre qu’ils sont dans les plus riches oubliant ainsi qu’au royaume des aveugles, les borgnes sont rois!

Pour la Suisse, avez-vous les chiffres et les informations sur les revenus pour comparer la répartition avec la France?
N’hésitez pas à réagir en commentaire

Enfin, pour vous, que signifie la classe moyenne ? Que signifie être riche ?
Bonnes réflexions en cette période estivale et bonnes vacances aux riches qui peuvent s’en payer ;)

28 commentaires
1)
Philob
, le 05.07.2012 à 08:00
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Incontestablement, je suis riche, car je n’ai pas besoin de faire un budget, la vie est belle …… depuis 1 année et j’ai 55 ans, car avant, divorcé avec 3 enfants malgré un salaire très correct, j’en ai bavé, je devais vraiment compter, je n’osais même pas aller chez le dentiste de peur qu’il trouve quelque chose à ce mettre sous ces dents à lui en perforant les miennes; j’ai même dû emprunter à mes parents une avance pour une réparation de voiture (alors que j’ai un salaire plus haut que n’a jamais eu mon père).

Donc si on prend mon salaire, j’étais dans le panier supérieur de la classe moyenne (je suppose, les chiffres ne m’intéressant peu), mais si, après déduction de toutes les allocations et autres pensions, on prenait en compte l’argent qu’il me restait vraiment, je devais toujours être dans la classe moyenne, mais dans le panier du bas, celui où l’on compte Monsieur.

Car, en Suisse, si vous êtes divorcé, vous êtes obligé de payer des allocations à vos enfants jusqu’à ce qu’ils atteignent 25 ans (je ne conteste absolument pas cette obligation), mais par contre dès qu’ils ont 18 ans, vous n’avez plus le droit de déduire ces mêmes pensions aux impôts, donc je payais des impôts pour la moitié de mon salaire que je ne touchais même pas.

Je me suis renseigné, il n’y a aucun moyen de changer ou d’adapter cela, c’est dans la loi, même si “tout le monde” trouvait ça injuste. “Mais voyez-vous, si vous pouvez déduire cette somme de vos impôts, et que vos enfants qui sont en âge de payer des impôts, mais sans revenu, car encore aux études, l’État ne pourrait rien prendre !”

Même en mangeant toujours à ma faim, j’avais vraiment l’impression d’une très grande injustice; je suis de gauche, je suis pour les impôts, j’approuve ce qui se passe en France, et, maintenant, les impôts que je paye ne me font pas mal (sauf quand je vois passer au-dessus de ma tête des avions militaires, mais c’est un autre problème…), car la qualité de la vie en Suisse est vraiment excellente et tout ça a un coût.

Pour plus de justice, je suis à 200% pour que l’on taxe les transactions financières (taxe Tobin) et pas une taxinette, une vraie bonne taxe. Je suis également pour un système avec un revenu maximum défini à 10 fois le revenu minimum de la même boîte (ça obligerait ceux qui veulent des salaires indécents d’augmenter les salaires les plus bas), je ne suis pas pour un salaire unique, mais pour une fourchette des revenus contrôlée. Autre proposition, si à la fin de l’année une boîte peut distribuer des «bonus» , elle prend le total et le divise par le nombre d’employés, ça serait bien plus juste et à la longue ça permettrait aussi de niveler les différences, car pour celui qui gagne 3000.- par mois de recevoir 1000.- à la fin de l’année, ça n’a pas la même signification que pour celui qui gagne 30 000.- par mois; je ne crois pas que celui qui gagne 30 000.- à plus de mérite, à plus de droits, c’est une légende entretenue par justement ceux qui ont des gros salaires et aussi par ceux qui rêvent un jour d’avoir eux aussi un gros salaire, ce sont ces rêveurs qui font pencher les votations dans le mauvais sens.

Il n’est pas philosophiquement acceptable que certaines personnes puissent gagner en une année ce que d’autres n’arrivent même pas à gagner durant toute leur vie (je parle de personnes vivant dans le même pays).

Bon, voilà mon coup de gueule du matin (absolument pas étayé par des chiffres, car je n’aime pas ça, les chiffres), ça fait du bien.

Je le redis, je fais partie des nantis, pas par héritage, mais, car je travaille à 100% depuis mes 16 ans et je n’ai jamais fait de «folie» financière (à part m’acheter un iMac et un Canon).

2)
Roger Baudet
, le 05.07.2012 à 08:08
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Il est extrêmement difficile de comparer un salaire suisse à un salaire français, car le jeu des allocations et déductions est complètement différent. Le pouvoir d’achat moyen suisse et sensiblement supérieur au français, mais d’après ce que je peux en déduire, c’est qu’il correspond au fait que le Suisse moyen travaille passablement plus que le Français moyen. En tout cas, merci pour cette enquête très fouillée.

3)
ysengrain
, le 05.07.2012 à 08:12
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Annonce d’hier matin sur France Info: En France 8 millions de pauvres, c’est à dire vivant avec moins de 965 € par mois

Seconde remarque: depuis 18 mois à 2 ans, de plus en plus fréquemment, de 1 à 2 fois par quinzaine: “Docteur, vous pouvez me donner la feuille de maladie, je vous paierai quand je serai remboursé. Ces patients, ne PEUVENT pas avancer V-I-N-G-T- T-R-O-I-S EUROS POUR UN DROIT ÉLÉMENTAIRE: se soigner.

Désolant, décourageant, navrant, attristant, scandaleux et indigne.

5)
Modane
, le 05.07.2012 à 08:25
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Le pouvoir d’achat moyen suisse et sensiblement supérieur au français, mais d’après ce que je peux en déduire, c’est qu’il correspond au fait que le Suisse moyen travaille passablement plus que le Français moyen.

Peux-tu argumenter?

6)
ToTheEnd
, le 05.07.2012 à 08:40
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Bien entendu que la Suisse a également ce genre de statistique. L’équivalent de l’INSEE c’est l’OFS et ils ont aussi réalisé un joli tableau (salaires en CHF):

Philob semble avoir beaucoup d’idées et surtout de faits même s’il n’aime pas les chiffres… ce qui donne un discours immensément réaliste dénoué de fondement et nivellerait tout par le bas.

Contrairement à Roger et pour avoir travailler 2 ans en France, il est très facile de comparer les revenus des suisses et des français. Ceci dit, pas besoin de beaucoup d’études ou statistiques pour constater que le niveau de vie suisse est bien supérieur à celui des français… et contrairement à ce qui est dit, je ne suis pas convaincu que c’est à cause de “passablement” de travail en plus.

7)
Philob
, le 05.07.2012 à 08:47
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Je me souvenais d’une vieille étude (2009), combien de minutes de travail pour payer :

dans l’ordre, un Big Mac, 1kg de pain, 1kg de riz

Paris : 20mn, 22mn, 20mn Genève : 17mn, 13mn, 10mn

mais il y avait aussi :

Paris 1594 heures de travail par année et 28 jours de congés

Genève 1830 heures de travail par année et 23 jours de congés

8)
Philob
, le 05.07.2012 à 08:59
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Oui, je suis totalement pour un nivellement par le bas …. pour les salaires, mais je reste persuadé que ça serait un nivellement par le haut pour l’ensemble de l’humanité, car il n’y a vraiment pas que l’argent comme échelle de valeurs pour mesurer la grandeur des êtres humains.

9)
ToTheEnd
, le 05.07.2012 à 09:17
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Pour l’humanité? Discours de riches pour les riches oui… purement occidental ou pour les pays dits industrialisés. Mesurer le succès ou réussite de quelqu’un n’est pas qu’une affaire d’argent mais ça permet d’avoir un étalon à l’échelle planétaire. L’argent est un moyen, pas une fin en soi.

10)
Roger Baudet
, le 05.07.2012 à 09:19
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Oui, ToTheEnd, le niveau suisse est plus élevé en moyenne, mais comme l’explique Philob, le temps de travail est plus long. En tant qu’artiste, j’ai pas mal travaillé en France. Les cachets sont similaires dans les deux pays. Mais en Suisse, je ne touche aucune allocation et n’ai pas droit au chômage (je suis indépendant). C’est pour cela que je dis que ce n’est pas si simple. En fonction des professions et des allocations, le Suisse sort souvent gagnante, mais pas toujours.

11)
Saluki
, le 05.07.2012 à 09:36
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se soigner

Un ami médecin du centre de la France rurale me rapportait le retour de pratiques anciennes : le médecin en visite à domicile se voit proposer deux poulets en paiement de sa visite…

12)
Matkinson
, le 05.07.2012 à 09:53
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OK avec Roger, tout en soulignant un point: les niveaux d’honoraires pratiqués par les professions indépendantes en Suisse, totalement incomparables avec la France (ou alors j’ai rien compris).

La consultation standard en France: 23 euros (toujours moins cher que de se faire faire un brushing en passant…), en Suisse, entre 120 et 150 balles suivant les médecins, avec une franchise plus ou moins importante suivant les assureurs et les polices d’assurance. Détartrage: 140 balles. En France? dans les 20 euros si mes souvenirs sont bons.

Passons également sur les honoraires perçus par les logopédistes (orthophonistes). Certes ces professions libérales n’ont pas l’obligation de souscrire à un deuxième pilier et doivent donc compter en conséquence, mais au bout du compte, la différence est toujours flagrante.

Pour ce qui est de la situation des salariés, même si certes en Suisse les quantités de travail sont plus importantes qu’en France (en termes d’heures de travail hein), il n’en reste pas moins que les salaires sont quand même plus élevés à la base. Cela dit j’en viens considérer les salaires pratiqués en Suisse comme “normaux”, quand je compare à ceux pratiqués en France, qui sont une insulte aux salariés. Allez vous trouver un logement et vous soigner quand vous ne touchez que le smic… :-/

13)
Jean-Daniel
, le 05.07.2012 à 10:18
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Peux-tu argumenter

Je ne sais pas si c’est ce qu’il voulait dire, mais le temps de travaille en Suisse avoisine plutôt les 42h que les 35h par semaine. Donc je suis d’accord pour dire que le Suisse moyen travaille plus que le Français moyen.

Et quand je compare le salaire (charges, impôts et cotisations déduites) des frontaliers dans l’arc Jurassien par rapport à mon salaire Parisien (et je n’ai vraiment pas à m’en plaindre), je me dis que tôt ou tard, je vais finir par retourner travailler dans le pays horloger.

14)
ToTheEnd
, le 05.07.2012 à 11:05
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je vais finir par retourner travailler dans le pays horloger

Tout en gardant à l’esprit que l’horlogerie est en pleine euphorie et qu’elle est clairement rentrée dans un cycle de surévaluation… une correction est attendue dans un futur proche.

15)
ysengrain
, le 05.07.2012 à 11:29
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Tout en gardant à l’esprit que l’horlogerie est en pleine euphorie et qu’elle est clairement rentrée dans un cycle de surévaluation… une correction est attendue dans un futur proche.

et sachant que les montres dont il s’agit, ne donnent pas, au prix où elles sont vendues, l’heure, elles la vendent !!!

17)
Tom25
, le 05.07.2012 à 12:52
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Merci Guillôme pour ton étude. Tu abordes un sujet délicat, mais avec des chiffres.

J’aurais plutôt tendance à avoir un discours comme Philob. Toutefois, comme beaucoup, je suis un peu désespéré de voir les mêmes personnes qui se plaignent à longueur d’année passer une grande partie de leur budget dans des places au stade de foot, et/ou dans des abonnements hors de prix de chaînes diffusants du sport.

18)
Blues
, le 05.07.2012 à 12:59
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Apparemment en comparant avec les autres pays Européens, la France n’est pas le pire des pays.

Voir les cas Espagne-Grèce-Italie-Portugal pour des pays de même niveau

J’ai régulièrement des nouvelles de la Grèce par ma famille c’est pas triste non plus

En Italie, Fiat sont en train de se poser la question s’ils ne vont pas fermer des usines … ça ne sent pas bon du tout

19)
François Cuneo
, le 05.07.2012 à 18:44
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Tout en gardant à l’esprit que l’horlogerie est en pleine euphorie et qu’elle est clairement rentrée dans un cycle de surévaluation… une correction est attendue dans un futur proche.

Il me semble que j’ai dit un truc un peu pareil il y a très peu de temps, et que tu m’es rentré dedans en disant que je n’avais rien compris!:-)

20)
François Cuneo
, le 05.07.2012 à 18:48
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Philob, pour ton histoire de pension alimentaire (avec ou sans S), permets à un connaisseur (j’ai divorcé deux fois) de te dire qu’il y a un moyen de récupérer un peu d’impôts ou d’en dépenser moins dès l’âge de 18 ans.

Si ta femme (ton ex) est d’accord, vous pouvez écrire une lettre où elle peut dire qu’elle est d’accord de partager le quotient familial par enfant.

Cela dit, l’état n’est pas gagnant dans cette histoire: avant 18 ans, c’est la mère qui déclare la pension comme revenu, toi tu peux la déclarer comme charge. Je ne veux pas la défendre, de dzou si ça me fait chichi aussi d’une certaine manière maintenant de l’admettre, mais jusqu’à 18 ans, ton ex devait déclarer cette somme alors qu’elle ne la touchait pas vraiment non plus puisque c’était pour éduquer et nourrir tes enfants.

Dès 18 ans, les choses s’inversent (va savoir pourquoi!): tu déclares cet argent aux impôts, et ton ex ne les déclare plus comme revenus.

En aucun cas, l’état ne prend l’argent deux fois.

21)
ToTheEnd
, le 06.07.2012 à 00:21
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Mais non FC, Je sais que la fibre journalistique est inée dans la famille, mais ça serait gentil de ne pas déformer mes propos.

Je te suis rentré dedans parce que tu étais tout frustré que le verre collé d’une montre n’avait pas tenu et que de fil en aiguille, quand cette boite fermerait, ben ça serait bien fait. Ce raccourci me semblait pathétique.

Maintenant, le fait que le secteur soit totalement surévalué, c’est autre chose et quand la crise horlogère frappera à nouveau, il y aura une sélection naturelle et les mauvais passeront un sale moment (tout comme leurs employés).

22)
Smop
, le 06.07.2012 à 03:05
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Merci Guillôme pour cet intéressant article.

J’aime bien les données concrètes et comme les anglo-saxons, je n’ai aucune gêne à mettre des chiffres en face. Après de longues années de travail en profession libérale ou assimilée, je suis aujourd’hui salarié (en France). Hors “extras”, je gagne environ 50 K€ net par an (66 K€ bruts), desquels je reverse 18% en impôts directs (célibataire sans enfants). Il me reste donc un peu plus de 3400 € par mois pour vivre. Si je déduis les frais liés à mon logement, c’est à dire le loyer (Paris intra-muros), l’électricité et l’assurance, je dois couvrir toutes mes autres dépenses mensuelles avec 1800 €. Au moins la moitié de cette somme est consacrée à ma voiture et à ma moto (carburant, entretien, assurances). Bref, au bout du compte, il ne reste rien ! En huit ans, tenant compte de la diminution de revenus et de l’augmentation du coût du quotidien, j’ai divisé à peu près par deux mon train de vie. Si statistiquement, je fais partie des 10% des français les plus “riches”, je n’ai vraiment pas l’impression de l’être ! Je ne me plains pas, car mes choix de vie – entre autres ceux de ne pas avoir d’enfants et de fuir l’endettement bancaire – m’ont permis une liberté dont j’ai largement profité, mais je ne m’estime pas “riche” pour autant.

A la fin des années 80, je m’étais amusé à calculer ce que j’appelle le “seuil de confort”, c’est à dire celui où, à environnement social équivalent et pour les dépenses courantes, le prix des choses n’est pas le principal facteur de choix. A l’époque, je l’avais estimé pour moi à 1800-2300 € (12-15000 francs français). J’ai fait le même calcul l’année dernière et j’en suis arrivé à 6000 € environ, soit … trois fois plus. Certes, on est sensiblement plus exigeant à près de 47 ans qu’à 25, mais pas à ce point-là !

Dans la mesure où il est plutôt rare de changer au cours de sa vie de milieu socio-culturel, les définitions de “classe moyenne” et de la “richesse” me semblent subjectives. A l’exception des plus jeunes et des très fortunés, la majorité de mon cercle d’amis ont des revenus annuels nets, avant impôts, de l’ordre de 60 à 150 K€, donc aujourd’hui je suis – relativement toujours – “pauvre”.

23)
Hervé
, le 06.07.2012 à 10:33
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Malheusement, Blues, tes données pour la Grèce sont dépassées (2011). Le salaire minimum maintenant est de 545 € !!!! J’en reviens et je peux te dire que la situation n’est pas drôle, sauf si tu es armateur, pope ou avocat.

24)
Blues
, le 06.07.2012 à 11:56
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OUI, je le sais que la situation est grave, j’y étais il y a quelques semaines et y retourne la semaine prochaine. Le but de la carte produite (même si elle date) était juste de montrer un comparatif entre les pays de la CE. A propos de la Grèce, j’ai comparé plusieurs produits de base que l’on retrouve en France, et bizarrement en Grèce tout est un poil plus cher, alors que les salaires sont bien plus bas… hum va savoir pourquoi ?

Moralité : les classes moyennes n’existeront bientôt plus: d’un côté les riches et de l’autre les pauvres, et à mon avis même notre ch’tit pays va aussi y passer (même si ça mettra du temps). Sans vouloir être alarmiste il me semble que l’on va tous “dans le mur”.

25)
Guillôme
, le 06.07.2012 à 12:08
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Merci à tous pour vos commentaires :)

Concernant l’OFS pour la Suisse, je vais regarder ça et au cas où, le lien web est OFS

26)
zit
, le 07.07.2012 à 08:22
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Merci pour tout ce travail ! Effectivement, il semble que la classe moyenne n’existe plus, mais a–t–elle jamais vraiment existé, n’est–elle pas qu’un mythe de plus ?

En tout cas, si je suis loin d’être riche (selon les critères de l’article, comme selon mon impression), n’ayant aucun autre mode de transport personnel que mes rossinantes à propulsion animales, j’ai l’impression de pouvoir me payer quelques petits caprices. Comme évoqué plus haut par Smop, le budget pollution est quand même un gouffre abyssal (ça fait profond, ça, « gouffre abyssal » !), je préfère claquer mon pognon dans le budget culture (disques, livres), et sans mégoter sur le miam–miam non plus…

z (riche de ce qui se passe entre ses deux zoreilles, je répêêêêêêêêêêêête : le vide !)

27)
pat3
, le 07.07.2012 à 15:10
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Merci Guillôme, grâce à toi je sais que je suis dans la fourchette basse de la classe moyenne statistique (c’est ma faute, hein, j’avais qu’à pas faire trois enfants et à me marier à quelqu’un de mon milieu professionnel – sauf qu’on s’est choisi bien avant d’avoir un “milieu professionnel”). Je me disais aussi: à 3700/3800€ par mois pour 4+1 (je compte le grand, toujours à charge mais hors foyer), ben les fins de mois sont toujours ricrac, l’électroménager à changer toujours une galère, et le mac devient tout simplement inaccessible (heureusement, de temps en temps, je profite de la manne boulot). Je ne parle pas des vacances (pas la peine de rêver à des contrées lointaines, ça reste la France et en famille/chez des potes/chez nous – on rend les invitations -, au-delà c’est trop cher), et de la bagnole (on doit faire une réparation qui va nous coûter facilement 700 euros).

Mais en voyant les données mises en avant par ton article, je comprends mieux pourquoi on trouve ça lourd… Et pourtant, quand nous étions jeunes, nous vivions avec mon unique salaire de pion (5800FF) et mes extras d’animateur. La belle vie, pour moins que le salaire actuel de ma femme, à deux, puis trois, puis quatre, alors qu’aujourd’hui la somme ne nous permettrait même pas de vivre à deux…

Mais l’euro est passé par là, et avec lui l’inflation des dépenses: chaque comparaison nous montre à quel point cette monnaie est une entourloupe pour les besoins quotidiens des ressortissants. La plupart des prix on pris une claque, il n’est pas rare de constater pour un article que son prix en franc s’est transformé en son prix en euros (le restau, par exemple: entrée plat dessert à midi coûtait 30FF, 50 si on buvait, au-delà on avait des goûts de luxe, aujourd’hui c’est 15€ l’entrée/plat ou le plat/dessert, soit 100FF).

Bref, m’étonne pas vraiment que la classe moyenne statistique soit si basse, et qu’on évite soigneusement d’en parler en politique, mais merci encore de me l’avoir mis sous les yeux.

28)
Pierre.G.
, le 10.07.2012 à 02:05
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S’il y a bien un point sur lequel je suis d’accord avec l’article de Guillôme, c’est son sous-titre :

La difficulté de la définition

Pour avoir donné un peu de mon temps à une association caritative il y a quelques années, le point principal dans la paupérisation en dessous d’un certain seuil est la difficulté à gérer un budget, et cela fausse complètement les données d’Ysengrain par exemple, car très souvent ces mêmes familles ont une consommation de fumée spectaculaire, ont un téléphone portable, alcool etc…

Attention, je ne généralise pas, mais ce fut quand même le point d’accrochage principal lorsqu’on tentait de faire un budget équilibré avec certaines personnes(une majorité hélas…).

Et derrière tout cela, que trouve-t’on malheureusement, un niveau d’éducation insuffisant qui semble générer un manque de bon sens dans la manipulation d’un salaire, car il est possible de vivre, et même bien, avec un revenu bas, mais il faut par exemple accepter des “contraintes” qui peuvent sembler socialement injustes.