Accueil   Semaine   Mois   Occaz'   Compte   Forum   Bas
Mercredi 11 janvier 2012
zit
Faire part de naissance : kiloptyque, « Ciel à la fenêtre II  ».

Kiloptyque, mais qu'est–ce–donc ?

C'est la raison pour laquelle je suis moins actif dans les commentaires ces derniers temps : je passe beaucoup de temps dans mon petit atelier à m'amuser beaucoup et à apprendre plein de nouvelles choses.

Un néologisme pour la manière de montrer des images, comme par exemple, deux images, ensemble, ça fait un diptyque, trois, un triptyque, quatre, un quadriptyque, et ainsi de suite, jusqu'à, mille...

Pour des raisons de mathématiques qui me dépassent, le kilo choisi, c'est un kilo binaire, soit 2¹⁰, soit, trente deux au carré, soit, mille–vingt–quatre. Il s'agit donc de montrer en une seule fois, un millier d'images.

Saluki avait déjà évoqué ma première tentative ici, les films étaient juste entre deux plaques de PMMA, vaguement tenus avec un peu de ruban adhésif, deux jours après, ça bâillait, les films pendaient comme des vielles chaussettes :

image

Ça ne le faisait pas du tout !

Il s'est passé quelques mois pendant lesquels j'ai essayé de trouver une solution, et c'est là que j'ai découvert la résine. Quelques tentatives m'ont convaincu (et j'aurais ma revanche) de la justesse de l'idée, et j'ai donc décidé de couler mes 32 bandes de 32 vues entre deux couches de résine époxy :

 

image

4 heures de boulot légèrement accélérées (dur, quatre heures avec un masque et la ventilation à fond)...

Ensuite, après de longs jours de polymérisation, ça se démoule facilement, mais non sans une certaine inquiétude.

image

Le voilà de dos, en plein usinage à la Dremel).

Ça serait bien si on pouvait voir la transparence.

Et pour ça, il faut de la lumière.

J'ai opté pour la LED (Diode Électro Luminescente, en français) :

image

En ruban, de la bonne, en 24 volts.

image

Pas mal de LED...

image

Une bande de 1,20 m par film,

image

soit exactement 38,4 mètres en tout...

Toutes à souder les + sur les + et les - sur les -, vérifier qu'il n'y ait pas de cours–jus, en série 4 par 4 (au début elles étaient toutes en série, mais il y avait un poil moins d'intensité au bout, il a donc fallu presque tout refaire, je ne connaissais rien à la soudure avant de commencer, je ne suis pas devenu un pro, mais j'ai enfin compris qu'avec un fer bien chaud, ça fonctionnait mieux ;o).

Et si on assemble la face translucide et le dos qui produit de la lumière, on obtient :

image

Un truc dont je suis assez content !

image

Et voilà !

Bon, c'est beaucoup plus joli en vrai, quand on peut s'approcher et regarder un groupe d'images :

image

Voire même de s'approcher de plus près,

image

Avec une loupe (ou un objectif macro).

Quelques bulles (très difficile de s'en séparer avec la résine, mais ça met de l'ambiance dans les images...;o).

Et ce que j'apprécie beaucoup, c'est ça :

image

La surface n'est absolument pas lisse (et il est hors de question que je fasse en sorte qu'elle le soit), en fait, la résine, ce sont deux composants liquides qui s'accouplent pendant des heures afin de former un solide, et leur liaison forme de très longues chaînes de polymères (dont on ne voit qu'un petit bout ici, en fait, ça parcours toute la surface, et c'est très joli). J'espère que les chimistes me pardonneront cette image, mais c'est comme ça que je vois la chose ;o).

image

Encore un petite de profil, je tenais beaucoup à ce que la lumière puisse passer par les quatre côtés, et ça a grandement complexifié l'assemblage, d'autant plus qu'il était hors de question que la moindre vis apparaisse sur la face avant...

image

Le Voilà de dos, je suis assez content de moi pour cette face là aussi, de nombreuses heures d'usinage ont été nécessaires ici aussi pour ce magnifique chassis rentrant !

Un petit tour à la cuisine ?

Un peu pressé par le temps, je ne vais pas, comme j'en avais l'intention, vous faire un descriptif total de toutes les opérations qui furent nécessaires pour mener à bien ce projet, mais ça a commencé comme ça :

image

Les diapos originales, quelques films positifs, le F4s avec son soufflet, un flash (en manuel), un pot de café...

image

Après développement en traitement croisé, on obtient de jolis négatifs.

Qui seront à nouveau rephotographiés de la même manière, de façon à obtenir des négatifs de négatifs, soit, opération mathématique de base : moins par moins, ça fait plus (ne me demandez pas de vous expliquer pourquoi, c'est comme ça sur cuk –et nulle part ailleurs–), des positifs :

image

un dispositif assez simple, mais assez long de mise en œuvre, très long, en fait...

Et puis une fois tout développé...

image

... il faut trier et choisir quels films utiliser (il y en avait plus de 50, sur cette série).

Et ensuite ?

Et bien j'ai déjà, prêts à couler, deux autres séries de 32 films sur le même sujet (très contemplatif, le sujet, vu le titre « Ciel à la fenêtre », de trois appartements différents). J'ai commencé par la dernière série, la plus récente (la plus facile).

Et puis à peine fini, j'ai commencé à en faire des photographies, à la chambre 10 x 12,5 cm, encore en traîtement croisé, bien sûr, ça fait de jolis négatifs ;o) en vue de les dupliquer à nouveau par contact avec toujours le même procédé, on arrivera alors à la cinquième génération (pour ceux qui ont du mal à suivre : première génération = diapo originale, puis première série de repros en traitement croisé, premiers négatifs, puis seconde série de repros, pour les images coulées dans le kiloptyque, donc des positifs, puis cette série de repros pour à nouveau des négatifs, donc la quatrième génération, et je pense que je finirais avec le dupli par contact pour obtenir de nouveaux positifs... je suis assez impatient de voir ça, mais j'avais une chronique à écrire pour un formidable site suisse ;o).

image

Ça fait de jolis négatifs, hein ?

image

Pas mal de surface en plus qu'un 24 x 36 aussi...

Mais, hééé, tiens, c'est quoi, sur cette petite diapo ?

image

Ah bin oui, on dirait encore un auto–portrait que je n'avais jamais vu ;o).

Pour finir, je pense couler la dernière génération des kiloptyques dans de la résine, pour faire de plus petites pièces plus à la portée de toutes les bourses (dont la mienne, paske ça commence à coûter cette plaisanterie).

Et je ne pense pas m'arrêter là, puisque j'ai aussi quelques boîtes de plans–films en 20 x 25 (centimètres !), ça va faire de jolis abat–jour ;o).

Et puis aussi plein d'autres idées farfelues et saugrenues dont ce n'est pas le sujet aujourd'hui...

Un blog en attendant plus.

Kiloptyque.net, c'est aussi un blog que j'ai commencé juste après avoir dévoilé la chose devant les yeux esbaudis de la foule en délire. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il n'est pas très riche encore, puisque je n'en avais jamais donné l'adresse à quiconque, et puis que j'avançait vraiment très lentement sur le projet aussi, mais là, ça va changer, je commence à être opérationnel dans mon atelier (trouver une paire de ciseaux, pour ouvrir une enveloppe de plans–films dans le noir complet est mon dernier exploit ;o).

J'en profite pour lancer ici un appel à la communauté : je cherche un développeur pour une application simple qui serait capable de piocher de manière aléatoire une image dans un dossier en contenant 1024, pour ensuite la coller dans une des 1024 cases d'un tableau de 32 colonnes et 32 rangées, tournant en boucle jusqu'à avoir fini de remplir les 1024 cases de manière à créer une des innombrables versions de 1024! (factorielle de 1024), à chaque fois une image unique. J'ai déjà une idée assez précise de la chose, mais pas du tout les compétences ni le temps. Il s'agit d'un projet à but lucratif, et je pourrais accepter de partager un (faible) pourcentage des (énormes) revenus (éventuellement) générés...

Finissons en images :

image

Un scan d'un des premiers négatifs de la quatrième génération.

image

Légèrement redimentionné ;o)

image

Mon petit atelier.

image

Dernier auto–portrait en date, dans le miroir que j'ai positionné derrière l'appareil pour cadrer en LiveView l'image de l'atelier juste au–dessus ;o).

Icon_print