Profitez des offres Memoirevive.ch!
Spirou, 70 ans et toutes ses dents

Il ne les fait pas, mais pourtant, le groom le plus célèbre de la bande dessinée a fêté cette année ses septante ans (oui, septante, mesdames et messieurs de la France, car Spirou est belge !).

Si vous fréquentez ce site depuis longtemps, vous savez que je suis un grand fan de bandes dessinées.

Je vous propose donc de tirer un court bilan de ce personnage atypique dans le monde de la BD et de parler un peu de son actualité.

Une des particularités de Spirou, c’est d’être passé dans de nombreuses mains. Je connais quelques héros qui ont subi un changement d’auteur. De mémoire, parmi les plus connus, il y a les Schtroumpfs (après le décès de Peyo), Soda, Les Tuniques Bleues (suite au décès de Louis Salvérius), ou encore Lucky Luke (après le décès de Morris). Mais aucun d’entre eux n’a changé de mains aussi souvent que Spirou qui est passé successivement par:

  • Rob-Vel (le créateur du personnage)
  • Jijé
  • Franquin
  • Fournier
  • Nic Broca et Raoul Cauvin
  • Tome et Janry
  • Morvan et Munuera

imageimageimageimageimageimageimage

L’évolution de Spirou. De gauche à droite: Rob-Vel, Jijé, Franquin, Fournier, Nic, Janry, Munuera

Puisque Morvan et Munuera ont annoncé qu’ils arrêtaient Spirou, on peut imaginer qu’un nouveau repreneur va s’y coller.

Les premières années

Bien sûr, chacun de ces auteurs a fait évoluer Spirou à sa manière. A l’origine, il y a Rob-Vel qui crée le personnage et son compagnon, l’écureuil Spip (d’ailleurs, Spirou signifie “écureuil” en Wallon) pour le Journal de Spirou. Là où Rob-Vel proposait des petits strips se déroulant dans le Moustic Hôtel, Jijé a quant à lui créé un personnage marquant de la série: l’inévitable Fantasio, personnage résolument comique qui deviendra le compagnon inséparable de Spirou.

image

Fantasio, par Franquin

Jijé passe alors le flambeau à Franquin et c’est l’âge d’or de Spirou qui commence. Spirou prend une envergure plus importante et les aventures de notre héros s’allongent.

Tout en gardant l’aspect comique, Franquin fait évoluer Spirou vers plus d’aventures et de dépaysement, mais aussi plus de sérieux. Il invente de nouveaux personnages qui marqueront la série: Zantafio, le cousin machiavélique de Fantasio, le fantasque mais génial comte de Champignac (Pacôme Hégésippe Adélard Ladislas, de ses prénoms), le maire de Champignac et ses discours délirants, Seccotine la petite journaliste ambitieuse. Franquin invente également un pays d’amérique du sud: la Palombie, qui sera pendant un temps sous le joug de Zantafio mais qui surtout abrite au sein de sa jungle un animal mythique: le marsupilami. Ce nouveau compagnon de Spirou est selon Franquin lui-même sa plus belle invention. Animal aussi extraordinaire que facétieux, il apporte une touche nouvelle aux aventures de Spirou.

Mais la Palombie est également le pays dans lequel se terrera l’un des “méchants” les plus intéressant et fascinant de la BD “classique”: Zorglub, ancien camarade du comte de Champignac, génie scientifique ambitieux (il désire “juste” devenir le maître du monde) mais quelque peu maladroit.

image

Le maire et le comte de Champignac, Seccotine, Zorglub, Zantafio et le Marsupilami. Images tirées de Franquin.com

Ce qui est amusant avec Franquin c’est qu’on sent qu’il s’attache à ses méchants et qu’il leur cherche toujours la rédemption. C’est le cas pour Zantafio qui dans “Spirou et les héritiers” quitte les héros après les avoir sauvés et c’est également le cas de Zorglub qui reconnaîtra ses erreurs et se liera d’amitié avec le comte de Champignac.

La période creuse

Alors qu’avec ses auteurs précédents Spirou arborait toujours fièrement son costume rouge de groom, Fournier entame délicatement un virage qui amène Spirou à s’habiller de manière un peu plus “normale”, bien que toujours fortement portée sur le rouge.

Malheureusement, avec Fournier, Spirou perd un peu de son coté aventureux et perd surtout son compagnon fidèle, le marsupilami, que Franquin a décidé de garder pour lui. Fournier a, à mon avis, du mal à convaincre. Ses personnages (comme le japonais Ito Kata) n’ont pas la saveur de ceux de Franquin et Spirou perd un peu de l’envergure qu’il avait avec son auteur précédent. Surtout, il lui manque un vrai méchant.

La situation ne s’améliorera pas avec Nic et Cauvin. Très simplistes, les scénarios ne convainquent pas. Les tentatives d’aller vers une sorte de science-fiction ne collent pas au personnage de Spirou.

Heureusement, ce sera bref.

La renaissance

Vient ensuite l’époque de Tome et Janry.

Ce duo d’auteurs parvient à mon sens à recréer l’atmosphère du Spirou de Franquin. Aventure, humour, dépaysement sont au programme.

Spirou s’éloigne encore un peu plus de son costume de groom et gagne en maturité. Là où Franquin nous proposait un Spirou adolescent, Tome et Janry nous offrent un Spirou plus adulte.

Les deux auteurs reprennent à bon escient les personnages clefs de Franquin: le comte, le maire, Seccotine, Zorglub et bien sûr Zantafio. Même l’absence du marsupilami ne se fait pas trop sentir grâce à la présence renforcée de Spip.

Mais Tome et Janry ne s’arrêtent pas là et inventent un nouveau personnage savoureux, le parrain de la mafia New-Yorkaise: Don Vito Cortizone, homme machiavélique mais incroyablement malchanceux.

Non seulement le dessin est sublime et colle parfaitement aux histoires, mais les personnages, Spirou en tête, se complexifient, s’étoffent. L’aspect dramatique fait son entrée dans les aventures de Spirou.

Ne parvenant que difficilement à conserver à la fois l’aspect dramatique et l’humour dans un même album, Tome et Janry, inspirés par l’album “La Jeunesse de Spirou”, créent une série dérivée: Le petit Spirou qui sera un immense succès.

Libérés de cette contrainte humoristique, les deux auteurs peuvent laisser libre cours à leur imagination. En particulier, le diptyque “La frousse au trousse” et “La vallée des Bannis” atteint une tension et une émotion unique dans la série (les deux dernières pages de “La frousse au trousse” sont absolument superbes).

L’apogée de Spirou made by Tome et Janry, c’est le fantastique “Machine qui rêve”.

Résolument décidés à rendre Spirou plus humain (avec ses qualités mais également ses failles), Tome et Janry font un bond en avant.

Dans cet album, le graphisme est beaucoup plus réaliste et les personnages deviennent encore plus réels. Les auteurs laissent entendre que Spirou et Fantasio ne seraient que les noms de familles des deux héros (“Saturnin Spirou et Théodule Fantasio”, s’interroge le héros) et que Secottine s’appelle en fait Sophie et qu’elle en pince pour Spirou. Ce dernier a par ailleurs quitté complètement son uniforme rouge.

image

Spirou par Janry, avant et après

Mais au-delà de ça, c’est l’histoire qui devient plus sérieuse et qui aborde un sujet d’actualité: le clonage. On y trouve un Spirou en proie à ses doutes et proche de la dépression.

Pour ma part, je suis resté subjugué par cet album, par l’audace des auteurs et par la façon géniale qu’ils ont eu de faire évoluer Spirou petit à petit vers cette nouvelle forme. Car ce changement n’est pas si brutal qu’on pourrait le croire, chacun des albums de Tome et Janry amène un élément qui va dans la direction de “Machine qui rêve”.

Malheureusement, tout le monde n’était pas de mon avis et les défenseurs du petit groom en uniforme sont montés aux barricades à grand renfort de lettres à l’éditeur.

Est-ce cela qui a poussé Dupuis à retirer la série à ceux qui avaient réussi à la rendre aussi intéressante que l’avait fait Franquin ? Je n’en sais rien. Toujours est-il que les fait sont là: Spirou a une nouvelle fois changé de mains.

La reprise

Morvan est depuis quelques années une étoile montante de la BD. Scénariste prolifique, il est l’auteur de nombreuses séries, certaines étant très réussies (citons par exemple Sillage, Reality Show ou Zorn et Dirna).

Avec Munuera, il tente un retour vers l’époque Franquin, totalement en rupture avec ce qu’avait construit le duo Tome et Janry.

Mais la mayonnaise ne prend pas. Ils essaient de nous resservir les vieux ennemis (Zantafio) et les vieux amis (Ito Kata), tentent à nouveau les robots et la science-fiction qui n’avaient déjà pas fonctionné avec Nic et Cauvin, et tout ça en trois albums. Bref, trop de choses, ça part dans tous les sens et on ne s’y retrouve pas.

Un dernier album de Morvan et Munuera sortira prochainement mais se sera le dernier.

Une aventure de…

Parallèlement à la reprise par Morvan et Munuera, Dupuis lance la série “Une aventure de Spirou et Fantasion par…”. L’idée est de proposer des one-shot ne faisant pas partie de la série principale et dont les auteurs sont différents à chaque fois.

L’idée est bonne et commence plutôt bien avec “Les géants pétrifiés”, dessiné par Yoann sur un scénario de Fabien Vehlmann (une autre étoile montante de la BD).

“Les marais du temps”, par Frank le Gall fait revenir Zorglub dans l’aventure, ce qui est toujours une bonne surprise. Dans l’ensemble, l’album est intéressant, mais il lui manque pourtant un petit quelque chose pour le rendre vraiment excitant.

Passons sur “Le tombeau des Champignacs” de Yann et Tarrin qui est à mon avis raté tant au niveau du dessin que du scénario.

Bravo !

Et puis vient 2008, année anniversaire, et année de parution de l’album d’Emile Bravo: “Le journal d’un ingénu”.

image

Et là monsieur Emile Bravo, je vous dis…. bravo (oui je sais elle est facile).

Cet auteur a réussi là où nombreux ont échoués: réinventer Spirou.

Le première bonne idée, c’est de se situer chronologiquement entre Rob-Vel et Jijé. Oui oui, on revient aux débuts de Spirou. On y apprend comment il rencontre Fantasio et comment Spip devient l’écureuil qu’on connaît.

La deuxième bonne idée c’est de situer l’histoire dans un contexte historique. En effet, nous sommes en 1939 et c’est au Moustic Hôtel qu’une réunion secrète entre Allemands et Polonais a lieu.

Cet album est un vrai bonheur du début à la fin. Il est drôle, malin, touchant et fichtrement bien dessiné.

Les personnages retrouvent cette complexité que seuls Franquin et Tome et Janry étaient parvenus à obtenir. De plus, comme l’histoire se situe bien avant tout ce que l’on connaît de Spirou, on ne nous ressert pas de Zorglub, comte de Champignac ou autres Zantafio avec un arrière goût de réchauffé. Emile Bravo nous propose par contre un personnage marquant en la personne d’une mystérieuse soubrette.

Bref, cet album est tellement bien qu’Emile Bravo a déjà accepté d’en faire un deuxième. Et c’est tant mieux !

La suite ?

Effectivement, la suite ?

Déjà, y a-t-il besoin d’une suite aux aventures de Spirou ? Le chef des finances de Dupuis ne nous laissera même pas finir la question avant de répondre “OUI” !

Forcément, Spirou c’est la poule aux oeufs d’or de Dupuis. Et puis sans Spirou, quid du “Journal de Spirou” ?

Alors, oui, suite il y a aura certainement.

Par qui ? Mystère.

Est-ce que ce sera bien ? Mystère également.

Peut-être faudra-t-il à nouveau passer par les ersatz de Fournier et de Nic et Cauvin avant de retrouver des auteurs dignes de Franquin et de Tome et Janry.

Quoiqu’il en soit, j’ai récemment relu tous les Spirou. Les albums de Franquin et de Tome et Janry me procurent toujours autant de plaisir. Et ça personne ne pourra nous l’enlever.

27 commentaires
1)
fyve
, le 12.06.2008 à 00:27
[modifier]

entre-temps, bravo signera un second “one shot” qui sera la suite directe du précédent, contredisant en cela la notion de même de cette série si particulière… et puis il y aura hardy, frank et quelques autres.

la série mère, elle devrait aller au duo velhmann/yoann après un dernier album signé morvan/munuera (pour la fin de l’année). j’avoue être sceptique sur ce futur duo. on verra bien. je sais, rien n’est encore annoncé/signé/officialisé. et vu le panier de crabe que semble être devenu les éditions dupuis, je crains qu’il ne faille encore patienter quelques temps avant d’en savoir plus.

je pourrais discourir longtemps sur le groom vu que c’est sans doute ma bd préférée. tome et janry ce sont montrer les dignes héritiers de franquin, n’hésitant pas à le faire évoluer au même titre que ce dernier. j’irais même jusqu’à comparer “machine” à ce qu’avait franquin pour son ultime opus “panade à champignac”. dans ces deux albums, les auteurs vont massacrer leurs personnages. franquin va rendre ridicule tout le monde (le comte donnant à un zorglub redevenu bébé par exemple). tome et janry iront dans la même direction, différemment. à ce jour, c’est mes préférés. mon seul reproche, c’est qu’ils ont laissé de coté ororéa. heureusement que luna est arrivée. il aurait été intéressant de voir ce qui aurait pu se passer (ah, le fameux spirou à cuba !).

fournier aura été quand à lui un agréable repreneur, capable de quelques bijoux (le gri gri du niokolo koba ou l’ankou par exemple) et de moins bons (la série sur le triangle par exemple). je passerais sous silence la période nic & cauvin. quand à munuera, son spirou est sympathique et énergique. il aurait mérité mieux comme scénariste. car morvan, en dépit de tout son talent, aura été incapable de faire du spirou. ces scénarii étaient bons mais ne correspondaient pas au groom. inquiet je suis pour la suite.

je me permettrais une dernière remarque sur le one shot de tarrin. son spirou était beau. mais quel dommage qu’il n’ait pas laissé yann plus s’impliquer coté scénario et qu’il ne se soit pas plus préoccupé des décors. si il avait mieux fait, on aurait eu un excellent album entre les mains (et puis le coloriage fut assez raté lui aussi, pour s’en convaincre, il suffit de voir les planches en noir et blanc).

tiens, en relisant je me rends compte que le travail de chaland a été oublié. ce dernier aura ramené lui aussi spirou au temps de jijé/franquin. avec des robots aussi belliqueux que radar.

2)
levri
, le 12.06.2008 à 01:02
[modifier]

J’écoute : Moi je lis les bandes dessines de Martin Circus sur l’album En direct du Rock and Roll Circus 69

… “Le comte de Champignac cultive des champignons d’une drôle de couleur …”

…” Je ne regarde jamais la télévision, Je n’écoute pas la radio intoxication, je ne lis pas les journaux bidons, sans opinions, juste les bandes dessinées …”

3)
Le Citadin
, le 12.06.2008 à 01:59
[modifier]

Tant qu’à moi, Spirou aura eu ses années de noblesse avec Fraquin et Tome et Janry. Les pires années ont été les dernières moutures, avec le Spirou rajeuni. Ça a complètement, à mon avis, dénaturé la série.

4)
François Cuneo
, le 12.06.2008 à 06:46
[modifier]

La série One-Shot est vraiment très bien. Le dernier, que Caplan nous a fait découvrir sur Milsabor!, Spirou, le journal d’un ingénu, est en effet un petit bijou.

Pour le reste, les derniers albums de la série “mère” sont lamentables. Ils partent dans tous les sens, ne sont pas crédibles, quelle misère… On dirait le dernier album d’Astérix, du n’importe quoi, pourvu que ça rapporte.

Je me réjouis de voir les auteurs changer.

5)
horatius
, le 12.06.2008 à 07:21
[modifier]

Bravo pour l’article. Concernant Fournier, je crois qu’il faut sauver l’Ankou qui est, à mon avis excellent, au niveau des autres. Pour le reste entièrement d’accord, on ne se lasse pas de relire les Franquin et les Tome et Janry

6)
Caplan
, le 12.06.2008 à 07:33
[modifier]

entre-temps, bravo signera un second “one shot” qui sera la suite directe du précédent, contredisant en cela la notion de même de cette série si particulière…

Chic alors! Je confirme: le premier “one shot”(!) de Bravo est à des kilomètres au-dessus du lot!

Milsabor!

7)
Roger Baudet
, le 12.06.2008 à 08:17
[modifier]

Superbe Humeur !

Pour moi, Spirou s’était arrêté à la mort de Franquin, Founier n’apportant rien de plus à la Saga. Je crois que je vais me ré-intéresser à ce personnage qui a tant agrémenté mon enfance.

8)
Franck_Pastor
, le 12.06.2008 à 08:38
[modifier]

Ben moi j’ai moyennement aimé ce one-shot de Bravo. Sa version de Fantasio, en particulier, je ne l’ai pas digérée. D’où sort-il ce personnage antipathique au possible ? L’histoire des négociations guerre-paix à l’hôtel est largement tirée par les cheveux, ça se voit trop vite. C’est sans doute volontaire, mais ça colle mal au parfum de réalisme mêlé de satire désabusée qui se dégage du reste de l’album. Bref, je ne me précipiterai pas sur son prochain album.

J’aurais bien aimé, moi aussi, que Tome et Janry continuent…

9)
donmarlon
, le 12.06.2008 à 08:46
[modifier]

Un grand merci pour cette humeur, à laquelle je souscris entièrement. Grand fan de BD, et même si Spirou n’est pas ma favorite, je l’ai toujours admirée pour son époque Franquin. Fournier ou Nic/Cauvin ne m’a jamais convaincu (au-delà des qualités intrinsèques des dessinateurs) et la bouffée d’oxygène est venue du duo Tome/Janry. Avec un mini bémol: le Spirou de “Machine qui rève” ressemble trop à Soda, le flic de New York qui se déguise un pasteur pour ménager sa mère cardiaque (excellente série soit dit en passant. Mais je pinaille…

10)
Jérémie
, le 12.06.2008 à 09:16
[modifier]

Merci Fabien! Je suis un grand fan de spirou depuis ma plus tendre enfance, et c’est toujours un grand plaisir de le retrouver.

Bon anniversaire, Spirou!

12)
François Cuneo
, le 12.06.2008 à 11:41
[modifier]

L’apogée de Spirou made by Tome et Janry, c’est le fantastique “Machine qui rêve”.

Eh bien moi je l’ai relu, et je déteste. Purée, il est loin Franquin… Encore un scénario qui part dans tous les sens… Je n’arrive vraiment pas à crocher.

13)
zit
, le 12.06.2008 à 12:02
[modifier]

Merci pour cette humeur, Fabien, j’ai appris beaucoup de choses.

Mais je n’ai pas ouvert un Spirou depuis au moins 25 ans, c’est vrai que je ne feuillette plus trop de BD, à part un Gottlieb, un Gaston ou un Reiser de temps en temps (des trucs sérieux quoi !).

z (bon là, un voisin m’a prêté des Carmen Cru, il parait qu’avec mon vélo, je lui ressemble, je répêêêêêêête: dois–je le prendre comme un compliment ?)

14)
Blues
, le 12.06.2008 à 12:05
[modifier]

Pour moi Spirou ne s’est pas arrêté à la mort de Franquin, je suis un fan (sans être un collecto-spécialiste) les ai tous y compris les one shot… J’ai quand même bien aimé l’intrigue des “marais du temps” car non seulemnt j’adore les histoires de machine à voyager dans le temps, mais je trouve ce scénario particulièrement réussi.

Les meilleurs sont bien sûr la période Franquin (mentions spéciales pour les Zorglub, Spirou et les hommes-bulles et Le Prisonnier du Bouddha) C’est vrai qu’après l’époque Tome et Janry il y a à boire et à manger.

A propos de machine qui rêve, je n’ai pas aimé au début (non plus), par contre je l’ai apprécié en le relisant quelques mois plus tard… Dans les derniers je n’aime pas trop “L’homme qui ne voulait pas mourir”

A tête reposée, bien installé dans un divan: une bonne BD avec une plaque de choc, y’a rien de tel ;-)

15)
rolando
, le 12.06.2008 à 12:50
[modifier]

Très bel article. Bravo.

Ce n’est pas original, mais je suis fan absolu de la période Franquin (et fan absolu de Franquin en général). Il y a tellement d’inventivité que ça supporte les multiples relectures. Ses albums sont comme les très grands films, les seconds rôles sont soignés, les décors et rebondissements au service du scénario. J’ajouterais au Marsupilami, au Comte de Champignac, à Zorglub et Zantafio, les Turbotractions, inventions tout ausi géniales. Le dessin de Franquin est aussi pour moi un sommet (plus encore sans doute dans Gaston). C’est pour moi le seul a être parvenu à faire du dessin animé sur papier.

J’ai également aimé certains albums de Tome & Janry mais je trouve qu’ils résistent moins au temps.

16)
faridus
, le 12.06.2008 à 13:10
[modifier]

Excellent article comme souvent !

Ben pour rajouter au concert ambiant mais sur une note plus radicale, pour moi Spirou c’est Franquin, ceux qui ont suivi essaient de faire du Spirou.

On pourrait en débattre sans fin: une oeuvre reprise par un autre auteur est-elle la même, le changement est-il nécesaire, jusqu’où peut-on aller dans le changement pour que l’oeuvre reste l’oeuvre, enfin bref.

Sinon vous n’avez pas parlé de “QRN sur Bretzelburg” qui est à mon humble avis un des meilleurs albums de Franquin en général, il y a tout dedans ! Et par les temps qui courent, il reste d’une criante actualité.

Bonne lecture à tous !

17)
rolando
, le 12.06.2008 à 13:26
[modifier]

En effet, QRN est un des meilleurs. Et en effet (bis), d’actualité (ou intemporel?).

Dans les Idées Noires, il y a aussi pas mal de choses qui sont sombrement d’actualité.

18)
Franck_Pastor
, le 12.06.2008 à 14:20
[modifier]

« QRN sur Bretzelburg » a pour scénariste Greg, de mémoire. Lui aussi, un personnage de la BD (Achille Talon, entre autres) !

19)
mouloud2005
, le 12.06.2008 à 14:29
[modifier]

Je confirme qu’il faut sauver l’ankou. Ca fait longtemps que je l’ai pas lu, mais j’en garde un excellent souvenir. De Tom et Janry, je ne connaissais que “à New York”, que je relis régulièrement, et qui me fait beaucoup rire. Du coup, ça me donne envie de lire les autres. Et je vais me précipiter sur celui de Bravo, c’est fou que je n’ai jamais entendu parler de ça…

20)
François Cuneo
, le 12.06.2008 à 14:53
[modifier]

Ce n’est pas original, mais je suis fan absolu de la période Franquin (et fan absolu de Franquin en général). Il y a tellement d’inventivité que ça supporte les multiples relectures. Ses albums sont comme les très grands films, les seconds rôles sont soignés, les décors et rebondissements au service du scénario. J’ajouterais au Marsupilami, au Comte de Champignac, à Zorglub et Zantafio, les Turbotractions, inventions tout ausi géniales. Le dessin de Franquin est aussi pour moi un sommet (plus encore sans doute dans Gaston). C’est pour moi le seul a être parvenu à faire du dessin animé sur papier.

Oui, et les scénarios étaient inventifs, mais tenaient la route. Ce n’était pas du n’importe quoi.

21)
Fabien Conus
, le 12.06.2008 à 15:39
[modifier]

Merci à tous pour vos commentaires. Spirou a encore quelques fans apparemment.

Eh bien moi je l’ai relu, et je déteste. Purée, il est loin Franquin… Encore un scénario qui part dans tous les sens… Je n’arrive vraiment pas à crocher.

Qui part dans tout les sens ???? Mais ! On a pas dû lire la même BD alors ! Au contraire, le scénario est super bien foutu, le propos est clair et le fait de déplacer le point de vue sur le clone (ce que l’on apprend qu’à la fin) est excellent !

Non, vraiment, cet album est génial.

23)
fyve
, le 12.06.2008 à 17:28
[modifier]

de Fabien Connus. _Qui part dans tout les sens ???? Mais ! On a pas dû lire la même BD alors ! Au contraire, le scénario est super bien foutu, le propos est clair et le fait de déplacer le point de vue sur le clone (ce que l’on apprend qu’à la fin) est excellent !

Non, vraiment, cet album est génial. _

entièrement d’accord. il est excellent. mais les autres aussi. si on prend “le rayon noir” par exemple, de prime abord il apparaît sans saveur, mais il s’agit d’une charge importante contre tout ce qui est différent de ce que l’on connaît et de la peur de l’autre. en ce sens, il est dans la lignée de ce que franquin a pu faire passer comme message. et préfigurait “machine qui rêve”.

sur la période fournier, il faut sauver l’ankou, absolument. le meilleur de cette période, au même titre que “QRN” ait été le meilleur franquin.

tiens, vous savez que fournier avait postulé pour reprendre spirou quand dupuis cherchait un/des successeurs à tome & janry. il avait été éconduit. 2 ans après, la nouvelle direction (enfin, la nouvelle a cette époque là) était revenu vers lui. mais là, il a dit non.

ps : mais comment fonctionne les citations ou la mise en italique ???

24)
Fabien Conus
, le 12.06.2008 à 21:12
[modifier]

Vous avez raison, j’aurais dû citer QRN qui est également un de mes préférés.

Par contre je n’adhère qu’a moitié en ce qui concerne l’Ankou. C’est certes un des meilleurs albums de Fournier, mais il reste à mon avis en dessous des Franquin ou des Tome & Janry.

Fyve, merci pour l’anecdote concernant Fournier, je ne la connaissais pas.

25)
Puzzo
, le 12.06.2008 à 22:11
[modifier]

Et bien, contrairement à nombre d’entre vous, je n’ai connu Spirou que quelques mois en arrière.

Je connaissais uniquement le Petit Spirou et ça m’a souvent beaucoup fait rire (apparemment, nous ne sommes pas d’accord Le Citadin).

J’ai donc pris la lecture de Spirou du premier au dernier pratiquement d’une traite. Et même si j’ai eu beaucoup de plaisir à les lire, on voit que certains albums ou plutôt certaines “visions” ont quand même bien vieilli. Il y a plusieurs cases où la femme n’est pas vraiment flattée (au fourneau, la voisine curieuse, …)

Un peu comme la majorité d’entre vous, j’ai globalement préféré les Franquin et Tome et Janry. Pour ce qui est du tome de Bravo, je trouve les traits des dessins parfaitement en symbiose avec l’histoire!

26)
coacoa
, le 12.06.2008 à 22:54
[modifier]

Je plussoie, j’adore Spirou, la période Franquin étant inégalable (je connais les 2 Zorglub par coeur, Eviv Bulgroz !). Mais j’adore aussi les épisode Tome & Janry (Ah, la magnifique Cyanure, et les superbes “Frousse aux trousses” et “La Vallée des Bannis”)…

Depuis, j’ai perdu un peu d’intérêt pour le personnage. La qualité du graphisme atteinte dans les derniers Tome & Janry est telle qu’aucune autre version ne me paraît “possible”.

27)
colonel moutarde
, le 17.06.2008 à 18:59
[modifier]

Quand j’ai ouvert “Machine qui rêve” la première fois, j’ai été franchement surpris (pas forcément en bien) et je me suis dit que la disparition de Franquin avait libéré Tome et Janry de la ligne graphique traditionnelle (fond de page noir comme pour porter le deuil). Après relecture, j’ai finalement approuvé cette refonte et me réjouissais de la suite. Mais malheureusement, les version Morvan et Munurea m’ont un peu repoussé et j’ai arrêté là.