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Vendredi 15 janvier 2010
J'ai testé pour vous le livre électronique

 

Aujourd’hui, j’aimerais vous parler de mon expérience avec les livres électroniques. 

Mais je voudrais en premier lieu faire une digression pour évoquer les points fréquemment mis en avant par les détracteurs du livre électronique: vive le papier, plus agréable à manipuler, plus vivant, moins froid. 

Je suis d’accord, et je ne manque d’ailleurs pas une occasion de prendre un livre dans ma bibliothèque et de le feuilleter. L’accès aux différentes sections est bien plus rapide et intuitif qu’avec un livre électronique.

Mais je balaie cependant cet argument de la main car cela me fait penser aux adeptes du disque vinyl qui considèrent le mp3 comme un sous-produit. Certes le son est plus chaud, non compressé, surtout quand on l’écoute sur une super chaîne dans son salon. Mais pour aller faire du jogging ou faire un long voyage, le mp3 reste tout de même plus pratique. On peut emporter plus de musique et on peut donc en consommer plus.

Idem pour le livre. Je voyage beaucoup et je lis vite. Résultat, pour un voyage en avion de 10h, je peux facilement lire 2 livres (de 400 pages en moyenne). Je lis également en voiture, lorsque j’attends un rendez-vous, en attendant un plat au restaurant (quand le service est particulièrement long, et que je déjeune seul), bref partout. 

De mon point de vue, le support ne doit pas prendre le dessus sur le média. De la musique mp3, c’est avant tout de la musique; un livre électronique, c‘est avant tout un livre. Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse.

Seul point négatif du livre numérique: on ne peut plus le prêter à des amis, contrairement à son cousin papier. Un livre c’est fait pour être partagé.

C’est lourd tous ces livres à trimballer. Et autant la version papier d’un très beau livre illustré peut représenter un intérêt, autant le dernier Dan Brown (au hasard) peut tout à fait s’envisager en version électronique uniquement. Avoir 200 livres dans un lecteur tout fin, c’est quand même appréciable. Mes bagages pèsent moins lourd, la consommation de CO2 est un peu plus basse et en plus mon dos apprécie de ne pas porter tous ces livres. Bref du gagnant-gagnant (de mon point de vue).  Une étude américaine (http://news.cnet.com/8301-11128_3-10320334-54.html) montre que l’empreinte carbone du Kindle est excellente par rapport au papier. Par ailleurs, on amortit son Kindle en achetant 23 livres (22.5 pour être précis).

Bon revenons à nos moutons.

Tout a commencé en Janvier dernier, avec l’achat d’un Sony PRS-505, acheté à la FNAC, qui propose une offre de livres électroniques sur son site web. Le lecteur est plutôt design, entièrement en métal. L’interface est sobre.

Le Sony, je l’ai adoré jusqu’en décembre de cette année, lorsque j’ai acheté le Kindle.

Le Kindle, j’ai lorgné dessus à sa sortie mais comme il n’était pas encore disponible en France, je me suis rabattu sur le Sony, un peu en désespoir de cause.

Et comme le Kindle est sorti en version internationale en octobre dernier, j’ai commencé à m’y intéresser.

Les livres

Acheter un lecteur électronique c’est bien. Intéressons nous aux livres. Le Sony supporte différents formats (ePub, BBeB). Il lit aussi les PDF et les documents Word. Pour mon boulot, je lis pas mal de docs techniques et d’appels d’offre. C’est bien pratique de lire 400 pages de specs sur un écran adapté à la lecture. Mais la mise en page est parfois aléatoire, et on ne peut pas visionner les tableaux et diagrammes de manière satisfaisante.

Pour le Sony, j’ai acheté des livres à la FNAC. Le choix est limité (un millier de livres). 

Un bon point à signaler: on a le choix du format (ePub ou PDF). Par exemple le Goncourt 2009 de Marie Ndiaye est vendu 16,50 euro au format ePub et 15,20 en PDF. Il est vendu 18,05 en version papier.

Au passage, petit coup de gueule sur la tarification des livres en France: Amélie Nothomb («d’Eve ou D’Adam») à 16 euro en livre électronique, et 5 euro en livre de poche. 

Chez Amazon.com, l’écart est plus grand (en prenant en compte la TVA, qui est automatiquement ajoutée par Amazon pour les utilisateurs étrangers). Ceci dit, la réglementation sur le prix des livres est différente de la France (les prix sont fixes chez nous). Je pense que c’est pour cela, et parce que les éditeurs français sont frigides sur la question du livre électronique, que le livre numérique n’a pas encore pris son essor en France.

A la FNAC, il y a des DRM qui sont basés sur Adobe Digital Editions. Pendant plusieurs mois, j’ai du passer par mon PC pour faire les transferts de fichiers avec DRM car le logiciel Sony n’était pas disponible pour Mac.

Du coup, j’ai découvert un excellent outil, Calibre (http://calibre-ebook.com/), qui permet de gérer ses bibliothèques et de transférer les fichiers sur le lecteur, en effectuant des conversions.  Une version mac du logiciel Sony est disponible depuis le mois de Septembre. Elle est rudimentaire mais ergonomique.

J’ai également acheté des livres aux Etats-Unis, sur le site www.ebooks.com Le choix est pas mal, en anglais uniquement, paiement sécurisé et transfert des livres simple et rapide.

Pour le Kindle, un seul libraire: Amazon.  Pour l’instant, seuls des livres en anglais sont disponibles (ce qui ne me gène pas), et le format est propriétaire. 390,000 livres et on trouve de tout. On achète soit par le site web ou directement sur le Kindle, avec une interface sobre et efficace. Le clavier permet de rentrer un titre ou un auteur pour faire une recherche. On achète d’un clic. Réception en moins d’une minute via la connexion 3G intégrée. C’est vraiment comme l’iTunes Store sur l’iPhone: simple, rapide, efficace. Et puis on peut lire un ou deux chapitres d'un livre avant de décider de l'acheter (ou pas). Comme si on feuilletait à la FNAC en quelque sorte.

Vivement qu’on puisse acheter des livres français. Cela va changer mes habitudes de consommation, comme pour la musique.

Au sujet de cette connexion, elle est vraiment pratique. Rien à configurer ou à payer (pas d’abonnement mensuel). Dommage qu’on ne puisse pas surfer sur certains blogs ou sur Wikipédia, comme aux Etats-Unis. D’autant qu’avec les hyperliens intégrés dans certains livres, c’est bien tentant de vouloir les suivre. Peut-être pour plus tard?

Un mode Push est disponible, pour la livraison des journaux et magazines. Ainsi, on peut recevoir automatiquement Le Monde ou Les Echos sur son Kindle (si on est abonné).

Le Kindle en est à sa 2e version (d’ou son nom Kindle 2). Il apporte plus d’ouverture aux différents formats de livres (.mobi, .prc, mais seulement s’ils n’ont pas de DRM). 

On peut lui charger des PDF, soit en l’envoyant directement à l’adresse mail du Kindle, pour un coût d’un dollar le Mo, soit gratuitement via le câble USB. Par ailleurs, Amazon propose un service gratuit de conversion de fichier, de différents formats, par mail:

  • Microsoft Word (.DOC et .DOCX)
  • Structured HTML (.HTML, .HTM)
  • RTF (.RTF)
  • JPEG (.JPEG, .JPG)
  • GIF (.GIF)
  • PNG (.PNG)
  • BMP (.BMP)

Un bémol sur les PDF, mais de taille: on ne peut pas zoomer. La gestion de taille des caractères n’est supporté que sur les livres officiels pour Kindle. Alors qu’avec le Sony, on a une fonction zoom qui fonctionne sur tout type de fichiers. Il faut que je voie si des utilitaires.

On ne peut pas rajouter de carte mémoire dans le Kindle alors que le Sony contient 1 slot MemoryStick (format propriétaire de Sony) et un slot SD. Le Kindle contient une capacité mémoire permettant de stocker 1500 livres. On doit donc effacer des livres si on veut en charger d’autres, mais on peut également les recharger à volonté via le site d’Amazon. En même temps, 1500 livres ça permet de voir venir, comme on dit. D’ici que j’ai acheté 1500 livres, on aura surement des modèles avec plus de capacité mémoire disponibles.

Au passage, ce serait une chouette idée que l’iTunes Store propose la même chose qu’Amazon pour recharger la musique et les vidéos qu’on a acheté. Ca doit pas être compliqué, puisqu’ils ont l’historique des ventes dans leur base de données.

Un bon point pour le Kindle, c’est l’existence d’un utilitaire pour PC, iPhone et BlackBerry qui permet d’accéder à sa librairie de livres (sur Amazon.com) pour charger des livres et les lire sur écran. Bon, c’est pas aussi bien que sur un Kindle, à cause de l’écran adapté, mais ça peut rendre service. Et la cerise sur le gâteau, c’est le marque-page automatique qui se synchronise automatiquement (si la connexion 3G du Kindle est activée). C’est bien pensé. Pour des livres contenant des illustrations, c’est également pratique de pouvoir les voir sur un écran couleur.

L’Affichage

Les écrans sont de même taille (6 pouces) et le même type de technologie (encre électronique). La lecture est très agréable, on a vraiment l’impression que c’est une page de papier que l’on regarde et pas un écran informatique. Difficile à transposer en photo, il faut aller en voir un pour vous faire une idée. A noter que le Sony a des changements de page plus lents, avec un effet de flash un peu énervant.  

L’Ergonomie

Parlons de l’’ergonomie. Drôle de remarque, car un livre c’est un livre: une couverture, des pages, une reliure. Mais transposé à l’électronique, c’est une autre histoire.

Le Sony, à cause de son absence de clavier, est moins long que le Kindle. Il tient moins bien en main. Autre souci : les boutons pour avancer ou reculer dans la lecture. Sur le Sony, ils se trouvent en bas de l’appareil et également sur le côté droit. Sur le Kindle, ils se trouvent idéalement à l’endroit ou l’on pose ses pouces quand on tient l’appareil. A gauche, pour reculer d’une page et à droite pour avancer. Et par ailleurs, pour les gens qui lisent en tenant le livre d’une seule main, le bouton avancer est également présent sur le côté gauche. Bon dieu, que c’est pratique.

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Côté interface, le Kindle est moins visuel que le Sony, mais il dispose de deux armes fatales: un clavier et un joystick. Celui-ci permet de naviguer facilement dans les menus et dans les livres (on avance d’un chapitre en cliquant dessus).  Le clavier facilite les recherches (dans un livre ou sur la librairie en ligne) et la prise de notes.

On peut accèder de deux clics à la table des matières pour naviguer à la manière des hyperliens dans les différentes sections. C’est efficace.

Au chapitre des petites choses bien sympathique, il y a un dictionnaire (en anglais évidemment) intégré, qui fait apparaître la définition d’un mot qu’on sélectionné. Pas bête et parfois utile.

En terme de design, je trouve les deux très beaux. Le mélange de plastique et de métal du Kindle me plait bien, j’ai l’impression que le designer est un fan de Jonathan Ive. Il a un côté iPod plutôt agréable.

L’autonomie

L’encre électronique nécessite de l’énergie pour organiser l’affichage d’une page, pour sa lecture. Une fois les «gouttes» placées dans la bonne séquence, plus besoin de la batterie. Ainsi, le Kindle a un mode veille qui affiche des photos et des images d’auteurs de littérature.

Dans le cas du Sony, je confirme la grande autonomie, de plusieurs milliers de pages. Pour le Kindle, je peux pas encore me prononcer mais il semble qu’il ait de la réserve. Surtout si on débranche la connexion 3G.

 

Conclusion

Les avantages du Sony

 

  • Ouverture aux différents formats de livres
  • L'offre "officielle" de la FNAC (avec facilité de transfert des livres achetés vers le lecteur)
  • Le zoom à volonté
  • Capacité mémoire illimité

 

Les défauts du Sony

 

  • Pas de connexion internet
  • Ergonomie à revoir
  • Pas de recherche texte
  • Achat de livres un peu complexe
  • Pas de clavier
  • Lenteur du changement de page
  • Navigation un peu difficile

 

Les avantages du Kindle

 

  • Simplicité d’achat de livres
  • Connexion internet intégrée
  • Excellente ergonomie et navigation
  • Recherche texte
  • Le clavier
  • La «souris»
  • Kindle pour PC/iPhone (bientôt pour Mac)
  • Mode Push
  • Possibilité de prendre des notes pendant la lecture (et de les synchroniser)

 

Les défauts du Kindle

  • Format propriétaire
  • Pas de zoom sur des fichiers tierces
  • Capacité mémoire limitée
  • Pas de surf sur le web (contrairement à la version US)
  • Pas (ou peu) de contenu en français

 

 

 

 

Pour résumer, le Kindle c’est un peu comme l’iPod et iTunes Store: un bon produit  parfaitement intégré avec un site de commerce. Le Sony, par comparaison, est «juste» un lecteur de livres électroniques. Mais il est plus ouvert aux différents formats, ce qui reste un plus non négligeable. Entre un lecteur fermé mais hyper ergonomique et un lecteur un peu moins pratique mais très ouvert, à vous de choisir.

Mise à jour du 15 janvier: Amazon met en vente le 19 janvier le Kindle DX à l'international (c'est la version avec écran 9,7 pouces). Presque 500 dollars....

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