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Baroqueux, moi? Ben… évidemment!! – Par Ysengrain

J'ai choisi d'insérer nombre de liens, sur Wikipedia ou d'autres sites afin de vous permettre de prendre connaissance des concepts, du travail des compositeurs, des interprètes, musicologues et luthiers. Les éléments qui sont donnés sont largement suffisants pour comprendre la place tenue par chacun, sans que j'aie besoin de les développer ici. Dans ce texte, la chronologie sera parfois un peu chahutée au profit de la compréhension des événements.

Mon parcours musical m'a fait rencontrer dans les années 1967-1970, une approche de l'interprétation radicalement différente de ce qui se faisait à l'époque: le mouvement baroque. Ce mouvement a ses "aficionados", un groupe informel, auquel j'adhère sans réserve, disséminé à travers le monde: "les baroqueux".

J'ai toujours eu une forte inclination pour ce type de musique.

J'ai rencontré et côtoyé bon nombre des acteurs cités, à partir des années 1970, c'est dire, si une fois de plus, vous me trouverez objectif.

Il va donc être question de musique baroque, d'un peu d'histoire, de femmes et d'hommes qui ont tenté de faire passer leurs convictions esthétiques, basées sur des documents originaux.

Ce mouvement n'est pas né brutalement dans les années 1970 ou 80, voire 90, idée généralement admise, selon les références discographiques auxquelles on s'adresse, mais trouve son origine dans 3 concepts disséminés dans le temps:

  • la canonisation des grands compositeurs dont on retrouve les premières traces importantes chez le Baron Van Swieten qui familiarisera Mozart avec J.S. Bach et G.F. Haendel
  • La redécouverte du répertoire ancien: Mendelssohn redécouvre et dirige la Passion selon Saint Matthieu de J.S. Bach le 11 mars 1829
  • L'exploration de la construction et de la pratique des instruments anciens dont un des très grands pionniers est Arnold Dolmestch

Ces concepts ont avancé plus ou moins simultanément.

Une synthèse préliminaire de ces 3 points historiques est de respecter texte et esprit en leur restant fidèle.

Nous verrons que cette idée a été incroyablement difficile à faire naître et accepter.

 

 

 

Le clavecin, par exemple, qui avait totalement disparu, renaît progressivement grâce à Wanda Landowska

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En 1953, dans une interview réalisée peu de temps avant sa disparition elle dit:

"De nos jours, il y a tant de clavecinistes qui poussent maintenant comme des champignons, il y en a partout, mais ils n'ont pas idée de la dureté de la bagarre que nous avons dû livrer."

Première question: pourquoi? Parce que chaque époque (musicale) a imprimé sa marque, en générant des modes (la Fils-de-Bach-mania à Londres dans les années 1780), en construisant des salles d'opéra plus grandes que les salles de concert des maisons bourgeoises ou des châteaux princiers, qu'il a bien fallu remplir grâce à des instruments plus puissants. Enfin, la notion d'esthétique propre à chaque époque prime.

Deuxième question: A-t'on une idée de l'esthétique de la fin du XIX ème. Oui et non.

Non, car nous ne possédons aucun enregistrement sonore aussi ancien.

Oui, car les traditions britanniques bien ancrées et considérées immuables ont perpétué une façon de faire, un "goût" jusque dans les années 1930. À titre d'exemple, en 1926 à Crystal Palace un concert réunit 3000 choristes pour donner le Messie de Haendel. En voici un calamiteux exemple.

 

 

Bien entendu, des opposants acharnés se sont exprimés à chaque époque. Un d'entre eux, célèbre: Hector Berlioz qualifiait la musique de Bach de "sotte et ridicule psalmodie".

Nous venons donc de survoler à grands traits, la situation. Voyons un peu plus en détail, les situations respectives qui ont amené le mouvement baroque moderne.

 

La canonisation et la perpétuation

Chopin, a joué François Couperin toute sa vie, Brahms s'est inspiré de Bach, a transcrit Bach (La Chaconne de la 2e partita pour violon transcrite pour la main gauche du piano), fait jouer Heinrich Isaac, Gabrielli. Ce sont des exemples de perpétuation des compositeurs anciens. Nous avons déjà vu l'exemple de Mendelssohn -Bach, de Mozart-Bach-Haendel. Voilà pour les compositeurs.

 

La pratique musicale.

Historiquement, au XIX ème, la musique ancienne est sur tous les fronts à l'exception notable de l'opéra, chasse gardée du couple Italie-Allemagne, tenants de la tradition classique.

L'exposition universelle de 1889 voit un célèbre pianiste, Louis Diemer, donner des concerts de clavecin dont un clavecin historique de Pascal Taskin. En 1895, il fondera la Société des Instruments Anciens.

 

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La musicologie n'est pas en reste: un des plus grands musicologues du XXe siècle Henry Prunières consacre pratiquement toute son œuvre à la "musique ancienne".

 

En 1894, est fondée à Paris, la Schola Cantorum (à ne pas confondre avec celle de Bâle) dont le but premier est de remettre en honneur le chant grégorien et Palestrina. De concerts de "musique ancienne" sont donnés chez la Princesse de Polignac. On y joue Monteverdi, Rameau.

 

Les instruments.

Nous avons vu que quelques rares interprètes, se signalent par l'utilisation d'instruments anciens. L'intérêt pour ces instruments, n'est pas mort: Le grand pianiste et compositeur Anton Rubinstein déclare que "les instruments anciens ont des couleurs non reproductibles aujourd'hui" (il parlait du piano).

 

Il faut savoir que le XIXe siècle a eu 2 types d'attitude dominante face aux instruments anciens: destruction-oubli ou transformation. Des inventaires après décès faits par des notaires indiquent que tel ou tel instrument sera détruit, n'ayant plus aucun intérêt. Combien de violons ou de violoncelles baroques seront définitivement transformés en instruments "modernes" (changement de l'inclinaison du manche, cordes métalliques. Combien de violes de gambe seront transformées en (mauvais) violoncelles. Des clavecins seront vidés de leur mécanisme pour être transformé en bar (j'en ai vu!!).

 

Le premier personnage important de notre histoire qui reproduit les instruments anciens et ne les réinterprète ni ne les massacre est Arnold Dolmetsch, déjà cité.

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Il commence par copier un clavicorde - instrument favori de J.S. Bach, puis des flûtes à bec dont l'usage s'était totalement perdu; il implique sa famille: sa fille Nathalie deviendra une référence en matière de viole de gambe, son épouse Mabel sera la pionnière de la redécouverte de la danse ancienne.

 

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Voici un enregistrement de Dolmetsch dans un prélude du Clavier bien tempéré de J.S. Bach

 

 

Un mot: Dolmetsch a toujours été imprégné de culture britannique qui laisse la part belle aux amateurs. Il s'est toujours revendiqué comme tel. On peut y voir une explication des "imperfections" de l'interprétation présentée.

Il dissémine son savoir faire, part aux USA où il fait fabriquer sans trop de succès des clavecins. Il initiera au clavecin nombre de musiciens, en particulier Ralph Kirkpatrick.

Une remarque à propos des instruments de Wanda Landowska. On a beaucoup dit qu'elle défendait la musique pour clavecin avec de mauvais instruments. Certes, mais elle a énormément voyagé, dans le monde entier et les conditions de transport de l'époque…

J'ai transporté à de nombreuses reprises un clavecin. Il s'agit d'un instrument d'une fragilité extrême pour ce qui est des instruments historiques ou leurs reproductions (un clavecin italien de 2,47 m de long pèse… 12 kg). Wanda avait demandé à Pleyel de lui construire un "tank-clavecin" (on a parlé de "boîte à punaises") qui ne craindrait pas les transports. Pour avoir approché un de ces clavecins, je peux confirmer que cette impression est réelle. Il faudra attendre les années 1950 pour voir des facteurs reproduire des clavecins historiques.

Secundo, la qualité des transferts vers les 33 tours à partir des 78 t, est d'une qualité assez médiocre, en particulier dans la série EMI References, un peu meilleure dans la série de Pearl.

Dès lors, la braise couve. Face à cette braise, la musique classique romantique du XXe siècle règne. Le XIXe siècle a considéré, globalement, la musique ancienne, non comme une succursale du romantisme ambiant, mais bien plus comme une "formalité idéalisée". Des enregistrements sonores très anciens, montrent, en particulier dans les pays latins une "contamination romantique poussée", donc classique pour l'époque. Ainsi va la première moitié du XXe siècle.

1908, le premier ténor de l'Opéra Comique, Léon Beyle, (ce n'est pas un gag,) enregistre des airs de Castor et Pollux de Rameau

 

 

 

Une rivale de Wanda Landowska, Violet Gordon Woodhouse nous en donne un exemple dans l'Andante du Concerto Italien de J.S Bach. Attention à ceux qui n'ont pas le pied marin, ça tangue, ça tangue…

 

 

 

Un dernier exemple: Les Chanteurs de la Chapelle Sixtine "noient" Palestrina. Mettez vos gilets de sauvetage. À noter parmi les solistes, la présence de Alexandro Moreschi, le dernier castrat chanteur.

 

Je donne ces exemples car ils montrent assez bien l'esprit de certains interprètes du temps. On joue des compositeurs d'antan, y compris avec des instruments d'époque, mais y appliquant l'esthétique ambiante.

Sous une autre approche esthétique, les dix premières années du XX è illustrent bien la braise évoquée.

Landowska fréquente les salons (Madame de Polignac), fondera une école de musique à Saint Leu la Forêt où elle réside (fréquentée par Ruggero Gerlin, Rafael Puyana (biographie en espagnol), Ralph Kirpatrick et donnera des concerts en communiquant énormément avec le public,

La Schola Cantorum de Paris donne des extraits du Couronnement de Poppée de Monterverdi

1904 le musicologue Alfred Einstein publie sa thèse sur la viole de gambe.

1905 Albert Schweitzer publie une biographie J.S. Bach

Quelques musiciens allemands, Christian Döbereiner, Paul Grumer, Eva Heinitz maintiennent le feu sous la marmite de la viole de gambe. August Weinzinger à la Schola Cantorum de Bâle achève le travail, en émancipant franchement le jeu de la viole de celui du violoncelle.

La Schola Cantorum Basiliensis est donc fondée en 1933. La même année Landowska enregistre la première version des Variations Goldberg.

Les années trente voient tout de même une médiatisation importante de la musique ancienne: la BBC retransmet les concerts organisés par Dolmetsch, les cantates de Bach sont diffusées à partir de Saint Thomas de Leipzig où Bach a travaillé par la WDR.

1935 Decca investit une somme colossale pour l'époque pour enregistrer Didon et Énée de Henry Purcell

Nadia Boulanger, en France est une grande prêtrese de la musique ancienne.

En 1941, Wanda Landowska, juive, doit quitter la France; s'installe aux USA où elle enregistre sa seconde version des Variations Goldberg en 1945.

Au début des années cinquante, un courant que je perçois "récupérateur" des "modernes" la "Nouvelle Objectivité" apparait.

Voici un exemple de cette approche dirigée par Gunther Ramin

 

 

C'est propre, carré, rien ne dépasse, mais quel ennui!! Le credo des tenants de cette école est l'absence de liberté de l'interprète, les instruments parlant à la place de celui-ci. L'austérité de l'interprétation serait équilibrée par la richesse des timbres instrumentaux. Le texte doit se révéler de lui-même au contact de l'instrument. En clair, on dégraisse le superflu, on tourne autour du sujet de manière à donner l'illusion d'un regard neuf, mais de fait: tendez-moi vos poignets et surtout vos oreilles que je vous menotte tout ça.

Un grand défenseur de cette tendance est Helmut Walcha. Entre 1947 et 1952, il enregistre tout Bach sur clavecin et orgue historiques en privilégiant la lecture sur les partitions originales.

Paul Hindemith souscrit aussi à cette école.

1950 Pour le bicentenaire de la mort de Bach (encore de la canonisation), Herbert von Karajan (je ne vous le présente pas celui-là) enregistre la Messe en Si mineur de Bach avec un orchestre pachydermique - une centaine de musiciens - dont 9 contrebasses tout de même, (pourquoi pas 8, pourquoi pas 10?); les cordes, le chœur d'une centaine de chanteurs (J.S. Bach en avait 17), les solistes chanteurs sont atteints d'une maladie de Parkinson: ils vibrent sans cesse,

Karajan n'est pas pire que les autres, il fait beaucoup, beaucoup parler de lui; c'est la raison pour laquelle je le cite. Il n'est pas de la "Nouvelle Objectivité", il est Karajan. Te ce n'est pas Bach.

Les vingt années à venir vont voir un immense travail de ré-appropriation des instruments anciens et de la manière de chanter. Nous allons le voir en parcourant quelques notes biographiques des "Maîtres" et le déroulé de l'histoire.

1950, encore, Gustav Leonhardt termine sa scolarité à la Schola Cantorum Basiliensis. Il n'a pas encore, à cette époque, touché aux instruments anciens. Il va devenir, avec les années, LA référence du clavecin baroque.

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Une petite note relative aux clavecinistes: majoritairement, ils sont aussi organistes.

Leonhardt enregistre son premier disque en 1950 sur un orgue historique (déjà) à Klosterneuburg en Autriche. Deux ans plus tard, il enregistre les variations Goldberg de Bach au clavecin. Il travaille à Vienne. Nous verrons l'importance de ce fait avec Harnoncourt.

En 1967, il joue le rôle de J.S. Bach dans le petit film de Jean Marie Straub "La Petite Chronique d'Anna-Magdalena Bach" d'après le livre éponyme, mais apocryphe.

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Le 18 mars 1949, un jeune anglais, Alfred Deller enregistre Henry Purcell avec un registre vocal totalement inouï à l'époque, la voix de contre tenor

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Ce timbre est tellement inouï que le musicologue Antoine Golea participant à la célèbre "Tribune des critiques de disques" à propos de Purcell qualifie Alfred comme suit:

 

 

1953 un violoncelliste autrichien Nikolaus Harnoncourt fonde, en compagnie de son épouse Alice, violoniste le Concentus Musikus Wien.

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Cet ensemble va marquer les vrais débuts du mouvement baroque (je sais que cette notion est discutée et discutable, mais l'histoire est continue et il faut bien choisir).

Harnoncourt a un antécédent sérieux: avec un groupe conduit par Josef Mertin, il tient la partie de violoncelle dans les Concertos Brandebourgeois.

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Les choix sont faits: compositeurs antérieurs à 1780, joués sur instruments anciens ou des reproductions très fidèles d'après les originaux des musées ou des plans d'époque (oui, il en existe encore), fidélité aux textes par l'utilisation de copies de partitions d'époque, refus de la rigueur académique, utilisation d'une altération du rythme (interdit, forbidden, verboten jusque-là), le rubato - altération du rythme par décalage temporel de certaines notes afin de jouer sur l'expression.

En 1954, le Concentus Musikus Wien, les Harnoncourt, Leonhardt, un violoniste qui joue du violon baroque et de la viole de gambe Eduard Melkus, un hautboiste suisse Michel Piguet s'unissent pour accompagner Alfred Deller dans un enregistrement des cantates BWV 54 et 170 de J.S Bach.

Leonhardt a dit, à propos de cet enregistrement, parlant de Deller: "Nous étions affreux, il était sublime".

Notons, que cette rencontre, dont le résultat atteint des sommets esthétiques, aurait pu être une catastrophe, au plan du résultat tant les approches "intellectuelles" sont différentes. En effet, Deller déguste les mots, repense l'expression en fonction de leur signification. D'ailleurs, il portait peu d'intérêt aux instruments et aux "originaux". Pourtant le résultat est là: inouï.

 

 

Un mot avant de progresser; cet enregistrement, et aucun des participants ne s'en réclame ou ne s'en est réclamé, est fondateur. En effet, on y trouve ce que l'histoire du "mouvement" illustrera par les différents courants de pensée: Deller représente l'école anglaise, Leonhardt l'école hollandaise, Harnoncourt et Melkus l'autrichienne et le hautboïste suisse représente la Schola Cantorum de Bâle.

1954, encore, le musicologue anglais Thurston Dart publie "The interpretation of early music"

Parallèlement, Paul Hindemith, ce n'est pas un baroqueux mais un tenant de la "Nouvelle Objectivité", recrée l'Orfeo de Monteverdi, joué sur instruments anciens: simple, Monteverdi donne des indications très précises de l'instrumentarium de la partition originale.

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1954 la WDR, une station de radio de Cologne confie à August Wenzinger la direction de la Cappella Coloniensis, pour enregistrer les concertos de Corelli sur instruments anciens.

Joel Cohen, musicologue américain découvre une collection importante d'instruments anciens pourrissait dans les sous-sols du musée des Beaux-Arts de Boston. Il fonde la Boston Camerata.

La mèche de la mise en lumière des instruments anciens est allumée.

Mais…

1955 Allumez vos répondeurs téléphoniques: L'ensemble italien I Musici enregistre les Quatre Saisons de Vivaldi. Les Musici jouent sur instruments modernes et pas baroque du tout. Énorme succès discographique, Vivaldi devient un compositeur populaire, mais on est loin, loin du mouvement baroqueux: c'est sirupeux, le caramel coule, ça vibre: tout pour plaire.

Heureusement, la même année, Leonhardt fonde son consort.

1960 Consécration du disque microsillon. Telefunken lance la collection "Das Alte Werk" entièrement dédiée aux enregistrements de musique ancienne, avec les canons nécessaires.

1962 Création de l'ensemble Collegium Aureum de Franzjosef Maier, très grand violoniste baroque.

Les années soixante voient petit à petit disparaître le goût "mélodiste" et l'écoute du public s'éveille peu à peu aux timbres jusque-là inouïs.

1962 Gustav Leonhardt publie son premier enregistrement de Froberger sur un clavecin Ruckers.

Les orgues: Une bande d'amis se réunissent à Saint Maximin dans le Sud de la France. Pourquoi? L'église recèle des orgues historiques. Michel Chapuis y donne des concerts dans une académie d'été. Un grand amateur d'orgues Bernard Coutaz fonde alors une maison de disques Harmonia Mundi qui enregistre les concerts donnés. La diffusion se fait sur un mode "nouveau". Les spectateurs bénévoles vendent les disques autour d'eux. Étonnamment, ça marche.

1962 Geneviève Thibaut, Comtesse de Chambures est nommée à la tête du Conservatoire Musical de Paris.

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Elle fonde un atelier de restauration de clavecin qu'elle confie à Frank Hubbard et organise des cours d'organologie. Les cordes ne sont pas en reste puisque leur restauration est confiée à Pierre Jaquier.

Sa biographie succincte montre l'intérêt constant qu'elle porta à la musique ancienne.

À l’âge de 14 ans, elle réunit toutes ses économies pour acheter une partition originale “Atys de Lully”, aux armes de Louis XIV. Après avoir obtenu une licence de lettres elle publie un mémoire sur "John Dowland, poet and musician.".

Elle rencontre, en 1928, un militaire en retraite, Georges Le Cerf avec qui elle fonde la Société de Musique d’Autrefois. Elle acquiert sa collection de 258 instruments, un orgue et 25 archets, probablementen1929.

Tout au long de sa vie, elle enrichira cette collection, tout en permettant aux musiciens d’y accéder: Le premier instrument qu'elle ait jamais prêté a été un violoncelle, qu'elle confiera en 1953 à un certain Nikolaus Harnoncourt!!! Elle confia à Jordi Savall une basse de viole anonyme, française du XVIIIème avec laquelle il enregistrera Caix d’Hervelois. Elle prête des clavecins, et toute sorte d'instruments.

Elle organise l'Exposition "Les instruments de musique au XVIIIe siècle: France et Grande Bretagne" qui tourne dans vingt villes en France et en Angleterre. Dans cette exposition non seulement instruments et partitions originales sont montrées, mais des concerts ont lieu chaque jour.

 

 

Sigiswald, Wieland Kuijken et Robert Kohnen, jouent ici les Pièces de clavecin en concert de Rameau avec des instruments de l'exposition.

 

 

Trevor Pinnock joue le clavecin historique de Collesse

À sa mort, le dernier jour de l'exposition, elle laisse plus de 700 instruments, d'innombrables documents originaux.

Elle avait aussi contribué largement à la constitution du CIMCIM Comité International des Musées et Collections d'Instruments de Musique.

1964 Harnoncourt enregistre les Concertos Brandebourgeois, 2 ans plus tard la Passion selon Saint Jean et en 1970 les tenants du classicisme sont définitivement assommés: les baroqueux ont osé, ils ont touché à un monument, la passion selon Saint Matthieu qu'Harnoncourt enregistre aussi.

 

 

Entre 1965 et 1970 la "prise de pouvoir" se renforce par les enregistrements et concerts incessants de musique vivante, qui jouent les instruments anciens, dans des textes d'origine, avec des articulations franches et non sirupeuses on voit disparaître le vibrato systématique, on laisse s'exprimer les timbres et le sens de cette musique.

Très étonnamment, les experts s'accordent pour dire qu'on assiste à un éloignement du public de la musique contemporaine. Comme si…

Un tour d'horizon des ensembles et solistes en 1966 aux USA et en Europe permet de constater que l'Allemagne, les Pays-Bas, la Belgique et les USA ont adhéré au mouvement. En France et en Angleterre peu de choses ou rien.

En France, Jean Claude Malgoire créée en 1966 la Grande Écurie et la Chambre du Roy, mais ne joue pas sur instruments anciens car peu ou pas de musiciens ont cette pratique.

En 1964 deux des 3 frères Kuijken Sigiswald, violoniste et violiste, Wieland violoncelliste et violiste, fondent avec Robert Kohnen claveciniste, en 1964, l'Ensemble Alarius de Bruxelles, puis seront en 1972 à la base de la création de "La Petite Bande". Le premier enregistrement de cet ensemble sera consacré à la musique de Lully pour le "Bourgeois Gentilhomme".

Avant d'y parvenir, "Sigi" réinvente le violon baroque

 

 

Sigi, joue sans mentonnière, en posant le violon sur l'épaule avec des cordes en boyau.

En1967,un génial flûtiste anglais David Munrow créé the Early Music Consort of London, plutôt orienté vers les musiques antérieures à la période baroque. On trouve dans cet ensemble des gens qui seront les piliers du mouvement en Angleterre quelques années plus tard, à savoir:

 

Munrow est avec Franz Bruggen, René Clemencic à la base des générations de flûtistes à bec

1969 Harnoncourt défriche l'Orfeo de Monteverdi.

 

 

Enfin, à partir de 1971, Harnoncourt et Leonhardt se partagent l'enregistrement de l'Intégrale des Cantates de Bach

Puis se créent

Retour en France. Rien, toujours rien au plan ensemble orchestral. Malgoire s'essaie au Rinaldo de Haendel: c'est un bide commercial parce qu'il n'y a pas de bon musicien baroque français. Une raison simple à cela. Si on ne possède pas la nationalité française, on n’a pas le droit d'enseigner dans les conservatoires. Circulez, pas cheu'nous Môssieu!!

Pour illustrer ce propos, quelques mots sur un génie du clavecin: Scott Ross

Scott, né américain arrive en France en 1964, âgé de 13 ans (Il y mourra en 1989). À 14 ans il prend ses premiers cours d'orgue avec la grande figure de Saint Maximin, Michel Chapuis. Arrivé à 18 ans au Conservatoire à Paris, il stupéfie ses professeurs le découvrant jouer le Fandango du Padre Antonio Soler. (La video que je vous propose date de la fin de la vie de Scott, mais cette interprétation est… foudroyante). Il enregistrera une bonne partie de Bach, tout Rameau, tout Couperin, tout Haendel, tout Scarlatti.

Scott adorait la France, y vivait, était… intégré, disponible, mais s'est toujours vu refuser l'entrée à des postes d'enseignement officiels au prétexte qu'il n'était pas français. Pendant ce temps-là, les clavecinistes partaient qui à Bâle, qui à La Haye…

1977 2 événements discographiques: l'enregistrement des Pièces pour la flute traversière de Michel de La Barre par Stephen Preston (flûte), Jordi Savall (basse de viole), Hopkinson Smith (théorbe) et Blandine Verlet (clavecin). Important parce qu'il s'agit, historiquement des premières pièces composées pour cet instrumentarium.

 

 

La même année, le violoncelliste hollandais Anner Bijslma enregistre sa première version des sonates pour violoncelle seul de J.S. Bach. Sa seconde version reste une somme encore insurpassée.

Un événement va profondément changer le cours des choses: le concert de la Passion selon Saint Matthieu de Pâques 1980, déjà cité, fait intégrer à tout un monde de mélomanes ce mouvement. Cette passion est incandescente et laissera des traces dans le mental de tout ceux qui l'ont entendue.

1982 Savall enregistre 11 fois, Emma Kirkby 23, Pinnock et The English Concert enregistrent les 4 Saisons de Vivaldi… ça marche pour le mouvement baroque.

Et… Et… En 1982… Oui, ça y est, le temple de l'Opéra Classique, le Festival d'Aix donne un opéra de Rameau "Les Boréades" avec The English Baroque Soloists sous la direction de Gardiner. Triomphe.

L'année d'après, mais pas du tout du tout baroque (quand je vous disais que Gardiner hum… - instruments, textes, esprit…). Les solistes chanteurs n'ont AUCUNE formation à la déclamation baroque Jessye Norman et José Van Damm.

Voilà, nous y sommes, le mouvement baroque est devenu surpuissant et reconnu. Il faut dire, qu'en France, France Musique avec Jacques Merlet animateur infatigable autour du monde du baroque, la renommée s'est construite. Jacques génère autour de lui des événements, fait entendre des solistes et des ensembles venus des quatre coins de la terre.

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En Allemagne, des ensembles se créent, sans cesse:

Parmi les plus connus.

Enfin, en 1987, consécration mondiale pour un concert réalisé en France, avec un orchestre français, mais dirigé par un chef américain, des solistes majoritairement hexagonaux, une œuvre d'un compositeur francisé, italien d'origine: Lully. Il s'agit d'Atys.

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Bien sûr, maintenant que le mouvement a conquis ses lettres de noblesse et la notoriété, il lui faut se maintenir.

L'Italie soutient l'activité avec Fabio Biondi et son ensemble l'Europa Galante, Il Giardino Armonico dont les fondateurs sont des élèves d'Harnoncourt. À propos de cet ensemble, je te tiens à dire qu'ils ont bien renouvelé le répertoire du répondeur téléphonique

L'esthétique de ces ensembles italiens est à l'opposé des choix anglais. Là où les Anglais sont… anglais, fins, délicats, parfois un peu trop discrets, les Italiens sont exubérants, les tempi sont d'une vivacité extrême, les timbres d'une franchise inégalée. Bref, arrivant après, ces ensembles italiens supplantent petit à petit les ensembles anglais.

En 1987, Savall qui a enregistré nombre de CD de violes et de musiques de petit ensemble avec Hesperion XX créée, avec son épouse Montserrat Figueiras, la Capella Reial de Cataluniya. La première prestation de l'ensemble est consacrée à un musicien catalan peu connu Joan Cererols. Bingo: succès mondial.

À partir de 1992, le mouvement débute à mon sens, juste après le phénoménal succès de Tous les Matins du Monde, un lent reflux: il s'attaque aux musiques et compositeurs postérieurs aux fils de Bach. Des enregistrements douteux de Beethoven (Andrew Parrot), Schubert etc.. font perdre au mouvement son âme.

Les chefs Harnoncourt en tête, Herreweghe, Bruggen, se mettent à diriger des œuvres pour lesquelles les canons du baroque n'ont, à mon avis aucun intérêt: je me moque d'entendre Beethoven sur instruments anciens avec les tempi annotés de la main de Beethoven. J'aime pas Beethoven!!!

Bien sûr, les cours d'interprétation se sont multipliés dans le monde entier.

 

 

Alfred Deller à Lacoste, donne un cours d'interprétation.

Aujourd'hui, qu'est devenu ce mouvement?

On peut sans risque d'erreur, dire que la majorité du répertoire intéressant a été remis en lumière, que de multiples approches en ont été réalisées. On peut aussi féliciter les facteurs d'instruments, d'avoir su reconstituer avec la plus grande fidélité les clavecins, violons baroques, violes de gambe, violoncelle, hautbois, bassons, clarinettes, orgues, flûtes. Les traités de l'époque ont été réédités.

Nous avons de nouveaux bons interprètes: Pierre Hantaï, par exemple, mais rares sont ceux qui me surprennent. Je vous ai déjà dit tout le bien que je pensais de Paolo Pandolfo

Pour ce qui est de l'enseignement, il est pratiquement fondu dans l'enseignement classique. On peut aujourd'hui, apprendre les 2 techniques de violon, mais "tellement pas bien", à mon sens; il faut s'en contenter.

Que reste-t-il?

Les radios: France Musiques conserve une seule émission: "Les enfants du baroque" dont le producteur Gaëtan Naulleau est un très fin connaisseur.

Une radio sur Internet www.1.fm diffuse de très beaux enregistrements, sans interruption avec quelques rares pubs.

Les concerts? La revue des principaux concerts de musique classique sélectionnés par le journal "Le Monde" le 10 janvier 2009 n'indique que la "Folle Journée de Nantes consacrée à Schütz et Bach, pour les six premiers mois de 2009. Les radios ne diffusent pratiquement plus rien. Heureusement, il me reste mes chers enregistrements.

Nous étions pionniers à l'oreille naïve, il y a 35 ans. Merci, tant de mercis à tous ceux qui les ont remplies de musiques, de timbres, de bonheur et d'émotions.


46 commentaires
1)
Saluki
, le 06.02.2009 à 00:13
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Que du Bonheur. J’ai une heure de train demain de bonne heure entre Paris et Lille pour me déguster ça. Merci.

2)
Okazou
, le 06.02.2009 à 07:05
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Superbe contribution, ysengrain, comme on aimerait en lire plus souvent !

Et tu n’oublies pas grand monde du petit univers baroqueux. Gesualdo, tout de même. Jusqu’à citer Jean-Marie Straub le maudit. Je partage le persiflage concernant Gardiner.

La culture populaire, c’est ça et c’est beau.


Un autre monde est possible.

3)
Marc2004
, le 06.02.2009 à 07:49
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Bigre! Quel article! C’est la classe…

Cuk devient “Cuk université”

Et c’est plutôt intéressant… Bravo.

4)
François Cuneo
, le 06.02.2009 à 08:22
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Un des copains avec lequel j’ai fait le plus de musique et qui est prof de musique a fait un mémoire si je ne me trompe pas sur Bach et le rock, prétendant que Bach était le premier rocker de l’histoire.

D’ailleurs dans Baroque, il y a…?

Merci pour cet article!

5)
ysengrain
, le 06.02.2009 à 08:35
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@ Okazou: c’est vrai, j’ai oublié Gesualdo, mais il faut dire qu’il y avait tant de matière à traiter, d’une part, d’autre part, le premier enregistrement a été fait par Alfred Deller et le Deller Consort, et n’était vraiment pas terrible.

@François, c’est vrai dans Baroque, il y a ba ;->>>

6)
Caplan
, le 06.02.2009 à 09:26
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Un des copains avec lequel j’ai fait le plus de musique et qui est prof de musique a fait un mémoire si je ne me trompe pas sur Bach et le rock, prétendant que Bach était le premier rocker de l’histoire.

Quand on écoute ça, on se dit qu’il n’a pas tout tort, ton copain!

Merci Ysengrain pour cet article encyclopédique!

Milsabor!

7)
alec6
, le 06.02.2009 à 09:39
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Roboratif !
Merci Ysengrain d’étendre ma culture baroque. J’étais étonnamment en train d’écouter la Diane de Fontainebleau d’Henri Desmaret en découvrant ton article.

9)
coacoa
, le 06.02.2009 à 09:51
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Woaw, superbe article ! Merci beaucoup.

J’aime beaucoup la musique baroque depuis mon émerveillement devant une représentation de “La Calisto” de Cavalli dirigé par René Jacobs à la Monnaie, Bruxelles. J’avais alors enchaîné avec une représentation sublimissime de “L’Orféo” de Monterverdi, mis en scène par Trisha Brown, un miracle (le même Jacobs à la direction).

A la médiathèque de Bruxelles, j’ai alors découvert le rayon “Musique baroque”. Depuis, suis accro.

10)
Kermorvan
, le 06.02.2009 à 09:55
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Bel article ! Merci !

Je ne comprends pas pourquoi il a été refusé quelque poste à Scott. Il me semble que, du fait du président Georges Pompidou, après 1968, l’université non seulement avait le droit d’embaucher des étrangers comme professeurs associés, mais encore pouvait-elle les titulariser.

11)
ysengrain
, le 06.02.2009 à 10:20
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Caplan, François Je n’ai pas cité un excellent chanteur, haute contre, ancien élève de Deller, Gérard Lesne qui a une autre corde à son arc que la musique baroque: il est fou dingue de rock and roll, jusqu’à avoir fondé un groupe où il chantait (plus maintenant je crois, mais je lui demanderai) appelé …MadLesne !!

@ Coacoa L’Orfeo par Jacobs et Trisha Brown … quel bonheur, un peu comme tout ce à quoi touche René depuis qu’il est chef. Ce type qui a été un chanteur exceptionnel s’est arrêté brutalement de chanter, sauf quand il accompagne au clavecin les élèves de la Schola à Bâle, pour devenir un chef d’orchestre d’une extrême délicatesse. Chapeau bas.

@ Kermorvan: Les conservatoires ne fonctionnent pas, je crois, sous le même régime que les universités, en France au moins. Et puis, il faut savoir que Scott était un génie absolu, d’une intelligence supérieure, qu’il faisait un peu peur: je me souviens d’un concert au Conservatoire de Paris, où il commence à jouer une pièce, s’arrête brutalement, se lève, quitte la scène; on entend quelque pas, une porte claque. Et puis, il revient en souriant et dit: “il y avait un p’tit courant d’air”. Enfin, ses tenues vestimentaires, baba cool à fleurs ont un peu fait tousser les braves gens qui n’aiment pas que …

12)
Kermorvan
, le 06.02.2009 à 11:01
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À propos des postes universitaires: il est vrai que les universitaires aiment beaucoup les lèche-bottes.

13)
jdmuys
, le 06.02.2009 à 13:33
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Merci Ysengrain pour ce bel article, qu’il puisse communiquer l’amour ce cette musique à tous les lecteurs de Cuk.

Je l’aime depuis assez longtemps. Ainsi j’ai vu le fameux Athys de Lully par Christie et les Arts Florissants, en 1987 à l’Opéra Comique. Evoquer ce souvenir remue encore en moi ces émotions jamais totalement éteintes.

Par contre parfois je pleure, comme cette semaine encore devant les Vèpres de Monteverdi massacrées au théâtre du Chatelet avec par surcroît une mise en scène prétentieuse et pédante. A tel point que j’ai déjà mews billets pour ces mêmes vêpres par (à nouveau) William Christie à la salle Pleyel au mois de juin prochain.

Quand j’étais adolescent, je n’aimais pas vraiment. Je préférais la musique romantique. Et plus je prends de l’âge (quadra bien sonné), plus j’aime ces musiques riches de contre point. Elles m’apportent une paix de l’âme que jamais les romantiques n’ont pu m’apporter

14)
Blues
, le 06.02.2009 à 13:36
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WoooauH trop fort !… quel article, bonjour la documentation …pas le temps maintenant. J’suis pas un spécialiste du genre (je préfère le “haut-rock”) mais là je vais me faire plaisir ce soir @home et combler mes lacunes.

15)
Soheil
, le 06.02.2009 à 14:58
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Merci Ysengrain pour cette bouffée d’oxygène qui nous rappelle que le plaisir d’écouter de la musique baroque n’allait pas de soi il n’y a pas si longtemps, et que les musiciens à qui nous le devons n’ont pas toujours fait l’unanimité (loin de là). La musique baroque, mais aussi la musique ancienne — la redécouverte du répertoire franco-flamand du 15e siècle a, me semble-t-il, bénéficié du courant “baroqueux” tout autant que la musique baroque proprement dite ( je dois de belles découvertes, entre autres, à Paul van Nevel).

Merci aussi pour ce moment d’anthologie extrait de la Tribune des critiques de disques — à mourir de rire. Antoine Goléa n’était pas seulement un violoniste raté, comme il aimait à dire, c’était aussi, je crois, un comique qui s’ignorait.

16)
Madame Poppins
, le 06.02.2009 à 16:29
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Merci Ysengrain : tu me fais découvrir que les voix qui m’ont toujours touchée très fort sont en réalité des contre ténors. J’ai adoré le bref extrait chanté par Alfred Deller.

Je trouve aussi très belle la photo de Nikolaus et son épouse Alice.

Pour le surplus, si j’apprécie lire des articles aussi fouillés que le tien, je constate quand même toujours que la lecture marque moins mon cerveau que la musique mon oreille et que pour moi, rien ne vaut le “je découvre sur le tas et parfois par hasard”.

En tout cas, bravo et merci pour ton énorme travail : une fois de plus, on sent la passion qui t’habite !

17)
Iris
, le 06.02.2009 à 16:39
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Merci Ysengrain, pour cet article si touffu! Moi aussi, je suis fan des harmonies baroques sur les instruments anciens.

Ne pas oublier Michel-Richard De la Lande, le successeur de Lully à la cour de Louis XIV, qui a également de belles pièces.

Chaque année, je fais une petite animation musicale avec mes élèves (10 ans) qui jouent des percussions sur Les Soupers du Roy de De La Lande. J’adore voir la tête des parents quand ils découvrent ce que leur gamin joue ;-)

Pour ceux qui habitent dans la région lausannoise, il y a justement un récital de luth ce dimanche 8 février à la galerie du Pressoir à Ecublens. Le musicien, Haïm Shazar,est très bien et a déjà enregistré quelques CD. Le concert est gratuit, collecte à la sortie.

18)
marcdiver
, le 06.02.2009 à 18:58
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Magnifique article…

Par contre plus j’avance en âge (bon d’accord, j’ai encore le temps), plus j’ai de la peine à adhérer à ceux qui disent que Bach est le premier rocker ! J’attends qu’on me le démontre, mais ça me paraît totalement divergent comme musique !

19)
Okazou
, le 06.02.2009 à 19:29
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« J’ai adoré le bref extrait chanté par Alfred Deller. »

C’est le sublime Music for a while de Purcell. Tu le trouveras chez Harmonia Mundi en compagnie d’une autre perle Ô solitude interprétés tous deux, outre Alfred Deller, par Wieland Kuijken à la basse de viole et William Christie au clavecin. Deux grandes pièces classiques du baroque.

20)
Okazou
, le 06.02.2009 à 19:43
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« Par contre plus j’avance en âge (bon d’accord, j’ai encore le temps), plus j’ai de la peine à adhérer à ceux qui disent que Bach est le premier rocker ! »

Ce serait en effet plutôt le premier jazzman. On est très loin du rock avec Bach.

21)
aladdinsane
, le 06.02.2009 à 20:13
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Merci Ysegrain pour cet article, Je suis moi-même une baroqueuse, adepte de Harnoncourt et Leonardt pour ne citer que les plus connus !

Cela remonte à loin et bien que j’aie découvert depuis d’autres styles de musique, mon goût pour la musique baroque ne cesse de renaître, comme s’il était plus fort avec le temps… (pas sûr que mes émotions soient plus fortes, même si elles me transcendent comme pour la première fois à chaque écoute).

J’ai découvert récemment un interprète qui, à mon sens, sait exprimer toute la vitalité et le “swing” de Bach (peut-être avez-vous, par ce dernier terme, déjà compris de qui je parle !) : le français David Fray.

J’ignore s’il se définit comme un baroqueux, mais son interprétation de Bach ne trahit en rien les maîtres tout en la renouvelant totalement.

22)
marcdiver
, le 06.02.2009 à 20:14
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ah… merci Okazou ! En fait ce n’est pas que je veuille contredire ce genre d’affirmation, mais j’attends qu’on me le démontre…

23)
Matkinson
, le 06.02.2009 à 21:22
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Bonsoir ! Première fois que je contribue, et pourtant je viens tous les jours… Je confirme pour Scott Ross, il était génial, et je me régale toujours depuis plus de 10 ans à l’écouter en boucle (les Partitas de Bach sont juste…… sublimissimes). En revanche, c’est extrêmement difficile de trouver des enregistrements vidéo de lui. Je n’en connais que 2 pour le moment : l’enregistrement dans lequel figure le Fandango de Soler, et un “cours” dans la Villa Medicis pour une série musicale (c’était pour Arte je crois). “Cours” parce que vu le niveau des élèves, c’était déjà hors de portée pour beaucoup d’interprètes non-professionnels. Quelqu’un sait s’il y a d’autres enregistrements ?

24)
ysengrain
, le 07.02.2009 à 09:47
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Soheil Bien sûr qu’il va de soit que le courant baroqueux nous a refait découvrir les interprétations de la musique franco flamandes du XV ème.

Antoine Golea était passionné, c’est sa seule excuse.

@ Okazou: Wieland m’a raconté l’enregistrement du disque “O Solitude”. Il s’agissait outre l’aspect artistique de réunir des grands noms du baroque du moment. Le boss d’Harmonia Mundi, qui avait son mot à dire sur ce qu’il publiait. il a donc imposé cette réunion hétéroclite Deller, William Christie qui abandonnait déjà peu à peu le clavecin pour se consacrer uniquement aux Arts Florissants, et Wieland Kuijken. Dès le début, Deller a dit: “on ne fera qu’une prise”. Tout ce disque est donc l’enregistrement de la seule prise réalisée après quelques répétitions. C’est dire le niveau hyperpro.

@ Matkinson: Je connais une autre video de Scott ici

@aladdinsane la sensibilité musicale ne cesse de m’étonner. Comment pouvez-vous vous dire adepte d’Harnoncourt et Leonhardt et apprécier David Fray dans Bach !! Il joue du piano, instrument que Bach n’a pas connu, avec un orchestre (de Brême) d’une épaisseur, d’une lourdeur, aux coups d’archets de type “je t’en mets une plus grosse tranche ou t’en veux deux”. Je vous concède que David Fray fait des efforts pour alléger son jeu, mais vous comprendrez que frapper comme le fait un marteau de piano équipé d’un étouffoir, la corde, ne peut être comparé au son d’une immédiateté totale, corde pincée, d’un clavecin. Quant à la sensibilité musicale, j’apprécie beaucoup Pablo Casals, pas baroqueux du tout, … quoique !!

25)
Inconnu
, le 07.02.2009 à 10:52
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Pour info, un petit reportage photographique effectué par l’un de mes amis lors d’un festival de musique ancienne, histoire de montrer en images à quoi ressemblent les instruments en usage…

26)
aladdinsane
, le 07.02.2009 à 11:15
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@Ysengrain : Je m’explique. Mes motifs ne vous convaincront peut-être pas et je ne prétend pas que Fray est littéralement fidèle à l’esprit baroque (ne serait-ce parce que le piano déforme les morceaux). Je préfère largement l’interprétation de Leonhardt des Goldberg Variations que celle de Gould (en fait, celle de Gould ne me touche pas tellement – j’y reconnais l’art et la technique, mais j’ai peu d’émotions).

J’arrive à notre objet : L’un des morceaux que je préfère dans les Concertos pour clavecin de Bach est l’allégro en G mineur, BWV 1058. J’ai d’abord connu l’interprétation de Leonhartd dirigé par Harnoncourt. J’écoutais cet album en boucle quand j’étais adolescente. J’ai écouté depuis quelques autres interprétations de ce concerto (au piano) et elles ne me plaisaient pas du tout, car je n’y retrouvais pas l’esprit que j’aimais tant. Et c’est que je retrouve dans celle de Fray : la pureté, le sublime que je n’entendais que chez Leonhardt. Pour une fois, le piano n’altère pas l’harmonie du morceau, à mon sens.

J’espère que vous comprendrez mon point de vue, qui ne me semble pas étrange !

27)
aladdinsane
, le 07.02.2009 à 11:30
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En relisant ma réponse, je me suis aperçue qu’il est plus pertinent de dire que le plaisir que je ressens à écouter l’interprétation de Fray des Concertos (“pour piano”) ne porte pas seulement sur cette série en sol mineur, mais à l’ensemble de l’album ! (que j’ai mis lorsque je rédigeais ma réponse).

28)
ysengrain
, le 07.02.2009 à 11:45
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@ aladddinsane Allez en paix, je vous absous. Je sais être atteint d’une infirmité grave: la surdité à ce qui n’est pas interprétation baroque. J’affirme, très haut avoir fait des efforts désespérés pour “entendre” les “autres”. Un de mes patients est un ancien prof de fac, admirable, qui sait me parler musique comme peu savent. Il me dit régulièrement “refuser de quitter ce monde tant que vous n’apprécierez pas les Quatuors de Bartok, Docteur”. J’ai écouté, ré-écouté, mais je m’ennuie tellement.

Et puis, dès qu’il s’agit de sensibilité musicale …

@ Jean-Christophe Courte Merci et ;-)))

29)
soizic
, le 07.02.2009 à 17:37
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Un bonheur , ton article ! Félicitations pour le travail…

Tu m’as fait comprendre pourquoi j’ai découvert brutalement la beauté du clavecin avec Scott Ross (avant lui je n’aimais guère cet instrument).

Et je me souviens d’une réflexion impertinente de mon frère qui me prêtait les saisons de Vivaldi par Harnoncourt (qui venait juste de les enregistrer) : “Attention, par moment on sent qu’il a peur de louper son train !”

Bref tous ces musiciens ont fait un beau travail de nettoyage.

30)
soizic
, le 07.02.2009 à 17:37
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Un bonheur , ton article ! Félicitations pour le travail…

Tu m’as fait comprendre pourquoi j’ai découvert brutalement la beauté du clavecin avec Scott Ross (avant lui je n’aimais guère cet instrument).

Et je me souviens d’une réflexion impertinente de mon frère qui me prêtait les saisons de Vivaldi par Harnoncourt (qui venait juste de les enregistrer) : “Attention, par moment on sent qu’il a peur de louper son train !”

Bref tous ces musiciens ont fait un beau travail de nettoyage.

32)
aladdinsane
, le 08.02.2009 à 09:05
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@Kermorvan : merci pour ce lien, je vais aussitôt après ce message l’installer et chercher ces vidéos (et d’autres !)

@Ysengrain : j’ai, comme vous, essayé et réessayé d’apprécier les partitions modernes célèbres et considérées comme géniales, mais il n’y a rien à faire, ça m’ennuie ! (voilà aussi pourquoi j’ai cité Fray, qui m’a “bluffée” !).

Lorsque j’ai cité Glenn Gould, j’ai dit qu’il me touchait peu. En fait j’avais encore des scrupules à affirmer mon ressenti, qui est totalement négatif : ça m’ennuie mais alors ! comme ça m’ennuie … Mes scrupules viennent qu’il est considéré comme un génie alors que je ne suis qu’un petit insecte du monde de l’art, cela me semble donc présomptueux d’affirmer haut et fort ma pensée (mais cette discussion, visiblement, me libère).

Pour finir sur Fray et en rapport à ce que certains disent de Bach comme premier rockeur : il est, à mon avis, monstrueux de dire que Bach est le premier rockeur – comparer Bach à une musique de bof et de machos, quelle horreur ! attention, je n’aime pas que le baroque, j’aime beaucoup un certain type de musiques électroniques – l’électro. Par contre, j’apprécie l’interprétation “swing” de Fray : moi-même je trouvais Bach dansant et dynamique et je rêve d’une telle interprétation sur instruments baroques.

33)
levri
, le 08.02.2009 à 11:04
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Depuis tout petit j’ai toujours eu un problème avec les classements, aussi me suis très tôt limité à deux catégories, les musiques que j’aime, et celles que je n’aime pas. :P

Enfant, j’avais une certaine affection pour Lully, et j’adorais le timbre du clavecin et autres instruments bizarres, serais je sans en avoir conscience un “baroqueux” ?

Il me semble qu’une grande partie de l’intérêt des instruments anciens vient de leur richesse harmonique et de leur relative imprécision dans la “précision du son” par rapport aux instruments modernes. Les musiciens avaient plus de latitudes pour “jouer” avec leur instrument et le faire chanter, à l’époque les partitions étaient elles jouées avec le respect dû à un texte sacré, où les musiciens pouvaient ils les interpréter en ajoutant quelques fioritures selon leur ressenti personnel ?

Sur un lien fourni en commentaire on voit des micros devant les instruments, cela ne frise-t-il pas l’hérésie de jouer ces instruments amplifiés ?

Je ne prends pas plaisir à écouter ce type de musique sur CDs, envolée la richesse harmonique des timbres anciens, il me reste quelques vinyles, The complete works for harsichord de Purcell, interprété par Zuzana Ruzickova, la même avec Josef Suk jouant les huit sonates de Händel, Teleman par l’ensemble Rameau, et quelques autres trucs dans le genre, rangés dans le même bac que la musique renaissance …

@ aladdinsane : le rock est “une musique de bof et de machos”, pourtant ton nick reprend le nom d’un album commis par un chanteur de pop-rock, non ? Tu aimes l’électro, la soupe actuelle ou les vieux machins à la Terry Riley ou même les expérimentations de la Kosmiche Musik Allemande du début des années septante ?

J’écoute When The Music’s Over des Doors sur l’album Live In Pittsburgh 1970

34)
ysengrain
, le 08.02.2009 à 16:47
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Il me semble qu’une grande partie de l’intérêt des instruments anciens vient de leur richesse harmonique et de leur relative imprécision dans la “précision du son” par rapport aux instruments modernes. Les musiciens avaient plus de latitudes pour “jouer” avec leur instrument et le faire chanter, à l’époque les partitions étaient elles jouées avec le respect dû à un texte sacré, où les musiciens pouvaient ils les interpréter en ajoutant quelques fioritures selon leur ressenti personnel ?

C’est exactement ça? ET c’est aussi pour cette même raison que je suis farouchement opposé à la récup’ que font les conservatoires qui enseignent maintenant les “2 manières”. La musique dite ancienne et ses instruments ont leur spécificité qui ne PEUT pas en passer par le perfectionnisme “conservatorien” enseigné et emprunté au XIX ème siècle.

@ aladdinsane

Ce qui est intéressant chez Gould réside dans sa manière peu orthodoxe (cf ci dessus) de faire dialoguer les 2 mains. Jamais le XIX ème siècle “empianoté” jusqu’aux amygdales, à ne plus pouvoir respirer n’a laissé la moindre chance à la main gauche. Alors que, par exemple chez Bach, c’est l’essence même de la composition. Quant à Fray, oui il swingue – en clair, il a compris qu’il faut jouer des notes inégales, mais où est le sentiment, où est la fragilité de l’équilibre que citait Levri ?

35)
aladdinsane
, le 08.02.2009 à 19:05
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@Ysengrain : justement, comme il aurait été absolument génial que Gould joue du clavecin… Quelle frustration !

Et vous pointez du doigt ce qui ne va pas chez Fray, comme dans toute interprétation pianistique actuelle : (je dis “actuelle” par optimisme : peut-être qu’un jour… bien que cela tienne à l’instrument de sorte qu’il semble impossible qu’un interprète dépasse cette limitation). Le baroque par essence est une musique de la faille, de l’abîme des passions, de la tension : tout se joue sur un fil… et le piano échoue à le rendre.

@ Levri : j’adore les Doors ! Et je ne me contredis pas : c’est par provocation que j’ai écris que le rock est une musique de bof – à demi provocation, car je pense que certains artistes rock ont composé de grands albums, très grands : Doors, Hendrix, premiers albums des Rolling Stone, etc. Quoique je n’en ajoute très peu d’autres ! Bob, bien sûr !

Mais Bowie n’est pas un rockeur, quoiqu’on ait tendance à identifier rock et pop : la pop s’est justement construite par opposition au rock. Bowie était abhorré par les rockeurs au début des années 70. Quant à l’électro, c’est une grande musique : c’est le seul courant populaire dans lequel je retrouve la transcendance et la spiritualité du baroque. Je connais suffisamment de compositeurs électros qui se retrouvent dans le baroque, justement, ou plus généralement dans la “grande musique”… Mais il y a électro et électro : j’ai la chance d’être initiée aux très bons compositeurs, ceux qui portent le courant mais qu’on n’entend pas – que seuls les spécialistes connaissent, mais certainement pas la tv ou la radio et rarement les bars branchés des “bobos” (dernier terme que je n’emploie pas péjorativement).

36)
aladdinsane
, le 08.02.2009 à 19:09
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@Levri ; j’ai oublié de citer Bianca, femme de Mike Jagger, qui elle-même s’énervait de la bofitude et du machisme des Rolling Stone (et des rockeurs en général). Demi provocation, donc : je le pense mais je pense aussi que certains albums ou groupes ne peuvent se réduire à cela et ont beaucoup apporté.

37)
ysengrain
, le 08.02.2009 à 20:24
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Il existe au moins un enregistrement de Glenn Gould jouant du clavecin. Comme il n’a pas appris, c’est assez piètre

39)
ysengrain
, le 08.02.2009 à 23:01
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Je ne connaissais pas cette video de Gould jouant Haendel, je n’avais pas cherché non plus. L’enregistrement auquel je faisais allusion est ici

C’est, à mes oreilles, assez peu intéressant. On ne retrouve ni le génie du piano qu’avait Gould, car il n’est pas sur son instrument (mais sur une vraie casserole), et il n’a pas appris le clavecin, de ce que je sais de lui. L’intérêt de ce CD n’est pas musical, mais purement documentaire à 2 titres: Gould au clavecin, et la photo de couverture qui montre une rare représentation du clavecin Todini de la collection Crosby Brown

40)
Argos
, le 09.02.2009 à 08:55
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Je découvre cette excellente synthèse un peu tard. Qui me rappelle des souvenirs comme celui d’une émission de la célèbre Tribune des critiques de disques où Antoine Golea s’en prenait avec virulence à l’interprétation de Bach par Harnoncourt. Alors que le style d’interprétation baroque s’imposait chez les connaisseurs, j’ai encore assisté à Berlin en 1973 à une interprétation de la Messe en si de Bach par Karajan et le Philharmonique gros format à Berlin.

Pourquoi, Yengrin, ce non-amour de Beethoven? Il avait découvert Bach alors qu’il était encore en Allemagne. Ecoutez le deuxième mouvement de la Sonate pour piano opus 111 par Backhaus, vous verrez qu’il est l’inventeur du jazz. J’ai encore quelque part l’interprétation par l’ensemble d’Edwin Fischer de quelques Brandebourgeois. Quelle vitalité ! Et je préfère les Goldberg au piano plutôt qu’au clavecin. Non par Gould, mais pas Maria Yudina, qui était aussi sublime dans Schubert. Reste le cas se Mozart, où l’interprétation viennoise prévaut sur le baroque. Erich Kleiber dans les Noces, Karajan dans Cosi, Mitropoulos dans Don Giovanni restent pour moi inégalés.

41)
jdmuys
, le 09.02.2009 à 16:13
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Je ne connaissais pas David Fray. Je viens de l’entendre dans Bach sur l’enregistrement des Victoires de la Musique que j’avais programmé et pas encore regardé.

Une horreur.

42)
aladdinsane
, le 10.02.2009 à 07:31
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“une horreur” ?! Je veux bien le croire, mais si je ne l’ai pas entendu. Et puis, comme je le disais à Ysengrain, cette discussion m’a fait prendre conscience d’un ton auquel je n’avais pas prêté attention : une certaine influence romantique et depuis j’apprécie moins !

43)
odine
, le 14.02.2009 à 17:32
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merci , bel article. Scott Ross n’a jamais désiré enseigner et surtout pas en France dans le carcan institutionnel! Quand au sort que vous faites à H.Walcha,c’est un point de vue curieux;pour beaucoup d’organistes ici ,il fit entendre des instruments et une interprétation qui,sans chercher à faire école,ouvrit de grandes fenêtres sur l’orgue et la musique pour orgue allemande et nordique en général.Et,s’il vous plaît,ne lui retirez pas la grandeur ,la majesté même dont il fait preuve dans son interprétation des grandes polyphonies à l’orgue!Walcha était un grand architecte;pour cela les “baroqueux” ont encore à apprendre… à entendre. Bien cordialement.

44)
odine
, le 14.02.2009 à 17:42
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Pardon! JACQUES MERLET C’est vraiment bien que vous le citiez! j’oubliai de vous dire un très grand MERCI pour cela.Sacré Jacques!

45)
ysengrain
, le 27.03.2010 à 19:20
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Scott Ross n’a jamais désiré enseigner et surtout pas en France dans le carcan institutionnel

Ah bon ? Scott ne voulait pas enseigner ? Et que faisait il à Assas ? A la villa Medicis ? Du tricot ? de la machine à coudre ?

46)
Paceamici
, le 28.11.2016 à 23:39
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Formidable quant au fond et délicieux dans le forme ! Depuis longtemps conquis par la musique ancienne ainsi que part l’interprétation sur instruments anciens, j’ai particulièrement goûté votre synthèse sur ce sujet.

Je crois que cette chère Odine s’est faite houspiller à juste titre .
Cette riposte du berger à la bergère, c’est ravageur !
Je ne me moque pas, je trouve cela délicieux . Merci Ysengrain