Profitez des offres Memoirevive.ch!
À propos de Cuba…

Avertissement: cela fait quelques années que j'évite de parler politique sur ce site, au grand désarroi de certains d'ailleurs. J'en avais un peu marre d'essuyer les commentaires très violents d'une certaine droite chatouilleuse, contrés ensuite par ceux d'une gauche qui ne l'était pas moins, et de voir les choses déraper. Là, j'ai juste envie de dire certaines interrogations qui suivent un réveil de ce jeudi qui m'apprend que l'UDC est à 29% et des poussières des intentions de vote pour nos élections fédérales, information qui se télescope avec un retour de Cuba qui m'a posé plein de questions.

S'il vous plaît, si l'on pouvait rester sobre en commentaires (si vous me faites le plaisir d'en faire), ce serait tout de même... assez pas mal.

Voilà...

Je suis rentré d'un peu plus d'une semaine à Cuba, un voyage que j'avais fait avec ma Municipalité.

Je vous avais parlé de mes interrogations à propos d'aller soutenir ce que beaucoup disent être une dictature par un apport supplémentaire de touristes de 8 personnes sur cette île.

Alors oui, 8 jours ne font pas de moi un spécialiste de la question cubaine, nous sommes bien d'accord.

J'ai passablement lu sur Cuba, avant, pendant, et un peu après le voyage.

J'ai vu ce que des touristes qui ne sont pas là bas pour plusieurs mois peuvent bien voir.

J'ai vu les couleurs, les maisons, belles, moins belles, les cabanes dans lesquelles certains vivent, traversant les centres-ville, mais aussi les banlieues et les campagnes, notre guide et notre chauffeur ne nous faisant pas éviter quelques bidonvilles.

J'ai vu un pays où une chose est assez étonnante: la publicité est totalement inexistante et où on nous dit que pour avoir une publicité, il faut avoir des choses à vendre.

J'ai vu un pays où lorsque nous demandions comment se géraient les déchets, on nous a répondu que pour qu'il y ait des déchets, il faut avoir des choses à jeter, qu'à Cuba, tout est recyclé.

Je sais qu'à Cuba, il n'y a pas de liberté de la presse.

Je n'aime pas ça.

Je sais qu'à Cuba, il y a toujours un parti unique.

Je n'aime pas ça non plus.

Je sais encore que pour beaucoup de Cubains, l'une des préoccupations est de savoir ce qu'ils vont bien pouvoir manger demain, même si personne ne meurt de faim là-bas.

Mais je sais aussi d'où vient Cuba.

De quels pillages elle sort, d'abord par les Espagnols, puis par les Américains.

Quel était l'état du pays sous Flugencion Batista, inféodé aux Etats-Unis, lorsque l'île était sous le contrôle de ce pays, mais aussi de la mafia, et que si tu n'étais pas d'accord, tu étais mitraillé.

Et vous savez comme moi quel blocus (renforcé par Bush, ben voyons) Cuba endure depuis que les Américains ont dû renoncer aux richesses de l'île.

Un blocus à tous les niveaux, celui des marchandises, mais aussi de l'information.

Vous savez certainement aussi tout ce qu'a fait la CIA pour récupérer l'île, vous savez je pense la désinformation faite par bien des Cubains de Miami, qui d'un côté, c'est vrai permettent heureusement par l'envoi de certains biens de faire vivre des membres de leur famille restés dans leur pays, le faisant savoir haut et fort, en nous faisant bien comprendre que sans eux, tout serait encore bien plus difficile pour les Cubains de Cuba.

Sauf que sans ces mêmes gens, souvent inféodés à la Mafia locale, peut-être qu'Obama aurait levé complètement le blocus sur Cuba, ce qu'il ne peut se permettre de faire, sachant que dans ce cas, une bonne partie des deux millions de Cubains vivant en Floride ne voteraient pas pour lui aux prochaines élections, qu'il perdrait ainsi certainement la Floride, ce que ne peut se permettre de faire un candidat à la présidence des Etats-Unis s'il veut être (ré)élu.

Comment un pays si petit a-t-il pu résister si longtemps aux tentatives d'ingérence américaine? Certes, avec l'aide de l'URSS pendant un certain temps, mais depuis la chute de l'empire soviétique, en pleine "période spéciale" comme ils disent eux-mêmes, sans plus aucun soutien si ce n'est celui récent du Vénézuela d'Hugo Chavez et dans une moindre mesure de la Chine?

Comment ne pas se poser quelques questions lorsqu'on voit que la médecine cubaine est l'une des meilleures médecines du monde?

Que de l'analphabétisme, il n'y en a pas là-bas, et qu'au contraire, le peuple cubain est l'un des plus cultivés, en particulier grâce à une télévision nationale certes à la solde du gouvernement lorsqu'on parle politique, mais qui présente des émissions culturelles, scientifiques, une sorte d'université populaire semble-t-il hyper bien faite quotidiennement, pratiquement matin au soir. Et grâce à une volonté politique d'envoyer tout le monde à l'école.

Que tout le monde a accès à des soins médicaux et dentaires gratuits.

Que les instances politiques sont à 45% tenues par des femmes.

Que l'égalité homme-femme, même si le Cubain est semble-t-il un peu (beaucoup) macho dans le quotidien est une réalité dans ce pays, les cadres, les médecins par exemple étant tout autant des femmes que des hommes. 

Cette égalité est exigée d'ailleurs par l'article 44 de la consitution cubaine: la femme et l’homme jouissent de droits égaux dans les domaines économique, politique, culturel, social et familial. L’Etat garantit que l’on donne à la femme les mêmes opportunités et possibilités qu’à l’homme afin qu’elle participe pleinement au développement du pays.  L’Etat organise des institutions telles que  cercles infantiles, semi-internats ou internats scolaires, maisons pour les vieux, et services qui facilitent à la famille des travailleurs l’accomplissement de ses responsabilités. L’Etat, veillant à sa santé et à une saine descendance, octroie à la travailleuse, un congé de maternité rétribué avant et après l’accouchement et la possibilité de travail temporaire compatible avec sa fonction maternelle. L’Etat s’efforce de créer toutes les conditions nécessaires à la réalisation du principe d’égalité. 

Heuu... je pourrais avoir le même article chez nous siouplet?

Tout cela dans une région où bien d'autres pays se sont écroulés, tout cela tout près d'un très grand pays qui se prétend la plus grande démocratie du monde mais qui vient enfin, enfin seulement, de trouver moyen de faire passer une assurance maladie pour tous, même que cela ne semble pas encore tout à fait acquis.

Y a-t-il de bonnes dictatures? Certes non.

Mais que dire de nos démocraties?

Celles où l'on voit chez nous l'UDC (un parti d'extrême droite, quoi qu'on en dise, dont les derniers exploits chez nous sont cités en exemple par le Front National français) crédité de 29% d'intentions de vote en grande partie parce ce parti mène des campagnes électorales exécrables en disposant de fonds sans aucune commune mesure avec les autres partis. Quand on voit maintenant dans bien des cantons notre bon vieux parti radical libéral (union de deux partis du centre droit qui dirigeait la Suisse jusqu'il y a quelques années) en chute libre ne trouve qu'un moyen de remonter la pente, annoncer un peu partout des rapprochements sur des listes communes avec l'UDC.

Ces démocraties où le nombre de laissés pour compte sont légion.

Ces démocraties où les télévisions, certes libres (quoique, suivez mon regard en France et en Italie) ne semblent exister que pour nous abrutir.

Ces démocraties où l'on enferme les gens dans l'une des pire prisons que l'on puisse imaginer  pendant des années sans aucune preuve. Au fait, savez-vous que la base américaine de Guantanamo se trouve à Cuba depuis 108 ans, et que, suite à un accord renouvelé en 1934, cette présence est permanente, malgré l'oppostion ferme du gouvernement cubain en 1959 qui refuse d'encaisser les chèques envoyés par les USA de 2'000 dollars de location annuels, puisque s'il le faisait, il validerait la présence américaine sur sol cubain? Une seule fois dans la confusion de 1959, en pleine révolution, a suffi à le faire semble-t-il.

Ces démocraties où l'on continue à exécuter chaque année des dizaines de personnes et si ce chiffre a baissé en 2010, c'est juste à cause d'une pénurie de thiopental sodique, le produit qui est utilisé lors des injections léthales.

Oui, que dire de démocraties auxquelles je continue cependant à croire, malgré tout, mais qui se permettent de donner des leçons avant de balayer devant leur porte?

Alors, permettez-moi de me poser des questions, d'avoir plein de choses qui tournent dans ma tête.

Pourquoi par exemple ai-je toujours eu dans ma chambre d'adolescent un portrait d'Ernesto Che Guevara, que les photos de cet homme me touchent toujours, alors que je sais qu'il a fait exécuter une centaine d'opposants, certes selon lui des criminels de guerre, certes dans un contexte difficile de révolution, alors que je suis bien évidemment contre la peine de mort. Tout cela en n'oubliant pas que le 9 octobre 1967, le Che a été exécuté en Bolivie après une intense collaboration entre les services secrets boliviens et la CIA, qui n'est pas tout à fait innocente dans les exécutions de nombreux combattants de gauche dans les pays d'Amérique du sud à cette époque.

Cuba m'a toujours un peu fasciné, mais ce voyage, ces lectures en ont rajouté une couche.

Et  j'ai bien l'impression que je ne suis pas près de trouver une réponse à mes interrogations.

57 commentaires
1)
Saluki
, le 29.04.2011 à 00:57
[modifier]

Ne te pose pas de questions sauf sur le temps de pose de ton nouveau jouet.

Nous avons glosé sur le fait que l’invasion helvète de Cuba avait provoqué ce que tant de tentatives de la CIA n’étaient pas parvenues à obtenir auparavant : la mise à la retraite de Fidel C.

Nous, bien-pensants replets, avons quand même peu de moyens d’action : tu vas boycotter les cigares ? Mais tu te punis toi-même et ça ne va pas changer grand chose, chaque seconde il y a un nouveau riche chinois qui en achète une boîte ! Nous nous réjouissons de l’intervention e l’OTAN en Libye pour aussitôt avoir le goût âcre de la suie dans laquelle nous nous faisons rouler pour des raisons de politique intérieure franco-française…

bon, je vais me coucher. C’est mieux ainsi.

2)
Okazou
, le 29.04.2011 à 02:51
[modifier]

Réflexions d’un honnête homme. Ça fait du bien tant l’honnêteté est une denrée rare de nos jours. Et je ne parle pas de l’objectivité.

Il m’arrive d’être en contact avec de jeunes musiciens cubains. On n’imagine pas le talent qu’ils ont. Deux jeunes flûtistes de jazz (flûte traversière) d’une vingtaine d’années ont scotché sur son siège une copine professeur de flûte lors d’un concert. Je me souviens aussi d’un jeune bassiste de jazz arrrivé avec sa Jazz Bass Fender tout écaillée et un seul jeu de cordes, celui monté sur la guitare, et qui nous a enchanté toute la soirée, d’un jeu d’un enthousiasme non dissimulé, le sourire aux lèvres. Je me souviens aussi de Damas de Cuba, un groupe de 11 jeunes femmes cubaines aux voix divines. Qui m’ont vendu à un coût défiant toute concurrence, une boîte de cohibas (au nez et à la barbe du fisc français). Je passe aussi sur ce groupe de bal cubain avec ses deux chanteurs danseurs incitant la salle à danser avec eux. On se souviendra enfin de Compay Secundo. Les vieux, là-bas, sont respectés et reconnus.

Une formation musicale ne coûte rien à Cuba et les instruments vous sont prêtés.

Bref ce qu’on peut reprocher à Cuba (qui voit la paille ne voit pas la poutre) est plus que largement compensé par une qualité de vie, certes plus que sobre, mais saine, courageuse, solidaire et généreuse.

Merci François pour cet article qui fera certainement réfléchir.

À part ça, que penses-tu du mojito, boisson de La Havane au rhum Havana Club ?

3)
Sadique de la forêt
, le 29.04.2011 à 08:01
[modifier]

Merci François!

Pour avoir eu la chance d’être aussi du voyage, sache que je partage à 100% tes impressions et interrogations.

Ce pays et son histoire sont tout bonnement fascinants! Ce deuxième voyage là-bas, accompagné d’une guide aux compétences remarquables n’a fait que le confirmer.

Okazou, laissant le mojito à François, je peux te dire que pina colada, cuba libre et vieux rum sec, c’est du délir… ium trémens…! Gloup burp!

4)
pommedapi
, le 29.04.2011 à 08:17
[modifier]

Je trouve votre article courageux et lucide. Vos propos font partie de ces petits scintillements qui me donne de la joie et qui me font espérer que le monde que nous laisseront à nos enfants sera peut-être moins con que celui dans lequel nous vivons. Merci !

5)
kubernan
, le 29.04.2011 à 08:38
[modifier]

Article très intéressant (et qui me semble honnête) sur un pays dont on entend peu parler.

6)
guru
, le 29.04.2011 à 08:40
[modifier]

Merci de cette humeur. Je me suis, moi aussi, posé des interrogations de cet ordre en ayant vécu pendant quelques semaines à Singapour où le système politique ne correspond pas vraiment à mes convictions primaires. Chacun a ses réponses, et, ça va sans le dire mais mieux en le disant: l’herbe est toujours plus verte ailleurs.
Tenez, prenez mon pays… Malgré l’impasse politique actuelle, le belge n’a jamais été aussi riche et aussi heureux. C’est l’Europe qui le dit. Ca devient trop compliqué pour moi et je n’essaye plus de comprendre. Je me borne à constater que le bon sens nous permet encore de tenir la route.
Comme le disait Joséphine, Pourvou que ça doure!

7)
ToTheEnd
, le 29.04.2011 à 08:58
[modifier]

A quand le déménagement?

Pas mal de critiques sur les pays occidentaux mais assez peu sur Cuba… qui a également la peine de mort par fusillade (ok, dernière exécution 2003 mais y a encore 40 personnes qui sont condamnées à cette peine et qui attendent).

Les vacances donnent souvent une vision “rose” de tout et rien. Si Cuba a des avantages (ce qui est indéniable), il a aussi pas mal d’inconvénients… et à la fin, je ne suis pas certain que le système, globalement, soit meilleur qu’un autre.

On (occident) a encore pas mal de progrès à faire mais je ne prendrais pas Cuba comme modèle.

Enfin, si tu es surpris par le score de l’UDC, attends de voir celui du FN aux prochaines élections nationales françaises… ici ces chers médias ne parlent que de ça.

8)
zit
, le 29.04.2011 à 09:05
[modifier]

Ah, oui, un de mes amis a été à Cuba l’année dernière et il a lui aussi été (agréablement) choqué par l’absence de réclames. Étonnant, non ?

À lire, les formidables romans et nouvelles de Daniel Chavarria, pour se plonger dans un quotidien de Cuba chaud et rafraîchissant (Adios muchachos) ou dans les magouilles sordides de la CIA (Un thé en Amazonie), j’ai adoré tous ses bouquins !

z (quand au mojito, je connais une recette pas du tout dans la ligne du parti, je répêêêêêêêêêêêête : le zitito)

PS : et si j’avais le choix, je voterais tout de suite Fidel !

PS2 : et ces photos, alors ?

9)
THG
, le 29.04.2011 à 09:10
[modifier]

Bref ce qu’on peut reprocher à Cuba (qui voit la paille ne voit pas la poutre) est plus que largement compensé par une qualité de vie, certes plus que sobre, mais saine, courageuse, solidaire et généreuse.

Faudra que je montre cet extrait à l’épouse cubaine d’un de mes amis, qui vit maintenant en France depuis quelques années. Ça lui fera sûrement plaisir de savoir qu’elle avait une vie saine, elle qui devait faire la cuisine par terre, à même le sol, parce qu’elle n’avait rien d’autre…

10)
Blues
, le 29.04.2011 à 09:49
[modifier]

Perso ça ne me dérangerais aucunement de vivre sous de type de régime

et, les inconvénients … comme le dit Okazou sont : compensé par une qualité de vie, certes plus que sobre, mais saine, courageuse, solidaire et généreuse.

11)
François Cuneo
, le 29.04.2011 à 09:57
[modifier]

Okazou, j’adore le mojito, et le Havana Club qui est dedans!

Je dois dire, comme l’écrit Sadique de la forêt, que nous avons bien profité de tous ces cocktails, et j’ajouterai encore le Daikiri.

TTE, je ne dis pas qu’un système est meilleur que l’autre. Mais nous avons une légère tendance à la condescendence en pensant que le nôtre est le supérieur aux autres, ce dont je ne suis pas vraiment certain.

THG, bien évidemment que la pauvreté existe à Cuba. Elle serait peut-être moins présente s’il n’y avait pas le blocus depuis tant d’années. Et tu vois, je suis persuadé que les dirigeants n’ont pas de comptes cachés là-bas. Fidel Castro, que je n’apprécie pas particulièrement, ne s’est pas enrichi sur le dos de son peuple.

12)
jeanbinus
, le 29.04.2011 à 10:11
[modifier]

Sachez, Cher François, que je partage depuis des lustres, les mêmes questions que vous. Nous pourrions former un club ! Mon prochain livre que je compte lire en priorité est celui de Naomi KLEIN, La stratégie du choc. La montée d’un capitalisme du désastre. Et un autre de Myriam REVAULT D’ALLONNES, Le pouvoir des commencements. Essai sur l’autorité. J’ai découvert cette dernière grâce à une excellente émission de la Radio Suisse Romande, Histoire vivante [Podcast gratuit sur iTunes Histoire vivante ], émission qui a fait un rejet sur la TSR. (Si cela intéresse quelqu’un, vous savez où me trouver).

Bien pire, après 17 ans de travail avec des familles dites maltraitantes, ayant été aussi maltraité moi-même, j’en suis arrivé à l’idée bizarre et saugrenue que notre société ferait bien d’investir dans leur prise en charge psychosociale et l’étude pluridisciplinaire de celle-ci, pour APPRENDRE à mieux vivre en communauté et, même, trouver des modèles de solution pour résoudre certains conflits macrosociaux, cas échéant les prévenir. Je pense notamment aux travaux des diplomates.

Je suis d’accord, c’est pire que vous pensiez. « Complètement toqué ce type-là. Complètement gaga ».

Tant pis pour la folie, passons aux questions pratiques. Organisations nous tout de suite. Nous avons besoin de : — Un lieu hypercool, ravitaillé directement de Cuba en rhum agricole et fruits tropicaux, pour les mojitos, zititos et autres pina colada, afin de désinhiber nos rigidités et retrouver nos restes d’adolescence pleins de désirs et d’envies. Comme disait notre superviseur : « Il faut viser les étoiles pour arriver jusqu’aux nuages. » — Un lieu hypercool où partager « nos folies d’avant 81 », assaisonnées des expériences et des lectures qui ont nourri nos vies. — Pour la décoration, j’ai entendu parler d’une Municipalité qui a rapporté d’un voyage d’étude des posters et autres photographies de barbudos, vieilles dames et sourires d’enfants. Ça me paraitrait bien.

Merci François pour votre sincérité et de votre parler-vrai. C’est non seulement rafraichissant, mais bienvenu.

La vie m’a appris qu’il existe une différence entre le pouvoir et l’autorité. Le pouvoir assujettit et contraint. L’autorité est la capacité de rendre l’Autre auteur de son histoire. Peut-être qu’à Cuba, malgré les entraves des bien-pensants et des pays et autres associations à pouvoir démesuré, leurs dirigeants ont fait preuve d’Autorité et ont réussi ce que ce bon Monsieur de Cyrano déclarait : « Ne pas monter bien haut, mais tout seul » ?

Je suis aussi d’accord pour reconnaître que Cuba n’est pas un modèle. À mon point de vue, c’est seulement une référence parmi d’autres.Il n’empêche que nous avons à apprendre de cette expérience.

13)
Catastrophy
, le 29.04.2011 à 10:11
[modifier]

Sans vouloir polémiquer, c’est aussi une question de conscience : conscience du mal irréparable du stalinisme. Culte de la personnalité, c’est un euphémisme pour Cuba. Il faut être aveugle de la conscience pour ne pas voir et dénoncer cette dictature stalinienne. C’est « grave » (je voudrais mettre un autre adjectif, mais il vaut mieux modérer ma colère) lorsqu’on est un homme de gauche de ne pas dénoncer ce cancer dont nous somme en partie responsables et qui a fait passer des millions humains de l’espoir vers la désespérance et l’horreur et la mort ; mais encore, laissé des milliards d’autres désemparés sur le carreau. Bien entendu, on sait que le stalinisme est un monstre enfanté au sein du capitalisme. Système qui à mesure pour se survivre fabrique des monstres et s’en nourri. Il n’y a AUCUN argument qui puisse justifier la conservation du pouvoir par un être vivant, sans consulter le peuple “démocratiquement”(dans le sens le plus noble et radical ce mot). Cette conservation du pouvoir, qu’elles qu’en soient les raisons invoquées pour la justifier, est une attitude criminelle. Aussi, aucun mot n’est innocent, il faut gratter dessous pour en découvrir les os et la moelle idéologique.

14)
THG
, le 29.04.2011 à 10:36
[modifier]

Il y a également une chose qui se produit à Cuba et qui, à ma grande surprise, est soigneusement évité dans cette discussion que je trouve très condescendante par rapport à ce qui se passe là-bas (solidarité gauchiste ?), c’est le tourisme sexuel.

Il y a de nombreux occidentaux qui y vont plusieurs semaines pour s’en payer une bonne tranche à peu de frais : langoustes matin-midi et soir, alcool à gogo et copines payées à la semaine ou au mois.

Pas de commentaires là dessus ?

15)
Iris
, le 29.04.2011 à 10:48
[modifier]

C’est ainsi que les voyages sont marquants…

Si tu as l’occasion, regarde le film tout en finesse de Tomas Gutierrez, “Fresa y chocolate”. Il date de 1993 mais comme le temps semble un peu suspendu sur cette île, ce n’est pas grave.

16)
jeanbinus
, le 29.04.2011 à 11:23
[modifier]

@THG Si, il y a une réponse. Les agressions sexuelles sur mineurs se commettent dans plus de 70 % des cas au sein de la famille et des personnes qui ont la confiance de la victime. Toutes les classes sociales et toutes les communautés humaines sont concernées (j’ignore s’il y a des exceptions). Le tourisme sexuel fait partie des ± 30 % restant. Selon les études prospectives, une fille sur 4 et un garçon sur 7 sont concernés. Des vies sont irrémédiablement gâchées par des adultes dont le premier devoir consiste à protéger les plus faibles, qu’elles soient de petites personnes ou de grandes personnes. Certains en meurent, y compris dans notre pays. D’autre part, beaucoup d’agences de voyages font leur part de travail pour lutter contre le fléau du tourisme sexuel.

MAIS CE N’ÉTAIT PAS LE SUJET DE L’ARTICLE. Je trouve personnellement assez lamentable de tenter de le disqualifier avec ce type d’arguments. L’expérience cubaine a eu encore une fois ses forces et ses faiblesses à l’instar de celles de nos pays. Et c’est bien ce que François écrit.

Il n’a pas ouvert cet article sensible pour aboutir à ce type de remarque, mais pour partager son insatiable curiosité. Il était inquiet de le faire. Vous lui démontrez qu’il avait raison. Je suis personnellement triste de m’être senti en devoir de vous répondre.

Vous condamnez beaucoup d’entre nous à nous censurer, pour nous protéger de telles réactions. Peut-être ne vouliez-vous pas nuire ? Vous l’avez tout de même fait.

17)
Inconnu
, le 29.04.2011 à 11:23
[modifier]

Bel article, il pourrait passer dans le Monde Diplomatique ;-)
@jeanbinus +1

18)
graffati
, le 29.04.2011 à 11:29
[modifier]

Voyage à Cuba il y a quelques années et mêmes interrogations, mêmes doutes…. Comment enter en contact “vraiment” avec des gens qui nous perçoivent comme millionnaires (pour faire le voyage et se payer les hôtels…) . On a trouvé des gens sympa, des “pièges” à touristes (mais comment leur en vouloir…) et des endroits un peut plus glauques… Un peut comme partout, en fait… On a pris pas mal de monde en stop, avec notre voiture de location et c’était assez sympa…

L’embargo… On trouve du Coca à tous les coins de rue: il en faut, étonnamment, pour le Cuba Libre :-) , exporté par Coca du Mexique, pour contourner l’embargo…

Est-ce que les gens sont heureux à Cuba ?? Avant la révolution, Cuba était le bordel des USA… quand on voit certaines îles des Caraïbes, qui ne sont pas “sous” dictature… les mêmes villages pauvres, les mêmes gamins qui tendent la main… Les mêmes touristes arrogants… Est-ce que les gens y sont plus heureux ?

19)
THG
, le 29.04.2011 à 11:31
[modifier]

@ jeanbinus

Vu la condescendance de l’article et des commentaires – y compris les votres – envers ce qui se passe là-bas, j’ai estimé nécessaire de rappeler certaines choses qui fâchent, d’autant que j’ai la chance de connaître un adulte qui vient de Cuba et qui m’a donné son point de vue d’insider, alors que le point de vue des touristes est déformé par la vitre du taxi et de l’hôtel climatisés.

Et quand je lis qu’on y mène une vie saine, je me dis qu’il n’y a pas de limites à la connerie de certains.

20)
graffati
, le 29.04.2011 à 11:41
[modifier]

@ THG Vous avez raison de parler du tourisme sexuel, à Cuba: c’est une réalité. Il y a aussi les mariages arrangés pour fuir le pays (ou la misère). Mais ce problème n’est pas propre à Cuba: il existe dans nombres d’autres pays et aussi des démocraties… En Europe également… Lors de la coupe du Monde de foot en Allemagne en 2006, une “importation” massive de filles/femmes avait eu lieu dans ce pays… là aussi, bière , foot et sexe… Donc, il est faux à mon sens, de lier Cuba au tourisme sexuel, qui, malheureusement, est universel…

21)
THG
, le 29.04.2011 à 11:55
[modifier]

Je sais bien qu’il existe ailleurs qu’à Cuba… mais là, il s’avère qu’on discute de Cuba.

22)
ToTheEnd
, le 29.04.2011 à 13:00
[modifier]

François, je ne dis pas que tu l’as dit mais tes impressions le laisse penser puisque tu t’interroges et que tu compares. Or, dès que tu compares, tu évalues et juges (ce n’est pas péjoratif, c’est très sein pour l’esprit).

Ajoute à ça des commentaires du style: “ce genre de truc m’irait à ravir…” et je pense que le pays d’Alice au pays des merveilles n’est plus très loin.

Être interpellé par une situation et y réfléchir est évidemment positif. Il est néanmoins important de garder à l’esprit qu’on a une vision déformée de la réalité car on est de “passage” et qu’on a le choix (chose que ces gens n’ont pas!).

Alors oui, Cuba est enviable sur certains points mais à mes yeux, on pourrait en dire tout autant de la Corée du Nord et d’autres pays qui sont sous une certaine forme de dictature. Personnellement, ce n’est pas ce type de système – de près ou de loin – que je souhaite pour l’humanité.

23)
Invite
, le 29.04.2011 à 13:16
[modifier]

François, […] tes impressions […], c’est très sein pour l’esprit).

Tu n’es pas en train d’insinuer que François a fait du tourisme sexuel ?

24)
François Cuneo
, le 29.04.2011 à 13:36
[modifier]

Je peux te dire que jamais, je ne me suis fait apostropher par une prostituée. Je n’en ai même jamais vu une.

Mais oui, c’est une réalité, comme dans bien d’autres pays semble-t-il.

Je pourrai te parler d’un insider comme tu dis en France qui n’est pas content du régime politique de son pays? Ou d’un autre qui n’avait même pas de quoi vivre et cuisiner sur la terre battue, parce qu’il habitait sous les ponts. Un SDF je crois…

Et n’y a-t-il pas chez vous une bande d’artistes qu’on appelle les Enfoirés? C’est quoi leur but? Ah oui, donner un repas à ceux qui n’ont rien.

Où ça déjà?

25)
Diego
, le 29.04.2011 à 14:35
[modifier]

J’ai eu la chance de visiter Cuba il y a quelques années déjà. Hispanophone, je m’étais passé de guide et avais simplement loué une vieille bagnole à la Havane, changé des “convertibles” à la banque et acheté des pesos au marché noir.

J’ai ensuite sillonné l’ile de Santiago à Pinar en m’arrêtant dans les villages et en dormant en “casa particular” (chez l’habitant). J’ai adoré ce pays, ses habitants, et ses incohérences.

Ça ne fait en aucun cas de moi un spécialiste de la question. Je me suis, comme dans tous mes voyages, contenté de récolter quelques anecdotes que je prends plaisir à considérer comme significative.

Dans un village de la côte nord par exemple, nous mangions l’incontournable pollo con cristianos y moros (poulet rôti accompagné de riz et haricots noirs, traduit littéralement “chrétiens et maures”), pendant que nos hôtes nous expliquaient l’efficience du système médical cubain. En particulier, la tout aussi incontournable télévision allumée présentait la récente opération d’un vieux campesino (paysan) aveugle qui, grâce à une intervention chirurgicale “que même les Américains ne maitrisent pas” avait retrouvé la vue.

Au même moment, la fille du voisin pénétrait sur la terrasse. Elle avait à un œil une infection purulente qui devait dépasser la taille de mon pouce. J’ai alors demandé ce qui lui arrivait et j’ai appris que bien que parfaitement diagnostiqué par un ophtalmologue gratuit, ils ne pouvaient rien faire car il était impossible de trouver sur l’ile un antibiotique “à cause de l’embargo”. Il va sans dire que ma boite de “Bactrim de voyage” est restée chez eux.

Lors d’une ballade dans un parc national, nous avions discuté avec un serveur de bar “à touristes”. J’étais assez surpris par ses propos très éclairés sur la politique nationale et internationale et ses avis nuancés et précis. Ce n’était pas le profil type du serveur de bar que l’on rencontre habituellement chez nous. Au cours de notre discussion, nous avons découvert trois choses :

– Il était docteur en physique de l’université de la Havanne.

– Il travaillait dans ce bar parce qu’une fois sorti du monde académique, le gouvernement, ne sachant que faire d’un docteur en physique, s’était intéressé au fait qu’il parlait parfaitement l’anglais, le français et l’allemand et l’avait envoyé travailler avec les touristes.

– Dans le cadre de ses études, il avait pu avoir libre accès à Internet (ça s’est peut-être démocratisé depuis, mais je parle là de 2000) et il avait donc lu tout tout ce qu’il trouvait comme articles en politologie des universités occidentales

Une petite dernière pour reprendre les propos de THG : dans les coins où nous sommes rendu, il n’y avait (à l’époque) pas l’ombre de début d’un tourisme sexuel. Par contre, les quelques jours que j’ai passé à la Havanne m’ont permis de voir une prostitution intense, vulgaire, et avidement consommée par les Cubains.

Merci François pour ton billet qui m’a remis quelques souvenirs en mémoire !

26)
THG
, le 29.04.2011 à 15:25
[modifier]

Les filles qui acceptent d’être “des copines” de touristes occidentaux pour plusieurs jours, semaines ou mois ne sont pas des prostituées per se. Ce sont des filles ou des femmes, ayant parfois des enfants, qui acceptent ça pour sortir, pendant quelques temps, de leur marasme, à la plus grande joie des gros cons de beaufs français, allemands ou suisses qui se rendent là-bas.

Bien sûr que vous ne les avez pas vues, puisqu’on ne parle pas de tapineuses comme on en voit chez nous, mais bien de femmes tentant de mener une vie normale.

Mais bon, on ne voit que ce qu’on veut voir n’est ce pas ? Et le rapprochement des sensibilités politiques doit aider à filtrer…

27)
Diego
, le 29.04.2011 à 15:42
[modifier]

THG, ne confondrais-tu pas par hasard Cuba et la République Dominicaine ?

C’est plutôt dans la seconde que l’on rencontre ce que tu évoques ici, issu principalement de ressortissants-es de sa demi-sœur pauvre (ou devrais-je dire “encore plus pauvre” ?) d’Hispañola : Haïti. La proximité d’un pays à fort tourisme de masse avec un autre très pauvre et sans tourisme génère malheureusement en tous points du globe le même schéma (Sénégal/Mali – Thaïlande/Laos – …), ceci indépendamment du système politique.

28)
THG
, le 29.04.2011 à 16:36
[modifier]

THG, ne confondrais-tu pas par hasard Cuba et la République Dominicaine ?

Euh… c’est une plaisanterie ?

29)
lilou
, le 29.04.2011 à 17:02
[modifier]

*Salut à tous, C’est marrant comme on peut avoir des visions différentes de la même réalité ! Mon voyage professionnel à Cuba a été mon plus gros flip paranoïaque immédiatement suivi par ma traversée du rideau de fer en Hongrie en 1972. J’ai vécu ce voyage comme un ensemble de prisons en cercles concentriques: 1) L’hôtel, très classe, anachronique dans la pauvreté ambiante, piscine, bonne bouffe, belles femmes et regard concupiscent des touristes, hommes seuls ou couples retraités. On parle cigare, on parle santé et on parle femmes également. Aux murs des photos des artistes “de gauche” ayant eu la bonne idée de passer par ici (Picasso, Hemingway, le Che…). 2) Dehors, des magasins pour touristes avec une devise pour touriste (peso convertible). 3) Une ville, le Havane, avec des quartiers comme bombardés, avec des rues pleines de flics.

Bref une étrange et angoissante impression, c’est la première et seule fois durant un congrès que les sessions commençaient par un discourt politique… Bref, après 3 jours de parano aiguës (je ne marche pas dans le trip touristes pleins de fric au soleil) et la pauvreté est criante dans les rues, Je suis allé à l’aéroport 12 heures en avance en priant pour qu’il n’y ai pas de problème avec le visa de sortie. Et je me suis juré de ne jamais voyager dans des dictatures de droite comme de gauche. Cela limite pas mal, mais c’est mieux pour mes coronaires,

30)
Ant
, le 29.04.2011 à 17:12
[modifier]

Personnellement, ce n’est pas ce type de système – de près ou de loin – que je souhaite pour l’humanité.

C’est sûr que tes poches seraient moins remplies…

Je ne suis pas sûr que le “chacun pour sa gueule” soit vraiment préférable pour l’humanité!!!

Au final, pour le bien de l’humanité, j’espère que l’on trouvera autre chose!

31)
Lok Ta
, le 29.04.2011 à 18:22
[modifier]

Merci François pour cet article tout en finesse et nuances. j’habite le Cambodge après avoir visité beaucoup de pays pauvres (dont la France dont je suis originaire, où des gens meurent de froid et d’autres survivent en approvisionnant leur nourriture dans des poubelles, mais bon, ce n’est pas le débat). Je n’ai pas les chiffres sous la main, mais il me semble intéressant de comparer le nombre de victimes après le même typhon à Cuba et en Haiti. Combien d’illettrés à Cuba et combien dans les îles ou pays avoisinants? Je ne suis pas un tenant du régime Castriste, mais je constate qu’à Cuba quand un malade meurt, c’est faute de médicament bloqué par l’embargo. Ailleurs, c’est parce que les pauvres ne peuvent payer ni l’hôpital, ni les médicaments. Le reste n’est que verbiage. Je me doute que la réfugiée Cubaine est heureuse de ne plus cuisiner “par terre”. Il y a des gens en France, au Cambodge et ailleurs qui voudraient bien avoir quelque chose à cuisiner, fusse “par terre”. Modeste et maladroite contribution à deux Riels. Le Riel est le nom de la monnaie du Cambodge, il provient du Réal Portugais importé ici vers 1520 par les navigateurs qui découvraient le monde. Avant? Bin avant y’avait pas de monnaie. Les gens troquaient, ils continuent d’ailleurs en 2011 à la campagne (95 % du territoire Cambodgien).

32)
jesopog
, le 29.04.2011 à 18:41
[modifier]

Une simple remarque, mais je peux me tromper, à propos de l’embargo. Il me semble que celui-ci ne concerne que les USA vis-à-vis de Cuba. Tout autre pays, la France pour prendre un seul exemple, pourrait parfaitement commercer avec Cuba – pour autant que cela ne soit pas déjà le cas.

D’ailleurs “graffati le suggère dans son post # 18 (importation de Coca via le Mexique).

La pénurie, le manque (de certains médicaments, comme dans le post # 25 de “Diego”) sont mis commodément (ou par euphémisme…) sur le compte de l’embargo. Cette explication ne représente pas autre chose que la reprise tel quel du slogan du régime castriste lui-même qui en use et abuse avec constance depuis fort longtemps.

33)
ToTheEnd
, le 29.04.2011 à 19:42
[modifier]

François, tu es encore en train de faire une comparaison. Je ne pense pas qu’il soit bon ni même juste de compter ou tenter de comparer les misères de chaque pays ou système… il n’y aura pas de gagnant. La question est plutôt de savoir si dans l’ensemble, la population dans une large proportion est prospère (au sens large, pas juste sur le plan financier).

Bref, en occident tu as tout de même le choix et une liberté qui va au-delà de tout ce que tu peux trouver dans un pays qui vit sous dictature. Si tu veux vivre très modestement, voire dans une cahute je ne sais où, c’est faisable. A l’inverse, si tu as du talent, un ego démesuré, une soif d’argent insatiable, il existe une série de moyens légaux ou non pour y arriver.

Pour les Cubains, ce n’est pas exactement ça et quand tu affirmes que Fidel ne s’est pas enrichi sur le dos de son peuple, c’est un peu naif tout de même. Pour info, Forbes a déclaré que Fidel avait 900 millions de dollars… il a bien entendu réfuté en bloc. Mais si on y regarde de plus près dans les pays qui ont récemment perdu leur “dictateur”, il y avait beaucoup de fric en jeu malgré la relative pauvreté des pays. Malgré l’embargo, Cuba exporte des matières… le GDP du pays est tout de même estimé à USD 110 milliards et les exportations se montent à USD 2.5 milliards (étonnement, le Canada est le plus gros client)! Vu les montants, ce n’est pas exactement rien.

Enfin, je remercie Ant d’avoir fait le rapprochement entre “humanité” et “mes poches moins remplies” ou comment appliquer à la lettre le paragraphe d’introduction à l’humeur du jour. Visiblement, savoir lire et écrire ne veut pas dire comprendre.

34)
alarache
, le 29.04.2011 à 23:46
[modifier]

Mais la publicité est absente aussi des rues en Australie et en Nouvelle Zelande!!! Incroyable et les economies tournent!!! Sur 3 000 km en Australie j ai du voir 12 panneaux autour de Sydney… On peut faire sans et elles ne servent a rien, qu on se le dise!!

35)
ChB
, le 30.04.2011 à 06:32
[modifier]

Je rentre d’Haiti où j’avais vécu il y a quelques années, de Port-au-Prince. Le plus impressionant est qu’en fait après le 12 janvier 2010 c’est à peine pire.

point de repères? infrastructure? inexistante!, malnutrition? commune!services de santé? ONG!,nombre d’illetrés ± 50%….la liste est longue

distance Cuba-Haiti 80 km.

36)
Inconnu
, le 30.04.2011 à 08:36
[modifier]

Et à part ça, est-il vrai qu’il est difficile de trouver du cacao à Cuba?

Bon, je retourne me cacher…

38)
Madame Poppins
, le 30.04.2011 à 09:19
[modifier]

Je me souviens avoir consacré une certaine énergie et une énergie certaine pour trouver un code pénal lors de notre séjour à Cuba…. No way….

Pour le surplus, plein de gens pensaient que je m’étais offert un “local” lorsque je me promenais au bras de Mister, qui est physiquement plus proche du Cubain que du Norvégien (dans le genre stéréotype….).

Bienvenue à la maison, François, j’ai adoré les photos de ton article précédent, merci.

40)
pat3
, le 30.04.2011 à 14:54
[modifier]

François, ton article courageux et un peu naïf aussi (Castro ne s’est pas enrichi sur le dos des cubains) incitait à la prudence des commentaires, et ça a plutôt fonctionné. Ce que je retiens de tes impressions, c’est que rien n’est tout blanc tout noir, et que la pureté n’est qu’un artefact idéologique. Je veux dire: tout système est théoriquement pur, et de ce point de vue non humain: c’est ce qu’il produit dans la pratique qui compte.

Pour ce qui concerne les voyages, j’ai très longtemps renoncé à en faire parce que noir, j’étais totalement mal à l’aise avec le tourisme – je n’ai toujours pas quitté ce malaise, je m’en accommode seulement plus ou moins aujourd’hui. Et aussi parce qu’animateur, j’avais largement ma dose de fortes relations humaines en bossant. Mais le temps a passé; aujourd’hui, j’ai envie de voyager parce que j’en ai marre de voir le monde à travers le prisme des médias, qui plus est français. La lentille déformante du passage touristique n’exempte pas un “vécu”; celle du miroir médiatique nous en dispense; ce qu’on sait, c’est ce que l’intelligentsia médiatico-politique nous a dit. Voyager permet d’en gommer ne serait-ce qu’une toute petite part.

J’ai décidé depuis un certain temps que je me fierais toujours, même avec information livresque et journalesque, au ressenti du face à face avec les gens que j’aurais rencontré. C’est à ça que servent les voyages; pour le reste, il y a internet.

Cuba est une dictature, soit. Pour autant, il est possible d’y vivre, humainement. Je n’aurais pas, à ta place (mais je n’ai pas fait ton voyage), mis en doute l’aspect dictatorial de Cuba, sans preuve tangible du contraire: mais tu as aussi montré, avec ton œil subjectif (et que pourrait-il être d’autre? Les objectivités principielles cachent toujours plus qu’elles ne disent), que la vie y existait, pouvait être heureuse, et que certaines valeurs humaines y demeurent, dont nous sommes privés, ou en manque, ici.
Après: la France… trop à dire, en général, et en particulier d’un point de vue non caucasien, pour ouvrir un quelconque débat et dépasser les bornes que tu nous as fixé et auxquelles je me tiendrais jusqu’au bout, pour ce fil (je me rappelle trop les emportements stériles et délétaires que tu évoquais en début de ton post).

Pour finir Lok Ta, tu viens de gagner un membre à vie de ton association: FDLPAA vaincra!

41)
dpesch
, le 01.05.2011 à 07:32
[modifier]

Concernant la fortune de Castro estimée par Forbes, vous pouvez toujours lire ceci :Forbes, la « fortune » de Fidel Castro et sa répercussion médiatique , c’est peut-être de la propagande, mais Forbes (très lié à la famille Bush) n’est certainement pas un exemple d’objectivité.

Je ne connait pas Cuba et je ne peux donc aucunement porter de jugement à l’égard de son régime (je sais néanmoins que ce n’est pas rose). Mais je connais le régime de la Vè république française et je peux dire que c’est l’un des pires qui soit. Sous des dehors débonnaires, la dictature n’y dure que 5 ou 10 ans, mais elle marque durablement la vie des cocus de votants.

43)
ToTheEnd
, le 01.05.2011 à 10:56
[modifier]

Mais je connais le régime de la Vè république française et je peux dire que c’est l’un des pires qui soit.

Si ça c’est pas un joli dérapage… J’ai une pensée pour les millions de gens qui vivent réellement sous les pires régimes et je rêve à un programme d’échange.

44)
Lok Ta
, le 01.05.2011 à 12:35
[modifier]

ToTheEnd a écrit “J’ai une pensée pour les millions de gens qui vivent réellement sous les pires régimes et je rêve à un programme d’échange”.

Echangerai volontiers 2 TF1 contre une télé qui ne me prenne pas pour un demeuré.

Echangerai aussi une Education Nationale (naguère Instruction Publique) qui vire ses enseignants, contre un système ou il n’y a plus d’illettrés.

Comme ça pourront lire la propagande du Parti…

Certes, mais pourront lire aussi tout le reste de ce qui s’est écrit et imprimé.

Je ne sais plus qui a dit: “pire que le bruit de bottes, le silence assourdissant des pantoufles”.

46)
Invite
, le 01.05.2011 à 15:44
[modifier]

Echangerai volontiers 2 TF1 contre une télé qui ne me prenne pas pour un demeuré.

Mais tu as le choix… de ne pas regarder TF1, et de piocher selon les heures dans le reste de l’offre publique ou privée afin de trouver un soupçon d’intelligence.

C’est justement l’argumentaire (juste — à mon sens —) de ToTheEnd, cette notion de choix (plus ou moins libre). Tu peux même passer pour un rebelle en te vantant de ne pas regarder TF1. Pas sûr qu’il était possible de se vanter de ne pas écouter les discours interminables de Fidel Castro à la télé ou à la radio.

@ToTheEnd,

je suis surpris qu’un type comme toi plutôt pertinent généralement sur les sujets économiques, justifie les estimations au doigt mouillé de Forbes par la situation de la Tunisie ou de l’Égypte.

47)
ToTheEnd
, le 01.05.2011 à 17:33
[modifier]

Invite: même si Forbes se trompe un peu/beaucoup, jusqu’à aujourd’hui, je n’ai jamais vu une dictature ne pas profiter financièrement de sa position. Les pays qui sont tombés récemment ont mis en évidence cet élément, une fois de plus. Plus un système perdure, plus l’instigateur et/ou ses proches profitent. C’est dailleurs comme ça que ce type de système perdure car il est fondamentalement injuste et la corruption s’installe plus que dans tout autre système.

Ce pays, malgré un brassage financier de plus 100 milliards de dollars, ne générerait que de la pauvreté et personne n’en profiterait?

Que le lectorat admiratif devant le système Cubain excuse mon manque de crédulité…

48)
Tom25
, le 01.05.2011 à 20:02
[modifier]

Je n’ai rien à dire, sauf que ce fût enrichissant à lire, y compris les commentaires.
Merci.

49)
caesar morituri
, le 01.05.2011 à 23:17
[modifier]

Comme le disait Joséphine, Pourvou que ça doure!

Euh, il me semble que la citation est de Madame Mère et non de sa bru…

50)
guru
, le 01.05.2011 à 23:41
[modifier]

@ caesar morituri
Exact, c’est l’alzheimer qui commence.
Exact, c’est l’alzheimer qui commence.
Exact, c’est l’alzheimer qui commence.
Exact, c’est l’alzheimer…

51)
Saluki
, le 02.05.2011 à 01:07
[modifier]

@ caesar morituri et aussi à guru

Alzheimer n’est pas la perte de mémoire, mais la perte des repères : c’est par exemple être devant sa porte et ne pas savoir où l’on est, pire, ne pas en avoir conscience; c’est dire “Bonjour Madame” à sa femme…

Un des tests probants de dépistage est, pour le praticien de se faire raconter le chemin parcouru par le patient pour venir au rendez-vous : s’il sait dire qu’il a pris le métro à Place des Fêtes, changé à Jaurès pour aller sur la ligne 5, descendre à Gare du Nord et remonter la rue machin-truc jusqu’à l’hôpital Fernand-Widal, le diag’ est simple : pas trace d’Alzheimer et l’histoire du nom du copain de vingt ans croisé la veille dont on ne se souvenait pas du nom est à mettre plutôt sur du surmenage.

Exemple vécu…

52)
Marcolivier
, le 02.05.2011 à 11:57
[modifier]

Des rues sans publicité et sans enseignes, des vitrines sobres, j’en rêve…

Cela dit, s’il y a de terribles choses à Cuba (pensons à la persécution des Chrétiens par exemple), il y a également d’excellentes choses. De même, dans le régime suisse ou dans la bananeraie française, il y a de bonnes choses et d’autres monstrueuses (l’hypocrisie humanitaire au service d’intérêts financiers occidentaux par exemple).

Alors sortons de cette logique binaire, effrayante et infantile qui veut justifier l’un ou l’autre des systèmes. Prenons ce qu’il y a de bons chez l’un comme chez l’autre, et rejetons les mauvaises pratiques de là-bas, ainsi que celle de chez nous. Surtout, ayons la décence et l’honnêteté de reconnaître, ne serait-ce qu’individuellement, les dérives de nos sociétés occidentales.

La clé, c’est de réintégrer un peu de sa complexité dans notre appréhension de la réalité. C’est la pensée simpliste et immature qui nous permet de qualifier l’autre de barbare, de le diaboliser puis, finalement, de l’exterminer. Regardez très concrètement ce que nous sommes en train de faire à la Libye de Khadafi par exemple…

53)
Modane
, le 02.05.2011 à 13:06
[modifier]

Merci François. Très belle sensibilité…

Il y a effectivement des pays pauvres où la culture est présente. Il y a des échelles dans la dictature. La prostitution n’est pas toujours sordide. Je trouve très heureux que tu saches outrepasser les lieux communs. Merci infiniment.

54)
REGIS B
, le 04.05.2011 à 22:13
[modifier]

Bravo pour cet article qui a eu le mérite de faire réagir. Que de belles pensées ! Maintenant, si vous demandiez leur avis aux cubains ?

55)
Bruno L
, le 05.05.2011 à 11:15
[modifier]

Interessant article.

Même si en vacance on est forcément pas très objectif. Je ne connais pas bien l’histoire de ce pays en dehors des clichés habituels mais j’avais juste envie de réagir à :

Y a-t-il de bonnes dictatures? Certes non

Ce n’est pas l’avis de Platon, il n’aime pas la democratie et ne trouve pas que ce soit un bon système. Sa description de la democratie est incroyablement d’actualité (wiki livre VIII)

La liberté et l’égalité entraînent des troubles, les enfants ne respectent plus leurs parents (562d). On assiste à une division de la cité en trois classes : les paresseux qui passent leurs temps à s’occuper des affaires publiques, ceux qui ont su tirer parti de la liberté de commercer et se sont enrichi, et les travailleurs qui ne s’occupent pas des affaires politiques. Ce dernier groupe est le plus nombreux. Au milieu de l’anarchie qui s’installe, le tyran va apparaître, se présentant tout d’abord comme un protecteur. Se sentant soutenu par la masse, et le pouvoir lui montant à la tête, il s’assure le soutien des classes moyennes en promettant de redistribuer les richesses en leur faveur. Aidé par le peuple, il lui demande des gardes du corps. « Il clame qu’il n’est pas un tyran, il se répand en promesses, aussi bien en privé qu’en public, il libère les gens de leurs dettes, et il redistribue la terre au peuple et à ceux de son entourage, et à tous il se montre agréable et plein de douceur. » (566e). Ensuite, il provoque des guerres, pour que les citoyens aient besoin d’un chef. Dans ces guerres, il s’arrange pour que ceux qui meurent soient ceux qui nourrissent le plus des idées de liberté. Ce n’est qu’ensuite qu’il sera reconnu comme tyran. Mais la peur de mourir et l’argent calment ceux qui pourraient le renverser.

Depuis maintenant quelques dizaines d’années on ne peut plus vraiment être fière de nos démocraties et vouloir absolument l’imposer comme système aux autres est une erreur monumentale.

Cette analyse de dedefensa.org

m'a interpelé :

Cette définition générale modifie complètement l’orientation de la narrative qui est généralement colportée aujourd’hui, qui est celle d’un mouvement général de libération vers la “démocratisation”, c’est-à-dire vers le modèle néolibéral occidental que ces dictatures n’auraient pas été par conséquent. Mais il se trouve que ces dictatures, loin d’être des structures “dissidentes” de l’ordre général, et du modèle néolibéral occidental, étaient au contraire complètement conformes à ce modèle, sinon en avance sur lui.

Donc la dictature serait le future de la democratie et non son passé. effrayant non ?

Selon Platon d’ailleurs le meilleur système serait une dictature bienveillante et encadrée par des lois

Je ne suis pas un bon écrivain et je ne sais pas si j’ai bien fais passer le message que je voulais. Mais en résumer : non nos démocraties ne sont pas des modéles digne d’être suivi.

Lequel alors : je n’en sais rien du tout.

56)
bernie14
, le 06.05.2011 à 15:12
[modifier]

Un film cubain à voir absolument après ta visite à Cuba:

FRESA Y CHOCOLATE

et un autre du même réalisateur qui retrace le voyage d’un mort d’un bout à l’autre de l’île, ….

magnifique poésie …

57)
ToTheEnd
, le 10.05.2011 à 00:10
[modifier]

De la nouveauté:

Pour la première fois depuis plus de 50 ans, les Cubains vont avoir l’autorisation de voyager à l’étranger. Mais les conditions autorisant la sortie de l’île restent encore à définir dans le cadre des réformes lancées par le président Raul Castro.

Avec un peu de chance, dans 50 ans, ils vont recevoir un passeport?