Mendeley Desktop. Retenez bien ce nom, il pourrait rapidement
vous devenir familier.
Pour l’instant en version beta (la sortie de la première
version est prévue pour fin 2009/début 2010), Mendeley se
veut être l’équivalent de ce qu’est «Last.fm» à la musique.
Mais ne connaissant pas Last.fm -j’ai l’air bien malin!-, je
ne vous en dirai pas plus.
L’équipe qui développe Mendeley Desktop a établi les correspondances suivantes:
artistes > chercheurs
chansons > publications
albums > collections de publications
genres musicaux > disciplines de recherche
Et en fonctions de ces correspondances, ils ont commencé à programmer. Après le téléchargement et l'installation du logiciel, le résultat visuel donne ceci:
La première apparence est plutôt positive, l’interface est
assez habituelle pour ce type de logiciels, avec, à gauche,
la boîte de navigation, à droite, l’abstract, les tags et
-nous en reparlerons- , la possibilité de prendre des
notes.
C’est maintenant classique si vous m’avez lu précédemment, je
prends quelques publications (format pdf) et les importe dans
Mendeley Desktop.
Puisque j’ai fait la remarque pour ses concurrents, je ne me
prive pas ici non plus: le pdf ne peut être importé par un
glissé déposé sur l’icône du logiciel. Il n’y a vraiment que
les concepteurs de Papers pour avoir pensé à cette
fonctionnalité pourtant si courante sur la plateforme Apple.
Serait-ce si difficile à programmer?...
Aucun problème pour l’importation (File > Add Files) et la
reconnaissance automatique, ce logiciel remplit sa tâche en
une fraction de seconde. Dans une expérience ultérieure, j'ai
même pu importer 175 pdfs, qui ont été reconnus en 3 minutes
seulement. Chapeau!
Un bémol, l’abstract, qui pourrait apparaître sur la fenêtre
de droite, n’a pas été importé.
Mais c’est ici que Mendeley me plaît beaucoup: un rapide coup
d’oeil sur leur page de support nous indique clairement que
si la fonctionnalité n’est pas présente, elle a déjà été
demandée par 133 personnes, et en tant qu’utilisateur
enregistré, j’ai la possibilité de voter pour incrémenter
d’une, deux ou trois unités en fonction de l’importance que
j’accorde à la fonctionnalité en question. Vraiment chic!
Mes données utilisateur à entrer (il faut créer un compte «UserVoice», indépendant de Mendeley), et le vote est incrémenté. La preuve:
Tiens, je ne me prive pas, je mets également trois votes pour
la fonction «glisser-déposer» dont j’ai parlé plus tôt. Et
là, je passe de 2 à 5 voix. Comme quoi, il ne faut pas
oublier la part de subjectivité dans ce genre d’analyse: en
fonction de l’utilisation du logiciel, on peut apprécier ou
non telle ou telle fonctionnalité!
Voyons maintenant les diverses fonctionnalités de Mendeley
Desktop: sur le coin supérieur gauche, on peut créer
facilement des collections, l’intuitivité est à nouveau au
rendez-vous:
En se déplaçant un peu à droite, on visualise les pdfs. A gauche, une étoile pour mettre en évidence les «favoris», le bouton vert signifie que le pdf n’a pas (encore) été ouvert.
Passons maintenant du côté droit: au-dessus, vous avez le
choix entre 3 menus
«Tags and notes» qui contient respectivement l’espace pour
écrire ou coller l’abstract et dont je vous ai déjà parlé et
les balises («tags») pour attribuer à chaque élément des
mots-clés qui permettent de les trier aisément. Le petit
éditeur de texte est non seulement un peu primitif, mais ne
paut être non plus redimensionné.
«Document Details» que je n’ai pas besoin de présenter davantage.
«References», qui ne semble pas réellement fonctionnelle pour
l’instant. Je passe.
Venons-en maintenant à la fonction de copie formatée. Je
rappelle que celle-ci permet de copier les données
bibliographiques dans un ordre et dans un format établis par
la revue dans laquelle vous avez choisi de publier.
Voici, à titre d'exemple, une même référence formatée de deux
manières différentes:
Molander, G. A., & Oliveira, R. A. (2008).
Wittig reaction of formyl-substituted organotrifluoroborates
and stabilized phosphonium ylides in an aqueous medium.
Tetrahedron Letters, 49(7), 1266-1268.
Molander, G. A.; Oliveira, R. A. Tetrahedron Letters
2008, 49, 1266-1268.
On peut installer un plug-in pour une communication directe
avec Open Office, mais rien d’autre, ni pour Pages, Nisus ou
Word. En soi, ce n’est pas très grave, ça montre simplement
que Mendeley doit encore mûrir!
Pour la copie formatée, il suffit en effet avec le clic droit
de choisir le menu «Copy Citation», le format voulu est
sélectionné. Là non plus, le formatage n’est pas encore
parfait...
Mais un des atouts importants de Mendeley Desktop est sans
aucun doute sa capacité à stocker les informations en
ligne.
Une petite digression pour vous parler du concept de «Cloud
Computing». En anglais, «cloud» signifie «nuage» et vous
aurez peut-être remarqué ce symbole sur le logo d’un produit
Apple, Mobile Me.
Vous avez déjà remarqué, le nuage? On fait certaines choses
localement (en fait, de moins en moins) et on stocke de plus
en plus en ligne. Si vous utilisez Pages 09 par exemple, vous
pouvez stocker votre travail sur «iWork.com». Sans parler
entre autres de "Google Documents" qui vous permet d'éditer
en ligne un document, une feuille de calcul ou autre
présentation.
En fait, c’est exactement ce que je fais avec Mendeley
Desktop: tout peut être mis en ligne, à la seule condition de
m’inscrire et d’insérer mes données utilisateur dans les
préférences:
Une fois revenu dans le menu, je crée par exemple une collection partagée («Shared Collection») dans laquelle je glisse une ou plusieurs publications. Le bouton «Sync» me permet d’effectuer la synchronisation en ligne:
Pour vérifier que la synchronisation s’est bien déroulée, il me suffit de me connecter sur le site «mendeley.com» et je peux constater que mes collections sont maintenant visibles en ligne:
Retournons maintenant au logiciel lui-même: en fait, deux
solutions sont proposées par «Mendeley Desktop»:
1) Les collections «ordinaires» (par opposition aux
collections «partagées»): si elles sont synchronisées en
ligne, je peux les laisser visibles soit pour moi uniquement,
soit pour toute la communauté des
affiliés «Mendeley».
Il suffit pour cela d’activer «Edit Settings» pour la
collection considérée:
Ensuite, je sélectionne les options souhaitées:
La cerise sur le gâteau, c’est que ce je rends public peut
même suivi par fil rss!
2) Les collections «partagées»: dans ce cas, je peux soit ne
partager qu’avec moi-même (c’est dommage, hein, pour un
partage!), soit partager avec des personnes définies par moi
et inscrites la communauté «Mendeley». Ca pourrait être le
cas de quelques collègues qui partagent des publications sur
un projet.
Personnellement, je trouve cette distinction entre collections «normales» et «partagées» un peu artificielle: il suffirait de n’en avoir qu'une sorte, mais de proposer 4 options:
- Synchroniser ou non
- Visible pour moi uniquement
- Visible pour un groupe de personnes sélectionnées
- Visible pour tous
Espérons que Mendeley simplifie cet aspect dans une prochaine
version.
Enfin, pour le prix, j’aime la transparence de Mendeley: le
tout est pour l’instant gratuit, ne vous privez donc pas de
le tester. Dans un avenir plus ou moins proche, il devrait
devenir payant, le temps d’en peaufiner toutes les
fonctionnalités. L’attrait de ce produit très prometteur
pourrait donc être fonction de ce facteur prix
également.
En résumé, on peut dire que ce nouveau logiciel remplit
-parfois encore imparfaitement- les fonctions de base d’un
logiciel bibliographique.
Son point fort, outre la compatibilité Mac et PC, c’est son
aspect collaboratif qui pourrait lui permettre de se hisser
rapidement dans la cour des grands. Espérons pour ses
développeurs que la communauté des utilisateurs atteindra
rapidement une masse critique qui lui permette de continuer
sa progression.
Fidèle à mon habitude, je vous présente une vue d’ensemble
des logiciels déjà passés en revue, et ceci, en fonction des
mises à jours proposées récemment par leurs développeurs.
| Les points forts | Les points faibles |
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