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Le judo

Voilà à peu près 15 ans que je pratique ce sport… Les photos qui suivent n’ont rien à voir avec ma pratique personnelle : à 55 ans, je suis classé dans les vétérans, qui vont suivre un cours technique une fois par semaine, deux fois au maximum ! Ma fille aînée (12 ans) a commencé le judo il y a quelques années, mais au bout de 6 mois, lors du passage réussi à la ceinture jaune, le prof a demandé très sûr de lui «Est-ce que quelqu’un veut arrêter ?» Elle a répondu «moi !».

La honte !

Le judo, elle a détesté : trop dur, trop rigide, trop de discipline…

La petite (8 ans) fait de la Capoera, un sport brésilien entre les arts martiaux et la danse. Et elle adore ça ; je n’ai même pas osé lui parler de judo, tellement l'esprit en est différent !

Comme ça faisait longtemps que je voulais faire des photos spectaculaires de compétiteurs, je suis retourné un mercredi soir à l’occasion de l’entraînement des ceintures noires, après avoir demandé au club l’autorisation de faire des photos (et que je remercie au passage). Ma fille aînée m’a accompagné, je me suis dit que ça la motiverait peut-être à reprendre le judo… Raté ! Elle a plutôt été effrayée.

Je ne sais pas si vous avez assisté à un entraînement de compétiteurs : c’est dur, mais alors très dur, l’entraîneur ne fait pas dans les civilités courtoises, les perdants sont «punis» et vont transpirer quelques litres en plus !  

Et à la fin on entend : «ça vous a plu ? et bien la prochaine fois ça sera encore plus dur !»

Pour les photos, il y a intérêt à être attentif, car parfois un judoka de 90 kg gicle en dehors des tatamis (les tatamis, ce sont ces tapis qui permettent d’amortir les chutes). Et croyez-moi, ce genre de chocs, c’est pas bon pour le matériel photo, ni pour le photographe, d’ailleurs !

Petite histoire du judo

Le judo a été créé par Maître Jigoro Kano, à la fin du 19e siècle au Japon. Pour simplifier, disons que c’était un pratiquant du jiu-jitsu pas très avantagé physiquement, qui a décidé de développer une technique permettant d’exploiter la force de l’adversaire en utilisant la souplesse et un équilibre parfait. Comme cette discipline était très complexe et difficile à acquérir, il fonda la première école de judo : le Kodokan. Le judo est devenu un sport olympique en 1972.

Je rappelle que le judo est un art martial fondé sur le respect mutuel et basé sur un code d’honneur fondé sur la non-violence. Indispensable, car à un certain stade de technique, détruire un bras ou amener une asphyxie grave par étranglement devient très facile. Ce qui explique que les combats ne dégénèrent jamais, qu’on a jamais vu de hooligans entrer sur les tatamis, ou de judokas se mordre les oreilles… Rien à voir avec certains matches de boxe, ou des horreurs du style «Ultimate fighting» où on se tape dessus en mélangeant toutes les techniques, y compris le judo, hélas (et où il faut laver le sang à la serpillère après chaque combat)… Quant au dopage, malheureusement il existe bel et bien dans ce sport, même si ça reste assez marginal.

Le judo se signale par des techniques de projections debout (Nage waza), et des techniques de contrôle au sol (Katame waza) visant à immobiliser, étrangler, ou luxer un bras. Les coups (atémis), luxations de jambes ou de mains, attaques au visage, sont interdits. Certaines pratiques du judo traditionnel autorisent des frappes violentes, mais elles doivent alors être simulées (katas).

Aujourd’hui, le judo est accessible à toutes et tous, sous forme de cours techniques, ou plus intensif et orienté vers le combat (je n’aime pas ce terme, en japonais c’est «randori», soit «saisies libres», une sorte de combat doux et souple.) Le combat réel (shiai) est à proscrire pour ceux qui ne font pas de la compétition : c’est dangereux, et à ce rythme, pour quelqu’un qui n’a pas un entraînement spécifique, impossible de tenir plus de 2 ou 3 minutes ! Mais il y a aussi les «katas», forme de judo traditionnel très codifié, indispensable pour le passage des «dan».

A Lausanne, maître Katanishi (7e dan) enseigne cet art au Judokwai. Pour les débutants et les ceintures intermédiaires, rien à voir avec l’ambiance des compétiteurs, c’est plutôt la douceur et la pédagogie qui sont à l’honneur. Il y a deux autres clubs de judo à Lausanne : Le Reihjikan et l’école de judo Mikami.

Pour les enfants, qui sont nombreux à pratiquer ce sport, c’est un peu plus complexe : certains supportent la discipline, d’autres pas.

Je laisse le mot de la fin à ma fille après avoir vu l’entraînement des compétiteurs: «Tu veux reprendre le judo ?» «Ah non alors»

«Mais tu ne fais aucun sport, il n’y en a pas un qui t’intéresse ?»

«Oui, le rugby»

Sans commentaires…

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Une immobilisation de base: Kusure Kesa Katame

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Une clé de bras très efficace: Juji Gatame

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Un étranglement non moins redoutable: Kata Ha Jime

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Pendant l'entraînement, on rigole parfois…

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… Mais en écoutant les remontrances de l'entraîneur, Sergeï Aschwanden, ça rigole moins!

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La saisie habituelle debout: le Kumi-kata, toute une science!

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Une tentative d'entrer un Uchi-mata, dangereux pour le photographe!

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A ce stade, la chute semble inévitable…

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Les attaques sont très rapides, et le judoka en bleu se met en position défensive.

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Un O Soto Gari (grand fauchage extérieur) très réussi.

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Ouille, ouille, bobo!

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La punition pour ceux qui ont perdu les combats… Essayez un peu après 1h30 d'efforts intensifs, vous m'en direz des nouvelles!

 

 

 

 

28 commentaires
1)
François Cuneo
, le 30.01.2012 à 07:26
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Ouille ouille ouille.

Je me suis trompé en mettant la date, l’article paraît un tout petit peu tard, désolé.

Cela dit je l’ai lu hier déjà.

Je n’aime pas tomber, même sur un tapis.

J’ai suivi mes deux plus grands qui sont allés jusqu’à la ceinture jaune.

Le bruit de ces chutes…

Je n’en ferai donc pas!

Mais très beau sport, plein de discipline et de maîtrise de soi.

2)
flup
, le 30.01.2012 à 08:24
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Très belles photos, particulièrement la capture des mouvements.

J’ai fait du judo vers l’âge de 7-8 ans, avant de laisser la priorité au piano (les 2 ne font pas toujours bon ménage). 25 ans plus tard, mon gamin a commencé l’aïkido (moins “combatif” mais plus “chorégraphique”) et j’ai commencé le kyudo (tir à l’arc) où le seul adversaire, c’est soi-même.

3)
Franck Pastor
, le 30.01.2012 à 08:47
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Belles photos, qui m’ont rendu un tantinet nostalgique :-(

J’ai fait du judo pendant dix-sept ans sans discontinuer, deux séances d’entraînement par semaine plus les éventuels stages et compétitions, de l’âge de dix ans jusqu’à vingt-sept ans. Au bout de quinze ans j’ai eu la ceinture noire, et puis, sans trop savoir pourquoi, j’ai perdu l’envie de retourner sur les tatamis. Ça fait maintenant treize ans que je n’en fais plus…

Mes spéciaux étaient les prises de hanche (uchi-mata, harai-goshi) et les fauchages intérieurs (o-uchi-gari et ko-uchi-gari). J’étais une sorte de terreur dans mon club mais pas à cause de mes spéciaux ou de ma valeur : parce que j’étais le seul gaucher ! Moi j’avais l’habitude de tomber à droite, mais les copains n’avaient pas l’habitude des prises à gauche et de tomber à gauche :-) J’ai d’ailleurs gagné pas mal de vrais combats en surprenant l’adversaire dès ma première attaque !

D’après mes souvenirs, le judo au sol s’appelle ne-waza et non katame-waza, mais je peux me tromper.

L’entraîneur dont il est question ici, ce Sergeï Aschwanden, m’aurait fait fuir aussi. Pas parce que ses entrainements sont durs physiquement (c’est toujours vrai), mais jamais aucun de mes entraîneurs n’auraient eu l’idée de punir quelqu’un parce qu’il avait perdu !!! Cette idée me révulse ! Ce n’est pas du judo, ça. C’est peut-être pour cela que ta fille est partie, Tristan ? En judo, perdre ne doit JAMAIS être honteux. Chacun doit faire comme il peut, du mieux qu’il peut, et c’est tout.

4)
Franck Pastor
, le 30.01.2012 à 09:04
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Je n’aime pas tomber, même sur un tapis.

J’ai suivi mes deux plus grands qui sont allés jusqu’à la ceinture jaune.

Le bruit de ces chutes…

Justement, on apprend à tomber en judo, les chutes y sont très rarement douloureuses. Crois-moi sur parole, j’ai dû tomber des milliers de fois, et pas pour rire ! :-) C’est le principe des brise-chutes, qu’on apprend dès le début. Le bruit que tu entendais était sûrement celui des bras et mains qui claquaient le sol pour amortir la réception.

5)
Tristan Boy de la Tour
, le 30.01.2012 à 09:30
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L’entraîneur dont il est question ici, ce Sergeï Aschwanden, m’aurait fait fuir aussi. Pas parce que ses entrainements sont durs physiquement (c’est toujours vrai), mais jamais aucun de mes entraîneurs n’auraient eu l’idée de punir quelqu’un parce qu’il avait perdu !!! Cette idée me révulse ! Ce n’est pas du judo, ça.

Oui Frank, je suis d’accord avec toi. Mais le judo de compétition, c’est comme dans tous les autres sports de compétition, la barre est placée de plus en plus haut. Et on ne sais plus quoi inventer pour atteindre la performance: pas étonnant dans ces conditions que le dopage fasse son apparition, ce qui est un comble dans un sport comme le judo, basé sur l’éthique et le respect des autres…

Mais on impose pas encore le port de judogi (kimono) remplis de marques et de sponsors, ni de casques avec caméra incorporée. Mais ça viendra peut-être…

Ma fille ne faisait pas de compétition, elle a simplement été jusqu’à la ceinture jaune. C’est la discipline qui la rebutait. Et pourtant, en tant que gauchère, elle aurait pu progresser rapidement.

6)
levri
, le 30.01.2012 à 11:49
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Sur nos tables comme au sol les japoniaiseries sont tendances depuis quelques décennies, le judo est un “sport de combat” comme d’autres et comme les autres il a sa mystique propre … demandez à un boxeur, lui aussi vous exposera la beauté de la boxe et vous expliquera la philosophie sous-jacente.

C’est vrai que beaucoup d’enfants font du judo, est ce une discipline éducative à violence ritualisée de plus ?

Les sports de combat autochtones semblent être dépassés, à moins que nous devenions si influençables qu’il ne nous reste que la possibilité de nous immerger dans des mystiques pré-fabriquées …

Le Français manque tellement de mots pour s’exprimer qu’il est dans l’obligation de chercher de plus en plus de mots dans les autres cultures, “arc” a vraisemblablement été oublié par les académistes, c’est pour ça qu’on parle de “kyudo” …

Les utilisateurs d’arcs Anglais qui nous ont mis quelques pilées il y a quelques siècles avaient eux aussi leur mystique du tir à l’arc, chacun sait que ce n’est pas important de toucher la cible ce qui l’est c’est de bien tirer et qu’il faut aussi se mettre dans un état de perception spécifique afin de devenir la cible, il devient évident de l’atteindre.

Pourquoi ne pas tirer à l’arc droit, rustique et simple , Pourquoi ne pas tirer à “l’arc nature” ou à “l’arc chasse” ? ce sont des disciplines bien de chez nous très conviviales et peu coûteuses, leur pratique permet même d’échanger nos particularismes culturels avec nos amis Nippons.

7)
fxc
, le 30.01.2012 à 12:05
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Le Français manque tellement de mots pour s’exprimer qu’il est dans l’obligation de chercher de plus en plus de mots dans les autres culture, “arc” a vraisemblablement été oublié par les académistes, c’est pour ça qu’on parle de “kyudo” …

et j’te parle pas du bouquet…(;D

8)
ThierryS
, le 30.01.2012 à 12:07
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Bonjour

Merci pour ce “reportage” qui a titiller des neurones très enfouis dans mon cerveau de vieux quinqua. Ado, j’ai fait du Judo jusqu’à une ceinture noire deuxième Dan. Mon de ashi barai était assez violent et efficace. Notre maître, un ancien champion de France, avait réussit a élever notre petit club de banlieue à un niveau suffisamment élevé pour effectuer quelques stages d’entrainement internationaux. Cela nous avait permit de côtoyer quelques champions que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître comme Jean-luc Rougé ou Jean-Paul Coche .

Jamais, je n’ai vu un maître punir un élève et ceci quelque soit son niveau. De toute façon, non seulement ce n’est pas dans la philosophie de ce sport mais de plus est ce véritablement efficace ?

Nous sommes, il me semble, de nombreux d’enseignants à lire CUK et je suis convaincu qu’aucun d’entre nous ne cautionnera ce type de pédagogie qui date de l’époque révolue de la règle en fer sur les doigts ou la mise au coin sous le bureau.

9)
pcis
, le 30.01.2012 à 12:11
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voila un sport qui me passionne, non pour sa pratique mais j’essaie depuis quelques années de le photographier, dans des gymnases mal éclairés ce n’est pas évident.

j’aime bien le code moral dans le judo pratiqué en France, je ne sais pas s’il est adopté dans d’autres pays?

pour info le kimono bleu est réservé, en France, aux compétitions internationales.

pour finir quelques centaines (milliers?) de photos sur ma galerie mobile me consacrées au judo : http://gallery.me.com/pierre.collin

10)
Tristan Boy de la Tour
, le 30.01.2012 à 12:42
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Jamais, je n’ai vu un maître punir un élève et ceci quelque soit son niveau. De toute façon, non seulement ce n’est pas dans la philosophie de ce sport mais de plus est ce véritablement efficace ?

Encore une fois, je n’aime pas trop ce genre de pédagogie. Mais il s’agit d’un entraînement, et non d’un cours. Et je suis persuadé que dans tous les sports à ce niveau de compétition, c’est pareil. Il ne faut pas exagérer non plus, 2 ou 3 grimpers de corde n’ont jamais tué personne… Je compare à un certain propriétaire d’un fameux club de foot suisse, actuellement à l’ombre, qui menaçait ses joueurs de mort s’ils perdaient le match! On est quand même loin du compte…

11)
FBay
, le 30.01.2012 à 12:47
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Merci pour cet article ! Je suis judoka depuis 17 ans, et j’apprécie toujours de lire quelque chose sur ce magnifique sport.

Je prends également beaucoup de photos, pas évident en effet, dans ces salles mal éclairées, avec ces tapis qui semblent “manger” la lumière ;)

Si François me permet, j’en profite pour glisser un lien vers un petit logiciel gratuit d’aide à l’arbitrage du judo, que j’ai développé pour iPhone/iPad. Si cela peut aider quelques profs/arbitres…

Judo V2.0

12)
levri
, le 30.01.2012 à 15:23
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Il existe des dizaines “d’arts martiaux”, en quoi le judo s’en différencie-t-il et pourquoi y a-t-il tant de pratiquants dans les pays occidentaux, même si le plus souvent ils arrêtent très rapidement ?

“Arts martiaux” c’est une expression jolie, mais dit crûment ça reste une technique de combat, si on reste objectif une technique de combat doit donner des résultats, c’est à dire qu’en cas de problème elle doit permettre de mettre au tapis l’ennemi, le Judo est il plus efficace dans cette optique que d’autres techniques ?

Les pays bellicistes ne semblent pas de cet avis, ils préfèrent fournir la traditionnelle Kalachnikov, si économique et fiable aux gosses de dix ans … ce qui leur permet de mettre au tapis n’importe quel xième dan avec une formation minimale, n’est ce pas ?

13)
Franck Pastor
, le 30.01.2012 à 15:34
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Le judo a plusieurs aspects qu’on peut cumuler ou non. On peut choisir à la carte en quelque sorte. C’est à mon avis une des clés de son succès.

  • C’est effectivement un sport de combat, avec compétitions et catégorie de poids à la clé. On peut le voir alors comme une sorte de lutte, avec veste et pantalon. Même si cela a tendance à se relâcher ces dernières décennies, cela reste très codifié, et le respect de l’adversaire n’y est pas une légende. Cet aspect-là du judo peut avoir tous les travers du sport de compétition, mais présente quand même, outre son côté défouloir, un certain aspect éducatif.
  • C’est aussi un arsenal de techniques de self-défense. Dans ce cas, cela s’appelle plutôt jiu-jitsu (voie/art de la souplesse). J’en ai fait un peu, pas assez pour en parler comme un expert le ferait, mais ça semble suffisamment efficace « en situation ». Évidemment, contre une rafale de kalachnikov… mais la kalachnikov n’est pas ce qu’on rencontre le plus souvent au détour d’une ruelle sombre.
  • La progression en judo pour et partir de la ceinture noire peut se faire par la compétition, mais également par les « katas », dont Tristan a également parlé : un ensemble cérémonial complexe de mouvements à reproduire au millimètre. Dans ce cas, pas de compétition, mais quelque chose qui peut s’apparenter à de la danse (sans musique :-)) et qui peut intéresser les allergiques à la compétition, justement. C’est aussi un pont entre les techniques du judo de compétition et celles du jiu-jitsu.
14)
Tristan Boy de la Tour
, le 30.01.2012 à 16:03
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La progression en judo pour et partir de la ceinture noire peut se faire par la compétition, mais également par les « katas », dont Tristan a également parlé : un ensemble cérémonial complexe de mouvements à reproduire au millimètre.

Cette vidéo montre bien l’efficacité du judo, pour autant que la technique soit maîtrisée… D’abord un Ura nage version «débutant» et dans seconde partie la version «avancé» (1er dan minimum). On voit bien le principe dans ce mouvement de kata: l’attaquant se jette sur vous avec un couteau, et vous utilisez son élan pour le projeter avec une très grande puissance. Dans la version «avancée», la chute est très très rude, heureusement les tatamis sont souples!

15)
yoghi
, le 30.01.2012 à 17:22
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ca me rapelle aussi des souvenirs…et comme ta fille… à force de s’entrainer et se rendre compte que ca demande encore plus… quand on est enfant c’est frustrant… je me suis aussi arreté à la jaune…

Par contre au niveau de la souplesse c’est excellent! de quoi amortir mes chutes de snowboard à l’époque…on l’appelle pas la voie de la souplesse?

autrement y a pas longtemps suis “tombé” sur cette demo très sympa: http://www.youtube.com/watch?v=N3OfueV_RI0

16)
levri
, le 30.01.2012 à 17:38
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l’attaquant se jette sur vous avec un couteau, et vous utilisez son élan pour le projeter avec une très grande puissance.

On est dans le mythe de la supériorité sur les autres. Dans la rue les gosses de dix ans ont pu apprendre qu’il ne fallait jamais sortir une arme avant d’être certain que l’adversaire n’avait pas quelque chose de plus puissant, il ont pu apprendre aussi qu’il ne fallait jamais sortir une arme avant d’être prêt à s’en servir pour abattre l’adversaire au premier coup.

L’exemple de la citation nécessite que l’utilisateur de couteau soit une petite frappe ignorante ou quelqu’un de coopératif, ça marche en démo ou au cinéma, c’est tout.

Si on parle de l’aspect philosophique de cette technique belliciste on peut aisément lui substituer la philosophie non agressive, la contemplation du nombril ou tout simplement l’observation de la bêtise humaine n’est ce pas ?

Si on cherche le contact physique on peut faire de la danse ou du sport en chambre, non ?

17)
Blues
, le 30.01.2012 à 20:33
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Tristan, j’ai 52 ans, mais je ne pratique plus le judo depuis 35 ans. J’ai eu Mr. Mikami comme prof (au Judo Kwaï de la Borde de 1967 à 1976, à l’époque c’était un sport “novateur” pour la Suisse), j’ai commencé tout petiot et ai pratiqué durant 8 ou 9 ans. Après avoir échoué à la ceinture brune, j’ai donc arrêté à la fin de la bleu. A part ça, pleins de bons souvenirs ! (PS: je ne rappelle d’aucune punition à l’époque)

Comme je me faisais “taper dessus” à l’école, ma parenté m’avais poussé à faire un sport de combat “cool”, finalement je n’ai jamais utilisé une prise pour me défendre, la seule fois où j’ai réagis très fort, c’est un gros poing dans la G…. qui est parti. On ne m’a plus jamais embêté après cela.

18)
6ix
, le 30.01.2012 à 21:31
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J’ai eu l’occasion d’en pratiquer un peu (quelques années seulement), notamment aux sport universitaires de Lausanne, avec Bernard Wirz. Peut-être d’autres personnes ici ont eu l’occasion de suivre ses cours?

C’est en tout cas un personnage totalement passionné par les arts martiaux, et j’encourage les personnes qui aiment ce sport, son histoire et sa philosophie à jeter un oeil à son livre.

19)
pat3
, le 30.01.2012 à 22:13
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Le judo a pour moi le goût de la madeleine de Proust. Gamin, j’avais totalement adhéré à la philosophie (au passage, si tout le monde la connaît plus ou moins, c’est qu’elle fait partie de l’enseignement, ce qui est quand même déjà autre chose que d’autres sports de combat). Mon maître de l’époque était un vrai passionné, et, fait rare, nous avons été plusieurs à le suivre de club en club. J’ai arrêté à la ceinture bleue, je ne sais pas trop pourquoi (si, les compètes qui devenaient assez dures, et je n’avais pas l’esprit de compétition). Mais j’ai toujours gardé de l’affection pour ce sport, et je me souviens d’avoir vu Jean-Luc Rougé devenir champion du monde à la télé, après un combat fait de petites prises extrêmement fines : si je me souviens bien, un petit balayage ayant juste déstabilisé son adversaire; aucun des deux n’étaient tombés, tout s’était joué sur un léger défaut de vigilance…

Le bruit des chutes dont parle François, c’est celui qu’on fait en tapant du bras et de la main au sol, et j’ai rarement vu aussi efficace en cas de chute. J’ai d’ailleurs une anecdote à ce propos qui m’a marquée à vie: en rentrant du judo à vélo, je devais avoir dans les dix ans, j’ai fait une chute radicale: le boulon de la manette des vitesses (à l’époque, elles étaient actionnées par une manette fixée au cadre) s’était dévissé, et la manette s’est détachée et prise dans les rayons de la roue avant. Je roulais vite, l’arrêt fut spectaculaire; le vélo a freiné mieux qu’avec n’importe quel frein et j’ai fait un vol plané par dessus. Je me souviens encore de la sensation vécue à ce moment-là, une sorte de ralenti dans une action très rapide avec l’impression d’en connaître la fin – j’allais me briser le cou. Mais…
J’ai juste fait un roulade de judo, et avec l’élan, elle m’a remis immédiatement sur pied. Je reste persuadé que sans le judo, j’y serais tout simplement resté.

Comme cela est plus à un sport de défense qu’un sport d’attaque (jamais vu quelqu’un attaquer avec un ippon soe nage), qu’on apprend pas (ou tard) à porter des coups, mais à retourner la violence d’un agresseur contre lui-même, j’avoue ne pas comprendre les réticences de levri…

20)
levri
, le 31.01.2012 à 09:22
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cela est plus à un sport de défense qu’un sport d’attaque (jamais vu quelqu’un attaquer avec un ippon soe nage), qu’on apprend pas (ou tard) à porter des coups, mais à retourner la violence d’un agresseur contre lui-même, j’avoue ne pas comprendre les réticences de levri…

Je suis seulement réticent face à l’acceptation sans réflexion d’une technique de combat, je n’ai rien contre un billet sur le Judo, mais je m’interrogeais sur l’acceptation aveugle de ce sport de combat et sa valeur éducative pour nos chérubins.

Dans le monde réel sa valeur en tant que technique de défense est extrêmement limitée. Nous avons des dizaines de techniques de combats autochtones, des milliers de philosophies valables, pourquoi le Judo ?

Le judo ou n’importe quel autre “art martial” Japonais, Chinois, Coréen ou autre comme philosophie indispensable, ça me fait rigoler, ce sont juste des sports de combat ritualisés et maniérés, ce qui ne leur donne pas plus de valeur ni de justification.

Le seul combat vraiment gagné est celui qui n’a pas lieu !

21)
Matkinson
, le 31.01.2012 à 13:45
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Petit j’ai fait beaucoup d’aïkido (pendant 10 ans) et je me suis arrêté avant la ceinture noire, car ça ne me convenait plus. Et bien maintenant je regrette d’avoir arrêté, parce qu’effectivement il y a une certaine philosophie de vie (avec une certaine souplesse et un certain défoulement) qui y était associé.

J’imagine très bien que ça doit être la même chose en judo!

22)
levri
, le 31.01.2012 à 14:16
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On peut trouver “une certaine philosophie de vie” à peut près dans n’importe quoi, cette expression peut essayer de valoriser ou justifier tout et rien !

En quoi les philosophies martiales orientales peuvent elles amener quelque chose qu’on ne pourrait trouver autre part ?

Je suis d’une ignorance crasse, quelqu’un pourrait il développer cette merveilleuse philosophie qui blinde les pratiquants face aux couteaux ?

J’ai retenu que lorsqu’on prend des photos on risque de se retrouver aux urgences si on se prend un gars de 90 kg dans la figure et qu’il faut mieux gagner si on veut éviter la punition, il y a autre chose ?

Le judo a-t-il de l’intérêt ou n’est qu’un produit marketing de plus ?

23)
FBay
, le 31.01.2012 à 14:32
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Dans le monde réel sa valeur en tant que technique de défense est extrêmement limitée. Nous avons des dizaines de techniques de combats autochtones, des milliers de philosophies valables, pourquoi le Judo ?

Parce que pour agresser quelqu’un, il y a bien mieux que le judo. Le judo ne connait ni les coups de poings, ni les coups de pieds. Il permet de projeter, mais toujours plus efficacement si l’opposant est déséquilibré par sa propre attaque.

Mon professeur disait (et dit toujours, du haut de ses 72 ans) : “le plus difficile au judo c’est apprendre à ne pas opposer la force à la force”. Ainsi, si quelqu’un me pousse, le réflexe classique sera de pousser en retour. Le judo apprend à faire l’inverse, à se servir de cette poussée.

24)
pat3
, le 31.01.2012 à 15:10
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La légende dit que Jigoro Kano a “inventé” le judo en regardant les branches des arbres résister à la neige; les plus grosses en résistant jusqu’à se casser sous le poids, les plus fines en ployant et laissant glisser la neige.

C’est juste cette “voie de la souplesse” que j’ai apprécié dans le judo, et les règles de respect qui régnaient sur les tatamis quand je l’ai apprise : jamais monter sur les tatamis sans saluer, jamais commencer un combat avec un adversaire sans le saluer, jamais terminer un combat sans saluer. Un respect permanent. La compétition perdait pas mal de cet esprit, même si les gestes demeuraient, ce qui m’a éloigné du judo, à la longue (mais aussi du foot, de l’athlétisme, le fanatisme parental est en soi assez effrayant sur le bord du terrain).

Pour le reste, moi qui était une boule de nerfs râleuse, gamin, j’ai appris au judo quelques techniques de retour au calme. Mais pour avoir vu des entrainements de boxe, de tae kwan do, de savate et d’autres sport de combat, je continue à trouver le judo différent dans son approche de non agression, et de retournement de l’agression vers l’agresseur, en utilisant sa force (le jiu-jitsu procède aussi de cette approche). Ce n’est pas ce qu’on voit dans le karaté, par exemple. Mais il y a de sombres conn*rds dans le judo aussi (j’ai désinscrit mes fils du club du quartier quand j’ai vu l’état d’esprit qui y régnait).

Après quand tu dis pourquoi le judo, je dis pourquoi pas le judo? L’idée reste celle d’une maîtrise émotionnelle et corporelle de soi. Rien, mais rien ne blinde face au couteau, si ce n’est une armure, surtout si son utilisateur est entrainé pour s’en servir. Mais ne serait-ce que pour éviter l’affrontement, le sang-froid que peut te procurer (et que j’ai en grande partie appris avec) le judo est déjà précieux. La voie de la souplesse est aussi mentale. Ayant vécu quelques situations difficiles dans la rue, plus jeune, j’ai aussi appris que la détermination et le sang-froid étaient aussi d’importants facteurs de non belligérance.

Cela dit, je n’habitais pas South Central, non plus, juste une cité HLM de Toulouse…

25)
levri
, le 31.01.2012 à 16:55
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@ FBay : Tu me cites parlant de la valeur du Judo comme technique de défense et tu me réponds en disant qu’il n’est pas agressif, il n’est peut être valable que face à un agresseur brutal et stupide, ce qui est de peu d’intérêt.

Ton professeur t’a appris à ne pas opposer la force à la force, il a raison dans la majorité des cas, un bon usage de la psychologie ou des jambes entraînées à la course donneraient un résultat équivalent ou supérieur sans entraînement nécessitant une discipline belliciste.

@ pat3 : On peut citer de jolies légendes valorisantes (chez nous on a aussi des histoire de roseaux, n’est ce pas ?), mais on peut aussi apprendre le respect sans se plier à des rituels convenus, tu parles de fanatisme aussi dans le Judo, n’est ce pas ? pour moi ce n’est pas plus valorisant que dans de nombreuses autres disciplines.

Le Judo comme n’importe quoi peut “calmer” un “jeune boule de nerf”, a-t-il quelque chose de plus que le reste ?

Tu dis “pourquoi pas le Judo” … effectivement, mais pourquoi devrait on se plonger dans des trucs ritualistes étrangers à notre culture ? n’existe-t-il pas des techniques martiales occidentales qui apprendraient le respect sans s’entourer d’une mystique artificielle et étrangère à notre culture ? pour moi tout ça c’est artificiel. Pas besoin de Judo pour apprendre le sang froid afin de maîtriser une situation critique.

Je suis entièrement d’accord sur le fait que détermination et sang froid favorisent la non belligérance … mais pas besoin de techniques bellicistes pour arriver à ce résultat.

Pour moi ces sports martiaux sont sans valeur en tant que défense efficace face à une agression, de nombreuses activités permettent d’apprendre le respect et même la souplesse sans s’encombrer de rituels inutiles. Si on met de côté la mystique superficielle ce ne sont que des sports de combats comme les autres.

J’arrête, j’ai compris, le Judo n’est qu’un loisir consumériste costumé de plus et on ne se blesse pas d’avantage qu’en faisant du ski. ;)

26)
Tristan Boy de la Tour
, le 31.01.2012 à 18:18
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@Levri: Il y a un truc qui t’échappe, le judo, c’est juste un sport avec un code éthique, ça sert à se faire plaisir… Pas à martyriser des gosses, attaquer des loubards de banlieue, ou gouverner le monde. En occident, il a aussi des sports basés sur une charte éthique rigoureuse, comme l’escrime par exemple!

Si tu veux écrire un article sur la boxe, la savate, ou la lutte à la culotte, fais-le, je le lirai avec plaisir.

27)
levri
, le 31.01.2012 à 19:36
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le judo, c’est juste un sport

On est d’accord, comme tous les autres sports il a une éthique, comme tous les autres il martyrise les gosses si on les force à le pratiquer et la satisfaction qu’on en tire va être fonction de la qualité des animateurs et des autres membres.

Contrairement à d’autres ça reste un sport martial (ce mot est tiré de Mars, dieu de la guerre n’est ce pas ?) et à la base il est originaire d’une culture et d’une époque belliciste.

Je voulais savoir si quelqu’un pouvait m’expliquer si le Judo avait un intérêt particulier par rapport aux milliers d’activités proposées actuellement, il semble que c’est juste une activité de combat d’importation parmi d’autres.

La majorité de ceux qui se sont exprimés semblent apprécier le Judo, mas je ne vois pas la motivation qui les a amenés à le pratiquer.

PS : Je ne suis pas totalement innocent, mais je ne pratique pas la savate ou d’autres activités violentes, je n’écrirai rien pour concurrencer le Judo, mon style est déplorable.

28)
Inconnu
, le 01.02.2012 à 09:39
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Pour les “art martiaux” , la compétion pour moi, et pratiquement “obligatoire” passé un certain niveau, a été un “non sens”. Je trouvais que c’était une régréssion. j’ai absolument refusé et détesté.( faut dire que c’etait a Lyon, année 70 en pleine époque ” Dominique Valera”). Cela revenait à “brutifier” sur quelques techniques telles des locomotives sur des rails. Annecdote, ayant “un chouilla” pratiqué, des années plus tard, ayant remis en dilettante, le couvert dans un “style” très différent ( du karaté brutal Sotokan au Karaté Shotokaî d’Egami ) , alors que ” départ de zéro” ceinture blanche, lors d’un ” reflexe éclair” j’ai “séché” le prof! tout esbaudi moi-même. les deux le ” cul parterre” ! s’interroger et rire!

Mais bon sang! c’est bien sur ! les vieux automatismes “mécaniques” des deux ou trois techniques travaillées lors de la “régression” … et là, le “prof” m’a reconnu! on avait “tiré” ensemble des années. auparavant! et dès que j’ai eu “l’ouverture” c’est “parti tout seul” Et l’on a fait le même constat sur la regression de la compétition.

Cela va faire plaisir a Levri, c’est aux antipodes de la “philo” rapportée.