Zit au tibet
En fait, en fouinant dans mes vieux CD d’archives, je suis tombé sur un petit reportage (il manque une ou deux photos, je ne sais pas lesquelles, mais je sais qu’elles manquent, si vous pouviez m’éclairer… ;o). C’est donc juste à une invitation au dépaysement que je vous convie, une tranche de vie de “ailleurs” et “autre”, loin de nos métros sans conducteurs…
A la fin d’un voyage à
(Lhasa, capitale du Tibet),
bloqué à cause du brouillard empêchant les avions de décoller
ou d’atterrir à Chengdu, un peu lassé des temples, du thé
beurré salé (que pour ma part, je trouvais délicieux, mais un
poil indigeste) et autres bonzeries, j’ai été trainer mes
guêtres du côté de la
(Kyi Chu), affluent du
Yarlung Tsangpo (qui
deviendra quelques centaines de kilomètres plus loin et
quelques milliers de mètres plus bas le Brahmapoutre).
La ville est entièrement située sur la rive nord de la rivière.
Interlude
“On” a beaucoup parlé de cette région du monde il y a environ un an, sur cuk aussi, d’ailleurs. Je ne souhaite pas m’étendre sur la question politique, mais je suis convaincu que la majorité du peuple tibétain n’a aucun intérêt à la restauration de la théocratie (comme aucun peuple de la planète d’ailleurs), je ne fais pas pour autant l’apologie de la colonisation et de l’occupation, loin s’en faut, mais dès que j’entend les mots “frontière” ou “nation”, j’ai le poil qui se hérisse.
Fin de l’interlude.
Passons aux images.
Du côté matériel, c’est évidemment de l’argentique,
évidemment parce qu’elles on été faites il y a exactement
neuf ans, et qu’à l’époque, le numérique ne faisait pas
sourire que votre serviteur… Nikon F4S avec 2,8/20-35, 2,8/105 AF et 2,8/180
AIS, film Fujichrome Velvia 50 ou
Sensia 100, bien “un poil” trop polarisé pour
certaines (à 3650 m d’altitude, le ciel est déjà bien plus
sombre qu’au niveau de la mer, alors le polarisant, c’est
parfois un peu beaucoup “too much”).
Comme d’habitude sur cuk (et nulle part ailleurs ;^), un clic sur une image la fait apparaître, comme par magie, en plus grand et dans une nouvelle fenêtre…
A Lhasa, il n’y avait qu’un pont, complètement à l’est de la ville (il me semble qu’on en voit un autre à l’ouest, sur GMaps, d’ailleurs, les images satellite actuelles montrent une ville qui a presque doublé de volume)...
Bon, c’est pas si grand, mais quand on veut aller vers l’ouest, c’est pas bien pratique…
Donc ma balade post–prandiale m’a conduit sur la rive de la Kyi, et j’étais déjà bien content d’être là :
Ça ne ressemble pas trop aux rives de la Seine auxquelles je suis habitué, et c’est même probablement “exotique” pour les riverains du lac (un peu moins construit, plus aride aussi).
J’ai donc posé mes fesses sur un muret et mon regard a été attiré vers ça :
Oh, la belle barcasse !
Ah bin donc nous avons un pont à l’est, et à l’ouest, on traverse dans une magnifique goa (kowa ?), en peau de yak bien tendue sur des membrures en bois.
De loin, c’est beau, aussi…
Le chargement.
Des matériaux de construction…
La famille au grand complet…
Et on décharge, vers les yaks modernes, motoculteurs à deux roues attelés à une petite remorque, moyen de transport omniprésent ici…
La pause en attendant le chaland…
Après quelques heures de regards, de sourires (aucune communication possible par les mots, mais ce n’est pas toujours indispensable, entre humains), je me rapproche, timidement.
Un aviron en détail.
Un des rameurs.
Son collègue.
Allez, je me lance, je monte faire la traversée :
La clope au bec en permanence (keski fument les deux gars, pourtant, pour un gars de la pleine comme moi, le moindre effort, à cette altitude, c’est dur, et ramer toute la journée, dans le courant, je n’ai pas essayé, mais ça doit être physique…).
Il m’a bien expliqué de ne pas poser le pied sur le fond en peau (trop fragile), mais sur les membrures d’environ 5 cm de large. Le fond est presque sec, en tout cas pas trop trempé.
Débarquement sur la plage, rive sud.
J’ai décidé de rester là un moment (en espérant quand même qu’ils ne m’oublieront pas ;o).
On voit bien à droite la ville moderne qui pousse (la montagne à l’arrière–plan est à au moins quatre ou cinq kilomètres, effet “collage” du téléobjectif).
Le retour avec le collègue (chouette, ils ne m’ont pas oublié !).
Allez, au revoir…
Ça souffle, de l’autre côté, j’ai bien fait de rentrer, le matos n’aurait pas aimé.
Même au dessus la Kyi, à 3650 mètres d’altitude, de l’autre côté de l’Himalaya, il y a des mouettes !
Allez, une petite dernière qui n’a rien à voir, juste pour le plaisir :
Un bien bel alphabet (et un abus caractérisé du filtre polarisant).
Le lendemain, l’avion a enfin décollé (après trois jours d’allers retours vers l’aéroport situé à quelques 80 km, je n’ai pas pu retourner les voir…
Je ne sais pas s’ils sont encore là, il me semble, en regardant de près sur GMaps que les rives de la Kyi ont été “nettoyées” (on ne voit nulle part les barges toutes rouillées), d’autre part, la rivière a l’air bien plus étroite (mais ça peut être une différence de niveau saisonnière, le climat en février était très sec, pas un nuage pendant quinze jours).
Et c’est tout, j’espère que ça vous a plu.
























