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Mercredi 25 août 2010
Fait divers

Je vous ai déjà fait part de mon amour immodéré pour les faits divers. Ils nous font souvent ressentir l'implacable cruauté du monde, autant que le ridicule de la comédie humaine.

Ces temps-ci, je suis tombé sur quelques articulets surréalistes, remarquables par les faits, autant parfois que par l'écriture.


Je cite le plus notoirement exceptionnel :

« Ce drame s’est déroulé il y a une dizaine de jours. Un Américain de 51 ans vivant à Cheektowaga à côté de Buffalo dans l’Etat de New York a été arrêté par la police pour n’avoir pas respecté un stop. Pendant le contrôle d’identité, les policiers firent une macabre découverte.

Après avoir entendu des bruits en provenance du coffre du véhicule, les forces de l’ordre découvrirent un chat enfermé dans une cage, baignant dans une mixture composée d’huile, de sel et de poivre.

Le propriétaire du véhicule avait prévu de servir son animal pour le dîner afin de le punir pour son comportement.
Malgré son état, le chat nommé Navarro a pu être sauvé par la SPA locale avant d’être adopté quelques jours plus tard. "Nous avions entendu des histoires bizarres, mais rien d’une telle ampleur" confiait l’un des responsables de la SPA.
Le quinquagénaire a quant à lui fini entre les bonnes mains de la police. Une plainte a été déposée contre lui pour cruauté envers les animaux. »

Soyons magnanimes. Passons sur l'emphase amphigourique et superfétatoire du style comme instrument de dramatisation. Passons donc sur le « drame », la « macabre découverte », l'accent sur le nom du chat, « Navarro », qui m'a fait croire un instant que les Américains, adeptes du gigantisme à tout crin, commercialisaient des Tupperwares assez grands pour y flanquer Roger Hanin, les « bonnes mains de la police » utilisées à contre-sens.

Passons sur le lieu commun distribué à la pelle, comme facilitation de la comprenette auprès des publics déficients, et aussi d'évolution de carrière auprès d'un rédacteur en chef peu soucieux de l'élévation culturelle de son lectorat, que j'espère clairsemé, mais dont je fais, honte crapuleuse que je suis, ponctuellement partie.

Passons sur l'erreur fondamentale du bonhomme, qui ferait du supplice un instrument éducatif, et donc du pal un point d'accroche à la vie.

Passons, passons, soyons indulgent, on n'est pas toujours au top, et même, comme disait Higelin : « Il y a des années où on ferait mieux de ne rien faire », passons sur la drôle d'idée du type, passons...

Mais quand même, même si je veux bien être indulgent, même si je veux bien passer sur un certain nombre de points litigieux, je voudrais souligner deux choses qui me paraissent d'une extrême importance, et qui sont absolument inexcusables dans un monde civilisé, et là je pousse un coup de gueule :

La Marinade... Toujours sur de la viande morte, nom d'un chien d'inculte de la papille, sinon, ça ne prend pas ! Et d'abord qu'est ce que c'est que cette marinade ! Une vinaigrette?!...

Et puis alors vraiment, mais alors vraiment hein!... Quand on aime vraiment les chats, c'est en gibelotte qu'on les mange !

Ah, mais non, mais!...

Heureusement...

... que des gens éduqués font leur possible pour maintenir nos us et coutumes, et notre culture profonde, notamment en faisant perdurer l'usage du garde-manger !

 

 

Avec cet exemple, nous pouvons respirer : la civilisation finit toujours par l'emporter!

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