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Lundi 1 février 2010
Êtes-vous un objecteur de croissance?

Un peu d’histoire

 

Dans les années 70, il y avait les adeptes de « la croissance zéro ». Ce mouvement anti consommation était lié aux hippies et aux écologistes d’alors. Les adhérents (dont je partageais les idées) ont bientôt découvert que l’homme n’est pas fait pour stagner et que la « croissance zéro » n’était pas une bonne réponse.

Aujourd’hui, les choses ont bien évolué. À l’époque, tout cela faisait partie d’une grande vague utopiste mélangeant vraiment beaucoup de choses, mais avec ses côtés assez sympa. Notez que je ne suis pas un grand nostalgique de la période où le « must » était d’aller élever des moutons dans le Larzac (Ne riez pas, on me l’a proposé à l’époque)!

 

À l’heure actuelle

Il faut séparer le « tendance écolo » (pas forcément « antiproductiviste ») et le « tendance décroissant ». Le but de ce dernier est de clairement dépenser moins, quitte à récupérer un vieux frigo (s’il en veut un) qui risque de consommer... comme un vieux frigo! L’écolo ne veut pas absolument consommer moins, mais il veut consommer mieux. Son frigo sera AAA+, il y aura une minuterie pour couper le WiFi la nuit et l’éventuelle voiture sera au moins un modèle hybride. Dans les deux cas, le recrutement se fait surtout parmi des personnes n’ayant jamais manqué de rien, avec un niveau social assez élevé la plupart du temps (les autres candidats ne sont pas plus bêtes, mais ils ont assez à faire à boucler leur fin de mois avant de penser à devenir « écolo » ou « décroissant »). J’ai pu constater que, parfois, les deux tendances se tirent un peu dans les pattes. Le décroissant pur et dur refuse le téléphone portable alors que le new écolo à parfois le dernier modèle d’iPhone dans sa poche.

 

Comment se situer dans tout ce bazar?

À titre personnel, si je ne pense pas que remplacer la chasse d’eau par un seau de sciure ou virer mon frigo apportera grand-chose à ma qualité de vie, les réflexions que suscitent les « antiproductivistes » m’interpellent tout de même passablement.

Mais voilà, ce qui est difficile, c’est de faire le tri dans toutes ses nouvelles idées et propositions de solutions. Prenons l’exemple des lampes à basse énergie, bientôt obligatoires sur le territoire suisse. Le passage au « tout basse énergie » est actuellement, à mon avis, une totale absurdité. L’exemple déjà cité sur Cuk de la lampe « éco » au petit coin en est un criant exemple: Vous allumez la lumière, mais comme l’ampoule met du temps à régir, vous ne voyez rien et quand la lampe commence à éclairer, vous êtes déjà dehors. Pour cela, vous avez utilisé une ampoule chère à produire et à détruire, là où une bête ampoule classique aurait très bien fait son travail, dépensant en fait peu d’énergie et étant d’un coût très bas en production et en destruction (en plus et à cause de cela, vous avez peut-être fait « à côté »)!

 

Le bilan « bonheur »

Moi, bipède profondément égoïste comme tous mes semblables, ce qui m’intéresse, c’est mon bilan « bonheur »! Je conçois parfaitement que quelqu’un qui ne couvre même pas ses besoins vitaux ne rêve que d’une chose: avoir plus! Mais faisant partie des gens qui ont toujours mangé à leur faim, j’ai de plus en plus de doutes sur le bonheur que peut apporter le « superflu ». J’ai toujours été interpellé par cette idée zen, qui dit que les objets ne sont que des béquilles et que l’homme libre est celui qui, justement, vit sans béquilles!

Il y a également un fait troublant: aux États-Unis, pays de haute consommation par excellence, on ne vit pas plus vieux qu’ailleurs (j’ai lu un jour que pour un noir, l’espérance de vie était meilleure au Burkina Faso qu’à Harlem ), la criminalité n’y est pas plus basse qu’ailleurs: d’après Wikipédia, en juin 2008, environ 2,3 millions de personnes étaient enfermées dans une prison des États-Unis, soit environ 0,7 % de la population. À voir le nombre d’avocats (3 pour 1000 habitants en 2000, toujours d’après Wikipédia) et des psychothérapeutes (un américain sur dix « consulte » d’après certaines sources) dans ce pays, on peut avoir quelques doutes sur le bonheur global de la population!

 

La conclusion

Non, je ne virerai pas mon frigo, mais suis passionné par la question complètement subversive qui se présente à nous aujourd’hui (musique SVP): 

ET SI LE BONHEUR NE DÉPENDAIT PAS FORCEMENT DE NOTRE TAUX DE CONSOMMATION?

Là, chacun doit trouver sa réponse (fin de la musique et début d’une intense réflexion intérieur).

PS: Au fait, il sort quand, le prochain MacBook?

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