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Breizh

À l'instar des Inuits qui doivent bien avoir plusieurs centaines de mots pour "neige", les bretons devraient en avoir autant pour cette eau qui leur tombe du ciel en presque permanence. Entre le léger crachin, l'ondée versatile, la giboulée mutine, la vache qui pisse et le franc orage, les mots me manquent pour décrire l'incroyable diversité du catalogue de ce que le ciel nous fait tomber sur la tête depuis notre arrivée. C'est simple : dans ce pays, même la rosée est diluvienne.

Non qu'il nous en veuille, ce ciel, mais il a du constater que nous l'avions prévu, que nous sachions où l'on allait, et il teste nos cirés et casquettes... Une nuance, toutefois, cette année le réchauffement se fait durement sentir : l'eau mouille moins que d'habitude, et le crachin est plus sec. Enfin... C'est ce que disent les autochtones!

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Un grain à marée basse, 15h30...

Pour ceux qui ne connaissent pas les Côtes d'Armor, c'est cette partie nord de la Bretagne, après la Normandie, où le granit rose découpe la mer d'une dentelle inamovible de criques perdues dans des falaises, et où la nature rude procure au voyageur de passage l'impression de visiter le pays des vents. De partout, cela pousse, bourgeonne, découpe, heurte, cisèle, casse, la mer comme le vent. De partout cela embaume, les senteurs de terre humide se mêlant à l'iode et au varech en un parfum puissant et entêtant. Partout de l'eau, partout de la vie, partout une nature vivace.

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Terre ou mer? Mer!

Et partout : de la vie... Oui... Le rivage breton, c'est une jungle où tout se pousse dessus, dans un déplacement progressif de genre, du végétal terrien au pur marin. En haut de la falaise, les chênes, les herbes folles, les renoncules et les genêts qui couvrent les granits roses d'un vert profond qui plonge presque à la mer. Ensuite, descendant vers l'eau jusqu'à la frôler, les lichens, dorés, qui prennent la maigre place de douanier à la frontière terrestre, le passage du terrien au marin.

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Ensuite, c'est l'orgie marine. Dans les trous de rochers où la mer a laissé une flaque d'eau, algues et anémones s'échevèlent à la moindre ride. Crabes poissons, crevettes. Escargots bigarrés. Poissons qui filent dans un souffle à la première ombre...

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Oasis...

Quand il n'y a pas d'eau, ou seulement à la haute, les berniques colonisent. Les huîtres, d'un crème de vieil ivoire, s'implantent en solitaire, les moules en colonies bleues. Pas un endroit désert. Surpopulation. La Bretagne, sur le rivage, c'est la jungle.

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Lunaire et minéral...

Plus bas encore, les sables et les vases. Coquilles et coquilles. Flagelles, pinces, nageoires. Épines, écailles, tentacules, carapaces. Si vous n'avez jamais râclé d'un haveneau décidé un fond de vase herbeux pour en tirer quelques bouquets, vous ne pouvez imaginer ce que vous côtoyez ici quand vous vous baignez. Un crabe est un minimum. Surtout quand il y a seiches et poulpes, grands comme un ongle, attendrissants bébés, langues rouges, Saint-Jacques, praires et crevettes, et une foultitude de poissons dont vous n'imaginiez même pas la forme ou la couleur, d'un vert de perroquet, grands comme un doigt, gigotant comme de beaux diables, ou fouettant l'air comme l'inoffensif mais impressionnant baromètre, qui ressemble à un serpent de mer de vingt centimètres à tête d'hippocampe...

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Langues rouges : les Mick Jagger de la mer...

Bien sûr, là, nous ne parlons que de nature. Magnifique nature, ici! Et c'est maintenant qu'il faut en profiter. Parce que si vous allez sur Binic, charmant endroit au dessus de Saint-Brieuc, vous verrez qu'il y a deux côtés à la digue. À droite, la nature dont nous parlons, et à gauche, le domaine de l'algue verte qui envahit ces côtes, par tonnes, étouffant ce bonheur sous des tonnes de feuilles gélatineuses vaguement translucides. La marée verte.

Vous la connaissez la mer, en Bretagne... Elle est habituellement émeraude, vive, cassante, babillante, crépitante, brassant ses galets avec méthode et persévérance. Du côté gauche de la digue, elle est atone, huilée de vert fluo. Les vagues arrivent au rivage pour s'empêtrer dans le verdâtre, péniblement, freinées par des mètres cubes de gélatineux, pour un peu on aurait peur qu'elles n'y arrivent jamais, lentes, molles, à bout de souffle. Fatiguées. Mourantes.

Et ça pue! Mon Dieu que ça pue!... La décomposition... Hydrogène sulfuré à outrance. À en mourir, dit-on... De ces algues vertes, on peut en ramasser jusqu'à 10 000 tonnes par an rien qu'en baie de St Brieuc. Il doit y avoir des bretons qui n'aiment pas la mer pour laisser le trop plein d'engrais faire ces ravages à la côte.

Cette année, nous avons, mon fils et moi, pris des photos. Du beau. Du sain. De l'exaltant. Parce que l'année prochaine, qui sait ce que nous retrouverons?...

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43 commentaires
1)
illianor
, le 29.07.2009 à 00:33
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Vraiment simpa les photo. Je suis allé deux fois en Bretagne. mais jamais sur les côtes d’armor. Si je les connaissait de réputation, tes photos me donnent envie de m’y rendre.

2)
fxc
, le 29.07.2009 à 06:08
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Merci Modane pour ce reportage de ta jolie bretagne, reportage qui donne envie d’y retourner.

Puis-je ajouter un dicton d’Olivier de Kersauson:

“en bretagne il ne pleut que sur les cons….”

Et une invention personnelle concernant mon pays, celui plus haut que le Nord:

“Chez nous il n’y a que deux saisons, la grandes saison des petites pluies et la petite saison des grandes pluies”

Un autre du terroir:

“quand il ne pleut pas , c’est qu’il va pleuvoir”

J’espère qu’ils mettront du baume au coeur des bretons qui lisent cuk.

3)
Okazou
, le 29.07.2009 à 06:15
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Très beau texte, Modane. C’est bien ce coin de Bretagne que tu décris tel qu’il est dans sa beauté farouche et ses horreurs sans nom.

« Et ça pue! Mon Dieu que ça pue!… La décomposition… Hydrogène sulfuré à outrance. À en mourir, dit-on… De ces algues vertes, on peut en ramasser jusqu’à 10 000 tonnes par an rien qu’en baie de St Brieuc. Il doit y avoir des bretons qui n’aiment pas la mer pour laisser le trop plein d’engrais faire ces ravages à la côte. »

Ça, il faut le dire et le répéter bien haut, bien fort. Que le monde montre du doigt ces dégâts humains, parfaitement évitables, qui, par la très grande lâcheté des élus et des populations locales perdurent depuis des années et pour des années encore. Le « Grenelle de la mer », vaste entourloupe toute sarkozienne qui vient d’avoir lieu, n’a absolument pas abordé ce problème qui restera donc écarté des mesures projetées. Tous les Bretons, et ceux qui sont directement concernés dans ce département des Côtes d’Armor (Finistère nord idem) mieux que d’autres, savent à qui l’on doit d’infliger ces remugles atroces, le qualificatif n’est pas trop fort, aux humains qui nous font l’honneur de nous visiter.

Il n’y a pas deux coupables mais un seul : le productivisme agricole et sa surproduction destinée à l’exportation et grassement subventionnée par cette Europe gâtée par le libéralisme économique. Je me répète ? Je m’en fous ! Rien n’est plus vrai que ce que j’écris là et il va bien falloir un jour, qui sera un beau jour, sortir une bonne fois de cette gabegie mortifère, qui nous entraîne vers la mort aussi sûrement que le bateau mal gouverné va se briser à la côte.

Les marées vertes (nous avons aussi eu droit régulièrement [7 fois] aux marées noires de pétrole) sont la résultante du lessivage des sols sursaturés d’azote par les pluies printanières (avril à juillet) qui entraîne ces quantités d’engrais vers la mer à la rencontre d’algues (ulves) qui ne demandent qu’à se développer inconsidérément au premier rayon de soleil. Ces algues couvrent littéralement, telles une immense méduse flasque d’un vert de gelée anglaise, les plages et les fonds de baies avant de se désagréger dans la puanteur justement décrite par Modane.

On imagine l’état de déliquescence dans lequel sont rendus les populations et les élus locaux dans ce coin de Bretagne-Nord (des baies de Lannion et de St-Brieuc [400 ha d’échouage pour cette seule baie !] jusqu’à celle de Douarnenez, plus de 70 communes littorales touchées !) pour qu’ils en soient à accepter qu’une poignée d’éleveurs de porcs et d’agriculteurs irresponsablement avides, formant un des lobbies les plus puissants d’Europe, détruisent une des plus belles contrées de France (même sous la pluie).
Un exemple du comportement du pouvoir sur place ? Je ne sais pas ce que vous feriez à sa place devant un tel problème mais le préfet des Côtes d’Armor, représentant direct du gouvernement (droite ou gauche, c’est pareil), qui signe à tour de bras, contre les recommandations de la pourtant ultra-libérale Europe, des autorisations d’extensions de porcheries déjà en surnombre, plutôt que d’agir contre les fautifs, préfère demander aux maires des communes touchées de restreindre les accès des plages aux populations tant la santé des personnes est en danger. C’est magnifique de cynisme et de bêtise, non ?

C’est comme ça que tout continue. Les citoyens locaux ne sont pas assez nombreux à se mobiliser. On se tait. La Bretagne, à l’instar de la Corse, sait faire jouer l’omerta et celui qui rue dans les brancards est bientôt menacé, certaines menaces allant jusqu’à aboutir. Un système mafieux est en place, sous l’égide du pouvoir et de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles) qui poussent à surproduire quoiqu’il puisse en découler.

Alors quand j’entends des abrutis cracher sur la politique j’ai bien envie de leur mettre le nez dans un mètre cube d’algues vertes en putréfaction. Car c’est bien par des choix politiques différents que l’on parviendra à retrouver la Bretagne qu’on aime. Celle d’avant les années libérales.

Revenons à une agriculture non productiviste qui n’exporte que les produits que d’autres ne peuvent pas produire et qui se charge d’assurer l’autonomie alimentaire de la France et de produire ce que pourrait demander l’ONU pour ses programmes d’aide alimentaire. Tout est là.

Si la FNSEA sévit fortement en Bretagne, c’est également en Bretagne qu’est née la Confédération paysanne dont la vision de la fonction sociale du paysan est à mille lieues de l’enrichissement à tout crin sur le dos des autres.

La Bretagne-Sud où je me trouve, très différente géologiquement et économiquement de la Bretagne-Nord, n’est guère victime de ces marées vertes. L’ensoleillemeent supérieur (qui bloque la croissance des ulves) et le développement agricole plus réduit nous fait passer à travers cette malédiction.

Mais d’autres dangers, également en rapport avec le mépris qu’affichent certains chantres du développement économique en dépit de tout et de la nature en particulier, nous guettent.
Ainsi, à deux pas de chez moi, Dame Nature nous a dotés de 25 km de plages et de cordon dunaire ininterrompus (sauf ria d’Étel) entre le tombolo de Gâvres et l’isthme de celui de la presqu’île de Quiberon (voir Google Earth). Une plage et des dunes à perte de vue. C’est beau, c’est sauvage, c’est riche en faune et en flore. C’est unique et irremplaçable. On touche au sacré. Eh bien, on vient de l’échapper belle, un cimentier leader mondial en matériaux de construction, Lafarge – qui a signé un partenariat avec le WWF (!) –, avait décidé de se fournir en sable par dragage devant cette merveille de la nature. Dix-huit millions de tonnes de sable auraient ainsi été déplacées créant un vide (l’horreur absolue pour la nature) que seul le retour à la mer du sable des dunes aurait pu combler, détruisant par là deux écosystèmes par une seule action. Ces gens sont incapables d’imaginer ce que leur comportement « prédateur » peut induire sur l’écosystème auquel ils s’attaquent. Et quand ils peuvent l’imaginer (ils savent parfaitement « orienter » leurs études d’impact), ils passent outre leurs états d’âme. Du cynisme au service de ces maudits actionnaires voraces.
Malheureusement pour eux, le Peuple des dunes, réunissant solidairement 150 associations de défense de la nature, s’est mobilisé efficacement et les beaux accords qu’ils s’apprêtaient à signer avec le représentant du gouvernement sont restés lettre morte.
Sur le même magnifique site naturel entre Gâvres et Quiberon, l’état-dans-l’État EDF avait cru pouvoir implanter jadis (!) une centrale nucléaire. À Erdeven. Ils avaient cru pouvoir. Mais le pouvoir, celui des gens, des hommes et des femmes de ces contrées et bien d’autres venus de toute part, le pouvoir populaire, l’avait emporté. Nous pensions aussi beaucoup, alors, aux pays sous le vent de la Bretagne (quand nos flux d’ouest, Gwalarn, Kornog et Mervent s’en mêlent, ils ont tôt fait de traverser le pays) qui auraient subi, au premier dysfonctionnement important de la centrale, les effluves mortels qui ne se seraient pas arrêtés aux Marches de Bretagne comme le nuage de Tchernobyl l’avait fait si aimablement aux frontières de l’Est de la France.

Le pouvoir ? C’est toi, c’est moi, c’est nous. Et personne d’autre.

L’action politique, c’est ça. Militer, c’est ça. Se faire respecter, c’est ça.


Un autre monde est possible. Le nôtre.

4)
Anne Cuneo
, le 29.07.2009 à 08:08
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Je suis une fanatique de la Bretagne, et j’ai souvent regretté que ce ne soit pas mon pays – mais bon, vu mes origines méridionales… Même des origines de bord-de-mer (Gênes mon père, Trieste ma mère – il faut le faire!), ne me donnent pas le droit de me sentir chez moi en Bretagne. Alors, chaque fois que j’y vais, j’ai la sensation d’être une de ces touristes prédatrices qui feraient mieux de rester chez elle, et surtout pas aller surcharger le splendide échosystème dont vous parlez si bien, Modane et Okazou.

Je te suis particulièrement reconnaissante, Modane, de ne jamais qualifier la pluie (mouillée ou sèche) de «mauvais temps». Sans doute qu’à l’ère glaciaire avoir un bon coup de chaleur ininterrompu pendant des semaines, c’était productif. Et c’était alors le «beau temps». Mais en ces temps de rechauffement… J’ai toujours été étonnée que les producteurs de journaux télévisés laissent les présentateurs météo parler avec des trilles dans la voix de soleil-temps-magnifique au mois d’août, quand l’eau manque aux cultures, quand les forêts s’embrasent, quand la canicule tue, quand le soleil est synonyme de MAUVAIS temps pour tant de monde. Ceci étant une parenthèse qui n’a que marginalement à voir avec cette superbe visite de la côte bretonne. Merci.

5)
zit
, le 29.07.2009 à 08:14
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Je plussoye, très belles photos et non moins joli texte.

Ne pas oublier que c’est une superbe région pour la bicyclette (quand on aime grimper, c’est jamais très long, mais c’est parfois très raide !).

Encore d’accord avec Okazou, comme d’hab.

z (et pour ce qui est de la pluie, en revenant la dernière fois du coin, une autochtone me demandait, dans le train, comment s’était passé mon séjour, je lui ais dit que c’était super, et qu’il n’avait plu qu’une fois en cinq jour, ce à quoi elle m’avait répondu :« surtout, ne le répétez pas, sinon, on va voir débarquer les touristes en masse ! », je répêêêêêêêêête : « en Bretagne, il fait beau plusieurs fois par jour »)

6)
djtrance
, le 29.07.2009 à 08:24
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Que de belles images, ça change du cliché traditionnel “il pleut toujours en Bretagne…”

Remarque, je dois y aller, moi, en Bretonnie!! C’est très joli :) Merci pour cet article si bien écrit et encore une fois, merci pour ces belles photos!!

8)
vindicatif
, le 29.07.2009 à 08:43
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la Bretagne ne serait pas ce qu’elle est sans un temps océanique qui a forgé ses paysages et ses rivages,a paris on a souvent le même temps que les bretons quelques jours après… je crois aussi qu’il y a des bretagnes dans la bretagne,de la baie du mont saint michel au croizic,il y a des sacrés changements!!! tout cela reste ,a part quelque coins un peu surpeuplé en été(tout reste relatif par rapport au sud de la france…),beau et authentique .par ici quelques photos: http://gallery.mac.com/fgrevoul#100282&bgcolor=black&view=grid, je me permets, cher mr cuneo, de faire de la pub pour ma petite maison en bretagne entre le mont saint michel et saint malo: http://web.me.com/fgrevoul

9)
bambou55
, le 29.07.2009 à 08:56
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J’adoooore la Bretagne… j’y part d’ailleurs dimanche ;-)

10)
Kermorvan
, le 29.07.2009 à 08:58
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Si la côte n’est pas sabotée de Port Louis à Quiberon, c’est parce que l’armée y avait (y a toujours ?) un long champ de tir (dit « de Gâvres »).

11)
François Cuneo
, le 29.07.2009 à 09:02
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Très chouette texte.

Très jolies photos.

Et grosse inquiétude à la fin.

Okazou porte l’estocade.

Chez nous, dans notre village, l’eau est trop chargée en nitrates.

Depuis trois ans, nous avons pris les choses en mains. Nous avons déclaré une zone Zu, c’est-à-dire une zone représentant au minimum 70% du bassin versant de notre source principale.

Sur cette zone, bien évidemment exploitée par des paysans qui font leur travail le mieux possible, nous avons changé les modes de culture, passant à des productions demandant moins d’azote (beaucoup plus de prairies en fait).

Avec l’aide des paysans, avec l’aide du canton, et avec l’aide de la confédération, mais aussi avec l’aide des deux communes qui se partagent la source, nous avons pu changer les choses.

On va nettement vers le mieux, même si nous nous trouvons sur un palier difficile à passer, mais que nous passerons.

Comme quoi, la politique permet de prendre les choses en mains.

Je ne comprends pas vos élus locaux en Bretagne.

Je ne comprends pas, c’est au-dessus de mon entendement, qu’on puisse sacrifier le bien-être commun au bénéfice de quelques-uns.

Si l’on est élu, c’est tellement pour défendre ce qui doit l’être…

Une question d’honneur.

Certains visiblement ne l’ont pas.

J’imaginais ça dans le Var, ou dans certains pays maffieux, pas en Bretagne.

Je suis terriblement déçu.

12)
Anne Cuneo
, le 29.07.2009 à 09:27
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Je ne comprends pas, c’est au-dessus de mon entendement, qu’on puisse sacrifier le bien-être commun au bénéfice de quelques-uns.

Si l’on est élu, c’est tellement pour défendre ce qui doit l’être…

Une question d’honneur.Certains visiblement ne l’ont pas.

C’est exactement ainsi que je vois les élus, du local au fédéral/national. Je ne te félicite donc pas particulièrement, tu fais ce que tu as été élu pour faire, ce devrait être NORMAL. Ç’a toujours été au-dessus de moi de comprendre comment tout élu ne voit pas les choses ainsi, mais il est de fait que «certains» ne se font élire que pour défendre des intérêts particuliers. Tout en disant que c’est pour le bien commun. Suivez mon regard…

13)
François Cuneo
, le 29.07.2009 à 09:30
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C’est exactement ainsi que je vois les élus, du local au fédéral/national. Je ne te félicite donc pas particulièrement, tu fais ce que tu as été élu pour faire, ce devrait être NORMAL. Ç’a toujours été au-dessus de moi de comprendre comment tout élu ne voit pas les choses ainsi, mais il est de fait que «certains» ne se font élire que pour défendre des intérêts particuliers. Tout en disant que c’est pour le bien commun. Suivez mon regard…

Nous sommes parfaitement d’accord.

14)
jpp
, le 29.07.2009 à 09:30
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Cet article me rappelle d’excellents souvenirs de la découverte de la Bretagne Nord en 2006. Merci Modane. Si certains souhaitent voir d’autres photos de la Bretagne Nord, je vous propose de découvrir les miennes sur mon site. C’est icititre .

15)
Modane
, le 29.07.2009 à 09:37
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À propos de dictons et de météo :
“L’ile de Bréhat, c’est l’île des quatre saisons… En une seule journée!”
Et aussi: “Le bronzage breton, c’est quand tu as un trou dans ton ciré.”
Merci à tous de vos réactions! Les marées vertes, on va les avoir! Elles commencent à coûter trop cher pour qu’ on les laisse perdurer! Sordide, mais vrai!
Pour les photos, je crois que vous avez réussi à me coller le virus! Merci encore!

16)
Modane
, le 29.07.2009 à 10:08
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Je reviens sur votre indignation citoyenne, Anne et François!
“Si l’on est élu, c’est tellement pour défendre ce qui doit l’être… Une question d’honneur. Certains visiblement ne l’ont pas.”

Je partage assurément votre point de vue, mais j’ai bien l’impression qu’en France, la question ne se pose pas de cette façon. Nous en sommes revenus, politiquement, très exactement à 1789 moins quelques jours : une classe de privilégiés qui a confisqué richesses et pouvoirs, et qui maintient ses privilèges à tout prix, et un peuple subrepticement éclairé qui se pose la question de la légitimité de la chose. Il me semble que la citoyenneté française est à reconstruire. Ou à regagner.

17)
alec6
, le 29.07.2009 à 10:13
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Merci Modane pour ce beau texte et accessoirement pour les photos, merci aussi à Okazou, rien à redire comme d’hab’ et merci enfin à Anne pour ces remarques météorologiques judicieuses.

Pour les bretons d’occasion et pour les bretonnants qui ne connaitraient pas, je recommande la plage de Kerlouan dans le Finistère nord. La température de l’eau y est idéale… pour le Pastis, mais le lieu magnifique, les Seychelles sans les palmiers !

18)
alec6
, le 29.07.2009 à 10:21
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On est bien d’accord Modane (16), même Peyrelevade l’ancien PDG du Lyonnais subodorait il y a peu une ambiance pré révolutionnaire. Mais les bandits de la finance ont encore de beaux jours devant eux, ils dépèceront la bête jusqu’à l’os, en avouant candidement qu’ils se sont fait un max de pognon en “jouant” à la hausse ou à la baisse sur des marchés, avec l’argent des autres de préférence, du fin fond de leurs bureaux ici et là et même en Suisse (suivez mon regard !) au jeu célèbre du “pile je gagne, face je ne perds pas !”

19)
Guillôme
, le 29.07.2009 à 10:51
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N’oublions pas que les Côtes d’Armor s’appelaient Côtes du Nord avant que la région réussisse à en changer le nom pour favoriser le touriste et éviter la réaction spontanée Nord = Froid ;)

20)
nautilebleu
, le 29.07.2009 à 13:18
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Etant précisemment originaire de cette région, ces photos me donneraient le mal du pays si je n’y retournais pas lundi prochain !

En fait à propos de couleur, c’est plutôt le contraire, le breton a une seule couleur pour désigner la couleur de la mer, “Glaz”, qui correspond à toutes les nuances possibles, depuis le gris ardoise pendant une tempête au bleu sous le soleil !

21)
alec6
, le 29.07.2009 à 14:56
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Pour en revenir à la Bretagne, Paul Jorion dont je vous ai déjà parlé et qui est à l’économie ce que Jancovici est à l’énergie, a travaillé au début de sa carrière d’anthropologue “économiste”, sur les pêcheurs de l’île de Houat et sur la formation des prix de vente du poisson, la soi disant loi de l’offre et de la demande et du prix optimal obtenu par croisement de deux courbes, celle du vendeur et celle de l’acheteur. Il s’est donc aperçu que cette loi était bidon, ses travaux ultérieurs (dans la finance et les banques US de crédit) ont confirmé son idée d’alors !

Houat ! la plus belle des îles, j’ai eu le loisir de visiter l’archipel des San Blas au large de Panama, Tahiti récemment… sincèrement ! rien ne vaut Houat ! Peut-être Hoëdic, quelque île du golfe (du Morbihan) ou au large de Concarneau, à la rigueur ?

Ceci dit Guillôme, le Nord commence à Brive, voire même en dessous, et le nord, c’est froid ! Na !

22)
Marcolivier
, le 29.07.2009 à 15:22
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Si la diatribe politique d’okazou – et reprise par d’autres – n’est pas dénuée de sens, je l’ai trouvée totalement hors sujet.

Le sujet? Le magnifique prose pleine de poésie de Modane sur sa chère Bretagne illustrée par les lumières très particulières de ses photographies.

Pardonnez-moi, mais devant tant de beauté, la glossolalie idéologique me donne la nausée, un peu comme la Hague aux marins-pêcheurs peut-être.

Merci Modane pour ce bel ouvrage.

23)
Karim
, le 29.07.2009 à 16:02
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Pardonnez-moi, mais devant tant de beauté, la glossolalie idéologique me donne la nausée, un peu comme la Hague aux marins-pêcheurs peut-être.

Ne pas comprendre le lien pourtant clairement explicité entre la beauté du site et la politique de ses élus peut également donner la nausée.

24)
Modane
, le 29.07.2009 à 16:31
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Vous énervez pas les gars! Chacun selon son tempérament! Allez, tout le monde au bar! (Le poisson, bien sûr!)

25)
Okazou
, le 29.07.2009 à 16:56
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« vu mes origines méridionales… Même des origines de bord-de-mer (Gênes mon père, Trieste ma mère – il faut le faire!), ne me donnent pas le droit de me sentir chez moi en Bretagne. »

Bien sûr que tu es chez toi en Bretagne, Anne. Comme toute personne qui y pose le pied. Et avec le prénom que tu portes, tu es déjà un pied dedans ! Gènes gênois ou pas.

26)
Okazou
, le 29.07.2009 à 16:57
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« Si la côte n’est pas sabotée de Port Louis à Quiberon, c’est parce que l’armée y avait (y a toujours ?) un long champ de tir (dit « de Gâvres »). »

Ça, c’est la version servie par le pouvoir pour se retirer d’une affaire qu’il voyait bien mal engagée avec la réaction populaire très déterminée. C’est bien le Peuple des dunes qui a fait abandonner le projet.

Les « tirs de Gâvres » se font de plus en plus rares. Encore quelques exercices des Super Étendards de Lann Bihoué. Quand j’étais môme, nous entendions régulièrement le canon tonner. Même au cœur de l’été. Ce n’est plus le cas depuis longtemps. L’armée a tendance aujourd’hui (réduction de crédits ?) à céder ses territoires littoraux au Conservatoire du littoral qui prend en charge leur développement. Ainsi fut fait l’année dernière sur la Côte sauvage à Quiberon.

27)
Okazou
, le 29.07.2009 à 17:00
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Bon dieu, François, voilà exactement le comportement (bien normal, comme dit Anne) que nous attendons ici ! Comme quoi, quand la volonté politique est là, le meilleur est possible.

Quand tu parles de la remise des terres en prairies, tu offres la solution. La filière herbe sur le point de se développer en France avant le libéralisme s’est trouvée balayée par l’arrivée des gros intérêts américains et des pots-de-vin distribués à nos politicards hexagonaux et européens. La filière maïs, cette horreur sans nom, s’est imposée avec ses plantes hybrides dont il faut racheter chaque année les graines ; avec les quantités astronomiques d’eau (3 m3 par pied) nécessaires ; avec l’appauvrissement des sols dû à une plante très gourmande ; avec cette tentation de la monoculture qui ravage les paysages et fait considérer que le maïs est une plante miracle. Y répondre par l’herbe, la luzerne, le trèfle, la navette, etc. constitue l’issue bénéfique à cette situation. Retour à notre culture ancestrale. Ensiler de l’herbe plutôt que du maïs. Offrir au bétail une nourriture variée, équilibrée et fort peu coûteuse. Le maïs sans le soja n’assure pas les besoins nutritionnels du bétail. Le coktail cité plus haut, oui.

Reste la surproduction de porcs, de volailles, de l’alimentation qu’ils nécessitent et de leurs déjections dont il faut bien faire quelque chose (surépandage du lisier de porc qui embaume nos campagnes), c’est encore un choix politique. Majeur.

Quant à se demander le pourquoi des comportements en France il est assez clair que le problème concerne au premier chef nos politiques. Il n’est que de voir les lamentables politicards du PS. Ne parlons pas des godillots de l’UMP. Quant aux populations, pourquoi réagissent-elles ici et pas là ? Cela reste un mystère. J’aurais tendance à mettre en avant un comportement trop convenu de certaines associations qui ont choisi la négociation plutôt que la lutte bien marquée. On ne négocie que lorsque l’on est en position de force, pas de faiblesse. Il y a un côté « Oui, not’ bon maître » derrière ces comportements inadaptés. On ne soupe pas avec le Diable, même avec une longue cuiller. Le Diable, quand il se fout de ta gueule depuis des années, il faut lui rentrer dans le lard ! On y vient, on y vient…

28)
Okazou
, le 29.07.2009 à 17:04
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« Nous en sommes revenus, politiquement, très exactement à 1789 moins quelques jours : une classe de privilégiés qui a confisqué richesses et pouvoirs, et qui maintient ses privilèges à tout prix, et un peuple subrepticement éclairé qui se pose la question de la légitimité de la chose. »

La plus juste des analyses. Comme tu le dis, la citoyenneté est à reconstruire. Abandon de la défroque de consommateur bêlant et endossage de pantalon de sans-culotte.

29)
Okazou
, le 29.07.2009 à 17:08
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« Pardonnez-moi, mais devant tant de beauté, la glossolalie idéologique me donne la nausée »

On te pardonne tout ce que tu veux mais tu n’es pourtant pas idiot, Marcolivier, je te lis régulièrement et il ne me semble pas que tu aies un problème de neurones. Ça se passe ailleurs. Il faudrait te secouer les boyaux de la tête pour revenir à la vraie conscience des choses, toute idéologie jetée aux orties. On rencontrera bientôt beaucoup de défroqués du libéralisme. Prend ta carte au club !

En attendant, je te propose une immersion dans cette gelée glauque et fétide que nous procure chaque année, aux beaux jours (!), l’idéologie de tes accointances.

Tu n’en reviendras pas indemne.

30)
Okazou
, le 29.07.2009 à 17:11
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« Houat ! la plus belle des îles, j’ai eu le loisir de visiter l’archipel des San Blas au large de Panama, Tahiti récemment… sincèrement ! rien ne vaut Houat ! Peut-être Hoëdic, quelque île du golfe (du Morbihan) ou au large de Concarneau, à la rigueur ? »

Se trouver bien à Houat dénote un certain état d’esprit. Surtout par un beau coup de vent qui te coupe du continent, t’isolant avec toi-même sur ce bandeau de lande. Sur Hoëdic c’est encore plus marqué. Houat, le canard, île longue, Hoëdic, le caneton, île ronde, ne se donnent pas au premier venu.
Richesse archéologique du néolithique sur ces îles. Mais sur quelles barcasses naviguaient-ils donc ?

Cela dit, Belle-Île, la bien nommée, n’est pas mal non plus.

31)
jokef
, le 29.07.2009 à 17:25
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Pour rebondir sur la météo et les dictons sur le “mauvais temps”… Je rentre de Suède où l’on a coutume de dire qu’il n’y a pas de mauvais temps. Seulement de mauvais habits.

32)
Modane
, le 29.07.2009 à 17:28
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Lu aujourd’hui, à l’instant :

Un cheval meurt étouffé sur une plage

De la vase et des algues vertes, c’est sans doute le cocktail qui a étouffé un cheval, hier vers 16 h 30, sur la plage de Saint-Michel-en-Grève (Côtes-d’Armor). Alors qu’il s’apprêtait à traverser l’embouchure du Roscoat, un ruisseau qui débouche sur la plage, le cavalier est descendu de son cheval. L’animal est alors tombé dans un trou de deux mètres. En voulant l’aider, l’homme s’est enlisé, perdant connaissance. Deux voisins, Benoît Ropartz et Julien Jaouan, lui ont maintenu la tête hors de l’eau avant l’arrivée des secours. L’entreprise de ramassage d’algues vertes Gilles-Efflam a hissé le cavalier dans le godet du tractopelle. Cet estivant parisien d’une trentaine d’années a été conduit, conscient, à l’hôpital de Lannion. Selon le vétérinaire, le cheval est mort « étouffé ».
Source : Ouest-France

33)
Anne Cuneo
, le 29.07.2009 à 17:39
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e rentre de Suède où l’on a coutume de dire qu’il n’y a pas de mauvais temps. Seulement de mauvais habits.

Exactement mon point de vue.

34)
Kermorvan
, le 29.07.2009 à 18:26
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À Okazou (26).

Ah bon, ça c’est nouveau, c’est donc le peuple qui a fait que la marine a pu bénéficier d’un champ de tir durant tout le vingtième siècle, de Lorient à Quiberon, champ de tir d’artillerie, puis de missiles sur cette côte interdite où les obus dégringolaient. Tordre la réalité à ce point, il faut le faire ! Maintenant,  l’armée n’en veut plus, d’où les appétits nouveaux. Le projet abandonné, c’est Lafarge

(http://le-peuple-des-dunes.org/news/per-sud-lorient-avis-du-comite-scientifique-independant)

mais si cette côte est vierge, c’est bien parce que c’était un terrain militaire.

35)
POG
, le 29.07.2009 à 18:36
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J’aurais tendance à mettre en avant un comportement trop convenu de certaines associations qui ont choisi la négociation plutôt que la lutte bien marquée. On ne négocie que lorsque l’on est en position de force, pas de faiblesse.

On est d’accord, d’autant qu’en France cela fait bien longtemps que l’Etat se décharge sur des Associations en tout genre pour faire le boulot que l’Etat devrait assumer. Ce qui signifie, une habilité comptable de la part de ces assocs pour être en déficit chronique et donc réclamer des sous à l’Etat…afin de survivre sans se poser trop de questions. Sans compter que personne ne contrôle la qualité de prestation de certaines de ces organisations.

Ici en Suisse, la grande majorité à conscience des richesses de leur territoire (je parle pas de UBS :-)) et font en sorte de le valoriser. Tout le monde en général joue le jeu, même si ce n’est pas encore parfait. En France, si il y a un soucis l’Etat centralisateur, castrateur sera toujours là pour remédier aux problèmes à coups de milliards et de dettes. En France tout est fait dans l’urgence sans approche globale et ca devient de pire en pire.

36)
alec6
, le 29.07.2009 à 19:36
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Cher Marcoloivier, je ne vais pas te rentrer dedans, Okazou l’a fait pour moi, enfin… de manière épistolaire s’entend ;-). En revanche je conseille à tout le monde d’écouter la dernière émission de Planète Terre du mercredi 22 juillet diffusée sur France Culture et consacrée aux plages ce jour là. Certes on y cause ni Bretagne, ni algues vertes mais géographie au sens le plus large. Or comme le rappelle l’un de invités, la plage est un lieu d’étude extraordinaire résumant l’essentiel de la géographie humaine, géologique et climatique…

37)
Okazou
, le 30.07.2009 à 06:01
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Kermorvan-34

Où as-tu vu, cher Kermorvan, que je distordais la réalité de la zone de Gâvres comme zone de tir durant le XXe siècle. Je parle du présent. Et le présent est bien différent du passé en ces lieux.

Quelques éléments qui devraient te convaincre :

Tout d’abord au sujet de l’action du Peuple des dunes qui a si bien fait reculer le projet de dragage au large de la zone Gâvres-Quiberon. À tel point que sans le Peuple des dunes, tout serait signé depuis belle lurette et les dégâts auraient commencé.
Cette citation dans Ouest-France du maire de Gâvres :
« Pour autant il ne faut pas oublier le rôle majeur joué par l’Association de sauvegarde du littoral de la presqu’île de Gâvres dans ce combat. Elle fut la première à se mobiliser contre. Elle a surtout fait preuve d’un sens politique aigu en ne restant pas à l’échelle de Gâvres et en s’ouvrant à d’autres associations de défense du littoral pour créer Le Peuple des dunes. »

Ensuite, pour continuer à superposer notre présent à ton passé et te montrer à quel point les zones sauvages appartenant à l’armée sont en train de se muer en zones sauvages que s’approprient les civils, quelques informations dont j’aurais dû étoffer mon premier billet.

Le site Gâvres-Quiberon, ces 25 km de plages et de cordon dunaire dont je parle et même 10 km de plus si on y ajoute la Côte sauvage de Quiberon sur laquelle l’armée vient de livrer au Conservatore du littoral ses terrains, fait suite au programme Natura 2000 et suit ses recommandations. L’opération Grand Site National qui chapeaute notre affaire est gérée dans le cadre d’un SIVU d’économie mixte auquel est d’ailleurs associée l’armée.

Le grand site national Gâvres-Quiberon couvre 2 500 ha dont 277 (avec d’intéressantes zones humides) sont occupés par le CELM (Centre d’Essais de Lancement de Missiles) et appartiennent au ministère de l’économie, pas à l’armée qui en a l’usufruit. Le CELM de Gâvres est spécialisé dans l’artillerie et répond aux normes de management environnemental ISO 14 001 qui, sans être épouvantablement contraignantes, obligent ceux qui y répondent à ne pas faire n’importe quoi sur les territoires régis par la norme.

La réalité quotidienne du site est marquée par la présence d’une population de plus en plus importante en quête de loisirs : équitation, pêche (surf-casting, pêche à pied) et chasse, surf et kite-surf, voile… Entre 40 000 et 60 000 personnes s’y baignent au quotidien pendant l’été.

En outre, répondant aux exigences de Natura 2000, des équipes sont en place pour restaurer le milieu endommagé, organiser les flux de visiteurs et gérer le site dans le sens du développement local.

On peut alors raisonnablement penser que le grand site national Gâvres-Quiberon, sur lequel existent encore une trentaine de guérites d’observation pour les tirs (10 fois moins que de restes de blockhaus allemands) verra de moins en moins de dégradations dues aux exercices de tirs des militaires. Nous sommes ici sur le continent, pas sur l’Île du Levant où le CELM possède un site de tir de missiles, les accès sont nombreux et aisés. Le petit peuple des civils attaché au respect de la nature y reprendra ses droits inéluctablement. Reste à arrêter la date.

Il est d’ailleurs instructif de lire cet échange significatif entre un élu local et le ministre de la défense à ce sujet.

Quatre cartes en pdf sur le site Life Nature qui mettent en évidence la délimitation de la zone de 2 500 ha du grand site dunaire Gâvres-Quiberon :

Côte sauvage de Quiberon

Tombolo de Quiberon

Ria d’Étel

Petite mer et tombolo de Gâvres

38)
Okazou
, le 30.07.2009 à 06:32
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« mais si cette côte est vierge, c’est bien parce que c’était un terrain militaire. »

Je me rends compte que je n’ai pas commenté cette phrase.

Comment ne pas se réjouir que ces terres sanctuarisées par l’armée reviennent aujourd’hui à un usage civil ordinaire ?

À côté de chez moi, dans une commune limitrophe, les constructions privées ont surgi comme des champignons depuis quelques décennies. Sauf deux cent mètres de côtes restées vierges qui appartenaient à l’armée. Elles avaient été attribuées aux forces américaines au titre de l’OTAN. C’est ainsi que nous avions des bâtiments de débarquements US qui occupaient le lieu avant que de Gaulle ne les foute dehors. Leur présence m’a d’ailleurs apporté mon premier contact avec un américain noir qui valait son pesant de chewing-gum, avant que je ne m’intéresse d’assez près au jazz et finisse par en rencontrer beaucoup d’autres.

Petite anecdote qui donne une idée des compétences de la marine US. Ces braves marines s’étaient mis dans l’idée de fabriquer un port artificiel avec d’énormes conteneurs. Les marins locaux, qui connaissent les lieux et les dangers météorologiques comme personne, les avaient prévenus qu’au premier coup de suet’ (vent de sud-est), ils retrouveraient leur port au fond de la ria. Bien sûr, ils ne furent pas écoutés, pensez donc ! Et au premier coup de suet’, les conteneurs en débâcle ont inexorablement pris le chemin du fond de la ria, se percutant les-uns les-autres dans un tintamarre assourdissant, sous les rires entendus de la population sûre de son fait et qui n’attendait que cela.

39)
Kermorvan
, le 30.07.2009 à 09:02
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Bien, Okazou, c’est mieux comme ça, mais il fallait le dire que c’était un terrain militaire, et que c’était la raison pour laquelle cette superbe côte rectiligne n’était pas construite, longue plage de 25km. Maintenant, ce n’est pas moi qui regrette que ça redevienne civil, mais ça va être du boulot pour préserver ça (à défaut de bâtiments, de centrale nucléaire, on pourrait avoir 25km d’éoliennes, si c’est encore la mode subventionnée). Au niveau d’Erdeven, il me semble que ça commence à bâtir, mais ça fait longtemps que je n’y suis point allé. De Lorient à Redon, pays de mes ancêtres, pays superbe, je regrette de n’y avoir point vécu.

40)
kris
, le 30.07.2009 à 15:10
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Un petit « rebondissement » supplémentaire sur la météo et les dictons qui vont avec, lu/entendu je ne sais plus où et attribué à un paysan* : « Le mauvais temps, c’est un temps qui ne change pas ! ».

  • Paysan : quelqu’un dont l’activité est liée au pays… à la terre…
42)
Anne Cuneo
, le 30.07.2009 à 22:01
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« Le mauvais temps, c’est un temps qui ne change pas ! ».

J’abonde! N’est ce pas, Anne?

Voui, Modane, moi aussi – c’est la meilleure explication de toutes. Il n’y a plus qu’à convaincre les présentateurs météo. J’ai toujours pensé que les commentaires météo devraient être confiés aux paysans. Au moins, ils savent ce qu’ils disent, eux.

43)
Modane
, le 03.08.2009 à 21:28
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ENVIRONNEMENT- La mort d’un cheval la semaine dernière sur une plage bretonne a relancé en plein cœur de l’été les inquiétudes sur les algues vertes, accusées de constituer une menace sérieuse pour la santé publique.

Mardi, un cheval est mort «empoisonné» après s’être enlisé dans une zone mouvante proche de la plage de Saint-Michel-en-Grève, près de Lannion (Côtes d’Armor), fortement touchée par les algues vertes. Son cavalier qui se trouvait à côté de lui a été sauvé de justesse après avoir perdu connaissance, selon l’avocat de ce dernier Me Vincent Le Luyer.

Le cavalier, Vincent Petit, vétérinaire de formation, qui s’était enlisé lui aussi avant de s’évanouir, a été sauvé grâce à la présence sur les lieux d’un tractopelle chargé de ramasser les algues vertes: le conducteur, ayant assisté à la scène, a pu l’extraire de la vase.

Selon la préfecture, le cavalier de 27 ans et sa monture se sont simplement «envasés dans une zone mouvante». De leur côté, les gendarmes ont imputé la mort du cheval à un étouffement provoqué par la vase.

Le cheval est mort en une minute

Mais au vu des symptômes du vétérinaire et de son cheval, le médecin de Lannion qui a soigné le cavalier et les associations de protection de l’environnement ont mis en cause le dégagement d’hydrogène sulfuré que peuvent produire des accumulations d’algues vertes en décomposition.

Pour le docteur Pierre Philippe, c’est l’hypothèse la plus probable pour expliquer une double malaise «fulgurant», puisque que le cheval est «mort en une minute».

«L’hydrogène sulfuré, un poison brutal, bien connu au niveau professionnel, est à l’origine d’accident dans des fosses à vidange ou à lisier», a-t-il rappelé. Habituellement, ces accidents surviennent dans des lieux confinés, alors que là, il s’agit d’«un lieu extérieur, non confiné. Cela veut dire qu’il y avait des concentrations extrêmes» pour entraîner ces intoxications en milieu ouvert, estime le Dr Philippe.

Les résultats de l’autopsie

Les premiers résultats de l’autopsie pratiquée sur le cheval à l’initiative de son propriétaire confirment qu’il est mort d’un «œdème pulmonaire», et qu’il n’avait pas d’eau ni de vase dans les poumons, a indiqué Me Le Luyer lundi à l’AFP.

«Les poumons étaient gorgés de sang et le tableau clinique présente tous les signes d’un empoisonnement», a-t-il précisé. Les analyses toxicologiques en cours devraient apporter des précisions sur la nature de la substance à l’origine du décès de l’animal.

Interrogée lundi par l’AFP sur une autopsie du cheval qu’aurait pu diligenter la Direction des services vétérinaires, la préfecture a indiqué «ne pas être destinataire des résultats» puisque «les examens se sont faits à la demande du propriétaire» du cheval.

Des précédents

Vincent Petit va déposer une plainte dans les prochains jours pour faire toute la lumière sur cette affaire, a indiqué son avocat.

Le phénomène des «algues vertes», constaté notamment en Bretagne, est lié au rejet de nitrates dans l’eau par l’agriculture intensive. Il a été accusé régulièrement de présenter des risques pour la santé, sans qu’aucune preuve n’ait encore été apportée.

Habitant la région depuis de longues années, le Dr Philippe affirme avoir été témoin de cas de même nature dans le passé: un employé d’une société de ramassage d’algues vertes il y a 10 ans, «tombé dans un coma brutal», et la mort de deux chiens l’an dernier sur une plage en baie de Saint-Brieuc. Le Dr Philippe rappelle aussi qu’en 1989, le corps d’un joggeur de 27 ans avait été retrouvé à l’endroit exact où le cavalier a failli mourir.

(Source AFP)(et Libération)