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Discothèque baroque déraisonnée… bien entendu(e) (1 ère partie)

Après vous avoir instillé de la viole de gambe, perfusé de l'histoire du mouvement baroque, je vais tenter de vous faire partager mes goûts discographiques totalement emprunts de déraisons subjectives.

Afin de vous aider dans une construction raisonnée (pas comme ici) d'une discothèque baroque, vous pouvez acheter la base de la construction d'une discothèque baroque: 

Le "Guide de la Musique Ancienne et baroque d'Ivan Alexandre" , livre de fait rédigé par un collectif, qu'Ivan a supervisé. Il n'a pas été remis à jour depuis sa parution, peu après la déferlante de "Tous les Matins du Monde", mais déjà à cette époque, l'essentiel avait été dit, publié et enregistré.

Ma discothèque s'est construite tout au long de ces 35 dernières années, faites de disques vinyls, de nombre de bandes magnétiques, de CD, de DVD et d'un nombre considérable de souvenirs au fur et à mesure des rencontres, qu'il s'agisse de retransmissions radiophoniques, de concerts, souvent après avoir littéralement squatté les répétitions, ou enfin de masterclasses. 

Des musiciens ont accepté ma présence, mes questions et remarques, et mes enthousiasmes. Ils m'ont "passé" leurs conceptions, leurs savoirs analytiques et techniques. Qu'ils soient infiniment remerciés.

Vous ne trouverez pas mention d'enregistrement d'orgue. Je n'ai ni le goût pour cet instrument, ni la compétence pour en parler.

Dans une seconde partie, je vous indiquerai, en quoi l'orientation de mes choix d'interprétations pourrait être considérée un peu étroite, alors qu'elle repose sur une véritable fondation.

Aujourd'hui, je consacre cette première partie à  celui dont Goethe a dit que Dieu devait fredonner sa musique en créant le monde: Johann Sebastian Bach

Cantates et oeuvres chorales

Vous trouverez TOUT sur les cantates et oeuvres chorales ici. L'oeuvre de Bach est classifiée selon la Bach Werke Verzeichnis (BWV).

Dans l'enregistrement intégral qu'ont partagé Harnoncourt et Leonhardt 2 chefs, 2 ensembles, 2 pensées, des musiciens, des choeurs et des chanteurs qui ont changé durant les 25 ans qu'ont duré les enregistrements; et pourtant, une unité dans la singularité, du sens commun dans la vision individuelle.

Ces enregistrements utilisent majoritairement l'effectif choral que possédait Bach (17 chanteurs), les parties de soprano sont chantées par des garçons prépubères.

Cantate BWV 61 "Nun komm, der Heiden Heiland" par le Tölzer Knabenchor direction: Gerhard Schmidt-Gaden,  le Concentus Musicus Wien, Soprano: Seppi Kronwitter (Soliste du Tölzer Knabenchor); Ténor: Kurt Equiluz, Basse: Ruud van der Meer, direction Nikolaus Harnoncourt

Dans ce coffret de 6 CD, vous trouverez aussi les cantates BWV 62 à 78, où Harnoncourt et Leonhardt se partagent la direction


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Cantate BWV 106 "Actus tragicus" ou "Gottes Zeit ist die allerbeste Zeit" par le Knabenchor Hannover,  Collegium Vocale Gent, Philippe Herreweghe/ Leonhardt-Consort, Soprano garçon Marcus Klein, Alto garçon Raphael Harten, Ténor: Marius van Altena, Basse: Max van Egmond, direction Gustav Leonhardt.

Ce coffret de 6 CD vous offre les cantates BWV 100 à 117


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Cantate BWV 80 "Ein' feste Burg ist unser Gott" par La Chapelle Royale, le Collegium Vocale Gent, Barbara Schlick soprano, Gérard Lesne Alto direction Philippe Herreweghe


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Herreweghe, a été très vite remarqué par Harnoncourt et Leonhardt. Il a fondé le Collegium Vocale Gent et la Chapelle Royale. Cet enregistrement est magnifique de pureté angélique (appréciation sans relation avec l'illustration du CD). La présence de Gérard Lesne ajoute une couleur assez inouïe, au sens propre du terme, à cette interprétation grâce au registre d'alto masculin. 

Vous y trouverez aussi une superbe version "qui déménage" du Magnificat BWV 243 

 

Cantate BWV 102 Herr, deine Augen par l'Amsterdam Baroque orchestra and choir direction Ton Koopman


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Les couleurs de cet ensemble sont très originales et la direction "électrique" de Ton vous emporte.

 

Une voix par partie: Les propositions précédentes sont des interprétations conformes aux canons baroques: respect des partitions originales ou proches, respect des effectifs originaux, instruments d'époque, articulations et phrasés respectant les traités originaux.

En 1982, un musicologue américain Joshua Rifkin dans une thèse, propose que Bach, de fait, en raison du manque cruel d'effectif choral compétent, a réduit les parties vocales à un soliste par partie: disparition du choeur. 

Pour discutable que soit cette approche tant au plan théorique que réel, il faut dire que ce regard a donné des enregistrements passionnants. Non pas ceux de Rifkin lui-même, car, il a souffert, lui aussi, d'un manque cruel d'effectifs choral et instrumental compétents (à mes oreilles), mais ceux de Sigiswald Kuijken ou de Konrad Junghänel. 

 

Album Cantate BWV 18 à 23 avec Siri Thornhill soprano, Petra Noskaiova alto, Marcus Ullmann tenor, Jan van der Brabben Basse, La Petite Bande direction Sigiswald Kuijken

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À nouveau la Cantate BWV 106 Actus Tragicus Gottes Zeit ist die allerbeste Zeit  Philippe Pierlot dirige le magnifique Ricercar Consort avec la soprano Katharine Fuge, le sublime contre-ténor Carlos Mena, le ténor Jan Kobow et la basse Stephan MacLeod


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Un enregistrement superbe de rigueur, de délicatesse et d'émotion par Konrad Junghänel et son ensemble le Cantus Cölln comprend les cantates BWV 4 Christ lag in Todesbanden, peut-être la plus émouvante des cantates, pour moi, BWV 12 Weinen, Klagen, Sorgen, Sagen, BWV 106 Actus Tragicus déjà vue, et BWV 196 Der Herr denkt an uns

Avec Johanna Koslowsky soprano, Elisabeth Popien Alto, Gerd Türk et Wilfried Jochens et Stephan Schreckenberger sous la direction de Konrad, très grand luthiste/théorbiste 

Tout est parfait dans cet enregistrement, de la musique, aux chanteurs, les choix d'articulations, et la prise de son est parfaite.

 

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Autres oeuvres chorales de Bach

Bien sûr, les deux passions, la Saint Matthieu et la Saint Jean, les autres étant apocryphes ou perdues.

Comment choisir ?

Pour la Saint Jean BWV 245, je vais sortir du sentier du CD pour vous proposer une merveille totale, absolue et insurpassée depuis plus de 20 ans; le DVD qu'Harnoncourt a enregistré en 1985 avec Kurt Equiluz évangéliste à la tension exacerbée allant crescendo, Max van Egmond Christ bouleversant d'humilité, le Tolzer Knaben Chor, le Concentus Musikus Wien

 

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Voir Harnoncourt diriger son équipe, dans ces conditions, permet d'apprécier l'espèce d'alchimie incroyable que cet homme sait insuffler.

J'ai une tendresse toute particulière pour Philippe Herreweghe dans la Saint Matthieu BWV 244, depuis le 13 Mars 1980 quand il a dirigé cette oeuvre en l'église Sainte Clotilde à Paris. Je possède l'enregistrement de ce concert, magique, incandescent, hors du temps, dont j'avais vu les répétitions. Je ne sais pas qui possède les droits de cette diffusion, mais il FAUT publier ce concert. 

À défaut de cette merveille, je vous propose celle que Philippe a réalisée avec Howard Crook, Ulrik Cold, Barbara Schlick, René Jacobs, Peter Kooy, La Chapelle Royale, le Collegium Vocale Gent.


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Oratorio de Pâques (que je préfère à celui de Noël tant celui-ci me parait être une oeuvre longue et disparate). L'enregistrement, encore une fois de Philippe Herreweghe avec le Collegium Vocale Gent, Barabara Schlick Soprano (je ne connais pas de version valable avec soprano enfant) et Kai Vessel

En couplage sur ce CD vous trouverez une excellente version de la Cantate BWV 66 "Erfreut Euch, Ihr Herzen"

 

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Oeuvres instrumentales

Le Clavier bien tempéré:

Scott Ross sur 2 CD BWV 846-869 et BWV 870-893 propose une interprétation limpide, sans artifice, pure. Scott, du très grand Scott.

 

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Quelques oeuvres non structurées dans un corpus: l'enregistrement "The secret Bach" par Christopher Hogwood au clavicorde, passionnant, à posséder de toute urgence, comprend

La Fantaisie chromatique et fugue BWV 903 a et b, Adagio en Sol M BWV 968, Fugue en Sol m d'après la suite pour le luth BWV 1000, Allemande en Sol m BW836, Menuet I BWV 841, Menuet III BWV 843, Partite diverse sopra il corale "O Gott, du Frommer Gott" BWV 767, et enfin une transcription de la partita en La mineur pour violon avec une vision de la fameuse Chaconne de la partita BWV 1004 pour violon seul qui me met en lévitation  à chaque écoute.

 

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Pour compléter l'art de la transcription (dont Bach a lui-même beaucoup usé), je ne peux pas passer sous silence l'époustouflant enregistrement que Leonhardt a fait en transcrivant pour clavecin seul les sonates pour violon seul (que nous verrons) dans un enregistrement absolument indispensable

 

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On y trouve aussi une transcription de la Chaconne peut-être encore plus aboutie, ce sera selon vos goûts.


Les Variations Goldberg BWV 988

Je fais une exception à mes goûts baroques et interprétations "authentiques" ;•))) tant la version de 1955 de Glenn Gould au piano ne peut être négligée.

 

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Gustav Leonhardt a enregistré les Goldberg en 1953, 1965 et 1976.

Je n'ai pas de préférence, sinon que celle de 1953 allie fraîcheur (pas fréquent chez cet homme) et enregistrement qui gratte. Celle de 1965 me donne, sans l'être vraiment l'impression d'être hésitante, celle de 1976, magnifique est faite sur un clavecin superbe.

 

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Ne pas négliger les enregistrements de Scott Ross 1985 et 1988

 

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Deux dernières versions des Goldberg par Pierre Hantaï: celle de 1992 et celle de 2003 (cette version est techniquement superbe au plan de l'enregistrement)


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Bien difficile de choisir, tant Pierre est un surdoué.

 

Pour les autres oeuvres pour clavecin, prenez n'importe quel enregistrement des musiciens cités ci dessus, je parie que la déception ne sera pas de la partie.

Les suites pour luth BWV 995 à 1000

Un interprète: Hopkinson Smith, désolé pour les autres, mais "Hopi" est un maître incontournable.

 

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Les sonates et partitas pour violon seul BWV 1001 à 1006

Le violon baroque n'a pas tant de bons exécutants que le clavecin.

Je vois 2 interprétes se détacher.

Monica Huggett sublime de finesse, de délicatesse, au discours tout en nuances émouvantes .... Et le violon est tellement beau !!


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Sigiswald Kuijken plus viril, mais tout en émotions.


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Vous remarquerez sur l'illustration de ce CD la manière dont le musicien tient le violon. C'est de cette manière que le violon baroque dont le manche est moins angulé doit être tenu.

 

Les sonates pour violoncelle seul BWV 1007 à 1012

Un seul musicien pour 2 enregistrements Anner Bylsma dont le discours a tonné dans le monde des baroqueux. La version de 1993 est parfaite, celle de 1978 est intéressante par les hésitations "humaines" qu'elle recèle.

1978

 

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1993

 

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L'enregistrement est réalisé sur un exceptionnel instrument de Stradivarius.

Il n'y aura jamais de 3 ème version: Anner a été victime d'un gravissime accident de la route, le laissant paralysé d'un bras.

N'oubliez pas la formidable transcription que Paolo Pandolfo a fait de ces oeuvres pour la viole de gambe.

Mais, oubliez, oubliez surtout, la version du faussaire Peter Wispelwey, qui triche et sur l'instrument prétendument enregistré et sur ce qu'il fait. À bannir absolument !!!

Les sonates pour violon et basse continue BWV 1014-1023

Reinhard Goebel et Henk Bouman ont gravé pour l'éternité ces pièces sublimes. Je pèse mes mots. Reinhard, fantastique musicien, extraordinaire violoniste, sublime littéralement cette montagne. Je vous conseille de débuter par la 3 ème sonate en Mi Majeur BWV 1016 tant le discours est d'une limpidité parfaite et tellement émouvante.

Dans le même coffret de 8 CD, vous trouverez une version "électrique" des Concertos Brandebourgeois BWV 1046 à 1051 et des suites pour orchestre BWV 1066 à 1069 par Musika Antiqua Koln, l'ensemble de Reinhard, hélas maintenant disparu.

 

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Une autre proposition pour les BWV 1014 à 1019, émanant de quelqu'un qui a fait du chemin parmi nous, les baroqueux: Viktoria Mullova. Formée à l'école soviétique de violon, pas du tout au fait de ce que le monde baroque recelait, Viktoria a pris conscience de l'existence de ce mouvement. Elle n'a pas touché un violon pendant un an, mettant ce temps à profit pour étudier les textes originaux relatifs à l'interprétation baroque générale et au violon en particulier. Elle s'est familiarisée avec l'archet baroque dans un premier temps, puis a mis des cordes en boyau (une des particularités des violons baroques) sur son violon. Le résultat est d'une très , très haute tenue.

 

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L'Offrande Musicale BWV 1079 et L'Art de la fugue BWV 1080

Y a t il d'autre option que celle ci ? Encore une fois Reinhard Goebel et Musica Antiqua Koln sont bluffants.

 

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Leonhardt et les frères Kuijken ont aussi enregistré l'Offrande Musicale. Cette version permet aux protagonistes de hisser la notion de dialogue entre les parties à un niveau pratiquement jamais atteint à la notable exception de la version de Musica Antiqua Koln.

 

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Je sais laisser de côté d'autres merveilles de J.S. Bach. Le catalogue de ses oeuvres comprend pratiquement 1200 numéros en y incluant les variantes. Le patron d'ici pourrait ... Avec Internet, fouillez, en vous inspirant des choix d'interprètes proposés ici. Vous ne serez probablement jamais déçus.

 

A plus tard pour parler des autres compositeurs et interprètes.

 

19 commentaires
1)
Saluki
, le 18.03.2009 à 07:28
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je vais être ruiné, à ce compte !

Merci et Bravo pour cette revue de casernement aussi planante que méticuleuse.

3)
Stilgar
, le 18.03.2009 à 08:58
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Les CD que tu présentes, tu les as tous ?? Un week-end ne va pas suffire pour les écouter tous !

Remarquez chère Madame Poppins qu’en 35 ans, cela nous fait un peu plus de 1800 week end ;0).

Sinon remarquable présentation de Bach

4)
François Cuneo
, le 18.03.2009 à 10:58
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Ils sont sur iTunes Plus?

Histoire que je les écoute avec iWorm 3.

Heu… bon.

Oui d’accord, à bientôt.

Et merci pour cette première partie!

5)
Soheil
, le 18.03.2009 à 11:04
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Merci pour cette belle présentation. J’y retrouve plusieurs des enregistrements que j’ai chez moi et d’autres (comme The secret Bach de Hogwood) que je vais m’empresser de commander.

Une petite question: que pensez-vous de la théorie de la musicologue allemande Helga Thoene à propos de la relation qui existerait entre la célèbre Chaconne et la cantate Christ lag in Todesbanden? Pour résumer: en 1720 Bach accompagne le prince de Köthen en villégiature à Carlsbad. A son retour il apprend que pendant son absence sa femme Maria Barbara est tombée malade, qu’elle est morte est enterrée. C’est alors qu’il aurait écrit la deuxième Partita sur du papier provenant de Carlsbad, et cette pièce si particulière, composée sur la base de certaines phrases de la cantate sur la mort du Christ, serait en quelque sorte un “tombeau” à la mémoire de sa femme. Cette théorie est illustrée par deux enregistrements: Carlos Mena, Emma Kirby et Jose Miguel Moreno au luth; le Hilliard Ensemble et Christof Poppen au violon. Il est clair qu’on écoute différemment cette Chaconne (et on comprend aussi pourquoi les interprètes qui font de cette pièce un morceau de bravoure sont à ce point insupportables).

P.S. Question intéressée: le concert inédit de Herreweghe, l’avez-vous numérisé?

6)
alec6
, le 18.03.2009 à 11:30
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Hum… je ne comparerais pas les versions de la plupart de ces œuvres que j’ai chez moi avec celles de notre hôte au risque d’être banni… tant pis, mais j’aurais au moins une liste de référence pour pouvoir comparer quand mes moyens me le permettront…

J’avais bien aimé les Six Suites par Wispelwey pourtant, même si les versions que j’ai découvertes par la suite sont plus intéressantes. J’ai découvert à la bibliothèque des transcriptions pour guitare et même pour cor d’harmonie (!) entre autres versions par Pandolfo donc, Yo Yo Ma, Tortelier…

Merci pour cette anthologie cukienne du baroque… j’attends la suite, notamment dans les voix…

7)
ysengrain
, le 18.03.2009 à 11:50
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je vais être ruiné, à ce compte

L’argent doit aussi servir à se ruiner, sinon, ça vaut pas le coup, non ?

Les CD que tu présentes, tu les as tous ?? Un week-end ne va pas suffire pour les écouter tous !

Question 1 oui et même plus encore, tu verras la seconde partie; question 2: non, et c’est pour ça qu’il faut tisser un lien, pour allonger les week end et les répéter en l’envi .-)))

Ils sont sur iTunes Plus?

Hein ?, François, tu veux répéter ? En fait je ne sais pas.

Une petite question: que pensez-vous de la théorie de la musicologue allemande Helga Thoene à propos de la relation qui existerait entre la célèbre Chaconne et la cantate Christ lag in Todesbanden

Je ne connaissais pas cette théorie, merci de me la révéler. Je vais me renseigner. Je suis un peu surpris tout de même, connaissant très bien et la “fameuse Chaconne” et “Christ lag in Todesbanden”. Je ne perçois pas la “filiation musicale” entre les les 2 pièces.

Carlos Mena et Emma, quel superbe duo.

À question intéressée, réponse: OUI

je ne comparerais pas les versions de la plupart de ces œuvres que j’ai chez moi avec celles de notre hôte au risque d’être banni

Je ne bannirai personne à la notable exception des producteurs de France-Musiques actuels (et accessoirement ceux de Radio Classique, qui font littéralement pisser de la musique sans aucune cohérence) qui ont de parti pris décider de ne plus diffuser d’enregistrements de musique baroque “convenablement interprétés”. Ah !! NON pas Wispelwey ! non !!! Il triche, ce qui n’est sans doute pas le cas pour YoYoMa ou Tortelier qui ne mentent pas en étant dans leur système esthétique alors que PW triche, disant qu’il joue un violoncelle baroque équipé de cordes en boyau, ce qui est faux: le boyau a une sonorité et un grain très spécifique aisément reconnaissable. De plus, le pauvre le manche a dû être savonné tant il introduit des “glissandi” (oui Mössieur, on dit des glissandi) dans les passages trop virtuoses.

8)
gwydion
, le 18.03.2009 à 12:05
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“mais déjà à cette époque , l’essentiel avait été dit, publié et enregistré ” .

Alors , je ne se suis pas vraiment d’accord avec cette affirmation . Beaucoup de travail a été fait depuis .Sinon pour les Cantates par Harnoncourt et Leonardt ,c’est un travail de résurrection , qui est pour moi totalement perfectible ( parfois a la limite de l’écoutable ) . Herreweghe en a fait quelque chose de sublime (idem pour les passions ) . En fait pas mal de vieux enregistrement dans cette liste , je pense qu’on dois pouvoir trouver encore mieux maintenant , la nouvelle génération a de quoi montrer ses qualités , je ne peux croire que les papis sont les seuls à pouvoir jamais interpréter cette musique ….

9)
gwydion
, le 18.03.2009 à 12:11
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Tient , par exemple , les sonates et partitas pour violon seul . Je vous conseil d’écouter l’enregistrement d’Hélène Schmitt , fabuleux !!

10)
ysengrain
, le 18.03.2009 à 13:14
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@ gwydion:

Je me cite: “mais déjà à cette époque , l’essentiel avait été dit, publié et enregistré”. Je ne me suis pas exprimé avec suffisamment de précision. Avant d’aller plus loin, la seconde partie de cette Discothèque baroque dont j’ai pris soin de dire qu’elle est déraisonnée, dans la conclusion expliquera mes choix. En second lieu, le Dictionnaire d’Ivan Alexandre est irremplaçable dans la mesure où il est presque exhaustif des oeuvres.

Quant à dire on doit pouvoir trouver encore mieux maintenant, le mieux en esthétique et de goût ……

11)
gwydion
, le 18.03.2009 à 13:50
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Excuse moi Ysengrain ,ma remarque ne se voulais pas une dépréciation de tes propositions , juste une remarque sur le constat que 30 ans passés , on fait toujours éloge des anciens sans chercher à découvrir les nouveaux interprètes . Quand au “mieux” je suis bien évidemment d’accord avec toi , je me suis mal exprimé . Bien que quand j’écoute les cantates d’Harnoncourt , ce qui me gêne n’est pas qu’esthétique , il y a un réel problème technique , c’est pas au point pour moi , c’était les débuts et aujourd’hui on fait beaucoup “mieux” .

Cordialement ;-)

ps : ok , j’attend la suite avec impatience et surtout ta conclusion !

12)
Inconnu
, le 18.03.2009 à 14:08
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Merci beaucoup pour cette liste!

J’avais une tendance baroqueuse sans m’en rendre compte. Je dois avouer que jusqu’à maintenant ma politique était de chercher un morceau spécifique sur iTunes (qui ne me servait que pour un pré-tri, on est bien d’accord). Et les interprétations qui retenaient mon attention étaient pour la plupart reprises dans cette liste.

Hein ?, François, tu veux répéter ?

Je ne suis pas un fan du AAC pour la musique classique, mais je trouve que les aperçus realplayer d’amazon sont encore plus insultants pour la musique que ne l’est l’AAC. Donc rien que pour avoir un aperçu de moins mauvaise qualité, iTunes a un sens (enfin, je ne demande pas de mettre les liens non plus, ceux qui veulent sont assez grands pour taper quelques mots dans un champ de recherche).

13)
Soheil
, le 18.03.2009 à 22:34
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Je ne connaissais pas cette théorie, merci de me la révéler. Je vais me renseigner. Je suis un peu surpris tout de même, connaissant très bien et la “fameuse Chaconne” et “Christ lag in Todesbanden”. Je ne perçois pas la “filiation musicale” entre les les 2 pièces.

À question intéressée, réponse: OUI

Je reprends le fil un peu tard. Si j’ai bien compris, la filiation dont il est question serait plutôt comparable à ce qui se passe dans les variations Goldberg, la Chaconne se superposant à certaines phrases de la cantate qui jouent ici le rôle de la basse continue (ne m’en veuillez pas si les termes sont inexacts, je n’ai malheureusement pas fait d’études musicales et un certain vocabulaire me fait défaut, de même que les connaissances qui vont avec).

Je ne sais pas ce qu’il faut penser de cette thèse — il est possible qu’elle vaille ce que valent les spéculations sur la Grande Pyramide —, mais le rapprochement de cet événement douloureux avec la composition de cette partita me paraît l’éclairer d’un jour différent. Les disques qui illustrent cette thèse sont “Morimur” (Hilliard et Poppen) et “De Occulta Philosophia” (Moreno, Mena, Kirkby).

Quant à la question intéressée… est-ce qu’une copie serait envisageable?

14)
ManiX
, le 18.03.2009 à 23:16
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Merci pour cet inventaire !

Détail amusant pour un vieux lecteur de Cuk que je suis, le choeur qui anime mes mardis soir (et trop de mes WE) donne prochainement à Paris des motets de Bach, JS et ses proches, dont “Der Geist hilft unsere Schwachheit auf” et “Komm, Jesu Komm”, ainsi que de très intéressantes pièces de JL et JC Bach : Das Blut Jesu Christi (avec un ravissant aria choral à la fin),

Ces oeuvres sont le support de la master class de Frieder Bernius à Paris la semaine prochaine, pour laquelle nous sommes choeur école. Plus d’informations pour les amateurs sur http://www.stellamaris.fr

J’attends le 2ème volet d’ysengrain avec impatience !

15)
lvme
, le 19.03.2009 à 00:13
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Bonjour, et bravo pour ce dossier (il s’agit de ma première intervention même si je fréquente souvent le site)

Je ne suis pas technicien, ni amateur éclairé, ne me considère pas comme emprisonné dans un mouvement, et n’appelle pas les artistes par leur prénom ;-) mais j’aime simplement écouter la musique qui me transporte et me surprend.

Après avoir mangé, comme tous ceux de ma génération (je viens de franchir la quarantaine…) de l’instrument ancien à toutes les sauces, je suis revenu sur la musique que j’aime, tout simplement, sans me soucier des étiquettes.

Et là, je dois dire qu’après avoir remis mon ampli à jour (ajouter une carte pour phonographe, merci Cambrige Audio …) et dépoussiéré mes galettes de cire, je suis toujours impressionné par le plaisir à écouter Karl Münchinger, qui selon moi, faisait du “baroqueux” avant l’heure, mais sans les instruments anciens. En revanche, je ne sais pas si ses enregistrements ont été gravés sur du plastique, dans la mesure où il a vite été catalogué comme “dépassé” par le critiques. Si oui, jetez y un coup d’oreille, c’est frais et agréable comme un petit verre de blanc. Les interprétations de Bach avec son ensemble se Stuttgart n’ont pas pris une ride en 50 ans.

Il y a deux mois, je ne connaissais pas encore amandine Beyer. Après l’avoir vu sur Arte (la folle journée de Nantes) je me suis précipité sur ses 4 saisons. Que du bonheur. Sa discographie intègre également du Bach. Quelques extraits, prometteurs, sont disponibles sur youtube (oui, je sais…). Le choix de mon prochain disque est fait…

Voilà, désolé pour cette petite échappé ….

16)
thomas
, le 19.03.2009 à 09:37
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Un commentaire abrégé (je viens de perdre le brouillon du précédent!)

Merci beaucoup pour ce nouveau thème cukien ;) Et merci à alec6 d’avoir rétabli les Sonates pour violoncelle (sic) à leur état de Suites.

Pour finir, une citation du grand Leonhardt, qui avait compris bien des choses et avait la générosité de laisser la porte ouverte aux suivants:

Si on réussit à être convaincant, l’interprétation paraît authentique. Si on cherche à être authentique, on ne sera jamais convaincant… Aussi ne puis-je qu’espérer que cet enregistrement ne sera qualifié ni de “définitif”, ni d’”authentique” en vertu seuls des instruments utilisés. Plus essentielle… est la question de la qualité artistique.

17)
ysengrain
, le 19.03.2009 à 10:04
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@ Soheil

J’ai un peu regardé ce qui se dit de la thèse de Madame Thoene. De ce que je comprends, elle dit ce que beaucoup d’autres musicologues ont dit: Bach avait des thèmes dont il s’est servi toute sa vie de compositeur eu puisant ça et là pour composer. Un bon exemple de cette pratique réside dans les cantates, dont il ne faut pas oublier qu’il a dû en produire une chaque Dimanche à Leipzig pendant X années. Ré-écoutons les choeurs finaux des cantates: beaucoup on une “nette” filiation. Dans l’exemple de la Chaconne et la cantate BWV 4 Christ lag in Todesbanden, j’ai retrouvé l’enregistrement de Carlos Mena, Emma Kirrby et Moreno …que j’avais oublié, c’est superbe. Je ne connais pas Morimur, mais Poppen … hum. Pour ce qui est de ta requête, je vais te répondre en message privé.

@ ManiX

Bravo pour cette activité. Je dois néanmoins dire que Bernius ne fait pas partie des chefs dont l’activité et la production me transportent. Il reste que suivre une masterclass, quel qu’en soit l’auteur est un “spectacle” dont ke ne me lasserais jamais tant on voit les protagonistes aller au fond des choses, au bout du bout.

Je ne suis pas technicien, ni amateur éclairé, ne me considère pas comme emprisonné dans un mouvement, et n’appelle pas les artistes par leur prénom ;-) mais j’aime simplement écouter la musique qui me transporte et me surprend.

Je ne suis pas non plus technicien mais exigeant. Avoir fait installé une carte dans un ampli Cambridge me donne à penser que nous jouons dans la même cour.

J’ai dû inclure dans mon patrimoine audio-génétique la musique baroque interprétée de la “bonne manière”, rejetant auditivement, si je peux l’exprimer ainsi, les interprétations (c’est le cas de le dire), sirupeuse, avec la main gauche de tous les violoniste atteinte d’une maladie de Parkinson vibrant synchrone, de toutes les cordes vocales atteintes du même mal, de toutes les notes jouées rigoureusement égales procurant après 10” un sentiment d’ennui profond, et je laisse sans commentaire le phrasé et les articulations…

J’ai rencontré et fréquenté la majorité des musiciens que je cite, d’une part, d’autre part, quand bien même je ne les aurais pas rencontrés pour d’autres, ils me sont tellement familiers que je ne sais pas faire autrement que de les appeler par leur prénom. Je sais qu’on a beaucoup dit que les “baroqueux” avaient ” trop utilisé cette mode, mais si on se reporte plus de 3à ans en arrière, nous n’étions pas nombreux, et ce petit nombre facilitait les échanges.

Quant à Munchinger, je lui dois des découvertes … il y a maintenant longtemps, mais pour les mêmes raisons que celles exposées plus haut, mon oreille lui est fermée.

L’école française de violon possède aujourd’hui 3 perles Alice Pierrot, Odile Édouard et effectivement Amandine Beyer. Le prochain article évoquera les 2 premières.

@ Thomas Désolé pour l’erreur à propos des suites pour violoncelle. Quant à la citation de Monsieur Gustav Leonhardt, respect

19)
Argos
, le 21.03.2009 à 08:55
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Juste pour rappeler que les bois et les cuivres de la version de Munchinger de Brandebourgeois étaient ceux de l’Orchestre de la Suisse Romande. J’ai longtemps été fan de la version de Goebbel. Aujourd’hui, je la trouve parfois un peu rapide, presque précipitée, mais le violon dans le Quatrième reste d’une vitalité et d’un mouvement extraordinaires. Pour les Variations Goldberg, sentimentalement, j’en reste à Maria Yudina, qui fut une amie de Chostakovitch.