Aujourd’hui, je ne souhaite pas vous parler de Nokia mais de musique. Toute fois, en guise de transition, je vous propose quand-même de voir cette vidéo prise mardi dernier à Londres pendant l’événement de lancement du Lumia 800 avec le DJ Deadmau5 qui a illuminé les rives de la Tamise : Amazing !
S’il y a un paradoxe qui continue de me surprendre, c’est bien la richesse musicale en Suisse par rapport à sa taille. Sans aller à prétexter que l’origine protestante d’une certaine partie de la population soit la cause d’une pratique musicale supérieure aux autres pays, il n’en reste pas moins intéressant de voir que dans les villes et villages de Suisse que j’ai pu visiter la musique est omniprésente. J’ai, entres autres, d’excellents souvenirs de la fête de la ville à Lausanne et ses musiciens à tous coins de rue ou lors de la fête du village à Weggis sur le bord du Vierwaldstättersee…
Il se trouve qu’en préparant cet article, j’ai réalisé que la musique d’origine Suisse a accompagné les différentes phases de ma vie. N’ayant pas la prétention d’être un expert de la création musicale helvète, je souhaite seulement partager avec vous la « bande son » qui a rythmé mes pas et continue de m’émerveiller, ceci par ordre chronologique.
Tout d’abord il y a eu la fête du 1er Aout à Sullens, VD où habitaient mon oncle et sa famille. Etant né le 2ème jour de ce mois, j’ai longtemps cru, enfin jusqu’à 4-5 ans, que les habitants de cette sympathique bourgade fetaient mon anniversaire à grand renfort de lampions (j’avais une préférence pour l’ours Bernois alors que ma cousine arborait généralement les armes de la ville de Genève) et de musique traditionnelle. Sans être aussi typée que les œuvres de Luzi Bergamin des Grisons, j’appréciais déjà beaucoup le son de la clarinette emporté par le rythme de la valse, une saucisse de veau dans une main et mon lampion dans l’autre !
L’adolescence venue, j’ai découvert par hasard dans un café allemand la musique de Yello; à l’époque il s’agissait de leur album Stella qui a vraiment lancé leur carrière. Je ne me souviens pas trop de la jeune teutonne avec laquelle j’étais en train de rompre, mais les nappes synthétiques et les percussions industrielles de « Oh Yeah » ou de « Vicious Games » ne m’ont plus jamais quitté. A partir de cette année, 1985, c’est pour moi comme un rituel d’acheter les superbes opus que nous concocte le duo improbable de Zurich constitué du dandy Dieter Meier et du magicien sonore Boris Blank. Je vous recommande donc leurs dernier album « Touch Yello » dont le titre « The Expert » est vraiment incroyable.
A la même époque, ma cousine me faisait découvrir une radio FM qui allait elle aussi rythmer mes années d’écouteur fébrile : Couleur 3. C’est en finissant mon diplôme d’ingénieur à l’EPFL à Lausanne que l’accroche définitive s’est faite, en particulier lorsque nous préparions nos soirées lors des « happy hours » au Satellite sur le campus avant de finir au Bleu Lézard ou au 13ème Siècle (club pour étudiants et anciens étudiants : c’est écrit sur la porte !). C’est ainsi que j’ai découvert les Young Gods de Fribourg dont la voix de Franz Treichler si reconnaissable accompagne une musique couvrant les registres de la New Wave jusqu’à l’Ambient en passant par le Rock et l’Industriel. Je recommande en particulier l’album accoustique « Knock On Wood » dont la reprise de « Our House » mérite à elle seule l’écoute.
Plus tard, la révolution Internet de la fin des années 90 me permit enfin d’écouter en streaming mes émissions favorites de la 3, deux en particulier : La Planète Bleue d’Yves Blanc dont je vous ai précédemment parlé ici et une autre disparue depuis: le Mr Mou Monster Show, le show de Mr Mou. C’est depuis la petite ville de Charlottesville en Virginie ou j’étudiais pour mon MBA que j’écoutais et réécoutais ces grands moments de délire musicaux où Noël-Noël accompagné de son chien Nicky faisait jouer dans un direct relatif et accompagné du Grand Orchestre du Développement des artistes vivants et parfois un peu mort. A ce propos, si l’un d’entre vous a gardé quelques enregistrements de cette émission, qu’il me fasse signe ;)
Grâce à la Planète Bleue, j’ai par la suite découvert des artistes aussi improbables que le duo de Stimmhorn que j’ai pu voir sur les bords du Léman il y a quelques années, ou Sky76 de Carouge et récemment Daniel Buser de Genève. Je suis vraiment admiratif devant leur inventivité et créativité : il faut voir Christian Zehnder maitriser à la perfection le chant harmonique (overtone singing en anglais…) accompagné du cor des Alpes joué par Balthasar Streiff, un petit train électrique équipé d’un haut parleur tournant autour de lui !
Enfin, il est intéressant que cette création musicale couvre de nombreux genres musicaux, en particulier le Jazz que j’affectionne. Il y a en particulier un Monsieur dont je souhaite vous parler : Erik Truffaz. Né Français, ce trompettiste ayant grandi à Gex, Haut-Jura, est un véritable explorateur sonore. Que ce soit avec son maître John Hassell qui a inventé cette sonorité basée sur le souffle copiée entre autre par Nils Petter Molvær, ou avec Murcof, incroyable mexicain mariant la musique électronique et classique dans leur expression la plus minimaliste, Erik Truffaz a su se créer une identité sonore unique qui en fermant les yeux me rappelle le son du cor dans la brume des Alpes. Ayant une attirance presque fétichiste pour le piano électrique, je me dois de mentionner Benoît Corboz, du studio du Flon à Lausanne, qui a repris les claviers du quartet d’Erik Truffaz des mains non moins talentueuses de Patrick Müller. Ce diable d’homme est le seul musicien que je connaisse qui soit capable de jouer du Fender Rhodes comme d’une guitare électrique ! Même si les albums sont superbes, l’expérience de ce quartet en concert est incontournable : l’inventivité de Marcello Giuliani à la basse ou les délires de Marc Erbetta à la batterie ne se vivent qu’en direct ! J’ai eu la chance de les écouter au Trianon à Paris le mois dernier, ce qui m’a également permis de découvrir Anna Aaron, une jeune et talentueuse chanteuse Folk de Bâle.
Je vous invite donc à chercher ces différents artistes dans vos Music Stores respectifs (Zune Marketplace, Nokia Store, iTunes,…) s’ils ne font pas déjà partie de votre collection musicale, physique ou digitale, en espérant qu’ils vous apportent autant de joie qu’à moi.
Amitiés,
Arnaud





