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L’art de communiquer…

Introduction

Suite à des événements récents, un constat s'impose, la communication est un art dans lequel pas tout le monde excelle. Pire, les différents médias qui sont à notre disposition incitent bon nombre à communiquer n'importe comment... pourvu que ça cause aurais-je envie de dire.

Aujourd'hui, je ne vais pas proposer un cours, c'est bien au-delà de mes compétences. Je ne vais pas non plus vous saouler avec des phrases "entendues"... vous en trouverez plein dans des bouquins spécialisés.

Je cherche tout simplement à rappeler quelques bases et, si possible, en faire réflechir quelques-uns sur ce thème.

Définition

Pour commencer et pour mieux comprendre de quoi on parle, rien ne vaut une petite définition par le Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales:

Communiquer: faire part de, donner connaissance de quelque chose à quelqu'un, par relation plus ou moins directe avec le destinataire.

Pour chacun, dans la plupart des cas, ça commence probablement quand on est dans le ventre de sa mère. Plusieurs études existent mais en résumé, elles pointent toutes vers un lien qui unit la mère et l'enfant. Par exemple, quand la mère est stressée, c'est l'enfant qui est également stressé.

Je ne m'avancerai pas plus dans cette théorie... mes souvenirs de cette expérience étant inexistants!

Encore une fois, dans la plupart des cas, passé ces 9 mois, l'enfant arrive dans un monde qui compte énormément de moyens de communication.

Bon, pour le moment, je n'ai pas encore vu un nouveau né tapoter sur un clavier d'ordinateur ou un téléphone mobile... néanmoins, un bon nombre de sens sont mis à contribution dès la naissance: le toucher, l'ouïe, la vue (pas tout de suite), l'odorat et le goût (très basiques au départ).

Normalement, voilà les cinq sens qui sont à disposition de chacun pour communiquer.

Qui dit communiquer dit généralement qu'une ou plusieurs personnes sont concernées puisque d'habitude, vous ne communiquez pas avec vous-même (ou vous devriez consulter!) mais avec les autres.

Bref, tout cela commence très tôt et très rapidement, on acquière des automatismes qui découlent de nos premières années d'apprentissage.

Communiquer, c'est un art

Comme pour tout, nous ne sommes pas tous égaux quand il s'agit de communiquer car on touche à quelque chose de subjectif.

En fonction de votre interlocuteur, une même communication sera peut être excellente pour l'un mais totalement exécrable pour l'autre. C'est là toute la problématique: votre communication doit être adaptée à chacun ou presque si vous voulez qu'elle soit bonne.

Bien sûr, il y a des thèmes qui sont suffisamment généraux ou fédérateurs pour que le même message soit compris par le plus grand nombre... mais fondamentalement, plus on va toucher à des valeurs (sociales, culturelles, éthiques, etc.), plus la communication devra être taillée sur mesure pour son(ses) interlocuteur(s).

Comme on le voit, communiquer est un art qui demande au départ une bonne aptitude et un bon apprentissage mais ce n'est pas tout.

En effet, en fonction de sa forme (orale, physique, etc.), on aura une aptitude différente à faire passer un message.

Par exemple, dans ma carrière professionnelle, j'ai croisé des gens qui écrivaient d'une façon géniale mais qui lorsqu'il devait parler devant une ou plusieurs personnes s'effondrait. Conséquence? Un message qui est entendu (ouïe) mais qui n'est pas compris car le non verbal et le paraverbal ne sont pas adéquats.

La communication sur Internet

Les bases de la communication sont restées les mêmes avec l'arrivée d'Internet... toutefois, ce qui a changé, c'est à quel point on peut toucher un large public avec peu d'efforts avec un caractère immédiat.

De plus, sur Internet, il manque des éléments essentiels comme: le non verbal et le paraverbal qui constituent la part la plus déterminante de la communication. En gros, le message est tronqué, voire faussé.

Dans le passé, réaliser un imprimé et le distribuer tenait du parcours du combattant et éventuellement, quand le talent et la communication étaient là, on finissait par créer un journal auquel les gens s'abonnaient (je schématise).

Avec Internet, n'importe quel passionné qui rêve de publier un "journal" ou une chronique peut le faire en l'espace de quelques minutes. Et pour peu que sa passion soit partagée par quelques-uns, voilà qu'une communauté est créée et "communique".

La meilleure preuve de cette explosion au-delà des quotidiens qui se vendent toujours moins bien, c'est le nombre de blog créé ces dernières années. En 2008, on dénombrait 180 millions de blog à travers la planète... 

Et je ne parle même pas de ces sites dits "sociaux" comme Linked-In, Facebook ou le petit dernier Twitter. Pour celui-ci, le succès est semble-t-il au rendez-vous pour tous les aficionados qui communiquent en langage SMS... parce que c'est bien connu, quand on a pas grand chose à dire, 140 caractères sont largement suffisants.

Je pense que dans une certaine mesure, Cuk fait également partie de cette génération de sites qui sont créés par des passionnés et qui réunissent beaucoup de gens autour de plusieurs thèmes...

Grâce à la qualité des publications qui sont réalisées par des professionnels mais aussi des amateurs, je pense ne pas me tromper en disant que Cuk est intéressant à plus d'un titre... mais qu'il participe aussi à la baisse de fréquentations des médias payants.

Enfin, quand une communauté grandit, elle attire un public plus large, plus diversifié et qui ne pense pas forcément comme vous.

L'interaction entre le lecteur et le rédacteur

Un peu comme quand le téléphone est apparu, Internet a permis (entre autres!) aux lecteurs de communiquer directement avec le rédacteur. A la base, ce principe est excellent et extraordinaire car en quelques clics, je pourrais virtuellement envoyer un message au Président des USA, de la France ou encore de la Suisse... ou à François, syndic de Bofflens ou encore à Romain, un pote parti refaire sa vie au Canada.

Mieux encore, grâce à des zones spécifiques à la fin de chaque "article", il y a une zone de commentaires. Chacun peut ainsi communiquer non seulement avec le rédacteur mais également avec l'ensemble des intervenants qui ont ou vont laisser un message.

Sur Cuk, il y a en moyenne 6'000 à 7'000 lecteurs "uniques" par jour... mais parfois, c'est 9'000. Heureusement ou malheureusement, pas tout le monde laisse un message. Notre record de commentaires est détenu sauf erreur par Roger, l'ancien du site avec 455!

Généralement, si les commentaires se développent, c'est parce qu'il y a polémique. Pas toujours avec le rédacteur mais aussi entre les intervenants. 

Malheureusement, le plus souvent, ces polémiques se développent autour de jugements de valeurs qui amplifient les problèmes de communication inhérents à Internet. On touche donc à l'émotionnel et forcément, ça dérape.

Toute la difficulté étant de rester dans le factuel pour permettre au débat de s'enrichir ou d'évoluer.

Conclusions

Internet a permis d'apporter une communication directe entre une ou plusieurs personnes tout comme le courrier ou le téléphone l'ont fait dans le passé.

Seulement, si à l'époque on trouvait le téléphone ou l'adresse personnelle de son Président Directeur Général dans l'annuaire parce que c'était une marque sociale d'avoir le téléphone, cette habitude a vite été abandonnée quand tout le monde a commencé à avoir un téléphone... 

Même chose pour les e-mails. Aujourd'hui, plus aucun directeur d'une boîte de >500 personnes lit directement ses e-mails. Il a généralement une adresse connue que par son management et une ou plusieurs assistantes qui trient les messages qui sont envoyés à son adresse "connue".

Sur Cuk, vu qu'on travaille pour pas un rond, c'est un peu les commentaires qui nous gratifient...

T

45 commentaires
1)
François Cuneo
, le 27.05.2009 à 00:26
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Alors ho, halte, stop.

Je m’insurge.

Je suis scandalisé.

L’humeur qui a fait le plus de commentaires est celle sur l’achat de l’iPhone, ici.

Et elle est de moi, s’il vous plaît, Môssieur TTE!:-)

2)
Pdg
, le 27.05.2009 à 00:39
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Et pouf ! Gratification !

Je suis encore nouveau par ici et je n’ai posté que 2 ou 3 commentaires, mais c’est toujours avec beaucoup de plaisir que je me délecte de chaque nouvelle quotidienne.

Continuez, c’est du tout bon !

3)
Saluki
, le 27.05.2009 à 01:27
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Communiquer…

Comme le supplice du pal, ça commence bien mais ça finit mal… ou comme la langue d’Esope, l’outil est à double tranchant. Et comme signalé, l’absence d’autres vecteurs, n’oublions pas les phérormones, fait que le signal envoyé est… polarisé.
Le mélange du “factuel” et du “subjectif”, selon le dosage et la technique d’assemblage fonctionne avec l’un mais échoue avec l’autre. C’est toute la problématique de la “communication mondiale” des marques de même nom: comment passer le même message au Coréen et au Bas-languedocien.

Le non-verbal et le para-verbal font partie des techniques de vente enseignées dans les bonnes formations de “consumer behaviour” (je n’aime pas ces guillements…). C’est dire l’importance reconnue à ces modes d’expression.

Pour autant, puisque la gestuelle est impossible sur cette zone de commentaires, il existe, heureusement mais c’est insuffisant, des astuces ou enrichissements typographiques qui permettent d’atténuer ou d’amplifier le propos, ainsi que d’autres signes conventionnels, tels ;°) ou :>P.

Bon, il est temps d’aller dans les bras de Morphée.

4)
levri
, le 27.05.2009 à 01:50
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Pour communiquer il faut un émetteur et un récipiendaire, pour une bonne communication les deux doivent faire un effort.

La communication sera d’autant plus facile s’il y a de nombreuses choses en commun, si les intervenants partagent une passion ou un sujet d’intérêt, sont du même milieu social ou de la même nationalité et font un effort de compréhension tout baigne, si l’un de ces éléments fait défaut ça commencera à grincer et il faudra faire des efforts sur les autres paramètres pour arriver à communiquer.

L’idéal serait d’arriver à se mettre à la place de l’autre pour arriver à une bonne communication.

J’écoute First Communication d’Agitation Free sur l’album Second

5)
Caplan
, le 27.05.2009 à 07:49
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Normalement, voilà les cinq sens qui sont à disposition de chacun pour communiquer.

+ celui de l’humour, indispensable pour lier la sauce. Ceux qui en sont dépourvus blessent ou sont blessés dès que le débat s’envenime.

Milsabor!

6)
6ix
, le 27.05.2009 à 07:58
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+ celui de l’humour, indispensable pour lier la sauce. Ceux qui en sont dépourvus blessent ou sont blessés dès que le débat s’envenime.

Voilà un homme qui communique avec justesse (espace fine) !

7)
ysengrain
, le 27.05.2009 à 08:39
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un constat s’impose, la communication est un art dans lequel pas tout le monde excelle.

Tu crois vraiment ? Je crois au contraire qu’on (et je ne sais pas qui est «on», tente de nous montrer, la TV, ou de nous faire entendre, la radio que les «gens importants» nous parlent et que subsidiairement on peut parler avec eux, via le téléphone ou autre moyen. J’appelle ça du remplissage, de l’occupation, ce n’est certainement pas de la communication.

Notre époque est ainsi faite, il faut donner des apparences, mais là, la com’ comme on dit dans les milieux branchés, c’est une autre paire de manches. Juste un exemple: comparez les infos du matin de n’importe quelle radio avec celles de France Culture.

Autre élément d’importance, sous jacent, non explicitement exprimé ici: la mise en phase des 2 parties: l’effort fait par le communicateur pour détailler son propos, afin de littéralement polariser son auditoire sur les dits-propos, est de la plus haute importance. Et tout compte: si le timbre vocal me parait désagréable, il est évident que la communication aura encore plus de mal à faire son oeuvre.

Bon, je vous laisse, je dois aller faire une communication aux personnels para médicaux.

9)
Guillôme
, le 27.05.2009 à 10:38
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Comme le supplice du pal, ça commence bien mais ça finit mal…

Quel humour noir! Ceci dit, je ne suis même pas sûr que ça puisse commencer bien si j’en crois wikipedia qui parle d’incision, d’insertion à coup de maillet du pal…

Grâce à la qualité des publications qui sont réalisées par des professionnels mais aussi des amateurs, je pense ne pas me tromper en disant que Cuk est intéressant à plus d’un titre… mais qu’il participe aussi à la baisse de fréquentations des médias payants.

D’une façon plus large, à mon avis, l’information gratuite sur Internet ne fait pas baisser la fréquentation des médias payants à cause de leur gratuité pour le lecteur mais plutôt à cause de l’absence de qualité des médias payants (publirédactionnel, articles pompé sur des dépêches afp, absence de signature des articles, …).

Je pense d’ailleurs que les sites gratuits (tout comme la presse gratuite) sont salvateurs pour les médias payants qui doivent se remettre en question pour proposer un contenu dont les lecteurs sont prêt à payer!

Sur Cuk, vu qu’on travaille pour pas un rond, c’est un peu les commentaires qui nous gratifient…

D’une part, tout le monde ne travaille pas pour pas un rond, le maitre des lieux gagnant des millions d’euros par jour grâce à la publicité. Le siège social du site placé en Suisse, paradis fiscal européen, permet d’ailleurs une opacité totale du compte Cuk chez UBS dont le nom de code client est PetitCanari.

Enfin, je ne parle même pas des avantages en nature carrément indécent, des millions d’euros de livres reçus chaque semaine par les rédacteurs et enfin des centaines de millions d’euros de licences non payées (merci aux éditeurs) pour tester les logiciels!

Et oui, comme le dit TTE, on travaille pour pas un rond mais pour beaucoup plus!

10)
levri
, le 27.05.2009 à 10:48
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C’est bizarre le peu d’intérêt que ce sujet semble susciter, pourtant dès la naissance tout le monde communique, et même sans connaissance de la théorie de la communication chacun a “son” idée sur comment communiquer je suppose.

Edit :

D’une façon plus large, à mon avis, l’information gratuite sur Internet ne fait pas baisser la fréquentation des médias payants à cause de leur gratuité pour le lecteur mais plutôt à cause de l’absence de qualité des médias payants (publirédactionnel, articles pompé sur des dépêches afp, absence de signature des articles, …).

Internet permet surtout de se fournir à la source très facilement, quel intérêt peut avoir une information tronquée, pré-mâchée et interprétée alors qu’on a la possibilité de se faire sa propre opinion ?

J’écoute Communication Breakdown de Led Zeppelin sur l’album BBC Sessions

11)
fckr
, le 27.05.2009 à 11:19
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Bon, il est temps d’aller dans les bras de Morphée.

Comme chacun sait, Morphée était un homme.

Morphée (en grec ancien Μορφεύς / Morpheús, de μορφή / morphế, « forme »), dans la mythologie grecque, est une divinité des rêves prophétiques. Il est, selon certains théologiens antiques, le fils d’Hypnos (le Sommeil) et de Nyx (la Nuit), et selon d’autres, la principale divinité des mille Oneiroi engendrés par Nyx seule. Il a pour vocation d’endormir les mortels.(citation Wikipedia

12)
Saluki
, le 27.05.2009 à 11:29
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Comme chacun sait, Morphée était un homme.

Je le savais: il y a longtemps que je travaille dans la Mode…

13)
levri
, le 27.05.2009 à 11:33
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@ fckr : J’avais aussi relevé l’expression, une bonne communication doit employer le mot juste et choisir ses mots en fonction du niveau de connaissance des récipiendaires. Pour éviter les erreurs de compréhension, il faudrait avoir le “réflexe wikipedia” à chaque fois que le sens d’un mot est incertain.

PS : tu as quelque chose contre le fait de dormir dans les bras d’un homme ? :)

J’écoute Why Are We Sleeping? de Kevin Ayers sur l’album Singing The Bruise

14)
Saluki
, le 27.05.2009 à 11:33
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Internet permet surtout de se fournir à la source très facilement…

Ce n’est pas une garantie d’intégrité du message. Au contraire, l’honneur du journaliste est de pousser l’investigation auprès de diverses sources pour construire une interprétation objective. Je n’ai pas dit “vœu pieux”.

15)
levri
, le 27.05.2009 à 11:41
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@ Saluki : par “source” je n’entends pas le communiqué AFP, mais les informations l’ayant motivé. Évidemment pour l’actualité la “source” peut être bien mince, ce qui n’empêche pas les médias de broder ad nauseam sur du “rien” … dans ce cas, à moins qu’il n’y ait urgence, je préfère attendre la disponibilité d’informations fiables plutôt que de perdre mon temps sur du vent.

16)
fckr
, le 27.05.2009 à 11:59
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tu as quelque chose contre le fait de dormir dans les bras d’un homme ? :)

C’était un essai d’humour au Xième degré ; )

17)
Saluki
, le 27.05.2009 à 13:08
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par “source” je n’entends pas le communiqué AFP, mais les informations l’ayant motivé

Je n’entends rien d’autre, mais la “source” est-elle fiable? Exemple: Quand JWB a déclaré qu’il y avait des armes de destruction massive en Irak, comment infirmer ou affirmer le discours et les photos produites? A-t’il fallu attendre qu’ils aillent y faire un tour?

18)
Staphylodoc
, le 27.05.2009 à 13:32
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Bonjour

Cette humeur m’a remis en mémoire un excellent article (en anglais, hélas pour les non anglophones).

LES COURRIELS RENFORCENT LES PRÉJUGÉS. Deux chercheurs ont voulu comparer auprès d’un groupe d’étudiants, si les préjugés portés sur un interlocuteur inconnu (intelligence, timidité), étaient davantage renforcés par le courrier électronique ou par le téléphone. Auparavant, ils avaient glissé dans l’oreille de leurs « expérimentateurs » des informations destinées à leur donner une idée préconçue de l’intelligence, ou de l‘aisance de leur interlocuteur. Au vu des résultats de cette expérience, ce sont les e-mails qui renforceraient le plusltes préjugés, surtout Lorsque ceux- ci sont défavorables. Selon Les auteurs, il manque au courriel l’information non verbale qu’apportent dans les conversations téléphoniques les inflexions de la voix, la prononciation, le rythme des phrases… Plus il est pauvre, plus le message se prête à des interprétations diverses et plus le récepteur du message est susceptible de se fier à son opinion préconçue, or on sait qu’une fois formés, Les préjugés ont la vie dure….

Nicholas Epley et Justin Kruger, “When what you type Isn’t what they read : The perseverance of stereotypes and expectancies over e-mail », Journal of Experimental Social Psychology, vol. XLI, n°4, juillet 2005

http://faculty.chicagobooth.edu/nicholas.epley/EpleyKruger.pdf

19)
nic
, le 27.05.2009 à 13:49
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à propos de communication, je te communique une faute dans l’annonce sur la page d’accueil: “cet exercice à priori simple peut s’avérer compliquer, …”

ciao, n

20)
CHD
, le 27.05.2009 à 14:16
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Entre ce que je pense, ce que je veux dire, ce que je crois dire, ce que je dis, ce que vous avez envi d’entendre, ce que vous croyez entendre, ce que vous entendez, ce que vous avez envie de comprendre, ce que vous comprenez, il y a dix possibilités qu’on ait des difficultés à communiquer !

Bref, il ne suffit pas d’être clair dans sa tête. Il faut aussi se mettre à la place des lecteurs potentiels…

21)
levri
, le 27.05.2009 à 14:18
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@ 17-Saluki : dans ton exemple la “source” n’est que la déclaration d’un illuminé ayant maintes fois prouvé sa débilité et sa mauvaise foi. De toute façon, réalité des armes ou pas j’étais contre l’intervention en Irak. Si j’avais eu besoin de m’informer sur la réalité de ses assertions, ne disposant pas d’un service de renseignements privé, j’aurais cherché des avis contradictoires et essayé de faire une synthèse.

Éventuellement une démarche objective serait de se procurer les rapports ayant motivé sa décision, d’en vérifier la véracité et d’en faire l’analyse, cela n’étant pas facilement réalisable par un individu, même avec internet.

Si on est vraiment motivé beaucoup de choses sont possibles, je me souviens d’une époque sans Internet où il était possible de se procurer des rapports très confidentiels issus des services gouvernementaux de certains pays.

@ 20-CHD citant B. Weber : d’où l’utilité de choisir le mot juste, en s’assurant de la compréhension de son interlocuteur …

J’écoute Political Lies de Robin Williamson sur l’album Ten of Songs

22)
CHD
, le 27.05.2009 à 14:29
[modifier]

@Levri C’est pourquoi la communication orale est plus fiable, c’est plus facile de recevoir un feed-back de l’auditeur (un simple un regard peu suffire).

24)
Kermorvan
, le 27.05.2009 à 15:18
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je te communique une faute

Il y en a bien d’autres; mais si l’on commence à les relever…

Quand aux pléonasmes…

25)
ToTheEnd
, le 27.05.2009 à 15:20
[modifier]

Merci pour la communication, j’ai corrigé…

D’une façon plus large, à mon avis, l’information gratuite sur Internet ne fait pas baisser la fréquentation des médias payants à cause de leur gratuité pour le lecteur mais plutôt à cause de l’absence de qualité des médias payants (publirédactionnel, articles pompé sur des dépêches afp, absence de signature des articles, …).

Pas trop convaincu par cette explication. Il y a de la qualité dans la presse et il reste encore quelques journalistes qui font bien leur travail… toutefois, les sujets sont toujours plus nombreux et les centres d’intérêt toujours plus divers. Perso, si je voulais bien faire les choses, je pense qu’il faudrait que je m’abonne à 40 magazines/journaux mais j’en lirais à peine les 10%…

A l’arrivée, je préfère donc avoir 50 liens dans mon navigateur favori et les passer en revue tous les jours ou presque… ça me coûte moins cher mais surtout, j’y trouve mon compte (qualitativement parlant). De plus, le “numérique” a, pour mon style de vie, un côté très pratique.

levri: comme tu le mentionnes, je pense que se renseigner est une tâche compliquée et qui demande un effort important… en tout cas plus important que ce que 90% des gens sont prêts à faire. De plus, il y a tout de même des sujets qui sont complexes, volumineux ou plus ou moins secrets. C’est donc un exercice difficile et qui n’est pas donné à tout le monde. Bien sûr, si tu t’ennuies un peu, que tu ne sais pas quoi faire de tes soirées et que le cinéma à rejeter tous tes scénarios, tu peux toujours travailler pour le réseau Voltaire…

T

26)
Kermorvan
, le 27.05.2009 à 15:32
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Le vrai est une sorte de barycentre flou, c’est la philosophie du centrisme : « In mediocritas virtu » : la vertu est dans le juste milieu. Cela se lit dans le style : « Je crois que… », « Je pense que… », ou « Je suis ‘assez’ d’accord… » : l’adepte modéré du juste milieu se contemple le nombril, centre de gravité de sa personne ; de même, la vérité est perçue au centre de gravité de toutes opinions, à égale distance des extrêmes, se donnant l’impression de l’impartialité. Selon cette philosophie, point besoin d’expérimenter, ni de raisonner, les lois physiques et les théorèmes peuvent se mettre aux voix. Est-ce une question d’intérêt personnel ? une question sociale ? ou une question de glandes ?

27)
Kermorvan
, le 27.05.2009 à 15:46
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il reste encore quelques journalistes qui font bien leur travail

Est-ce à dire qu’il n’y en a plus pour longtemps ? Les journalistes ne font que ce qu’on les autorise à faire. Sinon, la porte. Voyez le patron, qui paie le patron, et qui possède le journal.

28)
levri
, le 27.05.2009 à 16:22
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@ TTE : Il n’y a pas obligation à s’intéresser à toutes les manchettes des médias, on peut sélectionner un sujet et le fouiller jusqu’à satiété, et ce sujet n’est pas obligatoirement un sujet traité par la presse. Même si nous sommes noyé dans un flux perpétuel d’informations superficielles et ne retenant l’attention qu’un bref moment nous ne sommes pas obligé de suivre ce modèle.

Se renseigner est plus compliqué que de se laisser gaver par du pré-mâché, mais on en apprend bien plus, parfois de manière inattendue ou sur d’autres sujets que l’interrogation initiale, c’est source de satisfaction.

Le secret est toujours relatif et on peut arriver à communiquer avec n’importe qui sur la planète en passant par moins de dix intermédiaires, il faut juste connaître quelqu’un qui connaît quelqu’un qui … tout est une question de motivation.

Quand on considère qu’aucun sujet ne mérite un investissement en temps, il y a toujours la possibilité de se passer un film … encore faut il en trouver un qui vaille le coup. Le réseau Voltaire devra se passer de moi, je reste indépendant ! :P

sur Internet, il manque des éléments essentiels comme: le non verbal et le paraverbal qui constituent la part la plus déterminante de la communication. En gros, le message est tronqué, voire faussé.

C’est vrai, mais pas totalement, le choix des mots et tournures de langage ainsi que les autres communications d’une personne donnent de nombreuses indications et permettent d’interpréter la communication.

J’écoute The Other Side of Me d’Invisible Opera Company of Tibet

29)
Okazou
, le 27.05.2009 à 16:27
[modifier]

Guère le temps d’en dire beaucoup mais l’essentiel est de remettre la communication à son niveau. Un peu plus bas. Dans les faits, la comm’, c’est le langage des menteurs : publicitaires, commerciaux, politiques…

Attachons plus d’importance à l’échange (le joli mot), alors nous entrons dans le dialogue. Cela nous permet de comprendre pourquoi la parole des journalistes de la presse écrite, de plus en plus totalitaire (aussi de plus en plus soumise au pouvoir, de plus en plus servile), n’est plus entendue par ceux qui sont sensés la recevoir (la Foule sentimentale de Souchon), ces derniers étant maintenant plus sensibles à l’information (pas la communication) de la Toile qui leur laisse une chance de répliquer, de contester, d’afficher leur désaccord (ou leur accord, d’ailleurs mais c’est moins utile). Briser le sens unique est essentiel, c’est par ça que le pouvoir (économique, politique, journalistique…) tient les hommes aujourd’hui.

Si ToTheEnd avait pondu un sujet sur l’échange d’information, le débat aurait pris un autre tour. Mais voilà, ToTheEnd ne peut nous parler que de communication, son système et celui de ses amis : « Ne quittons pas nos œillères, c’est plus facile pour viser le mur dans lequel on va s’exploser la tronche tous en chœur. »


Un autre monde est possible. D’ailleurs, on s’en rapproche.

30)
levri
, le 27.05.2009 à 16:48
[modifier]

@ Okazou : je suis d’accord, on en vient de plus en plus à “la com”, qui n’est qu’une forme de manipulation, mais le sens premier de “communication” était autre, j’avais le sentiment que c’est de cela que nous parlions ?

J’écoute Don’t Let Me Be Misunderstood d’Elvis Costello sur l’album King Of America

31)
Kermorvan
, le 27.05.2009 à 16:50
[modifier]

Le parti socialiste français communique,

Jacques Sapir en a fait l’expérience

Pour ceux qui n’ont pas le temps de lire, j’en extraie ceci :

« C’est alors que mon interlocutrice me coupe la parole pour me dire qu’il était impossible de passer dans son journal une telle réponse. Elle était certes prête à conserver la première partie de mon interview, mais en aucun cas elle ne publierait la seconde, car elle était contradictoire avec la position du PS. Quand je lui fis remarquer que, n’étant pas militant ni sympathisant de ce parti, je pouvais avoir les positions qu’il me plaisait d’avoir ce qu’elle n’était pas sans ignorer au début de l’interview, elle me répondit qu’elle n’était point là pour faire de l’information mais de la communication. »

32)
Okazou
, le 27.05.2009 à 16:52
[modifier]

> levri-30 La question que je me pose touche au choix de ToTheEnd. Mettait-il une volonté particulière de nous parler de communication et pas d’autre chose ?

P-S : Je précise ma pensée. Si ToTheEnd nous colle, bien visible et incontournable, la définition la plus officielle de la communication en tête de son papier ce n’est certainement pas pour rien. Le vice, car il y a vice, c’est que les libéraux ont bien fait glisser le sens de ce mot vers une tout autre acception et une autre réalité. Leur première attaque sémantique touchait le mot libéralisme, très beau concept si l’on parle du XVIIIe siècle, l’horreur totalitaire absolue (maintenant que le stalinisme s’est évanoui dans les brumes du temps) aujourd’hui.

Les mots, vous dis-je, les mots !

33)
Okazou
, le 27.05.2009 à 16:54
[modifier]

> Kermorvan-31
Ceux qui ont lu cet entretien avec Jacques Sapir ne peuvent plus, décemment, voter pour ce PS. Le PS serait de gauche ? Vraiment ?

34)
levri
, le 27.05.2009 à 17:25
[modifier]

@ Okazou :

faire part de, donner connaissance de quelque chose à quelqu’un, par relation plus ou moins directe avec le destinataire.

C’est vrai que je ne trouvais pas cette définition très bandante, elle peut cependant s’appliquer à ce type de communication :

(deux personnes face à face mains dans les mains et yeux dans les yeux) “je t’aime”

J’écoute Let’s Go Crazy de Clash sur l’album Sandinista

35)
Kermorvan
, le 27.05.2009 à 17:35
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Jacques Sapir a compris le mot « communiquer » d’une autre manière :

« Nous sommes ainsi passés de la société de l’information à celle de la communication. Car, il faut prendre au sérieux la réponse qui me fut faite. Il s’agit bien de communiquer et non d’informer. »

« Cela signifie d’abord un profond mépris pour les opinions de son interlocuteur, qu’elles soient justes ou fausses. Cela signifie ensuite qu’on tient son interlocuteur pour un être vil, prêt à tout pour se voir publié. Cela signifie, enfin, un égal et non moins profond mépris pour ses propres lecteurs, que l’on considère incapables de se faire une opinion par eux-mêmes. »

36)
levri
, le 27.05.2009 à 17:52
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@ Kermovan : chacun peut changer ou interpréter le sens des mots à sa guise, mais la communication, l’échange et le partage de faits et d’idées deviendra impossible.

L’inquisition avait un tel amour de dieu et des hommes qu’elle châtiait en proportion, l’église appliquait également la “question ordinaire” … ce n’est pas pour ça que lorsque j’ai une question à poser je commence par utiliser mes pincettes ni que je prépare le bûcher avant d’inviter quelqu’un que j’aime bien.

Ce n’est pas parce qu’un mot est détourné de son sens que je dois faire de même.

J’écoute There Are The Words de Brain police

37)
alec6
, le 27.05.2009 à 18:06
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Jusqu’en 1945 ou plutôt 1946 (Nurnberg) la « communication » s’appelait la propagande, mais on l’a ripoliné des couleurs de la publicité, du marketing, de la com’, du design et j’en passe. Vous pouvez écouter les émissions de Mermet sur Noam Chomsky.
Vous pouvez zapper les premières minutes des six émissions où l’on entend les éternelles acrimonies des zoditeurs (pratiquement un quart d’heure de messages sur le répondeur de l’émission de Mermet), c’est pénible ! Mais l’éclairage de Chomsky sur la communication est incontournable.

Je ne peux pas m’empêcher de relever « …la communication est un art dans lequel pas tout le monde excelle »_ Dire « la communication est un art dans lequel tout le monde n’excelle pas » eut été plus correct. Entre autres remarques désagréables sur la syntaxe, la grammaire… Puisque communiquer consiste d’abord à se faire comprendre au delà du style qui au pire doit être neutre, i.e. correct.

38)
levri
, le 27.05.2009 à 19:08
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@ alec6 : la formulation correcte ne serait elle pas plutôt qu’en 1946 on a commencé à nommer la propagande “communication” (il me semblait en avoir parlé dans un commentaire précédent)

Le jour où on appellera les chiens des chats, les andouilles le croiront peut-être mais ce n’est pas pour ça que les chiens se mettront à miauler !

J’ai aussi relevé quelques erreurs de syntaxe, mais j’ai préféré essayer de comprendre plutôt que de me bloquer dessus. Pour communiquer il faut être au moins deux, l’un essayant de donner connaissance à quelqu’un … qui doit essayer de comprendre et accepter de recevoir …

Les petites maladresses dans le langage écrit sont souvent révélatrices et dans une certaine mesure peuvent se substituer aux intonations ou expressions corporelles du langage parlé. Sauf en cours de langues, je trouve malvenu de les faire remarquer en public.

“Incontournable” est un mot qui m’irrite, un peu trop marketing à mon goût … rien n’est “incontournable” !

39)
Okazou
, le 27.05.2009 à 19:12
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« “…la communication est un art dans lequel pas tout le monde excelle” »

C’est peut-être, tout simplement, la façon romande de dire.

alec6, les chevrons ! option+è pour l’ouvrant «, option+maj+è pour le fermant », un insécable (option+espace) après le premier, un autre avant le second. Suffit de prendre le pli, après, ça va tout seul. Merci.


Une autre typographie est possible.

40)
Tom25
, le 27.05.2009 à 20:20
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Ben TTE avait déjà corrigé toutes les fautes quand j’ai lu son article, car je n’en ai pas relevé une seule :•) .

Moi j’ai tout simplement envie de dire que dans « communicker » il y a « commu ».

Il ne fait aucun doute pour moi que l’art de la communication consiste à influencer son interlocuteur pour le guider dans son analyse du message reçu. Mais ça a été dit plus haut, on ne donne pas une information, on dit quoi penser de cette information.

Et je me permettrais une analyse sur mon vécu, dans tous mes boulots j’ai eu à avoir des contacts avec mes clients, sont à faire le commercial. Et dans mon boulot actuel, où je visite des installateurs de poêles, il y a en gros 2 façons de travailler :
• Ceux qui font beaucoup de pub (de comm) afin d’avoir de la clientèle.
• Et ceux qui s’en passent, le bouche à oreille de leur client suffisant à remplir leur carnet de commande.
D’où la question, la comm serait elle un palliatif ?

Ce qui fait peur, c’est qu’en politique on entend beaucoup plus parler des responsables de communication que de ceux qui pondent des projets. Là encore, palliatif ?

Note 1 à Okazou : T’as vu, j’ai utilisé « » !
Note 2 à Okazou mais aussi aux autres : Je suis un très mauvais commercial, un très mauvais « communicateur », pas besoin, mes poêles sont les meilleurs ! ;•)

41)
Blues
, le 27.05.2009 à 21:27
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Merci TTE, un article qui a le mérite de tous nous toucher dans nos relations quotidiennes qu’on aime le Mac ou non ;-)

Ben moi, j’suis bien content, car avec le temps qui passe et l’expérience de la vie, j’améliore quotidiennement ma façon de communiquer; le plus dur pour moi a été d’apprendre à ne plus m’enfiler systématiquement dans des situations conflictuelles malgré moi (mon psy m’a appris “à lacher prise”) dès que la brèche s’ouvrait.

Pour le reste: de nos jours je trouve qu’en général beaucoup de personnes tournent autour du pot sans que les choses soit directement claires et concises, c’est peut-être lié au train de de vie de notre société actuelle ? On a tellement parlé d’apprendre à “mieux” communiquer dans les années 80, que finalement aujourd’hui on ne ne communique plus pour de vrai (vive les moyens électroniques = les nouveaux modes “virtuels” de comm.).

Finalement, à force de mettre ce terme à toutes les sauces, qui sait encore ce que cela veut dire :-P

42)
alec6
, le 27.05.2009 à 21:39
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Au temps pour moi Levri, disons que je ne l’ai pas fait sans le faire exprès…

Bon, bon, Okazou, j’ai « korrigé » !

45)
Tom25
, le 29.05.2009 à 09:31
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Et ben, 44 commentaires sur un débat sur la communication !

Ça prouve que la communication de départ était bien faite :•) .
Merci pour ton article TTE, je ne t’avais pas remercié dans mon précédent post.