Profitez des offres Memoirevive.ch!
« Voter et élire, ce n’est pas seulement un droit….
Durant toute mon enfance, j'ai entendu mon père insister sur l'importance du droit de vote : "quand on a la chance de pouvoir s'exprimer, rester muet équivaut à une insulte à la démocratie".

Il faut croire que l'éducation de mon paternel a porté ses fruits : en vingt quatre ans, j'ai fait deux "refus d'urnes" en tout et pour tout.

Alors que la France ne sait pas si elle se passionne davantage pour le retour de DSK, l'accouchement prochain de Mme Bruni ou le sort de M. Hollande, la Suisse, elle, se prépare aux élections fédérales d'octobre 2011, pour constituer tant le Conseil national que le Conseil des Etats.

Il y a quelques semaines, alors que je commençais à réfléchir à la constitution de mon bulletin de vote - je choisis toujours le bulletin vierge, à composer, ne pouvant me résoudre à voter en bloc pour un seul parti -, je me suis connectée, comme des milliers de Suisses, sur le site de smartvote qui est, il faut bien l'admettre, assez intéressant pour confronter ses propres opinons à celles des candidats.

Depuis lors, je l'admets, ces élections pourtant importantes n'ont eu de cesse de m'irriter, jour après jour, chaque jour un peu plus. Pourquoi ? Parce que j'ai l'impression que beaucoup de candidats confondent "avoir un programme et des idées" et "planter de la publicité non autorisée aux quatre coins du canton" !

Sérieusement, le canton de Vaud est devenu une vaste succession de panneaux sur lesquels fleurissent les tronches de gens dont j'ignore tout, si ce n'est leur sourire fat et leurs slogans ridicules : "par amour de la Suisse, avec courage et conviction".... Franchement, ça vous parle, vous, un texte de ce genre ? Moi, pas, définitivement pas.

Ce qui me gave encore plus, c'est le sourire figé de Mme Moret et de M. Derder : à chaque virage, au détour de toutes les forêts, de toutes les localités, paf, je tombe sur eux. Dans une semaine, c'est sûr, je vais rêver d'eux, un vrai cauchemar, j'vous jure. !

De Lausanne à Yverdon, plus moyen de sortir de chez moi sans me trouver nez à nez avec M. Leuba et son regard "concerné" par l'avenir de la Suisse, de quoi faire un malaise....

Finalement, j'ai la hargne, sans l'avoir jamais rencontrée, contre Mme Assal Poget : je déteste qu'on me scrute chaque fois que je passe le rond-point à côté de chez moi, matin, soir, matin, soir.... Non mais, qu'on me fiche la paix dans ma voiture !

J'aurais volontiers cité des candidats d'autres partis, étant entendu que je n'ai pas grand-chose à reprocher au PLR, si ce n'est que je ne partage pas sa vision de la société : il se trouve simplement que c'est ce parti qui a fait le choix de polluer mon environnement par un affichage sauvage et inconsidéré.

Il paraît que cette méthode est bien connue de notre voisin français, dont les campagnes seraient fréquemment envahies par les visages aux regards conquérants de potentiels politiciens : un cadre en bois, une affiche plus ou moins grande, le tout planté dans la terre, au milieu de champs, posé contre un arbre, attaché au pied d'un lampadaire.

Je suppose que pour pouvoir être élu en Suisse, notamment dans le canton de Vaud, il faut non seulement courir les marchés régionaux, les expositions bovines et les thés dansants mais aussi faire de la publicité. Radiophonique, sous forme de "flyers", de passages plus ou moins sexy à la télévision locale et, last but not least, d'affiches.

Donc, le principe même qu'on cherche à se "vendre" ne me gêne pas; ce qui me débecte vraiment, c'est l'idée que ces affiches, posées par les candidats et leurs sympathisants, ne seront pas enlevées après lesdites élections : elles resteront là, jusqu'à ce que les intempéries les détruisent ou que les employés de la voirie les jettent.

Remarquez, cet agacement que je ressens à l'idée que la politique de certains partis cause une nouvelle forme de pollution me conforte dans la rédaction de mon bulletin principalement... vert !

Vous, si vous êtes suisse, comment vivez-vous cette campagne ? Et si vous vivez ailleurs, quel regard posez-vous sur les périodes pré-électorales chez vous ?

32 commentaires
1)
ToTheEnd
, le 10.10.2011 à 01:01
[modifier]

Moi je m’amuse… Je regarde la grande messe des médias avec sa cohorte de fidèles qui suivent à l’unisson tout ce bordel. Quand je dis je regarde, je devrais plutôt dire: je m’amuse à lire les titres… C’est largement suffisant.

Ici, on attend une sorte de Jésus ou Dieu, je ne sais pas trop bien pour sauver le pays (et peut être le monde). À mon avis, il faudra quelqu’un de plus haut gradé pour sauver l’affaire.

2)
Inconnu
, le 10.10.2011 à 06:43
[modifier]

TTE: ben oui, on cherchait le canard à 5 pattes, une sorte de Steve Jobs. Et on est loin d’avoir trouvé. En 2007, on nous disait “on rase gratis”. En 2012, c’est devenu “on paie pour vous tondre”

3)
ysengrain
, le 10.10.2011 à 07:16
[modifier]

Les politiques ont la prétention de s’occuper de notre vie, de l’organiser. Mais au nom de quoi, au fait ?

Quand je soigne quelqu’un, j’ai bossé pour obtenir de la connaissance avec un diplôme au bout. Certes, certains réussissent sans diplôme couronnant une acquisition de connaissance, cf un certain Steve J , mais ils ne sont pas légion. Ils ont un diplôme de compétence politique, les candidats ?

Secondement, avant de prétendre à s’occuper de nous-autres, le politique devrait – il est du domaine du possible que certains aient pris ce chemin – avoir pris connaissance de soit-même, par un «travail personnel».

Qui me dit, par exemple, que l’agressivité d’une certaine dame blonde – qui lui tient lieu de couleur argumentaire, et fille d’un autre blond, n’est pas liée à un mal-être personnel qu’elle «publie» pour en faire de la politique ?

Qui me dit que le nabot, portant des hauts talons, bling-bling à mort, ex-maire de la commune de banlieue parisienne richissime, se réfugiant sur le yacht de son ami peu après son élection, n’ayant pour épouse que des …. je ne sais pas comment les qualifier, et last but not least, ayant avoué publiquement avoir eu un immense problème relationnel avec son père …. n’a pas besoin de faire un peu plus connaissance avec lui-même avant de continuer à prétendre, sans jamais, ou pratiquement exécuter ?

Et puis, ces gens, comme tu le dis Madame Poppins, qui nous collent leur portrait sous les narines, à qui mieux mieux, génèrent en moi une franche aversion. J’ai la conviction, et non la certitude, que beaucoup se servent de la politique afin de s’oublier, ne pas faire face, et, au contraire fuir. Je n’ai parlé ici, que de mode de fonctionnement psychologique.

À un peu plus de 65 ans, je ne me suis mis à voter que dans les années 95, quand le père de la blonde citée plus haut est devenu dangereux. Je voterai aux présidentielles de 2012 CONTRE la blonde, mais pas pour un quelconque autre candidat. Pas confiance.

4)
djtrance
, le 10.10.2011 à 07:43
[modifier]

Euhm… Les votations! Alors oui, il faut le faire (tant qu’on nous donne la parole) cependant, voter pour qui?

La grande majorité des candidats, je ne les connais pas, je ne les vois pas, je ne sais pas ce qu’ils font dans la vie, leur manière de penser, de vivre, etc.

C’est (pour moi) ça le problème!

Quant à cette pub massive… Ouais, bon…

Je pense également que tout le système politique devrait être changé et adapté à notre époque, mais là, c’est un autre débat!

5)
Diego
, le 10.10.2011 à 08:20
[modifier]

“quand on a la chance de pouvoir s’exprimer, rester muet équivaut à une insulte à la démocratie”.

Peut-être aurait-il dû ajouter “mais avant de s’exprimer, il vaut mieux avoir un avis”.

En effet, devant ce flot de marketing électoral “tout ménage” sans intérêt informatif, on en oublie que certains média tentent de faire débattre les candidats (pour ceux doués de parole), de leur faire présenter leur programme (pour ceux qui ont pris la peine d’élaborer un), à la limite de leur faire exhiber leur nouvelle coupe de cheveux (pour ceux qui ont les moyens de se payer un conseiller en communication).

Pour autant, il est du devoir du citoyen de prendre (et non pas perdre, à mon avis) le temps nécessaire pour se faire un avis. Lire les journaux, regarder les télévisions locales et parfois nationales (en dehors du “prime time”), lire, voir interagir, sur les média sociaux, bref, s’informer. Pour la petite histoire, j’ai posté sur le mur FB d’un candidat cité dans l’article la question “Pensez-vous vraiment qu’un nombre important d’affiches saura masquer une absence de programme politique ?”. Elle n’a suscité aucune réponse de l’intéressé ou de son bureau de campagne.

Donc oui, la démocratie est chronophage, le mérite-t-elle ? Pourquoi m’assurer que mon vote est en adéquation avec mes convictions alors que d’évidence, le marketing électoral (qui n’est, faut-il le préciser, pas à l’avantage de mes favoris) est prépondérant pour le plus grand nombre ? A chaque échéance, ces questions me tarabustent un peu plus.

6)
Philob
, le 10.10.2011 à 08:30
[modifier]

C’est très simple, j’ai reçu fin septembre l’enveloppe pour le vote par correspondance et un jour après mon enveloppe avec mes choix était déjà dans l’urne-boîte aux lettres de la commune. Car j’ai des convictions politiques et je vote “utile” plutôt que des personnes que je connais peu (même pas été sur smartvote).

Madame Poppins, vous ne pouvez pas vous imaginer la joie de passer devant la galerie de portraits : “nah nah nah, j’ai déjà voté ”.

Oui, voter est important, soit vous consacrez des heures à essayer de connaître un peu les candidats et vous faites votre choix en connaissance de cause (bonne chance), soit vous votez utile (c’est à dire un parti, car vous avez à peu près les mêmes idées).

7)
Sparhawk
, le 10.10.2011 à 08:50
[modifier]

Pour ma part, c’était déjà le cas il y a quatre ans, j’utilise Smartvote, mais pas aveuglément. Je regarde les réponses à certaines questions des candidats proposés et élimine ceux qui sont à l’opposé de mes convictions sur certains points importants, les remplaçant par les “vienne-t-ensuite”. Ça prend un peu de temps, mais moins que d’éplucher le programme de chaque candidat. Et plus question de voter en bloc pour une liste. Il y a quatre ans, le candidat le plus proche et le candidat le plus éloigné de mes idées appartenaient au même parti. Et ceux qui ne prennent pas la peine de remplir un profil smartvote, eh bien tant pis pour eux…

8)
archeos
, le 10.10.2011 à 09:00
[modifier]

Voter, c’est abandonner le peu de pouvoir que l’on a. Et la plupart du temps, pour le confier à des personnes qui soit n’en sont pas dignes, soit sont élues dans un système qui les laisse agir à l’encontre des intérêts de ceux qui les ont élu (+ 1 à Ysengrain : un système réellement équilibré neutraliserait ce genre de personnages, élu ou non).

On ressort souvent l’argument « Nos anciens ont donné leur vie pour que tu puisses voter ». Je répond toujours que les conditions actuelles de vote sont une trahison de leur combat. En 1945, l’organisation de la Sécurité sociale permet à chacun d’envisager son avenir matériel sereinement, donc de prendre le temps de la réflexion sur l’avenir commun. L’éducation est organisée de manière à produire des citoyens autonomes : elle est complétée par des services culturels (médias d’État, direction du livre et de la lecture, etc.) aujourd’hui démantelés. Les lois sur la presse organisent sa diversité et son indépendance des pouvoirs politique et financier, et donc l’information juste et honnête du citoyen. Enfin, le vote à la proportionnelle permet une représentation de toutes les options politiques, n’obligeant pas le vote « par défaut » ou contre.

La seule démocratie qui vaille, c’est la démocratie où chaque citoyen participe à la réflexion de chaque projet, et n’est pas spectateur impuissant (manifestant) de la destruction de son pays.

9)
Jérémie
, le 10.10.2011 à 09:06
[modifier]

Voter, oui, mais par pitié, n’utilisez pas smartvote.

ça n’a rien de smart.

Le procédé se drape dans sa dignité et dans un enduit bien épais de statistiques. Mais dans les faits, c’est pas sérieux.

Deux raisons à cela : – L’utilisateur est appelé à indiquer par un oui ou un non quelle est sa position sur un liste longue comme le bras de sujets débattus aux chambres. Cette liste n’est en fait constituée que des intitulés. Alors, oui, l’utilisateur peut cliquer sur le point d’interrogation et sera amené sur un truc un chouilla plus détaillé. Mais vu le nombre de sujets, il n’y a pas moyen que l’utilisateur le fasse pour tous les sujets et fournisse un avis éclairé. Smartvote, de manière implicite, valide et systématise l’autorité de l’opinion et des a priori. Et la démocratie pleure. – Ces résultats sont comparés avec les profils des candidats, basés sur les votes qu’ils ont effectués lors de leur dernière legislature. La méthode, en soi, parait intéressante. Mais quid des candidats à une première élection? sur quoi se base leur profil? Mon hypothèse (je n’ai pas accès aux algorithmes de smartvote, mais il semblerait que ce soit le cas) est que smartvote utilise le profil des partis. Ainsi, tous les candidats à une première élection sont considérés comme parfaitement allignés sur les consignes de vote de leur parti. Ceci induit un biais, parce que le profil de l’utilisateur ne sera vraisemblablement pas aligné sur un et un seul parti. L’utilisateur est donc plus susceptible de tomber proche de candidats à un réélection.

Smartvote utilise les statistiques comme un chimpanzé utiliserait un double-mètre : pour aller chercher des fourmis, respectivement des utilisateurs, plutôt que d’effectuer de vraies mesures.

Je ne sais pas bien quel est l’intérêt servi ici, mais je doute fortement que la démocratie y gagne.

Au delà de ça, pour rebondir sur ce qui a été dit par la suite, j’en suis également à avoir la nausée des affiches et des slogans creux. Tous partis confondus, je n’en ai pas vu un qui présente un élément de programme sur ses affiches.

Comme le tweetait un ami en traversant la campagne vaudoise : “une vache, un PLR, une vache, un PLR, une vache, …”

10)
tyranael
, le 10.10.2011 à 09:10
[modifier]

Bon je parle en tant qu’électeur suisse: je comprends certaines réflexions, mais il faut malgré tout rester pragmatique et ne pas espérer de miracles non plus. On sait tous les grandes tendances des partis en concurrence et on connait ses penchants politiques personnels. Donc le plus dur est fait, après on peut ergoter sur les personnalités à choisir, mais à mon avis ça devient du détail… Bref rien de bien compliqué à mon avis. Par ailleurs j’ai trouvé original la présentation des messages des différents partis cette année !

11)
monmac
, le 10.10.2011 à 09:12
[modifier]

Et bien j’irai plus volontiers défiler avec les indignés ce 15 octobre plutôt que de voter pour ces tronches de cake de politiciens. Même sur le Web, ils apparaissent sans avoir été sollicitiés. Vive la pub ciblée!

De démocratie, il ne reste que le terme, même si en Suisse on est un peu mieux loti qu’ailleurs. Par contre, je vote toujours pour des objets, jamais pour des personnes ou des partis.

12)
Jaxom
, le 10.10.2011 à 09:14
[modifier]

Le site Smartvote peut être utile, mais il faut quand même allez un peu plus loin. J’ai pris le temps de remplir le long questionnaire et je me reconnais assez bien dans le résultat.

Mais il faut quand même noté, qu’il n’y a aucun candidat avec lequel je suis d’accord à plus de 55%. Puis, même si les trois candidats avec lesquels je suis le plus en accord sont du même parti, ce parti a sa liste affiliée avec celles de deux partis pour lesquels je refuse absolument d’apporter ma voix. Donc mon choix final c’est porté sur autre parti, dont je partage pas mal d’idées, mais pas toutes ; mais qui ne se met pas dans des alliances que je trouve douteuses.

13)
Kermorvan
, le 10.10.2011 à 09:25
[modifier]

France. Affaire Nexia. Nous découvrons que les élus locaux ont, eux aussi, joué à la bourse. L’approfondissement de la décentralisation (2003-2004) leur a donné cette possibilité. L’effet ne s’est pas fait attendre : les municipalités sont détentrices d’emprunts toxiques. L’état s’est dépouillé. Par le haut (en faveur d’une certaine Europe de la finance). Par le bas (en faveur des communes et régions). Le voilà impuissant. Sénat et parlement européen ne sont que des postes fromagers pour apparatchik.

C’est aux Usa que ça tremble

14)
archeos
, le 10.10.2011 à 09:32
[modifier]

ah-Mac : +1

¡ Le llaman democracia et no lo se ! ¡ Es una dictadura et tu lo se !

16)
archeos
, le 10.10.2011 à 10:47
[modifier]

mmm… plein de gens sont contre, pourtant, cette démocratie qui oublie 99 % des gens.

mais j’aime

17)
humptius dumptius
, le 10.10.2011 à 11:20
[modifier]

Je me suis inscrit sur les listes électorales à 25 ans et, depuis, j’ai toujours voté, majoritairement blanc, le reste du temps plutôt contre et, une fois, par (très relative) conviction. C’était en 1988, pour le vieux François M. (abolition de la peine de mort, c’est un bilan court, le relatif c’était pour cette histoire dégueulasse des grottes d’Ouvéa qui m’a à jamais dégoûté du chiraquisme et de ses résidus, voté blanc au 2eme 2002). Pour les élections locales, c’est un peu plus simple, chez nous, c’est petit, on connaît ceux qui se présentent, et donc on peut acter.

Dans la « Fable of Bees.» (la Fable des Abeilles, 1714), Bernard Mandeville exposait la théorie selon laquelle les vices privés font les vertus publiques et que, in fine, il ne saurait y avoir de prospérité fondée sur la morale. La prostituée fait vivre la couturière (qui enrichit le marchand de tissus, qui fait vivre l’éleveur ou l’agriculteur, qui font vivre le charron), les musiciens de bordels, etc. L’intérêt personnel est la source du bien-être général, le tout étant comme le dira Adam Smith, The Theory of Moral Sentiments, Pt. II, Sec. III et autres, garanti par cette fameuse main invisible. En ce temps-là, la main invisible c’est Dieu et tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.

La mauvaise nouvelle, c’est que la main n’existe pas et qu’il est infiniment plus rentable, comme l’ont démontré les utilitaristes, particulièrement Bentham, d’être un cynique résolu (cynique au sens moderne, ceux qui s’en prennent à plus faible qu’eux, ah ! Diogène que n’es-tu là.). La mauvaise nouvelle, c’est que la morale de préau d’école est totalement inefficace. Je ne vais pas plus épiloguer, sinon il faudrait un article complet. Ce que j’ai retenu de tout ça, mon expérience, etc., c’est dit, avec bien plus de talent que je n’en ai, par Diderot dans l’article Platon de l’_Encyclopédie_ :

« Il semble qu’il soit plus permis aux grands hommes d’être méchans. Le mal qu’ils commettent passe avec eux ; le bien qui résulte de leurs ouvrages dure éternellement ; ils ont affligé leurs parens, leurs amis, leurs concitoyens, leurs contemporains, je le veux, mais ils continuent d’instruire & d’éclairer l’univers. J’aimerois mieux Bacon grand auteur & homme de bien ; mais s’il faut opter, je l’aime mieux encore grand homme & fripon, qu’homme de bien & ignoré : ce qui eût été le mieux pour lui & pour les siens, n’est pas le mieux pour moi : c’est un jugement que nous portons malgré nous.»

Hélas pour nous, ceux qui se croient grand homme en France ne sont que de pitoyables voleurs de poules en république bananière, même pas capables de faire un bouillon avec les carcasses et de recycler le reste. Il ne suffit pas d’être fripon, même s’ils triomphent à l’occasion, pour être « grand », si cela a un sens. Je préfère un Steven Jobs à un Steven Wozniak, même si je serai, sans aucun doute plus à l’aise pour colloquer avec le second (et ce n’est pas parce que Jobs s’est absenté pour le moment).

18)
Saluki
, le 10.10.2011 à 11:54
[modifier]

Juste pour le fun : – ceux qui ont suivi les primaires socialistes en France savent qu’un fameux bug informatique, sans doute causé par le fameux stylo électronique, a affecté la diffusion des résultats du vote. Il ressemble foutrement à celui-ci.

– la Dame qui est tombée de l’arbre avait tout prévu, même de se faire lifter, sauf qu’elle a oublié de refaire le cou… Elle est aussi passée chez un professeur es-correction dentaire. Il est amusant de comparer des photos de 2007 et de la semaine dernière (choisissez peut-être des vidéos, ‘Toshop est moins utile dans ces cas-là). Enfin, si vous avez encore des illusions à perdre…

19)
Blues
, le 10.10.2011 à 13:02
[modifier]

Pour moi comme d’hab, ce sera “principalement… vert !” et basta. Avant c’était un mélange rose-vert, mais depuis quelques années le rose me gave un peu. Finalement ma préférence serait qu’on ne vote que pour des personnalités solo et qu’il n’y a pas de parti.

Pour le reste (toute cette pub de M… qui nous pollue au plus haut point), c’est : “nettoyer moi tout ça avec un bon coup de Kaercher !”

22)
yl
, le 10.10.2011 à 13:27
[modifier]

Cette publicité omniprésente des partis et des candidats devrait être interdite ou plutôt réglementée. Outre le fait que le financement des campagnes est parfaitement opaque, l’égalité des chances pour des candidats indépendants n’est pas garantie. Pour avoir une visibilité, comme les “grands” partis, il faut engager des sommes astronomiques. Ensuite l’accès aux médias n’est absolument pas garanti, la priorité est donnée au parti ayant déjà des élus et présentant des listes dans plusieurs cantons !

Mais le fond du problème est qu’il ne s’agit pas tellement de réformer ce système, mais plutôt d’inverser le rapport de force. En effet, la quasi-totalité des programmes des partis dominants de gauche à droite propose à l’unisson la même vision à court terme : la croissance économique. Il y a pour certains un soupçon de social, pour d’autres de libéralisme, de populisme, d’écologie ou encore de développement (économique) durable. Il y a certes quelques candidats qui proposent d’autres prjets par exemple chez les Jeunes Verts à Genève, au POP, à Solidarités et même chez les Verts parfois !

Les intérêts économiques sont aujourd’hui, le pire ennemi de la justice sociale et de l’économie. Il est temps de formuler d’autres possibles et d’arrêter de proposer des mesures d’aménagement de la société capitaliste. Ma posture anti-capitaliste me permettant de ne pas réfléchir seulement en terme d’efficacité, d’efficience ou encore de résultat, j’ai décidé il y a quelque temps de me présenter comme candidat indépendant à toutes les futures élections. Je l’ai fait en mars dernier dans ma commune, puis le referai en mars prochain dans mon canton. Si j’ai sauté les élections fédérales pour cette fois c’est que les échéances, communales, cantonales et fédérales étaient beaucoup trop rapprochées. J’invite tous les déçus de la politique et les râleurs a en faire de même, il y a au moins l’avantage de savoir précisément comment remplir son bulletin de vote… Et la multiplication de ces initiatives pourrait permettre d’inverser le rapport de force ou tout au moins de le faire exister !

Il y a bien entendu également la possibilité de participer à des mouvements citoyens, comme les Indignés. Mais à moins de souhaiter la révolution pour changer de paradigme, je vois mal comment changer démocratiquement la démocratie sans passer aussi par le politique. Il y a finalement 3 axes complémentaires – les initiatives individuelles, le collectif, le politique – qu’il faut essayer d’actionner en même temps.

Pour nos amis français, il y a aussi des individus qui essayent de formuler d’autres possibles, par exemple Clément Wittmann pour les présidentielles 2012 !

Yvan, objecteur de croissance

23)
yl
, le 10.10.2011 à 13:49
[modifier]

Quand je soigne quelqu’un, j’ai bossé pour obtenir de la connaissance avec un diplôme au bout. Certes, certains réussissent sans diplôme couronnant une acquisition de connaissance, cf un certain Steve J , mais ils ne sont pas légion. Ils ont un diplôme de compétence politique, les candidats ?

N’est-ce pas plutôt des qualités humaines qu’il faut rechercher chez les politiciens, les compétences se trouvant plutôt auprès du personnel des différents services ? Est-il nécessaire d’être architecte afin d’avoir une vision de l’urbanisme pour l’intérêt général ? Ces qualités pourraient être : altruisme, empathie, coopération, capacité d’écoute, esprit de synthèse, lucidité, détermination, diplomatie, force de conviction.

Dans ce cas les diplômes ne sont pas d’une grande utilité !

24)
Blues
, le 10.10.2011 à 15:34
[modifier]

La grande majorité des candidats, je ne les connais pas, je ne les vois pas, je ne sais pas ce qu’ils font dans la vie, leur manière de penser, de vivre, etc. C’est (pour moi) ça le problème!

Dans mon cas j’ai de la chance, je connais une partie de ceux pour qui je vote (les verts) et plus personnellement Luc Recordon depuis bien longtemps = quelqu’un d’intègre et qui représentera ma façon de voir à Berne. Raison pour laquelle, comme j’ai l’ai dit, si je pouvais panacher uniquement des personnalités, je puiserais dans divers partis (sauf l’UDC qui est à l’opposé de mes idées), même si cette façon de faire est possible, elle ne fonctionne pas très bien avec notre système actuel.

25)
ysengrain
, le 10.10.2011 à 18:15
[modifier]

N’est-ce pas plutôt des qualités humaines qu’il faut rechercher chez les politiciens, les compétences se trouvant plutôt auprès du personnel des différents services ? Est-il nécessaire d’être architecte afin d’avoir une vision de l’urbanisme pour l’intérêt général ?

Des qualités humaines chez la majorité des politiques, j’ai du mal à en trouver. Je suis conscient de généraliser, mais mise à part, trop souvent sans doute la flatterie de l’ego …

Ces qualités pourraient être : altruisme, empathie, coopération, capacité d’écoute, esprit de synthèse, lucidité, détermination, diplomatie, force de conviction

Et ça, on l’apprend où ?

27)
Madame Poppins
, le 10.10.2011 à 20:58
[modifier]

Nombreux sont ceux qui n’ont plus guère, voire plus du tout d’illusions… je me refuse à baisser les bras et continue à me renseigner, notamment par smartvote (qui n’est effectivement pas le sésame absolu), pour faire le choix qui soit le moins mauvais possible. D’ailleurs, mon bulletin, vert aussi, comporte aussi le prénom Luc :-)

Où que vous votiez, j’espère que vous serez entendus ! Merci pour vos commentaires, comme toujours très intéressants et instructifs.

Bonne continuation, quel que soit votre candidat ou votre “couleur” !

28)
Pierre.G.
, le 11.10.2011 à 02:14
[modifier]

Un très bon article, qui exprime assez le fond de ma pensée, en fait il y a seulement la candidate Géraldine Savary qui serait assez sexy pour m’inciter à regarder son programme, sinon l’affiche du préservatif est encore la meilleure du point de vue du graphisme et du message transmis(et la moins fréquente en tous cas chez moi).

A tel point que je me verrais bien en coller une contre la porte de mon atelier pour faire jaser tous les blaireaux du quartier qui essaient de voir ce qui se passe derrière ces vitres dépolies…

29)
archeos
, le 11.10.2011 à 07:14
[modifier]

Tout en refusant d’avoir des illusions, car la démocratie ne repose pas sur des mensonges qu’on se fait à soi-même, je garde la conviction que nous pouvons, et que nous allons changer les choses, par l’action collective.

30)
François Cuneo
, le 11.10.2011 à 13:56
[modifier]

Insupportables, ces affiches, c’est vrai.

J’ai comme toi la dernière fois voté à l’aide d’un bulletin vierge et composé ma petite liste.

Pas cette fois. Ce sera tout avec une fleur rose, et pis c’est tout.

31)
Jetsurfer2
, le 11.10.2011 à 15:36
[modifier]

Et bien comme belge j’admire la Suisse et son référendum, ses consultations populaires ect Pour nous c’est à chaque fois la même bande de pingouins, on ne peut pas les débouloner et on essaye de maintenir par tous les moyens une particratie comme peu de pays connaissent. De toute façon, même avec leur “nouveau” gouvernement, ce n’est que partie remise et pour bientôt, l’avenir nous le montrera tout cela c’est du moins à espérer sera tout simplement terminé.

32)
Smop
, le 24.10.2011 à 17:11
[modifier]

Pour info, apparemment dans le même genre que le “smartvote” suisse, il existait en France un site créé par des anciens étudiants de Sciences Po : Politest. Malheureusement, le questionnaire en ligne n’est plus disponible, ses auteurs ayant un bouquin à vendre à la place.