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La Technologie au service de la Démocratie

Aujourd'hui, j'aimerais prendre quelques exemples pour illustrer les changements apportées par la technologie dans notre vie de citoyen.

En Estonie, le vote électronique est en vigueur depuis 2005. Un citoyen a le choix entre se rendre dans un bureau physique le jour du vote ou voter par internet avec sa carte d'identité (électronique) ou son téléphone portable pendant une période d'une grosse semaine (le dernier jour étant le jour du vote "physique").

Par ailleurs, afin d'éviter le vote sous influence, le Législateur a prévu que l'électeur a le droit de changer d'avis jusqu'au dernier moment, voire même de se rendre dans un bureau de vote pour voter de manière physique. Le taux de participation y est élevé. Ainsi les élections législatives de mars 2011 ont connu un taux record (depuis 1995) de 63%. Et c'est près d'un quart des votants qui ont eu recours au vote électronique, contre 15% lors des précèdentes élections.

Ca fonctionne, et ce malgré les réticences initiales au sujet de la fiabilité et de la sincérité du vote. Il est vrai que le dépouillement électronique offre moins de transparence qu'un dépouillement physique, avec les scrutateurs des différents parties politiques pour observer (sans oublier les bulletins de vote cachés dans les chaussettes). Moins de gaspillage d'essence pour se rendre aux urnes, moins d'arbres coupés, moi je suis plutôt favorable au vote en ligne, au moins pour des référendums locaux à défaut d'élections nationales telles que les Présidentielles.

Allons maintenant en France, ou le Parti Communiste a lancé une campagne de flash-codes, pour inciter les Français à aller voter aux Cantonales. 10.000 affiches avec ce code (mais sans le logo du PCF) ont été collées sur des murs de grande ville, qui une fois scannéee par un téléphone mobile, renvoie à une page du site internet du PCF. Ce serait intéressant de savoir combien de personnes ont consultés la page en question pour se rendre compte de l'efficacité de la chose.

Enfin, n'oublions pas les désormais incontournables Twitter et Facebook, qui ont fait leur trou dans la vie politique un peu partout dans le monde. Depuis la mobilisation "Yes We Can" pour l'élection américaine de 2008 jusqu'à la révolution en Tunisie et en Egypte, ces outils ont permis de rapprocher les citoyens en leur offrant un moyen de mobilisation rapide, simple et très efficace. Ici en France, beaucoup d'hommes et de femmes politiques ont au minimum un blog et une page Facebook, voire un compte Twitter. Ce qui n'est pas sans provoquer une rupture avec certaines traditions républicaines, notamment le hui clos lors des auditions par les Commissions à l'Assemblée Nationale. Ainsi, en Juin 2010, un député opposé au hui clos a twitté sur l'audition de Raymond Domenech et Jean-Pierre Escalettes à l'Assemblée Nationale par la Commission des Affaires Culturelles.

Et vous, pensez vous que la technologie vous permettre de vous sentir plus impliqué(e) dans la vie politique de votre ville ou de votre pays?

19 commentaires
1)
archeos
, le 22.04.2011 à 01:21
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Je ne répond pas à la question posée, mais ordinateursdevote.org a tout pour faire penser que le vote ne peut pas être sincère, puisque le recomptage est impossible, et qu’on a malgré tout des différences entre nombre de votants et votes enregistrés. Et comme, depuis 1848 que le suffrage est universel en France, à chaque élection il y a des fraudes, et qu’à chaque fois, ce n’est pas l’électeur mais le candidat qui fraude, je suis opposé à leur faciliter la tâche.

2)
Smop
, le 22.04.2011 à 02:08
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Le vote électronique ? Bof… Avant d’envisager des moyens techniques de faciliter le vote, il s’agirait d’abord de donner une conscience politique aux citoyens. Je suis sidéré de la méconnaissance des enjeux politiques par la très large majorité des gens. Dans le meilleur des cas, cela se traduit par l’abstentionnisme, dans la pire, par le vote ignorant.

3)
Inconnu
, le 22.04.2011 à 07:05
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Smop: d’accord avec toi. L’Ecole pourrait être un vecteur de cette conscience politique. Cependant, comme beaucoup de profs sont plutot d’un certain bord politique, voire d’un bord politique certain, cela risquerait de fausser le jeu

4)
Inconnu
, le 22.04.2011 à 07:10
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Archeos: la fraude est elle plus facile avec le vote électronique? J’ai envie de répondre “peut-être mais peut-être pas?”. Cela pourra mettre fin a certains types de fraude (les bulletins dans les chaussettes) mais potentiellement ouvrir la porte a d’autres fraudes.

5)
GGete
, le 22.04.2011 à 11:25
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Je suis contre le vote électronique, même si je bosse dans le monde informatique. Et peut-être justement parce que je travaille dans ce monde : on sait très bien que la sécurité est un domaine très relatif, qu’il n’existe pas de système sécurisé à 100%.

Il peut se cacher trop de choses derrière des lignes de code. La polémique actuelle autour de la géolocalisation de l’iPhone le montre bien. Je ne vois pas pourquoi je devrais plus faire confiance au gouvernement qu’à Apple pour assurer que mon vote restera sincère, alors que ce même gouvernement montre tous les jours sa volonté à nous traquer.

Et surtout, les machines de vote ne sont absolument pas transparentes, contrairement à une urne, et incompréhensibles pour 99,999% de la population. Des bulletins de vote sur papier, ça se recompte facilement. Des bulletins de vote électronique ? Ou pire, un vote à distance ? Mais qui pour prouver que c’est bien moi qui vote, et pas avec un flingue sur la tempe ?

Et le pire, c’est que je suis loin d’être parano :-)

6)
Smop
, le 22.04.2011 à 12:05
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L’Ecole pourrait être un vecteur de cette conscience politique.

Au-delà de “pouvoir” l’être, elle devrait l’être. Je ne vois pas pourquoi on accepte l’éducation religieuse à l’école dans un pays laïc tel que la France, alors que l’on ne se soucie guère de donner aux gamins la moindre éducation politique.

Je me suis souvent demandé si le passage au suffrage universel indirect à l’élection présidentielle française, avec proportionnelle et prime majoritaire, ne serait au fond pas plus démocratique que le capharnaüm démagogique actuel.

7)
Inconnu
, le 22.04.2011 à 15:01
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Smop: le suffrage universel indirect me paraît être une mauvaise idée. Illustration: 55% des Français rejettent la Constitution Européenne, alors que par la suite elle est ratifiée par 90% des députés (et Sénateurs?). Les électeurs ont le droit d’avoir tort, en votant ce qu’ils veulent, et on ne peut pas, on ne doit pas “avoir raison” pour eux.

8)
flup
, le 22.04.2011 à 15:35
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Les bulletins de vote “papier-crayon” se recomptent, mais l’erreur peut se retrouver dans le recomptage aussi. Pour l’avoir fait (et devoir le faire jusqu’à ma pension, probablement), je ne suis pas convaincu que le manuel soit mieux que l’électronique (j’ai voté selon ces 2 modes). Rien n’empêcherait d’ailleurs que le logiciel utilisé soit développé en open-source (et donc vérifiable par d’autres que ses concepteurs). Rien n’empêche d’ailleurs un système mélangeant les 2 (bulletins papiers, mais OCR). Par contre, le vote “par correspondance” est peut-être plus risqué (à moins d’utiliser une solution matérielle comme certains PC-banking).

Concernant la participation, mon expérience est biaisée puisqu’étant situé dans un pays où le vote est obligatoire (si on enlève ceux qui ne votent quand même pas et risquent une amende, la participation avoisine les 90 %).

9)
Smop
, le 22.04.2011 à 15:51
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Renaud : La cas de la Constitution Européenne est particulier pour plusieurs raisons. D’abord, il s’agissait d’un référendum et non pas d’un vote pour un mandat électif. Ensuite, cette Constitution, en dehors de quelques points controversés, était plus technocratique que politique (sans doute l’une de ses faiblesses). Enfin et surtout, si l’on regarde les résultats, les électeurs parisiens ont voté oui à 66,45 %, soit près de douze points au-dessus de la moyenne nationale. Or, le degré d’instruction – et donc vraisemblablement de conscience politique – est nettement supérieur en Île-de-France. On pourrait en tirer des conclusions…

Je ne suis pas sûr d’être d’accord avec “les électeurs ont le droit d’avoir tort” partant du principe que les partis politiques usent et abusent de l’ignorance des électeurs. L’arrivée au pouvoir de Sarkozy tout comme les bons résultats du FN en sont d’excellents indicateurs. A défaut d’éduquer les masses, je préfère le filtre des représentants aux travers du blanc-seing donné au meilleur démagogue !

Enfin bref, nous nous éloignons du débat sur les apports de la technologie à la vie politique ;-)

10)
Marcol
, le 22.04.2011 à 16:40
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Pour une explication conceptuelle du vote électronique, je vous invite à lire l’article “Vote électronique, un défi pour la démocratie” de Olivier Martin paru dans le Flash informatique 03/2011: lien A lire aussi les réactions des autorités Fédérale et Genevoise en réaction à l’article.

11)
Inconnu
, le 22.04.2011 à 16:44
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smog: le degré d’instruction est supérieur en Ile de France? T’as des chiffres pour étayer ce que tu dis. Avec toutes les banlieues défavorisées du coin, j’ai des doutes. Mais je ne demande qu’à être convaincu par des chiffres.

12)
Smop
, le 22.04.2011 à 17:55
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le degré d’instruction est supérieur en Ile de France? T’as des chiffres pour étayer ce que tu dis.

Le site de l’INSEE est ton ami.

Par exemple, cette carte des diplômés de l’enseignement supérieur.

Par ailleurs, on peut raisonnablement penser que la richesse de la vie culturelle en Île-de-France ouvre plus l’esprit que le milieu rural, plus renfermé sur lui-même et moins progressiste. Cela sans “parisianisme” ;-)

13)
pter
, le 22.04.2011 à 18:45
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je me pose la question: quid des nations? C’est quoi cette cause qu’ont nous sert depuis des siècles? voter pour être soumis et dirigés? parqués dans une zone? la terre est ronde, on y vis dessus tous ensembles. pourquoi je vote pour un tel ou un autre? pourquoi je peut pas vivre ou je veux sous prétexte que je suis née quelquepart?

je suis perdu la…je me suis acheté une ile aux Philippines l’année dernière. je me branle de mon passeport. Qu’on me foute la paix avec ces conneries de nationalités. Est-ce qu’on fait chier les industries qui délocalise avec des passeports? des frontières? les chômeurs du monde ont une assurance mondiale? non? super, formidable! vive le business! Quand on reproche le manque de votant, faudrait aussi les écouter et les comprendre…mais quel échec que l’ENA, HEC, Polytechnique et consort en France: on se branle de leur nombril et de leur longueur de bite! Non la politique est comme la religion: fin de cycle, faut passer a autre chose!

Pour le sujet: l’électronique bien maîtrisée est un mieux….

15)
Inconnu
, le 22.04.2011 à 20:07
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Marcol; le sytème ouvert, pourquoi pas? Si ca peut donner confiance. En même temps, si c’est pour que tous les hackers de la planète explorent les possibilités de fraude et les vendent aux candidats le plus offrant, je suis pas très chaud.

16)
pat3
, le 23.04.2011 à 10:26
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Je constate au vu des commentaires que la question du vote électronique croise deux déficits de confiance: la confiance en l’informatique d’une part, la confiance en la politique d’autre part.

Je suis convaincu que la démocratie représentative a atteint ses limites, qui ont été réduites par toutes les manipulations des élites politiques sur la façon de prendre en compte les votes (proportionnelles, votes des représentants, etc.). La fraude n’est plus l’apanage des républiques bananières, elle atteint les pays les plus développés (voir la seconde élection de G.W. Bush junior).

L’ignorance des foules est un épouvantail: ce n’est pas seulement par ignorance que les gens votent front national (si ça n’était que ça, ce serait facilement retournable); le FN n’est qu’un des épiphénomènes de la dilution du politique dans le business d’une part, et le people d’autre part. Quand le président français place ses amis, son fils, offre des cadeaux fiscaux à ses proches, je ne VOIS pas comment au plus bas de l’échelle on pourrait croire à une probité du politique.

Les signes de dévoiement, de délitement, de désagrégation viennent de la classe politique elle-même.

Enfin sur l’école qui devrait être et faire ceci ou cela… La famille devrait être aussi être le creuset de la conscience citoyenne et politique; l’école ne peut pas compenser la faillite de l’éducation familiale. L’école n’est pas le pansement de la société, elle n’en est qu’une partie: quand la société est malade, il n’est pas étonnant que l’école le soit.

@Smop: mes beaux-parents habitent en milieu rural, et ils vont à trois fois plus de manifestations culturelles que moi, qui habite en centre ville; il faut voir que l’accessibilité n’est pas l’accès, que les barrières sont autant économiques que mentales: aller au théâtre à Paris coûte 3x plus cher qu’en province, et les expos sont présentées avec un tel parisianisme qu’on a l’impression qu’elles seront plus moches en province (en fait, quand elles arrivent en province, les médias les ont déjà oubliées)…

Mais comme tu dis: refermons tout de suite ce débat et restons-en au billet de Renaud…

17)
pat3
, le 23.04.2011 à 10:28
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Pour revenir au billet, je pense que les technologies numériques devraient entrer progressivement dans les mœurs, via des élections strictement locales (élections de parents d’élèves, élections universitaires, etc.). Leur élargissement aux grands scrutins mériterait préalablement de nombreux tests grandeur nature, et une évaluation dans le temps. En bref, un principe de prudence…

[edit] j’ajoute que la surveillance de probité des scrutins électroniques devrait pouvoir être faite non seulement par les différents partis, mais aussi par des organisations populaires indépendantes…

En fait, pour que le vote électronique puisse être pris en considération, il faudrait remanier les institutions politiques pour qu’elles fassent plus de place à la démocratie directe… On est loin d’y être.

18)
Inconnu
, le 23.04.2011 à 19:27
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Totalement en phase avec les différentes opinions exprimées par Pat3.