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Jours simplement « non travaillés » ou jours chargés de sens ?

Vendredi, je n'ai pas travaillé et aujourd'hui, j'ai congé. Pour moi, en tant qu'athée, il s'agit simplement de jours au cours desquels je suis dispensée de séances, de meetings, de « bilatérales », de téléphones et de mails; en d'autres termes, à mon grand soulagement, je ne vois l'Impératrice – surnom de ma cheffe – que trois jours au lieu de quatre (je bosse à temps partiel) durant deux semaines.

Mais je dois bien l'admettre, je suis souvent empruntée lorsque Junior (8 ans) ou Mini (6 ans) me demandent « pourquoi on a congé, là ? ». Bien sûr, j'ai juste suffisamment de culture générale pour répondre sur le principe mais je suis incapable de donner des détails, je ne sais pas expliquer l'importance dudit jour pour les chrétiens – habitant en Suisse, nos jours fériés sont forcément judéo-chrétiens – et ma tirade sonne creux, vide, sans relief, elle n'a pas d'âme.

Il m'arrive donc d'envier les gens qui ont la foi, qui vivent pour une foi.

Non pas parce qu'ils appartiennent à une église ou à une Eglise : je n'aime pas les structures qui organisent les gens en troupeau, je déteste celles qui leur imposent de vider leurs poches et je deviens franchement haineuse lorsque ladite foi se traduit par du sang., peu importe le moment dans l'histoire de l'humanité.

Mais parce que j'aimerais pouvoir connaître ce que je vois comme un moment intense, intime, fort : la prière. Cet instant, à la fois solitaire, à la fois tourné vers autrui. Ou peut-être Autrui, je ne sais pas.

J'ai ressenti une émotion très forte en visitant deux lieux de culte : la première m'a gagnée dans une église protestante, minuscule, pouvant accueillir peut-être cinquante personnes, sur des bancs sans aucune fioriture, sans aucune décoration. La seconde, je m'en souviens fort bien, m'a surprise lorsque je suis entrée dans la Mosquée bleue, à Istanbul, il y a quinze ans.

J'aurais alors voulu prier mais pourquoi, pour qui, pour dire quoi ? Rien en fait puisque je suis convaincue – et le resterai selon toute vraisemblance jusqu'à la fin de mes jours – que l'être humain est fait pour vivre en groupe et mourir seul; n'empêche, la prière, lorsqu'elle est justement un acte personnel, entre l'être qui la pratique et cette force à laquelle elle s'adresse, j'aurais voulu connaître, vivre.

Pour vous, les jours fériés, ont-ils un sens ou n'en ont-ils jamais eu ?

29 commentaires
1)
Ritchie
, le 25.04.2011 à 14:24
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Après avoir été forcé à être catholique pendant 18 ans, maintenant je ne crois plus à aucune de ces balivernes et crois même que ce sont toutes des sectes.

Vivant en France, maintenant, et avec la Loi de 1905 “Séparation entre l’église et l’état”, je crois fortement que tous les jours fériés liés à une fête de secte devraient être abolis (pâques, l’ascension, la pentecôte, l’assomption, la fête des morts (toussaint) et noël). En France, il ne resterait : 1er janvier, 1er mai, 8 mai, 14 juillet et 11 novembre (d’ailleurs qu’on pourrait aussi virer parce qu’il ne reste plus aucun poilu vivant).

Sinon, il faut donner autant de jours fériés à toutes les sectes, et là plus personne ne travaille !

2)
Seb The Frog
, le 25.04.2011 à 15:00
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Les jours fériés sont des jours “à part”. Que ce soit le dimanche ou les jours des principales fêtes, j’aime essayer de me souvenir que ce rythme est bon pour l’homme, qu’il date de bien avant moi, et que cette sagesse pluri-centenaire n’est pas à jeter à la poubelle.

Nous avons tous besoin d’un temps pour travailler, et de prendre le temps de s’arrêter. Que ce soit en famille, ou pour participer à un culte religieux, ou les deux, ces jours sont nécessaires à notre équilibre.

Pour moi, croyant (bien que je n’aime pas vraiment ce qualificatif trop statique à mon goût. Je me définis plutôt comme “en chemin”), ils sont posés dans l’année au rythme de la liturgie qui sert à nous rappeler la vie de Jésus de Nazareth. Simplement, de sa naissance (Noël) à sa mort (Vendredi saint), et à la Résurrection (que nous venons de fêter hier), de suivre de près – ou de loin, on fait ce qu’on peut – ce rythme me fait goûter à quelque chose de fondamentalement humain, qui se déploie tout au long de ma vie. Pour les Chrétiens, la foi en Dieu est quelque chose de très concret, lié à une personne incarnée, humaine comme nous (mais pas que…), et pas une idéologie cérébrale. La rencontre de cet homme-dieu, se passe pendant le temps de nos vies – d’où le rythme hebdomadaire, d’où les fêtes religieuses.

Les jours fériés, fêtes religieuses ou nationales, sont des jours de mémoire. Indispensables, quelles que soient nos croyances, nos positionnements pour ou contre l’une ou l’autre religion, si on ne veut pas passer à côté de ce que nous sommes.

Bonnes fêtes de Pâques à tous !

4)
ysengrain
, le 25.04.2011 à 15:28
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je n’aime pas les structures qui organisent les gens en troupeau, je déteste celles qui leur imposent de vider leurs poches et je deviens franchement haineuse lorsque ladite foi se traduit par du sang., peu importe le moment dans l’histoire de l’humanité.

Je te suis, je te précède, je suis avec toi.

Non croyant au sens religieux du terme, je préfère réserver un endroit mystérieux dans mon univers mental que je ne saurais pénétrer et c’est bien comme ça.

Je suis simplement stupéfait un peu plus de cinquante ans après avoir découvert “ma” première église romane que la simple religion ait pu engendrer une telle beauté simple. (je suis hors sujet, je sais).

5)
flup
, le 25.04.2011 à 19:04
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Bien que non-croyant, je trouve intéressant les histoires liées à ces traditions, de la même façon que la mythologie grecque. Pour moi, religion et sacré sont 2 choses différentes et le sentiment “religieux” n’est pas l’apanage du croyant.

Evidemment la richesse vient de la confrontation entre les différentes interprétations d’un phénomène (solstice d’hiver >< Noël ou baptème >< rites de passages par exemple).

Par contre, c’est parfois quelque chose de difficile à faire comprendre dans un pays sans séparation entre les cultes (et ce compris la laïcité organisée, considérée comme “culte” en Belgique) et l’État (les religieux sont fonctionnaires de l’État, ici).

6)
Alain Le Gallou
, le 25.04.2011 à 20:14
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Les religions furent construites par les rois, prince des époques lointaines pour contrôler leurs peuples.

Et tout bons dictateurs, Pinochet, Franco, etc comprennent vite l'utilisation.

Napoléon Bonaparte donne une bonne vue de l’utilisation : « Une société ne peut exister sans l’inégalité des fortunes, et l’inégalité des fortunes ne peut exister sans la religion. Quand un homme meurt de faim à côté d’un autre qui regorge, il lui est impossible d’accéder à cette différence s’il n’y a pas une autorité qui lui dise: Dieu le veut ainsi, il faut qu’il y ait des pauvres et des riches, mais ensuite et pendant l’éternité le partage se fera autrement ». Napoléon Bonaparte

PS : L’église n’avait aucune idée de la date de naissance du Jésus qui servait à leur histoire. La date de Noël est donc une opération marketing pour récupérer la fête du solstice qui était importante à l’époque.

7)
MarcOS
, le 25.04.2011 à 20:34
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Chère madame Poppins,

J’ai décidé que Dieu n’existait pas vers 11 ans. J’étais dans une église et on me demandait d’aller me confesser et ensuite de prier pour la santé de mes parents. Je me suis dit que s’il suffisait de faire cela pour être gentil, c’est que c’était une blague.

Ceci étant dit, la liberté et la nécessité absolue de garder cette liberté offrent plein d’occasions d’expliquer à des enfants, les miens par exemple, ce qu’est la liberté absolue de conscience. D’expliquer ce qu’est le Libre Examen, d’expliquer que le refus du principe d’autorité dogmatique doit être total.

Je suis sorti d’une université fondée par une Loge maçonnique du Grand Orient de Belgique, université fondée parce que les évêques de Belgique fondaient une université catholique à Louvain. Je peux t’assurer que le Libre Examen est un principe qui est très loin d’être évident à expliquer à des enfants.

Je n’ai jamais eu besoin d’une église quelconque pour savoir que j’avais besoin d’être athée. Et être un athée est une croyance comme une autre. Je crois en la NON-EXISTENCE des dieux. Je crois en la Liberté de l’homme (et de la femme).

Amitiés

8)
Philob
, le 25.04.2011 à 20:48
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Très incroyant, totalement athée, mais très tolérant aussi.

Les jours fériés sont des respirations, comme il y a encore beaucoup de croyants ,malgré tout, en Suisse, cela ne me gêne pas de profiter avec eux des jours de congé.

Vous vous imaginez, si on enlève les jours fériés judéo-chrétiens, il faudrait rendre férié la St-Valentin ou pire le 8 mars :-).

Vives les jours fériés !

9)
Chronos
, le 25.04.2011 à 22:18
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“Si je découvre en moi un désir qu’aucune expérience dans ce monde ne peut satisfaire, |’exp|ication la plus probable est que j’ai été fait pour un autre monde.” (auteur que je ne nommerai pas intentionnellement)

Je découvre en l’homme une quête toujours plus grande d’une compréhension plus profonde de son humanité.

L’homme qui chercherait à répondre à l’homme se mordrait la queue. Alors, qui, extérieur à l’homme, pourrait lui dire qui il est ? Serait-il d’un autre monde ? Si oui, serait-il “révélable”, se serait-il révélé ?

Il semblerait que Pâques, que nous venons de fêter y réponde d’une manière extraordinaire pour les chrétiens. Eux qui croient (d’ailleurs, toujours plus de médecins y croient aussi) à la résurrection (vie après la mort), s’attachent à cette vie, qu’il nomme éternelle. Ils appellent cela «l’espérance», fruit de leur foi, fruit de la grâce de Dieu semblerait-il.

Alors arrêtons-nous, année après année… peut-être, que le moment venu, nous comprendrons aussi.

10)
fxc
, le 25.04.2011 à 23:19
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J’suis juste content que pâques tombe un lundi… j’aime bien la pentecôte aussi pour la même raison.

11)
Ritchie
, le 25.04.2011 à 23:30
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@Philob : j’me doute bien que tu voulais rire, mais ça serait un comble une autre fête de l’OMC comme jour férié, non mais ! Aller “dieu de la consommation”. Et pire le 8 mars, non mais quoi encore !

@fxc, pâques tombe un dimanche, c’est le lendemain qui est férié !

12)
Saluki
, le 26.04.2011 à 00:21
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Apparemment, le mardi est aussi férié chez cuk. Rien à l’horizon.
Hélas je n’ai pas d’article bouche-trou sur l’étagère, comme vous en avez subi de ma part.

Si vous voulez vous reporter à ma recette de foie-gras…mais c’est pour Noël, non pour Pâques.

La recette de la Pashka de Madame Saluki, je ne la connais pas, mais c’est hâââchement bon.

13)
Sébastien PINSON
, le 26.04.2011 à 01:06
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Bonjour,

Pour répondre à la question : oui, tous les jours fériés ont pour moi un sens très fort ! Qu’ils fassent référence à des épisodes importants de la vie de Jésus ou bien encore de la France ou tout simplement à des “rites” ancestraux (jour de l’An ?), chacun d’eux est chargé d’histoire et de souvenir.

La question qui est de savoir pourquoi tel événement a mérité son jour férié (ou pas) est également très intéressante !

Quelques remarques tout de même (à notre ami Ritchie qui semble fort en provoc’ ;-) ) :

—> Toutes les personnes ayant participé à la Révolution Française sont mortes depuis bien longtemps… pourquoi ne pas abolir cette fête également ? Elle commémore bien la prise de la Bastille, qui n’est qu’une page de l’Histoire de France (une (très) grande page, certes, mais tout de même !…).

—> Un constat assez intéressant : qu’est-ce qui peut bien pousser, aujourd’hui, un jeune homme ou une jeune femme à rentrer dans les ordres ? Je n’ai pas la réponse mais c’est quelque chose de tellement fort (et d’ailleurs inconcevable pour moi aujourd’hui ?) qu’il doit bien y avoir une raison…

—> Dans la même veine, quelle autre “organisation” (terriblement humaine, l’Histoire en est témoin) a eu une durée de vie aussi importante ? (non, pas la théorie du complot … !)

Bonne soirée à tous !

SP.

14)
Smop
, le 26.04.2011 à 01:25
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Je suis tout à fait en phase avec les commentaires de Ritchie et d’Alain Le Gallou.

Je trouve profondément dérangeant que, sous couvert d’héritage culturel et de tolérance, l’Etat permette aux religions – toutes confondues – d’apparaître hors de la sphère privée. On pourrait citer les fêtes religieuses, mais aussi les émissions religieuses sur la télévision publique ou encore l’école dite “libre”.

Tolérer la moindre visibilité publique de ces nébuleuses d’asservissement de l’esprit humain rend complice de celles-ci en les crédibilisant et en les légitimant.

15)
pter
, le 26.04.2011 à 06:00
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Smop, Ritchie & Alain Le gallou: pas mieux, c’est tout bon! …et pourtant ma femme est une “intégriste” Chrétienne!

quelques citations célèbres:

La religion n’est plus l’opium du peuple, mais la vitamine du faible. – Régis Debray

La religion, c’est l’échappatoire de ceux qui sont trop lâches pour se reconnaître responsables de leurs propres destinées. – Jean-Paul Sartre

On devient moral dès qu’on est malheureux. – Marcel Proust

Si Dieu est, l’homme est esclave; or l’homme peut, doit être libre, donc Dieu n’existe pas. – Bakounine

Le paradis n’est pas un lieu, c’est un état d’âme. – Georges Barbarin

et une dernière (gratuite, hein) pour la provoc: Si Dieu existait, il faudrait le tuer. – Anonyme

16)
Antoche
, le 26.04.2011 à 07:54
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Si vous voulez vous reporter à ma recette de foie-gras…mais c’est pour Noël, non pour Pâques.

Ajoutes des oreilles à ta recette et elle semblera être pour Pâques…

17)
LayZ
, le 26.04.2011 à 08:53
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Connaissiez-vous celle-là ?

“La religion fut partout l’invention d’esprits ambitieux et habiles qui, ne pouvant trouver en eux-mêmes la force de gouverner leurs semblables à leur gré, cherchèrent dans le Ciel l’autorité qui leur manquait et en firent descendre la terreur”

L’Encyclopédie Denis Diderot

Allez…. la messe est dite!

18)
guru
, le 26.04.2011 à 09:32
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Pour les chrétiens, j’ai une mauvaise nouvelle pour vous.

Jésus n’a jamais existé,—> http://www.bible.chez-alice.fr/

Voir aussi:cette ancienne chronique

Mis à part cela, la guerre des sectes commence sérieusement à m’énerver. Elle a toujours été intolérante, sanglante et mortifère. Ah si les dieux pouvaient communiquer… si tant est qu’ils existent.

19)
Sylvain
, le 26.04.2011 à 09:57
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Quel bonheur de voir fleurir un tel sujet en ce week-end de Pâques. Merci Madame Poppins de l’avoir semé. :-)

Chaque intervenant y met de soi plus que du sien, va puiser dans ses questions intimes, affiche ses certitudes, ses convictions ou ses questionnements.

Pour ma part, la foi en le Créateur du Ciel et de la Terre est d’abord une affaire personnelle, profondément intime. Elle est comme une petite graine semée en chacun de nous, que nos parcours, nos rencontres et nos choix de vie vont plus ou moins étouffer ou laisser germer. Quand cette graine germe, c’est une véritable relation qui peut prendre naissance. Une relation d’Amour et de confiance source d’une liberté bienfaitrice.

J’encourage celles et ceux dont la foi a été cryogénisée par les errances –voire les horreurs– commises au fil des siècles aux noms de religions instrumentalisées par les pouvoirs humains de s’arrêter un moment, de laisser le silence prendre la place que nos existences trépidantes lui ont volée, et d’ouvrir leur coeur à Celui qui les aime plus que quiconque ne les a jamais aimé.

Et je pourrais être navré de ne pouvoir vous donner la moindre preuve de ce que j’avance, mais avec des preuves ou des évidences, la foi perdrait tout son sens, non ?

20)
dpesch
, le 26.04.2011 à 10:53
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je crois fortement que tous les jours fériés liés à une fête de secte devraient être abolis

Je propose de les remplacer par 5 jours de congé nouveaux, pris aux dates de leur choix, par les salariés. Ainsi, les catholiques pourraient poser Pâques, Ascension, etc…, les juifs pourraient poser Pourim, Chavouot, etc…, les musulmans pourraient poser l’Aïd-el-Kébir, l’Aid el Fitr, etc… et ainsi de suite… Pour les athées, se serait quand ils veulent, mais sans cumul des 5 jours !

Et je pourrais être navré de ne pouvoir vous donner la moindre preuve de ce que j’avance, mais avec des preuves ou des évidences, la foi perdrait tout son sens, non ?

Parce que sans preuves cela lui en donne ?

Si dieu existe, c’est soit un fieffé salaud, soit il est loin d’être tout puissant. En fait, il n’existe que par la volonté de certains hommes habiles et avides de pouvoir et par la crédulité de nombreux autres hommes capables du pire pour asseoir le pouvoir des premiers.

Si le paradis existe, on doit s’y emmerder ferme : l’éternité c’est long, très long !

22)
Sylvain
, le 26.04.2011 à 12:41
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dpesch, souhaiterais-tu donc un Dieu tyrannique et interventionniste bannissant toute liberté d’action et de choix, faisant de ses créatures ses esclaves ? Moi pas. Je pense que si le monde est ce qu’il est, c’est parce que l’Homme (que Dieu a créé avec un libre arbitre) a choisi de faire cavalier seul avec son nombril comme seule référence. (c’est un peu comme un navigateur qui se dirigerait en ne fixant que le fond de son embarcation)

Pour ce qui est de l’éternité, je ne suis pas sûr que ce soit si long que ça :-) Car plutôt qu’une durée infinie, ne serait-ce pas l’inexistence du temps qui la qualifierait le mieux ?

Mais c’est un autre sujet ;-)

23)
tyranael
, le 26.04.2011 à 13:43
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dpesch : ce système à l’américaine n’est pas terrible si les écoles continuent à suivre le calendrier “traditionnel”. En effet je dois avoir congé (jour férié) en même que mes enfants, sinon ça va être dur dur pour la logistique.

Et malgré tout le fait d’avoir tous congé en même temps permet des activités sociales communes. Ton système serait trop individuel je trouve.

(ma vision du sujet : agnostique)

24)
Zallag
, le 26.04.2011 à 15:41
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Ce qui me plaît dans tout ce que je viens de lire, c’est le nombre de cukiens qui disent croire fermement en quelquechose, ou qui, tout aussi fermement, assurent qu’ils ne croient pas comme certains autres. Donc tous croient à leur manière, et à leur croyance, ils associent des valeurs importantes pour eux.

Il y a donc du transcendantal là-dedans.

Selon Le Littré : Terme de philosophie. Qui s’appuie ou a la prétention de s’appuyer sur des données supérieures aux impressions sensibles et à l’observation.

Un peu simplet de ma part, mais bon, c’est comme ça.

25)
Smop
, le 26.04.2011 à 16:53
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Zallag -> La question ici n’est pas de croire ou de ne pas croire, mais de débattre sur le bien fondé de la caution et de la légitimation arbitraire d’une croyance ou d’une autre par l’Etat. C’est ce qui se passe lorsque celui-ci reconnaît et institutionnalise dans l’espace républicain des jours fériés à caractère religieux, tolère des signes religieux ostentatoires, subventionne des écoles confessionnelles, finance des programmes religieux sur des chaînes télévisées publiques, et ainsi de suite. Si l’on fait le parallèle entre les religions et les idéologies totalitaires – très proches dans leur fonctionnement (lire Eric Voegelin) – il est inacceptable que l’Etat en fasse la propagande, même indirecte. Sans oublier qu’en étant sélective, cette complicité légitime de fait les autres parties : que l’on interdise le port de la burqa (en France) est une excellente chose, mais pourquoi ne pas en faire de même avec les déguisements des religieuses, des juifs orthodoxes et autres prosélytes ?

26)
Anne Cuneo
, le 26.04.2011 à 18:46
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Pour revenir à des considérations plus terre à terre, personnellement, comme disait la grande Edith, «Je hais les dimanches», et j’ai toujours considéré être une chanceuse parce dans mon travail de journaliste d’actualité télévisée on travaille tous les jours de l’année, et je me suis toujours portée volontaire pour les jours fériés.

Ce qui me fait flipper, ce sont ces jours obligatoirement fériés, où tout le monde doit avoir congé que ça l’arrange ou pas, où chacun prend la route pour aller ailleurs, et du coup on se retrouve tous sur la route (ou dans les trains). Parfois, ça m’a donné la sensation que c’étaient comme des congés de la prison, et passé les loisirs obligatoires et organisés, on retourne au trou. La pire, ai-je toujours trouvé, c’est Noël, où que vous le vouliez ou non, vous vous sentirez seul, car toute la société occidentale est organisée pour une fête de groupe, et ceux qui n’ont pas de groupe se sentent exclus, et cafardent.

Pour ce qui est des affaires religieuses, je souscris à ce que dit un de mes amis: la prière, c’est une affaire entre Dieu et moi, je n’ai pas besoin de l’intermédiaire d’une bureaucratie et de ses règles.

27)
Inconnu
, le 27.04.2011 à 05:49
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Il y a plein de choses à dire sur la religion.

Il y a celle des biens pensants, ceux qui font un concours de bien paraitre et qui nous pavent le quotidien de bonnes intentions.

Il y a celle des soeurs missionnaires qui bossent comme des tarées par pure charité.

Ma tante est une soeur St Joseph de Cluny et, bien que nous soyons en déphasage quant à la religion, elle reste pour moi “Ma grande personne préférée”.

Je l’envie pour sa foi.

Sinon, pour les bouffeurs de curés, essayez ceci : sans Dieu mais avec tout les flonflons, ça doit être aussi étrange qu’un congrès électoral de l’ump.

28)
Jérémie
, le 27.04.2011 à 09:51
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Je suis croyant, et en plus, pile-poil dans la tradition dominante en occident, ce qui tombe bien, mes fêtes coincident avec des congés (la vie est bien faite, non?). Bon, dans les cantons protestants, on a moins de congés que dans les cantons cathos, ce qui m’embête un peu… c’est pas parce que je partage pas certaines fêtes que je vais cracher sur un jour de congé supplémentaire.

Ceci dit, l’avantage des fêtes ancestrales, c’est qu’elles étaient fixées sur des calendriers lunaires, ou selon des indications bizarres liées au jours de la semaine. Il y a donc moins de probabilité que ces fêtes tombent sur un jour de week-end, permettant ainsi de maximiser les congés.

Trollons peu, trollons bien.

29)
Origenius
, le 28.04.2011 à 15:49
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Salut

Il me fallait bien attendre un peu… Ce soir, je fais une « grâce » soirée, puisque demain est jour férié national. Je n’ai donc a priori aucune obligation particulière concernant le travail, alors j’en profite maintenant pour écrire ce commentaire.

Cette journée me concerne peu, n’étant pas Japonais : il s’agit du jour où l’on fait mémoire d’un certain Showa (昭和), bien connu, et surtout mieux connu en Occident sous le nom de Hirohito. Il est de tradition au Japon de chômer le jour anniversaire de la naissance de l’empereur, et, quand il vient à disparaître, de maintenir cette date en une fête de commémoration. En ce jour de Showa, les Japonais sont invités à mener une réflexion et à méditer sur le long règne controversé (64 ans) de cet empereur disparu.

Son fils, l’actuel empereur Akihito, nous a donc donné son jour anniversaire en congé. C’est le 23 décembre. Le 25 décembre suivant étant jour tout à fait ordinaire.

Sont-ce des jours fériés de type laïque ou de type religieux ? Bien malin celui qui pourrait en décider tant, d’une manière ou d’une autre, le monde « spirituel » n’est jamais éloigné de la vie de la cité, tant la mémoire des « morts » reste vivace dans le cœur des Japonais ; le paradigme est réalisé en la personne de l’empereur, pierre de fondation et clef de voute du pays entier. Les ancêtres demeurent selon la manière dont on en fait mémoire. Les fêtes, à connotation religieuses notamment, ont toujours un lien fort avec les ancêtres dont on honore la mémoire afin de s’assurer non seulement de leur repos paisible, mais aussi de leur soutien pour nous encore ici-bas. Ce sont des fêtes familiales, elles cimentent les liens et sont l’occasion des retrouvailles. Elles sont si importantes pour la vie sereine de la cité.

Je ne peux pas mener une réflexion très élaborée en quelques lignes. Je me permets simplement une ou deux réflexions m’appuyant sur ce que je comprends des fêtes japonaises, alors que je suis quand-même bien pétri de culture française…

La culture et la religion sont intimement mêlées. L’esprit cartésien qui découpe, catégorise, rationalise, ordonne logiquement, conceptualise, précise au sens où nous pouvons l’entendre en Occident est un esprit parfois obscur pour les Japonais qui préfèrent découvrir l’harmonie entre les mondes visible et invisible, entre la nature telle qu’elle apparaît et telle que la science s’emploie à la montrer, entre la démonstration et l’émotion, entre l’individu et le tout, entre entre la vie et la mort.

Ce ne sont pas les idéologies qui régissent le cœur des Japonais. Ni dans un sens ni dans l’autre. Peut-on dire qu’ils ne font pas profession d’athéisme, tout autant que leur foi suppose préalablement une très grande humilité ? Oui sans doute. L’idéologie sécuritaire comme la religion dogmatique ainsi que l’athéisme militant se voient remplacer par l’harmonie, la foi et le respect… Les incohérences de l’athéisme dogmatique sont ridicules et ne méritent pas qu’on s’y attache plus que la curiosité requiert. Pas plus non plus que les systèmes religieux se substituant à la foi ne méritent plus d’attention.

L’émotion, l’expérience, la tradition (si je puis dire au sens latin du terme : transmission -tradere) sont plus prégnantes que la démonstration, l’explication ou l’idéologie.

Je préfère la culture à la technique, la poésie au manuel d’utilisation, l’intuition à la définition, la beauté au tableau excel, la clarté à l’obscurité, et bien sûr le Mac à…

Je rêve d’un athéisme ouvert à la surprise. Et je rêve d’une religion ouverte à la foi. Parfois, la culture japonaise et les Japonais que je rencontre m’y font goûter…

Pour finir sur une note plus intime et personnelle, je suis très heureux d’avoir fait mémoire de la résurrection du Christ en ce jour de Pâques et encore plus d’expérimenter ce mystère qui me dépasse : être convié (moi aussi !) à entrer dans cette vie… Génial ! C’est comme d’être amoureux : ça se vit plutôt que ça ne s’explique, même si on peut l’expliquer. Et c’est génial !

Amitiés