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Quatre plaisirs par jour, au minimum!

 

En ce début de semaine, je m'en vais céder la place à un lecteur, Marc Ballenegger, que j'ai eu l'occasion de rencontrer souvent à nos apéros Cuk.

Je ne sais pas trop comment introduire son texte, de peur d'en dire trop sur sa personne, que je respecte en tous points.

Je vous laisse donc avec lui de ce pas, non sans l'avoir remercié pour sa contribution.

 


 


Lorsqu’une grosse maladie frappe, on peut se révolter et se demander « Pourquoi moi ? ». Certains choisissent de refuser d’en parler, se renferment, voire s’apitoient sur eux-mêmes. Ayant  passé par là récemment, il me semble que se sont des culs-de-sac. Il vaut mieux accepter la situation comme un fait et chercher comment s’en sortir. Pour le côté médical, nous avons heureusement  dans  notre pays des thérapeutes de tout premier ordre, secondés par des infirmiers, infirmières, aides-soignantes bien formés et dont l’immense majorité sont d’une gentillesse extraordinaire.

Si le côté médical est important, voire vital, la guérison implique l’ensemble de la personne, et même son entourage. Aussi dure que soit la maladie, elle offre une occasion unique de se remettre en question et d’examiner où sont nos vraies priorités. Est-ce seulement d’acquérir une position sociale reconnue ? De gagner beaucoup d’argent ? D’accomplir ce que nous croyons être notre devoir, mais que nous n’avons  pas souvent choisi nous-mêmes, tout influencés que nous sommes par notre éducation et le milieu dans lequel nous vivons ?… Ou bien ne préférerions-nous pas tout simplement vivre sainement, en harmonie avec nous-même, avec notre famille et tous ceux qui vivent autour de nous, avec la nature qui nous entoure ?

Il serait bien de se poser ces questions lorsque nous sommes encore jeunes et en bonne santé. Nous pourrions vivre plus heureux et aurions de meilleures chances d’échapper aux maladies pudiquement appelées « maladies de notre civilisation, » telles le cancer, la dépression, l’obésité, etc.… Mais nous pouvons encore le faire une fois que la maladie a frappé pour améliorer nos possibilités de guérison, diminuer les risques de récidive et mener ensuite une vie plus équilibrée. 

Un couple, riche de très longues années de mariage, disait : « Vieillissons ensemble, le meilleur reste encore à venir et ne laissons pas le cancer (ou autre maladie de votre choix) nous empoisonner l’existence. »

Par un hasard extraordinaire, je suis tombé récemment sur un excellent petit livre qui va exactement dans cette direction. Il s’agit de « Quatre plaisirs par jour, au minimum – les bienfaits du plaisir sur le corps et l’esprit, » par Evelyne Bissone Jeufroy, Payot 2008.

L’auteur essaie de « proposer une stratégie permettant d’acquérir la capacité de ressentir un profond bien-être qui modifie notre relation à nous-même et à notre environnement » et qui nous rend plus forts. « Le plus souvent, ce bien-être est suscité par des choses simples vécues pleinement et appréciées dans l’instant présent. Les conséquences en sont : énergie, joie, sérénité et la découverte que la vie est un miracle permanent. » Cette stratégie est explicitement décrite dans le titre du livre : s’offrir quatre plaisirs par jour, au minimum.

« Les plaisirs quotidiens que l’on s’offre ont une répercussion incroyable : ils ont des effets positifs sur notre santé physique, notre équilibre, notre ouverture et notre capacité à entrer en communication authentique avec autrui. Ils suscitent un état de joie et de paix intérieures qui est contagieux et ils transforment aussi bien l’individu que son entourage. »

Ce livre est facile à lire. Il est très bien structuré et la table des matières, très complète, permet de retrouver facilement les sujets d’intérêts particuliers. Il donne de nombreux exemples vécus montrant les bienfaits de s’accorder des petits plaisirs.  Enfin, il contient une bibliographie très bien faite : les livres-références ne sont pas seulement listés, mais ils sont chacun individuellement commentés.

A lire et faire lire sans retenue.

Marc Ballenegger

PS: Dans ce livre, il n’est aucunement question que le plaisir devienne le moteur unique de l’existence. Le plaisir est un outil pour être bien dans sa peau et accéder à une vie équilibrée et heureuse. Comme tous les outils, il faut l’utiliser avec discernement.

17 commentaires
1)
pter
, le 12.10.2009 à 06:17
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hello,

En lisant l’humeur, et la relisant, je me suis pose la question sur “les quatres plaisirs journaliers” pour me rendre compte que je me garde d’en avoir dans les fait..qu’un seul. Monter a quatre me parait un peu fou avec les horaires et charge de travail que j’ai. Mais il est vrai que les vacances, les temps de recreation, les temps de jeux avec les enfants, les heures de Gym, ou simplement les longues minutes journalieres sur le trone avec un livre sont des moments de relaxe importants, des plaisirs qui revitalise pour la suite. Maintenant je crois que la maladie est aussi quelque chose qui arrive quand on doute, quand on ne voit plus beaucoup de reve a accroche, ou de challenge a vraiment realiser. Un livre peut aider a booster l’envie de repartir sur de nouveau challenge. Domage que la maladie soit un des moteurs de prise de conscience de ce qui nous fait nous lever tout les jours: la famille, les echanges, bref; la vie.

2)
Inconnu
, le 12.10.2009 à 06:49
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J’ai lu le titre, j’ai pensé que c’était un article sur la masturbation :)

3)
ysengrain
, le 12.10.2009 à 10:36
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Dans ce livre, il n’est aucunement question que le plaisir devienne le moteur unique de l’existence

Si tu penses réellement ça, il serait bon de confronter cette opinion à celles des éthologues, Boris Cyrulnik en tête.

4)
alec6
, le 12.10.2009 à 10:38
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Renaud toujours aussi subtil et poétique !

Par ailleurs, pourquoi le plaisir ne serait-il pas le moteur unique de l’existence ? Pour satisfaire à la doxa judéo-chrétienne qui a banni le plaisir de son bréviaire depuis toujours ? ou alors ? La souffrance comme ligne bleue de s Vosges ? Sincèrement j’aimerai d’avantage de discernement sur l’usage du déplaisir, de la contrainte, de la souffrance, de l’ennui et de tout ce qui rend la vie chiante.

5)
Inconnu
, le 12.10.2009 à 10:49
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alec6: dis moi la première chose qui t’es passé par la tête quand tu as vu le titre de l’article? :)

6)
Tony
, le 12.10.2009 à 11:22
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Hédonisme ou religion au fond c’est même combat. On essaye tous de tromper la mort avec ce que en quoi nous croyons, non ?

7)
ToTheEnd
, le 12.10.2009 à 12:31
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alec6: dis moi la première chose qui t’es passé par la tête quand tu as vu le titre de l’article? :)

Attends, moi j’ai cru qu’on parlait du tourisme sexuel de Mitterrand en Thailande avec des vieux… comme quoi.

T

8)
Tom25
, le 12.10.2009 à 14:11
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TTE, tu m’ôtes des doigts ! J’allais aussi dire « Et hop, un ptit plaisir avec un(e) gosse de 12 ans ! ».

Quatre plaisirs par jours c’est beaucoup et peu à la fois, ça dépend du plaisir qu’on prend avec des choses simples. Un repas, même simple, sans caviar ni champagne mais avec de bons amis, ça en fait déjà un. Un ptit tour au toilette, et de deux :•D . Quelques pas dehors avec des ptits oiseaux qui nous volent autour, etc.

J’ai moi aussi été malade, manger me dégoutait, me lever me donner le tournis, boire me faisait vomir. Mais heureusement ce n’était que passager, et là un beau vieux steak, de l’eau fraiche et une petite ballade me remontait le moral et j’appréciais particulièrement ces moments.

Sinon, j’ai beaucoup vu et je vois encore beaucoup de personnes atteintes d’un cancer se brouiller avec leur proche. Souvent parce qu’elles n’ont pas accepté la maladie, et là, quoiqu’en dise le proche, ça ne passe pas. L’ami qui vient nous réconforter avec les meilleures intentions de monde nous met fasse à notre maladie. A l’inverse, si on accepte la maladie, même le plus maladroit des amis n’affectera pas notre moral.

9)
Anapi
, le 12.10.2009 à 16:58
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Il semblerait que le cancer ait également des causes véritables, et ne découle pas uniquement du bien-être ressenti au quotidien. Je connais par exemple des gens qui se sont faits non pas 4, mais 20 plaisirs par jour (un paquet de clopes), et qui font un vilain cancer du poumon à 50 ans.

C’est un contre-exemple, mais attention à ne pas non plus culpabiliser les “malades de notre civilisation”, qui ne sont parfois pas pour grand chose à leur maladie. Dans le même genre, il ne faut pas non plus confondre le plaisir et le bonheur : se gratter suite à une démangeaison peut apporter du plaisir sur le moment, mais ça conduira difficilement au bonheur véritable.

Question subsidiaire : si on lit cuk quatre fois par jours, ça compte pour un ou pour quatre plaisirs ?

10)
Tom25
, le 12.10.2009 à 17:54
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Oui, et dans le même ordre idée ça me dérange quand on me dit « Tu as vaincu le cancer ». J’ai été malade, je suis par chance guéri, c’est tout. Le sous-entendu que ceux qui malheureusement ne s’en sortent pas sont des loosers m’attriste. La maladie peut-être plus ou moins virulente, et c’est surtout ça qui fera la différence.

Je suis toutefois convaincu que l’esprit a une influence sur le corps, que ce soit pour ne pas tomber malade ou pour guérir, mais ça ne fait pas tout. Et pour ce qui est de garder le moral et d’être positif, c’est valable pour la santé, pour le travail, pour tout dans la vie en général.

11)
zit
, le 12.10.2009 à 23:08
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Très important, le plaisir, je ne réfléchis pas trop à ce genre de choses, mais je suis attaché à prendre du plaisir à toute tâche, ne serais–ce que le plaisir du travail bien fait (passer la serpillière, éplucher des pommes de terre, faire la vaisselle, ça peut aussi être source de plaisir, il suffit d’avoir l’esprit mal tourné comme moi ;o).

Mais j’ai beaucoup de mal à faire comprendre ça à qui que ce soit, que ce soit auprès des proches ou des inconnus, je passe souvent pour un imbécile heureux, ce que je suis sans doute, vu que c’est l’opinion la plus répandue sur ma personne. Nonobstant, ça ne me dérange pas, je continue à prendre le plus de plaisir possible en toutes choses.

Hier soir, beaucoup de plaisir, par exemple, au premier rang du concert de Prince au Grand Palais, malgré un son moyen, c’était quand même formidable !

Éprouver du plaisir tout le temps n’est–ce pas se rapprocher du bonheur ? À l’instar d’Alec6, j’avoue ne pas comprendre l’apologie de la souffrance, quand je me brûle, je passe ma main sous l’eau froide !

z (longue vie au nain pourpre, je répêêêêêêêête ; qui a apparemment pris beaucoup de plaisir hier soir aussi)

12)
Caplan
, le 12.10.2009 à 23:28
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Hier soir, beaucoup de plaisir, par exemple, au premier rang du concert de Prince au Grand Palais, malgré un son moyen, c’était quand même formidable !

Ah, ben je me demandais justement si tu y étais. Ça fait plaisir (et hop! un plaisir!) de savoir que tu n’as pas loupé ça! Tu es aussi allé le voir ce soir à la Cigale? ;-)

je passe souvent pour un imbécile heureux, ce que je suis sans doute, vu que c’est l’opinion la plus répandue sur ma personne.

T’en fais pas! C’est l’opinion de ceux qui ne se croient pas imbéciles, … et qui ne sont pas heureux! ;-)

Milsabor!

13)
Tom25
, le 13.10.2009 à 08:32
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Lorsqu’une grosse maladie frappe, on peut se révolter et se demander « Pourquoi moi ? ».

Je m’étais effectivement posé cette question, à laquelle je me suis répondu « Et pourquoi PAS moi ? ».

Mais là Alec6 va me tomber dessus en me disant que je cours après la douleur :•) . Ce n’est pas ça, mais je me dis que j’ai mes petits soucis dans ma vie de tous les jours comme tout un chacun, et que s’il doit y avoir des malheurs sur cette terre, autant qu’ils ne frappent pas toujours les mêmes.

14)
alec6
, le 13.10.2009 à 09:40
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je passe souvent pour un imbécile heureux, ce que je suis sans doute, vu que c’est l’opinion la plus répandue sur ma personne.

T’en fais pas! C’est l’opinion de ceux qui ne se croient pas imbéciles, … et qui ne sont pas heureux! ;-).

Bonne remarque Caplan !

Ceci dit, le sujet était interressant, dommage que peu aient réagi. En complément de l’article de Marc Bélanger vous pouvez regarder le Karambolage” de dimanche soir sur Arte+7 dans lequel on vous causera de la méthode de M. Coué, pharmacien de son état et “inventeur” de la dite méthode, avant que l’expression ne prenne une couleur bcp plus cynique.

Mais non Tom 25, je ne vais pas te tomber dessus… simple réflexe judéo-chrétien, pour ne pas dire catho :•)! même si on n’a pas été élevé de cette façon, ce sont les “valeurs” de la société dans laquelle nous baignons.

17)
zit
, le 13.10.2009 à 22:35
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Ah, ben je me demandais justement si tu y étais. Ça fait plaisir (et hop! un plaisir!) de savoir que tu n’as pas loupé ça! Tu es aussi allé le voir ce soir à la Cigale? ;-)

Et bin, heuu, comment dit–on « J’ai les boules » en anglais ? Paske j’ai passé de longs moments hier sur le net pour essayer de savoir si cigale y avait, et comment y aller, et vers 19h, j’ai vu sur un forum de fans un mail destiné aux membres de LotusFlow3r (son site) français (dont je fais partie) expliquant qu’ils pouvaient aller à la cigale de 10h à 17h pour retirer leur place spécialement attribuée… Je vais consulter mes mails, et effectivement, il est là, depuis 9h30 du matin, intitulé : « À ce soir ! » et entièrement en français… AAAAARRRRRGHHHHH ! C’est à se les bouffer, non ?

En plus, concert de 2h50 exceptionnel…

Enfin, j’ai quand même eu la chance de le voir (à 3 mètres, au premier rang) et surtout de l’écouter dimanche dans une bonne prestation et un lieu magnifique. En plus, il pleuvait sur la verrière du Grand Palais pendant Purple Rain !

Bon, j’espère qu’il ne va pas repartir de si tôt, il a l’air de se plaire à Paris…

Sinon, semaine concert, puisque je vais jeudi voir Firewater à Rouen, découverts cet été au festival Rock n’ Poche (dont François à d’ailleurs parlé l’année dernière, et dont je vous parlerait un jour…). Le disque passe en boucle à la maison depuis que je l’ai acheté à la fin du premier morceau du concert, et si je vous en parle maintenant, c’est qu’ils seront à Lausanne le samedi 24/10, aux Docks, et si vous aimez le rock vivant, allez–y jeter une oreille…

z (écouter de la musique, ça c’est du plaisir, je répêêêêêêêêête : pleins de petits plaisirs toute la journée…)