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Le dilemme culturel et judiciaire de la semaine

Le premier signe que quelque chose se passait est venu dimanche 27 septembre, tôt le matin. Des communiqués ont commencé à pleuvoir dans ma boîte à lettres électronique, envoyés à tous ceux que le cinéma professionnel touche de près ou de loin. Il y était question de «scandale juridique», de «coup porté dans le monde entier à la réputation de la Suisse» d’une «chasse à l’homme judiciaire», et de ce que «le fait que la Suisse cède à la pression américaine et exécute un mandat d’arrêt qui date de 1978 pour un crime commis il y a plus de trente ans est une infamie.»

On ouvrait la radio un peu abasourdi et on apprenait la nouvelle: Roman Polanski avait été arrêté à l’aéroport alors qu’il venait en Suisse pour recevoir, au festival du cinéma de Zurich, un prix pour l’ensemble de son œuvre.

Le festival de Zurich en préparation avait fait ses choux gras de la venue de ce grand réalisateur, le jour où une récompense pour l’ensemble de son œuvre lui serait remise (dimanche 27, justement) était connu de tous - la première réaction collective a été: on nous prive d’une belle fête. La raison de l’arrestation importait peu, la manière était exécrable, et tout le monde a commencé par penser, plus ou moins, qu’il y avait erreur.

Il se trouve que mes obligations professionnelles me retenaient à Genève, et qu’au lieu d’être au milieu de la fête, comme cela aurait été le cas si j’avais été à Zurich, j’avais une distance. Il ne m’a fallu qu’une ou deux heures pour découvrir ce qu’était ce crime «commis il y a plus de trente ans». Le viol d’une mineure. Et peut-être parce que j’ai une distance, j’ai réagi non pas en m’indignant de ce qui arrivait à Polanski, mais en pensant à sa victime. Dans un premier moment, j’ai voulu garder mon opinion pour moi, mais après tout ce que j’ai entendu ces huit derniers jours, ça déborde.

 

L’imprescriptibilité de certains crimes - une victoire

 

Depuis que le viol est devenu un acte dont on parle, et qu’on dénonce, on a constaté qu’il faut parfois très longtemps (des décennies) aux jeunes victimes pour parler de ce qu’elles ont subi. Souvent, elles se sentent coupables de ce qui leur arrive, elles sont atteintes d’une sorte de syndrome de Stockholm. Car les violeurs sont souvent soit des membres de la famille, soit des gens en qui les parents ont eu confiance. L’enfant a peur d’en parler, comme pour excuser, en quelque sorte, ce qui s’est passé. On s’est donc beaucoup battu pour que ce genre de crimes soient imprescriptibles - en Suisse, ils le sont depuis l’an dernier. Pour les victimes, une vraie victoire. Aux Etats-Unis ils le sont également, depuis longtemps. Le viol de mineurs est le plus important des crimes imprescriptibles. Il permet à l’enfant, même si sur le moment il a peur et n’ose pas dire ce qui se passe, de savoir plus ou moins confusément que si un jour il y arrive, il pourra en parler. Le psychiatre pour enfants que j’ai interrogé ce matin m’a confirmé que l’existence de cette loi change vraiment quelque chose pour les victimes d’actes pédophiles.

Or, quelle que soit l’admiration qu’on a pour le grand artiste qu’est Roman Polanski, il n’en reste pas moins qu’il est accusé (et a admis) d’avoir violé une fille de 13 ans. En lisant la presse de lundi, en entendant le ministre de la Culture français et son collègue des Affaires étrangères, la petite Samantha était totalement escamotée.

On n’ose imaginer ce qui a pu se passer dans la tête de victimes en voyant le peu de cas que l’on faisait de ce que l’une d’elles avait subi: du moment que cela avait été le fait d’une personnalité célèbre, ça n’avait plus d’importance - même si les vies gâchées restaient gâchées.

Or, je répète, le fait est que Roman Polansi, 43 ans, a violé une jeune fille de 13 après l’avoir soûlée et droguée. 

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Voici la tête qu’avait Samantha au moment des faits.

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Et voici Roman Polansi à l’époque.

 

Et si vous en avec le courage, voici la déposition faite par Samantha quelques jours après les événements. C'est bouleversant. Essayez de vous imaginer que c'est arrivé à un de vos enfants, vous verrez si vous pensez encore que vous avez à faire à un grand artiste.

Contrairement à tout ce qui est écrit et dit, Samantha n’a pas «pardonné» Polanski. A l’époque, ses parents ont voulu éviter le procès pour lui éviter la notoriété, et depuis elle a dit vouloir oublier parce que la pression médiatique est difficile à supporter. Ses avocats disent aujourd’hui encore que ce qu’elle a subi l’a profondément marquée. Quant à elle, voici ce qu’elle a déclaré dans une interview de 2003: «Ce qu’il a fait est grave, c’est clair. Mais j’aimerais qu’il revienne aux Etats-Unis, pour qu’on puisse régler tout ça une fois pour toutes. Je crois qu’il regrette, qu’il sait qu’il a eu tort. Je ne crois pas qu’il soit un danger pour la société. Je ne crois pas qu’il doive être enfermé pour toujours, et à part moi personne ne l’a jamais accusé de rien. C’était il y a près de 30 ans. C’est un souvenir terrible… (mais) je peux vivre avec.»

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Samantha devenue adulte, mariée et mère de trois fils

 

Les mythes d’une arrestation

 

Depuis dimanche dernier, on a tout entendu: que la Suisse s’était agenouillée face à l’Amérique, qu’elle avait voulu avoir les Américains à la bonne à cause de l’UBS, qu’elle a fermé les yeux d’une part et aurait pu arrêter Polanski depuis longtemps. Arrêter quelqu’un sur la foi d’un mandat de 1978, quelle farce.

Reprenons les arguments.

a) La Suisse, dans le cas particulier, ne s’est agenouillée devant personne. Les Etats-Unis sont un des pays avec lesquels elle a une convention d’extradition, et dans le cadre de ce type de convention, elle extrade souvent. En 2008, 259 personnes soupçonnées ou accusées de crimes ont été extradées sur demande de leur pays. On est dans les moyennes, on retrouve un tel chiffre tous les ans.

b) Je trouve la théorie du complot pour avoir les Américains à la bonne légèrement risible, dans la mesure où dans l’administration fédérale suisse, la main gauche ne sait souvent pas ce que fait la main droite, et le Département de justice ne se mêlerait pas des affaires du Département des finances.

c) Si on a le moindre doute, il disparaît lorsqu’on examine le 3e ar gument: la Suisse aurait pu arrêter Polanski avant, il a acheté un appartement à Gstaad en 2006. Le fait est que les fonctionnaires du Département de justice qui examinaient les achats de biens immobiliers par des étrangers n’avaient pas ordre d’examiner leur casier judiciaire. Et que ceux qui étaient chargés de l’application des mandats d’arrêt internationaux ne connaissaient pas les noms des acheteurs étrangers de propriétés. Dans le même département (dirigé en 2006 par M. Blocher), on ne savait déjà pas, donc, ce qui se passait dans le bureau d’à côté. Vous pensez si on se souciait de ce qui se passait dans un autre département...

Alors, on peut regretter le fonctionnement de l’administration suisse, mais cela paraît difficile de l’accuser de complot. Accusons-la d’incompétence, et on sera dans le juste.

d) J’en viens au «mandat de 1978».

Polanski a plaidé coupable, puis fait 45 des 90 jours de prison auxquels il avait été préventivement astreint. Après qu’on l’a libéré sous caution, il aurait dû attendre son procès sans sortir des Etats-Unis. Il a d’abord demandé à se rendre à Munich pour les besoins d’un film. Permission accordée. Malheureusement pour lui, un objectif munichois l’a saisi faisant la fête entouré de très jeunes femmes, et l’image est arrivée jusqu’à Los Angeles. Cela a mis le juge chargé de son cas en fureur. Il a eu l'impression que Polanski se moquait de lui. Il est devenu dur, peut-être injuste, et il semble acquis qu'il a commis des erreurs de procédure (dont les avocats de la défense auraient pu profiter, d'ailleurs). Lorsqu'il a vu ça, Polanski a craint d’être condamné à une lourde peine, et a préféré quitter les Etats-Unis, où il n’est jamais revenu. Techniquement, il est donc devenu un fugitif, un accusé en cavale, - du coup, tant qu’il ne se présente pas à la justice, son affaire reste ouverte. Le procureur de Los Angeles qui s’occupera de son cas si Polanski est extradé l’a précisé: «Je ne poursuis personne, a-t-il dit, il y a un mandat d’arrêt de la Haute cour en suspens, nous l’avons mis à exécution et l’affaire ira au tribunal. Il faut conclure ce cas. Après tout, M. Polanski a plaidé coupable d’un crime.»

Le fait est que la Californie a souvent, depuis 1978, cherché à arrêter Polanski. Le mandat d’arrêt a toujours été remis à jour, depuis 2005 il y a même un mandat d’arrêt international. Rien qu’en 2009, les Américains ont essayé plusieurs fois d’arrêter le cinéaste. Ils l’ont manqué de peu en Autriche. La difficulté pour eux est bien sûr que la France n’extradant pas ses nationaux, Polanski ne pouvait être arrêté en France, et que depuis quelques années, la zone Schengen fait qu’on ne contrôle quasi plus les passeports aux frontières. Le seul endroit où le passeport est encore nécessaire, ce sont les aéroports.

Et ici, il faut tout de même se poser une question: le sachant, pourquoi Polanski est-il venu en Suisse en avion? Quelle arrogance, tout de même! Question subsidiaire: comment la petite armée d’avocats qui s’occupe de lui ne l’a pas mis en garde contre un tel voyage? Comment ne s’est-on pas enquis à l’avance que le réalisateur ne courrait aucun danger?

L’arrivée de Polanski avait été claironnée partout. Il n’a pas été difficile aux autorités californiennes responsables de le trouver, d’apprendre quand il arriverait, et de demander l’entraide pour son arrestation - il n’y avait besoin d’aucun complot. Notre ministre de la justice, Mme Widmer-Schlumpf, a été informée la veille au soir de l’arrestation imminente. Dans la mesure où elle n’a pas à se mêler d’une affaire de police (internationale qui plus est), elle s’est contentée de prendre acte. Notre ministre des Affaires étrangères, Mme Calmy-Ray, a déploré le manque de doigté et émis l’opinion qu’on aurait peut-être dû prévenir M. Polanski. A quoi Mme Widmer-Schlumpf a répondu, indignée: «J’aurais donc ainsi violé le secret de fonction, puis je me serais rendue coupable de complicité de fuite.»

Pour vous, je me suis donné la peine de m'informenr auprès de la police de l’aéroport pour demander pourquoi, si arrestation il devait y avoir, elle n’avait pas été faite après la remise du prix du Festival de Zurich, ça aurait fait moins de vagues.

On m’a répondu que les risques que Polanski file à l’anglaise pendant son séjour en Suisse étaient considérés comme trop grands. Contrairement à la légende, la police suisse avait déjà tenté l’arrestation, et Polanski leur avait filé entre les doigts à la dernière minute. On ne voulait pas que ça se répète.

Bien entendu, au fil des ans, la Suisse a hébergé nombre de criminels connus. Mais pour la plupart d’entre eux, m’a dit l’inspecteur avec qui j’ai parlé, il n’y avait pas de mandat d’arrêt venu d’un pays d’origine avec lequel la Suisse avait conclu des traités d’extradition. 

Et il a conclu dans les mêmes termes que le gouverneur de Californie, Arnold Schwarzenegger: «C’est un grand artiste, mais la loi est la même pour tous: il a violé une mineure, et n’a jamais été jugé pour cela. On ne lui souhaite pas de mal - seulement que justice se fasse.»

 

Roman Polanski, figure tragique?

 

Je ne connaissais rien de Roman Polanski dimanche dernier, sauf quelques-uns de ses films, j’ignorais tout de ses démêlés judiciaires. Aussi, ces derniers jours, j’ai essayé de faire mon enquête à la source. J’ai lu quelques passages de l’autobiographie intitulée Roman by Polanski. Je ne vais pas trop allonger avec des citations, mais enfin j’ai été très perplexe de lire sa description de ses rapports avec les jeunes filles des pensionnats de Gstaad, où il se rend depuis longtemps. C’est un homme dans la cinquantaine qui parle. Il décrit ces jeunes filles de 16 à 20 ans, ses rapports amicaux et tendres. Ce qui a retenu mon attention, c’est un passage où il écrit: «Elles montaient jusqu’au chalet où je demeurais, ce n’était pas nécessairement pour faire l’amour, c’était l’attrait du fruit défendu.» Ah bon? Pas nécessairement?

J’ai trouvé ainsi, dans la biographie de cet homme qui semble avoir été ce qu’on appelle un chaud lapin, beaucoup d’histoires qui impliquaient des jeunes filles et de très jeunes femmes. C’est là quelque chose qui semble l’avoir véritablement l’avoir obsédé, du moins si l’on en croit ce qu’il a lui-même dit dans une interview donnée à Martin Amis, pour la revue anglaise The Tatler en 1979, et je vous prie d’excuser le langage, je ne fais que traduire:

«Si j’avais assassiné quelqu’un, ça n’intéresserait pas tellement la presse. Mais il s’agit de copuler, voyez-vous, et avec de très jeunes filles. Les juges rêvent de copuler avec de très jeunes filles. Les jurys rêvent de copuler avec de très jeunes filles. Tout le monde rêve de copuler avec de très jeunes filles». Pour les anglophones, voici la VO: «If I had killed somebody, it wouldn’t have had so much appeal to the press, you see? But… fucking, you see, and the young girls. Judges want to fuck young girls. Juries want to fuck young girls. Everyone wants to fuck young girls!»

Quelle vision de l'humanité masculine!

Dans la biographie sur Roman Polanski écrite par Thomas Kiernan (The Roman Polanski story, 1980), on trouve par ailleurs plusieurs passages sur le sujet. En voici un: «Roman n’arrivait pas à comprendre pourquoi le fait qu’il baise une fillette devrait préoccuper qui que ce soit. Il a baisé beaucoup de filles plus jeune que celle-ci, et personne n’a jamais levé le petit doigt.»

A se demander ce que faisaient les parents de Samantha et des autres…

Certes, Polanski a eu une enfance terrible, il a survécu au ghetto de Cracovie, on lui a assassiné sa femme enceinte, il a eu beaucoup de malheurs. Et il a fait des films sublimes. Mais tout cela n’excuse en rien des comportements qui, selon les lois en vigueur dans nos pays, sont criminels.

On aurait préféré que Polanski ne soit pas arrêté à son arrivée au Festival de Zurich. Ça aurait pu se passer de manière plus élégante. 

Mais il faut bien que je conclue que de ce qui lui arrive aujourd’hui, Polanski est en dernière analyse seul responsable. Il s’est mis lui-même en position d’être poursuivi. Il s'est fait la belle pour ne pas être jugé. C’est lui qui a demandé à la fin de l’année dernière au tribunal de Los Angeles à ce qu’on annule la procédure contre lui. Le procureur a rétorqué: «Nous lui avons dit qu’on ne peut pas revoir une procédure en l’absence d’un accusé. Nous lui avons donné jusqu’au mois de mai pour qu’il se présente. Il ne l’a pas fait, et nous avons averti ses avocats que, après mai, nous agirions.» Il a refusé de se rendre à Los Angeles - où certes il courait un risque. Mais il savait qu’il y avait un mandat d’arrêt international contre lui en Europe même (ou du moins on ose espérer que ses avocats étaient au courant). Il y aurait de quoi être sur ses gardes, il me semble.

Au fond, au jour d’aujourd’hui, cela m’est égal, ce qui peut arriver à Roman Polanski. Qu’il bénéficie d’un non-lieu pour vice de forme, qu’il soit condamné, qu’il soit pardonné, qu’on décide qu’il est trop tard, tout me convient, à la seule condition qu’enfin justice soit faite selon le principe qu’elle est la même pour tous. Et que, pour toutes les victimes de viol, on reconnaisse que même si le crime a été commis il y a trente ans, et par un grand artiste qui plus est, cela ne change rien à sa nature.

95 commentaires
1)
couclown
, le 06.10.2009 à 00:47
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La France, comme la Suisse, n’extrade pas ses ressortissants. Cependant, il peut y avoir une demande d’entraide judiciaire d’un pays etranger et la personne recherchee peut etre arretee et jugee dans son propre pays pour un crime commis dans un autre!

Sinon, ca serait un peu facile: Je suis Suisse, je commets une serie de crime en France et je rentre en Suisse… personne ne peut m’atteindre et mes crimes restent impunis.

Heureusement, ca ne fonctionne pas comme ca! Donc, si vraiment la France avait voulu faire quelque chose, elle aurait pu. Visiblement, elle n’a pas voulu.

De meme, le concept de prescription ne s’applique essentiellement qu’aux affaires non jugees. Des lors que Monsieur Polanski a plaide coupable, il est considere comme un fugitif et la prescription ne s’applique de toute maniere pas.

2)
Smop
, le 06.10.2009 à 02:29
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@couclown : En Droit français et sauf erreur de ma part, le prescription s’applique aux affaires jugées (code pénal, livre 1er, titre III, chapitre III, section 1, article 133-2 et suivants).

Quoi qu’il en soit, sur le fond, je suis plutôt en désaccord avec le concept de “crimes imprescriptibles”. Il y a là un relent de “vindicte populaire” peu digne de la Justice.

Pour terminer, je suis assez surpris du ton général de l’article d’Anne Cuneo, étonnamment conservateur, voire même un brin populiste. Quel intérêt aussi de publier une photo d’époque de la gamine si ce n’est celui de vouloir sciemment choquer le lecteur ?

3)
pter
, le 06.10.2009 à 04:26
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@smop: (…) un brin populiste, (…) vindicte populaire…

Je suis assez cul-terreux pour ne pas comprendre les finesses d’esprit de nos loi, mais je garde sur moi des principes, mes principes, et toucher un(e) gosse…je m’en bas les roustons de savoir si oui ou non mon jugement, ou réaction est “peu digne de la justice”, je trouve cela scandaleux qu’un mec comme Polanski, et uniquement parce qu’il a le pognon et les relations ai pu faire sa vie tranquille jusque ici. @Anne: la légende de la photo “et voila Roman Polansi a l’époque”, Polansi maque le “k”.

4)
Inconnu
, le 06.10.2009 à 05:17
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Tu as raison, Anne. Que justice se fasse. Un viol est un crime qui doit être puni, meme 30 ans après. La fuite est une circonstance aggravante.

5)
Inconnu
, le 06.10.2009 à 06:10
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Je suis personnellement contre l’imprescritibilité des crimes et délits, quelque soient leur nature. A ce sujet, qui peut m’expliquer l’origine de ce concept juridique?

6)
Inconnu
, le 06.10.2009 à 06:20
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smop: c’est la premiére fois dans cette histoire que je vois la photo de la jeune fille en question. On n’a vu guère que des photos de Polanski. C’est utile de voir la victime, afin de mieux apprécier l’horreur des actes de Polanski. Tant mieux si ca choque, au sens positif du terme.

7)
THG
, le 06.10.2009 à 06:21
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Ce qui me sidère dans cette affaire, c’est que cet homme ait pu circuler librement pendant toutes ces années, faire des films, participer à des festivals, donner des interviews à la TV et s’afficher aux côtés de politiques et autres VIP sans être inquiété de quoi que ce soit, alors qu’il était réclamé par la justice d’un pays démocratique.

Il faut, certes, se méfier du déferlement médiatique et se garder de juger à l’emporte-pièce, mais je ne peux qu’être d’accord avec ce billet.

8)
Okazou
, le 06.10.2009 à 06:42
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« Roman Polanski, un grand artiste, aurait-il dû se voir appliquer un traitement spécial du fait que c’est un grand artiste, et que les faits qu’on lui reproche sont vieux de 30 ans? »

Présenter les choses ainsi c’est donner son point de vue sur la question en même temps qu’on la pose.

Cela dit, le problème est posé du viol et de l’imprescriptibilité d’un crime. Contrairement à Renaud-5, je pense qu’il est une forme de crime imprescriptible en l’espèce du crime contre l’humanité, qui est la négation de l’homme, et peut-être du crime de guerre mais moins sûrement.

Quant au viol, s’il est particulièrement indéfendable lorsqu’il est commis sur un mineur, il ne constitue pas un crime contre l’humanité, le violeur s’attaquant généralement à une victime unique pour abuser d’elle sexuellement. Sauf cas de viol en tant que crime de guerre comme on l’a vu pratiqué en Yougoslavie.

C’est cet acharnement de la justice US sur un prévenu de 30 ans qui me gêne. Une justice de croyant : « Œil pour œil, dent pour dent. » Une telle justice ne vaut pas mieux que les coupables qu’elle emprisonne. Zéro.

Roman Polanski, quant à lui, ne doit pas profiter de sa célébrité et encore moins de ses relations pour tenter d’échapper à la justice.

Ce qui me gêne encore c’est ce traquenard tendu par la justice suisse à cet homme. La délation, ce côté dénonciateur pour le compte d’un tiers. On guettait son arrivée pour le refiler aux mains des Américains. Personne pour prévenir discrètement Polanski de rester à l’abri. Je n’aime pas la chasse à l’homme (sauf en cas de crime contre l’humanité où elle peut être nécessaire) et encore moins les sournois. C’est bas.

9)
Okazou
, le 06.10.2009 à 06:52
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« Essayez de vous imaginer que c’est arrivé à un de vos enfants, vous verrez si vous pensez encore que vous avez à faire à un grand artiste. »

Quelle confusion !

Polanski est certainement un affreux violeur, il n’en reste pas moins un grand artiste. Il faudrait peut-être ne pas trop s’éloigner de la raison si l’on veut maintenir ici un débat d’une certaine tenue.

On parle de justice, on n’est pas dans un délire people.

10)
fxc
, le 06.10.2009 à 06:56
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C’est cet acharnement de la justice US sur un prévenu de 30 ans qui me gêne. Une justice de croyant : « Œil pour œil, dent pour dent. » Une telle justice ne vaut pas mieux que les coupables qu’elle emprisonne. Zéro.

Ce qui me gêne encore c’est ce traquenard tendu par la justice suisse à cet homme. La délation, ce côté dénonciateur pour le compte d’un tiers. On guettait son arrivée pour le refiler aux mains des Américains. Personne pour prévenir discrètement Polanski de rester à l’abri. Je n’aime pas la chasse à l’homme (sauf en cas de crime contre l’humanité où elle peut être nécessaire) et encore moins les sournois. C’est bas.

comme d’habitude vraiment gaucho-bobo, c’est quand même aussi de la pédophilie…

11)
Inconnu
, le 06.10.2009 à 06:58
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Okazou: je me suis relu, ca devait être la manque de café. Je suis bien évidemment contre tout prescription de crime, que ce soit l’extermination nazie ou un viol sur mineur.

12)
Okazou
, le 06.10.2009 à 07:05
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« comme d’habitude vraiment gaucho-bobo, c’est quand même aussi de la pédophilie… »

Le gaucho-bobo te dit bien des choses qu’il te laisse imaginer.

La pédophilie change quoi à l’affaire ? C’est le viol, qui est condamnable. On ne viole pas.On ne viole personne. Point.

13)
Okazou
, le 06.10.2009 à 07:09
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« Je suis bien évidemment contre tout prescription de crime, que ce soit l’extermination nazie ou un viol sur mineur. »

Tu as donc, en fin de compte, une position plus dure que la mienne.

Pourquoi suis-je favorable à l’imprescriptibilité des seuls crimes contre l’humanité ? Pour une raison majeure : pour que ce crime, le pire de tous, puisse se distinguer des autres.

Ainsi un viol, même d’un enfant, serait plus grave qu’un crime contre l’humanité ? Je ne peux l’admettre. Et c’est en cela que Suisse et USA, le jour où ils ont décidé de mettre ces deux crimes sur un pied d’égalité ont fait une énorme connerie. À croire qu’ils ne se rendent pas bien compte de ce qu’est un crime contre l’humanité.

15)
Madame Poppins
, le 06.10.2009 à 07:32
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Supprimer la prescription est une fausse victoire pour les victimes : comment feront-elles pour apporter la preuve de faits remontant à des dizaines d’années ? Elles n’y parviennent parfois pas lorsque les faits remontent à une année !

Les victimes se sentiront donc trahies une nouvelle fois lorsque, faute de preuves, un non-lieu sera prononcé.

En outre, les actes d’ordre sexuel sont, par essence, un “tête-à-tête” : ça sera la parole de l’un contre la parole de l’autre.

Finalement, quelqu’un peut-il m’expliquer pourquoi le viol d’une fillette de quatorze ans doit être imprescriptible mais que la “tournante” dans une cave par six mecs sur une jeune femme de 18 ans et demi ne doit pas l’être ?

Devraient être imprescriptibles uniquement, à mon sens, les crimes contre l’humanité.

Sur ce, mes pensées vont à toutes les victimes de telles affaires.

Bonne journée,

16)
Philob
, le 06.10.2009 à 07:53
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Après, c’est toujours facile de parler de : “la manière”, “un complot”, “il était guetté”, mais la police agit toujours ainsi, il y a toujours une préparation discrète, le choix du lieu et du moment est décisif pour arriver au meilleur résultat qui est l’arrestation de la personne soupçonnée. Il me semble que d’arrêter M. Polanski ce n’est pas encore le juger.

Le problème vient plutôt que l’on aime ses films et que ça nous gêne que derrière le réalisateur il y a peut-être une être abject et violeur. Comment apprécier une oeuvre et détester certains aspects du créateur de l’oeuvre ? Mais ça, c’est un problème de conscience personnelle et cela n’a rien à voir avec le cas “technique” de l’application d’une loi et d’une convention entre deux pays.

Merci Anne de nous faire un récit court mais très précis, nous rappelant que Samantha n’a pas pardonné, que le mandat d’arrêt était toujours d’actualité (et réactualisé régulièrement), qu’il a failli être arrêté en Autriche (donc pas de lien Suisse-USA-UBS), qu’il a fuit un jugement, qu’il aime les très jeunes filles et s’en vante presque (donc c’était pas une fois, un accident, mais bien une tendance).

Et je trouve normal, ici, sur CUK, qu’Anne après nous avoir fait partager son enquête neutre, se permette de dire son opinion personnelle, ce n’est pas un article, c’est une “discussion”.

Anne, je suis 100% d’accord avec toi, et je te remercie pour ton enquête très complète et très bien écrite.

J’ai toujours détesté et combattu (et je continue à le faire) les différences de traitement, riche, pauvre, inconnu, célèbre, etc. De plus parler de la manière, c’est vraiment ergoter, car quand il a commis le viol, il y a eu aussi manière, il y a aussi eu préparation (ambiance, boissons alcoolisées, utilisation de sa célébrité), et pour un seul but : assouvir sexuellement ses pulsions pédophiles. Alors, l’attendre à l’aéroport, dans un pays qui a une convention avec les USA, profiter que c’est une personne célèbre qui vient recevoir un prix pour l’arrêter, c’est surtout malin et efficace. Si seulement tous les criminels et les personnes accusées (et pas à tort dans ce cas, puisqu’il a avoué) seraient tôt ou tard arrêtées et jugées, la justice ne peut exister que si elle est efficace et exemplaire. Pour moi cet arrestation est exemplaire.

17)
Sébastien Pennec
, le 06.10.2009 à 08:04
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Merci Madame Poppins: tu as écrit exactement ce que je pensais…

L’imprescriptibilité s’applique à ces crimes, en Suisse, à cause d’une votation populaire. Votation qui, comme le montre certains commentaires ci-dessus, a été très émotionnelle. Les gens ont voté avec leurs émotions, hors la loi ne doit pas être fabriquée sur le coup de l’émotion, mais après une réflexion juridique.

Maintenant, en Suisse, un acte d’ordre sexuel n’est pas prescrit, mais un meurtre l’est… et ce n’est qu’un exemple d’incohérence provoquée par cette votation.

18)
jibu
, le 06.10.2009 à 08:17
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Merci Anne pour le tour de cette histoire surréaliste. Enfin une personne du milieu du spectacle qui a garder la tête sur les épaules.

19)
ysengrain
, le 06.10.2009 à 08:31
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Quelle confusion ! Polanski est certainement un affreux violeur, il n’en reste pas moins un grand artiste.

je dirais même plus: Polanski est certainement un grand artiste, il n’en reste pas moins certainement un affreux violeur !!! et que je sache, à ce jour il n’a pas payé pour ça (si toutefois ce type de compte peut être soldé).

Quelle que soient ses qualités, quels que soient ses antécédents (le ghetto de Cracovie, l’assassinat de ses parents par les nazis, l’assassinat de Sharon Tate son épouse enceinte) il doit passer en jugement quand bien même Samantha a “pardonné”. En violant cette jeune fille, il a franchi une limite que tout un chacun doit s’imposer: le respect dû à l’autre. Franchir cette ligne ainsi que Polanski l’a fait, touche à la destruction de l’ineffable et ne pourra sans doute jamais être réparé. Polanski même condamné à X années de prison, Samantha n’oubliera jamais, sans doute, ces moments là, où Polanski a franchi cette limite-là.

Malgré l’admiration que j’ai pour l’artiste, je ne peux m’empêcher de penser que ce type est un malade mental, à tout le moins un salaud.

20)
Anne Cuneo
, le 06.10.2009 à 08:59
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Supprimer la prescription est une fausse victoire pour les victimes : comment feront-elles pour apporter la preuve de faits remontant à des dizaines d’années ? Elles n’y parviennent parfois pas lorsque les faits remontent à une année !

Les victimes se sentiront donc trahies une nouvelle fois lorsque, faute de preuves, un non-lieu sera prononcé.

Je n’avais jamais vu la chose comme ça, mais je pense tout de même, après avoir parlé avec des spécialistes, que la prescription au bout de dix ans est tout aussi frustrante pour quelqu’un qui n’arrive à parler que de nombreuses années après le crime. Peut-être qu’il y aura non-lieu sur le plan judiciaire, mais le viol aura été dénoncé publiquement. Je crois avoir compris que c’est un besoin profond.

Par ailleurs, il est vrai que le viol par Polanski n’ayant jamais été jugé, il ne pouvait même pas être prescrit, sinon par tous ceux qui, dans une mentalité très «ancien rgime» pensent que la notoriété, notamment artistique, excuse tout.

Même si je passe là pour la populiste que je ne suis pas, je ne peux pas oublier ce genre de choses, même si je me trouve face à un grand artiste. En tant qu’artiste, on n’est dispensé de rien.

Enfin une personne du milieu du spectacle qui a garder la tête sur les épaules.

J’ai été très étonnée qu’il en soit ainsi. D’autant plus que l’opinion des citoyens a tout de suite été à 70% pour qu’on n’excuse pas un artiste du simple fait qu’il est artiste. Les sondages ont été unanimes à travers l’Europe.

21)
Anne Cuneo
, le 06.10.2009 à 09:05
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Malgré l’admiration que j’ai pour l’artiste, je ne peux m’empêcher de penser que ce type est un malade mental

En parcourant les épisodes de sa vie pour écrire cette humeur, c’est la sensation que j’ai eue: ses malheurs très réels ont eu sur lui des conséquences qu’il aurait fallu soigner. Mais (j’ai lu vite, il est vrai) nulle part il ne m’a paru en être question, le talent et le succès recouvrent tout.

23)
jeje31
, le 06.10.2009 à 09:15
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Bonjour et merci Anne pour cet article qui remet les choses en place.

Je crois pour ma part qu’il y a une erreur à essayer d’atténuer sa responsabilité en sortant le contre-argument du “ce n’est pas un crime contre l’humanité”. Pourquoi lancer une comparaison aussi inutile que vaine ? D’ailleurs, R. Polanski n’encourt pas les mêmes peines, il ne sera pas condamné à perpétuité ni même condamné à mort (je ne sais si la Californie maintient toujours cette peine).

Quant au talent de l’artiste, que vient-il faire là ? Oui, j’ai adoré “Le Pianiste” et je continuerai d’adorer ce film sensible, intelligent et plein … d’humanité. Oui, je considère toujours que “Voyage au bout de la nuit” de Céline est un chef d’oeuvre. Pour autant, je n’absous pas leurs actes, odieux et abjects.

Quant aux premières réactions de MM. Kouchner et Mitterrand, elles m’ont tout simplement affligé.

24)
ElGeko
, le 06.10.2009 à 09:22
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Bon, ok, Polanski est un grand maître du cinéma, il est génial, il a eu une vie difficile, extraordinaire, pas la même que le commun des mortels, c’est un homme extra-ordinaire (je sépare exprès), ok, ok, ok. Mais il a un gros défaut: il est pédophile et en plus, il viole celle(s) qu’il ne peut avoir par consentement. Ha oui, quand-même hein! C’est pas rien le viol de mineur(e)(s), si?

Non!

C’est même très grave, faut arrêter le délire un peu.

Si Max Pecas (ou Jean-Rollin, ou celui que vous voulez) avaient fait pareil, on n’en ferait pas tout un plat! Il serait déjà en tôle. Et tout le monde les vilipenderait sans vergogne. Parce qu’ils ne sont pas des cinéastes géniaux, c’est ça? Donc, ce qui ferait la différence, c’est la qualité professionelle d’untel ou d’untel? N’importe quoi évidemment.

Au début, moi aussi, j’ai crié à l’outrage devant son arrestation. Quel scandale tout de même! Et chez les méchants Suisses en plus, déjà qu’ils donnaient au fisc les infos des sala*ds de riches, rhalala!!!!

Mais en y réfléchissant, en accumulant les faits réels (et pas les fantasmes pseudo artistiques) —et en passant, merci Anne, pour le lien de la déposition de la jeune fille— j’ai choisi mon camp (pour ce que ça a d’importance, anyway!): Polanski doit être jugé pour ce qu’il a fait, tout “génie” soit-il.

Tout se retrouve dans la vie, j’ai toujours pensé. On ne peut s’affranchir de ses actes, tout vilains qu’ils soient, sous prétexte qu’on est parmi les meilleurs dans son métier, quel qu’il soit (le meilleur boulanger du monde aurait-il moins de valeur que le meilleur cinéaste du monde?).

S’il est vrai que la vie permet de se changer, de s’amender, de se bonifier —éventuellement, et heureusement— celà ne remplace pas la justice des hommes pour les actes les plus vils, les travers les plus malsains.

Et que l’on vienne pas me dire qu’il s’agit d’une erreur de jeunesse de la part de Polanski: il avait 43 ans, lui!

25)
Anne Cuneo
, le 06.10.2009 à 09:24
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Merci marief! Après avoir lu l’article de Maître Eolas il faut que je me corrige: il n’y a pas imprescriptibilité des crimes sexuels en Californie, mais le judiciaire peut prolonger le délai de prescription en restant actif, ce qui est le cas depuis 30 ans – c’est pour cette raison que le mandat d’arrêt a constamment été remis à jour. Mais lisez plutôt Maître Eolas – très bel article, très complet.

26)
Eniotna
, le 06.10.2009 à 09:28
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Je plussoie Seb du 17 au-dessus: merci madame Poppins, tu me l’as ôté du clavier. Je me trompe ou non, si je comprends qu’en l’état actuel du droit suisse, le coupable aura tout intérêt à tuer sa victime s’il veut échapper à l’imprescriptibilité?

Une chose me trouble avec le recul d’une semaine: dans cette affaire, c’est comme si les gens étaient passés de l’analogique au numérique d’un seul coup: les nuances n’ont plus cours, tout est blanc ou tout est noir, la vie n’est faite que de 1 d’un côté et de 0 de l’autre. Soit on se précipite tête la première en hurlant au crime de lèse-Polanski façon Frédo-le-neveu-à-son-Tonton, soit on sort la boîte à outils pour commencer à monter l’échafaud dans la halle de la gare de Zurich.

On n’a pas beaucoup vu, entendu ni lu de journalistes faisant l’effort de replacer l’affaire dans son contexte, d’en analyser les tenants et les aboutissants. L’émission hebdomadaire de l’excellent site Arrêt sur images, consacrée vendredi dernier au sujet, arrive donc à point nommé. Daniel Schneidermann avait invité sur son plateau Bruno Icher, critique cinéma à Libération, fin connaisseur du cas Polanski, et Me Eolas, avocat et blogueur, qui s’est intéressé de près aux raisons de l’arrestation du cinéaste. Celui-ci, très lu dans son milieu comme par les profanes, a souvent des avis assez tranchés, pertinents et solidement étayés. Il affirme notamment dans l’émission, visible ici (accès payant) ne pas voir dans le forfait de Polanski un acte pédophile: «Pour le dire très brutalement, 13 ans, pour un pédophile, c’est le troisième âge!» Un point de vue qui pour le moins fait tache dans le consensus oie blanche vs diable en personne…

Car il faut tout de même se remettre dans le contexte de cette époque où les ravages du sida n’étaient pas encore survenus, et où les nymphes évanescentes de David Hamilton fleurissaient sur tous les murs.

Néanmoins, qui s’interroge sur la responsabilité des parents de la mineure abusée? Auriez-vous confié votre fille de 13 ans, pour des photos ouvertement légères, dans une villa isolée, sans surveillance, à un personnage amplement connu pour, disons, son sens aigu de la convivialité débridée et son appétence marquée pour la chair fraîche? Mineure qui, comme il ressort de sa déposition (lien dans l’article d’Anne), n’était déjà plus novice – s’agissant aussi bien de la prise de substances diverses que d’acrobaties copulatoires imaginatives… Et que penser du fait qu’une fois le forfait accompli, elle soit sagement retournée s’asseoir sur le canapé du salon en attendant que Polanski soit prêt à la raccompagner chez ses parents en voiture?

Et qui s’interroge sur le rôle trouble du juge Rittenband qui, après avoir négocié le plaider-coupable (qui, en droit américain, et californien en l’occurrence, est une pure base de négociation et ne préjuge en rien de la véritable culpabilité du prévenu – mais, s’il y a un juriste dans la salle, qu’il me remonte les bretelles si je me trompe), s’est empressé de n’en tenir aucun compte pour bien se faire mousser aux dépens d’un abominable gauchiste, pis encore étranger, et satanique qui plus est, puisque déjà coupable d’avoir commis «Rosemary’s Baby» et autres brûlots?

Tout cela n’ôte certes rien à la culpabilité du cinéaste, et il fallait bien un jour ou l’autre crever l’abcès, même si après plus de trente ans le pus risque d’éclabousser loin à la ronde. Mais, sachant que justement Roman Polanski venait dans notre pays sans crainte, le risque était tout de même assez minime qu’il disparaisse dans la nature à l’issue de la soirée à laquelle il était convié. Qu’aurait perdu la police à laisser se dérouler la fête comme prévu et à attendre de cueillir Polanski le lendemain, plus discrètement mais tout aussi efficacement?

Je ne m’étendrai pas sur la démonstration flagrante que fait cette histoire du mépris dans lequel est tenue la culture dans notre pays, qui n’a de valeur aux yeux de nos politicards en pantoufles et bretelles que si elle ramène du fric tout en ne faisant pas trop réfléchir, comme on peut le constater régulièrement. Mais peut-on aujourd’hui déjà mesurer le tort irréparable causé à tous ces artistes, à tous ces dissidents opprimés dans leur propre pays, qui jusqu’à présent n’avaient que les invitations à l’étranger pour s’exprimer en toute liberté sans crainte de rétorsion? Quel signal la Suisse leur donne-t-elle, ce pays censément neutre, ce pays dit des droits de l’homme, ce pays qu’on sait désormais prêt à baisser son froc sans discuter devant le premier Kadhafi venu?

Ah, si Roman Polanski s’était appelé Marc Rich, peut-être que la Suisse se serait montrée un peu moins rigide…

27)
Inconnu
, le 06.10.2009 à 09:48
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Pour ma part, Polanski doit être jugé. Il a reconnu avoir commis un crime (imprescriptible en Suisse, je ne sais toujours pas pourquoi, et surtout quels sont les imbéciles qui ont voté oui), et il a ensuite fui les USA. Techniquement, il a été autorisé à sortir des USA, mais il n’y est pas revenu. Peut-on qualifier cela de fuite ? Là n’est pas le débat…

Mais il n’empêche qu’aucune immunité ne doit être accordée à personne dans un état de droit, même le corps diplomatique, gouvernemental, etc. L’arrestation a été faite avec bassesse, mais bon… A force de courir, il fallait bien que Polanski soit arrêté un jour. Le passé nous rattrape toujours.

Il a commis un crime, il doit être jugé. Point barre. Les conditions de son arrestation n’ont pas à rentrer en ligne de compte. Comme le dit jeje31 (23), les réactions des ministres français sont proprement scandaleuses et indignes de personnes formant le gouvernement d’un état de droit.

28)
ToTheEnd
, le 06.10.2009 à 09:53
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Je ne suis pas juriste et ne vais donc pas m’étendre sur l’aspect juridique de cette affaire… je sais juste que tous les pays ou presque n’extradent pas leurs ressortissants.

Par contre, l’homme que je suis se dit qu’il faut tout de même avoir un problème pour qu’un mec – artiste ou non – de 40 balais veuille baiser et sodomiser une gamine de 13 ans.

J’aimerais partager mon effarement quand plusieurs personnages en vue ont commencé à faire des commentaires sur cette affaire… tantôt parlant de scandale, de trahison, de calomnie, etc. y compris des gars comme Woody Allen qui dans le fond devrait partager la même cellule que Polanski… ou une chambre capitonnée.

Pour moi, cette affaire prouve bien à quel point certains milieux sont déconnectés de la réalité… et je reste les bras ballants quand je lis qu’on aurait pu attendre la fin du dîner, attendre qu’il ait fini de digéré, qu’il emballe son prix, passe au toilette, etc. et qu’il faut se remettre dans le contexte de ces années là…

Il y a environ 20’000 mandats d’arrêt internationaux dans les systèmes de la police suisse… j’aimerais savoir combien de ces mandats ne sont pas appliqués alors que le recherché est sur notre sol?

T

29)
jeje31
, le 06.10.2009 à 10:02
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Mineure qui, comme il ressort de sa déposition (lien dans l’article d’Anne), n’était déjà plus novice – s’agissant aussi bien de la prise de substances diverses que d’acrobaties copulatoires imaginatives…

Un peu allumeuse, aussi ?

Cet argument, comme celui du prétendu talent de Polanski, est vain pour décider du fait qu’il doit être jugé : il doit l’être et pour cela il n’y avait pas d’autres moyens que de l’arrêter puisque il a refusé de retourner aux USA (et même, encore plus fort, demandé à l’annulation de la procédure).

L’argument sera utilisé voire pris en compte pour l’énoncé de la sentence.

30)
tavril
, le 06.10.2009 à 10:03
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Néanmoins, qui s’interroge sur la responsabilité des parents de la mineure abusée? Auriez-vous confié votre fille de 13 ans, pour des photos ouvertement légères, dans une villa isolée, sans surveillance, à un personnage amplement connu pour, disons, son sens aigu de la convivialité débridée et son appétence marquée pour la chair fraîche? Mineure qui, comme il ressort de sa déposition (lien dans l’article d’Anne), n’était déjà plus novice

—> et alors ? même si une gamine de 13 ans se fout à poil devant toi et te demande de la sauter, en tant qu’adulte (+ de 40 ans tout de même à l’époque des faits !) tu dois juste t’éloigner. c’est toujours la même excuse “je l’aurais pas violé si elle s’était pas habillée comme une pute” ! ben voyons …

oui cette affaire est “binaire”, c’est tout noir, y a pas de nuance de gris ! Arrêtons de chercher des excuses, des circonstances atténuantes : l’époque (30 ans en arrière c’est sur c’est le moyen âge, on sautait les enfants et après on les faisait cuire à la marmite), les moeurs de la jeune fille, etc… Ce type est un pervers. period. artiste, grand pdg, ouvrier à la chaine, wathever : un violeur d’enfant doit être jugé sans prescription.

31)
alec6
, le 06.10.2009 à 10:04
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Merci à Eniotna, M’am Poppins, Marief et Okazou bien sûr (n’en déplaise à ceux qui ont besoin de lunettes pour lire correctement…) qui remettent les pendules à l’heure.

Il est des jours où le côté “Café du Commerce” de Cuk m’horripile !
Tiens, dans le même genre on aurait pu parler de l’Iran et de son fameux Amadinejad…
Et la grippe A au fait, comment va-t-elle ?

32)
chrisb63
, le 06.10.2009 à 10:10
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Bravo Anne pour ton article !!

Et si Polanski s’appelait Dupont Lajoie ?? Est ce que son arrestation choquerait quelqu’un ?? On en parle uniquement parce qu’il a un nom. Sinon au lieu de s’offusquer de son arrestation, on déplorerait qu’il ait fallu tout ce temps. Ce qui est choquant, ce sont les déclarations des ministres français mais elles permettent de comprendre, peut-être, pourquoi il n’a pas été arrêté avant…

33)
jeje31
, le 06.10.2009 à 10:11
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Tiens, dans le même genre on aurait pu parler de l’Iran et de son fameux Amadinejad…

Si c’est pas du “Café du Commerce”, ce genre de disgression !!!

34)
alec6
, le 06.10.2009 à 10:11
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Quand je lis Tavril et d’autres, cela me fait penser à un film, mais je n’en retrouve pas le titre.

Heureusement que nos pays sont tout de même civilisés et qu’il existe une Justice qui même si elle n’est pas parfaite nous met à l’abri de la vindicte obtuse de ces agités prêts à flinguer sans autre forme de procès. Cela ne vous rappelle-t-il pas “l’affaire Outreau” ? Là le juge n’avait pas particulièrement brillé.

PS. Justement Jeje31, c’est très “Café du Commerce”, où l’on ne voit qu’à travers la presse officielle (Pravdas et gratuits) et “son sentiment” que les choses devraient être “comme ça” ma brav’ dam’.

35)
jeje31
, le 06.10.2009 à 10:29
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Heureusement que nos pays sont tout de même civilisés et qu’il existe une Justice qui même si elle n’est pas parfaite nous met à l’abri de la vindicte obtuse de ces agités prêts à flinguer sans autre forme de procès.

Je ne crois pas que les Tavril ou autres n’aient formulé d’autres demandes. Pour ma part, je trouve normal qu’il soit jugé pour son acte dont il sera peut-être acquitté (là sera peut-être d’ailleurs la grandeur de la justice). Mais ce que je trouve insupportable, c’est qu’il ait tout fait pour y échapper et qu’on le défende pour cela.

36)
Madame Poppins
, le 06.10.2009 à 10:41
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Anne, je suis d’accord : une victime a parfois besoin de temps pour trouver la force et le courage de parler. Pour cette raison, j’aurais été favorable à une prescription qui démarre à la majorité de la victime et non au moment de l’acte. Cela laisserait un peu plus de temps, sans pour autant que ce temps devienne infini.

Bonne journée à toutes et tous,

37)
Anne Cuneo
, le 06.10.2009 à 10:41
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Mineure qui, comme il ressort de sa déposition (lien dans l’article d’Anne), n’était déjà plus novice – s’agissant aussi bien de la prise de substances diverses que d’acrobaties copulatoires imaginatives…

Un peu allumeuse, aussi ?

Une chose doit être claire (et du coup un argument balayé): que Samantha ait eu 13 ou 33 ans, qu’elle ait été allumeuse, un peu ou beaucoup, consciemment ou inconsciemment, le fait est que lorsque Polanski s’est attaqué à elle, elle a dit NON, relisez sa déposition ; dans le cas particulier, le fait qu’elle avait 13 ans à compté. Elle avait peur, et elle n’a pas su se défendre. A mon avis, par ailleurs, avoir eu un copain de 16 ans et se trouver face à un prédateur de 43, une figure d’autorité par ailleurs, ça fait une différence. Mais peu importe les détails. A tout ce que Polanski voulait faire et a fait, ELLE A DIT NON. Et quand une femme qui a dit NON est forcée, c’est un viol, condamnable quel que soit son âge et quelles que soient les circonstances.

38)
FredX
, le 06.10.2009 à 10:47
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Finalement, l’article est plutôt dans l’air du temps puisque l’on peut noter de profonds revirements chez ceux qui soutenaient roman polanski.

Il n’est que de voir nos chers ministres tourner casaques dans leurs déclarations.

J’ai aussi pu voir JJ Beneix ardent défenseur au début, avouer qu’il s’était sans doute emballé, avoir réagi trop à chaud, dans le souci de défendre un ami.

J’ai vraiment apprécié sa déclaration, honnête et compréhensible. Si un ami à nous se trouvait dans le même cas, il est vrai que l’on aurait sans doute le réflexe de le défendre dans un premier temps.

Le temps suivant, celui de la réflexion nous amènerait sans doute à plus de nuances. Bref, je pense que le sentiment d’Anne est maintenant celui partagé par la majorité des gens.

39)
Anne Cuneo
, le 06.10.2009 à 11:00
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Si un ami à nous se trouvait dans le même cas, il est vrai que l’on aurait sans doute le réflexe de le défendre dans un premier temps.

Tu as raison, c’est parfaitement compréhensible.

Ce qui l’est moins, c’est quand, quelques heures plus tard, quand les informations commencent à pleuvoir, des gens du milieux commencent à dire que la fille était consentante (donc pas grave qu’elle ait 13 ans), que physiquement elle en faisait 20 (voir photo, c’est pour tuer cette imbécilité-là que je l’ai mise), que ce n’était pas un viol-viol (j’aimerais qu’on m’explique); et ça c’est presque encore le moins pire. Le pire c’est que la plupart des commentateurs ont tout simplement escamoté Samantha sous le tapis, le message implicite était qu’elle ne comptait pas face au génie.

C’est pour cela que je ne comprends pas que des artistes signent encore l’une ou l’autre des pétitions qui circulent. Le message (explicite, ici) que cela charrie, c’est que le talent excuse tout. Et cela, ce n’est pas à l’avantage du monde culturel, déjà suffisamment méprisé en Suisse sans qu’on provoque les associations d’idées selon lesquels «nous autres» ne sommes pas des gens comme les gens de la rue.

Personnellement, je revendique mon statut de femme de la rue, et le fait que certains disent que j’ai du talent me donne la sensation que je dois être particulièrement exemplaire. Une conception vieux jeu face à la peopolisation de la culture qui ne sert qu’à deux choses: vendre du papier et dévaluer l’esprit et ses activités.

41)
terreorange
, le 06.10.2009 à 11:34
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Personnellement, je vais me contenter de questions :

– les mœurs de la fin des années soixante-dix étaient-elles les mêmes qu’aujourd’hui ?

– alors que la victime a fait une demande début 2009 pour que les poursuites soient abandonnées, quel est l’enjeu de cette affaire ?

– le talent excuse-t-il les crimes ?

– pourquoi a-t-il fallu attendre 2005 pour qu’un mandat d’arrêt international à l’encontre de Polanski soit émis ?

– le fait que l’éthique du juge initialement en charge de cette affaire, mort depuis, ait été gravement mise en cause peut-il avoir un rôle ?

– si Roman Polanski s’était présenté à l’audience du 7 mai 2009 du juge Espinoza reconnaissant le point précédent, la plainte aurait-elle été classée ?

– qui est en charge de la justice ?

42)
Marcolivier
, le 06.10.2009 à 11:41
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Merci Anne pour cet article qui remet les pendules à l’heure, n’en déplaisent à ceux qui sont complaisants avec leur propres vices.

Ce qui me sidère dans cette affaire, c’est que cet homme ait pu circuler librement pendant toutes ces années, faire des films, participer à des festivals, donner des interviews à la TV et s’afficher aux côtés de politiques et autres VIP sans être inquiété de quoi que ce soit, alors qu’il était réclamé par la justice d’un pays démocratique.

C’est à mon avis une des preuves de la corruption morale qui touche les élites en général, qu’elles soient politiques, économiques, artistiques ou médiatiques.

Merci Anne, également pour ton témoignage (39): “(…) le fait que certains disent que j’ai du talent me donne la sensation que je dois être particulièrement exemplaire”.

Ce n’est ni vieux jeu ni dépassé. C’est au contraire être responsable quant à son influence sur autrui. J’ajouterais également: quant à son devoir d’édifier (de sensibiliser ou d’inspirer si on préfère) son prochain, comme c’est à mon avis le rôle de toute élite.

Lorsque les élites, les chefs, les artistes, les figures marquantes tournent le dos à leur responsabilité, on en observe généralement rapidement les conséquences sur la société. On l’a observé dans l’histoire, on le constate avec la crise économique actuelle. J’en tiens pour preuve que si un chef d’entreprise est fraudeur, il est fort probable qu’un certain nombre de ses employés le seront également. L’exemple mauvais de ce chef favorisera ainsi l’instauration d’un climat de corruption, puis d’incompétences et de délabrement moral, d’injustices, de ruine de la confiance, etc. Mais ce petit monde se tiendra tant que la corruption pourra s’étendre, éteignant la voix des critiques.

Il en est de même avec les artistes et autres agents culturels…

PS: Un article provenant du site Commentaires.com qui illustre la crainte de Anne Cuneo quant à la question du mépris et de l’artiste: Affaire Polanski: la déroute des intellectuels

43)
alec6
, le 06.10.2009 à 11:49
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D’accord avec toi Jeje31, je ne juge pas Polansky, la Justice s’en chargera, qu’elle soit accusatoire à l’américaine ou inquisitoire à la française (mes connaissances de droit ne vont pas plus loin !).

Mais dans son cas comme dans celui de l’Iran, de Timissoara, de l’Irak, des élections truquées ici ou là (Bush, Tibéri, Amadinedjad…) je me méfie des “Cafés du Commerce” comme des Pravdas (le Monde, Libé, le Figaro…) et de toutes les théories du complot de ceci ou de cela… donc en bref, j’exprime mon avis sur le contenant (l’INFO) mais pas sur le contenu (même en laisse ! hi hi hi).
A ce propos ont peu se pencher sur l’analyse que Noam chomsky fait de l’INFORMATION justement.

44)
FredX
, le 06.10.2009 à 11:51
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En naviguant sur le web à la suite de cet article je suis tombé sur un fait quand même incroyable !!

Nadine Trintignant (mère de marie) a signé la pétition demandant la libération de Polanski.

Elle qui défendait la dignité de la femme à juste titre lors du meurtre de sa fille par Bertrand Cantat arrive à soutenir un violeur d’une fille de 13 ans…

Y’a vraiment un truc qui va pas !

PS : j’ai lu la déposition de Samantha (lien dans les commentaires plus haut) c’est quand même édifiant ! Il a quand même drogué la jeune fille, et est allé contre son consentement exprimé à plusieurs fois.

45)
ysengrain
, le 06.10.2009 à 12:26
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Un peu allumeuse, aussi ?

A 13 ans, “ça” démange. Si c’est être allumeuse, toutes les gamines de cet âge le sont.

Qu’une fille de 13 ans soit “tentante” au plan du regard et plus, je le conçois très bien, mais en ce qui me concerne, jusqu’à présent, je ne suis jamais allé plus loin. “Pourvou que ça dourre”. Il me parait que c’est là une attitude assez saine et naturelle

46)
huguesh
, le 06.10.2009 à 12:41
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Il faut encore apporter des précisions sur le droit suisse et la fameuse loi sur l’imprescriptibilité des violences sexuelles en Suisse:

1) la nouvelle loi n’est PAS encore en application et quand elle est le sera elle ne s’appliquera pas aux cas étant survenu avant sa mise en place. Ce qui veut dire que si le droit suisse s’appliquait dans le cas de la demande d’extradition pour Roman Polanski, la Suisse refuserait l’entraide.

2) les Etats-Unis sont le seul état avec qui la Suisse a signé une entraide judiciaire où c’est le droit du pays “étranger” qui s’applique et non pas le droit suisse (entre autres dans les délais imprescriptibilité)

3) l’imprescriptibilité est un fondamental du droit européen. Les citoyens suisses en acceptant une exception ont introduit une brèche dans le traitement des délits. Ce qui veut dire qu’en droit suisse et dès que la loi sera appliqué, il y aura imprescriptibilité pour les violences sexuelles, les crimes contre l’Humanité, crimes de guerre et génocide. La liste en elle-même est parlante! Il faut aussi rappeler que cette loi a été combattu par tous les partis suisses (sauf l’UDC) et il a été souligné que cette loi était populiste et démagogique, et ceci en particulier par le corps médical. Comme on oublie vite!

4) Comme le dit très justement ce matin dans le Temps Jacques-Simon Eggly, Roman Polanski n’a pas été traité de manière très “égalitaire”. C’est son statut d’”invité officiel” de la Confédération (puisque le chef de l’Office fédéral de la Culture devait lui remettre un prix) en a fait une “victime” pour les douaniers suisses.

Puisque jusqu’à maintenant en tant que propriétaire et contribuable en Suisse, il n’avait jamais été inquiété par le même Office fédéral de la Justice… Moralité: contribuable et propriétaire discret, ça passe, “star” ça casse! Très suisse cette attitude!!

47)
MondeFormidable
, le 06.10.2009 à 12:54
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Tant pis si je choque, j’assume.

A t’on vu de tels pataquès avec;

– Georges Brassens ? Humour (je précise) = il n’y aura pas de controverses pareille avec “la Jeannne” non ?

A t’on vu de tel pataquès avec William Sheller ?

Il ne me semble pas.

alors maintenant, un peu de lecture comparée :

Georges Brassens :

LA PRINCESSE ET LE CROQUE NOTES

1 Jadis au lieu du jardin que voici, c’était la zone et tout ce qui s’ensuit, Des masures des taudis insolites. Des ruines pas romaines pour un sou Quant à la faune habitant là dessous, c’était la fine fleur, c’était l’élite.

2 La fine fleur, l’élite du pavé, Des besogneux des gueux, des réprouvés Des mendiants rivalisant de tares, des chevaux de retour, des propres-à-rien. Ainsi qu’un croque-note, un musicien, une épave accrochée à sa guitare.

3 Adoptée par ce beau monde attendri, une petite fée avait fleuri Au milieu de toute cette bassesse. Comme on l’avait trouvée près du ruisseau Abandonnée en un somptueux berceau, a tout hasard on l’appelait « princesse »

4 Or un soir Dieu du ciel protégez-nous ! la voila qui monte sur les genoux Du croque note et doucement soupire, en rougissant quand même un petit peu C’est toi que j’aime et si tu veux tu peux, m’embrasser sur la bouche et même pire..

5 Tout beau princesse arrête un peu ton tir, j’ai pas tellement l’étoffe du satyre Tu a treize ans j’en ai trente qui sonnent, grosse différence et je ne suis pas chaud Pour tâter de la paille humide du cachot, mais, croque-note je ne dirai rien à personne.

6 « N’insiste pas fit-il d’un ton railleur, d’abord, tu n’es pas mon genre et d’ailleurs Mon coeur est déjà pris par une grande » alors princesse est partie en courant, Alors princesse, est partie en pleurant, chagrine qu’on ait boudé son offrande.

7 Y a pas eu détournement de mineure, le croque-note au matin de bonne heure, A l’anglaise a filé dans la charrette des chiffonniers en grattant sa guitare. Passant par là quelque vingt ans plus tard. Il a le sentiment qu’il le regrette.

___

Frederic Miitterand, dans Mauvaise vie, 2005, Robert Laffont

« J’ai pris le pli de payer pour des garçons […] Évidemment, j’ai lu ce qu’on a pu écrire sur le commerce des garçons d’ici .[…] Je sais ce qu’il y a de vrai. La misère ambiante, le maquereautage généralisé, les montagnes de dollars que ça rapporte quand les gosses n’en retirent que des miettes, la drogue qui fait des ravages, les maladies, les détails sordides de tout ce trafic. Mais cela ne m’empêche pas d’y retourner. Tous ces rituels de foire aux éphèbes, de marché aux esclaves m’excitent énormément […] On ne pourrait juger qu’un tel spectacle abominable d’un point de vue moral, mais il me plaît au-delà du raisonnable […] La profusion de jeunes garçons très attrayants et immédiatement disponibles me met dans un état de désir que je n’ai plus besoin de réfréner ou d’occulter.

ET LISEZ BIEN : L’argent et le sexe, je suis au cœur de mon système, celui qui fonctionne enfin car je sais qu’on ne me refusera pas. »

____

Alors faut-il s’étonner que ce “milieu” fasse tout pour que “un système fonctionne où on leur refuse rien” ?

Moi cela ne m’étonne pas du tout, même si l’envie de vomir, la nausée, est “dépassée”… tant…

Philippe Bigeard

48)
huguesh
, le 06.10.2009 à 12:58
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PS: Et dès demain dans les salles alémaniques et à Carouge “Roman Polanski: Wanted & Desired”, documentaire qui (dé)montre l’affaire et son aspect judiciaire si américain

49)
tavril
, le 06.10.2009 à 13:09
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@ alec6 : comme tu dis, heureusement qu’il y a une justice, et j’espère juste qu’il y passe !

Où tu as lu que j’étais (“on était”, les agités) prêt à “flinguer” ce gars sans autre forme de procès ?! je pense que c’est un pervers ? oui, et je le répète encore une fois. Mais ça ne veut pas dire que je réclame vengeance, bûcher, etc…. je souhaite qu’il soit jugé pour ses actes (même datant de 1978), et j’espère qu’aucun argument fallacieux pour sa défense ne sera pris en compte; car les “gamine consentante”, “c’est un artiste de renommée mondiale”, “l’époque était différente”, ça c’est honteux.

50)
jeje31
, le 06.10.2009 à 13:17
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Concernant mon ajout “Un peu allumeuse” : il était évidemment ironique par rapport au commentaire de Eniotna laissant entendre qu’elle n’était pas novice. C’est un commentaire que l’on entend souvent dans ce genre d’affaire, assez pitoyable en réalité.

Anne, entièrement d’accord avec toi, l’âge importe peu pour ce qui est de la culpabilité de Polanski. C’est juste un élément aggravant à mon avis.

PS : je regrette juste que ta citation(37) mélange mon trait ironique avec le commentaire d’Eniotna alors que j’avais pour but de m’inscrire en faux contre cette façon de présenter les choses (mais je m’y suis sans doute mal pris)

51)
Goldevil
, le 06.10.2009 à 13:28
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Ce qui m’a étonné ce n’est pas tant l’indignation de certain artistes et/ou amis de Polanski qui ont réagit immédiatement. On a toujours tendance de réagir instinctivement envers les gens que l’on connaît et qu’on apprécie.

Par contre, je trouve assez dommage que des hommes politiques français comme Mitterand ou Kouchner se sont exprimés ainsi sans peut-être mieux mettre en perspective l’ensemble des faits.

Dans les premières heures suivant la nouvelle, avec le peu d’informations précises données par les média en continu (tv, radio, web) j’avais l’impression confuse qu’il y avait une grosse injustice envers Polanski. Je n’ai vu que des gens indignés d’un tel complot. Une fois un article plus complet entre les mains, j’ai pu enfin juger sur des informations complètes. Dans notre société médiatisée le traitement de l’information est parfois bâclé et donne plus de voix à des avis finalement minoritaires. Vive la presse écrite !

52)
Caplan
, le 06.10.2009 à 13:38
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Nadine Trintignant (mère de marie) a signé la pétition demandant la libération de Polanski.

Elle qui défendait la dignité de la femme à juste titre lors du meurtre de sa fille par Bertrand Cantat arrive à soutenir un violeur d’une fille de 13 ans…

Ah, le corporatisme aveugle! Encore heureux que Hitler était mauvais peintre! Sinon, on aurait trouvé des artistes pour le défendre…

Milsabor!

53)
ggkrail
, le 06.10.2009 à 13:46
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A ceux qui défendent Polanski par le biais de ce forum: – quel est le problème de l’imprescriptibilité dans cette affaire? Comme déjà écrit, ceci ne s’applique pas aux actes antérieurs à la votation. Je vote rarement UDC, mais sur ce coup-là, je l’ai fait et j’assume entièrement. – pourquoi ne devrait-il pas être jugé pour un crime commis? lisez bien, j’ai écrit jugé et non comdamné; peut-être sera-t-il acquitté, ce qui ne me choquerait pas plus qu’un chauffard assassin condamné à une peine pécuniaire (ce que l’on voit assez régulièrement), mais au moins justice aura été rendue. – pourquoi chercher des excuses à ce brillant artiste? (responsabilité des parents de Samantha, autre époque, milieu artistique particulier, et pire encore: Samantha a déjà eu des relations, etc…) Pour moi en effet, cette affaire est binaire: crime il y a eu, justice il doit y avoir. Ensuite, acquitté ou coupable, les juges trancheront et à ce moment seulement les discussions du café du commerce pourront recommencer. Bonne journée

54)
Alain Le Pourhiet
, le 06.10.2009 à 14:10
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Bonjour, Voir ici mon message : http://alepour.free.fr/site-texte/textes_2.htm#polanski

On lira ci-dessous la réponse que me fait un responsable du DFJP – EJPD, suite à mon envoi de ce même message au ministre suisse de la Justice :

_Votre courriel nous est bien parvenu et nous vous en remercions. Nous prenons acte de vos observations sur l’arrestation de Roman Polanski, qui appellent de notre part les commentaires suivants:

Roman Polanski a été arrêté le samedi 26 septembre 2009, au soir, à son arrivée à Zurich, sur la base d’un mandat d’arrêt émis par les Etats-Unis. Il a été placé en détention provisoire à des fins d’extradition.

Les autorités américaines reprochent à Roman Polanski des actes d’ordre sexuel avec des enfants dans une affaire s’étant déroulée à Los Angeles en 1977 et impliquant une jeune fille de 13 ans.

C’est depuis la fin de 2005 que les autorités américaines recherchent activement Roman Polanski. Le mandat d’arrêt à son encontre avait été émis par les Etats-Unis en 1978 déjà.

La question de la prescription doit être examinée sous l’angle du droit de l’Etat requérant (conformément au traité d’extradition liant la Suisse et les Etats-Unis). Or selon le droit américain, les faits reprochés à Roman Polanski ne sont pas prescrits. Le fait que l’infraction dont est accusé Roman Polanski serait déjà prescrite selon le droit suisse en vigueur ne constitue pas un motif de refus dans les relations extraditionnelles entre la Suisse et les Etats-Unis. Conformément à l’art. 5 du traité d’extradition entre la Suisse et les Etats-Unis (RS 0.353.933.6), la prescription ne peut fonder un refus d’accorder l’extradition que si les faits sont prescrits selon le droit de l’Etat requérant, en l’occurrence des Etats-Unis.

Des millions de mandats d’arrêt sont en cours dans le monde. Rien qu’en Suisse, on en compte des dizaines de milliers. Il n’est pas concevable que la police fasse des recherches actives concernant tous les mandats d’arrêt émis par d’autres pays. Toutefois lorsque la police de l’Etat qui a émis le mandat fournit, en plus de celui-ci, des informations concrètes permettant d’appréhender la personne recherchée, la police de l’Etat requis est tenue d’agir. La Suisse n’en attend pas moins des pays étrangers lorsque c’est elle qui lance un mandat d’arrêt contre une personne. Ce principe est un fondement important de la coopération policière internationale. S’il n’était pas respecté, les personnes recherchées pourraient systématiquement se soustraire à la justice._ Meilleurs salutations

55)
Okazou
, le 06.10.2009 à 17:51
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« Après, c’est toujours facile de parler de : “la manière”, “un complot”, “il était guetté”, mais la police agit toujours ainsi, il y a toujours une préparation discrète, le choix du lieu et du moment est décisif pour arriver au meilleur résultat qui est l’arrestation de la personne soupçonnée. »

Il ne s’agit pas ici de l’arrestation d’un citoyen helvétique par la police de son pays mais de la réalisation d’une « commande » d’un pays tiers. La justice US est loin d’être exemplaire et on peut comprendre qu’un prévenu en fuite ne soit pas chaud pour se rendre ni qu’un juge européen soit empressé de lui envoyer des prévenus.

56)
Okazou
, le 06.10.2009 à 17:52
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« En tant qu’artiste, on n’est dispensé de rien. »

C’est sûr mais ne nous focalisons pas sur les artistes et leurs passe-droits. C’est le microcosme des gens riches (ils se reconnaissent parfaitement entre eux) qui est de facto protégé et peut, au moins, bénéficier de traitements de faveur de certains juges ou carrément de la part du pouvoir qui, chez nous du moins, tient la justice dans sa main, au grand dam des magistrats intègres et au détriment du citoyen lambda. Et bientôt, avec la suppression des juges d’instruction, ce petit monde-là sera parfaitement à l’abri, à moins de ne pas pactiser avec le pouvoir. Lèche, lèche, lèche.

Nul besoin d’être une vedette pour être protégé. Voir la criminalité en col blanc, par exemple. Des gens importants et influents économiquement parfaitement inconnus du grand public.

57)
Okazou
, le 06.10.2009 à 17:56
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« Je crois pour ma part qu’il y a une erreur à essayer d’atténuer sa responsabilité en sortant le contre-argument du “ce n’est pas un crime contre l’humanité”. Pourquoi lancer une comparaison aussi inutile que vaine ? »

Où as-tu vu que j’essayais d’atténuer la responsabilité de Polanski ? Au nom de quoi te permets-tu de le prétendre ? Après on comprend mieux que tu ne comprennes pas les évidences.

En effet, si tu ne comprend pas que les peines sont étalonnées par degré de gravité – voir la remarque de Sébastien-17 : « Maintenant, en Suisse, un acte d’ordre sexuel n’est pas prescrit, mais un meurtre l’est… », mais tu ne l’as sans doute pas lu ! – si tu ne comprends pas ce principe de base qu’un voleur de pomme ne peut être puni comme un cambrioleur et qu’un cambrioleur ne peut être puni comme un auteur de crime de sang, qu’au bas de l’échelle se situe le vol de pomme et en haut le crime contre l’humanité, alors je ne peux rien pour toi. Il est grand temps de mettre un peu d’ordre dans ton jugement et l’expression de ton jugement.

58)
Okazou
, le 06.10.2009 à 17:59
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« une victime a parfois besoin de temps pour trouver la force et le courage de parler. Pour cette raison, j’aurais été favorable à une prescription qui démarre à la majorité de la victime et non au moment de l’acte. »

C’est pour cela qu’en France l’imprescriptibilité des crimes sexuels sur mineurs est de 18 ans (sauf erreur de ma part qui serait fort possible) à partir de la majorité légale de la victime, légale et non pas sexuelle.

Il y aurait d’ailleurs beaucoup à dire sur la majorité sexuelle. 15 ans en France, 13 ans en Espagne. 18 ans aux USA ? Dans certains pays la majorité sexuelle des filles et des garçons est différente. Des disparités culturelles qui poussent à réfléchir sur le bien-fondé d’un jugement dans le pays de la victime plutôt que dans celui de l’accusé dont le premier avantage pourrait être qu’un criminel serait moins hésitant à se rendre à la justice de son pays qu’à une justice étrangère. Un sacré nœud de problèmes sur cette réflexion.

59)
Anne Cuneo
, le 06.10.2009 à 18:29
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@jeje31 Tu as raison, jeje, je n’aurais pas dû inclure ta coda ironique dans ma citation, j’aurais dû la traiter à part. Désolée.

Par ailleurs (oui je sais je suis en retard, mais j’étais loin de mon ordinateur), je voudrais dire à propos de Mitterrand et Kouchner et leur intervention instinctive et malheureuse que c’est typique: ce sont deux politiciens non professionnels, ils n’ont pas bien appris le silence prudent, la langue de bois muette, en quelque sorte. C’est révélateur à leur propre sujet de ce qu’ils pensent – mais c’est gros quand on pense qu’ils représentaient le gouvernement français juste la semaine où le débat sur l’imprescriptibilité des crimes sexuels faisait rage à propos d’une femme agressée et tuée. Comme quoi dans ce gouvernement-là aussi, la main droite et la main gauche s’ignorent.

60)
Anne Cuneo
, le 06.10.2009 à 18:59
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On n’a pas beaucoup vu, entendu ni lu de journalistes faisant l’effort de replacer l’affaire dans son contexte, d’en analyser les tenants et les aboutissants.

Pour le bon ordre, j’aimerais tout de même rendre un petit hommage à la presse dominicale zurichoise (quatre journaux), qui dimanche dernier a décortiqué «l’affaire Polanski» de façon très complète, en exposant autant ce qu’elle qualifie de maladresse de la police, la nécessité de cette police de ne pas rater son coup, les antécédents, les réactions trop impulsives des artistes, l’erreur de considérer qu’une affaire vieille de 30 n’avait plus d’importance, etc. etc. Bref, cette presse, dont je conçois que vous ne la lisiez pas, a fait son travail de façon très complète.

61)
François Cuneo
, le 06.10.2009 à 19:14
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Je pense que vous l’avez entendu, lu ou vu, mais la liberté conditionnelle du Monsieur vient d’être refusée.

Non pas pour l’exemple, mais parce qu’en cas d’affaires où l’on parle d’extradition, on ne libère jamais.

Et aussi parce que Polanski risque trop de s’enfuir.

Une fois, pas deux!:-)

Sinon, tout à fait d’accord avec Anne.

Au début, j’ai trouvé cette arrestation pas très correcte, mais après avoir lu un certain nombre d’analyse, je comprends ce qui s’est passé.

62)
Migui
, le 06.10.2009 à 19:59
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Tout dans ton analyse sur cette affaire reflète la parfaite honnêteté intellectuelle, une vertu très rare à notre époque!

Merci, Anne!

63)
jibu
, le 06.10.2009 à 21:25
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au fait Anne ce billet sur cuk signifie-t-il que le temps aurait refusé l’article?

64)
FromStart
, le 06.10.2009 à 22:21
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INCROYABLE… c’est sur Cuk que je trouve enfin un ensemble de faits qui dessinent une toile beaucoup plus précise de l’affaire!!! Merci Anne pour cette enquête. Bien des éléments m’étaient connus, mais résumés ou sortis de leur contexte, je ne pouvais m’y fier. Les nombreuses réactions binaires, dans un sens comme dans l’autre, m’étonnent et m’indignent. Elle ne peuvent qu’être basées sur des premières informations partielles, pas forcément vérifiées, et les conclusions et sont donc d’une subjectivité… hum…absolue. Lorsque l’affaire a éclaté, j’ai été très étonné par la façon de faire des autorités. Comme par exemple le fait qu’il se fasse arrêter à Zurich et non pas plus tôt à Gstaad. Mais sans connaître les circonstances, il restait trop d’éléments dans le flou pour pouvoir juger. Et jusqu’à cet article d’Anne, je n’avais pas encore d’opinion bien définie, bien qu’ayant suivi avec intérêt les informations disponibles dans les médias. Et là… apparaît un amateur de chair fraîche dans toute sa triste splendeur. Mme Poppins, je trouve l’idée de démarrer le délai de prescription à partir de l’âge adulte de la victime vraiment pleine de sens.

65)
Anne Cuneo
, le 06.10.2009 à 22:26
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au fait Anne ce billet sur cuk signifie-t-il que le temps aurait refusé l’article?

Je n’ai pas pensé à le leur proposer ;.)) et ils n’auraient pas pensé à me le demander – peut-être parce que, lorsque j’ai commencé à penser ces choses dans le sens où je les ai écrites, dimanche 27 septembre vers 18 ou 19 heures, ce type de réflexion n’était pas «in»; je savais, à entendre les échos des bien-pensants qui s’indignaient sur le sort de la pauvre victime (Polanski, donc), que mon point de vue ne serait pas accepté. Je me suis fait quelques ennemis, ce soir-là, provisoires, heureusement. Quelques-uns ne m’en veulent plus en silence, d’autres avouent qu’ils ont été hâtifs.

66)
Anne Cuneo
, le 06.10.2009 à 22:31
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INCROYABLE… c’est sur Cuk que je trouve enfin un ensemble de faits qui dessinent une toile beaucoup plus précise de l’affaire!!!

Comment, INCROYABLE??? Mais vous êtes sur Cuk, cher Monsieur, et question enquêtes nous nous posons un peu là… ;-)) C’est du sérieux, ici, Monsieur, c’est du LOURD. Tu as tort, cher FromStart, de ne pas croire en nous. Ein, François? Dis-y, toi aussi!

Sans rire: je suis journaliste et travailleuse culturelle. Ça m’a fait mal pendant huit jours de ne pas pouvoir aligner les faits tous ensemble, car il paraissait évident que si on faisait ce travail, les choses ne prêtaient plus à confusion. Je trouve, pour la profession, que c’est malheureux que tu doives attendre Cuk et ma petite enquête pour avoir tous les faits ENSEMBLE.

67)
Thierry F
, le 06.10.2009 à 23:36
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C’est l’exposé le plus clair sur cette “affaire” qu’il m’ait été donné de lire.

Je ne fais même pas mention des nombreuse interventions orales (radio notamment France Culture) qui ne faisait pas spécialement preuve de rigueur et de sérénité.

Toutefois ce battage médiatique peut se comprendre si l’on analyse l’actualité et l’information au travers de la grille de lecture proposée par Guy Debord,

Merci à vous chère Anne.

68)
jeje31
, le 06.10.2009 à 23:54
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A Oukazou-57

Oui, j’ai bien compris le principe de graduation des peines. Je n’ai sans doute pas ton QI mais il me semble que c’est quand même à ma portée, même quand c’est expliqué par ton auguste personne.

Mais je persiste : se lancer dans ce type de comparaison pour justifier je ne sais trop quoi au juste m’a paru inutile. Désolé si j’ai pu te froisser.

J’aurais aussi apprécié un peu moins d’agressivité dans ta réponse et je ne crois pas qu’en traitant d’imbécile les autres (moi en l’occurrence) tu fasses avancer tes idées.

69)
cerock
, le 07.10.2009 à 09:39
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Merci Anne !!! Depuis le début de cette affaire (enfin la partie suisse) je me demandais vraiment pourquoi tout le monde défendais cet artiste… alors que ce qu’il a fait est vraiment dégeulasse. Et toute ses personnes qui le défendais, j’en était a me demander si j’était normal.

Merci aussi d’avoir diffuser la photo de la victime a l’âge des fait. Franchement, il n’y a aucun doute a avoir qu’il s’agit d’une enfant !!! Même si elle était provocatrice, et a mon avis c’est le sport de beaucoup de jeunes ados.

70)
Roger Cuneo
, le 07.10.2009 à 09:49
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Je prends connaissance de cette humeur et de ses commentaires fort intéressants ce matin seulement, j’étais hier occupé à autre chose.

Je ne peux qu’être en accord avec ceux qui affirment que la justice doit être identique pour tous, génies ou hommes du commun.

Pour consoler ceux qui sont d’un avis contraire, je tiens à les rassurer avec quelques questions:

1 Pensez-vous que Polanski connaisse du fond de sa cellule le sort d’un petit voyou arrêté pour un vol de vélo-moteur?

2 Qu’il partage sa cellule avec quelques truands de grand chemin?

3 Que son menu quotidien soit identique au leur ?

Que les adeptes de Polanski se rassurent, je suis certain qu’il sera traité avec les honneurs dus à son titre.

Et même en Californie, la loi tiendra compte de son talent car ” selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.”

J’a l’impression que ce constat, daté de 1680, doit avoir encore droit aujourd’hui, il n’y a pas. hélas, d’imprescriptibilité en la matière.

71)
RasKal
, le 07.10.2009 à 09:57
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Excellent billet, merci Anne!

l’arrestation de polanski était une chose normale… par contre la méthode était peu “élégante”.

l’arrestation de polanski n’a pas été un modèle d’élégance… par contre ce qu’il a fait à cette jeune fille a été tout à fait anormal!

Aors qu’importe la forme et qu’il soit enfin jugé pour ses actes.

P.S. Merci Alexandre pour le lien du New York times et pour m’avoir inspiré par ton commentaire.

72)
Alexandre
, le 07.10.2009 à 10:23
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Alors qu’importe la forme et qu’il soit enfin jugé pour ses actes.

absolument d’accord. mais, à nouveau, je trouve peu élégant qu’il aie été d’un coté l’invité de la confédération et de l’autre un fugitif… un bel exemple de manque de coordination entre les départements (justice & police, culture), sans parler de l’amateurisme de notre gouvernement en matière de politique extérieure. mais bon, là je parle d’une autre histoire…

PS sinon, en général, le New York Times est une excellente source d’information, variée et critique…

73)
Anne Cuneo
, le 07.10.2009 à 10:50
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je trouve peu élégant qu’il aie été d’un coté l’invité de la confédération et de l’autre un fugitif

Polanski n’avait pas été invité par la Confédération, mais par le Festival.

J’ai aussi trouvé la manière de l’arrestation inutilement provocatrice, au départ, mais il y a beaucoup de mais…

– tout le monde pouvait savoir que P. était un fugitif de la justice américaine, c’est écrit dans beaucoup de textes parus ces 30 dernières années à son propos;

– surtout, lui-même aurait dû savoir qu’il fallait prendre des précautions avant de quitter la France; ce n’est pas qu’il a oublié le risque, puisqu’il évite depuis longtemps d’aller en Angleterre, où il risquait aussi d’être extradé;

– il a lui-même provoqué la réouverture de son propre dossier après qu’un film incroyable ait tenté de le blanchir, généralement en escamotant la victime, et en se basant sur le témoignage d’un homme qui a avoué depuis avoir menti, pour rigoler en quelque sorte, parce qu’il ne s’était pas rendu compte qu’il était dans un film “sérieux”. Du coup Polanski a demandé à ce qu’on annulle la procédure contre lui;

– le tribunal compétent lui a dit qu’il était prêt à revoir son cas, mais que sa présence était nécessaire pour cela, il avait jusqu’au 10 mai pour se présenter, et il a été averti qu’ensuite les autorités agiraient;

– je reste persuadée que s’il était venu en Suisse en voiture (depuis Paris, c’est pratiquement plus rapide qu’en avion), il n’aurait pas été arrêté à la frontière, à peine contrôlée désormais, et pas partout, mais, au pire, après la remise du prix. Je rappelle que la Confédération était OBLIGEE par les conventions internationales qui la lient aux Etats-Unis, d’intervenir (voir Me Eolas, lien plus haut);

– mais il n’a pas pu résister, et comme le dit un des articles que j’ai lus, c’est sa propre vanité qui l’a perdu – le comité de réception, le prix pour l’ensemble de son oeuvre… L’arrogance qui fait que tu penses être invincible.

Devant tous ces arguments, je trouve vain de parler d’élégance et d’opportunité. Je répète la conclusion de mon humeur: ce qui lui arrive, Polanski en est le seul responsable.

74)
alec6
, le 07.10.2009 à 11:02
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@ Tavril… ce qui m’a fait bondir dans ton commentaire c’est le “cette affaire est “binaire”, c’est tout noir, y a pas de nuance de gris” c’est tout.
La justice n’est pas binaire ou du moins ne devrait pas l’être. Par ailleurs les réactions de nos élus, ministres et autres “intellectuels” en France me font bondir tout autant. Mais la France est un pays extraordinaire où les radiations s’arrêtent aux frontières et où les puissants sont au dessus des lois.
Pourquoi la Suisse a-t-elle attendu si longtemps surprend un peu aussi…

75)
alec6
, le 07.10.2009 à 11:08
[modifier]

Devant tous ces arguments, je trouve vain de parler d’élégance et d’opportunité. Je répète la conclusion de mon humeur: ce qui lui arrive, Polanski en est le seul responsable.

Tout à fait d’accord avec toi, est-ce un trait particulièrement français de ne pas accepter la responsabilité de ses propres actes ?

76)
Tom25
, le 07.10.2009 à 13:05
[modifier]

Intéressant sujet, j’étais en déplacement et déjà 75 commentaires !. je dois m’absenter mais j’espère avoir le temps de tout lire ce soir pour participer et donner mon avis … après avoir lu. Car pour l’instant je ne sais pas quoi penser de cette histoire. Un coup les médias disent “mineur de 17 ans consentante” et je me dis que si Roman en avait 18 ou 20 à ce moment là ben le problème n’est si grave. Et après j’entends que la jeune fille ne l’était peut être pas tant que ça, auquel cas… .

77)
MondeFormidable
, le 07.10.2009 à 13:19
[modifier]

Il se dit que : le premier cri de l’enfant, de l’humain après sa naissance, est “NON”.

“NON” c’est “NON”.

Point.

78)
mahjong
, le 07.10.2009 à 13:50
[modifier]

Peut être cette lettre découverte sur le site du Monde peut éclairer d’un autre angle les réactions de nos dirigeants envers cette affaire. Au delà de toute prise de position morale vis-à-vis de l’auteur, cette lettre adressée à nos Ministres Kouchner et Mitterrand est un témoignage poignant et douloureux.

le lien : http://www.lemonde.fr/opinions/reactions/2009/09/30/lettre-ouverte-a-monsieur-kouchner-et-monsieur-mitterrrand_1247376_3232_8.html

80)
ToTheEnd
, le 07.10.2009 à 16:18
[modifier]

mahjong: pas mal du tout cette “lettre”…

J’espère que les conséquences dues aux déclarations de ces deux macaques n’en resteront pas là…

T

81)
alec6
, le 07.10.2009 à 18:53
[modifier]

Désolé d’être (encore) en désaccord avec toi TTE, mais en France, on en restera là ! L’honnêteté et la vertu de nos dirigeant n’est pas la première de leurs qualités. Comme l’écrit si bien le NYT et mieux encore le Daily Mail :“The truth is that the French political establishment has never got used to the idea that its own members, les notables, are subject to the same laws as everyone else”.

On a peut-être les élus qu’on mérite, mais moi, je ne les mérite pas !

82)
Ellipse
, le 07.10.2009 à 18:58
[modifier]

Merci et bravo pour cet article de fond, il a le mérite de clarifier les choses.

J’étais aussi un peu indigné au début de l’histoire, mais à force de trouver des infos claires, j’ai changé de point de vue.

Quoi qu’il en soit, j’ai tout de même trouvé vain et arrogant de la part de M. Polanski de ne pas accepter son arrestation, le temps ayant passé et avec une armée d’avocats je ne crois pas qu’il risque de passer beaucoup de temps en prison. Assumer ses actes, c’est faire preuve de courage et il semble en manquer cruellement.

84)
zit
, le 08.10.2009 à 08:19
[modifier]

Tout déconnecté que je suis, je n’avais pas connaissance des faits avant de lire cet article…

Merci Anne pour cet éclairage, tout ce que ça m’inspire, c’est : Beuark ! Beuark les violeurs, beuark les medias, beuark les politiques, merci cuk…

z (« C’est dégueulasse ! », je répeêêêêêêête : « Qu’est–ce–que c’est, “dégueulasse” ?» )

85)
ToTheEnd
, le 08.10.2009 à 11:59
[modifier]

Désolé d’être (encore) en désaccord avec toi TTE, mais en France, on en restera là !

Ouais… vu le buzz que cette affaire commence à prendre, je suis tombé sur un extrait où Marine Le Pen (oui, oui, la fille du borgne) attaque assez bien le neveu de l’autre menteur qui a dirigé votre beau pays 14 ans.

Il n’est tout de même pas possible de garder un mec au gouvernement qui dit aller payer des “garçons/gosses” (j’attends de voir si c’était des enfants ou des jeunes adultes) pour avoir des rapports sexuels au milieu d’un “macrotage” qui lui convient… alors que les peines en France pour proxénétisme sont de 7 ans, voire 10 ans.

Pour moi, et en regard de la lettre de l’ancien condamné et de ses déclarations fumeuses sur Polanski, il ne fait aucun doute que ce gars doit démissionné et j’espère bien que ça arrivera. L’inverse serait simplement délirant.

T

86)
MondeFormidable
, le 08.10.2009 à 13:47
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Humour…

La France…

Aveugle au nom du talent ou délétère (aux choix), perso je laisserais à ce bon Kafka le soin de trancher…

” Douce France , pays de mon enfance… “

Bas les pattes !

Ce pays je l’aime, ses gens aussi.

Mais je m’en méfie comme de la peste (brune, verte, rouge, bleu) quand… il ne s’aime pas.

Faut’il s’en étonner quand on doit mettre un derisoire bout de papier dans une urne que l’on ai à choisir qu’une “maladie” = la peste ou le choléra.

Douceur bien amère… d’un pays qui ne s’aime pas, de gens qui ne s’aiment pas.

87)
MondeFormidable
, le 08.10.2009 à 14:36
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Ce “buzz” est bien hypocrite aussi, paré de son “indignation”, je trouve.

on ne peut nier (effet “pervers” boomerang ? ) avec un certain effroi, une odeur âcre de bûcher… une instrumentalisation, récupération, tout azimut.

lynch… et je n’aime pas cette “loi” non-plus

Des fruits , bien étranges :

http://www.youtube.com/watch?v=h4ZyuULy9zs

89)
MondeFormidable
, le 08.10.2009 à 16:53
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Pour TTE, Alex (merçi pour avoir corrigé mon post), et ceux que cela intérresse.

le “Buzz” et le coté très “pue des dents” viens de là, en grande partie =

http://buzzonly.blogspot.com/

je vous laisse juger si c’est des femmes, la dignité des victimes, des gens, la justice, (en général et hors de ce contexte particulier) le “soucis” de ce genre de “buzzeurs”.

je crains fort que “tout fasse ventre” pour ces “gens là” ( cf J.brel )

“buzzzz” c’est le bruit du vol des mouches à caca ? comme si il n’y avait pas assez comme ça…

90)
alec6
, le 08.10.2009 à 20:42
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Difficile de donner tort à la marine !

Beurk… encore une fois, les “intellectuels” français (les officiels of course) ont raté une occasion de la fermer et on s’étonnera une fois de plus que les français ne s’aiment pas comme le souligne judicieusement Ph-Bigeard. Comme l’écrit le Daily Mail, les notables dans notre beau pays sont au dessus des lois. Ce contexte rappelle à certains les années précédant la Révolution française… tient donc ?

Merci pour le lien “buzzonly”.

91)
Tom25
, le 09.10.2009 à 13:03
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Eh bééééé, ça a été long de tout lire, mais j’ai appris des choses. Merci Anne, et les autres.

Justement je n’ai pas pu tout lire avant car j’étais en déplacement, et lors d’un de ces déplacements j’ai écouté le témoignage d’une personne qui avait participé à des jugements car sa femme avait été commise juré.
Histoire 1 : Un simple d’esprit comparaissait pour viol. Il avait déjà été condamné pour exhibitionnisme, mais n’avait jamais touché personne. Un jour, une bande de jeunes gitans étaient en train de violer une fillette, et lui passait par là. Les jeunes l’ont attrapé par le bras et lui ont dit « Vas y, c’est ton tour ». Il a refusé, mais devant l’insistance il a montré au juge ce qu’il avait fait (il a mis la première phalange de son index dans le vagin de la fillette). -> 13 ans.
Histoire 2 : Une fille interpelle son père, l’accusé, en lui criant « Dis leur que ce n’est pas vrai que tu m’as violé pendant 15 ans ! ». -> 3 ans.

Dans l’histoire 1, le simple d’esprit ne pouvait se défendre seul et il avait pour soutien une jeune avocate commis d’office sans doute outré par ce viol.
Dans l’histoire 2, le père violeur était avocat. Il avait judicieusement révoqué la plupart des jeunes jurés (à part la femme de la personne qui raconte) et n’avait gardé que les vieilles rombières soumises depuis toujours à l’autorité masculine. Et il avait fait appel au curé du village qui était venu témoigner que le bon père de famille venait à l’église tous les dimanches.

Alors parce que ce gros dégueulasse va mettre son ptit sous-sou dans le ptit panier du curton tous les dimanches il ne peut pas être si mauvais. Je ne peux m’empêcher de penser qu’il « prêtait » sa fille au curton !

Concernant l’arrestation de l’autre cinéaste dont on parle aujourd’hui, effectivement j’aurais préféré une arrestation pratiquée différemment, genre descente du GIGN Suisse en pleine cérémonie et menotage violent du pédophile ! Non mais oh les gars !!! Alors ça !!! Ça ça me trou le cul qu’on puisse reprocher la manière de l’arrestation ! Là dessus je suis d’accord avec TTE, fallait le laisser finir son repas ? Tous ces pourris qui lui remettaient son prix savaient de quoi il était accusé, et il fallait ménager ses pourris ?

Heureusement on ne s’occupe plus (enfin c’est à vérifier) de la couleur de peau d’un accusé. Et je ne vois pas en quoi on devrait s’occuper de son métier, de son rang, de son titre, et surtout de ce qu’il s’apprête à faire dans les prochaines heures.

La lettre ouverte du violeur repenti est poignante.

Concernant le neveu machin, si j’étais réalisateur d’émission télé, je l’inviterai dans mon émission et demanderait à une troupe de jeune choriste de venir chanter. Mais je les habillerais tous d’une culotte en zinc.

J’ai sûrement une réaction de buveur de blanc de café de commerce, mais tout cela me fait vomir. Et si j’étais en taule en ce moment, je n’aurais qu’une envi, c’est de m’évader pour faire un pied de nez à tous ces cons et leur signifier qu’à ce compte là, je ne suis moi non plus coupable de rien. Une peine n’est jamais facile à accepter. Le but, quand on enferme quelqu’un, c’est bien sûr de l’empêcher de nuire, mais aussi de lui faire prendre conscience de ses actes. Là-dessus Marine Le Pen a raison, comment va-t-on leur expliquer la gravité de leurs actes maintenant ?

Dernière chose concernant la comparaison avec les accidents de la route. Un accident survient en quelques fractions de secondes, on n’est pas en première vitesse, tout doucement en train d’écraser quelqu’un qui crie et se débat.
QU’est ce qu’on est en train de m’expliquer là ? Que si parfois je suis un peu énervé, qu’il est très tard et que je suis seul sur l’autoroute, qu’au lieu d’écraser un petit peu plus mon accélérateur je ferais mieux de m’arrêter au premier patelin, et de me détendre en violant une gamine de 13 ans ? C’est moins mauvais pour les sondages et les statistiques vu qu’elle n’en parlera au mieux que dans 20 ans.

Edit : Désolé, pas vu que j’ai été si long. Je m’emporte mais ça m’énerve tellement.

94)
MondeFormidable
, le 12.10.2009 à 17:52
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Quand bien même qu’une personne :

– Fasse plus “mure” (en terme de fruits…) que son age

– Qu’elle ai eu des relations (consenties mutuellement) avant

et ainsi de suite.

cela n’autorise pas

1- De la droguer (et on peut supposer des intentions )

2 – d’en abuser (concrétisation des intentions)

Non ?

(toujours “en général” et sans me faire procu de l’affaire en particulier).

autant dire après avoir violé une ancêre = ” ben elle faisait plus jeune que son age…” c’est aussi con et de mauvaise foi!

Toujours cette distorsion de l’échelle des chose “selon” : – Donc violer une prostituée donc serait moins grave qu’une grenouille de bénitier ? – Si la personne ne porte pas une tenue NBC, une tenue de scaphandrier, ou une Burka, on peut considérer que “c’est pas de ma faute”, je me sui fait odieusement allumé ?

Vu que içi, on est “tranquille” décalé des débats ” à neu-neu” qui font fureur ailleurs ( caplan tu aura noté que j’ai pas fait de jeu de mot) ;o)

et dans le chapitre “serein” = documentation/reflexion

je vous soumet ces deux article, dont celui de Paris-macho (?) de l’époque, on vois que les mentalités et la mauvaise foi n’ont pas évolué d’un iota! ainsi que la “défense par victimisation” de l’agresseur (ben oui! le biquounet ! c’est presque un complot!) qui en rapelle une autre … qui inaugure en rajoutant l’émotionnel… tartiné d’auflogellation (FM ©) du genre = vous être prié d’essuyer mon caca avec vos larrme de compassion… il n’est insupportable de le regarder….

http://www.parismatch.com/People-Match/Cinema/Actu/Roman-Polanski.-Une-Lolita-de-13-ans-a-fait-de-lui-un-maudit-131594/

Un article lié, et dont je note, et j’ai retenu :

Dire OUI à quelqu’UN c’est dire OUI à TOUT le monde ?

Humour noir = ” est-ce que ma compagnie vous dérange ?” “non” “dans ce cas ce sera le régiment, voyez vous, je suis commandant de la 3eme compagnie de soudards…”

et c’est comme ça que “gentiment” “viol” est devenu “tournante” (c’est ludique) et “collectif” devenu “en réunion” (c’est studieux)…. amen!

merçi pour elles! merçi pour eux! (colère)

http://peripheries.net/article324.html

Question “bras séculier de justice” tout ça c’est comme “metaphore et périphrase” , non ?

http://www.audiard.net/bondieu/metaphore.au

95)
MondeFormidable
, le 12.10.2009 à 18:19
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“l’autre” pendant des “hystéries”

http://bernardhanse.canalblog.com/

Curieux……. les defenseurs de l’art, on ne les pas entendus, pas plus que les maître à penser que l’on agite en toute ocassion dans la lucarne magique (teloche) pour prende en otage NOTRE pensée, notre morale, notre libre-arbitre.

et nous transformer en meute de bassets à grelot pour des lynchages à coups d’opinions sur les opinions.

Mais le disours dominant de “tous reponsables, tous coupables” va encore nous dire pour Bernard Hanse, “c’est de sa faute, c’est un lache il s’est flingué, honte à lui ”…

Evidement, dans ce cas là, le Monsieur il n’a pas le DROIT de céder à la blessure et l’émotion.

“bal des vampires” , au fait là aussi, on nous menti, les vampire les vrai, ça vole pas pour attaquer ses victime, ça rampe

http://fr.wikipedia.org/wiki/Desmodontinae

(désolé pour la colère)