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La Planète Bleue

"C'est l'histoire d'une planète, on l'appelait La Planète Bleue.

Parce qu'elle était couverte aux deux tiers par les océans.

Et cette planète faisait du bruit ! Elle émettait une multitude de sons...

A dire vrai, une véritable cacophonie.

Il fallait s'approcher très près, mais vraiment très près, et endosser son stéthoscope pour arriver à entendre quelque chose de distinct sur cette planète.

En fait, c'est l'histoire d'un type qui s'approchait de cette planète, un stéthoscope à la main.

Le genre de type qu'on appelait un écouteur.

Mais je vous reconnais ! Ce type, c'est vous !? Ça alors ! Comme ça vous vous planquez derrière votre transistor…"

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Sur un fond sonore mixant des samples de divers artistes inconnus, c'est par ces premiers mots que je découvris en 1995 sur Radio Nova une émission qui après plus de 600 épisodes continue de m’enchanter en me faisant découvrir le swing de demain. Je parle ici de la Planète Bleue d’Yves Blanc aujourd’hui diffusée en FM sur Couleur 3, par satellite Astra sur toute l’Europe jusqu’au nord de l’Afrique et sur Internet dans le monde entier, en live et en archives.

C’est en partant d’un constat désolant sur l’état de la production musicale mise en avant par les médias populaires qu’Yves se consacre depuis 15 ans à nous faire découvrir une véritable science-fiction musicale, loin des compilations, rééditions, best-of et autres remix se trouvant dans les bacs de nos disquaires. En littérature, la SF est devenue un genre à part entière, riche et respecté, l'architecture a ses visionnaires, la médecine ses chercheurs, la restauration sa nouvelle cuisine et l'image est virtuelle.

Pourquoi l'audio, pourtant gros consommateur de nouvelles technologies, n'a-t-il pas ses futuristes ? Faillite de la créativité ou terrorisme marketing ?

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En fait, partout sur la planète, des musiciens cherchent le swing de demain. D'Australie au Moyen Orient, du Canada aux pays de l'Est, des artistes dessinent de nouvelles perspectives, inventent le swing du troisième millénaire. Ils sont partout. En Laponie comme à Paris, à Tokyo comme à Rio. Même dans les pays les moins novateurs, à force de recherche, Yves Blanc débusque des artistes futuristes, des créateurs qui se projettent dans l'avenir, à la recherche de nouveaux sons, de nouvelles attitudes. Jusqu'à présent, ces musiciens étaient résolument tenus à l'écart des médias.

Décontractée de l'actualité, loin des turpitudes du marketing, La Planète Bleue nous convie dans une faille du continuum spatio-temporel, là où les époques se télescopent, là où se mixent les géographies. Des vibrations ancestrales de la peau des tam-tams jusqu'aux frémissements informatiques de la science-fiction, c'est une balade aux coins du globe, un long travelling sonore, un tour du jour en 80 mondes, un bond dans l'espace et un voyage dans le temps. Aventures musicales et planète sans frontières. Demain, le son. Tam-tam et computer, du sable et du silicium.

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La Planète Bleue est une série d'émissions radio d'un type différent, une sorte de film audio. Il s’agit d’une heure musicale avec peu d’interventions parlées, limitées à quelques minutes, avec un fort contenu sonore, suggestif, riche en imaginaire. En fait, il s'agit d'un travail sur les paysages sonores. Celui d'un architecte digital, un urbaniste numérique. Une peinture stéréophonique, comme une jungle vidéo qui mettrait tellement l'accent sur sa bande son qu'elle en viendrait à faire l'économie du tube cathodique: une bande de données ludique, un labyrinthe acoustique, un conglomérat d'espace-temps qui va doucement exploser les transistors.

On y entend les chutes du Niagara derrière un tapis funk contemporain, palpiter le coeur de la grande forêt au beau milieu d'un entrelacs de computers, le souffle du didgeridoo entre deux hoquets cybernétiques, les bruissements de la ville, le feulement du désert.

Enfin, les thèmes abordés sont très larges, extrêmement ouverts : ils vont des nouveaux objets aux nouvelles mentalités. Ou, disons plutôt, des prochains objets aux prochaines mentalités. Le concept fédérateur, c'est le futur. Il est donc question, notamment, d'écologie, de technologies spatiales, de recherche scientifique, de politique... Et ce, évidemment, aux coins du globe. On y parle de voiture électrique, de production alternative d’énergie, de Roswell, des émeutes de la faim, des jeux olympiques en Chine, de l'extraction de l’uranium au Niger, etc.

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En quinze ans, Yves Blanc m’a fait découvrir un grand nombre d’artistes, tels que Laurie Anderson, Haruomi Hosono, Dadawa, Frédérick Rousseau, Lassigue Bendthaus, Telefon Tel Aviv, Douglas Spotted Eagle, Fizzarum, Murcof, Solar Fields, Anders Trentemøller, The Young Gods, Synnøve Rognlien, Sky76, Fujiya & Miyagi, Y.A.S., Jon Hassell... De plus, mon groupe fétiche Zurichois composé de Boris Blank et Dieter Meier, Yello, fait souvent partie de la playlist de l’émission, proposant à nos oreilles éblouies des morceaux inédits et souvent en avant première.

Vous l’aurez compris, si je dois un jours partir dans une capsule spatiale, ce sera évidemment avec ma collection de disques et enregistrements de la Planète Bleue !

 

Après l'ère cybernétique, voici l'heure cyber-ethnique.

Mondiale et futuriste, c'est La Planète Bleue.

Bienvenue sur la Terre.

 

Amitiés,

 

Arnaud

 

PS: Je me suis largement inspiré du contenu du site officiel de la Planète Bleue, n’aillant pas le talent de narrateur d’Yves Blanc ;)

6 commentaires
1)
Alexandre
, le 04.10.2010 à 00:33
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j’écoute la planète bleue depuis ses débuts… j’y ai découverts des dizaines d’artistes magnifiques, la liste est trop longue pour les énumérer tous. pourtant, l’artiste qui m’a le plus marqué est Jon Hopkins et “A Drifting Down”, decouvert l’an passé seulement.

m a g n i f i q u e . . .

2)
zit
, le 04.10.2010 à 08:23
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Ah bin merci, la prose est lyrique ce matin !

Je ne connaissais pas ce programme, Nova me lassant vite (trop branchée à mon goût), mais je vais aller y jeter une oreille…

Sinon, moi, c’est FIP, toute la journée sans pub, programmation des plus variée et dont j’extrais la quasi totalité de mes découvertes musicales (ils ont d’ailleurs sélectionné la savoureuse Jenny Wilson que nous avait fait découvrir François).

Récemment, j’ai fait l’acquisition, après une seule écoute d’un seul morceau de Tweet Tweet d’Abraham INC., surprenant mélange de clarinette Kletzmer (David Krakauer), de trombone soul (Fred Westley) et de rap électro (Socalled), et ça marche, pourtant, je ne suis pas, loin s’en faut, un bon client pour le rap (bien que quand il y a des vrais musiciens…).

Hier soir, j’ai été subjugué par la voix et le groove de Nina Attal, c’est sûr, le 21, je suis au New Morning pour voir et écouter (et photographier) !

z (une journée sans musique, c’est pas une journée, je répêêêêêêêêêête : merci FIP, ça, c’est du service public !)

3)
JeMaMuse
, le 04.10.2010 à 12:37
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Le Volume 06 est vraiment très bien ! Des découvertes qui valent le détour. Vite, chez le disquaire !

4)
François Cuneo
, le 04.10.2010 à 13:24
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Je ne connaissais pas non plus, à ma grande honte…

Je vais aller écouter tout ça, enfin, une partie, parce que 600 épisodes, et autant d’heures, ça risque de faire un peu long.

5)
ToTheEnd
, le 04.10.2010 à 13:38
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Connais très bien et apprécie souvent la programmation musicale… toutefois, certains discours ou idées frisent le ridicule (on est jamais très loin du complot mondial orchestré par les grandes multinationales).

6)
Blues
, le 04.10.2010 à 14:15
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Cool de présenter l’émission… J’adore “Planète bleu”, la narration Yves Blanc convient plutôt bien, mais bon le texte, bof… perso c’est CETTE musique qui me branche ! car en fait j’aime être hypnotisé ;-)

Je classe en partie cette musique (planante) dans l’ “Ambiant” voir “New Age” aussi bien que certains titres présents sur les “Buddha bar”, les “Cafe Del Mar”. J’étais déjà branché à l’époque sur les artistes expérimentaux et progressistes de la vielle école comme : Laurie Anderson, Eno, Klaus Schulze/Tangerine Dream, Amon Duhl, Gong, King Crimson, Kraftwerk, etc… dont pas mal de courants actuels sont héritiers. Pour moi c’est donc la suite logique. C’est aussi ce type de miouz que j’emploie la plupart du temps comme fonds sonore pour mes montages vidéo (ici Eno).

Ces derniers mois j’ai même branché sur la zique “trance planante” avec vocal féminin comme par ex. ce titre d’Above and Beyond (j’adore le commentaire sur la page : i think god plays this song in heaven for all souls to rest in peace)

ça plane pour moi !

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A préciser / bon à savoir : les podcast RSR_Couleur3 de l’émission sont téléchargeables gratuitement sur iTunes dans leur intégralité attention disponible seulement 30 jours après leur diffusion