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Lectures.

Petit préambule cosmique.

Donc 30 km/s de déplacement... Et, oui, même le cul sur mon fauteuil je me déplace au moins à 108000 km/h, la vitesse de rotation de la terre autour du Soleil, et on ne parle même pas de la vitesse de déplacement du système solaire par rapport au centre de la Voie lacté, notre galaxie, 254 km/s, soit 914400 km/h, mais pas dans le même sens, ce serait trop simple, encore moins de celle de la Voie lactée, notre galaxie vers le centre de l'Amas local, 77 km/s, soit 277200 km/h (encore dans une autre direction)... 

Et je n'ai pas parlé, pour simplifier (de toute façon, c'est négligeable), de la vitesse de rotation de la terre sur son axe, 1674 kilomètres par heure à l'équateur (Mach 1,4 pour un aéronef).

Je ne sais pas pour vous, mais ça ne m'aide pas à garder la tête froide, en même temps, ça rend humble, non ?

Je suis un gros lecteur.

Depuis tout petit, à l'instar de mes parents, j'ai pris grand goût pour l'évasion par les livres. Incapable cependant de lire trop de « choses sérieuses » : je me nourris presque exclusivement de romans, principalement dans le genre noir, ou dans la science fiction (Littératures de l'imaginaire est un terme plus approprié, mais en même temps connoté un poil intello, et puis ça sonne pas, alors que Essêphe, bien que très réducteur, c'est rond en bouche) et de temps en temps, un « classique ». Je lis beaucoup, mais pas n'importe quoi : dans ces genres, j'avoue être attiré par des auteurs qui ont des idées « progressistes », ils sont plutôt rares mais certains sont prolifiques. J'ai de plus en plus de mal, par contre, avec un certain type de polars et autres thrillers d'outre–atlantique (extrêmement) bien fabriqués selon une recette presque industrielle, certes captivants et bien rythmés, mais un poil trop bien–pensants à mon goût (du genre Michaël Connely ou Harlan Coben), j'en lis encore de temps en temps, mais ils finissent par me lasser. Je pense pouvoir dire que parmi les auteurs encore vivants dont je parle aujourd'hui, une grande majorité, sinon tous (on ne peux pas se mettre dans la tête des gens) a certainement été soulagée, voire ravie de l'éviction du petit Nicolas, mais qu'ils auront sûrement été nombreux à ne pas hurler de joie à l'élection de son concurrent... Les nordiques aussi, pour d'autres raisons, m'épuisent : trop noirs, pas assez de lumière, et alors, pas drôles du tout (à quelques exceptions près, bien sûr). Parce que, ça, c'est un truc que j'aime vraiment : les gars qui me font rire en lisant, pas que, évidemment, mais, j'aime beaucoup... ça fait de belles rides !

Je vais donc vous proposer quelques auteurs parmi mes favoris, ceux dont je ne rate pas un opus (et pour certains, c'est assez difficile).

Sont écartés de la sélection mes favoris, hors catégories, mais parce que j'espère que vous avez déjà lu tout ce qu'ils ont écrit : Raymond Queneau, Boris Vian, Jack London, John Steinbeck, Vladimir Nabokov, Italo Calvino et Pierre Desproges. Et puis, on est aujourd'hui dans la littérature de genre, de gare, le pas sérieux (bon, Vian a fait de très bons polars et Calvino a beaucoup flirté avec le fantastique et la science–fiction, mais c'est comme ça, ce n'est pas leur jour). 

Sont écartés aussi les grands classiques indispensables dans ces genres que sont Léo Malet, Jean–Patrick Manchette, Albert Simonin, Ed Mc Bain, Dashiel Hammet, Chester Himes pour le noir et Philip K. Dick, Isaac Asimov, Stephan Wul, Dan Simons, Franck Herbert, A.E. Van Vogt ou René Barjavel pour la SF (et j'en oublie, mais pitié pas d'Agatha Christie !). Ils sont tous morts (sauf un, lequel ?), et n'ont donc plus faim... 

Si j'écris cet article aujourd'hui, c'est aussi pour que des auteurs vivants (c'est la très grande majorité de ceux qui vont suivre) puissent peut–être grâce à moi récolter quelques nouveaux lecteurs (vous, donc) et ne pas connaître les fins de mois difficiles qui commencent le deux ou le trois pour beaucoup. Je ne cherche pas à vous faire pleurer, mais les temps sont durs pour les auteurs, les (vrais) éditeurs et le dernier maillon de la chaîne, les libraires (les vrais). 

N'ayant aucun talent littéraire et détestant plus que tout savoir quoi que ce soit d'un bouquin avant de le commencer (je ne lis jamais les quatrièmes de couv, qui vous racontent les 3/4 du bouquin en 2 lignes, pouah !), je vais me contenter d'énumérer quelques auteurs qui me plaisent beaucoup, à vous d'essayer d'en savoir plus si ça vous intéresse. Certains on un site ou un blog dont ils s'occupent plus ou moins, d'autres bizarrement délaissent complètement ce media qu'est internet, laissant dire n'importe quoi à n'importe qui, comme ici aujourd'hui.

Je ne sais pas ce qui m'a pris, mais je voulais illustrer cet article avec des portraits des auteurs (dont je n'avais souvent aucune idée du physique avant cet exercice), l'habitude sans doute, et bin c'est pas facile de trouver des images avec le photographe crédité...

Jean–Bernard Pouy

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(Photo trouvée sur son [?] site, auteur inconnu)

Chez Pouy, le voyage, c'est souvent en train qu'il se fait (grâce à la SNCF, Savoir Nager Comme Fernandel, ou Sur Neuf Cinq Fainéants). Il fait dans le noir–anar–rigolard. C'est l'auteur le plus difficile à suivre que je connaisse : il est l'initiateur de plusieurs séries (dont Le Poulpe est la plus fameuse), mais il aime aussi aider les petits éditeurs qui démarrent ou qui ont du mal, tout en continuant à être parfois publié dans les grosses maisons (Gallimard, Fayard des rimes en ar, ici aussi ;o). Dans ses livres, il est rare que le flic soit le héros, bourru mais sympathique avec sa pipe au bec, et si on y trouve une quête de la vérité, elle ne se fait pas au nom de la loi, mais d'un idéal, d'une utopie.

On a affaire ici à un littéraire, discrètement mais sûrement, il aime s'imposer des contraintes, dans la continuité de l'OULIPO, la plupart de ses livres ont un style narratif différent, il jouit visiblement de la langue et ne nous prive pas du plaisir d'une belle assonance ou de tout un tas d'autres délectables figures de style.

Ils sont tous formidables, mais vous pouvez commencer par La belle de FontenayL'homme à l'oreille croquée ou le premier Poulpe, La petite écuyère a cafté, voire son dernier roman, Samedi 14, dans la collection vendredi 13. Et à ne pas manquer non plus, 54 x 13, c'est un très gros braquet, réservé aux grosses cuisses, le narrateur est sur sa bicyclette, à fond, échappé dans la dernière étape du Tour de France, et je ne sais pas si ça vois parle, mais c'est formellement interdit...

Ayerdhal 

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(Photo trouvée sur son F***K, auteur inconnu)

Je l'ai découvert grâce à Pouy, qui lui avait confié la création d'une série, chez Baleine : MACNO (acronyme de Magasin des Armes, des Cycles et des Narrations Obliques), dont il signa le premier volume, Consciences virtuelles. Ici, bien que toujours très anar, on est dans la pure science–fiction, bien moins rigolard aussi (quoique sur son mur F***k, on trouve aussi de qui s'amuser). 

Là aussi, tout est bon, Ayerdhal, c'est de la balle, dis–je généralement à ceux à qui je le conseille. Vous pouvez tenter de commencer par un pur « Space Op' », le magnifique Étoiles mourantes (coécrit avec Jean–Claude Dunyach), l'étonnant Mythale ou alors, si vous voulez plutôt du polar et que vous ne voulez vraiment pas entendre parler de SF (vous avez vraiment tort), son dernier ouvrage, (une paire en fait), le palpitant Transparence, suivi par Résurgence.

Chez Ayerdhal les personnages féminins ont une grande importance, elles ne sont pas que des faire–valoir de héros survitaminés suintant la testostérone par tous les pores, c'est suffisamment rare dans ces genres (il me semble) pour le souligner.

Donald Westlake

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Photo : Sean Smith/Guardian

Parmi les auteurs d'outre–atlantique qui prennent une grande place dans la bibliothèque et dans mon cœur, c'est le plus prolifique, et aussi le plus rigolo. Il réserve les durs à cuire pour ses autres noms d'auteur (Tucker Coe et, plus connu, Richard Starck). Il a créé un héros qui revient assez souvent : John Dortmunder, cambrioleur très professionnel, mais pas très chanceux. Les coups qu'il montent sont souvent de très bonnes idées au départ, mais les aléas du destin en décident toujours autrement. On a affaire à des histoires à multiples rebondissements très bien ficelées. L'action se déroule le plus souvent à New–York ou sa région quand Dortmunder est le héros.

Encore un dont vous pouvez tout lire sans hésiter, mais pour commencer, Le couperet (adapté récemment au cinéma par Costa Gavras) est une merveille, Smoke aussi est extraordinaire (certains passages sont à hurler de rire) ou encore Faites moi confiance, le premier que j'aie lu. Il a bénéficié de la traduction de Jean–Patrick Manchette pour certains livres, et je vous conseille d'ailleurs plutôt les éditions récentes (chez Rivages), la série noire des années 70 n'était pas toujours très respectueuse du texte original.

Arthur Upfield

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Photo trouvée sur son site, auteur inconnu.

Je vous avais promis du voyage, en voilà de magnifiques en perspective. Arthur Upfield est d'origine anglaise, mais il a émigré très tôt en Australie et tous ses livres s'y déroulent. Mettant en scène le surprenant inspecteur Napoléon Bonaparte (Bony pour les intimes), dans des paysages grandioses qui ont toujours un lien avec l'intrigue. C'est un peu le seul « classique » de ma sélection, les livres ayant été écrits entre 1928 et 1963. Je ne suis pas (plus) un grand amateur des séries avec un héros qui revient toujours semblable à lui même (à part Dortmunder, ou Nestor Burma quand même), mais ici, l'histoire n'est qu'un prétexte à la découverte d'un immense pays et de ses peu nombreux habitants.

Là pas de préférence, vous pouvez tous les lire aussi, mais autant les lire dans l'ordre (je ne les ai pas encore tous lus, j'adore en déguster un tous les six mois un an, mais j'ai bientôt fini, et je recommencerais à nouveau avec plaisir).

Serge Quadruppani

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photo : Maurizia Bal Diph

Encore un écrivain militant (« Depuis l’âge de 20 ans, mes convictions me situent au carrefour de ce qu’on appelle aujourd’hui les "libertaires" et les "ultra-gauche" »), et aussi une très belle plume : souvent, il m'arrive de lire à voix haute certaines de ses phrases pour mieux en apprécier les saveurs. C'est d'ailleurs aussi un traducteur, de l'anglais ou de l'italien à qui l'on doit entre–autres les excellents « Commissaire Montalbano » D'Andrea Camilleri (mais je préfèrerais qu'il puisse consacrer plus de temps à ses propres livres).

J'avoue avoir un faible pour le premier de la (courte) série Alias, Je pense donc je nuis, très déjanté et dont le titre illustre très bien le contenu. C'est aussi l'auteur du deuxième Poulpe, Saigne sur mer. Vous pouvez évidemment lire tous les autres, pour peu que vous arriviez à les trouver...

Thierry Jonquet

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Photo : Patrick Bard

Ancien militant trotskiste (il a d'ailleurs écrit 3 romans anticocos sous le pseudonyme de Ramon Mercader ;o), on est encore chez un auteur qui a des choses à dire, et qui les dit bien. Son œuvre est très variée, certains de ses romans étant très noirs, d'autres beaucoup plus drôles, mais toujours passionnants et très comment dire, humains.

Commencer par le formidable Mygale, très dérangeant, assez glauque, mais avec, un cheminement très intéressant. Rouge, c'est la vie est une très amusante fiction autobiographique sur sa jeunesse rouge vif, ne pas rater non plus la trilogie Les Orpailleurs, La vie de ma mère et Moloch, mais, en fait, encore une fois, vous pouvez tous les lire.

Pierre Bordage

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Photo chez Wikipedia, auteur non crédité.

Si vous aimez les voyages au long cours, c'est l'auteur qu'il vous faut ! Déjà, pour les destinations, lointaines (hors de la galaxie) ou très proches, on est toujours en mouvement, et puis sur le temps, si certains de ses livres relatent des durées relativement brèves, pour un bon nombre les récits durent des années, voire les siècles. Et au long cours aussi pour le plaisir qu'il y a a dévorer des sagas en deux, trois, voire cinq volumes.

Une très grande variété de thèmes et de styles différents dans son œuvre déjà bien riche, mais, en trame de fond, toujours un côté mystique, une ouverture vers d'autres dimensions, vers ces forces inconnues dont certains pensent qu'elles nous gouvernent. Dans un refus viscéral de toute forme de religion hiérarchisée, juste être à l'écoute du souffle de la vie. 

Encore ici, tous ses livres ont un intérêt, mais si vous devez commencer, autant aller vers la trilogie Les guerriers du silence, Wang (deux volumes) ou Abzalon et Orcheron (deux volumes aussi), voire son dernier grand œuvre que je viens de finir La fraternité du Panca (cinq volumes, et on en redemande !) ou bien ou bien L'arcane sans nom, plutôt un polar, dans la série Vendredi 13.

Chuck Palahniuk

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Photo : Chris Saunders

Attention, spécial ! J'aime vraiment beaucoup ce qu'écrit ce gars (si par contre, quelqu'un a une idée de la prononciation de son nom, je suis preneur). Ses livres se déroulent toujours aux USA, au début du XXIème siècle, mais ça pourrait aussi bien être sur une autre planète tellement ce qu'il nous raconte parait différent du quotidien de l'européen que je suis. On le sent à l'affut, dans les pages des chiens écrasés et autres spécialités locales, de la brève qui tue, le truc tellement fou qu'on a du mal à y croire, et il enfile ces joyaux les uns après les autres, après les avoir soigneusement polis, pour en faire des colliers improbables, qu'il éclaire ensuite bizarrement et avec un humour corrosif pour les photographier à la loupe, en macro, au microscope.

Du point de vue formel, je n'ai jamais vu une application pareille à faire de chaque roman un exercice de style différent. Mais à la différence des adeptes de l'OuLiPo qui font ça sobrement, discrètement, ici, c'est à fond les manettes. Chapeau bas aux traducteurs qui ont fort à faire et s'en débrouillent très bien.

À lire : tous, évidemment ! Mon préféré, c'est Survivant, qui commence au chapitre 47 et à la page 365, le narateur, seul dans un 747-400 (qu'il ne sais pas piloter) au dessus du Pacifique raconte comment il en est arrivé là à la boîte noire de l'appareil. Bien sûr, Fight club, qui a été adapté au grand écran, le très dérangeant Monstres invisibles ou encore Festival de la couille et autres histoires vraies (qui,comme son nom l'indique, n'est pas de la fiction).

Arto Paasilinna

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Photo : Auteur inconnu (trouvée sur le ouaibe)

Je vous avais bien dit que tous les nordiques n'étaient pas tristes, en tout cas pas lui. Le dépaysement est bien sûr plus fort pour l'habitant d'une mégalopole que je suis, mais on voyage bien, avec ce finlandais. Il n'est pas rare que ses personnages principaux sortent un peu (ou beaucoup) des rails, écrasés ou mis à l'écart par une société très rigide, ils se libèrent de leurs chaînes avec plus ou moins de fracas pour aller leur chemin, parfois seuls contre tous.

La narration est plutôt classique et linéaire, sans artifices ni fanfreluches, il va à l'essentiel. Les effets comiques sont assez burlesques, et je suis bon public. 

Commencez par le plus exotique et absolument hilarant Prisonniers du paradis, Le fils du dieu de l'orage, Le cantique de l'apocalypse joyeuse et Petits suicides entre amis sont aussi surprenants (ça c'est du titre, hein !). En fait, je les aime aussi bien tous.

Douglas Adams

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Photo : Chris Ogle

Pour continuer dans le loufoque, le bidonnant total, fils spirituel des Monty Pythons, il a commencé par faire une émission de radio, qui a eu tellement de succès qu'il a du en faire un livre. Ou plutôt des livres, puisqu'il s'agit de la fabuleuse trilogie en cinq volumes du Guide du routard galactique. IN–DIS–PEN–SA–BLE ! Je n'ai toujours pas vu le film qui en a été tiré, mais le bouquin est énorme, incontournable, (sauf si vous n'aimez ni Buster Keaton, ni les Marx Brothers, ni Woody Allen, ni ZAZ –Zucker, Abraham, Zucker, les auteurs de Y–a–t–il un pilote dans l'avion–, ni Louis de Funès, ni les nuls).

Ici encore la traduction a été un défi (au sujet de laquelle certains se plaignent de franchouillardisation), pour ma part, elle ne m'a pas gêné, loin des abominations que sont certaines traductions de Woody Allen ou de Groucho Marx par exemple. C'est bien évidemment dans cette saga que l'on trouve la Réponse à la Grande Question sur la Vie, l'Univers, et le Reste, et rien que pour ça, c'est à ne pas manquer, non ?

Le choix de lectures est malheureusement assez faible en quantité, puisqu'en plus de la trilogie en cinq volumes sus–mentionnée on trouve deux volumes des enquêtes de Dirk Gently, détective holistique, la plupart de ses (peu d')autres écrits n'ayant pas été traduits en français.

Brigite Aubert

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Photo Hortense Vinet (tiens, une ancienne élève)

Ah, enfin une fille, me direz vous. Je ne suis pas sexiste, je me contrefiche de savoir si le bouquin que je lis a été écrit par un garçon, une fille ou autre, mais c'est comme ça, : il n'y a pas tant de représentantes du sexe dit faible dans les rayonnages de ma bibliothèque. Elle, en tout cas, est parfois (très) saignante, parfois (souvent) rigolote, quelques fois (trop ?) délirante, en tout cas, variée dans ses plaisirs.

Une grande variété de styles narratifs aussi, il y a même un roman dont de nombreux chapitres proviennent du journal intime d'une des protagonistes, écrits sur son « MacBook chéri » ;o).Une autre fois, on se retrouve dans la tête d'une fille tétraplégique et muette suite à un attentat, et c'est elle qui mène l'enquête ! Elle sait en tout cas mener les lecteurs par le bout du nez : des livres que l'on a du mal à lâcher.

Là encore, tout est bon, ma préférence allant à La mort des bois (avec son héroïne immobilisée dans son fauteuil roulant), Éloge de la phobie, croisière à mourir de rire dans les mers nordiques, Une âme de trop ou encore La rose de fer dans lesquels certains personnages ont d'inquiétantes personnalités multiples ou encore son dernier, Freaky Fridays, dans la série Vendredi 13 dont vous avez peut–être déjà entendu parler.

Roland C. Wagner

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Photo : Mélanie Fazi

Encore un auteur que j'apprécie beaucoup, la plupart du temps très drôle, trèèèès délirant (psychédélique tendance lysergique), il a su créer un univers (et un personnage principal) très intéressant avec la série des Nouveaux nouveaux mystères de Paris, (Après Eugène Sue, Léo Malet, Frédéric Dard) et TEM (abréviation de Temple Sacré de l'Aube Radieuse, pas facile à porter !), le successeur (transparent) en 2068 de Nestor Burma (bon encore un héros récurant qui ne me fatigue pas trop, comme une certaine Marie Macchiavelli, d'ailleurs, je pense que c'est dû à des auteurs qui n'écrivent pas que ça, qui reviennent à ces univers familiers de temps en temps, mais en les faisant aussi évoluer, avec des personnages secondaires qui ne sont pas toujours les mêmes, chez d'autres, on a parfois l'impression d'un copier/coller sur un bon quart du livre, et c'est ça qui est lassant ). 

Concernant le style, c'est souvent assez simple et efficace (vu que le contenu est parfois assez ardu, où par exemple encore dans les Nouveaux nouveaux mystères de Paris, on se retrouve un peu paumés dans un univers complexe dans lequel évoluent les Archétypes issus de l'inconscient collectif cher à Jung). Ce n'est pas le cas dans son dernier ouvrage : Rêves de gloire, fresque à plusieurs voix (non identifiées distinctement et changeant sans cesse et sans prévenir), formidable, mais difficile à lire, faut s'accrocher !

Pour la série des Nouveaux nouveaux mystères de Paris, il faut absolument commencer par le premier, et les prendre bien dans l'ordre, c'est quand même plus facile pour s'imprégner du monde qu'il nous décrit (dont le nombril se situe dans la forêt de Meudon, ou du moins dans les parages). Sinon, nous avons de la SF plus galactique avec L.G.M. (l'histoire commence avec un ambassadeur martien en pleine débauche bohème et se termine –heureusement–grâce à Hollidays in Cambodia des Dead Kennedys), L'œil du fouinan ou Le chant du cosmos sont pour leur part de superbes Space op'.

Martina Cole

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Photo : Richard Saker

Elle n'a pas l'air drôle, cette autre femme, et elle ne l'est pas vraiment dans ses bouquins non plus. C'est que la vie qu'elle nous décrit, dans les bas–fonds de l'East End, les putes, leurs maquereaux, les petites frappes qui rêvent de pognon et de pouvoir, tout ça est assez sordide. Et pourtant, impossible de lâcher ses bouquins, biens que très noirs, ils sont pleins de vie, d'espoirs, on est un peu plongés dans des ambiances à la Ken Loach.

J'avoue ne pas avoir de souvenirs marquants concernant le style, c'est sobre, efficace, direct, comme ses rudes personnages.

Tous les livres que j'ai lus d'elle m'ont plu, et ils sont encore peu nombreux à avoir été traduits en français : Le clan, Jolie Poupée, Le tueur, Deux Femmes, vivement les prochains (elle en a écrit une quinzaine).

Patrick Raynal

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Auteur inconnu, glanée sur un blog

Grand ami et complice de Pouy (il a écrit le troisième Poulpe et ils ont co–signés de nombreux ouvrages), il a souvent des héros très marlowiens à la sauce niçoise : privés minables, alcooliques : picole, bagnoles, drugs & Rock 'n Roll, tout un programme. Il a aussi été le directeur de la série Noire, puis de Fayard noir, et maintenant de Vendredi 13, série dont vous avez peut–être déjà entendu parler.

Son style est lapidaire, efficace, tout dans l'action, mais c'est aussi un maître absolu de la périphrase assassine et de la métaphore hilarante : 

« Six parallélépipèdes blancs, hauts de vingt étages, troués de baies vitrées fumées, bordées d'armatures en alu. Il ne s'était pas foulé, l'architecte. Le tout planté d'un gazon vert pour l'éternité. Beurk ! Les arroseuses qui tournaient sans arrêt comme des mantes religieuses catatoniques embuaient l'ensemble. Léché, prêt à vendre. Miami made in France. Aseptisé haut de gamme, Tennis et piscine, natürlich, club–house à cocktails et partouzes. L'architecture de la vie, quoi. ». (in Un tueur dans les arbres Éditions Clô)

J'adore !

Encore une fois, tout est bon, dans le Raynal, mais, comme les cordonniers sont les plus mal chaussés, la plupart de ses livres sont épuisés et peu réédités (on commence à en trouver en Folio Noir quand même), le bougre se fait rare dans les rayonnages... 

Tonino Benacquista

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Photo : Rita Scaglia

Encore un rigolo, élevé au grain par Pouy à ses tout débuts (lycée Romain Rolland à Ivry), il a commencé dans la Série noire (la prestigieuse collection de Gallimard) pour finir dans La blanche (la prestigieuse collection de Gallimard), il se paye même le luxe de faire du noir dans la blanche ! Touche à tout (grâce à son succès), il scénarise à tour de bras pour le cinéma, la bande dessinée, je préfèrerais qu'il écrive plus de livres !

Encore un qui écrit simplement, sans complications, tout est dans le contenu, simple et efficace, et drôle, très drôle. 

Ici aussi, rien à jeter, vous pouvez commencer par ses quatre premiers réédités (son vrai premier livre Épinglée comme une pin–up dans un placard de GI paru en série noire est absolument introuvable, l'auteur refuse absolument qu'il ressorte, si un lecteur le possède et qu'il veux bien me le prêter...) La maldonne des sleepings, Trois carrés rouge sur fond noir, La commedia des ratés et Les morsures de l'aube, j'apprécie aussi ses séries blanches, Saga, Quelqu'un d'autre, et les deux derniers qui renouent avec le polar Malavita et Malavita encore.

Norman Spinrad

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Photo anonyme, trouvée sur le ouaibe

Anticipation. C'est le mot qui convient le plus à cet inventeur de futurs possibles, et inquiétants. On est bien sur terre, à la fin du XX ème siècle, et au début du XXI ème (sa première publication date de 1966). Et quand on le lit, des années après (ça fait peu de temps que je l'ai découvert), il paraît être tombé dans le mille. C'est inquiétant car il ne nous prévoit pas vraiment un futur rose. C'est une grande gueule contestataire qui a fui les USA de Reagan en 1988 et qui habite depuis au pays du camembert et du champagne, son dernier livre, Oussama, n'est toujours pas sorti là–bas, d'ailleurs !

Je n'ai pas été marqué par son style, mais il raconte vraiment bien les histoires, sans doute est–ce du à la method writing :

N.Spinrad : « La "Method Writing" est une technique d’écriture dans laquelle l’auteur devient le narrateur pendant qu’il écrit, ou essaie de le devenir, de sorte que le lecteur devienne le personnage pendant sa lecture ; ceci, bien sûr, est analogue à la Method Acting, qui est la base théorique de l’Actors’ Studio. »

(citation empruntée à cet entretien avec Aurélien Lemant pour Sur le ring)

Je n'ai pas encore lu tous ses ouvrages, mais ceux que j'ai pu trouver m'ont tous plu : Jack Baron et l'éternité, Le printemps russe, Bleue comme une orange ou Il est parmi nous, entre autres.

Francis Mizio

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Encore une image sans nom d'auteur, c'est dur, internet ! Mais en fait, elle est peut–être de Pierre Ferbos, vu que j'ai une image de probablement la même série en quatrième de couverture d'un de ses livres.

Spécialiste du grand n'importe quoi, de la cosmogonie Macroqa, du « célèbre perroquet vert à deux crêtes et touffes rouges sous les ailes sans qui la pérennité du doryphore bousier lubrique serait grandement compromise », il a aussi écrit l'inoubliable Comment les araignées d'eau donnent un sens à l'existence et pourquoi il faut répandre la Contemplation Gerritique™©® pour sauver le monde, ce qui n'est pas rien, avouez le !

Le style n'est pas la préoccupation principale de cet auteur, il essaye juste désespérément de nous faire rire, pour ma part, il y arrive très bien, j'adore, mais je crains malheureusement de faire partie d'une minorité, vu les difficultés qu'il rapporte avoir à mettre ne serais–ce que des épinard dans l'assiette, et on n'envisage même pas le beurre...

Encore un qui ne me déçois jamais, mais encore un pour lequel vous aurez peut–être un peu de mal à trouver ses premiers romans : Domo Dingo, L'agence tous tafs, Twist tropique, La santé par les plantes (ah, on me signale dans mon oreillette que celui–ci a été réédité en 2010). Vous pouvez par contre aller lui rendre visite sur son site http://www.francismizio.net/ « Spécialiste en littérature durable et désirable, climato compatible, bio tout ce que vous voulez, politiquement machin, tout le monde friendly (quoique), bilan carbone tout bien, mobile, flexible, employabilitable, etc. » ;o).

Gilles Thomas

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Encore une photo sans nom d'auteur, et c'est apparemment la seule de cet auteur.

Non, non, pas d'erreur dans la photo, il s'agit bien encore d'une femme, et le nom de plume sous lequel est est la plus connue est Gilles Thomas, son premier pseudonyme, avec lequel elle a publié des nouvelles de 1956 à 1963, c'est Julia Verlanger, mais son vrai nom, c'est Éliane Taïeb. Mais en même temps, l'univers de Gilles Thomas est vraiment très macho...

Là encore, une écriture simple, efficace, tendue vers le récit, toujours haletant.

Encore une fois, tout me plait chez elle, vous pouvez tenter de chiner les anciens Anticipation du Fleuve Noir, ou vous orienter vers ses œuvres complètes en cinq volumes, dans le premier desquels se trouve sa trilogie L'autoroute sauvage, suivie de La mort en billes et terminée par L'île brûlée.

Joel Houssin

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Didier COHEN | Scénariste & Photographe

Encore un amateur de polar et de SF, puisqu'il a écrit une grande série policière (19 volumes), Le Doberman, dont Yan Kounen a fait son premier long métrage, des dialogues à la Audiard chez les malfrats des années 80, tout un programme, et de nombreux livres de SF donc (une vingtaine) tous vraiment très noirs. Depuis 1990 il se consacre à écrire des scénarios pour des séries tévé (quel dommage pour nous !).

Le Doberman, est très drôle, grinçant et fait la part belle à un argot savoureux, mais ses romans de SF, dans une narration toute aussi efficace on souvent des langages plus « châtiés », bien que regorgeant, c'est une loi du genre, de néologismes.

Encore un dont vous pouvez essayer de tout trouver, mais il n'est pas réédité, à part l'excellent roman d'anticipation Les vautours. Les fans du groupe Led Zeppelin adoreront sûrement Le temps du twist (je n'en dit pas plus), et il faut essayer de lire les Doberman dans l'ordre (très difficiles à trouver).

Marc Behm

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Encore une photo sans auteur, et une de plus.

Et puis pour ma part, je laisse tata Anne en parler mieux que je pourrait le faire, ici, sur cuk, et nulle part ailleurs. Juste pour ajouter qu'il a écrit quelques autres livres tout aussi formidables...

Alain Damasio

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Encore une photo sans auteur, et sur le site de Ouest France, en plus !

Rebelle, en colère, révolté, ce sont les mots qui me viennent immédiatement à l'esprit quand je pense à lui, peut–être ne sont–ce pas les bons, mais ce sont les premiers qui me viennent à l'esprit. Il a contribué à créer une maison d'édition (la Volte) afin de pouvoir publier son second roman.

Son écriture est magnifique, c'est sans doute pour ça d'ailleurs qu'il publie peu (il lui a fallu sept ans pour accoucher de son deuxième livre), chaque phrase est ciselée, d'une précision absolue et d'une grande clarté (ce que ne laisse pas présager, à mes yeux, ses deux auteurs favoris : Nietzsche et Deleuse !). Mais c'est aussi un auteur total, La zone du dehors est fourni avec un DVD, et La horde du Contrevent avec le CD de la bande–son originale, à signaler aussi le magnifique délire de graphiste sur El levir

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 Pour en (sa)voir plus, le site de l'éditeur.

Dans La horde du contrevent, on a jusqu'à 23 narrateurs, le changement de voix est signalé à chaque fois par un petit symbole typographique. On a aussi droit à un incroyable duel de palindromes !

Il a encore très peu écrit (deux romans et quelques nouvelles d'une puissance, d'une force magnifique, et que pensez vous de ce titre de nouvelle : Une stupéfiante salve d'escarbilles de houille écarlate, ça ne vous donne pas envie de le prononcer à haute voix ?) donc évidemment, lisez tout ! 

Daniel Chavarria

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Photo : Patrick Bard (pour Le Monde, en voilà qui créditent leurs sources ! et pas n'importe laquelle, puisque Patrick Bard est non seulement photographe, engagé, mais aussi auteur de romans noirs...)

En voilà un qui a eu une vie bien remplie avant de commencer à écrire ! D'origine uruguayenne, il a été guide au musée du Prado, chercheur d'or au brésil, fait la plonge à Paris, mineur à Essen, et un peu révolutionnaire partout, il a d'ailleurs fini par pirater un petit avion en 1966 pour quitter en vitesse la Colombie afin de rallier Cuba où il a demandé l'asile politique... N'attendez donc pas de lui des prêches sur les vertus du capital, ou la nécessité des coups foireux de la CIA.

Il a plusieurs veines littéraires, soit des romans contemporains à se passant Cuba, assez légers et drôles, mais où l'on devine en trame de fond la difficulté à vivre dans ce pays qui subit quand même un blocus de son grand et puissant voisin depuis maintenant 51 ans. Et d'autres livres à caractère plus historique, et/ou politique, de grandes fresques très bien construites dans lesquelles de nombreux fils apparemment sans liens finissent par se rejoindre à la fin.

Évidemment, il faut tous les lire ! Adios muchachos, très léger dans un Cuba contemporain, La sixième île, qui relie les aventures d'un pirate des Caraïbes du XVII ème au coup d'état de Pinochet, Un thé en Amazonie et les coups foireux de la CIA, ou le très surprenant et émoustillant L'œil de Cibèle, donnant vie à Socrate, Périclès, Alcibiade et leurs amis et ennemis, le tout sous la domination des douces fesses de Lysis de Milet, reine callipyge d'Athènes, hétaïre au service d'Aphrodite, avec en trame de fond la genèse d'une nouvelle religion...

Terry Prachett

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Encore une Photo non créditée...

Sir Terry Prachett, puisque depuis peu, il a été anobli, c'est dire ! Il a créé un genre à lui tout seul, la LOL–Fantasy (enfin, c'est comme ça que je le vois). Je ne suis pas bon client pour la Fantasy classique, Tolkien m'ennuie (et je reste courtois), mais ici, on a bien un monde fantastique peuplé de sorciers, de Trolls et autres trucs incroyables, mais très drôle, très second degré britannique, et donc, rien à voir ;o).

Ce qui fait l'agrément des nombreux livres qui nous parlent du disque–monde, l'univers particulier de Prachett, c'est qu'ils sont très courts, on n'a donc pas le temps de se lasser, c'est le genre de bouquin léger que je prends après avoir fini un noir particulièrement « il n'y a plus d'espoir », ça détends, ça fait du bien. Il dit lui même ne pas se tracasser, il a trouvé une formule qui marche, et il a bien l'intention de l'appliquer toute sa vie, c'est aussi pourquoi on n'en lit pas plusieurs de suite, un, c'est très drôle, mais ça lasse vite. Il est à souligner que son traducteur en français a reçu deux prix pour la qualité de son adaptation (on a affaire à des textes bourrés de néologismes, jeux de mots et autres complications).

Encore une fois, tous les lire, mais de préférence dans l'ordre, même si on ne retrouve pas toujours les mêmes personnages, c'est parfois quand même plus facile à suivre, il ne perd pas de temps à réécrire toute l'histoire d'un personnage s'il en a déjà parlé dans un autre bouquin.

Joseph Bialot

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Crédits photo : Le Figaro (mais quelle honte ! je préfère encore un abominable DR ou rien du tout !)

Attention, grand auteur ! Tout comme Chavarria, il a commencé à écrire sur le tard. Deux voies littéraires chez lui aussi : des polars rigolos et saignants, c'est avec ça qu'il a commencé, et une veine historique, plus grave, avec même des récits autobiographiques (qu'il a eu du mal à écrire, et aussi à publier) sur son expérience de résistant communiste juif polonais déporté à Auschwitz.

Du point de vue de son écriture on trouve aussi plusieurs voies, plusieurs voix chez lui, ses polars légers à l'humour décapant sont construits de manière simple, classique, de même que ses romans historiques, qui voient se dérouler des destinées souvent tragiques au fil du temps. On aura une construction bien plus complexe dans 186 marches vers les nuages, polar historique se déroulant juste après–guerre dans une Allemagne dévastée, mais remontant dans le temps, à différents niveaux, très fort !

Encore un dont vous devez tout lire, que ce soit pour rire, ou pas, c'est selon le choix que vous ferez, mais j'aime vraiment beaucoup. Comme tout le monde, je l'ai d'abord découvert pour ses polars légers Le salon du prêt à saigner, Babel–ville, puis le magnifique Le semeur d'étincelles, très beau roman historique qui commence avec la Commune, en 1871, donc, et se termine à la fin des années 30 (dans cette veine, c'est l'auteur que je trouve le plus proche de notre chère tante à tous, Anne Cuneo, pour ne pas la nommer un Benoît Mongeon, imprimeur à Belleville me fait irrésistiblement penser à un Antoine  Augereau). Et puis son témoignage qui s'est d'abord appelé C'est en hiver que les jours rallongent, et qui vient de ressortir sous le titre de Et votre fumée montera vers le ciel.

Fredric Brown

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Encore, enfin malheureusement, vous avez l'habitude...

Il a écrit beaucoup de polars rigolos, et presque autant de SF rigolote. Grand spécialiste de la nouvelle courte, des martiens et des fêtes foraines, c'est vraiment un auteur très important des deux genres, et il est très drôle, ce qui n'est pas pour me déplaire.

Vif, nerveux, pas de temps à perdre dans des descriptions dont tout le monde se fiche. Ce qui compte, c'est l'action, le rythme, et surtout d'amener le lecteur à la chute souvent surprenante, jamais évidente.

Et encore une fois, vous pouvez vraiment lire tout ce qui vous tombera sous la main, sourire garanti !

Giorgio Scerbanenco

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Photo évidemment non signée.

Alors lui, il tient une place à part pour moi : j'avais dans les vingt ans, et, en repeignant une chambre avec un ami ayant plus de bouteille que moi et des velléités d'écriture, je lui demande « Dis, j'adore lire des romans policiers, mais il y a un truc qui me gêne, comment dire, je trouve ça un peu trop moral, et faussé, biaisé : c'est toujours les bons qui gagnent à la fin, et je ne trouve pas ça très réaliste, tu ne pourrais pas me conseiller un auteur ? », et c'est là qu'il m'a sorti cet italien (qui a d''ailleurs passé deux ans en exil en Confédération Helvétique, de 1943 à 1945) pur noir. On est avec lui dans le pas du tout rigolo, mais le vrai monde est plus comme ça...

Ça fait bien longtemps que je n'en ai pas lu, peu de ses romans ayant été traduits, mais je me souviens de trucs vraiment forts et durs, comme l'Italie sait en faire. Vous pouvez donc lire tout ce que vous trouverez, c'est du bon, du lourd.

 

Niel Gayman

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Encore une photo d'auteur sans auteur, étonnant, non ?

Il est très connu comme scénariste de BD, mais il a aussi écrit quelques romans et nouvelles dans le genre fantastique. On est vraiment dans un imaginaire très riche, avec plein de mythologies nordique et d'autres horizons dedans. Beaucoup d'humour aussi chez lui (il a co–écrit De bons présages avec Terry Prachett et signé Pas de panique, une biographie de Douglas Adams), mais certaines de ses nouvelles sont bien plus noires d'encre.

D'un style plutôt simple et dépouillé, la complexité est dans les rapports entre la réalité et ce qui se cache derrière pour les non initiés. C'est aussi un de ses ressorts comiques, le décalage entre le réel et le monde des esprits.

Encore un qui fait tout du bon, mais mes faveurs vont à American Gods et sa suite, Anansi boys, terrible combat de l'ombre entre les petits dieux qui tombent dans l'oubli et leurs puissants successeurs qui roulent en limousines : choc générationnel et culturel dantesque !

Carl Hiaasen

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Photo Eamonn Mccabe pour the Guardian

Vous aimez rire, la nature vivante, les plages de sable fin, les crabes, les alligators et les moustiques, vous allez adorer. Encore un joyeux luron, certains de ses personnages et situations sont de la trempe de ceux de Chuck Palahniuk, il est d'ailleurs aussi journaliste au Miami Herald, et collecte ainsi de nombreuses histoires vraies dont il va (légèrement ? ;o) grossir le trait pour le plus grand bonheur de nos zygomatiques.

Je n'ai pas de souvenir de son style, encore un sobre qui se concentre sur l'action et les situations burlesques, absurdes, grand–guignolesques. C'est clair, avec lui, il y a les gentils, et les méchants, et plus les méchants sont teigneux, voraces, cupides et sans pitié, plus ils finissent par en baver, et ça fait du bien...

Malheureusement peu connu chez nous, tous ses livres ont pourtant été traduits, et vous pouvez évidemment vous jeter dessus (comme la petite vérole...). L'histoire se déroule toujours dans sa Floride chérie. Quelques personnages reviennent à quelques reprises pour notre plus grand plaisir, il vaut donc mieux essayer de les lire dans l'ordre de parution : L'arme du crocodile, Pêche en eau trouble, Cousu main, Miami Park, Strip tease (adapté au cinéma avec Demi Moore).

Stéphanie Benson

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Encore une photo sans crédit...

Noire, Stéphanie, ses romans sont durs, mais pas complètement dénués d'humour, une petite touche, de temps en temps. Mais elle nous décrit un monde qui lui même n'est pas franchement guilleret.

Encore tout à lire, avec d'une part ses publications à l'Atalante, un petit MACNO, et une série d'anticipation policière avec de nombreux personnages intéressants, la série EPICUR, un poil plus légère (entendez, moins noire).

Laurent Genefort

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Toujours sans auteur, pourtant, on pourrait croire...

Encore un auteur qui n'a pas l'angoisse de la page blanche ! Très productif, il rejette en bloc la politique mais « [...]demeure malgré tout un sympathisant de la libre-pensée ainsi que des idées laïques et républicaines ». Créateur d'univers, pas moins (c'était d'ailleurs le sujet de sa thèse : Architecture du livre-univers dans la science-fiction, à travers cinq oeuvres : Noô de S. Wul, Dune de F. Herbert, La Compagnie des glaces de G.-J. Arnaud, Helliconia de B. Aldiss, Hypérion de D. Simmons), il y a chez lui, certaines idées qui reviennent souvent sur les civilisations extra–terrestres, les différences entre les espèces intelligentes.

Encore un amateur de style dépouillé, et efficace mais néanmoins foisonnant de délicieux néologismes qu'il ne prend pas toujours le temps d'expliciter (et c'est ce qui en fait toute la saveur).

Là encore on peu tout lire, même si je suis un peu circonspect concernant ses romans de Fantasy, genre qui a vite fait de me gonfler (à part chez Prachett). Donc Les peaux épaisses, Memoria, Le cycle d'Omale (qui, chouette, n'est pas fini), l'excellent polar galactique La mécanique du talion, ou le non moins formidable Une porte sur l'éther.

James Crumley

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Photo : MAXPPP (?)

Sex, picole, bagnoles, drugs & Rock 'n Roll, voilà une partie du programe pour cet auteur déjanté des grands espaces du Montana, pour l'autre partie, on a un humour décapant et de fortes tendances au suicide éthylique. Un frère américain de Partick Raynal.

La fuite en avant, les grands espaces et la route sous amphétamines, c'est sec comme le fond d'un verre que l'on va s'empresser de remplir. Beaucoup d'humour, et d'amour (contrarié) aussi. 

Tout lire, encore, bien sûr, mais il en a fait assez peu, Un pour marquer la cadence et deux courtes séries de quatre romans chaque, les Milo Milodragovich et les C.W. Sughrue.

Colin Bateman

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Encore une photo anonyme.

Et encore un rigolo éthylique. J'ai découvert cet auteur irlandais du nord à cause du superbe titre : Cycle of violence (La bicyclette de la violence en français !). Toujours des histoires très drôles dans un monde pourtant bien noir, son héros, Daniel Starkey, jeune journaliste (comme lui) se débat entre son amour pour l'alcool, ses amours contrariées, la ridicule petite guerre de religion locale, le manque d'argent et quelques petites frappes et gros bonnets. 

Encore une narration simple qui mise sur l'action et les effets comiques, le monde qu'il nous décrit n'est pas sans rappeler encore Ken Loach.

Et bien évidemment, on peut tout lire de lui (il y en a encore bien peu, d'ailleurs)i, L'autruche de Manhattan, Divorce Jack, la fille des brumes...

Tony Hillerman

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Et encore une photo sans auteur. C'est fou ces les appareils photo qui marchent tout seuls...

Fils spirituel d'Arthur Upfield, il nous fait rêver sur les terres des Navaros et des Hopis, la magnifique région des four corners (nom dû à ces quatre états dont la frontière commune est à un carrefour, le Colorado, l'Utah, le Nouveau Mexique et l'Arizona).

Aride est le désert, son style est dépouillé et les descriptions du paysages sont, comme chez Upfield, à couper le souffle, plus fort qu'une photographie.

Encore rien à jeter ici, essayez de les lire dans l'ordre (une aide chez wikipedia), j'ai une petite préférence pour les enquêtes de son flic tribal Joe Leaphorn.

Et c'est la fin du voyage, en beauté.

Quelques auteurs importants ont été sciemment omis pour diverses raisons, vous pouvez tenter de savoir lesquels et lesquelles, j'en ai aussi certainement oublié d'autres !

Pour finir, un peu de réclame !

Bon on va en finir là pour aujourd'hui, merci à ceux qui sont resté si tard, j'espère en tout cas vous avoir donné envie de courir chez votre libraire préféré pour éventuellement commander certains des ouvrages sus–mentionnés. J'ai peut–être un comportement un peu naïf, mais il y a certains auteurs que j'achète dès que le livre sort en grand, espérant que l'auteur gagnera ainsi quelques pesos de plus que si j'attends de le trouver en poche (et puis, pour que le livre soit réédité en poche, il faut qu'il se soit déjà bien vendu en grand, non ?). Pour ce qui est des auteurs morts, comme pour les disques, j'avoue attendre sans problème de les trouver en occase, ils n'ont plus faim et je n'ai pas envie d'engraisser plus que nécessaire les éditeurs et les zéyandroits. Concernant les locomotives, ces auteurs qui vendent déjà tellement qu'on en fait en plus de la pub dans le métro, c'est pareil, j'attends l'occase qui se trouve d'ailleurs facilement après quelques temps... Voilà ma stratégie pour les dépenses culturelles (c'est un gros budget). D'ailleurs, contrairement aux habitudes de la maison, je vais faire de la réclame pour des bonnes adresse où trouver des bouts papier avec de l'encre noire dessus :

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La librairie Paralleles, très riche en culture rock, socio, politique, vends aussi des CD d'occase (et sa petite sœur, Gilda, à 50 mètres fait dans le livre, disque, video d'occase). Une équipe de vrai bon conseil.

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L'amour du noir est un vrai bonheur pour les raretés, de nombreuses collections sont classées par ordre de parution (rangées par N° !) et on a affaire à des super spécialistes, que de l'occase pointue en très bon état, c'est le seul endroit où j'aie pu trouver des Doberman, par exemple.

Je vais aussi de temps en temps chez Gibert Joseph sur le boul'mich, c'est la plus grande librairie parisienne, là où je trouve les Anne Cuneo sur table à leur sortie (et les vendeurs sont vraiment des amateurs et connaisseurs de ce qu'ils proposent, c'est toute la différence avec les grandes enseignes « culturelles » où je ne fout jamais les pieds), c'est aussi très bien rangé et ils ont énormément d'occases. J'essaye de ne pas y aller plus de deux ou trois fois l'an, pour me tenir au courant des nouveautés, mais j'en ressort à chaque fois lesté dans la besace et délesté du porte–monnaie.

Et puis, le top, j'ai Jean–Luc, le bouquiniste du marché du 8 mai 1945 à Vitry, avec qui je discute au moins une bonne heure chaque dimanche, en cherchant mon bonheur (il a la délicatesse de me garder les ouvrages de Jean–Claude Carrière sur lesquels il met la main). C'est lui qui m'a fait découvrir Fredric Brown, Alain Damasio, Norman Spinrad, Claude Klotz, Gilles Thomas, Armistead Maupin, David Lodge et j'en oublie sûrement. Un libraire de bon conseil, c'est formidable, et aucun bouc se tord n'arrivera jamais à remplacer le contact humain, enfin j'espère... Il fait aussi le marché de Montreuil à la croix de Chavaux le vendredi, je crois.

Voilà, vous avez vos lectures de l'été, intero écrite à la rentrée...

Et si vous avez des conseils de lecture à me proposer, je suis preneur, bien qu'ayant déjà plusieurs années de bouquins d'avance.

20 commentaires
2)
Saluki
, le 13.06.2012 à 07:22
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Les hasards du placement aléatoire dans le TGV m’ont fait naguère partager un Lyon-Paris à côté d’un personnage dont tu cites les œuvres et le parcours.
Sauf que je ne le connaissais pas, honte à moi, et que, conversation liée avant même le départ de Perrache, il m’aura fallu presque le temps du trajet pour deviner son activité de direction, au delà de son maniement de verbe et de plume.

Le plus drôle de l’histoire est que nous connaissions fort bien son épouse avant son mariage, lui non, et que je n’ai pas du tout fait le rapprochement avant mon retour at home et le rappel à l’ordre de ma mie…

4)
humptius dumptius
, le 13.06.2012 à 09:38
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On doit lire à peu près la même chose, pas professionnellement bien sûr, mais en ce qui concerne les à-côtés, évidemment feu Westlake (manque Pierre qui brûle) et Hiaasen qui part toujours de l’incident le plus ténu, un emballage de chewing-gum jeté par la fenêtre d’une voiture déclenche l’apocalypse, etc. La littérature de second rayon, le noir et même la Série Noire, c’est ce que j’ai commencé à lire parce que mes insomnies comblées par la lecture, c’était bien et une fois épuisées les ressources Rabelais, Lewis Carroll, Calvino, Sterne, etc., l’ennui vient à votre rencontre, et c’est encore plus long. L’avantage c’est qu’on trouvait dans les années 70 sur le marché les SN à 50 centimes (français). J’en ai toujours à peu près 4000 qui dorment au sous-sol (je les achetais par 100) et une cinquantaine de premier choix (de lecture) conservées plus apparentes. Une littérature qui vidait le temps sans l’étirer est quelquefois thérapeutique. Manquent Lawrence Block, Raymond Chandler et Jim Thompson, et j’en enlèverai bien un ou deux de votre liste pour y mettre Sallis, Lansdale, Winslow ou Temple.

Dans la série «Rien n’est vrai et tout devient possible», il existe tout de même aussi Tom Sharpe, dont Le Bâtard récalcitrant (10/18), notamment, reste irrésistible. Je suggère aussi Arno Schmidt, feu l’ermite de Barksfeld et Jean-François Vilar (quelqu’un a des nouvelles ?).

Et même William Kotzwinkle (a novélisé E.T.), pour Midnight Examiner.

Parmi les pas encore défunts, Simons (que je lis), l’autre doit être Herbert (que je ne lis pas).

Bon, enfin, on n’en est pas à l’inventaire respectif de bibliothèques meublées Louis Caisse (le modèle port-containers appliqué dans un sous-sol, mais sans allées, ni grue pour manipuler) ou briques-madriers. Au 300e m-linéaire (potentiellement), la mémoire vous lâche un peu (je lis souvent les 4 de couverture pour estimer si ça a déjà été lu, empêche pas de doublonner).

Ce qui me trouble un peu, c’est la nécessité du progressiste, parce que je ne suis pas sûr que ce soit toujours le cas dans votre liste et encore moins que ce soit un critère valable. Peut-être plus tard dans la discussion, les ardentes obligations du salariat, etc.

6)
Jean-Yves
, le 13.06.2012 à 13:44
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J’ajouterais volontiers : Pourquoi j’ai mangé mon père, de Roy Lewis.

L’histoire d’une tribu préhistorique qui, pour échapper à ses prédateurs, va enchaîner les découvertes … Gaffe aux zygomatiques, là-aussi.

Aux éditions Actes Sud, qui m’ont fait découvrir nombre d’auteurs grâce à leur propre curiosité. Un format (11,4×21,7), et du papier des Papeteries de Jean d’heures … dont je ne trouve rien de mieux que les points de suspension pour suggérer la “sensualité”.

Plus de vingt ans après la parution, les bouquins n’ont pas bougé, les pages pas jauni. Elles ont conservé leur couleur d’origine, un crème qui m’avait séduit. Et la typo n’a pas rétréci, ce qui me permet, presbyte que je suis devenu, de les relire sans lunettes ! Alors qu’à l’écran, j’utilise parfois des “prothèses” genre cmd+ ou iReader.

A noter que la presbytie semble être un trouble “fluctuant”, du moins en ce qui me concerne. Un coup c’est à droite, un coup c’est à gauche. Bon, j’espère que ça n’altère pas le jugement ;-)

7)
kris
, le 13.06.2012 à 14:40
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Encore une photo sans auteur, et sur le site de Ouest France, en plus !

Pas étonnant quand on sait qu’ils bossent avec Fotolia !

(Voir macandphoto.com le 4 juin à 1:30.)

8)
JPO1
, le 13.06.2012 à 17:14
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Chouette Comme je lis avec délectation pas mal des auteurs cités, je vais me précipiter sur ceux dont je n’ai rien lu.

Il est rare de voir Hiassen cité, il n’a pas eu beaucoup de succés en France m’as-t-on dit.

9)
pat3
, le 13.06.2012 à 17:48
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Wah la liste! Lectures de l’été? Non, des dix prochains étés, plutôt! Faudra que je trouve moyen de la conserver d’ici à la… retraite (dans quelques décennies, si elle existe encore).

Ceci dit, j’suis pas sûr que tes critères et les miens soient les mêmes pour la lecture, mais j’suis pas sûr non plus que tu suives les tiens à la lettre :-) Déjà, la SF, je ne suis pas fan a priori, et ma priorité va à la lecture de tout Philip K. Dick, qui me touche particulièrement. Ensuite, le polar, je n’ai pas lu pendant des années (si ce n’est Frédéric Dard, dont la polardise n’est qu’un maigre prétexte), et ai longtemps préféré ceux d’écrivains dont ce n’était pas la spécialité. Mais j’ai changé depuis; et j’ai eu le plaisir de mettre la main sur Vargas (aujourd’hui un peu moins créative, ou bien c’est moi qui m’habitue), Dennis Lehane (là, ça y est, j’ai tout lu), George Pelecanos… du coup, ta liste m’ouvre un horizon infini…

Pour les quelques que je connaissais déjà (souvent, j’en ai lu un ou deux, sans plus, Jonquet, Pouy), j’ajouterais quelques compléments: Pasilinaa, je conseillerais vraiment de commencer par le Lièvre de Vatanen, j’ai rarement vu une aussi belle échappée, une aussi incroyable sortie de route (au sens propre). C’est ce qui m’a déclenché la lecture quasi-exhaustive de l’auteur (ou exhaustive, peut-être, mais je ne fais aucun cas, en littérature, de l’actualité).

Je trouve aussi que tu es passé un peu vite sur Saga, de Tonino Benacquista, le meilleur roman sur la création télévisuelle que j’ai jamais lu, qui aide tellement à bien comprendre le sens profond des séries télé (les bonnes comme les mauvaises) :-) . Et je ne me suis que très très rarement autant amusé qu’à cette lecture… Pour moi, si vous ne lisez qu’un Benacquista, lisez celui-ci.

Bref, je trouve que tu aurais pu (dû) nous livrer un feuilleton hebdomadaire, tant il y a à lire et à relire dans ce que tu dis; ça aurait permis que tu approfondisses certaines présentations, et que nous découvrions petit à petit des auteurs, voire que nous ayons le temps d’en lire et de revenir vers céans pour en recauser… là, c’est presque indigeste :-/ Mais qu’as-tu donc fait du sens du suspense que n’ont cessé d’exploiter plusieurs de tes auteurs préférés?

En tout cas, j’ai adoré le voyage – d’où, sans doute, ma frustration à ce qu’il soit déjà fini. Et je me suis, pour la première fois, posé la question: que fais-tu donc, dans ta vie de tous les jours, et quel âge peux-tu donc avoir, pour avoir autant lu, surtout des ouvrages qu’il faut, pour beaucoup, chiner, et sachant que tu as éliminé de nombreux connus? C’est ce que j’aime vraiment avec le web 2, et en particulier chez Cuk: sous le code, ça palpite.

10)
pat3
, le 13.06.2012 à 17:50
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PS: je trouve, étrangement, que la photo d’auteur est une puissante invitation au voyage…

11)
zit
, le 13.06.2012 à 19:34
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Smop, excelllllente réponse ! tu gagnes 42 heures d’abonnement gratuit à cuk.ch !

Saluki, as–tu passé un bon moment en sa compagnie ? (et c’était qui d’abord ?)

ysengrain, et j’en ai oublié ! Et Pouy, et bin ses bouquins, c’est comme aux Papous, en pire, je crois. Il se permet des trucs dingues, genre Les écrivains vus du ciel, chez Contrebandiers:

Il a fait tout un livre comme ça, avec juste des cartes IGN dans lesquelles un patelin porte un nom d’écrivain !

J’irais jeter un œil à ce vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire.

humptius dumptius, pour ce qui concerne Lawrence Block, j’apprécie beaucoup son libraire monte–en–l’air, mais son ex alcolo repenti a fini par me fatiguer, Chandler, oui, c’est un oubli, et Thomson, bien sûr aussi, pour ce qui est de Sallis, j’y ai pensé, mais il est vraiment très noir ;o), tout comme Rolo Diez, fantastique argentin exilé au Mexique, mais aussi très très noir, quand à Lansdale, Winslow et Temple, ça ne me dit rien, je vais me renseigner. Quand à Tom Sharpe, je l’ai lu, mais il n’est pas très polar. Pour ce qui est d’Arno Schmidt, Jean-François Vilar et William Kotzwinkle, je ne connais pas non plus.

Sinon, c’est Ed Mc Bain que je pensais encore vivant, mais en fait, dans cette liste, seul Simons est encore parmi nous, je corrige de suite.

Quand au progressiste, j’avoue ne plus trop y avoir pensé pour chaque auteur, mais oui, c’est de plus en plus nécessaire, même si le mot n’est certainement pas le bon. À l’époque formidable que nous vivons, il est de plus en plus nécessaire, indispensable de s’indigner, de s’insurger, de se révolter, à cause d’ ACTA, à cause des abeilles, à cause de Syngenta et de Monsanto, à cause que je refuse de faire des papiers d’identité parce que je n’ai pas le droit de sourire sur la photo, à cause des marchands d’armes, à cause des moteurs à explosion, à cause du nucléaire, à cause des téléphones qui sont capables de transmettre le son même éteints, à cause des forêts primaires qui disparaissent pour faire pousser un ersatz de pétrole, à cause des ratons laveurs, à cause des téléphones desquels on ne peut pas enlever la batterie, à cause que plus rien n’a de valeur autre que celle de l’argent, à cause du pape, à cause des ratons laveurs, à cause des imams, à cause de la tévé, à cause du foute (dont je me fout), à cause des ratons laveurs, à cause de jeunes qui dessinent au marqueur un escargot avec en dessous l’ignoble mot « DÉCROISSANCE » sur une pub dans le métro et qui se tapent 60 heures de garde à vue parce qu’ils avaient un cutter, enfin toussa… Et puis surtout parce que je ne supporte plus très bien de lire des types dont j’ai l’impression qu’il cautionnent tout ce système foireux, et que le seul idéal, c’est d’être en haut pour s’essuyer les pieds sur la gueule de celui qui est en dessous. Quand à ma liste, je sais bien que Nabokov n’était pas vraiment sympathisant communiste, mais, c’était Nabokov, de même que Simons ne donne pas vraiment l’impression d’appeler à voter Arlette, mais il a écrit Les cantos d’hyperion et Ilium et Olympos, et puis ils sont juste cités comme incontournables à avoir lu, pas plus. Il est bien évident que la couleur politique ou des caleçons d’un auteur n’a aucune influence sur son talent, mais, entre un type talentueux dont je partage les idées, et un type talentueux dont les idées me donnent la nausée, mon choix est assez vite fait. Je m’emporte, je m’emporte, mais c’est pas ça qui va empêcher la Voie lactée de se crasher dans Andromède…

Modane, bienvenue !

Jean–Yves, bin ce bouquin, Pourquoi, j’ai mangé mon père, je le trouve excellent, j’en ai même offert un à mon père, et l’ai fait lire à mon fils, mais ce n’était pas sa place, il est à mourir de rire, certes, mais ce n’est pas un polar, et on peux difficilement parler de SF. ;o)

Quand à la qualité d’une couverture, d’un papier, je suis bien d’accord, c’est vraiment important aussi, pour ça (et le contenu aussi), j’aime bien Rivages (en poche), les Atalante (quoique assez fragiles) sont aussi très agréables, j’adore le logo du diable vauvert, le clin d’œil des éditions La Branche (et la collection Suite noire, chez le même, de même que la couverture ajourée de la série Vendredi 13, toujours chez le même).

kris, je ne me suis pas posé la question, j’avoue que la photo devant la mer + Ouest France m’ont bêtement laissé penser que c’était un pigiste local qui l’avait faite… Naïf je suis, et j’espère bien le rester.

JP01, ravi de t’avoir donné de nouvelles pistes, quand à l’excellent Hiaasen, c’est une voisine qui me l’avait fait découvrir, tout comme Jasper Fforde et L’affaire Jane Eyre, dont je me demande comment j’ai pu oublier d’en parler  !

pat3, je n’ai pas d’autres critères que le plaisir, c’est une des raisons pour lesquelles mes faveurs vont aux noirs avec un grand sourire, le noir désespoir m’épuisant, j’ai du mal à en lire plus de 3 ou 4 par an.

Dick, oui, je comprends, quand on met le doigt dedans, c’est difficile de s’arrêter, mais j’ai quand même eu du mal sur les deux trois derniers, il était barré un peu trop loin pour moi, mais Ubik reste pour moi un des sommets du genre. Enfin si tu accroches à Dick, tu devrais pouvoir essayer La horde du Contrevent de Damasio, en tout cas, je suis ému d’ouvrir un horizon infini !

Pour ce qui est de Paasilinna, hormis Prisonniers du Paradis, j’ai proposé ceux qui étaient le plus dans une mouvance fantastique, pour ne pas trop sortir du cadre que je m’étais fixé, mais oui, je garde aussi un excellent souvenir du Lièvre de Vatanen, tout comme du Bestial serviteur du pasteur Huuskonen, pour les rencontres du troisième type. Saga, c’est pareil, j’ai aussi adoré ce bouquin, mais il n’était pas trop dans la ligne du parti ;o).

Pour ce qui est du feuilleton hebdomadaire, j’avoue y avoir pensé depuis longtemps, mais, d’une part, je ne m’en sent pas la capacité ni le courage, et puis cet article devait, dans mon idée de départ, présenter trois ou quatre auteurs en polar, et autant en SF, c’est au fil de l’écriture que je me disait :« Ah, mais et lui, faut que j’en parle aussi, et puis lui aussi… », cette indigestation s’est donc produite à l’insu de mon plein gré et j’en suis bien désolé. Et puis, je le répêêêêêêêêête : c’était bien au–delà de mes capacités de rédaction d’évoquer un auteur plus que je ne l’ai fait là, j’ai honte de la pauvreté de mon langage et du manque de rythme de mes phrases, surtout quand il s’agit d’évoquer de tels sommets, et puis je ne supporte pas d’avoir la moindre information au sujet d’un livre ou d’un film avant d’en profiter, ça me gâche le plaisir, j’aime être surpris, j’aime l’inconnu, et donc je ne voulais pas que quiconque souffrant du même problème se voie interdire la lecture d’un ouvrage parce que j’en aurais trop dévoilé, quelle horreur !

Pour ce qui concerne les questions intimes, saches que je vais sur mes 9/20e de siècle et que mon emploi salarié à 35 heures par semaine m’en laisse 133 pour le manger, le dodo (rarement plus de six heures, difficilement moins) et la lecture ;o). Dois–je rappeler que je ne lis pas la télévision, ne regarde pas la radio, ni n’écoute les journaux ? Pour ce qui est de la chine, je ne cherche pas, je trouve, c’est beaucoup plus simple !

Pour les photos d’auteur, je dois dire que je regrette l’époque des Séries Noires avec la petite photo de l’auteur sur la quatrième de couv, toujours signée Jacques Sassier la photo d’ailleurs. La quête et le choix des photos est ce qui m’a paru le plus facile et le plus agréable à faire dans cet article, et je trouve que celles que j’ai mis leur vont assez bien, pour la plupart, ça colle à leurs textes, même si j’ai parfois été un peu déçu de ce que je découvrais avec certains, ces gens sont très beaux !

z (j’ai l’impression que j’ai encore fait long, je répêêêêêêêêête : avec ça, vous allez vous plaindre qu’à cause de zit, vous n’avez pas le temps de lire ! ;o)

12)
pat3
, le 13.06.2012 à 20:14
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pat3, je n’ai pas d’autres critères que le plaisir, c’est une des raisons pour lesquelles mes faveurs vont aux noirs avec un grand sourire, le noir désespoir m’épuisant, j’ai du mal à en lire plus de 3 ou 4 par an.

Bien ce que j’ai compris au fil de l’égrenage des plaisirs… :-)

je ne supporte pas d’avoir la moindre information au sujet d’un livre ou d’un film avant d’en profiter, ça me gâche le plaisir, j’aime être surpris, j’aime l’inconnu, et donc je ne voulais pas que quiconque souffrant du même problème se voie interdire la lecture d’un ouvrage parce que j’en aurais trop dévoilé, quelle horreur !

Sur les livres oui, bien sûr, mais sur les auteurs, le style, ce qui te plaît chez eux… Tu n’as pas non plus abusé des citations, mais tu aurais pu en user un peu plus (c’est mon plaisir qui parle, j’adore découvrir un style en quelque phrase, me donner l’encre à la bouche en quelque sorte).

Dois–je rappeler que je ne lis pas la télévision, ne regarde pas la radio, ni n’écoute les journaux ?

Professionnellement, j’aurais du mal, et pour tout dire, je ne sais pas si je saurais faire… mais là, je t’envie. Bon, autre problème, j’ai encore des enfants à charge dont une en bas âge, ça n’aide pas à se retirer du ressac du monde.

La quête et le choix des photos est ce qui m’a paru le plus facile et le plus agréable à faire dans cet article

L’agrément, c’est ce que j’ai ressenti tout de suite; mais après, j’ai trouvé surprenant que la simple représentation de ceux qui nous livrent une part de leur imaginaire ait pris la valeur d’une porte ouverte sur leur monde. Je ne me l’explique pas, ça ne me l’avait jamais fait consciemment…

Oui, t’as fait long (et moi aussi, je sais), mais continue, ce fil mérite qu’on le déroule longtemps;-)

13)
levri
, le 13.06.2012 à 20:48
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Pas mal de goût communs avec toi, j’adore l’anticipation et bien d’autres choses.

Depuis tout petit je lis plusieurs livres par semaine, j’ai la chance de me satisfaire de peu de sommeil …

14)
zit
, le 14.06.2012 à 08:56
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Ah, et puis j’oubliais, à cause des banques ! Et puis par souci d’ordre esthétique, autant le rouge ou le vert se marient parfaitement avec le noir, autant le bleu marine, beuark ! ;o)

Pour ce qui est de Midnight examiner, de Kotzwinkle, il est dans ma bibliothèque, parmi les innombrables pas encore lu.

pat3, oui, des citations, j’aurais pu en mettre bien plus, c’est vrai que pour donner une idée du style, il n’y a pas mieux… Mais j’ai déjà passé de très nombreuses heures sur cet article (bon, quand on aime on ne compte pas) et donc, voilà.

z (et qui incidemment vient de se rendre compte que six heures de sommeil par nuit, c’est vraiment la perfection, je répêêêêêêêêêêêête : puisque six fois sept, ça nous fait quarante–deux heures de sommeil hebdomadaire ! étonnant, non ?)

15)
humptius dumptius
, le 14.06.2012 à 11:49
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C’est vrai que Sharpe, Arno Schmidt, mais Hiaasen aussi, c’est pas très polar, mais on se laisse filer. C’est vrai qu’avec 42 heures mensuelles de sommeil (environ), la concentration n’y est pas, en fait jamais, mais comme Calvino, etc. étaient cités, je n’ai pas freiné.

Manquent aussi l’école barcelonaise, tant qu’on y était, Montalban, Mendoza (Le labyrinthe aux olives), Ledesma, mais est-ce réellement du polar au sens classique. Sans parler de Taibo et du Cubain dont le nom ne me revient pas (ça, c’est quand j’aurai atteint le cap des 43 heures).

Quant aux livres qui restent en attente (environ 500 pour faire simple), soit c’est des phases cycliques (3 Rankin à la suite, 3 Kerr, 2 Heinichen), soit c’est de la caisse quand l’effet se recule.

En tout cas, je remrcie l’auteur de s’être éveillé, d’avoir élogé ce cher Pouy (des nouvelles de Jean-François Vilar ?) et ces bons vieux Papous que je remercie d’être passés en Podcast, parce que franchement quel putain d’horaire qui vous empêche de lessiver le Corton Charlemagne l’âme en paix.

Ce que j’aimais chez Chandler, c’était Lauren Bacall et cette anecdote biographique qui voulait que comme excuse à je ne sais plus quel magnat, Jack Warner ou autre, il avait expliqué que son Persan s’était endormi sur sa machine à écrire et qu’on ne dérangeait pas les dieux pour si peu. Un peu mieux que Faulkner (Scott truc, etc.) dans le genre faux-cul, et d’autant plus que ma Pounette 3 (une écaille de tortue aventureuse) m’avait fait la faveur d’écrire environ 460 lignes dans MacWrite en s’allongeant sur mon clavier. La modernité numérique, c’est de pouvoir mettre en annexe de ses travaux la contribution de la chatte, même si elle est restée un peu obscure à certains confrères académiques.

Mais comme le rappelait Pouy, je crois, ou peut-être Perec, je ne sais plus (vivement les 44 heures), bref, lorqu’on avait demandé à Modigliani quels tableaux il sauverait si sa maison prenait feu, il avait répondu :

« Je sauve le chat.»

L’humanité s’améliorerait sans doute si cette forme de lucidité (éthylisée) valait pour éthique.

Sur ce, retournons à nos œuvres du jour.

17)
zit
, le 18.06.2012 à 10:51
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humptius dumptius, c’est sûr, 42 heures mensuelles de sommeil, ça laisse le temps de lire ! Pour ce qui concerne l’école barcelonaise, je n’ai tâté que de Montalban, et Pepe Carvalho a rapidement fait partie de ces personnages récurants que je n’avais pas trop envie de revoir, je crois que j’ai été profondément choqué par cette manie qu’il a de brûler les livres… Les autres ne me disent rien (en particulier le cubain dont le nom ne te reviens pas ;o).

Et concernant Jean–François Vilar, j’avoue une méconnaissance absolue que je vais tenter de combler au plus vite, de villard, je ne connais que Marc, et encore, seulement à cause de ses complicités récentes avec Pouy.

Merci pour les anecdotes félines, j’avoue aussi apprécier la compagnie de ces compagnons si bien compris par Jacques Sternberg dans 188 contes à régler, et Cocteau qui disait préférer les chats aux chiens « parce qu’il n’y a pas de chats policiers ! ».

z (le chien dans l’attente de son maître à la maison : « S’il ne reviens pas, je n’aurais pas à manger, et je vais mourir de faim ! », je répêêêêêêêêêête : le chat dans l’attente de son maître à la maison : « S’il ne reviens pas, je n’aurais pas à manger, je vais devoir en dresser un autre… »)

PS : Pas cités, mais ils auraient quand même pu (dû) être là, deux « jeunes » qui dépotent : le norvégien Jo Nesbø, à lire absolument dans l’ordre, et le français Caryl Férey, très noir, et très Rock n’ Roll (tendance Punk–rock…), et comme c’est tout frais, assez faciles à trouver…

18)
guru
, le 18.06.2012 à 18:01
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J’ai une intégrale d’Ellery Queen qui ne sont pas mal comme auteurs de polars bien classiques. Ils me semblent bien oubliés ces deux là, et pourtant ils ne le méritent pas!

20)
zit
, le 19.06.2012 à 22:58
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Bin heuu, les boucs ont déjà bien donné, comme émissaires, faut tourner ;o).

z (et comment se fait–il que nulle part n’aie été mentionné Ray Bradbury ? je répêêêêêêêêête : et l’extraordinaire Manuscrit trouvé dans une baignoire du polonais Ion Tichy –mais le reste de ses écrits ne m’a pas tourneboulé–)

Quand à la reine elle se mare (Ellery Queen), je n’ai jamais tenté, mais je suis très difficile sur l’ancien, souvent bien trop conservateur à mes yeux…