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Herschel et Planck vont s’envoyer en l’air avec Ariane…

Introduction

Alors que le CERN se débat pour faire fonctionner son énorme anneau à refroidir les boissons de son personnel dans un trou noir, il vient d'annoncer pour la troisième fois une nouvelle date pour la relance de son LHC en septembre 2009. Si tout va bien, les premières collisions auront lieu le mois suivant... on verra bien si les premiers résultats prévus pour 2010 apporteront des réponses aux scientifiques.

Pendant ce temps-là, deux nouveaux satellites de recherche seront lancés. Ils promettent d'apporter des réponses à des questions fondamentales que les scientifiques se posent... enfin, jusqu'aux prochaines questions.

Deux satellites pour un lanceur

Si tout va bien, le 16 avril 2009 l'European Space Agency mettra sur orbite deux nouveaux satellites grâce son plus important lanceur: l'Ariane 5 ECA. Les deux satellites seront placés au même endroit, soit le second point Lagrange (L2). Cette zone si situe à environ 1.5 millions de kilomètres de la Terre.

Les cinq points Lagrange (le soleil est au centre)

Le premier satellite baptisé Herschel est un télescope spatial et son compagnon de route, Planck, a été construit pour mesurer le rayonnement cosmique.

Comme beaucoup de satellites de recherche, il aura fallu une dizaine d'années pour concevoir, assembler et envoyer dans l'espace ces petits condensés de technologie.

Quand je dis petit, il faut que je nuance mes propos... le satellite Herschel et Planck pèsent respectivement 3.3 tonnes et 1.9 tonne au décollage. Ci-dessous, une illustration avec les deux satellites dans la coiffe d'Ariane:

Au-dessus c'est Herschel et au-dessous c'est Planck

Vu la masse, qu'est-ce que ces satellites vont embarquer comme instruments? Et pour répondre à quelles questions? En attendant le lancement, je vous propose un tour d'horizon.

Herschel

Ce satellite porte le nom du célèbre astronome et compositeur William Herschel. On lui doit notamment la découverte de la planète Uranus en 1781 ainsi que des ondes infrarouges en 1800. Ce télescope spatial bénéficie du plus grand miroir (3.5 mètres) jamais construit pour fonctionner dans l'espace et grâce à ses instruments, il permettra d'observer l'univers dans un une gamme de fréquences particulière: infrarouge et submillimetrique.

Le satellite mesure 7.5 mètres de haut et repose sur un diamètre d'environ 4.3 mètres. Fondamentalement, en plus de son miroir, le satellite est équipé de 3 instruments qui opèrent à différentes fréquences:

  • Photoconductor Array Camera and Spectrometer (PACS)
  • Spectral and Photometric Imaging REceiver (SPIRE)
  • Heterodyne Instrument for Far-Infrared (HIFI)

Ci-dessous, une illustration qui permet de comprendre dans quelle gamme de fréquences chacun de ces instruments observe:

Image appartenant au CNES

Pour bien fonctionner, l'ensemble des instruments doit être maintenu à des températures très basses (2 K ou -271 C) pour ne pas altérer les observations. Les instruments sont maintenus à ces températures grâce à un cryostat contenant 2'367 litres d'hélium.

Bien sûr, ces instruments ne fonctionnent pas seuls. Ils reçoivent la lumière au travers d'un miroir qui a été spécialement fabriqué pour l'occasion (donc peu de chance d'avoir un miroir comme ça à la maison!):

Un miroir "parfait" de 3.5 mètres de diamètre

Pour se rendre compte du progrès réalisé en terme de taille, il faut savoir que ce miroir est bien plus grand que celui du célèbre télescope spatial Hubble:

De gauche à droite: Hubble, Herschel et James Webb

Depuis 1990, Hubble était le plus grand télescope spatial avec un miroir de 2.4 mètres. Toutefois, avec ses 3.5 mètres, Herschel promet de voir plus loin et surtout, dans une gamme de fréquences jamais observée jusqu'ici. A droite, le gigantesque télescope spatial James Webb de la NASA qui ne sera pas lancé avant 2013.

Pourquoi vouloir observer dans cette gamme de fréquences?

Parce que humainement parlant, notre oeil ne voit rien dans cette plage et d'expérience, on sait que ce n'est pas parce qu'on ne voit rien à l'oeil nu qu'il ne se passe rien...

Des images sont toujours plus parlantes que des mots. Ci-dessous, une composition de photos prises par Hubble:

A 7'000 années lumières de nous, une pépinière d'étoiles (Eagle nebula)

Cette photo est très connue et je suppose que certains d'entre-vous l'on déjà vue. Toutefois, ce que peu de gens ont vu, c'est la même photo prise avec des caméras infrarouges. Ci-dessous, une comparaison de cette image dans différentes fréquences:

A. Photo normale...
B. Photo en infrarouge proche (1-2µm)
C. Photo en infrarouge moyen-lointain (7µm)
D. Photo en infrarouge lointain (50µm)

Comme on peut le voir, ces photographies apportent une autre vision des événements qui se déroulent au sein de ces amas de gaz.

"Très bien" me direz-vous, "Mais qu'est-ce qu'on veut trouver?"

C'est un peu comme d'habitude, on veut comprendre l'histoire des étoiles et des galaxies qui nous entourent, y compris la nôtre. Dans cette quête perpétuelle de comprendre notre univers, nul doute que nous trouverons quelques réponses... qui laisseront la place à des centaines d'autres questions!

L'ensemble du satellite une fois dans l'espace

Après le lancement, il faudra attendre environ 6 mois pour que le satellite rejoigne le second point Lagrange (L2) et commence ses observations.

Planck

Comme d'habitude, ce satellite porte le nom d'un scientifique connu: Max Planck. Ce physicien a obtenu une série de prix pour ses recherches et en particulier sur ses travaux sur la loi spectrale du rayonnement en 1900... qui porte désormais son nom: la loi de Planck.

Les objectifs de cette mission sont importants et si elle se passe comme prévu, elle devrait apporter des réponses à des questions fondamentales comme:

  • Est-ce que notre univers est en expansion ou est-il en train de se contracter?
  • Quel est l'âge de l'univers?
  • Quel est la nature de la matière noire?
  • Quel est la nature de l'énergie noire?

A la lecture de ces questions, on se rend immédiatement compte que la responsabilité de ce "petit" satellite est énorme... et pourtant avec une hauteur de 4.2 mètres sur un diamètre de 4.2 mètres, il doit départager la communauté scientifique sur bien des points.

Si vous suivez un peu l'actualité scientifique, certaines de ces questions vous paraissaient tranchées depuis longtemps et j'avais même très brièvement parlé de la matière noire il y a 2 ans.

C'est vrai mais le problème c'est qu'il existe plusieurs théories et observations contradictoires. Le but est donc de tenter de confirmer certaines de ces théories.

Mais comment va-t-on obtenir des réponses à ces questions?

Encore une fois, le satellite est équipé d'instruments pour étudier le rayonnement cosmique et ils sont au nombre de deux:

  • Low Frequency Instrument (LFI) de 27-77 GHz
  • High Frequency Instrument (HFI) de 83-1'000 GHz

Pour mieux comprendre le fonctionnement de ce satellite, je vous propose une petite illustration:

Elévation du satellite Planck

Comme on peut le voir, le miroir de 1.5 mètre de diamètre réfléchit les rayons cosmiques dans un second miroir avant de passer au travers des deux instruments.

Très sommairement, le LFI qui fonctionne à 20 K ou -253 C convertira les micro-ondes de basse énergie en électricité. Par contre, le HFI qui fonctionne à 18 K ou -253 C convertira les micro-ondes de haute énergie en chaleur qui sera mesurée par un petit thermomètre électrique. Ces deux instruments permettront de traiter des micro-ondes d'une longueur d'onde de 25 GHz à 1 THz.

Grâce à l'illustration suivante, on peut apercevoir les "récepteurs" du LFI et HFI:

Les deux instruments partagent le même miroir

Ce satellite n'est pas le premier de ce type... mais grâce à ses instruments encore plus performants, il devrait être beaucoup plus précis que ses prédécesseurs.

Pourquoi faire?

Au-delà de répondre aux questions mentionnées plus haut, il doit notamment mettre à jour la carte du "fond diffus cosmologique". Ci-dessous, un historique de la cartographie du rayonnement fossile au fil des différentes observations:

Les principales cartes de 1965 à 2003

En 2008, le satellite Wilkinson Microwave Anisotropy Probe (WMAP) offre une nouvelle carte à la communauté scientifique:

Le WMAP offre une image beaucoup plus précise

Entre 2003 et 2008, des observations complémentaires ont permis de mettre à jour la carte et confirmer un point: la température moyenne de notre univers est de 2.725 K ou -270.425 C... et vous voulez savoir la différence entre les points bleus (froid) et rouge (chaud)? C'est 0.0002 degré Kelvin!!!

Ce satellite promet de faire mieux...

Conclusions

L'ESA avec cette double missions devrait faire un retour au premier plan dans la recherche spatiale.

Toutefois, cette mission comporte un risque majeur: l'ESA va propulser les deux satellites en même temps à bord du même lanceur! En cas de problème, il y a donc un risque de perdre les deux missions en même temps.

Par exemple, hier, la NASA a essayé d'envoyer le satellite Orbiting Carbon Observatory à bord d'une fusée Taurus. Malheureusement pour la communauté scientifique, le lanceur a connu un problème et le satellite de USD 270 millions est perdu... ainsi que les réponses qu'il aurait pu nous apporter sur un problème majeur: le taux de dioxyde de carbone (CO2) dans le monde.

Bien sûr, Ariane jouit d'un excellent pourcentage de tirs réussis et les assurances peuvent rembourser les missions. Toutefois, chacune de ces missions a demandé 10 ans entre l'idée et le lancement. D'un point de vue technologique, reconstruire à l'identique ces exemplaires serait probablement une perte de temps et d'argent.

Sur ce dernier point, il faut savoir que les coûts sont de 1.1 milliard d'euro pour Herschel et 600 millions d'euro pour Planck! Pour ce prix, j'aurais aimé qu'on puisse profiter de ces satellites plus longtemps... en effet, pour le premier, c'est une mission qui ne devrait pas durer plus de 3 ans et pour le second, c'est 15 mois!

Ces "faibles" durées de vie sont liées à la réserve de "carburant" pour maintenir les instruments à très basse température... si d'aventure ces satellites devaient nous apporter des réponses extraordinaires, il sera pratiquement impossible de les récupérer pour refaire un "plein"... c'est dommage mais j'imagine qu'il fallait faire un choix entre l'autonomie, l'encombrement et la masse.

Enfin, c'est avec des missions de ce genre que l'humanité avance dans sa compréhension de l'univers et donc de notre présence sur Terre. A l'inverse, les missions habitées ne servent qu'à répondre favorablement à l'ego démesuré de l'être humain dans la conquête de son environnement.

T

41 commentaires
1)
Jérémie
, le 25.02.2009 à 00:33
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Bel article, bravo!

Je n’ai pas cliqué sur tous les liens que tu donnes (il est minuit et demi!…), mais je me pose quand même cette question : pourquoi le deuxième point de Lagrange? Je comprend l’intérêt des points de Lagrange, mais pourquoi choisir spécifiquement le deuxième? J’imagine que les points 3, 4 et 5 sont trop loins, mais quid du numéro 1?

2)
erimacrib
, le 25.02.2009 à 01:41
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Franchement, vous pouvez continuer, je suis pour à 100%, incroyable ce que vous avez pu collecter là.

4)
tomcat
, le 25.02.2009 à 03:20
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@Jérémie Les cinq points de Lagrange sont les positions où l’attraction gravitationnelle de deux masses (la terre et le soleil en l’occurrence) s’équilibrent, ce qui fait que tout objet (satellite) positionné à l’un de ces point restera immobile par rapport au système de référence (terre & soleil). J’espère avoir exprimé la chose sans dire de sottise…

En tout cas, merci pour cet article.

Texte

5)
Ellipse
, le 25.02.2009 à 03:35
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@jeremie

regardes ou se situent L1 et L2, et, relis l’article en ce qui concerne les temperatures de fonctionnement des instruments. desole pour les accents mais ce n’est pas pratique avec un ipod touch

6)
François Cuneo
, le 25.02.2009 à 07:03
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J’imagine l’angoisse des scientifiques avant le lancement…

C’est marrant TTE, là, tu nous parles de 1,7 milliards de perdus en fumée en cas de problème.

Il y a un ou deux ans, ça aurait semblé énorme, depuis quelque temps, on se dit que 1.7 milliards, c’est des cacahètes!:-)

11)
jeje31
, le 25.02.2009 à 08:49
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Merci pour cet article très clair !

c’est dommage mais j’imagine qu’il fallait faire un choix entre l’autonomie, l’encombrement et la masse

Effectivement, on est en limite de capacité à tous les niveaux : masse au lancement, encombrement sous coiffe, maitien de température proche du zéro absolu (jamais réalisé sur des satellites).

J’imagine que les points 3, 4 et 5 sont trop loins, mais quid du numéro 1?

Pour observer le fond cosmique, il faut être le plus éloigné du soleil : 1) pour être perturbé le moins possible par le rayonnement solaire, 2) pour recevoir le moins d’énergie possible qui tendrait à réchauffer les instruments (le K coûte très très cher)

13)
ToTheEnd
, le 25.02.2009 à 09:31
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Merci, que des “éloges” ce matin, c’est impressionnant!

Jérémie: comme les autres ont répondu, le L2 a été choisi en particulier pour sa “neutralité” gravitationnelle mais également pour être à l’abri du soleil… c’est un point privilégier pour beaucoup de missions de précision.

François: 1.7 milliard ça reste énorme mais c’est définitivement pour une bonne cause… si ça avait été pour envoyer des macaques évolués dans l’espace histoire de voir des souris s’accoupler en impesanteur, là tu peux être sûr que ça m’aurait énervé.

Caplan: je ne dénigre pas, je remets à sa place ce type de vol.

T

14)
Jaxom
, le 25.02.2009 à 09:55
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Tout d’abord merci pour cet article. J’ai toujours aimé suivre les aventures spatiales.

Pour le point L2, je cherche à bien comprendre. L’attraction Terre-Soleil ne peut pas s’annuler à ce point, les deux astres attirent du même coté. Il faut sans doute rajouter la force centrifuge ?

Et juste une remarque, on ne dit pas 0.0002 degrés Kelvin, mais 0.0002 Kelvin. Ni -270.425 C, mais -270.425 °C.

15)
Kermorvan
, le 25.02.2009 à 09:55
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Le problème des trois corps n’est pas celui décrit dans l’article de Wikipedia sur les points de Lagrange

Le problème est mieux exposé dans l’article sur le problème à n corps

Décisive fut l’étude d’Henri Poincaré (Leçons de mécanique céleste), qui établit l’extrême dépendance aux conditions initiales rendant impossibles les prévisions à long terme, mais aussi les ruptures discontinues de trajectoires

(au passage, voir l’article sur Grigori Perelman)

La simulation informatique permet de visualiser sur écran le phénomène d’instabilité, par guère plus qu’une ligne de programme.

16)
ToTheEnd
, le 25.02.2009 à 10:07
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Jaxom: merci pour ces précisions.

Pour ce qui concerne le point Lagrange, c’est clair que j’ai simplifié un maximum… la contrepartie Wiki en Anglais est beaucoup plus précise et détail bien mieux ces zones… qui ne sont pas si stables que ça, mais c’est le mieux qu’on puisse trouver à notre proximité.

T

18)
alec6
, le 25.02.2009 à 12:51
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Bon article TTE ! et toujours d’accord avec toi pour les vols habités qui sont une ineptie totale (tant pis pour Caplan avec qui je me désolidarise pour une fois !!!). Je crois que l’une des rares retombées des vols habité est le Téflon de nos casseroles… et la vanité de ceux qui expédient une poignée de clampins pour le prix de centaines de missions automatiques… Pour Mars je crois que le rapport est de un à mille ! Mille missions de type Mars Express (mission européenne dont malheureusement le module Beagle des britanniques s’est écrasé lamentablement – conséquence a priori des économies thatcheriennes en matière scientifique, mais c’est une autre histoire que la France découvre en ce moment…) pour le prix d’une mission hypothétique habité vers ce bout de caillou rouge allac’. Les conditions de vie en Antarctique ne sont pas terribles, mais en comparaison c’est le paradis !

A propos de Lagrange… je crois que Soho (satellite d’observation solaire) est situé sur l’un de ces points, le L1 je crois (surement pas le L2), mais c’est à vérifier.

Et à propos de satellites et sondes je vais vous parler bientôt très sommairement de la mission Cryosat 2 qui doit partir en novembre en espérant que le biniou ne finisse pas au fond de l’océan comme la première en 2005 après l’échec de la fusée russe qui devait le mettre en orbite polaire.
J’aimerai bien aussi vous causer de la mission Rosetta partie en 2004 et dont la rencontre avec la comète Churyumov-Gerasimenko alias Chury est prévue pour 2014. Mais j’ai le temps ! à moins que TTE nous en cause d’ici là.

19)
Jaxom
, le 25.02.2009 à 13:07
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Merci pour les liens supplémentaires. J’aurai pu pensé de moi-même à Wikipedia.

20)
ysengrain
, le 25.02.2009 à 13:22
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Je crois que l’une des rares retombées des vols habité est le Téflon de nos casseroles…

Je croyais que c’était Dupont de Nemours qui l’avait inventé pour les canalisations d’hydraulique basse pression des Bpeing 707 dans les années 50

21)
kronos
, le 25.02.2009 à 13:50
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Mais si, les vols habités ont un grand intérêt. Mais à beaucoup plus long terme.

Faites donc un petit (enfin, pas si petit que cela :) ) retour en arrière sur l’espèce humaine : S’il y a bien une constante dans l’histoire de l’humanité, c’est bien la volonté (nécessitée ?) de coloniser de nouveaux espaces de vie. Les premiers hommes sont apparus en Afrique (il me semble). Ils se sont développés petit à petit et ont donc eut besoin de coloniser de nouvelles terre. Pour cela, ils ont marché vers les plaines environnantes. Puis ils ont marché de plus en plus loin pour finalement arriver au bord des mers. La nage n’étant pas la panacée pour traverser les océans, ils ont confectionné de ridicules amas de bois qui avaient pourtant la grande idée de flotter.

Si l’homme n’avait pas commencé à créer ces ambrions de bateaux, je me demande comment nous ferions aujourd’hui pour transporter une grande partie de nos marchandise.

Continuons avec l’histoire de l’homme. Plus précisément au temps de la conquête de l’ouest américain. Les premiers colons qui ont décidé de traverser l’Amérique d’est en ouest devaient être pris pour des malades. Et pourtant, c’est grâce à eux que le reste des colons on découvert tout le potentiel que leur offrait ce grand territoire.

Maintenant, revenons-en aux vols habités : Nous savons depuis bien longtemps que la vie sur terre ne durera pas indéfiniment (et je ne tiens pas compte ici de la bêtise humaine). En effet, notre soleil devrait finir en supernova et entrainer la terre dans sa chute. Alors que doit faire l’espèce humaine ? Se résigner et attendre patiemment sont extinction, ou chercher des solutions (comme l’on fait nos ancêtres en inventant le bateau) pour aller coloniser de nouveaux espaces ? Je préfère penser que nos descendants trouveront une solution pour aller sur d’autres planètes habitables. Mais comment feront-ils pour découvrir les moyens de transport spatiaux adaptés si nous ne commençons, des siècles à l’avance, à assembler quelque malheureux bout de titane, de carbone et de kevlar pour péniblement aller sur la lune ?

22)
ToTheEnd
, le 25.02.2009 à 14:27
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kronos: et bien voilà, tu vas faire plaisir à Caplan… mais pour moi, ce genre de pensée ou raisonnement m’afflige un peu.

La littérature et l’histoire pourrait nous faire croire ce que tu dis. Mais la réalité est différente. Dans notre système solaire, rien ne s’apparente à la Terre… de près ou de loin. Vivre ailleurs que sur Terre aujourd’hui équivaut à vivre par -4’000 mètres sous le niveau de la mer avec 450 degrés Celsius… ou dans un désert par -140… au-delà, les planètes de notre système solaire offrent des conditions encore pire.

Si ces planètes n’abritent aucune forme de vie, figure-toi que c’est pour de bonnes raisons.

S’arracher à notre planète, ce n’est pas comme mettre quelques rondins à l’eau et se laisser aller à la rame ou grâce au vent… tout en se sustentant tout au long de notre chemin. S’arracher à notre planète ne peut être accompli qu’au prix d’une consommation d’énergie délirante… les bagnoles ou les avions à côté, c’est des exemples d’efficience énergétique.

A l’époque, prendre nos bateaux nous a conduit à “peupler” la Terre mais faire le même amalgame avec l’espace tient plus du délire que d’un objectif pour l’humanité.

Notre place est ici et dépenser le moindre franc pour essayer de nous faire vivre au-delà de la stratosphère, c’est jeter l’argent par les fenêtres, ni plus, ni moins.

Je propose un truc… faisons un moratoire sur les vols habités de 200 ans histoire qu’on se concentre sur nos problèmes sur Terre. Après ça, on pourra recommencer ces ridicules vols spatiaux à grands frais histoire de satisfaire nos rêves de gosse les plus fous.

T

23)
levri
, le 25.02.2009 à 15:03
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@ kronos : on arrive péniblement a envoyer des vols automatiques dans l’espace, certaines expériences habitées peuvent avoir un certain intérêt, mais point n’est besoin de les multiplier sans raison véritable. De plus il vaut mieux ne pas développer certains de tes exemples …

Sans être aussi catégorique que TTE, je suis d’accord pour dire qu’actuellement les vols habités ont peu ou pas d’intérêt.

24)
jdmuys
, le 25.02.2009 à 16:16
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3 choses:

– l’article omet “Probe” (sonde) comme mot pour la lettre P de WMAP.

– on ne peut parler de points de Lagrange qu’en mentionnant les deux corps (au moins) dont il est question. Ici, il s’agit du système terre soleil (le système terre lune en a aussi par exemple).

Mais surtout:

– je ne suis pas d’accord avec ceux qui estiment que les vols habités ne servent à rien. Je comprends de quel raisonnement cela procède, dès lors qu’on cherche une utilité immédiate à toute démarche scientifique. Même l’article ici pose la question “A quoi servent ces satellites”, alors que la seule bonne réponse est “à augmenter le champ de la connaissance humaine”. A ce titre, les vols habités sont utiles. Et j’estime totalement incohérents les arguments d’ “usage alternatif”, qui disent qu’on ferait mieux de dépenser cet argent autrement à des causes plus urgentes. Car si on accepte cet argument, alors on ne peut pas refuser le même argument utilisé plus largement, et qui conduirait à arrêter toute recherche scientifique tant qu’un enfant meurt de faim dans le monde.

La vérité est qu’on peut faire toutes ces choses. Et qu’il faut faire toutes ces choses. Y compris les vols habités.

Si les Clément Ader, Blériot etc… avaient raisonné comme cela, nous n’aurions pas d’avion aujourd’hui. ( et un gazillion d’analogies semblables).

25)
alec6
, le 25.02.2009 à 16:58
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@ Kronos : Tsiolkowsky s’est en effet fendu d’une belle métaphore “La terre est le berceau de l’humanité, mais on ne passe pas toute sa vie dans un berceau !”

C’est joli, poétique même, mais la métaphore a ses limites. Pour en rajouter à ce que TTE vient d’écrire, des quatre planètes telluriques (solides et non gazeuses), seule la Terre possède une atmosphère riche en oxygène, une température moyenne agréable (15°C actuellement, sûrement plus dans quelques décennies et moins après, mais globalement à l’échelle du vivant, rien de catastrophique, nos ancêtres ont connu pire) et accessoirement une magnétosphère qui protège l’essentiel du vivant des rayonnement peu amènes du Soleil… Cela explique entre autres la présence d’une vie ici et non sur Mercure, Vénus ou Mars.

Comme le dit Levri, on a déjà du mal à expédier au dessus de nos têtes (moins loin en définitive que de Paris à Lausanne) l’équivalent de deux ou trois machines à laver automatiques et plus difficilement encore l’équivalent d’un bus avec chauffeur et contrôleur mais sans passager au delà de la même distance (la navette tourne à 400 km au dessus de nos crânes) voire une fois tous les 50 ans passer trois ou quatre jours sur un désert gris sans même un troquet 360 000 km plus loin !

Le seul truc intelligent pondu par Allègre en tant que ministre fut de ne filer aucun kopeck pour les vols spatiaux habités.

Le jour où les terriens seront capables d’expédier l’équivalent de quelques plateformes pétrolières automatiques en qq heures au delà de Neptune, alors nous pourront songer à y confier une poignée d’allumés pour peupler les systèmes solaires “proches”. Mais même à une vitesse luminique (sans aborder l’épineuse question de l’énergie nécessaire), il faudrait plusieurs années pour atteindre dans un inconfort total la première planète un tant soi peu accueillante en espérant que les étoiles proches en soient dotées !

A ce jour on ne connait que trois ou quatre cents planètes extra solaires. L’avenir, le satellite Corot et ses successeur nous en diront plus sur le sujet, mais à ce jour c’est très mal barré !

Reste l’espoir ! mais de notre vivant et de celui de nos arrières petits enfants, il est plus urgent de se pencher sur le sort du plus beau véhicule spatial qui nous ait jamais été donné, le plus confortable, le plus grand et le plus autonome qui fut : la Terre !
Un peu mal en point par les temps qui courent !

Notre Soleil va effectivement passer à la vitesse “naine blanche” d’ici quatre à cinq milliards d’années… Statistiquement une espèce animale ne dure pas au delà de quelques centaines de milliers d’années… notre espèce dite “intelligente” aura disparu depuis belle lurette et son héritage avec. Si d’autres espèces non moins “intelligentes” nous succèdent, ils auront alors le loisir d’organiser qq chose ! Bon courage et bon vent !

Je ne voudrais pas jouer les rabats joies de service, mais il serait temps de prendre conscience que le père Noël n’existe pas, pas plus que le petit Jésus, les dieux, les diables, la vie après la mort, le Paradis et autres gamineries pseudo scientifiques…

Comme le dit Candide : Cultivons notre jardin.

26)
ToTheEnd
, le 25.02.2009 à 17:08
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jmuys: j’ai corrigé le P…

Les vols habités développent et réalisent des expériences “appliquées” et non “fondamentales”. Envoyé 12 macaques chercher des cailloux sur la Lune pour les étudier, c’est tout simplement 100x plus cher et risqué que d’envoyer quelques robots qui feront la même chose plus vite et mieux.

D’ailleurs, qu’est-ce que le public a gardé des 6 visites humaines sur la Lune à part un drapeau planté à chaque fois? En quoi est-ce que des hommes ont apporté une valeur ajoutée à la “cueillette” de 385 kilos de cailloux?

C’est ça le problème. Le gamin attardé qui est encore en nous à l’âge adulte veut voir l’homme dans l’espace… mais à y regarder de plus près, il ne fait rien qu’un robot ne pourrait faire tant les expériences sont basiques.

T

27)
alec6
, le 25.02.2009 à 17:14
[modifier]

@ Jdmuys : Pour ma part je pense que le rapport de un à cent voire plus entre le coût d’une mission automatique et celui d’une mission habité est rédhibitoire pour cette dernière. Cela signifie qu’on s’interdit quelques dizaines ou centaines de missions exploratoires du type Rosetta, Corot, Plank, Herschel, Mars Express et consort pour avoir le “plaisir” d’envoyer en l’air trois ploucs faire le tour de la Terre en quelques petites heures…

Là est le problème. Sacrifier une recherche productive à un égo nationaliste démesuré et inutile. Toutes les missions habitées n’ont eu d’autres retombées que tautologiques : comment maintenir en vie trois pignoufs dans des conditions effroyables. Pour ce prix là nous aurions pu expédier des missions robotisées sur la Lune, Mars ou ailleurs, installer un télescope en Antarctique, mettre en orbite des tas de missions bien plus productives que le brossage de dents d’un cosmonaute à 400 km au dessus de la cheminée.

28)
levri
, le 25.02.2009 à 17:20
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@ jdmuys : c’est pour ça que j’ai nuancé mon opinion sur les vols habités, je les trouve inutilement coûteux tant qu’ils effectuent des tâches que pourraient accomplir des vols automatiques, si on parle de bâtir une base lunaire autonome ou une station spatiale permanente et autonome, par exemple, ils auraient leur utilité, mais je ne pense pas que nous ayons les moyens techniques pour ce genre de choses actuellement, donc comme je le suggérais précédemment, réaliser de manière ponctuelle un vol habité lors du quel on grouperait toutes les interventions nécessitant une présence humaine, oui, des vols habités inutiles, non.

@ 25-alec6 : je suis à peu près d’accord avec toi, sauf en ce qui concerne l’existence du Père Noël !

Il faut continuer de rêver, c’est comme ça qu’on se dépasse et qu’on trouve des solutions à des problèmes qui n’avaient même pas été posés. Le voyage vers les étoiles, même lointaines, pourquoi pas, mais nous n’en sommes pas encore là, et ce n’est pas quelques vols habités sans intérêt qui feront avancer la recherche.

… par contre j’approuve ton commentaire 27, ainsi que le 26 de TTE.

29)
Caplan
, le 25.02.2009 à 17:48
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Bon article TTE ! et toujours d’accord avec toi pour les vols habités qui sont une ineptie totale (tant pis pour Caplan avec qui je me désolidarise pour une fois !!!). Je crois que l’une des rares retombées des vols habité est le Téflon de nos casseroles… et la vanité de ceux qui expédient une poignée de clampins pour le prix de centaines de missions automatiques…

Traître! Je vais te dénoncer à la Sécurité Sarkozienne aux initiales déjà célèbres! ;-)

[mode provoc’] A l’inverse, finalement, on en aura quoi de plus quand on saura ce qu’il y a à l’autre bout de l’Univers? On en aura quoi de plus quand on saura ce qui a provoqué le Big Bang? Et si les militaires s’emparaient les premiers des secrets de la matière noire? Et si les découvertes concernant l’énergie noire menaient à des catastrophes qui feront passer Tchernobyl pour un pétard de foire? Lorsqu’elle manipulait son uranium, Marie Curie pouvait-elle imaginer Hiroshima? [/mode provoc’]

Milsabor!

30)
zit
, le 26.02.2009 à 08:20
[modifier]

Très chouette article, T.

Concernant les vols habités,, je suis un peu de l’avis de tout le monde ;o) :

C’est très coûteux, mais, sans la navette et quelques clampins pour lui mettre son lorgnon, Hubble serait encore myope ! Dommage, non ?

Concernant la vie sur d’autres planètes, c’est d’une vie comparable à celle des humains que vous parlez ? Paske quand on voit l’habitat de certains organismes du fond des océans, dans les cheminées volcaniques…

z (Planck, il n’avait pas une fille ? je répêêêêêêête : mais si, Constance)

31)
jdmuys
, le 26.02.2009 à 09:38
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levri (et d’autres): à la place de toutes vos missions automatiques, télescopes, expériences scientifiques et autres, on pourrait éradiquer la faim dans le monde.

/ironie off

rayez vites vos arguments _à la place de _

32)
ToTheEnd
, le 26.02.2009 à 12:11
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Viens de me lever il y a une heure… grosse soirée hier soir…

zit: effectivement, envoyer des mécanos pour réparer des trucs, c’est quelque chose qu’on fait parce qu’on avait plus ou moins le choix. Cette politique était surtout liée à une stratégie lancée dans les années 80 avec les USA et son Space Transportation System (STS). On pensait que chaque tir habité coûterait entre 50 et 100 millions de dollars.

Toutefois, 30 ans plus tard, on se rend compte que chaque lancement d’une navette habitée coûte entre 0.5 et 1.5 milliard de dollars… pour ce prix là, tu envoies un nouveau satellite par trimestre.

Contrairement à Hubble qui se trouve à peine à 560km au-dessus de nos têtes, aujourd’hui on va plutôt faire des missions qui sont “one way only”. Typiquement, toutes les futures grandes missions d’observation seront envoyées dans la zone L2… cette zone se trouve à une distance 5x plus grande que le plus loin qu’un être humain n’a jamais été (la Lune)!!!

jdmuys: je n’oppose pas quelque chose à autre chose (ça serait un débat sans fin qui n’aurait aucun sens!). Le point est: ça ne sert strictement à rien.

T

34)
ToTheEnd
, le 26.02.2009 à 19:53
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Heu… c’est exactement l’incident dont je parle dans mon humeur dans la dernière section…

T

36)
CHD
, le 28.02.2009 à 12:21
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J’imagine la tête des micrométéorites qui vont passer par là: oh le miroir primaire, que c’est bôôô… splurf, aïeuuh ! CVertes, le système de refroidissement sera mort bien avant le miroir, mais on a une idée du vieillissement que subissent ces machines ?

@Jeje31 Ce niveau de température est une évolution importante mais pas une révolution. Cela fait déjà bien longtemps que des imageurs sont fortement cryostatés, en particulier sur les satellites militaires (ne pas oublier que pour un Hubble-like on envoie dix satellites espions tout aussi performants, y compris en infrarouge).

Pour les vols habités, il faut garder à l’esprit que la propagande officielle n’est jamais loin. Malgré un demi-siècle de progrès les pertes d’équipage sont toujours d’actualité. A ce niveau de risque, c’est uniquement un choix politique, à l’image des missions lunaires qui étaient tellement du grand n’importe quoi sur le plan de la sécurité que seule la guerre froide pouvait les justifier (d’ailleurs le programme Appolo a été interrompu pour ces même raisons politiques). Quand on sait que les faiblesses des boosters de la navette étaient parfaitement connues dès la conception, puis confirmé quasiment à chaque lancement (de la fumée noire indique que des joints sont en train de cramer), c’est bien une décision politique qui est derrière ce jeu de poker (surtout que rien n’a vraiment été changé depuis la catastrophe de Challenger, tout au plus les lancements sont reportés en cas de températures trop basses et de vent mal orienté – ce qui évite que les boosters ne soit trop refroidis par leur proximité immédiate avec le réservoir centrale dont l’isolation est d’ailleurs à l’origine de la perte de Columbia).

37)
Caplan
, le 28.02.2009 à 14:03
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Malgré un demi-siècle de progrès les pertes d’équipage sont toujours d’actualité. A ce niveau de risque, c’est uniquement un choix politique

Oui, à l’inverse, c’est vrai qu’après plus d’un siècle de progrès dans les chemins de fer, dans l’aviation et l’automobile, on n’a plus aucune victime…

Milsabor!

38)
ToTheEnd
, le 28.02.2009 à 15:53
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Oui, à l’inverse, c’est vrai qu’après plus d’un siècle de progrès dans les chemins de fer, dans l’aviation et l’automobile, on n’a plus aucune victime…

Ahahahah… actuellement, pour le seul programme STS de la NASA, on en est à 2 missions perdues sur 131 lancements… en pertes humaines, c’est 14 personnes ou autrement dit, c’est 1.5% des gens à qui on met un gros pétard sous le cul qui meurent.

En 2007, le transport aérien civil a transporté 1.5 milliard de personnes… il y a eu 136 accidents et 965 morts… c’est 0.000006%.

Mais j’imagine que pour toi, 1 tir sur 66 qui rate, c’est acceptable. Heureusement pour nous, l’industrie de l’aviation, du train et de l’automobile n’a pas le même seuil de tolérance.

T

39)
CHD
, le 28.02.2009 à 16:59
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En l’état actuel des choses on peut comparer l’espace à l’alpinisme en très hautes altitudes. Toutes ces missions qui, pour des raisons très diverses, sont passées à un cheveu de la perte de l’équipage (y compris Apollo 11) font froid dans le dos. Certes, on sait faire et même très bien quand tout ce passe bien mais ce cas de figure est rare puisque l’on joue avec les limites (de poids, de température, de tout en fait) et ceci dans un environnement hostile (par exemple la Lune est un bon endroit pour prendre une dose létale en cas d’orage solaire comme celui qui est survenu quelques jours après le retour d’Apollo 16). En général, il y a plutôt mille et un petit pépins à analyser (une panne peut en cacher une autre) et à gérer au mieux (en général en accumulant des restrictions d’utilisation des systèmes). Et bien sur, le moindre petit incident mesquin peut avoir de nombreuses conséquences.

Par exemple, en cas de complication durant une sortie dans l’espace il faut savoir qu’il faudra plus de 30 min pour qu’un collègue s’équipe et sorte vous aider… Le problème est encore plus critique si une navette de secours doit être envoyée comme cela aurait été nécessaire pour sauver l’équipage de Columbia (à chaque vol un deuxième pas de tir est préparé dans cette optique – mais sans conviction). Etc, etc, etc.

Après je ne critique pas, je dis juste que c’est un choix politique et que la science (expérimentale) n’a pas grand chose a voir dans tout ça (sans compter que les astronautes ne sont pas toujours de bon expérimentateurs et le déclarent ouvertement). Par exemple, un des argument avancé par le gouvernement américain pour justifier la construction de l’ISS auprès du congrès (outre les subventions cachées pour sauver Boeing, etc.) était que si l’on réussissait à impliquer suffisamment la Russie dans le projet, elle devrait réduire son arsenal nucléaire pour raison économique ! Sauf qu’avec deux guerres et une balance commerciale depuis longtemps ingérable, c’est finalement les USA qui se retrouvent à faire des choix comme celui, ironique, de se désengager de l’ISS (comprenez qu’ils préfèrent conserver leur arsenal nucléaire).

De toute manière, c’est surtout un problème de société: de nos jours tout le monde s’en fout de la science (les résultats sportifs des équipes nationales sont bien plus intéressant). Par exemple, l’ISS est, entre ses longues séances de maintenance, un laboratoire spacieux, fonctionnel et tout et tout… (en cherchant bien on doit même pouvoir y trouver une machine à café). Mais j’ai le sentiment que fondamentalement rien ne pousse à rentabiliser au maximum l’ISS sur le plan scientifique. D’où mon sentiment de gâchis. Car si on essaye d’oublier les retards et le cout “astronomique” (ne devrait-on pas plutôt dire “astronautique” ?), l’ISS présente un bilan technologique plutôt impressionnant vu que cet énorme bidule marche sans trop de couac (en comparaison souvenez vous de Skylab, qui avait été aux américains ce que la Lune avait été aux Russe, i.e. une humiliation). Le bilan diplomatique et coopératif est lui aussi positif, ne serait-ce que pour les missions de la navettes vers la vénérable station Mir, les transferts de technologies entre pas moins de 16 pays, etc.

41)
ToTheEnd
, le 19.06.2009 à 18:38
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Ci-dessous, première photo d’une galaxie par Herschel (droite)… l’équipe a comparé le résultat à une photo de la même galaxie prise par le Spitzer Space Telescope (gauche):

On se rend compte du progrès quand on sait le Spitzer Space Telescope a été lancé il y a 6 ans…

Les résultats sont bons mais le téléscope n’est pas encore arrivé à destination.

T