Je vous ai déjà fait part de mon amour immodéré pour les
faits divers. Ils nous font souvent ressentir l'implacable
cruauté du monde, autant que le ridicule de la comédie
humaine.
Ces temps-ci, je suis tombé sur quelques articulets
surréalistes, remarquables par les faits, autant parfois que
par l'écriture.
Je cite le plus notoirement exceptionnel :
« Ce drame s’est déroulé il y a une dizaine de
jours. Un Américain de 51 ans vivant à Cheektowaga à côté de
Buffalo dans l’Etat de New York a été arrêté par la police
pour n’avoir pas respecté un stop. Pendant le contrôle
d’identité, les policiers firent une macabre
découverte.
Après avoir entendu des bruits en provenance du coffre du
véhicule, les forces de l’ordre découvrirent un chat enfermé
dans une cage, baignant dans une mixture composée d’huile, de
sel et de poivre.
Le propriétaire du véhicule avait prévu de servir son
animal pour le dîner afin de le punir pour son
comportement.
Malgré son état, le chat nommé Navarro a pu être sauvé
par la SPA locale avant d’être adopté quelques jours plus
tard. "Nous avions entendu des histoires bizarres, mais rien
d’une telle ampleur" confiait l’un des responsables de la
SPA.
Le quinquagénaire a quant à lui fini entre les bonnes
mains de la police. Une plainte a été déposée contre lui pour
cruauté envers les animaux. »
Soyons magnanimes. Passons sur l'emphase amphigourique et
superfétatoire du style comme instrument de dramatisation.
Passons donc sur le « drame », la « macabre
découverte », l'accent sur le nom du chat,
« Navarro », qui m'a fait croire un instant que les
Américains, adeptes du gigantisme à tout crin,
commercialisaient des Tupperwares assez grands pour y
flanquer Roger Hanin, les « bonnes mains de la
police » utilisées à contre-sens.
Passons sur le lieu commun distribué à la pelle, comme
facilitation de la comprenette auprès des publics déficients,
et aussi d'évolution de carrière auprès d'un rédacteur en
chef peu soucieux de l'élévation culturelle de son lectorat,
que j'espère clairsemé, mais dont je fais, honte crapuleuse
que je suis, ponctuellement partie.
Passons sur l'erreur fondamentale du bonhomme, qui ferait du
supplice un instrument éducatif, et donc du pal un point
d'accroche à la vie.
Passons, passons, soyons indulgent, on n'est pas toujours au
top, et même, comme disait Higelin : « Il y a des
années où on ferait mieux de ne rien faire », passons
sur la drôle d'idée du type, passons...
Mais quand même, même si je veux bien être indulgent, même si
je veux bien passer sur un certain nombre de points
litigieux, je voudrais souligner deux choses qui me
paraissent d'une extrême importance, et qui sont absolument
inexcusables dans un monde civilisé, et là je pousse un coup
de gueule :
La Marinade... Toujours sur de la viande morte, nom d'un
chien d'inculte de la papille, sinon, ça ne prend pas ! Et
d'abord qu'est ce que c'est que cette marinade ! Une
vinaigrette?!...
Et puis alors vraiment, mais alors vraiment hein!... Quand on aime vraiment les chats, c'est en gibelotte qu'on les mange !
Ah, mais non, mais!...
Heureusement...
... que des gens éduqués font leur possible pour maintenir nos us et coutumes, et notre culture profonde, notamment en faisant perdurer l'usage du garde-manger !
Avec cet exemple, nous pouvons respirer : la civilisation finit toujours par l'emporter!


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, je lui aurais montré ce que c’est quand un être
joue avec un autre uniquement pour le plaisir ou pour
assouvir une névrose quelconque.