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Les Francophones handicapés en langues étrangères ?

Mon article d'aujourd'hui va battre mon record de brièveté mais il n'en contient pas moins une question que je trouve essentielle !

Actuellement en période de chômage, je profite du temps qui n'est pas consacré à la recherche d'une emploi pour, entre autres, approfondir mes connaissances linguistiques. Précisément, outre que j'entretiens comme toujours mon anglais et mon espagnol, les langues que j'ai apprises à l'école, j'approfondis mon néerlandais, la langue que j'ai apprise depuis que j'ai emménagé en Belgique, et je me suis (re)mis à l'allemand (après une première tentative avortée il y a quelques années), étant donné que plusieurs de mes amis proches sont Allemands.

Bref, ça me fait maintenant quatre langues en plus du français. Vu la quantité de choses que j'assimile par cet apprentissage, non seulement sur le plan purement linguistique mais aussi sur le plan politique, sociologique, culturel… je me dis que ceux qui refusent d'apprendre une autre langue que l'anglais « parce qu'apprendre l'anglais est largement suffisant, tout le monde connait l'anglais maintenant, n'est-ce pas » (ce qui se discute, mais c'est un autre débat…) ne savent pas ce qu'ils perdent.

Seulement voilà, pour toutes ces langues, sauf ma langue maternelle, j'ai le même problème : mon « oreille ».

En néerlandais comme en anglais ou espagnol, je peux à peu près tout lire… Je comprends également parfaitement les émissions télévisées et radiodiffusées « standard », genre journaux ou reportages sportifs. J'en suis encore très loin pour l'allemand, mais à mon avis ça viendra assez vite.

Mais la vraie conversation, celle avec les gens dans la rue, dans les cafés, en campagne, à pied ou à vélo (mon sport favori), c'est une catastrophe. En fait, je n'entends même pas ce qu'on me dit. Ou plutôt, je distingue ça et là quelques syllabes, je reconnais quelques mots…

Or, il y a quelques temps, j'avais lu un livre très intéressant, qui m'avait été bien utile pour ma récente série d'articles sur la Belgique : Les étonnantes origines de la querelle linguistique en Belgique, de Jean-Marie Gillet, publié en 1999 aux éditions J.-M. Collet. Et depuis que je m'essaie assidûment à parler des langues étrangère, un passage de ce livre m'est revenu en mémoire…

L'auteur de ce livre, se basant sur des études scientifiques avérées, explique qu'en fait toute personne de langue maternelle francaise a de naissance un problème d'oreille, et y voit une des origines du problème linguistique belge bien connu.

Plus précisément, il explique cela par une histoire de plages de fréquences sonores. Le Francophone lambda serait habitué à la plage de fréquences sonores spécifique à sa langue. Depuis qu'il est en âge d'entendre, donc depuis la période où il se trouvait dans ventre de sa mère, il s'est accoutumé à une langue et à la gamme de fréquences sonores que celle-ci couvre.

Or voilà, la plage de fréquences sonores du français, langue au « son » assez uniforme, est particulièrement étroite par rapport à celles de la plupart des autres langues. Celle de la langue néerlandaise, par exemple, est beaucoup plus large. Particulièrement le néerlandais dialectal de la rue, truffé aussi bien d'accents très toniques que de syllabes très basses en fréquence… Donc le Francophone perçoit mal les sons de la langue néerlandaise. Le Flamand, lui, entend tout ce que le Francophone dit (ce qui ne veut pas dire qu'il « comprend » forcément, ça dépend de son niveau d'étude de la langue).

D'où une bonne part des difficultés que le Francophone éprouve pour maintenir une conversation en néerlandais, ne serait-ce que pour entendre correctement ce que son interlocuteur Flamand raconte. Difficulté que ce dernier n'éprouve pas et donc n'imagine pas chez son interlocuteur. D'où malentendus et rancœurs, et l'image très propagée en Flandre que le Francophone belge ne fait pas suffisamment d'effort pour parler le néerlandais.

Mais ça ne concernerait pas seulement les rapports entre Francophones et Néerlandophones, cela concernerait aussi ceux avec les Anglophones, les Germanophones, etc.

Jean-Marie Gillet, ceci dit, s'empresse de nuancer ce constat. Pour commencer, les gens ne sont pas égaux vis-à-vis de leur « oreille », et certains ont plus de facilités que d'autres à percevoir une large gamme de fréquences (de là pourrait venir ce qu'on appelle le « don pour les langues »). De plus, ce n'est pas un problème de surdité. Il faut simplement habituer son oreille à une plage de fréquences sonores plus large que celle à laquelle le Francophone est habitué. Autrement dit, il faut écouter parler les gens, et pas seulement au journal télévisé par exemple, mais aussi et surtout dans la vraie vie.

Ce que je viens d'écrire vous a semblé peut-être une évidence… Mais c'est là que le problème des dialectes flamands/allemands vient aggraver les choses ! Le Flamand moyen (ou le Néerlandais moyen), lorsqu'il est en famille ou entre amis, il ne parle guère le néerlandais standard (Standaardnederlands ou Algemeen Nederlands), qui est pourtant la langue officielle de la Flandre et des Pays-Bas : il parle le dialecte de sa région, une langue qui est apparentée de près au néerlandais standard, certes, mais qui en est bien distincte.

En Flandre et aux Pays-Bas, il existe en effet des dizaines de dialectes, et ils sont encore très vivaces, particulièrement en Flandre, à un point que nous autres Francophones biberonnés à la langue de Voltaire depuis la prime enfance avons beaucoup de mal à imaginer. D'ailleurs la plupart des dialectes français de France ont disparu, ceux de la Belgique francophone sont en voie de l'être, et d'après ce que j'ai ouï dire, ceux de la Suisse romande aussi.

Et ce ne sont pas ces dialectes que nous autres « étrangers » apprenons avec notre Assimil ou sur les bancs de l'école (ce qui se comprend, car autrement lequel choisir, et où aller ensuite avec, ailleurs que dans sa région d'usage parfois circonscrites aux murs d'une ville ?)…

Et je crois savoir que les Suisses francophones ont exactement le même problème vis-à-vis de la langue allemande standard enseignée à leur école, et des dialecte « suisses allemands » (Schweizerdeutsch) !

Il n'existe donc qu'une seule solution : perséver dans les tentatives de dialogue, et ainsi se familiariser petit à petit avec le côté dialectal de la langue parlée. Après tout, il existe pas mal de Francophones belges bilingues français-néerlandais. Et des Francophones bilingues français-anglais, multilingues français-anglais-alllemand-néerlandais-etc. Alors pourquoi pas moi ? :-)

Et vous, comment voyez-vous ou avez-vous vu votre apprentissage des langues étrangères ? Avez-vous éprouvé les difficultés que je viens d'énoncer ? Si oui, les avez-vous résolues, et comment ?

38 commentaires
2)
Le Zolive
, le 23.02.2011 à 01:45
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Ben de mon côté, j’essaye d’entretenir mon anglais en ne regardant que des vost… Et ça marche plutôt bien.

Le problème de l’oreille me semble juste, il est vrai qu’à l’école, tout petits (en France, tout du moins, bien qu’il y ait une petite évolution à ce niveau, les enfants apprenant les langues étrangères nettement plus tôt qu’autrefois), on apprend les mots sans réellement les mettre “en action”, d’où la – relative – facilité de lire ces langues. Mais quid de la conversation? Il suffit d’écouter la plupart des hommes politiques parler (drôle!) pour constater que le niveau reste très scolaire… Et la plupart des gens n’entretiennent pas les rudiments appris il ya longtemps, le tout additionné par des télévisions (on passe pas mal de temps devant, non?) qui se contentent la plupart du temps à ne passer que de la (très mauvaises, la plupart du temps!) traduction…

Toutefois, une évolution vient d’être apportée par la télévision numérique, transportant de plus en plus souvent dans son signal le français et l’anglais (TF1 l’utilise de plus en plus pour ses séries, mais France T et M6 n’ont pas l’air d’avoir envie de le faire… :-/ )

Perso, je pense que si on ne travaille pas la musique des langues, on ne restera que de simples débutants. Et si j’ai utilisé le mot “musique”, ce n’est vraiment pas par hasard… ;-)

3)
Pierre.G.
, le 23.02.2011 à 02:14
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Je relativise du côté suisse romand, puisque je déteste cordialement l’allemand alors que je pratique volontiers le dialecte suisse alémanique du canton où je me trouve, dialectes que je trouve beaucoup plus agréables à l’oreille que les gutturales du Hochdeutsch.

4)
Inconnu
, le 23.02.2011 à 07:25
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Je dois avouer ne pas tellement aimer les arguments qui permettent de trouver des “excuses naturelles” pour expliquer une inaptitude d’un groupe de personnes. Il n’y a qu’à voir les résultats des anglophones pour s’en convaincre: plage de fréquence plus large, et pourtant plutôt mauvais dans l’ensemble.

Pour moi c’est plus une question d’éducation et de “sentiment d’utilité”. Pour prendre le cas belge, le francophone moyen n’a de contacts avec les langues “étrangères” qu’assez tard: à l’école. Pendant les cours de langues, il entend la plupart du temps un prof de langue maternelle française …qui parle le plus souvent français. Ajouter à ça le fait qu’on passe aussi beaucoup de temps à écouter les autres élèves, autant dire que ça ne relève pas le niveau. Le flamand moyen de son côté, c’est plus simple: les programmes TV sont en version originale dès l’âge où on suppose qu’ils savent lire. Ce qui veut dire qu’ils ont déjà un gros bagage passif avant même de commencer les cours. Par rapport au français, le nombre de mots français présents dans les dialectes flamands leur donne aussi un avantage certain. Le sentiment d’utilité, ça c’est autre chose. Quand on est éduqué dans l’esprit “le flamand est une langue de paysans, ça ne sert à rien” ça n’encourage pas.

Il y aussi un point important (au niveau belge) dans cet article qui est mis de côté et ça m’étonne un peu: les dialectes sont aussi un problème pour les Flamands, et eux aussi ont parfois du mal à se comprendre entre eux. Pas de raison de complexer par rapport à ça donc!

5)
Franck Pastor
, le 23.02.2011 à 07:39
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Lebarron : je suis Dauphinois d’origine aussi (Grésivaudan) :-)

Zolive et Reno : les films en langue étrangère, que ce soit en anglais, espagnol ou néerlandais, sur DVD ou à la télé (je suis un assidu des chaînes flamandes tous ces films y sont sous-titrés, même certains films néerlandophones truffés de dialecte :-)) je ne les regarde qu’en VOST et… ça ne me suffit visiblement pas. La plupart des films sont tournés dans une langue beaucoup plus claire et audible que la langue de la rue.

Pierre.G. : pourquoi pas, mais alors tu as dû apprendre ce dialecte sur le tas, et ça a dû prendre du temps… À moins qu’il ne soit enseigné à l’école, à la différence des dialectes flamands-néerlandais ?

Reno : je sais bien que certains Francophones (et Anglophones) ne sont pas de bonne volonté pour apprendre des langues, comme certains Francophones belges pour le néerlandais… Dans ce cas, évidemment, il n’y a rien à faire. Mais moi, je suis de la meilleure volonté qui soit, et pourtant… Je crois vraiment qu’il y a une « excuse » naturelle  à ma difficulté. Mais je trouve le mot « excuse » inadapté. Ce n’est qu’un problème supplémentaire, que les Flamands n’ont pas comme je l’ai dit, et il me faut travailler plus qu’un Flamand pour le surmonter.

Malheureusement, habitant en Wallonie, je n’ai que peu l’occasion de faire la conversation en néerlandais (ou même en anglais ou espagnol :-), donc ça va lentement.

Le fait que je n’ai été en contact avec ma première langue étrangère (l’anglais) qu’à partir de l’âge de dix ans a sûrement joué, mais cela participe justement de ce problème de formation de l’oreille.

6)
Philob
, le 23.02.2011 à 07:53
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J’ai honte, je suis un handicapé des langues, malgré de très gros efforts, je n’arrive pas à apprendre une langue étrangère; j’y arrive lors d’une immersion complète, longue et avec un pistolet sur la tempe; je parlais presque couramment le “Bernois”, mais j’ai changé de travail et je n’ai plus été confronté à ce dialecte, 6 mois plus tard j’avais tout, mais absolument tout perdu.

Je me suis échiné à apprendre l’allemand et l’anglais, mais sans aucun succès (je suis même sorti avec une allemande), mon épouse est d’origine batave, en 6 ans je n’ai pas assimilé un seul mot, alors qu’elle parle souvent cette langue quand des membres de sa famille viennent.

Oui, j’ai maintenant baissé les bras et abandonné; mais ça a pris du temps, j’ai même pris des cours d’allemand avec une méthode appelée suggestopédie, c’était sympa et j’ai cru que cette fois ça y était; un mois plus tard grosse désillusion, il ne me restait même pas 10%. Ce n’est pas pour rien que je parle d’handicap, je me sens vraiment déficient en langue et cela m’attriste.

Je suis donc un partisan d’une immersion le plus tôt possible, c’est la seule solution.

Je suis jaloux.

7)
Inconnu
, le 23.02.2011 à 08:45
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Franck: j’ai ajouté un paragraphe à mon message. Mais il ne répond que partiellement à ce que tu soulèves dans ton message. Je ne pense pas qu’il y ait “d’excuse naturelle” à ton cas, plutôt un “problème de perception”.

Pour prendre mon cas personnel: belge francophone n’ayant eu du néerlandais que pendant mes études secondaires/lycée. Puis plus rien pendant mes études universitaires et mon premier boulot. Lors de la recherche de travail qui a suivi, j’ai fait quelque chose d’inhabituel: plutôt que de prendre des cours de néerlandais, je me suis inscrit à des cours de l’université de Gand en formation à distance. Dans un contexte professionnel, je suis donc passé de “francophone” à celui de “bilingue éduqué en Wallonie” (j’ai des facilités pour “atténuer” mon accent). Ça ne me permet pas de mieux comprendre les dialectes flamands, mais le discours a changé. Petite précision: mes contacts en Flandre vivent hors des “zones à problème”.

Le changement de discours a été: du “le néerlandais est une base commune en Flandre”, c’est passé au “les dialectes sont à considérer comme des langues séparées”. J’avais des collègues qui considéraient le néerlandais comme une langue imposée, au point de refuser le parler. Certaines personnes de milieux plus modestes cherchent leurs mots lorsqu’ils parlent avec moi (en néerlandais). J’ai remarqué aussi que “je comprends tout” n’est pas une réponse crédible à la question “est-ce que tu comprends bien les gens de telle région?”, parce que eux aussi ont des problèmes (s’ils mettent des sous-titres, c’est parce que c’est nécessaire).

Pour info, les dialectes sont discréminants à l’embauche, dans un sens comme dans l’autre: la présence d’un mot de dialecte dans un CV ou une lettre de motivation est très mal perçue, et pour certains boulots, la maîtrise du dialecte local fait partie des conditions sine qua non pour l’embauche — même si ce ne sera jamais indiqué sur le descriptif de fonction.

Par rapport à leur compréhension du français, ce n’est pas toujours aussi bon qu’ils veulent le faire croire (devant la personne on fait croire que tout va bien, puis des questions viennent en aparté ;))

Pour répondre à cette phrase donc:

Ce n’est qu’un problème supplémentaire, que les Flamands n’ont pas comme je l’ai dit, et il me faut travailler plus qu’un Flamand pour le surmonter.

Les Flamands ont aussi ce genre de problème, mais font leur possible pour ne pas le montrer (…et ils y arrivent).

8)
ToTheEnd
, le 23.02.2011 à 08:57
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J’ai aussi 4 langues en plus du Français et c’est bien pratique… pour tout. Tout le monde devrait être envoyé 3 mois à l’étranger, non seulement ça leur donnerait une langue de plus (ce qui est toujours un avantage) mais en plus, au niveau culturel, ça leur permettrait de s’ouvrir un peu.

9)
Saluki
, le 23.02.2011 à 08:57
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J’ai travaillé dix ans dans un groupe britannique et alors que j’étais “bon” en classe en anglais, je n’ai vraiment progressé qu’en ayant “un pistolet sur la tempe” en étant confronté à des collègues avec des accents aussi divers que le Devon ou le Lake District… Pour le gag, avec un 18 au baccalauréat, je me suis retrouvé comme une poule qui aurait trouvé un peigne la première fois que j’ai dû acheter un ticket de métro londonien…

Le fils de Madame Saluki a très vite progressé en allemand puis en russe en mettant (successivement, hein…) son dictionnaire sur l’oreiller, si vous voyez ce que je veux bien dire. ;°) Et puis quand tu es le seul francophone dans un lieu perdu du Kouban, il vaut mieux pratiquer une langue intelligible dans le coin.

10)
jerobeg88
, le 23.02.2011 à 09:01
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Je suis plutôt de l’avis de Reno. Cette histoire de fréquence me semble louche, car des fréquences on en entend une plage relativement élevée (20Hz à 10kHz) et à peu près égale pour tous les humains. De plus, tout le monde n’a pas la même voix et donc parle avec des fréquences différentes.

À la télévision, le présentateur parlera dans sa langue de la manière la plus juste possible, intonation et accent. Donc, si tu comprends ce que dit le présentateur, ce n’est pas un problème de “fréquence ” ou de “musicalité”. À mon avis, si tu ne comprends pas les gens dans la rue, c’est parcequ’ils parlent trop vite, avec un accent, qu’ils raccourcissent tous les mots et n’articulent pas bien. C’est là que l’immersion totale est utile, car elle permet de s’habituer avec le langage de tous les jours. Celui qu’on n’entend pas forcément à la télévision.

Personnellement, j’ai une peine folle à apprendre les langues. (Anglais et Allemand) Je pense qu’il y a une certaine logique derrière chacune de ces langues que j’ai de la peine à entrevoir et à mémoriser. Je pense également que l’enseignement de ces langues n’est pas optimal, pour moi en tout cas. C’est peut-être là le véritable problème, dans l’enseignement. En suisse en tout cas, je trouve que l’on fait beaucoup trop de grammaire et pas assez d’oral. Il ne nous sert à rien (dans un premier temps) de savoir parler une langue comme on l’écrit. On apprend des temps que l’on ne sait même pas utiliser un français, pour moi c’est là le réel problème.

11)
Saluki
, le 23.02.2011 à 10:13
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À mon avis, si tu ne comprends pas les gens dans la rue, c’est parcequ’ils parlent trop vite, avec un accent, qu’ils raccourcissent tous les mots et n’articulent pas bien.

Ce serait peut-être valable également pour certain Président de la République ?

12)
Pierre.G.
, le 23.02.2011 à 10:22
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@ Frank, j’ai appris l’allemand au collège, les deux profs que j’ai eu m’ont chacun donné une fois une baffe, c’est te dire la pédagogie et sans doute mon aversion, par contre très jeune j’ai eu un gout pour les petites suisses allemandes qui passaient un an en Suisse romande pour se perfectionner…

Tu mets par là-dessus dix ans de pratique sportive où j’étais souvent le seul romand, les cours de pneumatique où on ne trouvait pas 5 romands pour les faire en français(et après on pleure quand c’est un suisse allemand qui est engagé), et le fait que je sois très souvent à Berne, en plus j’aime bien, mon frère habite depuis 20 ans à côté d’Altdorf(statue de Guillaume Tell), ce doit être de famille.

13)
samd
, le 23.02.2011 à 10:27
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En tant que francophone né en Belgique, j’ai les mêmes difficultés avec le néerlandais, mais je ne les attribue pas à une question d’oreille, mais plutôt au problème de l’absence de langue commune effective… Phénomène connu, mais dont j’ignorais qu’il était aigu au point décrit par Reno.

D’ailleurs, j’ai toujours trouvé très marquant que, sur les chaînes flamandes, régulièrement les personnes “de la rue” interviewées en flamand sont sous-titrées en néerlandais…

14)
Le Zolive
, le 23.02.2011 à 10:38
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les films en langue étrangère sur DVD ou à la télé je ne les regarde qu’en VOST et… ça ne me suffit visiblement pas. La plupart des films sont tournés dans une langue beaucoup plus claire et audible que la langue de la rue.

Tout d’abord, cela dépend complètement du programme que tu regardes. ‘Fectivement, le français utilisé dans “Joséphine ange gardien” se doit d’être ultra propre, bien plus que des productions plus underground…

Ensuite, j’ai bien écrit “entretenir”, pas apprendre… Et la nuance est très importante…

15)
samd
, le 23.02.2011 à 11:28
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Hasard du calendrier, un article de ce jour qui montre que ce n’est pas qu’une question d’oreille puisqu’apparemment les bébés élevés dans un environnement bilingue reconnaissent rien qu’aux mouvements du visage que l’interlocuteur parle une langue différente… même si elle leur est inconnue.

bébés bilingues

La question de la “perception” d’une langue étrangère est donc bien plus complexe qu’une question de fréquence d’oreille, c’est toute une “pré-disposition” cognitive qui se crée dès le berceau. Finalement, on pourrait parler de “bosse des langues”.

16)
Franck Pastor
, le 23.02.2011 à 12:11
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…les bébés élevés dans un environnement bilingue reconnaissent rien qu’aux mouvements du visage que l’interlocuteur parle une langue différente… même si elle leur est inconnue.

Mais je n’ai pas dit autre chose, samd, relis-moi. Encore une fois, je n’ai pas parlé d’une sorte de surdité qui serait congénitale chez le Francophone. J’ai parlé d’un manque d’entraînement de l’oreille unilingue francophone, habituée à une plage de fréquence restreinte, manque d’entraînement couplé dans certains cas à un handicap de perception inné (dans ce cas, ce n’est pas propre au Francophone, contrairement au manque d’entraînement précédent). Mais ça se corrige également par la pratique (l’immersion).

L’oreille, ça s’entraîne. Et c’est précisément ce manque d’entrainement qui est préjudiciable au Francophone, qui dans 99 % des cas est né et vit dans un environnement unilingue, qui plus est avec un langue à la fréquence sonore très uniforme… La clé, dans ce que tu cites, c’est que le bébé est élevé dans un environnement bilingue, donc il est habitué dès la petite enfance (dès le ventre de sa mère !) à une plage de fréquences sonores plus large.

17)
Matkinson
, le 23.02.2011 à 13:02
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Y a surtout le fait que les profs eux-mêmes sont largués… Quand on voit ce qu’ils enseignent comme anglais aux élèves au collège, faut pas s’étonner du niveau. Le jour où la pédagogie changera et intégrera le fait qu’on apprend anglais pour s’exprimer (et s’intégrer) et non pas pour faire de la compète avec Shakespeare, ça changera.

Pareil le jour où on diffusera systématiquement les films en VOST comme ils le font chez les Scandinaves (sauf erreur). En plus quand on voit la qualité catastrophique du doublage des films parfois, on n’y perdra pas grand-chose.

18)
Goldevil
, le 23.02.2011 à 13:55
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Je confirme qu’il existe un “handicap” pour un francophone pour apprendre certaine langues. Mais il s’agit pas vraiment d’une question de fréquences. C’est plus subtil que cela.

Simplement, les sons et les paroles ne sont pas traités de la même manière par le cerveau. Le cerveau s’habitue à décoder les mots en reconnaissant les associations de syllabes. Mais il arrive que dans d’autres langues, il y a deux sons distincts pour des syllabes différentes qui ont tous les deux une seule correspondance en français. Le francophone doit s’habituer à faire la distinction entre ces deux sons. Son cerveau doit s’habituer à les ranger dans deux cases différentes quand il doit l’analyser. On s’en rend compte lorsque l’on demande à un francophone d’écrire phonétiquement ce qu’il entend d’une langue qu’il ne connaît pas. Il utilisera parfois une seul et unique lettre pour deux sons différents de la langue d’origine.

Par exemple, en arabe, il y a deux lettres “R” qui ne se prononcent pas de la même manière.

Cette difficulté existe dans toutes les langues et un néerlandais aura ce même genre d’effort à faire pour parler certaines langues asiatiques.

Attention, la fréquence peut jouer sur l’apprentissage en cas de déficience auditive. Des personnes avec un début de surdité auront bien évidemment plus difficile à apprendre des langues qui contiennent des sons qu’ils ont difficile à percevoir. Pour leur langue maternelle ils compensent avec la connaissance très large du vocabulaire et surtout des coocurrences. Ils s’agit de groupes de mots que l’on retrouve souvent ensemble comme éperdument + amoureux. Même si nous n’avons pas ou mal entendu le second mot, nous pouvons souvent le déduire à prtir du premier

L’age a une grande influence sur l’apprentissage.

Tout d’abord la langue maternelle est toujours apprise différemment. Déjà elle est apprise oralement alors que souvent d’autres langues sont apprises en même temps de manière écrite et l’orale. Ceci explique pourquoi mon père me battait toujours au Scrabble quand j’avais 16 ans alors qu’il appris le français à seulement 20 ans et qu’il est toujours loin de le parler convenablement. Simplement, il l’a toujours étudié en apprenant d’abord comment écrire un mot et ensuite en déduisant sa prononciation.

Ensuite, la plasticité du cerveau évolue avec l’age et, de manière globale, il est plus facile d’apprendre des langues quand on est jeune. De plus, il est plus facile d’apprendre des langues quand on a en a déjà apprise d’autres. C’est un peu comme un muscle qu’il est bon de faire travailler.

19)
Guillôme
, le 23.02.2011 à 14:26
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Je ne sais pas s’il s’agit d’une histoire de fréquence mais je suis convaincu que la langue maternelle a une influence directe sur l’aisance ou non d’apprendre une autre langue.

Par exemple, prenons le japonais. Pour un japonais, il ne fera pas de différence entre le son “R” et le son “L”, de même entre le son “B” et le son “P”. Pour lui, ce sera beaucoup plus dur d’apprendre la prononciation française alors que pour un français la prononciation japonaise est très aisée (tous les sons sont faciles pour un français).

Autre exemple, l’arabe. Comme cité plus haut avec les deux “R”, il y a des sons que l’on ne connait pas en français et qui sont très difficiles à apprendre ou à distinguer, comme notre japonais avec le français ;)

20)
Lebarron
, le 23.02.2011 à 16:42
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je suis Dauphinois d’origine aussi (Grésivaudan) :-)

Après St Martin d’Hères,je suis au Touvet depuis plus de 20 ans, l’accent du Grésivaudan se perd avec les nouvelles générations, c’est l’accent made in TV qui prédomine.

21)
Franck Pastor
, le 23.02.2011 à 17:14
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Après St Martin d’Hères,je suis au Touvet depuis plus de 20 ans, l’accent du Grésivaudan se perd avec les nouvelles générations, c’est l’accent made in TV qui prédomine.

Moi, c’était Le Versoud et donc j’étais Bédouin (oui, c’est comme ça que les habitants du Versoud sont officiellement appelés :-)).

Effectivement, l’accent se perd. La grande majorité des personnes que je connais qui l’ont encore sont à la retraite ;-) Par contre le « y » a la vie dure…

Je ne sais pas si j’ai un embryon d’accent dauphinois, mais quand je suis arrivé en Belgique, on n’arrivait pas à déterminer de quel endroit de France je venais (« tu n’as pas l’accent de Paris, ni de Lille ou de Marseille, tu es d’où ? »).

22)
guru
, le 23.02.2011 à 17:27
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Je ne suis pas d’accord avec ces histoires de fréquences qui seraient plus “étendues” dans les langues germaniques. Comme ingénieur du son, j’ai souvent travaillé avec des acteurs parlant des langues différentes. Il est évident que les voix des acteurs anglais sont plus faciles à enregistrer, les néérlandais aussi d’ailleurs. Les ingénieurs du son français et belges sont d’une efficacité redoutable parce que le français fait partie des langues les plus problématiques à enregistrer. Cela est dû au manque de transitoires dans les consonnes du français. Ce qui fait la différence, ce ne sont pas les fréquences mais la plage de fréquences dans laquelle se trouvent les formants de la voix. Il suffit d’ailleurs d’observer les sonagrammes des voix prononçant ces différentes langues pour le constater. Les oreilles des français ne sont donc pas moins entrainées que celles des anglophones, par exemple, c’est leur cerveau qui laisse moins de place à ce qui n’est pas français. J’ai été élévé en français dans un pays francophone mais j’ai souvent entendu parler flamand, je le prononce donc sans problème ce qui n’est pas le cas de mes petits camarades français (sauf peut-être Franck). Mais j’ai quand même pas mal de problème avec les langues, je crois que le français est une trop belle langue, trop complète et quand on la maîtrise on n’a plus vraiment envie d’investir dans une autre… Dommage!

23)
Modane
, le 23.02.2011 à 18:15
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Je trouve les sonorités de la langue anglaise très musicales. Je pratique le rock depuis quarante ans, en écoutant Dylan, Tom Petty, Mellencamp, le Boss, des gens qui écrivent, donc…

Toutes mes revues techniques sont en anglais, et je les lis assidûment.

Je regarde les films dans leur langue d’origine, autant que possible.

J’ai, quatre fois par an, une sorte de convention avec des américains de la côte Ouest. Eh bien vous n’allez pas me croire : j’ai besoin d’un traducteur pour les questions qu’on me pose. Car je n’en distingue même pas les mots. Les phrases ne sont que des échappées groovy, musicales, certes, mais si impénétrables…

Une fois les questions traduites, je peux y répondre, sans problème.

Si quelqu’un me trouve le remède à ce handicap, je l’embrasse!

25)
Caplan
, le 23.02.2011 à 21:28
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Tout ce qui est bon pour expliquer mon inaptitude aux langues, je suis preneur!

N’exagère pas! Tu sais quand même commander Ein Chef-Salat und ein großes Glas Weißwein!

26)
AdMem
, le 23.02.2011 à 22:11
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Les Romands et le suisse-allemand, c’est une problématique souvent relevée.

Etant impliqué tous les jours dans le potage bâlois, j’avoue que des fois je m’interroge un peu.

Doit-on parler le suisse-allemand, mal, quitte à être parfois mal-compris, mais intègre ? Ou parler le bon allemand qui reste très peu apprécié en Suisse et vous fait passer – si vous le parlez trop bien – pour le pédant de service ? ;-)

À force de trop réfléchir, je finis par tout mélanger et former une espèce de Welsch-Dütsch (suisse-allemand-romand) très reconnaissable. Les Jurassiens sont vraiment inintégrables, dira-t-on.

Intéressante théorie sur les fréquences des langages. Je note.

27)
Franck Pastor
, le 24.02.2011 à 12:55
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Pour contribuer encore à ce débat qui m’apprend plein de choses à chaque point de vue exprimé, voici une réaction de Zallag que j’ai reçue par courriel, et que je reproduis ici avec son autorisation :

C’est très intéressant, ton article. Évoques-tu un article de ce genre (ici) au sujet des fréquences ? Le gars qui a inventé le logiciel Speedlingua dont on parle aurait un brillant avenir professionnel en France… J’ai de mon côté eu vent, il y a des années, d’une explication similaire au sujet des Russes qui semblent doués pour l’apprentissage des langues tout autant que pour le chant, qui est aussi une question de fréquences, bien sûr. J’ai envie de creuser le problème depuis longtemps, voilà qui va me relancer dans la recherche de la littérature scientifique s’y rapportant!

28)
Franck Pastor
, le 24.02.2011 à 17:29
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Encore une réaction TRÈS intéressante reçue par courriel et que je transmets ici avec autorisation de l’auteur !

Bonjour,

Votre article a tendance à me faire réagir. Je suis française et vis en Allemagne.

Le problème d’oreille est un problème d’apprentissage d’une langue comme un autre. Il s’agit souvent d’un problème de méthode d’apprentissage des langues. En France, l’accent est mis surtout sur l’écrit et la compréhension orale est complèment négligée. Lors de ma scolarité, je destetais ça, car la méthode était brutale et non progressive. On écoutait deux ou trois fois le document sonore. Puis, il fallait tout “recracher”. En Allemagne, on parle plus dans les classes. Quand je fais faire des compréhensions orales de français aux Allemands, ils me disent qu’ils ont des problèmes pour retrouver les mots. La faute aux liaisons, mais pas seulement…En fait, il faut distinguer deux types de langues: les langues dont la structure est basée sur le mot (Wortsprache) comme le Haut allemand et les langues basées sur les syllabes (Silbensprache) comme le français. L’espagnol et le japonais sont plus représentatifs de cette catégorie, le français étant en fait un peu à cheval entre les deux. Il s’agit là de différences purement phonologiques entre les deux catégories. Je vais m’arrêter ici sur une différence de poids entre ces deux types de langues: l’accentuation (Les autres caractéristiques phonologiques des Wortsprachen sont en fait là pour rendre l’accentuation encore plus forte). Par exemple, le locuteur allemand veut que son interlocuteur distinguent nettement les mots entre eux. Ceux-ci ont des frontières bien distinctes, dûes principalement à l’accent. En Allemand, l’accent est la plupart du temps sur la première syllabe. Le locuteur précise ainsi à son partenaire: “C’est un nouveau mot”.Quand on entend des langues syllabiques, il est impossible de distinguer les mots. Et les germanophones ont bien des problèmes avec. Les Wortsprachen sont des langues favorables à l’auditeur, il est plus facile de comprendre ce qui est dit, mais il y a alors une perte pour le locuteur qui lui doit faire plus d’efforts de prononciation.Les langues syllabiques sont favorables aux locuteurs, la prononciation est simple, mais pour cela l’auditeur devra faire plus d’efforts de compréhension. Son cerveau devra alors découper les mots.C’est pourquoi un francophone trouvera que certains mots sont imprononçables en Allemand.C’est aussi la raison pour laquelle une langue romane chantonne et qu’on a l’impression que l’allemand donne des coups comme sur une batterie.Si un francophone a des problèmes de compréhension, c’est parce que son oreille n’est pas habituée à cette nouvelle structure. Il faut donc l’entrainer. Je suis déjà passée par là et c’est très fatiguant pour nos petites têtes. Dans une conversation, on est aussi victime de l’instant. Pour comprendre, il faut enregistrer le plus d’informations possibles et il n’y a pas de retour en arrière. La prononcation est une difficulté, mais il faut aussi analyser la structure de la phrase, le sens des mots, la relier au contexte… et tout cela instantanément, sans compter sur les interruptions, les gens qui parlent en même temps… Sans oublier que notre concentration a ses limites. Dans sa langue maternelle, c’est tout naturel, mais pas dans une langue étrangère. J’avais de gros problèmes pour les conversations à plusieurs personnes, mais aussi pour comprendre la radio sans parler des conversations téléphoniques.Une étude a été faite sur des bébés francophones et germanophones: les bébés allemands pleurent différemment des bébés français. Le bébé germanophone commencent son pleur fort puis baisse le ton et le bébé francophone fait l’inverse. Donc quand un bébé apprend sa langue maternelle, il imite d’abord l’intonation de sa langue avant de prononcer un seul mot. L’intonation de notre langue est profondément ancrée en nous, que ce soit quand on parle ou quand on écoute. On peut apprendre à imiter un son, mais l’accent est très difficile à apprendre. Il n’y a que 5% des personnes qui peuvent parler une langue étrangère apprise en langue seconde sans accent. Pour les autres, c’est impossible d’avoir un accent zéro car l’accent maternelle est comme un réflexe, peu importe la langue qu’on apprend, un peu comme le test du genou. Le médecin donne un coup sous la rotule et le bas de la jambe se lève ou sursaute automatiquement. Je ne parle pas ici des bilingues.Les dialectes alemaniques sont des langues syllabiques donc forcément plus agréables à entendre et peut-être, pour cette raison, plus facile à apprendre pour un francophone. Les dialectes allemands ont malheureusement aussi tendance à disparaître bien que l’érosion soit très lente. Mon mari trentenaire parle le dialecte mais ne possède pas autant de vocabulaire que ses grand-parents. Les dialectes sont aussi mal vus et considérés comme la langue des paysans. Ils sont pourtant à mes yeux une richesse culturelle, même s’ils m’ont causé beaucoup de difficultés par le passé.La linguiste, Henriette Walter, (c’était un article paru dans le Monde de l’éducation) a une autre théorie qui expliquerait pourquoi les Français auraient des problèmes pour apprendre une autre langues. Elle parle d’un complexe qu’ont déjà les Français quand ils apprennent leur langue maternelle. Elle dit qu’il est donné trop d’importance à la langue pure, la langue des élites. Par la faute, on juge la personne : manque d’instruction, de culture, ou trahison de notre origine sociale. Dès que l’on fait une faute d’orthographe ou de style, honte à nous. Ce sentiment nous est inculqué dès le CP, renforcé par le nombre de nos années d’école et par la société. Donc les Français aurait peur de faire des fautes, voudraient former de suite des phrases parfaites pour éviter de donner une mauvaise image de lui. Serait-il perfectionniste ? Ce complexe de l’erreur serait ancré dans notre inconscient collectif et serait par conséquent la raison de notre manque d’engouement pour les langues étrangères. Par contre, j’ignore de ce qu’il en est avec les Suisses ou Belges francophones.Dans l’apprentissage des langues comme dans tout autre domaine, la motivation est un moteur à ne pas négliger. Des études le prouvent. Notre cerveau produit alors plus de sérotonine, la soit-disant hormone du bonheur.Par contre, je ne pense pas que c’est le problème principal des Belges. La frontière des langues crée, soit, des frontières entre les hommes, mais il n’y pas que ça: la répartition de la population belge sur le territoire comme celle des richesses, le clivage entre les administrations francophones et néerlandophones, etc…. Cela me rappelle un peu les Allemands de l’ouest se plaignant de toujours payé les factures de l’Allemagne de l’Est, comme de nouvelles autoroutes et autre. Enfin, vous connaissez ces problèmes mieux que moi.Je vous souhaite beaucoup de plaisirs dans votre apprentissage et bon courage dans votre recherche d’emploi.Cordialement ,Sandrine

32)
flup
, le 25.02.2011 à 07:30
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Je pense que l’oreille est effectivement un facteur (je me souviens des études de Tomatis sur les gammes de fréquences). Ce n’est d’ailleurs pas lié uniquement à l’apprentissage des langues, mais a des conséquences musicales : certains pays (en fonction de leur langue) ont une tradition de chant beaucoup plus grande qu’en France et Belgique francophone (en Suisse je ne sais pas) parce que (entre autres choses) leur langue n’est absolument pas “chantante”, contrairement à l’italien ou au russe par exemple.

Mais ce n’est bien entendu (sic!) qu’un phénomène parmi d’autres; dans le cas du chant, d’autres facteurs interviennent (historiques et religieux par exemple). Dans le cas des langues, les méthodes d’apprentissages centrées maintenant sur la conversation fonctionnent évidemment beaucoup mieux pour “décomplexer” le locuteur face à une langue qu’il ne maitrise pas; je n’ai pas eu cette chance (les cours de littérature, tant en néérlandais qu’en anglais, passaient avant la conversation :( ).

Et puis il y a le contexte du pays : un Français pourra n’utiliser que le français en restant à l’intérieur de ses frontières, contrairement à un belge (qui parfois, ne l’a compris que récemment) ou un suisse.

33)
Zallag
, le 25.02.2011 à 08:53
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@ Pierre.G., commentaire 30.

Je me souviens de l’éclat de rire de ma grand-mère que j’accompagnais à Zürich, en Suisse allemande, il y a des années de cela. Nous avions croisé un Français qui cherchait le chemin de la gare principale et qui lui faisait part de son étonnement : “Madame, je parle allemand, je viens de demander à un Zurichois comment se rendre à l’Optbanoffe, et aucun d’eux n’a été capable de m’informer ! Je suis bien content de vous avoir rencontrée et que vous ayez pu me dire comment y parvenir, d’autant plus que, pour une Suissesse, vous parlez très bien le français !”

34)
Pierre.G.
, le 25.02.2011 à 09:46
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J’ajoute pour enfoncer le clou, Zallag, m’être trouvé dans l’Oberland bernois il y a quelques années aussi avec une Parisienne prof d’allemand, chez un ami, et elle essayait désespérément de comprendre ou de parler avec les personnes présentes, qui même en hochdeutsch bernois n’arrivaient pas vraiment à converser avec elle, c’est surtout une question de prononciation en fait, pas de vocabulaire.

Mais j’ai eu la même chose dans une station service en GB avec un jeune, alors que je faisais des discussions en anglais au sein d’une groupe…(le slang si je me souviens bien)

35)
Zallag
, le 25.02.2011 à 09:56
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Le slang, c’est encore une autre chose, ça… bien plus difficile que le verlan !

Quand un jeune cockney dit “Let’s have a butchers”, on doit comprendre “Let’s have a butcher’s hook”, et cela veut finalement dire “Let’s have a look”, bref, jetons un oeil là-dessus… Une question de rimes, le slang…

C’est le charme des argots et des idiomes, tout ça.

36)
NicoMac
, le 25.02.2011 à 22:15
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SpeedLingua part du principe que de faibles capacités auditives dans les fréquences élevées sont à l’origine des difficultés d’apprentissage. Aucun idée de l’efficacité de la méthode…

38)
Raff
, le 03.03.2011 à 13:42
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C’est une analyse intéressante.

Ce qui me révolte, c’est qu’aucune chaîne étrangère n’ait été incluse dans la TNT gratuite en France. Et après, on s’étonne du désintérêt ou des difficultés à apprendre les langues étrangères dans ce pays!