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Jeudi 8 janvier 2009
An 2009 : L’ère Paléolithique de l’informatique grand public

Grande nouvelle, avec l’arrivée de l’Internet, la généralisation des écrans couleurs de grande taille, le développement de la puissance de calcul et de stockage compatibles avec l’usage de l’image et du son, nous sommes enfin entrés dans la préhistoire de l’informatique!

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La magie de l’écran vert du célèbre Apple II
(Source : Wikipedia.org)

Avant, c’était le néant ou plutôt l’écran noir avec un curseur vert clignotant. Nulle communication n’était possible entre les ordinateurs puisque le réseau des réseaux était un concept de chercheur. La créativité de l’ordinateur se résumait à des calculs et du traitement de texte dans les deux sens du terme. Certains visionnaires (ou plutôt des fous) s’extasiaient sur le réalisme graphique d’un vaisseau spatial constitué de 4 carrés noirs et 5 carrés blancs.

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Le mythique Space Invader
(Source : Arcade history)

Puis avec l’apparition de la souris , des interfaces graphiques et d’une interface homme/machine plus proche de la facilité d’utilisation des objets de notre quotidien (livre, télévision, voiture…), l’informatique grand public est née, preuve s’il en était besoin de l’entrée dans une ère nouvelle : le paléolithique de l’informatique.

Certains technologues enthousiastes, qui sont nombreux parmi nos lecteurs, à la lumière de cette introduction pourraient penser qu’il s’agit d’une humeur comique ou d’une boutade ironique sur l’informatique d’aujourd’hui, alors qu’il n’en est rien !

Je suis sérieux et je persiste et signe : le grand marketing vous ment, le grand marketing vous exploite, le grand marketing vous spolie ! Votre iMac rutilant n’est qu’un jouet comparable en efficacité au couteau de rahan !

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L’iMac, un jouet ou un ordinateur?
(Source : Wikipedia.org)

Mon micro ordinateur, un jouet ?

Mais soyons réaliste, peut-on aujourd’hui s’émerveiller sur la puissance de nos ordinateurs, sur leur facilité d’utilisation ou sur les possibilités d’utilisation ?

Hélas non !

Avez-vous déjà essayé de parler à un ordinateur ou de faire en sorte qu’il reconnaisse votre voix ? Ça marchouille pour être positif mais ça reste très primaire ! De toute façon, il aura au mieux une compréhension syntaxique mais en aucun cas une compréhension sémantique même si certains chercheurs travaillent dans ce domaine.

Je ne parle même pas de la reconnaissance d’écriture, la bonne blague !

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L’homme doit-il s’adapter à l’ordinateur ou l’ordinateur à l’homme? Telle est la question!
Jean-André Deledda, pour Cuk.ch

Mais le plus choquant est l’extase que certains manifestent sur la rapidité de traitement d’un micro ordinateur alors que le plus rapide des plus rapides à destination du grand public est un escargot endormi !

L’usage d’une suite bureautique ? On parle de dizaines de secondes pour le lancement ou la manipulation de documents simples !

Le développement de photos ? 8s avec Lightroom, plusieurs dizaines de secondes avec DXO si l’on en croit François qui reconnait à demi-mot qu’un peu plus rapide se serait bien et acceptant malgré tout cette lenteur, parce que bon, c’est plein de trucs compliqués un développement Raw.

Encoder une vidéo de 60mn dans le format de son choix ? Et bien, généralement 30 à 60mn !

Manipuler une image (rotation, filtres…) ? Généralement plusieurs secondes d’attente dès que l’image fait quelques centaines de mégaoctets.

Copier 10Go de données ? Plus d’une minute avec des supports dits rapide comme un disque dur.

Sauvegarder 4Go de données ? Plus de 10 minutes avec des supports dits « lent » comme un cédérom.

Faire du traitement vidéo en HD ? Plusieurs minutes d’attente de calcul de rendu.

Calculer une scène 3D réaliste pour une animation, un jeu vidéo, une simulation ? De plusieurs jours à plusieurs semaines de calcul !

Mais que diable, c’est cela qui émerveille tant les foules ?

Mais, l’instantanéité devrait être la base naturelle du « rapide ». Attendre une seconde devrait être lent. Attendre une minute devrait être pitoyable. Alors quand il s’agit d’heure ou plus, ne me parlez plus de performance !

Peu importe la complexité sous-jacente pour l’ordinateur ou la difficulté technique que cela représente. L’utilisateur ne veut pas savoir le miracle technologique du démarrage de sa voiture, il veut juste tourner la clé et que ça démarre !

Peut-on raisonnablement penser avoir dépassé le stade de la préhistoire alors même qu’aujourd’hui le moindre traitement parallèle (copier des données, décompresser des archives et lancer une vidéo) peut mettre à genou l’interface d’ OS X (curseur avec la roue couleur arc en ciel) alors même que les processeurs ne sont pas occupés à 100%?

Ah, la belle intoxication intellectuelle générale qui a permis d’ancrer dans les esprits :

  • qu’il était normal d’attendre le lancement d’un logiciel (d’ailleurs maintenant, on vous expliquera qu’il est normal, sur une télévision avec TNT ou cable, d’attendre 1s entre chaque changement de chaine avec une télécommande alors que c’était instantané il y a 20 ans !)
  • qu’il est normal d’installer et de désinstaller un logiciel ;
  • qu’il est normal de défragmenter un support de stockage ;
  • qu’il est parfaitement normal d’avoir un antivirus, un antispam, un antitroyen, un antitruc et un antimachin ;
  • qu’il est normal qu’un logiciel bug, qu’il faille redémarrer un ordinateur tous les jours ;
  • ...

Et, je ne parle même pas des bugs ou des incohérences les plus basiques que l’on retrouve à tous les niveaux dans tous les systèmes d’exploitation grand public !

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Ici un exemple de message d’erreur abscons du Finder quand on tente de déplacer un sous-dossier au niveau supérieur de l’arborescence qui contient un dossier du même nom !

Au royaume des aveugles…

Mais vous me dites, aujourd’hui on a des stockages en To alors qu’on parlait de Mo il y a 20 ans ! On a de la vidéo en 1920×1080 !

La belle affaire ! Avec le blueray (simple face), on a un contenu de 25Go. Très vite, ce sera des centaines de To qui seront nécessaires pour stocker films, données, programmes… A moins que le vraiment (mais alors vraiment) très haut débit ne s’impose dans les années à venir pour fonctionner en mode « connecté ».

Pour la vidéo HD, 1920×1080, c’est 2 millions de pixels ! Même un néophyte peut se rendre compte que c’est ridicule comparativement à un appareil photo. Certes ce n’est pas le même usage, mais ne me parlez pas de technologie du futur avec des écrans 2MP ! Je n’ose même pas parler de la colorimétrie puisqu’un écran va souvent au mieux couvrir 100% du spectre NTSC, ce qui reste ridicule au regard de la gamme de couleur visible par un être humain :

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La couverture du spectre visible par un écran est ridicule par rapport à la perception de l’oeil humain!
(Source : Wikipedia.org)

Finalement, en y réfléchissant bien, nous sommes aujourd’hui capables de faire de la musique numérique dont la richesse d’enregistrement dépasse la limite de la perception humaine. La musique numérique est mature.

Par contre, rendez-vous compte le chemin restant à parcourir pour l’image ? Respect des couleurs, couverture totale des couleurs visibles, densité des pixels, angle de vision, perception 3D comme le réel… L’image est le parent pauvre de l’informatique même si aujourd’hui on a l’impression que la qualité est formidable. En fait, la qualité est à mille lieux de ce qu’il sera possible de faire dans les années à venir !

Je ne parlerai même pas des interfaces faisant appel au toucher, à l’odorat et au gout. Nous n’en sommes encore qu’aux balbutiements (avec un léger avantage pour le tactile).

La maturité, c’est pour quand ?

Pour être visionnaire, je dirai que la maturité informatique sera atteinte dès lors que les étapes suivantes seront franchies :

  • Rapidité : L’utilisateur n’attendra pas plus d’un dixième de seconde pour chaque action « simple » demandée à l’ordinateur. En fait, le concept de système d’exploitation temps réel sera la base de tout système grand public ;
  • Fiabilité : Toute fonction/tache donnera le résultat attendu ;
  • Robustesse : Toute erreur/problème est géré par l’ordinateur, pas par l’utilisateur ;
  • Simplicité : L’interaction avec un ordinateur sera aussi intuitive qu’avec un humain ;
  • Capacité : La limite de stockage ou le temps de calcul seront des concepts théoriques qui n’auront pas d’impact sur un usage « normal », les capacités étant virtuellement illimitées au regard des traitements demandés par un utilisateur « normal »

Oui, je sais cela parait très futuriste mais tout cela n’est pas utopique, loin de là.

Les processeurs quantiques pourraient être une clé à une vraie puissance informatique de calcul.

Le stockage holographique permettrait enfin de s’affranchir des barrières d’échelles.

Les disques SSD seront peut-être la solution à une vrai rapidité des transferts de données même si l’on est encore loin des To de débit.

La fiabilité, la robustesse et la simplicité ne seront que la conséquence de la maturité d’une science qui au terme d’un long processus d’apprentissage aura mis au point des matériels et des logiciels aboutis et performants !

Alors, bien malin qui pourra dire quand cela sera possible mais je reste intimement convaincu que ceux qui regardent en rigolant un ZX 81 cadencé à 3,25 Mhz avec ses 1ko de mémoire vive seront victime de la même moquerie par les possesseurs de micro-ordinateur en 2050.

Et vous, comment imaginez-vous l’informatique de demain ? Pensez-vous comme moi que nous en sommes qu’aux balbutiements ? Et, finalement, êtes-vous vraiment satisfait de la soit disant facilité et puissance des micros ordinateurs actuels ?

Compte tenu de l’orientation technologique des lecteurs, en cette nouvelle année 2009, rêvons un peu de l’avenir informatique! Merci d’avance de vos commentaires et de vos liens sur les technologies qui feront les ordinateurs de demain.

Bonne et heureuse Année 2009 à tous les cukiens !

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