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Djay (ou d’autres) trop cher? Allons-donc!

Je sais, j’en remets une couche, j’ai déjà expliqué ça, par exemple ici en d’autres termes il y a des années.

Que ce soit bien clair, je n’ai rien contre le logiciel qui ne coûte rien. Ceux qui veulent faire du gratuit, comme nous nous faisons du gratuit au niveau de l’écriture, c’est leur, notre problème.

Maintenant, quand des développeurs veulent faire payer leur travail, nom de dzou, il serait temps d’arrêter de leur reprocher de le faire.

Je vais prendre un petit exemple:

L’autre jour, David nous a présenté un logiciel de mixage, Djay 2.

J’ai lu l’article, je me suis dit que oui, le logiciel avait l’air bien sympa, mais bon, j’avais déjà un programme du même type (MegaSeg, pour ne pas le nommer). Je n’allais pas encore dépenser de l’argent pour un truc que j’avais déjà.

J’ai lu les commentaires à propos de l’article de David, comme toujours, et je suis tombé sur l’un d’eux qui disait ceci.

“La version 1.x (de DJay donc, NDLR) était gratuite. 40€ pour un skin, je trouve ça un peu cher. Mais ça reste un bon logiciel.”

Je n’ai pas réagi, d’abord parce qu’un lecteur bien connu lui répondait xx est très dur avec son ” 40€ pour un skin = un peu cher”. Ce lecteur bien connu le faisait un peu à ma place, donc voilà…

Je n’ai pas réagi, aussi, parce que je ne connaissais pas bien le logiciel, voire pas du tout, à part ce qu’en disait David, qui me plaisait bien.

Mais mardi, paf, je tombe sur une offre de Macupdate, proposant le logiciel à moitié prix, soit 25 $ au lieu de 50.

Je me dis, bon, allez, essayons tout de même, j’ai un petit moment à disposition. Je fais mumuse avec trois minutes

Et là, je n’en reviens pas.

Un truc tellement bien fait, tellement incroyable au niveau de l’interface, au niveau des possibilités offertes, c’est tout bonnement incroyable.

Je me suis vraiment bien amusé avec Djay, et j’imagine que si j’avais des soirées à animer, il me serait vraiment bien utile.

Tout est pensé, jusque dans les moindres détails.

Je n’ose même pas imaginer combien de centaines d’heures le développeur a dû fournir pour parvenir à une telle qualité.

Sans même penser à son “génie inventif” et les années d’apprentissage au niveau de la programmation.

Alors bon dieu, venir dire que le logiciel est un peu cher… C’est tout de même un peu fort.

Franchement, 50 $, je les aurai mis sans le moindre regret, même si je suis bien content de n’avoir payé que la moitié, ma foi, c’est évident (eh oui, j’ai fini par acheter la chose).

Cela dit, je n’en veux pas à l’auteur du commentaire, d’une part parce que tout le monde est libre d’exprimer ici ce qu’il veut, mais aussi parce cette manière de penser est de plus en plus de mise sur ce monde virtuel qu’est Internet.

Lisez les commentaires sur MacGé par exemple: ce programme coûte 10 $? Mais c’est beaucoup trop voyons! Ou pire: 15 $ pour ce logiciel? Le programmeur se fout de notre gueule…

Au point que j’hésite à mettre le prix à la fin de mes articles, dès qu’un programme, même dingue, dépasser les 20 $.

Le prix, quel que soit le logiciel, pour certains, et ils sont nombreux, est toujours trop cher.

Ben voyons…

Vous vous posez des questions vous, pour savoir si votre garagiste pourrait vous faire le service de votre voiture gratuitement? Vous demandez à votre médecin de ne pas vous envoyer d’honoraires? Votre dernière carie, le dentiste, il ne vous a rien facturé pour vous la soigner? Lorsque vous allez à la Migros, à Casino ou que sais-je, vous passez la caisse sans payer?

Non n’est-ce pas?

Alors, ce brave programmeur, il faut bien qu’il bouffe, il me semble… il faut bien qu’il paie son médecin, son dentiste, son garagiste, qu’il parte en vacances et s’offre des petits plaisirs dans la vie.

Et il fait comment, le programmeur, avec vous, non pas vous, vous là, juste à gauche, qui ne voulez rien payer dès qu’il s’agit de vous fournir en soft?

Enfin, je m’excuse, mais j’écris ici sur un site dédié au Mac.

Et bon sang, si l’on gueule sur cinq lignes pour dire que nos machines sont trop chères, on se fait rentrer dedans par les mêmes, ou une partie des mêmes qui ne veulent rien dépenser au niveau du soft.

Un peu paradoxal non?

Cela me fait penser à l’analogie de Monsieur Jobs par rapport au Mac, qui serait… la BMW de l’informatique.

J’aurais préféré d’ailleurs qu’il dise que le Mac était la Fiat 500 de l’informatique (puisque le patron de Fiat avait dit l’inverse): être assimilé aux conducteurs de cette charmante voiture me faisant, disons… plus plaisir.

Bref, pour reprendre cette analogie, ça me ferait bien rigoler de voir un conducteur de BMW qui ne voudrait pas mettre d’essence dans sa voiture sous prétexte que 2 balles le litre, c’est bien trop cher.

Remarquez qu’au train (si j’ose dire) où l’on va, on va bientôt en trouver, des conducteurs de grosses bagnoles, qui n’auront plus de quoi abreuver leur gros monstre.

Purée, je souris tellement intérieurement que ça se voit?

Non, si je souris (aussi), c’est parce que ça fait du bien de se laisser aller sur une humeur, comme à l’époque, et ne pas décortiquer un logiciel. Il me semblait que je ne faisais plus que ça ces temps…

Alors bon, prenez ça comme une petite pause, et ne m’en voulez pas trop… même si vous roulez en BMW.

46 commentaires
1)
Inconnu
, le 02.06.2008 à 00:11
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Personnellement, quand je trouve qu’un logiciel est cher, c’est en rapport avec ma capacité financière. Il est de notoriété publique qu’un étudiant lambda est, par définition, fauché, ou presque.

Donc oui, 20$ par ci, 30€ par là, même pour des excellents logiciels qui les valent, ces 20$ ou 30€, ça fait cher.

Après, en dehors de tout constat subjectif et en regardant bien le logiciel objectivement, payer 40€ pour Djay qui est un très bon soft, ne pose pas de problème. Ce serait plutôt de débourser plus de 150 CHF pour Office 2008… Là, ça passe moins bien…

2)
Sparhawk
, le 02.06.2008 à 01:12
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Magnifique, 100% d’accord. Ces remarques injustifiées sur le prix d’un soft ont aussi tendance à me courir sur le haricot… C’est vrai que c’est plutôt sur des sites comme MacGe que ça geint. Pour certains, ce sera toujours trop cher. Hypothèse: Un MacPro proposé à 1000.–, d’abord applaudissements et après 6 mois, rebelote, c’est trop cher. Et curieusement, une partie de ces gens seront les premiers à s’apitoyer sur les conditions de travail et le salaire des ouvriers chinois qui assemblent leur Mac.

3)
pter
, le 02.06.2008 à 01:50
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hihihi, moi ce qui m’agace le plus c’est pas le prix, c’est que des fois je peut pas car cela ne passe pas depuis la Chine. Et ça, ça met chafouin!

Ensuite j’ai l’impression que le problème est du a notre perception des choses (merci la pub, les “marques” qui nous font croire que si c’est connu et reconnu cela signifie qualité): et donc que ce qui est fait “a la maison” ne peut pas être aussi bien. La majorité des gens ne sait plus reconnaître un produit de qualité de par leur seul jugement, leur réel besoin. Les médias ont déjà lobotomisé une grosse partie de la population, et on vas pas dans le bon sens. ….. A ce propos, le patron d’ici pourrait nous refaire une version ‘smallimage3” compatible Macintel? je suis preneur, ce petit soft me manque (il plante)…et, attention hein, pas plus de 20roros, ok? :-))

4)
AleX54
, le 02.06.2008 à 04:09
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Ces réactions sont peut-être aussi la rançon du fonctionnement actuel au niveau marketing.

Aujourd’hui, le prix d’un produit n’est généralement pas lié à son coût de production mais au prix que les gens sont prêt à mettre pour l’obtenir (du moins tel que l’imagine ou l’étudie le marketing)…

Résultat j’imagine, une perte de repère de la part du consommateur sur la valeur réelle.

1000 € un mac pro assemblé par des ouvriers chinois, c’est peut-être plus cher que 1500 € le même mac pro assemblé par des ouvriers européens.

Regardez par exemple encore, le prix de Mac OS inférieur à celui de Window… les chiffres de vente en nombre n’ont pourtant rien à voir.

5)
Okazou
, le 02.06.2008 à 06:03
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Quelques remarques sur ce « tout-payant » et ce monde marchand obligatoire… C’est énervant tout de même !

Il arrive un moment, forcément, où l’on devrait atterrir, bien se caler les pieds par terre et voir le monde comme il est, quitte, s’il le faut, à aller à sa rencontre. Allez, François, c’est le jour ; aujourd’hui, c’est ton tour.

Bon, d’accord, je ne sais rien du niveau de vie du Suisse moyen ; peut-être qu’ils sont à l’aise, les Suisses, beaucoup plus à l’aise que les classes moyennes françaises. Possible, et même probable, vu ce que je viens de lire.

Mais puisque ce site est d’abord francophone et que ses lecteurs ne sont peut-être pas majoritairement suisses (en fait, on s’en fout de savoir qui est majoritaire) je ne vais pas me gêner pour rappeler à ceux qui voleraient un peu trop haut à quel point la terre est basse pour la majorité de mes contemporains français, particulièrement les jeunes, étudiants ou jeunes travailleurs.

En France, un foyer sur deux est équipé d’un ordinateur. Outre que je viens de dire qu’un foyer sur deux ne possède pas d’ordinateur (vous aviez mal lu ?), cela signifie que le fiston ou la fifille dispose d’une machine connectable à l’Internet, ce qui est le cas pour trois-quarts d’entre elles.

Fifille et fiston, en effet, sont souvent les seuls membres du foyer à connaître des besoins en matière d’informatique. Scolaires ou étudiants ils sont directement visés par les plans informatique de l’Éducation nationale. Pour les jeunes travailleurs, c’est l’attrait pour un outil de création, de divertissement et de communication qui prime.

Hors le monde de l’administration et de l’entreprise, donc, ce sont surtout les jeunes (non, Saluki, je ne parle pas de toi) qui sont usagers de l’informatique. Usagers. Pas nécessairement clients.

« Bon, voilà l’antienne du Kamrad O. (vous l’avez oublié, le Komrad qui signait ici d’intéressants papiers ? cuk.ch est plein de fantômes) qui revient, allez-vous dire, encore et encore : “Usager égale citoyen, client égale consommateur.” » La faute à qui ?

Comment faire connaître aux Suisses la réalité du pouvoir d’achat en France (en attendant qu’un Africain ne fasse état du sien par rapport au nôtre !) sinon en leur apprenant qu’un foyer fiscal sur deux (48 %) n’est pas en mesure de payer d’impôt direct sur le revenu par la chance qu’ils ont de disposer d’un revenu annuel inférieur à 7 000 € ? Ou que 50 % de ceux qui ont la chance d’être imposés le sont sur un revenu moyen net déclaré inférieur à 10 500 € ? Et en oubliant que chez nous, certains milliardaires se désolent d’avoir des conseillers fiscaux si talentueux (c’est la loi fiscale qui est talentueuse) qu’ils leur épargnent le paiement de tout impôt, comme, par exemple, l’excellent Monsieur Pinault-zéro-impôt qui, je rassure le bon peuple biennonètétouétou, n’est pas un salaud égoïste puisqu’il investit à tour de bras dans l’art, ce qui l’exonère (la-lalère…), pour aller exposer ses richesses… en Italie ; le brave homme.

Bref, la majorité des parents de fistons et fifilles français disposent de revenus ric-rac voire pire et ils sont contraints, nolens volens, de tenir leurs dépenses. La plupart des jeunes Français, nourris, vêtus, logés, éduqués ne disposent pas de sommes faramineuses en argent de poche une fois payée la carte titre de transport. Avec une place de ciné entre 8 et 10 €, le demi de bière entre 2 et 3 € qui va augmenter avec l’explosion du prix de l’orge (vous n’y pensiez pas, à l’orge, n’est-ce-pas ?), le coût du CD à 20 € (salauds de pirates !), le moindre bouquin à 15 ou 20 €, on peut admettre que le jeune Français d’une famille honnête et productive de la classe moyenne ne peut être sérieusement considéré comme un consommateur.

Alors quand l’ordinateur réclame sa part de dépenses, pas question de faire appel aux parents, on regarde au fond de son porte-monnaie et l’on se dit que le logiciel libre (et gratuit) vient à point nommé pour suppléer les carences d’une société si bien organisée pour s’auto-détruire. Regardez comme la société organise l’économie de la pauvreté : Magasins Lidl, gammes de produits super-économiques, voitures Logan, Restaus du Cœur, soldes permanents, etc.
Un logiciel à 50 € ruine le jeune – dont l’ordinateur connecté au Net est souvent le seul luxe – qui a déjà du mal à aligner 15 €. Il n’hésitera pas longtemps entre l’utilitaire gratuit et son analogue payant. Ou bien il utilisera le second, s’il est vraiment meilleur, sans prendre le temps de règler une note trop importante, voire parfois indécente, pour lui.

Le développeur n’en mourra pas, les jeunes et les adultes d’un milieu social plus privilégié lui fourniront de quoi vivre ; pour le « coulage » il devra l’accepter de bonne grâce et se satisfaire de voir, au moins, son travail reconnu.

Bien sûr, on peut considérer le jeune fauché comme un parasite potentiellement criminel (vol, piratage, etc.), ou comme un mauvais consommateur, parfaitement immoral, qui n’a pas bien intégré le rôle qui lui est si « libéralement » dévolu : « Je sors mon larfeuille et je paye », on en a le droit. Comme on a le droit d’être con. On n’est pas obligé de nier qu’une grande part des membres de notre société contemporaine n’a pas les moyens de vivre selon les canons de ceux des classes supérieures. On est encore moins obligé de faire semblant de ne pas croire que la moitié de la société de nos pays riches est composée de pauvres et de foyers qui ont des difficultés importantes à boucler le mois courant. 12 fois par an. On n’est pas du tout, mais alors pas du tout, obligé d’oublier que, si on le voulait vraiment, les richesses seraient plus équitablement réparties, notamment vers ceux qui les produisent et que l’on ne fait sans doute rien ou pas grand chose (cette capacité d’oubli de son devoir de solidarité !) puisque ce scandaleux déséquilibre perdure. Cette lumpen-société devrait-elle comprendre qu’elle pourrait au moins avoir la décence d’accepter, sans barguigner, de vivre chichement, selon les moyens congrus dont elle dispose ? Chacun à sa place, ceux qui ont le pouvoir d’achat : dans les boutiques, les autres… ailleurs.

Dialogue improbable entre un jeune pourvu et un autre dépourvu :

« ’tain, je viens d’charger DJay, y déchire grave ; paye-toi le, c’est d’la balle !
— Wesh, gros, géniaaal ! mais comment tu m’prends pour Bill Gates… 50 € c’est d’la thune !
— Pas d’blème, cousin, j’te grave son jumeau.
— Ta proposition est généreuse, Gaëtan-Georges, mais je me vois contrit de devoir refuser ton offre. Je traverse, il est vrai, une situation financière fâcheuse qui risque de perdurer mais je tiens au-dessus de tout à respecter le principe d’honnêteté. »

Ouah, l’aut’ ! Comment k’y m’cause !

Ainsi, dans une société inégalitaire l’honnêteté se réduit-elle à un mythe. Mais sous un tel régime on n’est pas avare en matière d’hypocrisie. Cessons donc, dans une société de plus en plus inéquitable, de tenir des propos qui ne pourraient être recevables que dans une société de justice, équitable et respectable.

Être jeune en France, aujourd’hui, est tout sauf une sinécure. Il faut souvent attendre longtemps un emploi pour espérer survivre à peu près décemment. Mais pas de ciné, pas de resto, pas de vacances à la mer, pas de copine pour durer : le destin austère de l’anachorète comme promesse d’une vie où la vertu exige de la pauvreté !
Je connais un tas de jeunes travailleurs (nous parlerons des jeunes RMIstes [447,91 €/mois] une autre fois, des travailleurs pauvres aussi, qui bossent et couchent sous les ponts), des jeunes honnêtes, consciencieux et parfois même talentueux qui, une fois leur loyer et les charges d’électricité et de gaz payés, constatent qu’il ne leur reste pratiquement que de quoi se nourrir. Tiens, les prix de la nourriture de base sont justement en train d’augmenter. Merci aux spéculateurs du monde entier. Qui ne sont pourtant pas des salauds ; ça se saurait.


Un autre monde est possible.

6)
François Cuneo
, le 02.06.2008 à 06:44
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Assez d’accord avec toi sur tout Okazou.

Tu remarqueras d’ailleurs que je n’ai pas gueulé contre le logiciel gratuit, comme il y a des années.

Cela dit, n’est pas parce qu’il y a des injustices crasses dans la société qu’il faut tomber sur le travailleur (il s’agit souvent de toutes petites équipes, voire de simples indépendants) qui propose un produit à un prix raisonnable pour que LUI puisse survivre. Même s’il est vrai que beaucoup ne pourront pas se le payer.

Le problème n’est pas le prix du produit, le problème est le fait qu’on n’ait pas de quoi se le payer.

Personne ne remet en cause le prix d’une Blancpain, moi pas en tout cas, sachant le savoir-faire de ces horlogers, et pourtant, malheureusement, je n’ai pas de quoi me la payer.

Ton allusion à Komrad est amusante, parce que c’est le dernier article sur ce sujet (je crois celui lié dans cette humeur) qui l’avait fait ressortir d’outre-tombe…

7)
Okazou
, le 02.06.2008 à 07:14
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« Assez d’accord avec toi sur tout Okazou. »

Bien.

« Le problème n’est pas le prix du produit, le problème est le fait qu’on n’ait pas de quoi se le payer. »

C’est bien là qu’on voit l’échec de l’économie.

« Personne ne remet en cause le prix d’une Blancpain, moi pas en tout cas, sachant le savoir-faire de ces horlogers, et pourtant, malheureusement, je n’ai pas de quoi me la payer. »

Je suis tellement loin des mœurs sarkoziennes que j’ignorais jusqu’à aujourd’hui ce qu’est une Blancpain. Respect pour l’artisan, mépris pour les acheteurs bling-bling. Ils ne méritent pas ce que leur pognon leur permet d’acquérir.

« Ton allusion à Komrad est amusante, parce que c’est le dernier article sur ce sujet (je crois celui lié dans cette humeur) qui l’avait fait ressortir d’outre-tombe… »

Les archives de cette belle époque ont-elles résisté au temps ? Si oui, comment les consulter ?

8)
Madame Poppins
, le 02.06.2008 à 07:15
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Bon, d’accord, je ne sais rien du niveau de vie du Suisse moyen ; peut-être qu’ils sont à l’aise, les Suisses, beaucoup plus à l’aise que les classes moyennes françaises. Possible, et même probable, vu ce que je viens de lire.

Pour connaître un nombre très important de personnes en France, je suis convaincue que le niveau de vie du Suisse moyen n’est pas plus élevé que celui du Français moyen : en revanche, le fantasme que tel fût le cas est tenace !

9)
Olympe
, le 02.06.2008 à 07:21
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Deux points, le premier est celle de “la question”. Quelle utilité vais-je ou ais-je du logiciel ? Selon l’importance que je vais lui donner, je paye le prix demandé sinon ?! Et bien, le logiciel en question aura tellement peu d’importance que je le considérais trop cher !

Second point, j’ai bien l’impression que c’est ici le dernier site sur lequel je lis encore les commentaires d’un article ou concernant un produit informatique ! L’intérêt de ne plus lire les commentaire sautes aux yeux et en plus, c’est un gain de temps pour lire ou faire autre chose ;-)

10)
ocmey
, le 02.06.2008 à 07:26
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On ne dit pas “Ce n’est pas bon”, mais “Ce n’est pas à mon goût” Pareil, il faudrai dire “Ce n’est pas pour ma bourse” et non “C’est trop cher” ;-)

11)
Anapi
, le 02.06.2008 à 07:32
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Il est également possible que les principes de l’économie de marché soient bien ancrées dans la tête des gens.

Je m’explique : les pêcheurs français font grève car ils ne peuvent plus vivre de leur pêche. On est dans un cas où le prix du marché n’équilibre plus les dépenses, et donc l’activité est en voie de disparition. Les pêcheurs disent la même chose que François, à savoir qu’il est injuste de travailler pour ne pas gagner sa vie. Mais qui parle de justice en économie.

Du côté numérique, un logiciel est un produit dont la vente n’affecte pas la quantité de l’offre. Le logiciel étant copié pour son consommateur final, l’offre est inchangée après copie, et donc (dans les limites de la thermodynamique) infinie. Offre infinie => prix nul. C’est la règle économique.

La plupart des consommateurs ont intégré ça de manière sommaire, je pirate, je vole des clés d’activations, et personne n’est lésé, au contraire du vol d’une pomme, d’un oeuf ou d’un boeuf. L’arrivée de presque-équivalents libres confirme ce sentiment : on peut obtenir des logiciels pour rien.

Donc 40 euros sont trop chers, 20 aussi, et même 1 trouvera bien une personne pour trouver ce coût exagéré. Ceci durera tant que l’on n’aura pas admis que l’économie numérique ne respecte pas la loi du marché, et que celle ci n’est pas universelle. En attendant, on aura encore beaucoup de débats sur le piratage et le coût des logiciels.

12)
Okazou
, le 02.06.2008 à 07:32
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«  je suis convaincue que le niveau de vie du Suisse moyen n’est pas plus élevé que celui du Français moyen »

Si un Suisse sur deux ne paie pas d’impôt sur le revenu et si un sans-abri sur trois, en Suisse, est une personne qui va au travail tous les jours, alors nous partageons effectivement le même niveau de vie.

13)
Okazou
, le 02.06.2008 à 07:41
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« Mais qui parle de justice en économie. »

Mais, précisément, c’est bien là qu’aujourd’hui le bât blesse. Aujourd’hui, mais pas hier. Car hier, c’est-à-dire avant l’apparition de l’économie libérale (ou ultra-libérale, comme on voudra), l’économie était économie politique, ce qu’elle n’est plus aujourd’hui. Entre l’économie et l’économie politique, il y a une marge énorme.

Les économistes d’avant l’économie libérale de marché avaient pour fonction d’adapter l’économie au bien-être du plus grand nombre. C’était la pensée première de Keynes, par exemple. C’était le rôle de l’économie politique que de s’adapter aux exigences du temps pour proposer des solutions économiques aux problèmes posés et servir la société. L’outil économique était au service des populations.

L’économie d’aujourd’hui n’a de comptes à rendre qu’à elle-même et n’existe que pour elle-même. C’est le dogme économique libéral et c’est exactement ce qui est pervers. D’une absolue perversité.

14)
pat3
, le 02.06.2008 à 08:09
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François, je râle et j’ai toujours râlé contre le prix des logiciels, et surtout contre le passage au payant d’un logiciel gratuit, parce que tout simplement le développeur d’un gratuit commence son travail par envie, pour s’entraîner, par goût, et finit au bout d’un moment par vouloir être payé pour ça.

Mais dans le monde concurrentiel du logiciel, il y a des tas d’autres développeurs qui eux aussi ont envie de s’amuser, s’essayer, etc., sans compter ceux pour qui le logiciel libre (plus que gratuit, donc) est une philosophie. C’est là, et là seulement qu’est la concurrence. Pour reprendre ton exemple, si ton boulanger t’avait donné un croissant à chaque fois que tu achètes ton pain pendant 3 ans, et que du jour au lendemaine il te dise: ah ben maintenant c’est 3 euros, ben ça passerait mal, et tu irais peut-être voir ailleurs si le croissant est offert.

Ou encore: un danseur de rue, qui ferait tout d’un coup la quête avant d’avoir dansé, parce que c’est du temps, de l’énergie, etc.

Ben non: je ne vois pas pourquoi je paierai, et puis pas donné, pour l’amélioration d’un truc qu’un type a eu plaisir à faire et à donner pendant X temps.

En plus, il y a le syndrome du payant qui m’énerve un tantinet: passage au payant, nouvelle version et tout à coup: bug, difficulté à discuter avec le développeur…

Ce qu’on paie, souvent, c’est la part de lassitude d’un type qui au départ offrait le fruit de ses loisirs, ou le passage à la professionnalisation d’un loisir. Oui, ça coûte du temps, oui c’est incroyable d’ingéniosité, mais ce n’est pas pour autant que l’on doive payer pour cela (ou alors, le temps et l’ingéniosité, c’est seulement pour ceux qui ont les moyens).

D’un autre côté, il y a ces logiciels payants qui ne font pas ce qu’ils disent faire, qui buguent sur ta machine (mais c’est ta faute), ou qui demandent une mise à jour payante pour fonctionner normalement. Mais c’est pas grave, t’as payé la promesse, pas sa réalisation. Des grosse boîtes ont mangé leur pain blanc à user de cette stratégie, mais elles ont inspiré de jeunes pousses rêvant devant les tableaux de leur chiffre d’affaire.

Enfin, il y a vraiment un problème de tarif: on passe de rien à 50 dollars, sans palier, sans rien. Renamer4Mac, gratuit, passe d’une coup d’un seul à 25 dollars, par la grâce d’une mise à jour pas plus fonctionnelle que la version gratuite précédente. J’adore ce logiciel, mais ce passage abrupt au payant me heurte; Djay est passé de rien à 40 dollars. J’ai un peu l’impression de financer l’étude de marché du développeur, qui s’est doctement dit qu’au vu des prix du marché, son logiciel était bien positionné… Mais tout de même: je n’organise pas des soirées tous les 4 matins, et j’en ai fait pas mal avec le seul iTunes (et une liste soirée que tu nourris au fur et à mesure), la fonctionnalité existe déjà, ailleurs; et d’autres la propose gratuitement.

Quand tu passes tes dimanches à coder du logiciel, parce que tu aimes ça, je peux comprendre qu’au bout d’un moment,tu aies envie de compenser un peu le temps passé – ne serait-ce que pour rentrer dans tes frais, voire te payer le nouvel ordi qui décuplera ta passion, ou le week-end à la mer en bonne compagnie qui te permettra de décompresser. Mais ça, c’est un tarif sympa de 10 euros (x400 clients, 4000 euros, ça peut faire un week-end sympa, non?); à 40 euros, tu vises le coupé-cabriolet à plus ou moins brève échéance, et là, sorry, je ne finance pas.

Un de tes lecteurs a d’ailleurs donné une indication importante sur la tarification: il avait traduit gracieusement un logiciel, parce qu’il n’était pas satisfait de sa traduction, et c’est le distributeur qui a fixé un tarif à la version française.

À mon avis, il serait plus simple qu’un développeur se dise d’entrée : je vais faire un logiciel payant, quitte à proposer un tarif d’entrée très accessible (je commence à en voir, à moins de 10 euros). Ou bien: je vais faire un logiciel gratuit (souvent, c’est: je me suis fait un logiciel pour tel ou tel besoin, et comme il marche pour moi, il peut marcher pour vous), quitte à être clair sur le non support (c’est gratuit, mais je n’ai pas le loisir de répondre au mail).

En tous les cas, il y a aussi des développeurs qui passent au payant et qui s’en explique, clairement. Le développeur de Journler le fait, et on comprend mieux sa position – et une fois essayé et adopté son logiciel, on se dit que ça vaut le coup de mettre la main à la poche).

15)
Blues
, le 02.06.2008 à 08:10
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Le lecteur bien connu qui trouve que ce soft (Djay 2) n’est pas cher du tout, pense que:

– nous avons la chance dans la plupart des cas de pouvoir tester avant d’acheter = on sait ce qu’on a avant de passer à la caisse

– si après l’avoir testé, il me convient, et que je le trouve “rentable” (donc que j’emploierai régulièrement) le prix du soft est souvent minime par rapport au confort qu’il m’apporte

Maintenant c’est vrai qu’on “attrape” de mauvaises habitudes avec la masse de free ou share-ware à notre dispo … (voir pire: ceux qui régulièrement crack tout sans gène) de là on pourrait penser que la gratuité, c’est la normalité.

Pas évident.

16)
Fabien Conus
, le 02.06.2008 à 09:11
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Je développe (ou plutôt je développais) des softs gratuits, le sujet me concerne donc particulièrement.

La problématique est plutôt complexe. Je pense que le débat va plus loin que “gratuit contre payant”. Personnellement, ce qui me pose un problème c’est “le juste prix”.

Quand je vois un logiciel qui ne fait qu’ajouter une interface sur une commande shell, dont l’usage sera tout au plus annuel et dont le prix est fixé à $25, désolé mais c’est trop.

Ensuite, il y a la problématique du gratuit devenu payant. Si de nombreuse fonctionnalités sont ajoutées et si on laisse la version gratuite disponible, ça ne me pose pas de problème. Par contre, ce qui me gène, ce sont les logiciels qui sont offert gratuitement afin que nous autres pigeons soyons les beta-testeurset qui une fois stabilisés (grâce à nos commentaires) deviennent payant. Là, je suis désolé, mais il y a un problème.

Mes logiciels sont gratuit car j’ai conscience que je n’ai pas les moyens de tester tout ce qu’i faudrait tester et donc que mes utilisateurs auront cette tâche.

17)
ysengrain
, le 02.06.2008 à 09:22
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Dites moi si je me trompe: le gratuit est arrivé, au moins en partie afin de montrer qu’on pouvait faire aussi bine voire mieux et pour …peanuts. (Diego, si tu me lis …) Bien entendu comme notre monde permet tous les débordements… Très très souvent, et j’en ai été le témoin, on payait très rarement les softs dans les débuts de l’informatique personnelle. Vous mettez le tout dans la même boite, agitez bine et vous sortez: “Quoi ? 20$, 15 € ce bout de programme qui ne fait que mettre de l’ordre à ma palce dans …. Pour avoir développé pendant 15 ans, une usine à gaz, quand des collègues ont été intéressés, j’ai été bine en peine de fixer un prix. A tel point qu’il m’est arrivé de le distribuer gratos.

18)
Blues
, le 02.06.2008 à 09:33
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Mes logiciels sont gratuit car j’ai conscience que je n’ai pas les moyens de tester tout ce qu’i faudrait tester et donc que mes utilisateurs auront cette tâche.

Concernant ton fameux CocoaBooklet il fonctionne nickel sur la 10.5, même si pas màj… Je connais énormément de gens qui l’emploient régulièrement et qui trouvent étonnant qu’un soft d’une telle qualité (et surtout si pratique) soit gratuit ! Je pense que 15 à 20 $ seraient un prix correct (oui, je sais, ils peuvent te verser un don)

Merci encore pour ce soft que nous employons journalièrement !

19)
François Cuneo
, le 02.06.2008 à 09:38
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Fabien, je sais que les Américains, tu me l’as dit, t’envoient régulièrement de l’argent pour tes logiciels sans que tu ne demandes rien. Nous n’avons pas en Europe cette mentalité, en tout cas pas en Suisse et il me semble pas non plus en France.

Mme Poppins, je suis persuadé que le niveau du Suisse moyen est malgré tout supérieur. C’est vrai que les Français, n’en déplaise à Okazou, ont des allocations familiales mieux foutues que chez nous, un système de soins plus social, ce qui compense un peu. Mais quand je vois le salaire moyen chez eux, je me demande juste comment ils font pour vivre, accessoirement pour mettre de l’essence dans leur voiture, et payer les autoroutes en sus.

Le litre de lait est plus cher en France qu’en Suisse, c’est fini les prix bas chez eux.

On ne dit pas “Ce n’est pas bon”, mais “Ce n’est pas à mon goût” Pareil, il faudrai dire “Ce n’est pas pour ma bourse” et non “C’est trop cher” ;-)

Excellent.

pat3, je ne suis pas d’accord avec tout, mais c’est vrai qu’un logiciel gratuit au départ ne devrait pas passer à 40 $ comme ça. Cela dit, tu parles beaucoup de gratuité, de devoir du développeur de faire en sorte que son amusement soit à la portée de tous, je veux bien.

Le problème, c’est que tous ces gens qui veulent recevoir, souvent (je ne dis pas que c’est ton cas), donnent bien peu.

Là ça me dérange fortement.

20)
ToTheEnd
, le 02.06.2008 à 09:41
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Bon… Apple paye certainement aussi mal que les autres les petites mains qui montent leur ordi. Le scandale se situe plutôt sur les 30% de marge qu’ils se prennent puisque le reste de l’industrie est plutôt à 15%, voire 20%.

Enfin, tout à un prix… toujours.

T

21)
Caplan
, le 02.06.2008 à 09:51
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François, je crois que tu crains que le développeur ne te doive rien.

Tu es très exigeant face aux softs proposés et tu veux payer pour être en droit de demander des améliorations (et tu ne t’en prives pas…).

Si un développeur gratuit décide de cesser de suivre son produit, ça te désécurise et tu n’aimes pas être désécurisé en informatique.

P.S: La consultation psy est gratuite!

Milsabor!

22)
JeMaMuse
, le 02.06.2008 à 10:08
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Je suis d’accord avec Fabien : le problème est le juste prix.

Mais si un logiciel payant s’avère utile, voire très utile, il n’y a pas de raison à ce que son auteur ne soit pas rémunéré. La plupart des logiciels peuvent être testés. Si ça ne convient pas, on ne garde pas. Pas besoin d’acheter tout ce qui existe.

Si un utilisateur à besoin de Djay, c’est qu’il anime (peut-être) des soirées. Dans ce cas, personne ne lui interdit d’amortir l’achat de son logiciel en facturant sa prestation de DJ. En quatre soirées à €10, son logiciel est acquis :-)

23)
Karim
, le 02.06.2008 à 10:18
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Merci, Komrad O. Pour un peu, les riches arriveraient à culpabiliser les pauvres avec leur morale. Salauds de pauvres ! Déjà que l’on sait maintenant que les pauvres au chômage, c’est de leur faute.

Ne prends pas la mouche, François : l’alternative n’est pas toujours “J’achète ou je pirate” mais pour un certain nombre “Je pirate ou je n’achète pas”. Comme l’a expliqué plus longuement et avec sa verve habituelle le séditieux agent terroriste infiltré Komrad O.

24)
François Cuneo
, le 02.06.2008 à 10:26
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Karim, ici, il n’y a pas d’appel à la morale ni de morale faite à qui que ce soit.

Il y a juste une demande d’arrêter de dire que telle ou telle chose est trop chère, simplement parce qu’elle n’est pas gratuite, et qu’elle n’est qu’intellectuelle.

25)
ToTheEnd
, le 02.06.2008 à 10:35
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Être jeune en France, aujourd’hui, est tout sauf une sinécure. Il faut souvent attendre longtemps un emploi pour espérer survivre à peu près décemment. Mais pas de ciné, pas de resto, pas de vacances à la mer, pas de copine pour durer : le destin austère de l’anachorète comme promesse d’une vie où la vertu exige de la pauvreté !

Alors là… j’admire la France! En effet, grâce à cette vie, tu règles pas mal de problèmes et je te cite:

Pas de ciné: c’est une économie de ne pas aller dans des complexes qui vendent plus de pop corn que de droits d’auteur!

Pas de resto: parfait car la restauration est une branche qui compte le plus d’employés au noir… ou comment tuer dans l’oeuf les restos qui exploitent des travailleurs.

Pas de vacances à la mer: la mer et les plages sont biens assez polluées comme ça! Tu veux la mer: prend un bain à l’eau froide et déverse 3kg de sel à l’intérieur!! Et tu feras des vacances à l’autochtone qui ne vit pas loin de la plage parce que quand il a acheté il y a 30 ans, il voulait vivre tranquille pas loin de l’eau mais depuis, il part lui-même en vacances ailleurs (pollution!) chaque année quand le parigo arrive sur zone (il peut voir le flux migratoire sur bison futé).

Pas de copine: mais c’est très bien ça! Imagine que dans leur pauvreté quotidienne et entre leur 3 boulots à mi-temps, ils trouvent du temps pour baiser?? Pire, l’argent se faisant rare… elle ne prend plus la pilule et lui n’utilise pas de capote (trop cher!)… il pourrait faire un gosse! Et un gosse dans une famille de pauvre, c’est quoi? Un futur pauvre! Et on en a bien assez!

Voilà, voilà, à y regarder de plus près, être pauvre pourrait sauver la planète.

T

26)
Guillôme
, le 02.06.2008 à 10:59
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Aux réactions en commentaire, je m’aperçois que j’ai une lecture différente de l’humeur de François qui semble plus s’offusquer de la réaction épidermique qu’ont certains à un logiciel payant quel qu’en soit le prix plus qu’au fait que les gens refusent de payer un logiciel par exemple…

Et en effet, je suis d’accord avec François, cessons de critiquer les développeurs/éditeurs qui vendent du logiciel. Libre à nous d’acheter ou non, mais de quel droit pouvont nous dire que vendre Djay x euros est indécent?

Moi qui ait 90% de logiciels gratuits sur mes ordinateurs, je suis de ceux qui réfléchit à deux fois avant de payer un logiciel. Cependant, ça ne me choque pas, ça ne me gêne pas… que des gens vendent le fruit de leur travail.

Çà me choque davantage quand une administration publique ou des démarches courantes nécessitent l’usage de formats propriétaire ou de logiciels spécifiques qui sont payants et fort cher, alors qu’il devrait toujours être proposé une solution gratuite ou du moins un choix concurrentiel.

Maintenant, il faut quand même être rationnel :

  • citer des concurrents gratuits à un payant n’est pas malsain. Au contraire, si cela peut éviter le piratage et/ou élever vers le haut le niveau de la solution payante, tant mieux!
  • un logiciel ne se mesure pas aux nombres d’heures passées dessus. On peut faire 100h de travail pour quelquechose d’inutile et buggé comme on peut faire 1h de travail pour une idée géniale et révolutionnaire…
29)
defois
, le 02.06.2008 à 11:41
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Bonjour

Gratuit payant, a un moment ou un autre l’on paie, la plaie de nos société, c’est de dire gratuit. Qui travail pour rien, la notoriété peut être. Le logiciel libre se développe par les grandes sociétés commeciales qui y ont trouvé un intéret, et paie des gens pour le libre. Pour ma part je suis opposé au parallèle libre donc gratuit. Quand à la société française, je dirais que l’on a la société que l’on mérite. Quand une grande surface dit vous gagnez tant si vous achetez mon produit, un paquet de ménagère se précipitent pauvre ou moins pauvre. Solde , remise rabais, les mots magiques. Il ya bien longtemps de ça un gouvernement dont je ne me souviens pas a décidé la liberté des prix tous les zozos de service ont applaudit, mis a part que un jour ou l’autre le prix le plus bas serait celui ou l’on paie les gens, nous y sommes. Le prix d’un logiciel pour un pro a son importance, mais le service aussi. Combien de petit logiciel ne sont jamais fini ls sont gratuits. Autrefois un produit avait un prix de reviens , maintenant il a un prix de vente qui est fonction de la demande, donc de la pub.

Cordialement

Jacques

30)
Leo_11
, le 02.06.2008 à 12:06
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Pour moi acheter un logiciel qui me sera utile ne me rebute absolument pas… ce qui me choque et contre quoi je vais me braquer c’est les prix prohibitifs que pratiquent certains développeurs… exemples les plus flagrants…

• Photoshop de Adobe à environ 1500.—

• Office de Microsoft Standard Edition à environ 800.—

ça c’est honteux… heureusement qu’il y a des possibilités de faire autrement avec du gratuit…

31)
ReReX
, le 02.06.2008 à 12:23
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Bonjour, C’est moi l’un d’eux qui disait ceci.

“La version 1.x (de DJay donc, NDLR) était gratuite. 40€ pour un skin, je trouve ça un peu cher. Mais ça reste un bon logiciel.”

Je remercie pat3 d’avoir défendu mon point de vue. Je ne critiquais pas le prix d’un logiciel, ni en particulier celui de DJay. 40€ pour un logiciel abouti qui permet peut-être même à certains de mixer en soirée et de gagner de l’argent avec, c’est presque trop peu. Mais quel est cet étrange état d’esprit hyper-libéral, hyper-capitaliste qui base ses valeurs uniquement sur le travail et l’effort? (C’est d’ailleurs une vision dérivée de l’analyse de Marx et Engels qui les premiers posent comme étalon de mesure économique le travail) Il me semble qu’au départ de l’internet, ce devait être une plateforme d’échanges gratuits. Il me semble que Linux, que les logiciels GNU (ce que le logiciel en question n’est pas) sont sensés être ouverts et collaboratifs. Comment passe-t’on d’une idée généreuse à l’appat du gain? C’est un triste changement de mentalité que je déplore. Tout le monde veut sa part du gateau. Et j’insiste, entre la version 1 et la version 2 je n’ai vu qu’un lissage de l’interface et de 3 boutons pour 40€. C’est toujours moins que le redessin du logo de swiss(air)!

32)
Guillôme
, le 02.06.2008 à 12:30
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ça c’est honteux… heureusement qu’il y a des possibilités de faire autrement avec du gratuit…

Je ne suis pas d’accord avec toi Leo_11, tout simplement parce que dire qu’un marteau piqueur est à un prix prohibitif n’a pas de sens! Celui qui achète un marteau piqueur est un professionnel du bâtiment qui gagne sa vie avec!

De même pour un EOS 1D Mark III Gold Premium, libre à François de se l’acheter s’il en a envie et les moyens mais ce type d’appareil est pour les pros qui gagnent leur vie avec et qui rentabilisent le matériel!

Donc, en gros, acheter Photoshop pour faire mumuse chez soi n’a pas de sens, Photoshop Elements est fait pour ça à un prix beaucoup plus accessible!

De même, Office Standard Edition Famille et Etudiant est à 100Eur soit à peine plus cher que iWork! Pas 800… Me dis pas que tu as besoin de la version t’autorisant à faire des affaires avec ? Si oui, alors tu es un professionnel et ce coût logiciel est très vite amorti dans ton activité!

Je ne parle même pas des concurrents payant ou gratuits qui te rendront le même service…

Et si tu me dis que tu es étudiant sans le sou, tous les éditeurs ont des prix étudiants et tu peux aussi avoir des logiciels à disposition via ton école/université dans certains cas ;)

33)
ToTheEnd
, le 02.06.2008 à 12:52
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Il me semble qu’au départ de l’internet, ce devait être une plateforme d’échanges gratuits.

Heu… Tu parles du projet initié par l’armée américaine et qui devait permettre au réseau de garder ses communications fonctionnelles en cas de guerre nucléaire? Ou du WWW qui cherchait avant tout à rendre les communications “standards” d’un ordinateur à l’autre?

L’un ou l’autre, Internet n’a jamais été créé pour que toutes données binaires soient gratuites… ou ouvertes.

Enfin, si un mec fait une application gratuite et qu’après il l’a rend payante, où est le problème? Toi, visiblement, tu estimes que de passer du gratuit au payant, c’est étrange, voire même déplorable.

Je suis peut être trop capitaliste, mais pour moi cette évolution me parait normale à partir du moment que chacun est prêt à vendre une idée et que d’autres sont prêts à payer pour ça.

T

34)
François Cuneo
, le 02.06.2008 à 12:54
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Rerex, oui, c’est bien de toi que je parlais, mais je ne voulais pas mettre ton nom dans l’article, vu que je sais bien que tu es ici un représentant d’un courant de pensée et que mon but n’était vraiment pas de t’attaquer, je pense que tu l’as bien compris.

Eh bien oui, moi j’en suis resté encore au bête “travail et effort” pour calculer une rétribution… quand il s’agit de la calculer.

Tu parles d’échange, oui, nous sommes d’accord, c’est bien ça, ECHANGE. Or échange, y a-t-il vraiment? Pas sûr. Ce serait intéressant de voir quelle est la proportion de demandeur et de donneurs. Peut-être que je me trompe, je serais intéressé de savoir.

35)
Diego
, le 02.06.2008 à 14:21
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Quelques rapides incursions puisque je suis nommé plus haut.

Logiciel libre ne veut pas dire logiciel gratuit, loin s’en faut. S’il n’y a pas d’investissement financier lors de l’acquisition d’un tel logiciel, il y a de manière indéniable un investissement en temps. La communauté attend d’un libriste qui a atteint un certain niveau d’expérience qu’il partage celle-ci avec, selon ses compétences, les développeurs, les documenteurs, les traducteurs, les utilisateurs ou les néophytes. Et ça marche. Pour mieux comprendre le mécanisme, je vous invite à lire un document fondateur de la communauté The Cathedral and the Bazaar ou sa version française . Cette théorie se résume en une phrase ” Étant donnés suffisamment d’observateurs, tous les bogues sautent aux yeux.

A un niveau plus avancé, une entreprise qui décide d’implémenter un logiciel libre sur ses sites fera forcément évoluer ce dernier en fonction des besoins (hé oui, plus besoin de passer par ces incertains “users groups” pour espérer voir l’éditeur de son ERP implémenter la fonction que vous attendez depuis des lustres, vous la faites vous mêmes !). Ce développement sera par définition libre également et donc disponible pour les autres. L’entreprise a donc payé son logiciel en investissement temps, lequel investissement aura profité à un autre.

Maintenant, concernant le prix à payer pour un logiciel, je rejoins de plus en plus cet “état d’esprit” qui semble plus courant outre atlantique car il n’est pas rare que je clique sur le petit bouton paypal “Donate” que je trouve sur la page d’un programme qui m’a bien rendu service.

36)
ReReX
, le 02.06.2008 à 14:44
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…mon but n’était vraiment pas de t’attaquer, je pense que tu l’as bien compris.

Biensur que je l’ai compris. Heureusement que je ne prends pas tout au premier degré. Mais de la même manière qu’il y a encore des tas de BONS groupes de musique qui ne tiennent pas à faire du profit, mais de la musique, j’ose croire qu’il y a encore des développeurs qui gardent un esprit d’abord créatif. Quand au travail, ce n’est qu’une des valeurs sur laquelle on peut s’appuyer, ce n’est pas la seule, sinon l’art n’existerait pas, l’invention scientifique non plus. Pour gagner plus on n’aurait qu’à travailler plus et le tour serait joué!

37)
Hervé
, le 02.06.2008 à 18:32
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Quand au travail, ce n’est qu’une des valeurs sur laquelle on peut s’appuyer, ce n’est pas la seule, sinon l’art n’existerait pas, l’invention scientifique non plus. Pour gagner plus on n’aurait qu’à travailler plus et le tour serait joué!

Cette phrase me pose problème : veut-elle dire : “la création artistique ou l’invention scientifique n’est pas un travail” ou bien “la création artistique ou l’invention scientifique ne doit pas être rémunérée” ?

38)
ekami
, le 02.06.2008 à 19:58
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C’est bien d’avoir des problèmes de riches, ça démontre qu’on possède pas mal de choses ( à moins que ce soient ces mêmes objets qui ne finissent par nous posséder et nous aliéner en fait). Mon grain de sel : à quand des logiciels gratuits pour les options de base, et à contribution payante très modérée pour un temps d’utilisation déterminé. Je n’organise pas des soirées nécessitant DJay tous les soirs, alors pourquoi payer “aussi cher” pour un soft qui ne sera utilisé que quelques heures par an ?

39)
Madame Poppins
, le 02.06.2008 à 22:18
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Alors il faut croire que j’ai une “chance” énorme : je côtoie, dans le cadre de mon boulot, plein de personnes, souvent des femmes seules avec enfants qui, malgré leur job, ne tournent pas, qui n’arrivent pas à payer les factures courantes (et raisonnables), qui ne paient pas d’impôts, qui sont subventionnées pour la caisse maladie et qui ne peuvent pas changer de verres de lunettes, faute de moyens… Ou alors j’ai une autre chance : toutes les personnes que je connais en France sont des personnes “fortunées” aucunement représentatives de la France.

Quand j’entends ma belle-soeur me relater que bon nombre des enfants qu’elle a en classe viennent à l’école le ventre vide, je me dis que cela ne peut pas être un choix pour tous…

Mais bon, je veux bien admettre que la situation du Français est encore plus difficile que celle du Suisse : je suis juste un peu triste que la représentation classique du Suisse soit celle d’une personne aisée.

Désolée, je suis hors sujet.

40)
ToTheEnd
, le 02.06.2008 à 22:43
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Désolée, je suis hors sujet.

Tu n’aurais pas des copines seules et sans gosse plutôt? C’est pour une étude…

T

41)
levri
, le 02.06.2008 à 22:58
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@ Maaame Poppins : Pour ce qui est des enfants qui arrivent à l’école le ventre vide, j’avais participé à l’élaboration d’une revue où ce fait était relaté et m’en était inquiété. Il s’agissait d’une école privée avec des parents plutôt aisés, cependant l’enquête a révélé que de nombreux enfants ne déjeunaient pas le matin mais regardaient la TV avant de venir à l’école.

Quel est le parent qui ne saurait se débrouiller pour fournir une tranche de pain le matin à son enfant ? La France est loin d’être parfaite, la vie n’y est pas facile pour tous, mais c’est un pays riche et je n’y ai jamais vu quelqu’un mourir de faim.

(désolé de te suivre dans le hors sujet) ;)

42)
Smop
, le 03.06.2008 à 00:46
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Au-delà du simple droit d’utilisation, le fait de payer pour un logiciel crée également un lien de service plus ou moins contractuel avec son concepteur. Dans un contexte non commercial, le développement peut être vu comme un hobby dénué de contraintes. En revanche, le support des utilisateurs devient rapidement une corvée et il me semble donc naturel de le rémunérer.

Pour moi, l’informatique est avant tout un outil. Je n’ai donc pas envie de perdre de temps avec et suis prêt à payer pour créer cette relation de service. Voilà pourquoi le monde du freeware et du libre ne m’ont jamais vraiment séduits, même si j’adhère pour l’essentiel au commentaire #5 (Okazou).

Pour le reste, je ne sais pas s’il y a proportionnellement plus de “pauvres” aujourd’hui qu’il y a dix ou vingt ans, mais en tout cas, une sérieuse paranoïa du manque s’est installée. Il ne reste plus grand-chose de la générosité. Aisés ou pas, la plupart des gens que je vois autour de moi n’ont qu’une seule obsession : capitaliser par peur du lendemain. Et pour être franc, ça m’insupporte…

43)
henrif
, le 03.06.2008 à 10:58
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Historiquement le “Shareware” / “Logiciel partagé” est apparu grâce à d’enthousiastes amateurs qui souhaitaient rendre accessibles des logiciels fonctionnellement suffisants pour des non professionnels. Il n’y avait pas encore Internet et les quelques francs demandés couvraient essentiellement les frais de gravure et d’envois de disquettes.

L’imperfection, la lente et nécessaire mise au point avec les retours des utilisateurs allaient de soi. Il ne s’agissait pas de “vendre une idée et que d’autres soient prêts à payer pour ça” (citation de TTE, très en verve capitaliste !) mais d’offrir une alternative au business des Apple, Microsoft et du petit poucet naissant Adobe, afin que les logiciels deviennent abordables aux passionnés de la micro-informatique d’alors.

Ce modèle s’est très bien développé et recouvre aujourd’hui différentes facettes. L’important est que puisse vivre des mode de diffusion, d’échange, de partage ou de troc autre que la sainte économie de marché que les dévots capitalistes libéraux adulent au nom du profit et de l’argent.

Gardons à l’esprit que donner quelques monnaies ou rien pour un logiciel partagé ne relève pas de la même démarche qu’acheter un logiciel commercialisé par un éditeur.

45)
Guillôme
, le 03.06.2008 à 15:03
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La France est loin d’être parfaite, la vie n’y est pas facile pour tous, mais c’est un pays riche et je n’y ai jamais vu quelqu’un mourir de faim.

Pas contre ceux qui meurt de froid (ou même de chaud), c’est monnaie courante… comme quoi, avant les gens crevaient de faim dans des taudis, aujourd’hui ils crèvent de froid dehors mais le ventre plein…

46)
levri
, le 03.06.2008 à 15:28
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@ Guillôme : je pensais à ce que tu écris, alors que je rédigeais le texte que tu cites.

Il y a cependant moins de sans logis que de gosses qui ne mangent pas le matin. C’est la rançon du “progrès”, les taudis sont interdits, tous les jours des gens meurent de quelque chose, parfois pour de “mauvaises raisons”, mais ce n’est pas en opposant en quelques mots des choses totalement différentes qu’on apporte des réponses.