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Ils ont quoi, les ingénieurs du son?

Dites voâr,

4 articles de suite, je me trouve carrément héroïque, là...

Tout ça avec une vie de famille trépidante, la rentrée scolaire, et un peu la syndicature du village, faut suivre. Ça me rappelle la grande époque des débuts, avec un article tous les jours, même les dimanches, tout seul, avec parfois Noé et de temps en temps Sébastien.

Puis peu à peu sont venus les autres amis.

Ouah, c'est mieux comme ça, tellement mieux, d'avoir des tas de gens sur qui compter.

Bon, petite chose aujourd'hui.

D'abord, mon Mac continue à fonctionner telle la bête. Et ça j'adore, ça me libère la tête.

Ensuite, comme vous le savez, nous avons écumé les festivals avec Madame K.

Montreux, Nyon, Habère Poche.

C'était vraiment pas mal du tout, même si Nyon m'a pas mal déçu.

Faut dire que c'est là que j'ai été très surpris par une nouvelle mode, qui a une légère tendance à nous embêter depuis quelques années, mais tout de même pas à ce point.

Je vous explique.

Lorsque l'on va voir un concert, on va aussi l'écouter.

Principalement, lorsque je vais voir un artiste, je vais surtout retrouver sa musique, ou découvrir celle quel je ne connais pas.

Eh bien figurez-vous que je trouve, que nous trouvons, avec pas mal de gens avec qui j'ai discuté, qu'il y a comme un sacré problème.

Il fut un temps où l'on n'entendait pas les voix, en Live.

Ce n'est plus le cas.

Je dirais même que l'on comprend bien les paroles des chanteurs, même celles d'Eddy Mitchell, qui pourtant prononce ses paroles comme une vache espagnole (je ne sais pas si c'est la bonne expression à employer ici, "comme vache qui pisse" n'aurait pas été meilleur, de toute façon, je suis sûr que vous voyez de quoi je parle).

On entend également bien, la plupart du temps, les instruments délicats que sont les pianos acoustiques (même s'ils ne le sont pas vraiment), les cordes, les vents (pas ceux des artistes, heureusement (ouh que je suis vulgaire)) et autres guitares et ukulélés (hé, je l'ai écrit juste cette fois, je progresse, je progresse!).

Bref la sonorisation a passablement évolué, et les progrès sont magistraux au niveau de ce que je viens d'énumérer.

Alors, permettez-moi de ne pas comprendre pourquoi, à Nyon en particulier, et à Montreux aussi (en tout cas en plein air, je n'ai pas eu les moyens de me payer le festival officiel, ben oui, on ne peut pas tout avoir, et Brigitte, au Montreux Jazz Café ne posait pas ce problème), il y a une chose insupportable qui vient tout foutre en l'air:

  • la basse hyper saturée
  • la grosse caisse qui ne l'est pas moins

Je m'excuse, j'ai joué de la batterie dans de nombreux groupes (je n'ose pas écrire que j'étais batteur), je sais un peu de quoi je parle.

J'adore les basses qui nous entrent dans les tripes.

J'adore la grosse caisse qui cogne.

Encore faut-il pouvoir entendre la ligne mélodique des bassistes.

Là, quelle que soit la scène à Nyon, impossible! Et ce n'est pas une question d'emplacement par rapport à la scène, on les a tous essayés. D'accord, il y en a des pires que d'autres, mais même à l'endroit idéal, soit au centre de la "salle", à une vingtaine de mètres de la scène, la catastrophe est bien là.

On n'entend au niveau de la basse que des pfoum pfoum pfoum pfoum encore bousillés (mais reste-t-il quelque chose à bousiller) par une grosse caisse qui écrase tout.

Purée, si j'étais bassiste, je deviendrais fou! Ou comment foutre en l'air mon travail, mon inventivité, ma sensibilité.

Franchement, et ce n'est pas pour rien que je n'ai pas parlé de Nyon cette année, cette nouvelle manière de sonoriser a grandement contribué à ma déception sur ce qui nous a été présenté dans ce festival cette année.

Tous les artistes que j'ai vus (et j'en ai vu beaucoup), quel que soit leur style, ont été touchés par ce mal. Le seul chez qui ça n'a pas toujours été le cas, c'est Eddy Mitchell, sur certaines chansons douces. Mais dès que ça déménageait, ça y était.

Quel massacre mes amis.

Je serais ingénieur du son, j'aurais honte.

Surtout que ce que je vous décris là pourrait bien ne pas être une fatalité.

À Habère Poche,  le son était excellent.

Aussi bien sur la petite scène que sur la grande.

L'air des Alpes?

Je ne pense pas.

Si quelqu'un est un spécialiste ici, je crois qu'il peut confirmer que sonoriser un spectacle en plein air est bien moins difficile que dans une patinoire ou dans une de ces halles où l'on enfourne le public pour un prix de fous, public qui ne verra rien et qui en plus devra se taper les résonnances et un son tellement souvent pourri de chez pourri.

Alors pourquoi Habère Poche peut-il faire du bon son, Nyon pas?

Pourquoi les ingénieurs du son n'ont-ils pas la monstre frustration de voir que leur propre travail et celui des artistes sur scène est un non-sens?

Ils ont les oreilles à tel point détruites qu'ils n'entendent plus ce qu'ils font?

Enfin... Comme tout est cyclique dans la vie, je pense que nous allons en revenir, à Nyon, mais dans bien d'autres endroits également, à des valeurs, les seules qui sont selon moi les vraies, celles de la musique: rythme, mélodies, paroles.

Si on pouvait entendre les trois, ce serait bien.

Merci Messieurs et Mesdames les ingénieur(e)s du son de revoir vos méthodologies, pour notre plus grand plaisir.

25 commentaires
1)
FT'e
, le 22.08.2011 à 00:25
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http://turnmeup.org/

Comment ? Je commence par un lien ? Sans grand rapport avec les concerts ?

La sonorisation est grandement subjective. La sonorisation de festivals je veux dire. Une salle de spectacle ou de concert en dur, c’est une autre affaire. Encore que, parfois, on se demande. Mais passons. Or donc, subjective. Donc influencée par les modes musicales, plus ou moins, selon ce que l’ingénieur du son écoute lui-même. Ou selon ce qui lui est demandé.

En outre, les réglages initiaux sans personne ou presque pour voir et le résultat final en live, et bien… il y a une foule en plus qui change beaucoup l’acoustique du lieu. Ça peut être sportif.

Et les hautes fréquences et les basses fréquences sont deux choses bien différentes, à traiter différemment.

Bon, bref, pour répondre à la question, en effet, le plein air est souvent plus aisé à sonoriser juste, pour autant qu’on ait le matos qui va bien. D’un autre côté, l’indoor est souvent posé et ne bouge pas, donc les réglages peuvent être faits avec plus de soin pour plus longtemps. Dans tous les cas, c’est possible de faire du bon boulot de sonorisation.

Je pense que c’est une demande, venant de je ne sais qui, pour coller à la mode boom boom, pour le marketing, pour faire jeune, que sais-je.

Notez, il fut des concerts où la directive de boom boomer était donnée pour empêcher les enregistrements sauvages. Mais je dis ça, je ne dis rien.

Quant au lien en introduction… horrible dérive marketing généralisée. Peut-être certains festivals soufrent d’une maladie similaire.

2)
Le Zolive
, le 22.08.2011 à 01:47
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Je me souviens d’avoir eu les mêmes remarques pour un concert de Nitin Sawhney (à la Légion d’honneur de St Denis), ce qui me l’avait complètement gâché (pour un artiste qui a des albums studio d’une finesse et d’une qualité de son, c’est plutôt ballot!).

Le pire, c’est que même à côté de l’ingé-son (pouvait-on vraiment l’appeler de la sorte?), c’était aussi mauvais, alors que ça aurait du être le meilleur…

ALors oui, ça peut être objectif, mais quand on connaît le groupe que l’on sonorise, quand on a participé aux différentes générales, comment peut-on encore se planter à ce point?

3)
Inconnu
, le 22.08.2011 à 06:42
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C’est vraiment variable. grosses déception l’année dernière aux vois du Gaou (Var) pour Simple Minds, la voie de Jim Kerr étant couverte par les instruments, alors que la première partie était nickel (en même temps, Rodger Hogdson, c’est un piano, 1 clavier et 1 guitare…)

4)
Caplan
, le 22.08.2011 à 07:34
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Je m’excuse, j’ai joué de la batterie dans de nombreux groupes (je n’ose pas écrire que j’étais batteur), je sais un peu de quoi je parle.

Ah oui! Et tu as aussi “fait le batteur” il y a exactement 15 ans dans notre spectacle scolaire BD Rêves!

Marsupilami

5)
JoKer
, le 22.08.2011 à 07:52
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Une chose qui m’a beaucoup frustré aussi c’est le volume sonore. Sur certains concerts on est obligé de mettre des tampons ! Mais qu’es-ce qui pousse un sonorisateur à monté à 110 dB ? Si c’est juste pour que le publique mette des tampons pour ne plus entendre les défauts du mixage, c’est dommage.

6)
406
, le 22.08.2011 à 08:01
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çà me rappelle quand tu avais gueuler pour san severino =))…vache c’était en…2004 mais je m’en souviens.

7)
Lau74
, le 22.08.2011 à 08:07
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Fa Musique. C’est notre prestataire son et lumière (son depuis le début), et le son de Fa c’est sans doute l’un des meilleurs de France. Ils sonorisent aussi les francofolies à la Rochelle. C’est vrai que nous faisons beaucoup de festival, et que souvent le son est bien moyen, et je ne vous parle pas de Bourges et du son du Phénix, on confine à l’horreur, inaudible et trop fort…. C’est le poste sur lequel nous ne ferons jamais d’économie, c’est la base du festival. Et nous faisons un point d’honneur à offrir la même presta aux petits jeunes de la scène 2.

9)
Anne Cuneo
, le 22.08.2011 à 08:20
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Une chose qui m’a beaucoup frustré aussi c’est le volume sonore. Sur certains concerts on est obligé de mettre des tampons ! Mais qu’es-ce qui pousse un sonorisateur à monté à 110 dB ?

C’est en tout cas un moyen pour se débarrasser d’une partie du public potentiel. J’ai été, pendant toute ma vie d’adulte, une accro des concerts de toutes sortes (j’aime toutes les musiques). Je me souviens parfaitement du jour où pour la première fois, au Festival de Montreux, la sono était tellement insupportable que nous avons dû, par centaines, quitter précipitamment un concert payé très cher. Depuis lors, à part quelques plein air où je me trouvais loin, toutes les sonos ou presque m’ont paru aberrantes. C’est la raison pour laquelle je ne vais plus à Nyon.

le son de Fa c’est sans doute l’un des meilleurs de France. Ils sonorisent aussi les francofolies à la Rochelle

Il faudrait que je tente La Rochelle, donc… C’est une envie que j’ai depuis des années, et cela ne s’est jamais arrangé pour des raisons pratiques.

10)
PSPS
, le 22.08.2011 à 09:21
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Voilà des années que je me trimbale avec des tampons dans ma saccoche et que peste contre les niveaux sonores trop élevés dans les salles de spectacles et de cinéma.

Lors de la sortie de l’iPad 2 dans l’Applestore Opéra, je m’en suis plains auprès d’un Schtroumpf qui m’a répondu “texto” : “vous savez, ici, c’est un magasin pour les jeunes !”

11)
ysengrain
, le 22.08.2011 à 09:25
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Il est clair , pour moi, que le NATUREL a quitté les retransmissions de concert qu’il s’agisse de direct ou de retransmission.

On satisfait à la “bass boost mania” des Walkman et consorts. Il n’y a qu’à voir les étiquettes sur les casques vantant les basses.

Maintenant, c’est comme ça.

J’ai assisté plusirurs fois à des séances d’enregistrement. L’écoute première était SYSTÉMATIQUEMENT modifiée en post production

12)
Saluki
, le 22.08.2011 à 10:34
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Il y a eu la semaine dernière une intéressante émission sur France Musiques à propos de la “compression”. En gros tu atténue les fortissimi et augmente les pianissimi.
Cela définit la “couleur” d’une radio. Et, en tout cas les pubs télé ou radio.
Ce qui était intéressant a été d’écouter la même séquence musicale être traîtée selon RTL ou RMC, Fun ou Nostalgie et encore … France Musiques.

Si tu veux entendre, en voiture, les premières mesures du Requiem de Mozart, il vaut mieux avoir la correction de Fun radio… mais il n’y a jamais Mozart dans la zicmu diffusée là.

13)
FT'e
, le 22.08.2011 à 10:57
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La post-prod pour la retransmission radio ou TV de concerts s’explique aisément, et est justifiée. Peu de gens ont une installation capable de recréer l’espace sonore d’un concert, indoor ou de plein air.

Le reformatage pour la télé ou la radio tient compte des moyens de reproduction et des lieux d’écoute moyens. C’est à dire, moyens, voire carrément merdiques. C’est pas avec des cubes Bose qu’on peut retranscrire un concert de plein air, et c’est déjà bien mieux que les enceintes intégrées à la plupart des télés plates du moment. C’est dire le niveau de qualité sonore de ces télévisions.

Donc dans l’idée, pas d’objection, voire j’approuve. Il y a moyen d’ajuster tout ça pour une diffusion de qualité. Sauf que. La post-prod télé ne vise en rien une reproduction de qualité, et ne l’a pour ainsi dire jamais fait, sauf quelques cas spécifiques. ARTE se donne un peu plus de peine que les autres par exemple. Mais les grandes chaines publiques, AH AH AH. Le formatage vise à égaliser les niveaux, réduire la dynamique, et encadrer le volume sonore précisément pour pouvoir passer la publicité avec un volume sonore plus élevé. Rien d’autre. Même topo que le loudness war que je mettais en lien plus haut, mais pour mettre en avant la publicité. Qui est encore plus compressée brick wall que le reste.

Le volume sonore des concerts a toujours été un problème, ce n’est en rien nouveau. Et les boites de nuit. Ça fait jeune. Ça fait puissant. (Ça fait chier.) Au point que des législations ont été mises en place pour contrôler un peu le niveau sonore. Et le loudness war n’a pas tardé à frapper dans les boites de nuit pour contrer la baisse ne niveau sonore. La dangerosité pour les oreilles est en fait augmentée, c’est juste une horreur.

Le pire ? Il y a même de la musique classique passée au brick wall, du jazz, et j’ai même vu du grégorien saccagé de la sorte. Vous pouvez imaginer ça ?

14)
FT'e
, le 22.08.2011 à 11:00
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Il y a eu la semaine dernière une intéressante émission sur France Musiques à propos de la “compression”. En gros tu atténue les fortissimi et augmente les pianissimi.

C’est précisément le sujet du lien que je donnais, le loudness war.

Que ça salope la musique, c’est une chose. Que ça la rende beaucoup plus dangereuse pour les oreilles, c’est beaucoup beaucoup plus grave.

15)
Guillôme
, le 22.08.2011 à 11:28
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Plus que la musique massacrée que j’ai aussi constaté à mon désarroi lors de certains concerts, c’est surtout le niveau sonore atteignant le seuil de la douleur qui me scandalise!

Dans le premier cas, on peut se désoler de l’incompétence du professionnel mais peut-on excuser la mise en danger d’autrui dans le deuxième?

Comment un responsable du son peut-il balancer 110-120dB sans scrupules et laver sa conscience en se disant qu’il n’a pas le choix, que c’est l’ordre du chef ou du donneur d’ordre, et que sinon il est viré?

16)
Anne Cuneo
, le 22.08.2011 à 11:40
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Vous m’expliquez là une différence que je n’ai jamais réussi à m’expliquer: l’ennui en écoutant Swiss Classic, et le plaisir constant en écoutant BR-Klassik (l’émetteur classique de la radio bavaroise), alors que le répertoire est très semblable.

Les Suisses alignent les disques, sans correction aucune. Les Allemands procèdent à une post-production qui rend toujours les morceaux (que ce soit en concert, ce qui est souvent le cas, ou par disques) vivants, présents. On écoute vraiment, alors que Swiss Classic, j’ai le regret de le dire, n’est qu’un sirop qu’on laisse couler.

Qui plus est, la partie francophone de Swiss Classic a un présentateur insupportable, qui essaie de faire de l’esprit ou de la poésie, c’est selon, en présentant – mais il n’est pas doué pour ça. Alors, si vous voulez essayer sans vous énerver, choisissez les annonces en anglais ou en allemand.

17)
guru
, le 22.08.2011 à 13:00
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Quel plaisir d’être un ingénieur du son à la retraite…

Après avoir enseigné la prise de son pendant 40 ans, je me rends compte que la pression de la pub, des producteurs, de la mode est plus forte que le bon sens et que l’écoute. En fait, la prise de son devrait toujours nous permettre d’entendre à distance (dans le temps et/ou dans l’espace) de la même manière que si nous étions à la place idéale dans le lieu de l’événement. Ce n’est plus jamais le cas. Lorsque j’ai commencé dans ce métier, on devait encore travailler en mono avec un seul micro. Tout l’art consistait à bien choisir son micro, la position et l’emplacement de celui-ci. Après sont venus les mélanges et les pistes multiples, les prises de son en close-up qui multipliaient à l’infini la diaphonie acoustique et rendaient le son plus confus si la prise de son n’était pas impeccable. J’ai réécouté des 33 tours réalisés par André Charlin pour le Festival du Son dans les années 60 avec un seul couple stéréo sur une tête artificielle, certe le son est moins piqué, moins percutant, moins flatteur que dans la plupart des prises de son actuelles, mais il est plus vrai. Je suis partisan du progrès mais seulement lorsqu’il apporte un bien réel…

Je me suis payé 3 concerts cette année et chaque fois, je suis sorti avant la fin, déçu de n’avoir pas entendu ce que j’étais venu chercher. Prenons par exemple un concert Natasha St Pier “acoustique” avec un simple piano. Comme j’aime beaucoup sa voix (elle pourrait chanter le bottin et c’est pratiquement ce qu’elle fait d’ailleurs), je supposais qu’un concert piano-voix pourrait me satisfaire… Que nenni!

Ce fut l’horreur totale, la voix (saturée de réverbération) perdue derrière un piano dont les micros mal placés déformaient la tonalité, était pratiquement inaudible. Comment une artiste peut-elle laisser faire ça, se saboter de cette manière?

Bref, pour moi, vieux crouton, terminés les concerts…

18)
plb
, le 22.08.2011 à 21:12
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Bonsoir,

C’est la première fois que je réagis dans cet espace que je consulte plusieurs fois par semaine. Je lis avec beaucoup d’attention de nombreuses rubriques de ce site pour plusieurs raisons : 1) le mac (depuis longtemps – je possède un Lisa mais je n’ai pas eu l’honneur de l’acheter neuf !) 2) les rubriques photos. Il se fait que mon métier est également celui d’ingénieur du son, essentiellement en musique live c’est pourquoi je voudrais intervenir ici.

Il existe plusieurs cas de figure lors de l’installation d’une sonorisation pour un concert ou un festival.

Dans la majeure partie de cas, un organisateur fera appel à une société de sonorisation locale afin de fournir le matériel destiné à un ou plusieurs artistes. L’artiste fourni alors une liste de l’équipement souhaité au sonorisateur. Lors de festival, le sonorisateur se chargera alors de vérifier l’entièreté des fiches techniques des différents artistes. Certains artistes (les plus connus) se déplacent parfois avec leurs micros, régie et techniciens D’autres font confiance à l’équipe locale ou ne viennent qu’avec leur ingénieur du son.

Le travail principal de la société de sonorisation est d’installer une diffusion homogène dans le lieu qui est choisi par l’organisateur. Il est censé connaître la salle et ainsi adapter le type de diffusion en fonction des qualités acoustique, de ses possibilités, du type de musique et des fiches techniques des artistes. Il aura également la tâche de régler – et c’est la chose de loin la plus importante – le système son afin d’obtenir le meilleur résultat possible (niveau homogène en tout point, peu de différence de tonalité en fonction du placement, ….) Les haut-parleurs sont en général accrochés en hauteur. Les caissons de graves, eux, sont le plus souvent posés au sol.

L’équipe technique locale reçoit donc les différents artistes et accueille ainsi les éventuels techniciens des groupes. La balance des musiciens est donc soit effectuée par l’équipe locale, soit par l’ingénieur du son attitré de l’artiste. Chaque artiste à donc sa propre “couleur” sonore, son identité en concert. Il est généralement constaté que le couple basse/batterie et mis en avant, cela donne une impression de punch au détriment du texte.

Le technicien qui accueille l’ingénieur du son attitré à la responsabilité du matériel. Il veille donc à ce qu’aucune fausse manoeuvre ne puisse être réalisée (on appelle cela du “baby-sitting). Il est censé veiller à ne pas dépasser le niveau sonore prescrit par les autorités locales. A ce sujet, beaucoup de fiches techniques demandent à ce que le système sonore puisse dépasser les 110db (à la régie) alors qu’il est généralement interdit de dépasser les 105db (103db en Belgique lors des manifestations live).

Lorsque cela se passe mal, il y a plusieurs causes possibles :

– Le système son choisi ne correspond pas au lieu, n’est pas adapté ou est mal mis en oeuvre. – Le système son idéal était trop cher pour l’organisateur qui à prit une option plus abordable – Le système son idéal était peut-être trop lourd pour être installé dans la salle. – L’ingénieur du son de l’artiste n’est pas au meilleur de sa forme ou ne l’à jamais été. – L’ingénieur du son d’accueil (local) n’échange pas ses impressions avec son homologue afin de le guider sur les défauts de la salle (résonances, réflexions, …) – Un mélange de tous ces points, …

Brefs beaucoup de points sensibles qui font de ce métier …., un métier. On ne s’improvise pas ingénieur du son, comme beaucoup de métiers ne s’improvisent pas. Il y a énormément de savoir faire qui fait que le couple artiste/ingénieur du son fonctionne ou pas.

Tout un art …

19)
Lau74
, le 22.08.2011 à 21:28
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Là, je crois que tout est dit. C’est ce que nous vivons depuis 20 éditions.

20)
François Cuneo
, le 22.08.2011 à 22:48
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Merci pour toutes ces explications plb.

Mais ce boum boum est-il regretté par les ingénieurs, ou selon le matos, n’arrivent-ils pas à faire autrement?

21)
JeMaMuse
, le 22.08.2011 à 22:53
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François, toi qui est allé à Cuba récemment, il y a au moins un concert que tu n’as certainement pas manqué au Paléo : Chucho Valdés ! Un concert magnifique, et pas de frustration avec la sono ! Un grand Monsieur !

22)
Inconnu
, le 22.08.2011 à 23:30
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Purée, Fa Musique, ils avaient sonorisé le festival “La dernière tentation du rock” en 1989 et le concert de “Les Porcs” à Lyon 1 en 1990.

Super Crew: ils faisaient sonner les groupes comme personne.

Merci Laurent pour la piqure de rappel :)

24)
Modane
, le 24.08.2011 à 17:04
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Merci François, et bravo pour l’effort! ;)

Deux concerts, cet été : le magnifique Brian Mc Combe et ses excellents musiciens, puis Maltavern, bien connu du celtic rock. Même staff à la sono. Le premier avait un son magnifique, le deuxième, un son pourri, que du pied et des toms. (Il faut dire que le chanteur et meneur est batteur!…)

Le groupe fait beaucoup pour le son, beaucoup ne savent pas travailler avec une sono, ou un ingé son. Qui n’a jamais vu un crise de nerfs pour simplement baisser le volume d’un ampli qui repisse?

25)
zit
, le 28.08.2011 à 09:03
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Mon pire souvenir remonte à l’année dernière : Robert Plant au Palais des Sports, un collègue m’avait prévenu de la très mauvaise sono de la salle, mais c’était tout bonnement épouvantable, atroce, déjà, la première partie, un type seul à la slide, je suis sorti prendre l’air avant la fin, beaucoup trop fort, surtout les aigus, et puis le concert de Bob : une horreur ! des basses tournoyantes telles celles décrites par François, mais avec, en plus, des aigus hyper agressifs, et donc, rien au milieu. J’ai fini le concert avec un filtre de cigarette dans chaque oreille (j’avais oublié de prendre le nécessaire), la tête entourée de mon écharpe…

Et pourtant, certains zingéson savent y faire, Jeff Beck au grand Rex, par exemple, les petites harmoniques du haut du manche, si ténues que l’on aurait entendu une mouche voler, suivies immédiatement d’un gros riff sursaturé, et pourtant bien en deçà du seuil de la douleur, et la batterie, et la basse, et le clavier, tout aussi parfaitement audibles, oui, c’est possible (pourtant, plusieurs personnes m’avaient dit avoir entendu des concerts avec un très mauvais son dans cette salle).

Le grand Joe Jackson, aussi, son vraiment parfait chaque fois que je l’ai vu, on a l’impression d’être assis sur ses genoux tellement le son du piano est pur…

z (si seulement les zingésons sourds ou malentendants pouvaient se mettre à faire de la poterie, je répêêêêêêêêêêête : ou du point de croix, enfin, un truc moins nocif…)

PS : et les promoteurs qui grapillent sur la sono doivent aussi y être pour quelque chose…