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Hôtel des coeurs brisés, une enquête de Marie Machiavelli (16)

 

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Chapitres précédents:

 

Les chapitres précédents d’un roman à suspense sont trop difficiles à résumer. Nous y renvoyons le lecteur: le feuilleton paraît le dimanche et peut être consulté en ligne.


 

 

 

XVI

 

 

J’ai de la peine à raconter, après coup, comment j’ai réussi à me retrouver dans la caravane du Tour de Suisse trois jours plus tard.

Il a fallu que je fasse le rapport d’audit pour la Banque, et avec soin, car la Banque de Crédit est mon pain quotidien, il ne s’agissait pas de mettre ma réputation en péril en le bâclant. Sophie a absolument voulu que j’aille visiter quelques tristes bureaux qu’on nous offrait pour une bouchée de pain (tout est relatif, bien entendu), mais dans lesquels j’aurais été incapable de faire quoi que ce soit. Sophie partageait mon avis, mais les prix étaient avantageux, elle a tenu à ce que je les voie.

Avec un culot que je ne tenterai même pas de qualifier, Rico a jugé bon de se manifester pour dire qu’il aurait voulu reprendre l’appartement de l’avenue de Rumine; il était à son nom, il en avait le droit, et j’avais été dans l’incapacité d’y remettre les pieds depuis le fameux jour où il m’avait annoncé son mariage. Autant qu’il m’en débarrasse. Heureusement, il avait appelé à un moment où j’étais ailleurs, je crois que si j’avais dû lui parler, cela aurait détruit à la fois ma concentration et l’équilibre précaire que je tentais de maintenir.

Sophie a eu beau dire qu’elle allait engager un de ces déménageurs qui font tout et qu’elle mettrait mes affaires dans un garde-meubles en attendant, il a tout de même fallu que j’y aille (avec elle et Pierre-François), et que je fasse un inventaire de ce qui m’appartenait, soit parce que ça me venait de mon père, soit parce que je l’avais acheté avec mon propre argent. Pierre-François a répété à l’envi que je n’avais aucun souci à me faire, qu’il s’arrangerait pour que tout se passe sans accrocs tant matériellement que légalement, mais rien à faire – cette démarche m’a pompée. Après, j’ai pleuré à n’en plus finir, et de me dire que Van Holt m’aimait, ça ne m’aidait pas.

Je n’ai pas revu Léon. Il m’a téléphoné deux ou trois fois pour me demander des détails que je lui ai donnés quand je pouvais. Pour finir, lorsqu’il a commencé à poser des questions médicales trop précises, je l’ai renvoyé à Van Holt; pour ces choses-là, il était mieux au fait que moi. Le comble était que, selon sa bonne habitude, Léon était redevenu on ne peut plus réticent: j’ai eu de la peine à extraire de lui l’aveu que, oui, il avait obtenu, par des moyens qu’il avait refusé de me révéler, que les prélèvements faits sur Savary soient examinés une fois encore selon des directives données par Van Holt.

«Vous auriez pu me dire que c’était une sommité en matière de dopage», a-t-il encore eu l’aplomb de me reprocher après que je me suis épuisée à lui soutirer trois renseignements qui se couraient après.

J’ai laissé couler, je n’avais pas le temps. Pour avoir une idée de ce qui s’était passé, autant téléphoner à Van Holt.

«Je ne sais pas quelles démarches ont été entreprises. Un chimiste alémanique m’a appelé et nous avons discuté des analyses à faire, elles vont prendre trois ou quatre jours. M. Léon a dû convaincre un de ses supérieurs d’appeler le juge chargé de l’affaire. J’ai aussi reçu un appel de votre ami Marcel Barraud, qui m’a ordonné, quoi qu’il arrive, de ne pas me montrer au Tour de Suisse. “ Dans le milieu, vous avez une réputation. Les jeunes ne vous connaissent pas, mais dans l’encadrement il y a suffisamment de trentenaires et de quadragénaires qui ont participé à des compétitions internationales pour se souvenir de vous et de vos impitoyables contrôles ”, m’a-t-il assuré. C’était amusant d’être transformé en grand méchant loup.»

«Il doit avoir raison. Vous êtes peut-être vraiment un grand méchant loup.»

Il a gloussé.

«Que voulez-vous, on ne se refait pas.» Une pause. «D’un côté, j’ai trop à faire ici, et je n’aurais pas le temps de venir même si je le voulais. Mais d’autre part, d’un point de vue tout à fait égoïste, ça me fait dix jours sans vous voir, sans compter que je ne suis pas tranquille de vous savoir là-bas, à la portée d’un éventuel meurtrier.»

«Vous m’avez pourtant dit que pour mettre de l’ordre dans vos sentiments il vous fallait de la distance.»

On a entendu un petit rire.

«Oui, ça, c’était au début. Mes sentiments sont parfaitement clairs, désormais. J’attends que vous ayez fait de la clarté dans les vôtres, et je ne voudrais pas que le processus soit interrompu par quelqu’un qui vous veut du mal.»

J’ai éprouvé une fois de plus un de ces serrements de cœur qui étaient pour moi une nouveauté: il s’y mêlait le chagrin de l’abandon de Rico, la peur que, quoi qu’il en dise, Van Holt ne soit pas sérieux, et l’attrait d’une relation avec lui. J’avais beau faire, je n’arrivais pas à m’abandonner au moment présent, et cette impossibilité-là aussi participait du serrement de cœur.

«Je prendrai garde à moi, et je ne serai guère en contact avec les coureurs, de toute façon. Et il y aura assez de monde pour veiller sur moi. De jour, on ne quittera pas Junot des yeux. Mais je me demande comment on va surveiller notre homme la nuit.»

Sa voix s’est faite impérative.

«Vous me ferez le plaisir de laisser ce souci à M. Léon.»

«Oui, chef», ai-je soupiré.

«Vous êtes occupée ce soir?»

«Ne retournez pas le couteau dans la plaie. Il faut que je finisse un rapport pour ma banque.»

«Mais comme il faudra aussi que vous alliez vous coucher, je viendrai vous prendre à dix heures, nous irons dîner et je vous raccompagnerai à votre villa.»

Je me suis laissé faire. On a beau avoir des réticences et des doutes, c’est bon que quelqu’un vous aime.

Pendant le repas, il m’a raconté qu’il s’était occupé des antécédents de la famille Savary.

«Ni chez les parents, ni chez les grands-parents, ni même chez deux des arrière-grands-parents de Damien Savary il n’y a de troubles cardiaques décelables. Ce matin, les parents et les grands-parents ont subi une échographie du cœur, et rien n’indique une anomalie congénitale à ce niveau-là. Mais il faut que ce soit clair: il se pourrait tout de même que l’anomalie cardiaque constatée à l’autopsie de Savary soit héréditaire, que les parents en soient porteurs, et qu’elle ait sauté plusieurs générations. On n’en a pas d’exemple, mais on n’a que rarement eu la chance de pouvoir examiner quatre générations de ce point de vue là. Pour ce qui est de la mort du coureur cycliste, je pense personnellement qu’il avait pris, ou qu’on lui avait administré, de l’EPO ou un autre produit du genre, que son cœur, qui était déjà en piètre état à cause des anabolisants, a ralenti son rythme pendant son sommeil, et qu’il s’est réveillé trop tard. L’embolie, due sans doute à l’EPO, l’a foudroyé.»

Je ne détaille pas davantage ces trois journées folles, qui ont culminé, à la veille du départ, avec une visite aux Savary: je considérais la leur devoir, en dépit du fait que je n’avais, pour le moment, pas grand-chose à leur apprendre. Il n’était pas question de porter des accusations contre Jacques Junot sans preuves, je n’avais aucun résultat des analyses approfondies qui étaient en cours en Suisse orientale, et j’avais en revanche la quasi-certitude que leur fils s’était dopé. Pour faire bon poids, je me suis fait accompagner par Van Holt, mais M. Savary nous a finalement facilité la tâche.

«J’ai passé des week-ends entiers sur internet, je lis tous les jours L’Équipe depuis que Damien est mort, et je suis arrivé à la conclusion qu’il est impossible que mon fils ait remporté d’aussi bril­lants succès sans rien prendre d’interdit. Vous saviez que le dernier arrivé du Tour de France 2003 a fait la même moyenne horaire que le vainqueur du Tour 1996?»

J’ai soupiré.

«Oui, on me l’a dit.»

«Les spécialistes sont formels: le sport est empoisonné par des produits qui ne sont plus de simples excitants comme autrefois. Ils transforment les athlètes, et leur font courir des dangers encore pires qu’à leurs aînés, qui ont aussi payé la facture, mais sur le tard: Anquetil et Bobet sont morts avant  soixante ans; Koblet et Coppi à quarante, il est vrai. Mais nos fils meurent avant d’en avoir trente, tant ce qu’ils prennent est dangereux.»

Sa femme a fait un geste de protestation, il ne l’a pas laissée parler.

«Juliette n’arrive pas à accepter que Damien nous ait menti. Et c’est vrai que c’est dur: nous avons eu cet enfant si jeunes que nous avons en quelque sorte grandi avec lui, et il était un frère, un ami, plus encore qu’un fils. Et d’un ami on espère toujours…»

L’émotion a noyé sa voix. Van Holt lui a posé une main sur l’épaule.

«Votre fils ne vous a pas menti, monsieur Savary. Il s’est menti à lui-même. Dans son esprit, il prenait des reconstituants qui l’aidaient à se dépasser. C’est ainsi que la plupart des athlètes voient les choses.»

Bref, le lendemain, je suis allée à Sursee, un autre bled dont je n’avais jamais entendu parler, pour assister au départ du Tour de Suisse. Marcel et Max Schaer, le journaliste radio qui m’offrait l’hospitalité de sa voiture, sont venus me chercher à la gare sous une pluie battante.

Daniel Girot avait été admis comme troisième dans une des deux voitures suiveuses de l’équipe Stylo, l’autre étant celle pilotée par Le Cosandier. Cela s’était fait par l’intermédiaire d’un des types qui montent et démontent les carrousels des forains, une troupe bigarrée de forts à bras venus de tous les horizons que les Girot appellent familièrement (et affectueusement) «les malabars». Ce malabar-là avait commencé par être gendarme et un beau jour il en avait eu marre. Il travaillait toute l’année pour les Girot, sauf en juin et juillet, mais ce n’est qu’à cette occasion que Daniel avait découvert ce qu’il faisait pendant ces deux mois-là: il était motard bénévole au Tour de Suisse, puis au Tour de France.

Mon premier souci n’a pas tardé à arriver. Nous étions logés dans un hôtel au bord de l’autoroute, et j’ai commencé par avoir l’impression que nous serions loin de tout; mais à peine avions-nous sorti nos valises du coffre que j’ai vu devant moi un camion Stylo dégorgeant une quantité invraisemblable de vélos. Je venais de lire que chaque équipe comportait huit coureurs, mais à voir, on avait la sensation qu’il y avait là des bicyclettes pour trente.

Le restaurant de l’hôtel était self-service, j’ai pris un plateau que j’ai commencé à remplir. Mon œil s’est posé distraitement sur la personne qui me précédait et j’ai reconnu Jan Ullrich; son visage s’étalait à la une de nombreux journaux suisses depuis quelques jours. Il était d’avance la vedette du Tour. Pourquoi avais-je pensé être à l’écart de tout? J’étais au cœur de l’événement. Du coup, j’ai été submergée par la panique: quoi, Junot et Ullrich dans le même hôtel? J’ai cherché Marcel du regard, il arrivait à la caisse; il a compris mon appel muet. Par une de ces manœuvres qui semblent tout ce qu’il y a de plus naturel, mais qui sont le fait d’un véritable raffinement de stratégie, nous nous sommes retrouvés tous à la même table. Jan Ullrich était peut-être une star, mais plus nature que lui tu meurs, il s’est aussitôt mis à faire des plaisanteries sur le pain, qui laissait à désirer, et en deux minutes la conversation était générale. J’étais sur le point de me détendre lorsque j’ai aperçu Jacques Junot dans la file qui attendait pour payer. Il était en grande discussion avec un jeune homme brun, les cheveux noirs et bouclés, un visage rieur qui contrastait avec l’expression quelque peu tendue de Junot. À mon grand soulagement, ils sont allés s’asseoir à une autre table, et Junot ne m’a pas vue, je préférais ça. Il y avait mille raisons pour lesquelles je pouvais être là, mais sait-on jamais ce qu’il était susceptible de se dire.

Le lendemain matin, je me suis mêlée à la foule qui assiste au départ et à l’arrivée des étapes, dans un de ces villages de tentes qu’on voit à toutes les compétitions, m’a-t-on assuré. Les gens profitent de l’occasion pour faire la fête, et les amateurs de vélo s’y retrouvent. Plusieurs fois, j’ai cru apercevoir des cyclistes qui participaient à la compétition, mais Marcel m’a détrompée: ils avaient revêtu le maillot d’une équipe qu’ils admiraient particulièrement, mais c’étaient de simples amateurs. Les vrais cyclistes, qui venaient signer un registre attestant qu’ils avaient pris le départ de l’étape du jour, se perdaient d’ailleurs dans la foule, et passaient pour ainsi dire inaperçus alors que, après tout, les vedettes qui faisaient l’événement, c’étaient eux.

J’ai suivi l’étape dans les cabines des commentateurs radio, c’est-à-dire sur un écran TV. Max Schaer avait déballé une documentation impressionnante, tout un fichier sur les coureurs, des coupures de presse, les documents fournis par la direction de la course, et parlait à jet continu, relayé de temps à autre par Marcel. Je ne m’étais jamais intéressée aux courses, et n’avais jamais écouté les commentaires, c’était la première fois que je tendais l’oreille. Bientôt, il m’est apparu qu’alors que tout ce que je voyais c’étaient des gens qui pédalaient, les spécialistes mettaient à nu une tactique qui s’apparentait plus qu’à toute autre chose à une partie d’échecs. Au bout de deux heures, j’ai réalisé que lorsque Ferdy Kubler, si souvent cité, disait que pour être champion les jambes ne suffisent pas, et qu’une victoire se fait à cinquante pour cent dans la tête, il ne parlait pas tant de motivation que de stratégie.

Du coup, je comprenais mieux les dérives. Lorsqu’on se met à faire des plans de bataille, on tend à oublier une partie de la réalité – ou en tout cas à en faire abstraction. On gamberge en ne pensant qu’à la victoire, dont on est certain qu’elle est à portée de main; ne serait-ce que pour se motiver, on expédie les obstacles comme de simples formalités. Une fois qu’on s’est engagé dans l’action, on a la sensation d’être dans l’urgence et, pour réussir, on ferait n’importe quoi. Ce n’est pas une excuse, mais une explication: je me suis moi-même trouvée dans des situations de ce type au beau milieu d’une enquête. N’ayant jamais prêté d’attention particulière au cyclisme, jusqu’ici je n’avais pas réalisé ce que courir impliquait.

L’étape a été remportée par un gars de l’équipe Stylo.

Ce soir-là, nous étions dans un hôtel où il n’y avait pas de coureurs, juste des journalistes. Le Tour se dirigeait du côté de Bâle. À table, les discussions ne faisaient que renforcer l’impression que j’avais eue l’après-midi.

Mon but n’étant pas de raconter le Tour de Suisse, je ne m’attarderai pas sur les deux jours qui ont suivi. Le soir du quatrième jour, le Tour arrivait en terre vaudoise. Je n’ai été qu’à moitié surprise, à peine avais-je débarqué de la bagnole de Schaer, d’apercevoir la tête carrée, les cheveux blonds en brosse, de Jean-Marc Léon.

«Comment va la vie?» a-t-il demandé.

«Calmement. Je n’ai pas approché un coureur depuis deux jours. Je les vois courir, je les vois sur le podium, je les côtoie un peu le matin lorsqu’ils viennent se présenter au départ, mais rien de plus.»

«Notre homme est marqué à la culotte», m’a appris Léon.

Il m’a expliqué que le grand jeune homme brun que j’avais vu avec Junot était un des ex-cyclistes devenus aspirants à la gendarmerie vaudoise; je n’ai jamais compris comment Léon avait réussi à le placer là. Le fait est qu’il était «aide-soigneur», et qu’il s’était lié d’amitié avec Junot – du moins à ce qu’il semblait. Il s’appelait Roland Blanc.

«Il se trouve qu’un des policiers qui règlent le trafic vient aussi de chez nous; cela s’est fait sans moi, mais je lui ai touché deux mots. Un des motards bénévoles a été gendarme et par hasard je le connais bien. Il y a votre ami Girot dans une voiture, et François Le Cosandier dans l’autre. Qu’est-ce que le peuple veut de plus?» Il a soupiré. «J’ai nourri le vague espoir que notre oiseau commettrait un acte criminel pendant qu’il est sur territoire vaudois mais, évidemment, ce serait trop beau. Si rien ne se produit d’ici quelques jours, je vais me faire tirer les oreilles par mes supérieurs. Sans compter que j’ai au moins quatre affaires bien réelles sur les bras, et que celle-ci n’est qu’hypothétique.»

«On m’a expliqué que, depuis la mort de Savary, Junot est incontestablement le meilleur coureur de l’équipe Stylo. De son point de vue, il n’a plus de rivaux. Le commentateur TV est allé jusqu’à dire, aujourd’hui, que c’était comme si la disparition de leur leader avait libéré les autres coureurs de la formation. Ils remportent des étapes, on voit qu’ils ont du plaisir à courir. Junot tient une forme incroyable, et on a la sensation d’une renaissance; voilà ce qu’on raconte. Moi, j’ai eu peur le soir où on était dans le même hôtel qu’Ullrich, avec les fous – s’il est fou – on ne sait jamais, mais le danger était très théorique. À part ça…»

«Après le Tour, j’espère tout de même avoir l’occasion de convoquer le petit Junot, surtout si les résultats des analyses que voulait le Dr Van Holt sont positifs et si les parents Savary portent plainte. Je dois vous dire franchement que ce type-là ne m’a pas l’air heureux, au contraire il est tendu comme une corde de violon.»

«C’est aussi l’impression qu’il me fait, mais je crois que nous projetons. Il est toujours comme ça, peut-être.»

«On me dit que non, qu’autrefois c’était un grand rieur.»

Je savais par Van Holt que le résultat des analyses tardait à venir. Pour l’instant, nous n’avions rien de plus à nous dire.

Le lendemain, l’étape du jour repartait du Sentier, et Le Cosandier m’a offert de la faire dans sa voiture suiveuse. Cela m’a donné l’occasion de comprendre encore quelque chose que seule la pratique permet de saisir. Le Sentier dont nous partions est à mille mètres d’altitude. La route a commencé par monter un peu, jusqu’au col du Mollendruz. À partir de là, jusqu’à Cossonay, c’était la descente. Six cents mètres de dénivellation, que nous avons parcourus dans la roue du coureur de tête.

«Savoir descendre, c’est aussi important que de savoir monter. Tu vois comme il coupe les virages, comme il choisit son itinéraire. Au bout du compte, il gagne des secondes précieuses.» «Il», c’était Junot, qui avait lâché tout le monde et descendait à une vitesse effarante. Un coup d’œil au compteur de la voiture m’a permis de voir qu’on dévalait la pente avec des pointes à quatre-vingts kilomètres à l’heure. Nous, on était en voiture, mais Junot faisait ça sur des boyaux d’un centimètre de large, dans le vent, sur une route en lacets, avec le souci de ne pas se faire rattraper. Il fallait vraiment avoir du cœur au ventre. Tenir une forme olympique, ce n’était pas suffisant, il fallait aussi être indifférent au danger.

Pendant cette étape, j’ai aussi découvert l’ardoisier: c’est un des motards bénévoles, reliés à Radio Tour, qui communiquent sur une ardoise à celui ou ceux qui sont en tête l’importance de leur avance. J’ai noté en passant que c’était l’ex-gendarme qui remplissait cette fonction ce jour-là. Ce n’était peut-être pas tout à fait par hasard.

À la fin de l’étape, que Junot a remportée, en arrivant dans un bled du canton de Berne dont j’oublie le nom tant il m’était (et m’est resté) inconnu, j’avais un peu mieux compris le côté inhumain des efforts qu’on demandait aux coureurs. Évidemment, personne ne les force à choisir un métier qui oblige à avaler ou à s’injecter des produits douteux si on veut réussir une carrière.

Trop simple, Machiavelli, m’a soufflé le fantôme de mon père, ce fan inconditionnel de la petite reine. Le vélo, ce n’est pas un métier comme un autre, c’est d’abord une passion.

J’étais à peine arrivée dans ma chambre d’hôtel que mon téléphone a vibré dans mon sac. C’était Van Holt.

«Savary avait pris le neuroleptique», a-t-il annoncé en guise de bonjour.

Au fond, je l’avais toujours su, mais de l’entendre énoncer comme une certitude, ça m’a fait un coup, j’ai dû m’asseoir.

«Le juge estime que ce n’est pas une raison pour rouvrir le dossier. Rien ne prouve que ce n’est pas Savary lui-même qui a pris ce tranquillisant. Les coureurs cyclistes sont des fous, selon lui, ils se croient immortels et font d’étranges mélanges.»

«Alors?»

«Alors rien. On n’est pas plus avancés qu’avant. Les parents Savary ont un élément de plus pour la plainte qu’ils porteront sans doute à la fin du Tour de Suisse. S’il le faut, je témoignerai qu’aucun cycliste sensé ne prend un neuroleptique après l’EPO, mais évidemment il n’y a pas de preuve irréfutable que Savary a pris de l’EPO.»

«Je hais les flics, et je hais les scientifiques: il vous faut toujours des preuves pour tout.»

Il s’est étouffé de rire et a finalement réussi à sortir:

«Alors? Qu’est-ce que vous allez faire, maintenant?»

«Rien, je continue à suivre le Tour de Suisse, on surveille Junot, c’est tout ce qu’on peut faire. L’idéal, ce serait de l’attraper se dopant, puis prenant un produit masquant, encore un terme que j’ai appris ces derniers jours.»

«Vous faites bien attention à vous?»

«Sage comme une image. Junot n’a même pas repéré ma présence, c’est tout dire.»

«Il pourrait aussi faire semblant de ne pas vous avoir vue, et guetter le moment où il pourra glisser une pilule fatale dans votre verre.»

À mon tour de rire.

«Je ne sais pas ce que vous lisez, pour avancer des idées pareilles. En tout cas je vous jure que s’il s’assied à ma table je ne bois rien. Quant à vous, Docteur, vous pouvez arrêter de jouer à la mère poule.»

«Vous n’oubliez pas que je tiens à vous?»

«Non, je tâcherai d’y penser de temps à autre.»

Là-dessus nous avons échangé quelques sourires téléphoniques et nous nous sommes quittés.

Le lendemain, je suis allée traîner du côté du camion où se passaient les contrôles antidopage, mais ce n’était rien de particulier. Le vainqueur de l’étape, le maillot jaune et les différents vainqueurs de maillots de diverses couleurs dont je ne me suis pas donné la peine de comprendre le sens, ont été escortés au camion aussitôt la compétition terminée et les bouquets reçus. On m’a expliqué que les préposés à la surveillance ne les quittaient pas des yeux tant qu’ils n’avaient pas «pissé dans le bocal». J’ai appris à cette occasion que, le jour même à l’aube, des officiels du cyclisme (les vampires, comme les surnomment les coureurs, à cause des prises de sang) étaient venus faire une descente inopinée et qu’ils avaient contrôlé trois équipes entières dont les Stylo (fallait-il voir là la main de Van Holt?).

Les résultats arriveraient plus tard.

J’avais imaginé que tout cela serait spectaculaire, mais il n’en était rien.

Un des coureurs présents m’a dit (pas parce qu’il avait l’intention de s’adresser à moi, mais parce qu’il avait besoin de s’épancher):

«De toute façon, les tricheurs ont toujours une longueur d’avance sur les labos.»

Il y avait de l’amertume dans sa voix.

«Pourquoi dites-vous ça? Vous aimeriez que les labos rattrapent leur retard?»

«Bien entendu. Si personne ne se dopait, personne n’aurait besoin de se doper, vous voyez ce que je veux dire? Moi, je ne prends rien d’interdit. Mais j’avale plein de choses autorisées que jamais je ne prendrais autrement. Certains vous diront qu’ils roulent à l’eau claire. Ce n’est pas vrai. Personne n’est obligé de rouler à l’EPO, mais personne ne roule vraiment à l’eau claire. Produits autorisés, produits interdits… C’est une affaire de définition.»

Je prenais avec un grain de sel ses protestations d’innocence, mais il n’en reste pas moins que je commençais à comprendre le problème.

Plus tard, j’ai demandé à Van Holt s’il était vrai que les dopeurs avaient toujours une longueur d’avance sur la médecine. Ça l’a mis en rogne.

«N’insultez pas la médecine, Marie ! Ce sont les autorités cyclistes qui ne mettent pas tout en œuvre, car la médecine serait capable de raconter toute une vie à partir d’une goutte de sang, aujourd’hui. Il suffit de demander les analyses qui révèlent les produits; mais, le plus souvent, on se contente des urines des athlètes, et ce n’est pas par là que s’éliminent les produits dopants interdits. Ou alors on ne sait pas les trouver. Ou alors ils disparaissent à vitesse grand V des urines, mais continuent longtemps à agir.»

La seule réplique qui m’a traversé l’esprit, c’était qu’on tournait en rond. Je l’ai gardée pour moi.

Nous avons fait étape à Adelboden, où j’ai passé la nuit. En m’endormant, je me suis dit que le Tour de Suisse me paraissait une expérience intéressante, et un coup pour rien. Mais, le lendemain matin, je revenais tout juste du petit-déjeuner lorsque Daniel est venu frapper à ma porte.

«Cette nuit, Junot est sorti.»

«Comment, sorti?»

«Il a quitté sa chambre, puis son hôtel.»

«Pour aller où? Ne me fais pas languir, Daniel.»

«Dans un hôtel où le portier s’en va à minuit. Il a frappé à la vitre, quelqu’un lui a ouvert, mais dans le noir je n’ai pas vu qui. Il est resté peut-être une demi-heure, et il est retourné se coucher.»

«Une aventure amoureuse?»

«Ça m’étonnerait. C’est déconseillé, à ce stade de la course.»

«Il est reparti un paquet à la main, alors?»

«Si paquet il y avait, il était petit.»

Nous nous sommes regardés un instant en silence.

«Tu l’as dit au flic soigneur?»

«Non. Les flics n’ont qu’à se débrouiller tout seuls. S’il n’a rien vu, tant pis pour lui. Ma patronne, c’est toi.»

«Tu me flattes, mais ce n’est pas tout à fait ce dont nous étions convenus avec Léon. Enfin… Toi, d’ailleurs, comment t’y es-tu pris pour…»

«J’ai eu de la chance, à vrai dire. Un hasard. Mais là, on va le surveiller de près toute la journée, et ce soir je monterai une vraie garde.»

Mais la nuit suivante, il ne s’est rien passé, Daniel me l’a fait savoir par un texto.

Nous nous étions peut-être émus trop vite.

 

(à suivre)

 

«Hôtel des coeurs brisés»

a été réalisé par Bernard Campiche Éditeur, avec la collaboration de Huguette Pfander, Marie-Claude Schoendorff, Daniela Spring et Julie Weidmann.  Couverture: photographie de Anne Cuneo 

Tous droits réservés © Bernard Campiche Éditeur Grand-Rue 26 – CH-1350 Orbe

13 commentaires
2)
Saluki
, le 11.10.2009 à 12:32
[modifier]

Anne, je viens de gommer…

Je te prie de bien vouloir excuser ce propos qui visiblement a dépassé ma pensée et heurté ta sensibilité, ce qui me mortifie.

3)
Franck Pastor
, le 11.10.2009 à 13:42
[modifier]

Ils transforment les athlètes, et leur font courir des dangers encore pires qu’à leurs aînés, qui ont aussi payé la facture, mais sur le tard: Anquetil et Bobet sont morts avant soixante ans; Koblet et Coppi à quarante, il est vrai. Mais nos fils meurent avant d’en avoir trente, tant ce qu’ils prennent est dangereux.»

En fait, Hugo Koblet est décédé suite à un accident de voiture. On a pensé à une tentative de suicide puisque sa femme venait de le quitter et qu’il l’avait très mal pris. Que sa mort soit reliée au dopage est donc une hypothèse hasardeuse, ou alors de façon très indirecte (effet sur le psychisme ?).

Pour en savoir plus sur ce magnifique coureur, on peut lire ce très beau livre de Jean-Paul Ollivie. Voir également sa fiche (courte) sur Wikipédia.

4)
Anne Cuneo
, le 11.10.2009 à 16:51
[modifier]

En fait, Hugo Koblet est décédé suite à un accident de voiture. On a pensé à une tentative de suicide puisque sa femme venait de le quitter et qu’il l’avait très mal pris. Que sa mort soit reliée au dopage est donc une hypothèse hasardeuse

Pendant mes différentes enquêtes (j’ai non seulement écrit ce livre, mais aussi fait films et reportages sur les coureurs, notamment Ferdy Kubler), j’ai parlé avec tous de Koblet: ils sont unanimes. Koblet s’est beaucoup dopé avec les moyens de l’époque, et à un moment donné il a lâché psychiquement, parce que c’était un peu, si j’ai bien compris, un enfant gâté. Kubler racontait de façon truculente le tour de France où le directeur de l’équipe l’a obligé à laisser la place à Koblet, qui a lâché avant la fin. Ensuite de quoi, malgré ses nombreux efforts, Kubler n’a pas réussi à remporter le tour, il est arrivé 2e, ou 3e, je ne sais plus.

Le verdict général est qu’une fois que les victoires ont été là, Koblet n’a pas eu la discipline nécessaire, il a eu recours à la dope, a perdu un certain sens des réalités, et là-dessus son histoire d’amour malheureuse, et voilà. Beaucoup des gens qui ont connu Koblet imputent ainsi sa mort au fait qu’il s’est trop dopé. La théorie de Kubler est que se voyant fini sur le plan cycliste comme sur le plan sentimental, il ne voyait plus de raison de vivre, et se jeter contre un mur lui a peut-être paru la solution.

Tous ceux qui l’ont connu sont également unanime pour regretter, pour dire que c’était un type super.

Ceci dit, dans le contexte, il est question surtout du fait que la course cycliste est mangeuse d’homme. Coppi non plus, n’est pas mort directement du dopage – mais sait-on ce qu’était la mystérieuse maladie qui l’a terrassé?

5)
Franck Pastor
, le 11.10.2009 à 20:03
[modifier]

Kubler racontait de façon truculente le tour de France où le directeur de l’équipe l’a obligé à laisser la place à Koblet, qui a lâché avant la fin. Ensuite de quoi, malgré ses nombreux efforts, Kubler n’a pas réussi à remporter le tour, il est arrivé 2e, ou 3e, je ne sais plus.

C’est juste, il avait fini deuxième en 54 derrière Bobet. Koblet, lui, avait dû abandonner dès la première étape de montagne. Lors d’une étape précédente, il avait été pris dans une chute très sérieuse (les images du livre de J.-P. Ollivier sont assez spectaculaires pour que je m’en rappelle), ce qui l’avait fortement diminué.

Coppi non plus, n’est pas mort directement du dopage – mais sait-on ce qu’était la mystérieuse maladie qui l’a terrassé?

La malaria, d’après le livre de J.-P. Ollivier sur Coppi. Raphaël Geminiani, un coureur français qui avait fait quelques jours auparavant la même course que Coppi en Haute-Volta (aujourd’hui Burkina-Faso), est tombé malade en même temps que lui, et ils présentaient exactement les mêmes symptômes. Geminiani s’en est sorti parce qu’on lui a diagnostiqué la malaria à temps, chez lui à Clermont-Ferrand. Coppi ayant à l’époque un organisme affaibli (en raison du dopage, c’est bien possible), la maladie l’a lui emporté d’autant plus aisément que ses médecins ne surent pas faire le bon diagnostic.

6)
Anne Cuneo
, le 12.10.2009 à 19:47
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Geminiani s’en est sorti parce qu’on lui a diagnostiqué la malaria à temps, chez lui à Clermont-Ferrand. Coppi ayant à l’époque un organisme affaibli (en raison du dopage, c’est bien possible), la maladie l’a lui emporté d’autant plus aisément que ses médecins ne surent pas faire le bon diagnostic.

J’ai longuement parlé de ça avec Geminiani, que j’ai eu de la chance de connaître alors qu’il était en pleine forme. Il considérait que Coppi avait été emporté anormalement rapidement, et certains médecins du sport pensent qu’il avait développé une faiblesse cardiaque sérieuse à la suite du dopage. Geminiani était beaucoup plus «une baraque», comme on dit, et c’est essentiellement à cela qu’il attribuait sa survie. Il disait aussi qu’à aucun moment il n’avait été aussi mal en point que Coppi.

Par ailleurs, ke ne connais pas les livres dont tu parles, mais d’après les gens qui ont connu tout ça de visu (il y a dix ans, quand j’ai fait mon film, il y en avait encore pas mal), ce n’était pas si sûr que Coppi ait eu la malaria

7)
FromStart
, le 12.10.2009 à 22:22
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Par acquit de conscience, au cas où je ressortirai certaines anecdotes au détour d’une conversation: j’imagine que tous les faits faisant référence à des coureurs existants ou ayant existés sont véridiques ? Y compris le fait que le coureur ayant terminé dernier en 2003 a fait le même temps que le gagnant du tour ‘96 ? Ne m’intéressant pas au cyclisme au-delà mon usage personel, je ne connais ni le temps “typique” pour une telle épreuve, ni la différence de temps “normale” entre le premier et le dernier. Mais d’après cela, le temps moyen diminue chaque année, au point que seulement 7 ans plus tard, les derniers rattrapent les premiers ? Ne pourrait-on pas appliquer les mêmes recettes qu’en F1, comme par exemple, imposer des pneus plus étroits afin de diminuer la puissance transmissible ? … Ah là, là, heureusement que je suis là! :-)

8)
zit
, le 12.10.2009 à 23:18
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FromStart, pour le reste, je ne sais pas trop, mais pour les pneus, plus ils sont étroits, plus on avance vite : la surface en contact avec le sol étant plus faible, les frottements ralentissant l’avancée sont moindres, donc, pour ralentir les coureurs, il faudrait les faire rouler avec des pneus de tracteur… ;o)

z (et encore merci, Anne, pour ce feuilleton dominical haletant ! je répêêêêêêête : j’adore !)

9)
Anne Cuneo
, le 13.10.2009 à 08:57
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Par acquit de conscience, au cas où je ressortirai certaines anecdotes au détour d’une conversation: j’imagine que tous les faits faisant référence à des coureurs existants ou ayant existés sont véridiques ? Y compris le fait que le coureur ayant terminé dernier en 2003 a fait le même temps que le gagnant du tour ‘96 ?

J’ai inventé le nom et la composition de l’équipe, et j’ai concentré sur cette équipe quelques problèmes essentiels, mais tout le reste est scrupuleusement véridique. J’ai discuté avec des dizaines de coureurs cyclistes, très jeunes, jeunes, moins jeunes, et jusqu’aux champions d’autrefois, en Suisse, en France, en Italie. J’ai suivi plusieurs tours et courses dites “classiques”. Tout est non seulement véridique, mais souvent vérifié plusieurs fois. Des données générales comme le fait que le dernier du Tour 2003 avait fait un temps similaire au gagnant de 1996 est vérifiable par chacun.

J’ai été très entourée en écrivant ce livre, par des spécialistes qui ont été prêts à tout faire pour que la vraie vérité sorte: les journalistes surtout, qui ne pouvaient pas révéler certains agissements sans se voir bannir, et qui ont saisi l’occasion de ce roman pour vider leur sac. Mon enquête a duré des années; je faisais autre chose pendant ce temps, bien sûr, mais j’ai accumulé, vérifié, été mettre mon nez dans les choses pendant très très longtemps. Entre l’idée et la publication, il y a eu plus de quatre ans.

Un groupe de journalistes sportifs avec qui j’ai discuté après la sortie du livre avait qualifié Hôtel des coeurs brisés de “vérité en comprimé” – on avale le comprimé et on sait tout, disaient-ils.

10)
Anne Cuneo
, le 13.10.2009 à 09:44
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Frank Vandenbroucke est mort à 34 ans. Les circonstances de sa mort sont incertaines, mais on parle d’embolie pulmonaire. Il était en vacances au Sénégal.

CQFD – et triste. Comme pour illustrer ce qu’on discute ici. Exemple typique: lisez sa fiche sur L’Equipe (entre autres).

On ne prouvera jamais VRAIMENT que le dopage l’a tué – mais tout le monde en parle.

11)
FromStart
, le 13.10.2009 à 12:14
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Anne: Merci pour cette réponse très détaillée. Et chapeau pour le boulot.

J’apprécie beaucoup les romans historiques (au fait, peut-on qualifier celui-ci d’historique, vu que l’action est contemporaine ?), surtout lorsque les sources sont fiables et que l’on peut distinguer les faits réels du roman.

12)
FromStart
, le 13.10.2009 à 12:16
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FromStart, pour le reste, je ne sais pas trop, mais pour les pneus, plus ils sont étroits, plus on avance vite : la surface en contact avec le sol étant plus faible, les frottements ralentissant l’avancée sont moindres, donc, pour ralentir les coureurs, il faudrait les faire rouler avec des pneus de tracteur… ;o)

euh Zit… merci pour l’explication, mais ma suggestion était une plaisanterie :-)

13)
Anne Cuneo
, le 13.10.2009 à 16:28
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J’apprécie beaucoup les romans historiques (au fait, peut-on qualifier celui-ci d’historique, vu que l’action est contemporaine ?)

Le reportage n’étant que l’histoire au présent, en train de se faire, et ce roman qui raconte les moeurs telles qu’elles étaient en 2004 restant d’une brûlante actualité, on peut certes à la fois le qualifier de roman historique et de roman d’action contemporain, je dirais… En tout cas, j’ai procédé exactement comme pour les romans historiques que j’écris (aussi).