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Cachez ce sein que je ne saurais voir…
Je suis née en mille neuf cent septante : le temps que j'apprenne à marcher, que je sorte des couches et que je sois en mesure de découvrir le monde par moi-même, ce qui avait été une révolution était devenu une sorte d'acquis. En d'autres termes, je n'ai pas connu l'avant, je n'ai vécu que l'après mai 68.

Et cet après mai 68, je l'ai regardé avec les yeux d'une femme, forcément. D'abord avec ceux d'une adolescente, qui a trouvé normal de n'avoir jamais été allaitée par sa mère : le biberon, c'était un immense progrès, une façon de ne plus être liée en permanence à son enfant, une solution pour ne plus être seulement un "garde-manger" mais aussi une femme.

Devenue adulte, enceinte de mon premier enfant, j'ai ensuite songé à reproduire ce schéma, auquel j'ai finalement renoncé, la vertu principale que je reconnaissais à l'allaitement à ce stade-là de ma vie étant la simplicité, au contraire du lait en poudre, respectivement ses trente deux marques et les moult modèles de biberons, qui avaient tous des caractéristiques incompréhensibles pour moi, allant du "anatomiquement adapté" au "anti-reflux", en passant par le "répondant au besoin de succion du nouveau-né". Que l'allaitement soit du "miam gratuit toujours prêt" n'était pas pour me déplaire non plus.

Bref, de tétée en tétée, au fil des jours et des semaines, j'ai réalisé peu à peu, en écoutant mon entourage, en lisant quelques livres et en surfant sur internet, que l'allaitement est un sujet extrêmement émotionnel.

Parce que la femme aurait voulu allaiter et qu'elle a "foiré" son allaitement, crevasses, engorgement ou, pire encore, mastite ayant eu raison de sa motivation : n'obtenant d'aide efficace ni du pédiatre ni du gynécologue, elle s'est résignée à enrichir Nestlé. Depuis que je sais que la formation complète d'un pédiatre comprend uniquement quelques petites heures en matière d'allaitement, je m'étonne beaucoup moins qu'ils soient incompétents.

Parce qu'elle a allaité et qu'elle a été jugée par sa famille, critiquée par son mari : "tu ne crois pas qu'il serait temps de lui donner des trucs un peu plus sérieux à manger, à ce gamin ? tu vas en faire un obsédé si tu continues encore longtemps"...

Parce qu'elle a allaité sous la pression, à contre-coeur, n'osant passer outre les considérations schématiques de l'entourage "tu sais, allaiter, c'est ce qu'il y a de mieux pour l'enfant et tu veux forcément ce qu'il y a de mieux pour ton bébé, non ?"

Du côté des hommes, il y a ceux qui ont mal vécu l'allaitement parce qu'ils se sont sentis exclus de cette relation qui s'instaure entre la mère et l'enfant; il y a ceux qui auraient voulu que leur compagne allaite mais qui n'ont pas osé remettre en question son refus, estimant qu'elle seule pouvait disposer de son corps. Il y a ceux qui étaient indifférents et qui ont découvert l'allaitement avec étonnement, avec un certain émerveillement même.

Une chose est certaine : l'allaitement suscite toujours une émotion, qu'elle soit positive ou négative, très rares sont ceux qui restent réellement indifférents.

Le billet du jour n'a pas pour but de dénigrer le choix de celles qui optent pour le biberon : même si je suis devenue, personnellement, une fervente convaincue de l'allaitement, je continue de penser que la liberté est primordiale. Mon but est simplement d'écarter quelques mythes qui circulent si souvent encore autour de l'allaitement, faussant parfois un choix qui devrait être éclairé.

Parmi ces idées reçues, certaines sont de grands classiques. Tenez, la première au hit-parade, c'est le "t'es sûre que ton lait est assez nourrissant ?", avec la variante "tu crois vraiment que tu as assez de lait ?" si Poupon a le toupet de ne pas être aussi grassouillet que son voisin, nourri au biberon.

Evidemment que le lait est en lui-même assez nourrissant : il l'est dans le cas d'une femme africaine, souvent dénutrie, carencée en fer en particulier, pourquoi ne le serait-il pas chez une femme européenne, suivie, contrôlée, supplémentée en tout ce que l'industrie pharmaceutique parvient à faire entrer dans un comprimé ?

En revanche, la seule culture qui tente de minuter les tétées et d'en contrôler le nombre quotidien, c'est l'européenne : en Asie, en Afrique, les enfants accèdent quand bon leur semble au sein, tétant souvent même pendant que leur mère travaille dans les champs, confortablement lovés contre son corps. Chez nous, comparant ce qui ne peut pas l'être, certains toubibs aimeraient que l'enfant allaité calque son rythme sur celui de l'enfant nourri au biberon.

Grave erreur ! En effet, les seins suivent parfaitement les lois du marché : lorsque la demande est importante, le corps produit beaucoup de lait; lorsque la demande est rare, il en produit de moins en moins. Si un nourrisson nourri au lait en poudre réclamera environ six biberons par vingt-quatre heures, il est parfaitement normal qu'un enfant allaité soit mis au sein huit à douze fois par jour.

La remarque qui m'agace prodigieusement ? "Allaiter, ça fatigue". Faux : s'occuper d'un enfant en bas âge fatigue, nuance. Parce qu'il ne faut pas me faire croire que
a) sortir acheter du lait en poudre, veiller à toujours en avoir en stock, y compris pour les jours fériés et les dimanches, parfois acheter l'eau en bouteille si l'eau du robinet n'est pas propre à la consommation, préparer l'eau à la bonne température, donner le biberon, nettoyer le biberon, ranger le biberon est moins pénible que "lever son pull, permettre à l'enfant d'attraper le mamelon et l'aréole, attendre, baisser son pull",
b) les pères qui rêvent de se lever nuit après nuit pour procéder aux opérations susmentionnées sont nombreux,
c) une femme peut réellement continuer de dormir profondément tandis que son mari, parfait, effectue tous les gestes nécessaires à la préparation dudit biberon et que Bébé hurle à fond dans la pièce voisine.

Ce qui fatigue clairement, c'est d'être tout à coup responsable d'un petit être qu'on ne comprend pas forcément, qui a un "langage" bien à lui mais dont le mode d'emploi n'a pas été livré en même temps que le placenta, d'avoir des hormones qui jouent au yoyo et la nécessité de reprendre son activité professionnelle peu après la naissance.

Je suis énervée lorsque j'entends "l'allaitement, ça fait mal". De nouveau, faux. Tout comme l'est la remarque "au début, tu vas souffrir, c'est normal, il faut que les seins se fassent". Ce qui fait mal, c'est un enfant qui prend mal le sein, un enfant qui est mal positionné et qui, de ce fait, peut très sérieusement blesser le téton.

Un regard réellement qualifié permet de trouver, généralement rapidement, la cause de la douleur, laquelle disparaît très vite. Contrairement à ce qu'on pense, tous les enfants ne savent pas téter "juste" dès la naissance, certains parce qu'ils sont subis différentes "manipulations", parfois indispensables en raison de leur état de santé à la naissance, parfois découlant uniquement de protocoles rigides et appliqués à la lettre. L'usage de la tétine peut également fausser le réflexe de l'enfant lorsqu'il tète mais ça, nombreuses sont les sages-femmes qui semblent encore l'ignorer...

M'attristent celles qui ne veulent pas allaiter "comme ça, le père pourra aussi participer" : comme si la vie d'un nourrisson se limitait aux repas... Comme si cet enfant n'avait pas aussi besoin d'être câliné, porté, changé, baigné, promené... Le fait qu'une femme s'occupe seule, durant un temps limité, de l'alimentation ne signifie pas pour autant que le père soit privé de toute autre forme de contact avec son enfant.

"Les bébés biberons passent leurs nuits plus vite que les enfants allaités" : si tel était réellement le cas, aucune mère donnant le biberon ne serait épuisée, aucune n'aurait de cernes et toutes profiteraient très vite de nuits reposantes et calmes... Si tel était vraiment le cas, c'est pas compliqué : ça se saurait. Le fait qu'un enfant dorme, "passe ses nuits" dépend d'une multitude de facteurs, dont son âge et sa maturité mais pas de son alimentation. Il est des enfants allaités qui dorment bien, il en est qui font la java la nuit; il est des des bébés biberon qui dorment sur leurs deux oreilles, il en est qui pleurent la moitié de la nuit...

Figure également dans le hit-parade des mythes le "avec le biberon, au moins, tu peux contrôler ce que ton enfant mange : quand il est au sein, tu ne sais pas". Si, tu sais mais pas exactement au même moment : l'enfant biberon, on voit tout de suite s'il a pris 120 ml ou 230 ml. Avec un enfant allaité, il faut faire des déductions : s'il a l'air heureux et repu après la tétée, s'il va régulièrement à selles et mouille bien ses couches, il a forcément assez mangé, peu importe à combien s'élève cet "assez". Finalement, s'il prend du poids, il ne sera définitivement plus nécessaire de s'inquiéter sur le "combien" : on ne peut pas prendre de poids si on n'a pas un "excès" de calories par rapport à ses dépenses.

Finalement, certaines figures ont causé beaucoup de tort à l'allaitement, par des remarques stupéfiantes : ainsi, M. Rufo aurait affirmé qu'un allaitement allant au-delà de sept mois constituerait un abus. S'il s'est rétracté depuis lors, je constate que nombreux sont ceux et celles pour qui, nonobstant les recommandations de l'OMS, estiment que l'allaitement, "faut pas que ça dure trop".

Ce qui m'étonne, c'est cette difficulté à considérer qu'un sein puisse être à la fois sexuel et nourricier, comme si l'un excluait l'autre, comme si l'un était incompatible avec l'autre. Pourtant, nombreux sont les "organes" qui sont multi-fonctions : mon postérieur, il peut être à la fois posé sur la lunette des toilettes, tout comme il peut être dévoilé dans un string à dentelles... Mais là, personne n'y trouve à redire !

Plaisanterie mise à part, je l'admets : il y a des allaitements qui "durent trop" et je crois que je serais mal à l'aise devant un enfant de cinq ans qui tète encore. Tout comme je suis toujours un petit peu triste lorsqu'une femme décide de ne pas allaiter du tout. Mais entre le "trop court" et le "trop long", je ne parviens pas à fixer de limite. Probablement qu'il ne m'appartient pas de le faire : chaque couple a son histoire particulière avec son enfant, qu'il soit nourri au sein ou au biberon.

Et vous, quelle a été votre histoire dans ce domaine ?

34 commentaires
1)
fxc
, le 19.10.2009 à 00:23
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Et vous, quelle a été votre histoire dans ce domaine ?

je sais plus j’étais trop petit.

2)
dpesch
, le 19.10.2009 à 01:16
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Ma maman m’a nourri au sein. La mère de mes enfants les a nourries (3 filles !) au sein.

Tout le monde se porte bien !

Un lait tout prêt, à bonne température et contenant tout ce qu’il faut pour bien nourrir un bébé, que demander de plus ?

Sauf impossibilité notoire ou danger pour la maman ou l’enfant, vive le lait maternel !

3)
Philob
, le 19.10.2009 à 07:19
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Lait maternel pour moi et aussi pour mes enfants. Mais, pour permettre à ma femme de dormir, très tôt j’ai donné un biberon de thé (pas de lait) au milieu de la nuit et nos 3 enfants se portent très bien.

2 anecdotes : Mon fils a eu quelques problèmes à la naissance (empoisonnement) ce qui fait qu’il a été hospitalisé à Lausanne (alors que nous habitions la Broye), pendant tous le temps qu’il était hospitalisé, sa mère tirait son lait et j’allais chaque jour le lui amener.

Pour se lever au milieu de la nuit et donner le biberon de thé pour moi et le sein pour la mère, nous décidions avant de nous endormir qui allait être de “corvée”, seul la personne désignée entendait le bébé pleurer et se levait; ce n’était pas la maman qui entendait et réveillait le papa, vraiment celui qui était désigné avait comme un état de veille qui réagissait aux pleurs de bébé. C’était très intéressant et aussi cela permettait une meilleure gestion de la fatigue.

4)
Madame Poppins
, le 19.10.2009 à 07:50
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Dire autre chose que “l’allaitement, c’est excellent”, franchement, je pense qu’on ne trouvera plus personne pour affirmer le contraire, ça serait politiquement pas correct du tout.

Mais là où ça devient “intéressant”, c’est de voir comment l’entourage réagit lorsque cet allaitement dure deux ans et plus, lorsque la maman allaite deux enfants en même temps, l’aîné et le petit suivant, lorsqu’elle allaite dans le bus ou dans la file à la poste, sur la terrasse d’un café… Là, quelles ont été vos expériences ?

Philob, j’admire cette capacité à avoir une ouïe sélective, selon le tournus convenu : j’aimerais tellement aimé ne pas me réveiller et continuer à dormir…. Ces “quarts” ont dû grandement favoriser la récupération de la maman, c’est super ! Et bravo pour son courage de tirer du lait pour votre fils, il faut une sacrée force de caractère pour faire cela !

5)
Inconnu
, le 19.10.2009 à 07:57
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Ma femme a allaité nos 2 enfants. Pour le 2e, ca vient d’ailleurs de se terminer. Il faut donc dire que la période d’allaitement est calquée sur la durée du congé maternité.

6)
ysengrain
, le 19.10.2009 à 08:14
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Je perçois INIMAGINABLE que la question puisse encore se poser. C’est dire si le marketing post 68 a dû pénétrer les esprits. Je raisonne au ras des pâquerettes: si la nature a fait des humains des mammifères, il doit y avoir une raison.

Quant aux “t’es sûre qu’il a eu assez ton bébé” ou “ton lait est il bon”, je répondrais dans la même veine que les dessous de nylon, ça gratte !!

Je sais avoir été allaité longtemps, mais au sortir de la guerre, en 46, il y avait peu de lait artificiel. Ma soeur de 10 ans ma cadette, a eu un allaitement mixte. J’ai vu ma fille allaité ses 2 enfants.

Il faut aussi tenir compte de la pression sociale: en France, les femmes enceintes s’arrêtent de travailler 2 mois avant le terme et reprennent 6 à 8 semaines après l’accouchement. Au travail, il est malaisé de donner le sein => lait en poudre.

Mais tant qu’on demandera sous nos contrées aux femmes de faire des enfants et de ne pas s’en occuper plus de 2 mois afin de retourner “produire”

7)
Dodgedav
, le 19.10.2009 à 08:46
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Bonjour,

Allaiter c’est:

– Plus hygiénique

– C’est toujours à la bonne température

– Toujours disponible quand il y en a besoin

– Je suppose aussi que l’enfant préfere le contact de la peau chaude de sa mère que celui du biberon (perso je ne me rappelle pas)

– Accessoirement c’est aussi bien meilleur marché

Ma femme a allaité nos 4 enfants au moins 8 mois chacun (voir plus d’un an pour certains) et a toujours les mêmes beaux seins :-))

A+

8)
jeje31
, le 19.10.2009 à 09:07
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Bonjour,

ma femme voulait allaiter. Las, au bout de 3 jours, la petite n’avait toujours pas trouvé comment faire, ou plutôt n’avait pas voulu. Il a fallu se résigner et passer au biberon.

Et je dois dire que j’ai été très heureux de cette solution : convaincu qu’elle était “moins bien” que l’allaitement, elle m’a permis de vivre parmi les plus beaux moments de ma vie. De ce point de vue, je suis plutôt pro-biberon …

9)
MarcOS
, le 19.10.2009 à 09:53
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Bonjour,

De nos trois filles, l’allaitement s’est très bien déroulé pour les deux premières. Des problèmes de reflux ont empêché la troisième d’être allaitée. Quant à la durée… Mon épouse a travaillé directement après le congé de maternité pour la première. À la deuxième, elle a pris une pause carrière. L’allaitement a duré 8 mois ! Seul défaut, ma deuxième n’aime toujours pas le lait en bouteille… Quant au biberon. J’ai encore en mémoire les préparations de biberons pour la première. Quelle horreur ! Marc S Limelette

10)
Bigalo
, le 19.10.2009 à 10:00
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Mais tant qu’on demandera sous nos contrées aux femmes de faire des enfants et de ne pas s’en occuper plus de 2 mois afin de retourner “produire”

[Mode HS] – C’est quand même agaçant que certains considèrent comme une évidence que les femmes doivent faire des enfants !

On ne pourra pas lutter sérieusement contre le réchauffement climatique, la déforestation et la perte de biodiversité avec une population humaine qui continue à croître -((((((

Il serait temps de comprendre que plus nombreux seront les gens ne faisant pas d’enfant, meilleure (ou moins mauvaise) sera la situation à terme ! [:Mode HS]

11)
mahjong
, le 19.10.2009 à 10:44
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Bonjour,

Un avantage à l’allaitement qui n’a pas été évoqué jusqu’ici (sauf erreur de ma part) : les anticorps… Il me semble qu’un bébé allaité reçoit de sa maman des anticorps qui vont l’immuniser rapidement contre certaines maladies et qu’il aurait dû acquérir par voie externes(maladies)un peu plus tard dans le cas d’un biberonnage.

Mon fils (10 ans) a été allaité pendant 3 mois est par exemple d’une grande résistance aux maladies hivernales (grippes, rhume, etc…), et même quand il en chope une, elle n’est jamais bien méchante(est-ce dû à cela?…)

12)
Marcolivier
, le 19.10.2009 à 10:50
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BIGALO: il ne faut pas accuser les populations (et les naissances) mais les comportements. Et n’oublie pas qu’un individu occidental, aussi économe soit-il en consommation d’énergie et autres, sera toujours plus pollueur et destructeur de la nature que toute une famille nombreuses et élargie dans un pays pauvre.

Pourquoi la grossesse puis la naissance, l’allaitement et tout ce qui s’ensuit sont-ils considérés aujourd’hui comme devant être traité “comme une maladie”? Est-ce à cause du marketing de la peur et de la culpabilisation (une bonne maman nourrit son enfant avec…; pour un accouchement bienfaisant pour l’enfant, la clinique…; etc.)? Est-ce parce que de cette manière, il y a moyen d’écouler sa camelote (parfois utiles) aux mamans?

13)
alec6
, le 19.10.2009 à 11:09
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Très bon billet , m’am Poppins ! tout à fait d’accord, tendance Ysengrain même ! Étant de mon côté facilement dans l’excès, je dirait même qu’il est totalement scandaleux de parler encore de biberons, qu’il faille du lait maternisé dans certains cas médicaux, certes, mais au delà, le lait en poudre comme les OGM ou l’utilisation d’engrais et autres saloperies “phytosanitaires” n’a d’intérêt QUE pour ceux qui les vendent ! Passons

En revanche une anecdote à propos du lait en poudre. La mère d’une amie, médecin, a décidé de passer une retraite active au Mexique où elle œuvre dans un dispensaire. Là bas comme partout sur la planète, “ça fait bien” de nourrir les enfants au biberon. Les garçons étant plus valorisés que les filles, ce sont donc les seuls à être nourris de la sorte. Résultat, plein de pb pour les garçons (eau polluée, doses réduites…) à l’inverse des filles nourries au sein, qui “pètent” la santé !

J’ai entendu par ailleurs que l’allaitement favorise les défenses naturelles contre le cancer du sein (statistiquement du moins, les femmes ayant allaité ont trois fois moins de cancer du sein). Qu’en pense Ysengrain ?

14)
Bigalo
, le 19.10.2009 à 11:10
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@ Marcolivier

Tout à fait d’accord sur la différence d’empreinte écologique entre un Occidental et quelqu’un vivant dans un pays pauvre.

Ma remarque ne se limitait absolument pas aux Occidentaux. Seul un recul considérable des naissances, partout sur la planète peut permettre d’améliorer la situation :

il ne faut pas accuser les populations (et les naissances) mais les comportements.

Je sais bien qu’actuellement on essaye d’éduquer les gens (tri sélectif, consommation de produits locaux, encouragement à privilégier les transports collectifs, meilleure isolation des bâtiments, moins d’excès de chauffage et de clim, …).

Tout cela est très bien, mais pas suffisant : même si on parvient à réduire en moyenne 25% par personne la production de CO2 (par exemple), cela signifie qu’avec une population estimée à 9 milliards en 2050), l’impact de la population humaine sera pratiquement au niveau actuel !

Par conséquent, améliorer les comportements est souhaitable, je te l’accorde volontiers, mais très insuffisant. L’objectif doit donc être une réduction considérable de la population humaine, et pour cela une limitation drastique des naissances me paraît tout de même préférable aux guerres, génocides et autres joyeusetés dont notre espèce est coutumière, non ?

Je sais bien que ma position est ultra minoritaire, mais le sujet commence tout de même à être abordé, voir par exemple le dernier numéro de terraeco dont le dossier annoncé en couverture est « Surpopulation Faut-il arrêter de faire des enfants ? ».

15)
jeanbinus
, le 19.10.2009 à 11:16
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Pour ma fille — qui a aujourd’hui 22 ans et se dore la pilule à Bali avec son copain — sa maman a tenté de l’allaiter. Mais elle a abandonné après un certain temps en raison de crevasses, douleurs et autres désagréments. Elle a cherché des solutions, telles des pommades et autres protections en “plastique”. Rien n’y a fait et je crois qu’elle a été très attristée de cet échec.

Pour mon second, un garçonnet de 4 ans, sa maman l’a allaité pendant plus de eux ans, sans aucun problème. Mais force est de constater que dans les derniers mois, il jouait plus qu’il ne tétait. Il faut dire qu’il avait commencé à manger des aliments frais préparés par sa maman ou parfois par moi.

Deux femmes, deux expériences très différentes. Pour moi, le père, la question de l’allaitement comme nourriture essentielle du nouveau-né et du petit enfant ne se pose pas. Dame Nature a tout prévu pour que le petit d’Homme (d’être humain si vous préférez) dispose de tout ce qui lui est nécessaire — et même indispensable — dans le lait de sa maman. L’industrie alimentaire ne peut rivaliser avec la richesse et la complexité de l’apport du lait maternel.

Madame Poppins (Just a spoonful of sugar….) n’aborde que peu l’autre question qui va nécessairement avec l’allaitement qui est la question de la relation mère – enfant; père – enfant; mari – femme /compagnon – compagne. Je ne veux pas entrer dans des considérations sur la relation mère – enfant, ce serait bien que Madame Poppins en fasse un billet (doux et sucré).

Pour ce qui est des pères, les choses sont beaucoup plus compliquées. Il faut rappeler qu’après la naissance et durant la petite enfance, ce sont les femmes qui introduisent les pères auprès de leur enfant. Et là, tout n’est pas aussi facile et limpide qu’il n’y paraît. Selon l’expériences de vie, le modèle familial (les dynastie de Grandes Mères), le père aura librement accès à son enfant, sera toléré ou carrément mis à l’écart. Ces deux derniers cas sont plus fréquents qu’on pourrait le croire; génèrent souffrance et incompréhension pouvant aboutir à des confits homme – femme destructeur. Évidemment, le premier qui en paie la note, c’est l’enfant.

Pour ce qui est des hommes, il faut reconnaître que nous n’avons pas encore fait notre révolution. Ce n’est pas si simple de trouver ou retrouver sa place dans dyade mère – enfant. Je suis un modèle 1952 ayant pour modèle un père né en 1903. Pour lui, un père ne s’occupait de son enfant que lorsqu’il était en âge de… (où était la barre ?). J’ai bien heureusement assumé mon rôle de père et de papa différemment. J’ai appris que les hommes et les femmes sont composés de deux parties et que les homme assure une fonction essentiellement paternante et les femmes essentiellement maternante, mais que ces deux fonctions cohabitent chez chacun.

Infirmier de formation, j’ai appris à m’occuper de très petits enfants (en chirurgie infantile : Nazma, si tu te reconnais, je serais très heureux d’avoir de tes nouvelles). Je sais donc nurser et en plus j’y trouve plaisir. Mais le père a pour fonction de séparer la mère de l’enfant pour l’introduire dans la vie sociale et que si ce rôle n’est pas assumé (encore une fois par l’un et par l’autre parent), l’enfant est confronté à un manque. Et ça commence lorsque le père nurse son bébé.

Et le mari / compagnon, Quels sentiments l’animent lorsque la mère allaite à toutes les heures du jour et de la nuit (ce qui est normal), mais qu’il voudrait bien retrouver l’intimité de son couple ? Peut-il caresser ou embrasser les seins de sa bien-aimée, alors que ceux-ci sont “squattés” ? Il y a pour certains, des questions morales ou de simples délicatesses derrières ce qui semble si évident.

En conclusion : Mesdames allaitez vos enfants pour leur plus grand bénéficie, tant alimentaire que relationnel et affectif. Mais pensez aussi à votre mari / compagnon devenu père (les pères ne portent pas leurs enfants dans leur ventre, c’est donc un peu plus compliqué pour lui de faire connaissance avec son enfant). Introduisez votre enfant auprès de lui et acceptez que les pères s’occupent différemment de leurs enfants que vous. Pensez aussi qu’il est votre bien-aimé. Montrez-lui qu’il a toujours sa place auprès de vous, s’il se montre maladroit ou simplement intimidé.

C’est aussi une question relationnelle je vous dis.

Merci Madame Poppins – Just a spoonful of sugar….

16)
Pepar
, le 19.10.2009 à 12:07
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Mon petit dernier est allaité au sein, ça se termine doucement (il a 3 ans 1/2). Maintenant c’est juste pour s’endormir et pour les gros bobos, mais ma femme compte avec lui jusqu’à 5 et après il “décroche”.

Pour ma femme les nuits ont été moins fatigantes qu’avec le biberon : bébé dans le lit, les 2 allongés sur le côté et hop tout le monde s’endort/se rendort. Et c’était reposant pour moi ^^

PS : Rhaaa je viens enfin de comprendre pourquoi je ne pouvais pas m’identifier depuis le boulot (gros message d’erreur inconnue) : le proxy de ma boîte…

17)
Matkinson
, le 19.10.2009 à 13:26
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Ysengrain pourra sûrement en dire plus mais il me semble que l’allaitement contribue à protéger la mère contre le cancer du sein. Mais peut-être que je fais fausse route.

En ce qui me concerne, la place du père se définit aussi pendant la grossesse, pas seulement une fois que la cigogne est passée. D’ailleurs on dit que le foetus est plus ou moins capable de reconnaître la voix de son père à travers le ventre, c’est une manière comme une autre de tisser un lien non ?

18)
joe70
, le 19.10.2009 à 14:20
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Née la même année que Maame Poppins, je n’ai pas eu le même regard sur l’allaitement. Ma mère nous a allaitées, mes 2 plus jeunes soeurs et moi-même. Du coup, avant même de devenir mère, ça me paraissait évident…

Une fois enceinte, quelques lectures m’ont renforcée dans le choix de l’allaitement: transmission des anti-corps maternels, rapidité de la “préparation”, adéquation du lait avec les besoins de l’enfant, coût…

Ma fille a été allaitée pendant 13 mois. J’étais partie pour 6 mois…sauf qu’elle n’a jamais voulu boire au biberon, et comme j’étais en pause professionnelle…Mon fils, ça a duré 4 mois. Oui, le temps d’un congé maternité. Mais j’avais l’intention de continuer, le matin et le soir. Sauf que déjà très goulu à cet âge-là, une fois qu’il a eu tâté du biberon où ça coule sans effort, il a délaissé les seins de môman.

Lors de la naissance de l’aînée, j’ai eu la chance d’avoir une infirmière géniale qui a passé un après-midi entier à nous aider à trouver la position adéquate pour la têtée. Sans elle, je crois que j’aurais posé les plaques et enrichi Nestlé:-) Et peut-être que je conclus un peu vite mais…ma fille allaitée longtemps n’a quasiment jamais été malade. Même une fois à la crèche, les virus ne passaient pas par elle. Mon fils a, par contre, chopé tout ce qui passait. C’est simple, j’ai l’impression qu’il a eu le rhume de 6 mois à 2 ans en continu…

Le papa ne s’est jamais senti évacué de la relation à cause du mode d’alimentation. C’est toujours lui qui donnait le bain, aujourd’hui, c’est lui qui explique les fractions!

Quant au fait de dire qu’avec le biberon, les parents peuvent se partager les nuits avec et sans sommeil, c’est un leurre! Comme dit dans un des commentaires, si bébé hurle pendant que le biberon est en préparation (avec stérilisation pour les nourrissons, encore un truc pas nécessaire avec l’allaitement), tout la maison se réveille…et de mauvaise humeur en plus!

Etant plus âgée que la majorité de mes collègues, j’assiste aujourd’hui aux débats pro et anti allaitement de mes collègues enceintes ou en passe de l’être. Et elles sont plus nombreuses à dénigrer l’allaitement. Les arguments: ça va déformer ma poitrine, les seins, c’est sexuel et pas alimentaires…Et inutile de tenter de convaincre qui que ce soit, de raisonner puisque comme l’a justement relevé Madame Poppins, c’est un sujet hautement émotionnel. Je ne tente donc de convertir personne mais suis là pour répondre aux questions que certaines se posent. Et si on me demande mon avis lors de discussions sur le sujet, je me contente d’une phrase du style: pour que bébé aille bien, il faut que les parents soient épanouis, quelque soit le choix effectué…

Ca doit être ça la sagesse qui nous envahi à l’approche de la quarantaine!

19)
ysengrain
, le 19.10.2009 à 14:56
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C’est quand même agaçant que certains considèrent comme une évidence que les femmes doivent faire des enfants !

Désolé, membre cukien, je suis de niveau élémentairement basique, je ne fais que répéter sans doute sans réfléchir ce qui m’a été appris.

Oh, just one more thing: je ne crois pas à être seul à croire en cette fable

C’était notre séquence mode HS

Mais tout de même, cette remarque mérite tout de même qu’on s’y attarde. On change d’univers: on passe de l’allaitement à la fin de la vie. En effet, le modèle occidental avec des variantes, fonctionne avec les actifs qui paient pour ceux qui sont en retraite. Dans plusieurs pays, ce système est déjà mis à mal ( en France par exemple). Certes la limitation de la population terrestre est un problème qu’il faudra bien résoudre mais pas comme il est cité.

20)
ysengrain
, le 19.10.2009 à 15:12
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Très bon billet , m’am Poppins ! tout à fait d’accord, tendance Ysengrain même !

Diegooooo !! Ohé Diego !!! c’est pas moi qui l’a dit, pas taper !!!

J’ai entendu par ailleurs que l’allaitement favorise les défenses naturelles contre le cancer du sein (statistiquement du moins, les femmes ayant allaité ont trois fois moins de cancer du sein). Qu’en pense Ysengrain ?

Ysengrain confirme la première partie de l’assertion, mais ne sait rien à propos de la seconde. Et il faut savoir qu’en matière de cancer du sein il n’y a pas un mais DES cancers du seins, ce sont plusieurs maladies différentes ayant la même expression.

21)
Bigalo
, le 19.10.2009 à 15:21
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On change d’univers: on passe de l’allaitement à la fin de la vie. En effet, le modèle occidental avec des variantes, fonctionne avec les actifs qui paient pour ceux qui sont en retraite. Dans plusieurs pays, ce système est déjà mis à mal ( en France par exemple).

En gros, sous pretexte que le système de retraites est une créance infligée à la génération suivante, rien de doit changer : peu importe que l’humanité soit responsable de la disparition de milliers d’espèces animales et végérales. Belle mentalité !

C’est du spécisme, exactement le même type de raisonnement que le racisme, la xénophobie et le sexisme. Selon le cas : “Ce qui n’appartient pas à la même espèce, la même race, le même pays ou le même genre que moi, est dénué de valeur, ou en tout cas en a si peu qu’il n’y a aucune raison de s’en préoccuper.”

Dans les 4 cas, c’est le même raisonnement. Nous n’avons pas les mêmes valeurs !

22)
ysengrain
, le 19.10.2009 à 16:41
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Allo, allo Bigalo, on parle d’allaitement. De la relation mère enfant qu’elle génère-prolonge à moins que ce ne soit le contraire (cf “Les nourritures affectives” de Boris Cyrulnik publié en 1993.

Je ne veux pas dire que ce dont tu parles est sans intérêt, ni que je n’attache aucune valeur aux positions que tu défends. Il serait même intéressant que tu nous proposes d’ailleurs un billet sur ce sujet.

Si tu veux qu’on s’intéresse à tes propos dis les avec moins de véhémence,et crois moi, je sais de quoi je parle !!!

Allez, on se serre la main et je te jure que je t’argumenterai durement dans ton billet.

23)
Tom25
, le 19.10.2009 à 20:04
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J’aurais préféré que ma femme allaite, mais comme ça ne se passait pas bien elle a jeté l’éponge et est passée au biberon. Je pense qu’effectivement Dame nature fait les choses mieux que nous. Le coté marketing qui dénigre l’allaitement m’énerve moi aussi.

Ceci dit, mes filles, nourries au biberon donc, ne sont pas plus malade que ça. Je ne suis pas sûr mais je crois que ma mère m’a allaité, faudra que je lui demande tiens !

Tout de suite après le débat sur l’allaitement vient le débat sur l’éducation, baffe ou pas baffe, etc.

Seul le résultat compte, comme dit plus haut, que les parents soient biens afin que les enfants soient biens, c’est le plus important. Moi je juge sur pièce, surtout pour l’éducation, et je dis quand je trouve un gosse chiant. Mais je ne dis rien quand un gosse est malade, cest déjà assez dur comme ça sans qu’on en remette une couche “Ah ben oui mais si tu l’avais allaité … !”.

Je ne sais pas si l’allaitement a un effet bénéfique sur le cancer du sein ou pas, faudrait faire un sondage sur Cuk. Qui a allaité et qui a eu cette saloperie.
Mais ce qui m’intéresse le plus, c’est de savoir si l’allaitement a un effet positif sur le galbe des seins. Je propose une galerie de photos. Anonyme, pour celles que ça dérange, mettez juste le nom sur la photo “avec ou sans allaitement”. Le mieux serait de palper mais … , à la prochaine CukDay peut-être … :•)))

24)
pat3
, le 19.10.2009 à 20:13
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Mon fils aîné, allaitement stoppé au bout de 3 semaines; il ne prenait pas assez, le pédiatre nous a menacé de le gaver comme une oie s’il ne prenait pas de poids (il y a une thèse à faire sur le discours des médecins); mauvais départ, mais bon souvenir, au final: ça nous a permis d’alterner les nuits, et comme on alternait aussi les jours ensuite (ma femme a trouvé son premier vrai job peu après sa naissance, et j’étais étudiant et maitre d’internat), on y a trouvé un équilibre.

Mon second fils, ma femme a pris 3 ans de congé parental, l’a allaité jusqu’à 13 ou 14 mois, et comme je bossais en même temps que j’étudiais, ben ça a plutôt créé du déséquilibre (ça se voit encore aujourd’hui: jamais content, toujours critique, le fils). Mais c’est un second, j’ai toujours trouvé que la place était difficile…

Ma fille: allaitée jusqu’à presque un an (fin du congé parental), biberon le soir, et surtout, arrivée sereine dans une famille avec deux grands frères (13 et 16 ans) et des parents plutôt détendus (plus ces angoisses liées à l’inexpérience).

Comme quoi, l’allaitement fait partie d’un tout: il peut souvent être le symptôme d’autre chose, dans le couple, dans la famille. Autant j’ai apprécié de donner le biberon et de me lever la nuit, de partager la parentalité avec ma femme à notre premier enfant (d’autant que des deux, j’étais le plus expérimenté, ayant nourri-langé-baigné et fait jouer mes plus jeunes frère et sœur), autant je considère que l’allaitement est une bénédiction, et qu’il faut tout faire pour qu’il ait lieu, et qu’il se passe bien; souvent, contre le corps médical que ça em…de (à la clinique, par exemple).

Mais ma plus grande chance, c’est qu’en ce qui concerne la petite enfance de nos gamins, on a toujours discuté, et on est très souvent d’accord; ça aide :-)

Dois-je le dire? J’adore être père, ça a en partie fondé mon identité, et je n’échangerai cette place pour rien au monde…

25)
papou
, le 19.10.2009 à 22:13
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Chère Madame Poppins, Merci pour cette humeur que j’apprécie beaucoup. 25 ans de pratique Pédiatrique, 100’000 consultations et plus de 15’000 patients m’autorise à vous répondre. Je n’ai jamais allaité, bien sûr et heureusement …. Mais je l’ai dit encore ce soir lors d’un cours aux futures mamans, chaque famille, chaque enfant, chaque maman est différente. Leur vécu de leur futur allaitement leur est propre. Telle maman peu motivée va allaiter pendant 12 mois, l’autre hypermotivée ne pourra pas le faire plus de 10 jours. J’ai aussi vécu ce bébé allaité aux seins qui est arrivé à 10 jours de vie, gravement sous-nutri, en ambulance. Mon message sera donc le suivant. Chaque enfant est différent ….. Chaque maman est différente ….. chaque famille est différente …. et puis aussi, il faut tenir compte du papa ….

Je ne pense pas que l’allaitement puisse tenir dans une seule humeur.

26)
Bigalo
, le 19.10.2009 à 22:37
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@ ysengrain

Ta proposition est intéressante, mais je ne sais pas si François serait intéressé. D’autre part, si j’écris quelque chose, j’ai envie que ce soit sérieux, ce qui implique des heures de recherche pour pouvoir fournir des références valables (livres, articles, sites).

Par conséquent, même si cela se fait, ce ne sera pas pour tout de suite ;-(

27)
Madame Poppins
, le 19.10.2009 à 22:46
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Bonsoir,

Comme toujours, que le sujet soit grave ou léger, j’ai apprécié vos commentaires et vous en remercie.

Certains l’ont dit, je ne peux que les rejoindre : l’allaitement présente d’autres avantages que le “toujours prêt et gratuit”, dont les anticorps qui permettent une relative protection de l’enfant durant quelques mois, dont la diminution statistique de certains cancers du sein. Toutefois, je me méfie un peu des statistiques, notamment parce que, bien qu’étant un ancien bébé biberon, j’ai une excellente santé, parce que mes enfants, allaités pour l’un six mois, vingt et mois pour l’autre, ont la même forme olympique au point de n’avoir jamais, à quatre et six ans et demi, dû prendre d’antibiotiques de leur vie. Je l’admets toutefois : je ne mets pas cette solidité sur le compte de l’allaitement; il y a peut-être contribué mais il ne peut pas l’expliquer à lui seul.

Renaud, oui, on peut considérer que l’allaitement est calqué sur la période de congé mais on peut aussi considérer que bien informée, la mère peut (à moins d’un emploi avec de longs déplacements quotidiens, à un très fort taux d’activité) peut continuer à allaiter malgré une reprise professionnelle mais pour ça, il faut du soutien et de la part de professionnels (comment organiser un allaitement qui passe par des phases d’extraction au tire-lait), de la part de l’employeur, qui doit permettre à la mère d’extraire ce lait. Et dans les deux cas, je trouve que très souvent, le soutien à la jeune mère qui reprend son boulot est très faible, voire carrément inexistant. Ce qui n’est pas de la faute de la maman, en proie avec mille autres questions et problèmes à résoudre, je ne jetterai jamais la pierre à une femme qui a renoncé à poursuivre son allaitement après sa reprise professionnelle, estimant les embûches trop nombreuses.

ysengrain, inimaginable et pourtant, tu vis dans l’un des pays d’Europe où le taux d’allaitement à la naissance, à fortiori à la sortie de la maternité, encore pire, après six mois, est le plus faible !

Dodgedav, j’aime l’idée que c’est un homme qui “détruit” le mythe selon lequel l’allaitement fout les seins en l’air…. C’est la pesenteur qui en vient le plus souvent à bout ;-)

jeje31, ce qui me rend triste, c’est de deviner que vous n’avez pas obtenu de réels soutiens, durant ces jours où votre enfant n’a pas réussi à téter : ils étaient où, tous ces gens supposés apporter de l’aide à une jeune famille ? Absents ou pas assez qualifiés ! Ce qui me rend heureuse, c’est de lire que du biberon ont découlé de si beaux instants pour vous en tant que père !

MarcOS, l’aurait-elle aimé si elle avait eu auparavant du lait en poudre ? On ne le saura jamais, le lien de cause à effet semblant peu évident à établir.

Je reviens plus tard, j’ai les yeux qui se ferment, désolée !

28)
flup
, le 20.10.2009 à 09:02
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Chez nous, c’est très simple: le petit ne voulait pas de biberon. Donc il a du passer au solide à 2 mois 1/2 quand madame a recommencé à travailler, en continuant l’allaitement pendant 1 an. Le côté “fatigant” venait surtout des horaires séparées entre 4 matinées et 5 soirées de boulot: il fallait donc se lever tôt pour allaiter, partir bosser (pendant que je le gardais), revenir, l’apporter à la crèche (il y était à mi-temps), partir bosser tous les 2 (les joies de l’horaire décalé :/ ), et récupérer le petit bout en soirée (on finit de travailler après la fermeture des crèches).

Par contre, concernant les disponibilité du lait, certains gynécos et pédiatres parlent de boire, d’autre pas. Et, hasard ou pas, j’ai vu une énorme différence en termes de quantité de lait entre des mamans qui boivent beaucoup (3 litres d’eau par jour) et d’autres très peu.

Il existe en Belgique des dispositions légales pour permettre aux femmes qui allaitent de tirer leur lait pendant leurs heures de travail (local mis à disposition, temps passé considéré comme activité de service), mais ces dispositions sont évidemment impossible à appliquer dans certains boulots, notamment ceux qui demandent une présence constante devant des gens.

Pour terminer, un mot concernant l’Asie: la partie asiatique de notre famille s’est toujours étonné que, tout en allaitant “à la demande”, on n’en arrivait pas au point d’allaiter à chaque fois que le bébé ouvre la bouche. Mais ils s’étonnaient aussi qu’il fasse ses nuits relativement tôt par rapport à ce qui se passe là-bas; et on se disait qu’il y avait peut-être un lien: un bébé qui est presque tout le temps au sein passe son temps à digérer. Ça a peut-être une influence sur la qualité du sommeil.

29)
Madame Poppins
, le 21.10.2009 à 06:42
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Bigalo, il est vrai que certains jugent, négativement, une femme qui dit ne pas vouloir d’enfant, peu importe la raison. Il ne devrait pas y avoir d’automatisme, la maternité devrait être un choix, réel; remarque, pour l’homme, il devrait en aller de même mais j’ai le sentiment, à raison ou à tort, qu’un homme qui ne veut pas d’enfant est moins “critiqué” qu’une femme qui tiendrait le même discours.

mahjong, la protection, certes relative, des anti-corps de la mère est pour moi un élément important mais à nouveau, il s’agit d’un aspect statistique et je suis convaincue qu’il existe plein de bébés biberon qui se portent comme un charme.

Marcolivier, “il y a moyen d’écouler sa camelote” ? Assurément : regarde les trucs présentés dans mon premier billet de filles (shantala, bola etc) mais l’allaitement, au contraire, si on ne tombe pas dans l’achat compulsif de soutien-gorge, on dépense très clairement moins : le lait maternel est un des rares trucs gratuits !

alec6, ton anecdote est très parlante : en Afrique, les nourrissons vont bien, du moins jusqu’à ce qu’ils soient diversifiés au niveau alimentation, laquelle est préparée avec de l’eau pas potable.

Bigalo, je dois avec le neurone trop flemmard : je ne suis pas convaincue de piger le lien entre l’état de la planète et l’allaitement…. J’attends donc avec plaisir ton billet à ce sujet : François est plutôt vachement open pour les billets en tout genre, la preuve, il accepte que je vous cause de nénés !

jeanbinus, je suis triste de lire que les tentatives de lutte contre les crevasses se sont soldées par un échec : une réelle aide qualifiée aurait pu résoudre le problème sauf que, une fois de plus, cette aide professionnelle a fait défaut ! Et ça, ça me fâche tellement, pour la mère, pour l’enfant et pour le père !

Je me demande si c’est la mère qui introduit le père ou si la fonction du père n’est pas justement de séparer, symboliquement, la mère et l’enfant : peut-être que la réponse est un mélange de deux, l’homme devant être en mesure de s’imposer (avec tact) et la mère doit être capable d’accepter qu’il s’occupe de l’enfant, tout aussi bien qu’elle mais juste différemment.

Finalement, l’intimité du couple, si elle est physique, peut aussi être “émotionnelle”, présente par une certaine disponibilité intellectuelle et affective, du moins durant les premières semaines après la naissance, où les tétées sont les plus fréquentes. Mais il est vrai que pour certaines femmes, même cette présence est difficile dans ces premières semaines.

Pepar, j’envie votre femme : j’aurais tellement voulu être capable de dormir avec un petit enfant dans mon lit… je trouve qu’un nouveau-né fait trop de bruit, ça m’empêche de dormir. Je suis ravie de lire que l’allaitement s’est si bien passé pour votre femme et votre petit dernier, merci pour votre témoignage.

Matkinson, bien sûr que la place du père se définit aussi pendant la grossesse mais je pense que pour certains hommes, la paternité devient réelle uniquement lorsque l’enfant est là, en chair et en os. Et on ne peut leur jeter la pierre de réagir ainsi : un truc qu’on ne voit pas dans un bide, franchement, difficile d’en déduire qu’on est père. Déjà que pour la femme, à ce stade-là, ce n’est pas toujours automatique de dire “je vais devenir mère”…

joe70, oui, les enfants peuvent avoir leur “tronche” : tandis que certains s’habituent très bien à un débit plus faible, découlant d’une stimulation moins fréquente après une reprise professionnelle, d’autres font la tête et s’en détournent définitivement au profit du biberon. Cela n’a pas dû être évident, pour votre fils, encore moins pour vous, non ? Et comme vous, j’écoute les commentaires au sujet de l’allaitement autour de moi mais comme je bosse dans le socio-médical, ils sont globalement assez positifs.

Tom25, le débat sur la baffe, je ne vais pas le lancer : les quatre que Junior s’est prises de ma part en six ans et demi, je ne me les suis toujours pas pardonnée !

pat3, j’ai déjà entendu souvent que certains pédiatres exercent un réel terrorisme sur les parents pour que l’enfant reprenne tant de poids à tant de jours de vie et gare si tel n’est pas le cas ! Et j’adore la conclusion de votre commentaire :-)

papou, je pense en effet que ce n’est que lorsqu’on est confrontée à un allaitement concret qu’on se découvre des forces insoupçonnées (pour surmonter des engorgements ou tirer régulièrement du lait sur son lieu de travail) ou au contraire, se découvrir trop épuisée pour surmonter une petite difficultés. Et je suis bien d’accord, l’allaitement mériterait non pas une mais des humeurs !

flup, il existe, je crois, des dispositions de protection de la mère allaitante dans la plupart des pays européens; la principale difficulté, c’est, à mon sens, le manque de soutien de la part de l’employeur, qui sourit lorsque la femme souhaite tirer du lait, qui fait des plaisanteries mal placées; en outre, il faut qu’il accepte une petite modification des horaires de travail, qu’il mette réellement à disposition ce local : j’ai tiré du lait durant des semaines assise sur les toilettes de mon lieu de travail… Quelles sont donc les pratiques en matière d’allaitement en Asie ?

Excellente journée à toutes et tous, merci pour vos contributions.

30)
alec6
, le 21.10.2009 à 14:21
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Je me demande si c’est la mère qui introduit le père…

Hum, hum… On a dû mal t’expliquer, ou alors…

32)
Madame Poppins
, le 21.10.2009 à 18:52
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alec6 ;-)))))) j’aurais dû m’en douter….. et dire que je ne faisais que reprendre les termes d’un commentaire… pauvre de moi !

33)
JacPot
, le 24.10.2009 à 16:09
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Comment oublier de citer cher mamans pour toutes les aides et questions ce rapportant à l’allaitement , de femme à femme, cette fabuleuse bienveillante et délicate association uniquement dédiée à l’allaitement qu’est * “La Leche league, allaitement et maternage”* http://www.lalecheleague.ch

34)
Madame Poppins
, le 25.10.2009 à 08:21
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JacPot, je n’ai point oublié, un de mes liens pointe sur leur site. Toutefois, je ne suis pas forcément et toujours une convaincue de cette assocation : certaines antennes sont formidables, d’autres ont à leur tête une espèce de furieuse pour qui une mère n’allaitant pas jusqu’aux cinq ans de l’enfant fait “faux” et ça, ça m’énerve à un point… Je suis davantage convaincue par les sage-femmes disposant d’une formation en allaitement IBCLC, que l’on trouve notamment ici : http://www.mamancherie.ca/fr/info/certified_lactation_consultants.htm mais également ici : http://www.consultants-lactation.org/ (désolée, le site est vraiment moche), ou sur Paris (http://www.allaiteraparis.fr/), en Suisse http://www.stillen.ch/index.php?page=berufsbild&lang=fr

Cela dit, je reconnais volontiers que les travaux des conseillères de LLL sont formidables et qu’ils ont aidé des millions de femmes à travers le monde.