Profitez des offres Memoirevive.ch!
La Vermine, une fable, postface

Cette histoire a paru ici en 12 épisodes. Pour terminer, voici encore la postface, qui explique la démarche et les raisons de ce texte. On peut lire le roman entier sur Cuk où il a paru le dimanche, ou en l’achetant auprès de “Bernard Campiche éditeur”www.campiche.ch.

Lorsque les Albanais c’était nous…

La Vermine est un cri de colère. De colère et de douleur.

Ces sentiments ont fait surgir de l’inconscient une idée dont j’ai découvert depuis lors que c’était l’un des grands archétypes des immigrés du monde entier: «Ils nous maltraitent, ils nous insultent, ils nous humilient, ils prétendent qu’on les vole – il faudrait qu’on parte tous; ils s’apercevraient que, sans nous, leur pays ne marche plus.»

On retrouve ce thème du départ massif dans la littérature, le plus souvent orale, des immigrés de tous les continents. En 1964, l’écrivain noir américain Warren Miller en avait fait, lui aussi, un roman. The Siege of Harlem 1 raconte comment tous les Noirs américains obtempèrent au vœu raciste: ils quittent les États-Unis. Tous. Après eux, le chaos.

On retrouve fréquemment ce même thème chez les humoristes, et il fait souvent son apparition dans la correspondance des émigrés, qu’il s’agisse de lettres privées ou de courrier des lecteurs.

«Il faudrait qu’on parte tous…» – combien de fois n’a-t-on pas exprimé cette idée dans les réunions des communautés immigrées en Suisse entre 1968 – lancement de l’initiative dite «Schwarzenbach», du nom de son auteur, James Schwarzenbach – et juin 1970 – où la Suisse l’a refusée?

C’est de là qu’a surgi l’idée de La Vermine. De là et du sentiment d’horreur, d’injustice, que la situation provoquait en moi.

Cependant, la véritable impulsion est venue d’une autre source. Au moment même où nous étions arrosés de propagande xénophobe, le Département de justice et police a fait distribuer gratuitement dans tous les ménages une publication intitulée Zivilverteidigung 1 ou Défense civile 2, qui nous parlait longuement du mal venu de l’étranger, de la guerre psychologique, et qui impliquait que tous les étrangers et tous les intellectuels (avec accent sur les journalistes) étaient des ennemis potentiels de la patrie suisse. Comble de l’opprobre, la version française, adaptée par un écrivain (par ailleurs officier supérieur de l’armée suisse), Maurice Zermatten, aggravait encore le rôle de traîtres de l’intelligentzia et des médias. Le scandale avait été tel que cette publication avait très vite disparu. Le public avait été invité à en découper la couverture et à l’envoyer à Berne en signe de protestation. Des centaines de milliers de couvertures avaient ainsi été arrachées, et on ne saura jamais combien de ces petits livres ont fini à la poubelle ou aux vieux papiers.

Une des protestations parmi les plus bruyantes avait été celle des écrivains suisses. Max Frisch, Friedrich Dürrenmatt, Nicolas Bouvier, Frank Jotterand, Pierre-Louis Junod, Jean-Pierre Monnier, Peter Bichsel, Ludwig Hohl, Jörg Steiner, Paul Nizon, etc., une trentaine d’auteurs connus avaient exigé la démission de Maurice Zermatten, qui présidait la Société suisse des écrivains.

Dans un premier temps, Maurice Zermatten avait refusé de se démettre. Pour manifester leur désapprobation, les protestataires ont alors fait sécession, ils ont quitté la Société en bloc et ont donné naissance à ce qui allait devenir l’association dissidente d’écrivains sous le nom de Groupe d’Olten.

J’avais demandé à me joindre à eux et parlé de mon projet. Plusieurs d’entre eux ont promis de m’aider et leur avis m’a en effet été précieux.

Le temps pressait. Je me suis lancée.

Dans La Vermine, l’invention tient une place limitée. Ce petit roman est le fruit d’un travail collectif de documentation qui m’a permis de l’écrire en quelques semaines. Famille, amis et connaissances, écrivains, immigrés de diverses nationalités, ont épluché pour moi la presse suisse, les courriers des lecteurs, et la plupart des pensées de Jacques Bolomet ont été recueillies dans ce qu’ils ont ramené. Quant aux discours officiels, je les ai pris dans Défense civile, de même que l’intrigue et que pas mal de situations. Avec un coup de pouce final (et décisif) de Kafka, La Vermine est née.

La situation au printemps 1970

Pour comprendre l’indignation, le plus souvent muette, mais non moins profonde, de la communauté immigrée et d’une large partie de l’opinion suisse, il me paraît nécessaire de rappeler la situation.

Nous étions fin 1969, début 1970, et la campagne pour la votation sur l’Initiative sur la surpopulation étrangère battait son plein. Cette «surpopulation», due à la haute conjoncture qui faisait que la Suisse avait connu une prospérité qui commençait tout juste à fléchir, mais qui créait la possibilité du chômage, était constituée de travailleurs principalement italiens dont un grand nombre étaient saisonniers 1. L’initiative aurait eu pour conséquence de transformer un grand nombre de permis illimités en permis saisonniers, et quelques voix extrêmes réclamaient même que tous les travailleurs étrangers fussent saisonniers.

Dans cette ambiance tendue, un drame est encore venu jeter de l’huile sur le feu.

L’année précédente, à Sankt-Moritz, trois Suisses avaient assassiné Attilio Tonola, un ouvrier italien, pour la seule raison qu’il était italien, et qu’«ils n’aimaient pas les Italiens». Cela avait eu des échos jusqu’à Rome, à la Chambre des députés, et dans les procès-verbaux nous lisons:

Les interpellants demandent au ministre des Affaires étrangères et au ministre du Travail:

  1. s’ils ont l’intention d’intervenir auprès du gouvernement suisse à la suite de l’ignoble assassinat de l’ouvrier italien Attilio Tonola, agressé par trois citoyens suisses alémaniques, advenu en novembre 1968;
  2. s’il n’y aurait pas lieu d’organiser une enquête approfondie sur la réalité inquiétante que vivent les travailleurs émigrés italiens en Suisse. L’assassinat de Sankt-Moritz constitue un rappel sérieux de cette réalité trouble du monde helvétique caractérisée par le mépris et par l’hostilité d’une partie de la population, le plus souvent alémanique, envers les travailleurs étrangers. Mépris et hostilité se transforment souvent en haine déclarée. Les interpellants aimeraient que les ministres compétents leur fassent savoir si l’agression et l’assassinat [d’Attilio Tonola] sont provoqués par la fureur xénophobe aveugle, autrement dit s’il s’agit uniquement d’une conséquence extrême de la peur de la surpopulation étrangère à la suite de la campagne contre les étrangers, ou si d’autres motifs entrent en compte 1.

Le procès s’est déroulé les 1er et 2 mars 1969, et a été suivi avec attention par l’alors très nombreuse communauté italienne. Deux circonstances ont particulièrement frappé les esprits (le mien compris): le fait que l’agression se fût déroulée aux cris de «chaibe Chink» (intraduisible sinon, approximativement, par «Magut de merde»), et le fait que, après l’avoir frappé puis bourré de coups de pied alors qu’il était déjà au sol, les trois hommes aient caché Tonola dans un coin; l’ont-ils cru déjà mort? Quoi qu’il en soit, il n’a pas tardé à rendre l’âme, étouffé par son propre sang. «Ils l’ont laissé crever comme un chien», disait-on dans la communauté italienne. La presse suisse a fait peu de cas de ce qui n’était pour elle qu’un fait divers. Mais, chez les immigrés, l’indignation s’est transformée en fureur à l’énoncé du jugement. L’assassinat a été requalifié en rixe (les Italiens sont bagarreurs, c’est connu, ironisait-on avec amertume dans les milieux de l’émigration): le plus actif des assassins, Erich Bernardsgrutter, électricien de son métier, était condamné à deux ans de prison; quant aux frères Joseph et Armin Schmid, l’un (Joseph) était condamné à quinze mois de prison, et l’autre (Armin) était carrément acquitté. Les trois hommes avaient des antécédents judiciaires et Armin avait déjà fait de la prison. On apprenait dans le même temps que Mme Tonola et ses quatre enfants ne recevraient pas un sou des assurances, puisqu’il s’agissait d’une simple bagarre qui avait mal tourné.

«À la Bourse de Zurich, Tonola vaut deux cygnes et seize merles», écrivait un correspondant en mettant en parallèle la condamnation des trois agresseurs et celle, advenue au même moment, d’un braconnier.

Ce verdict allait provoquer une nouvelle interpellation à la Chambre italienne des députés:

À la suite de la scandaleuse et inquiétante nouvelle de la faible condamnation des citoyens suisses Bernardsgrutter et Joseph Schmid et de l’acquittement d’Armin Schmid pour crime de lésions graves avec possibilité d’issue fatale et non-secours à personne en danger qui ont provoqué la mort du citoyen italien Attilio Tonola, les soussignés désirent savoir si le ministre des Affaires étrangères, et celui du Travail et de la Prévoyance sociale, ont l’intention d’interpeller le gouvernement helvétique pour qu’il protège avec vigueur les émigrés italiens en Suisse. Le gouvernement devrait chercher à obtenir des modifications aux conventions actuelles, et en proposer de nouvelles, ainsi que des accords prévoyant l’affirmation des droits démocratiques des travailleurs italiens, l’adoption de mesures et d’interventions directes pour favoriser le regroupement familial des travailleurs émigrés avec leurs familles, ainsi que la protection de la personnalité et de l’intégrité physique des travailleurs italiens, sujets à une constante et odieuse discrimination sociale de nature clairement raciste, et dont la gravité a même été évoquée récemment par le Conseil fédéral suisse 1.

J’étais, moi, à l’abri: j’avais épousé un architecte suisse et avais ainsi obtenu la nationalité helvétique. J’avais même réussi, à la force du poignet, à réaliser mon rêve d’enfant et à faire des études de lettres. J’étais professeur dans l’enseignement secondaire et n’évoquais que prudemment mon pays d’origine. C’est que les années d’enfance vécues dans une zone grise, sur une série de mensonges et de cachotteries, étaient encore très présentes à mon esprit. Ma mère était saisonnière et n’aurait pas eu le droit de me faire venir en Suisse, où j’étais tout de même semi-clandestine. J’étais à la merci du moindre faux pas et, sans vouloir entrer ici dans les détails, disons que j’avais failli plusieurs fois me faire expulser. Le mariage m’avait «sauvée», à la dernière minute. Pendant ces années d’enfance et d’adolescence, j’avais tout entendu: dans la cour des écoles que j’avais fréquentées on m’a assuré que les «maguts» étaient tous crasseux, tous voleurs, tous prêts à assassiner père et mère… J’en passe. Nous étions encore traités, à l’orée des années 1970, comme le sont aujourd’hui les immigrés et les sans-papiers, qui viennent désormais du monde entier.

En fait, ce qui se manifestait alors, ce n’était pas plus qu’aujourd’hui une hostilité spécifique envers les Italiens: c’était cette culture du bouc émissaire qui crée «l’autre», afin d’avoir quelqu’un à rendre responsable de ses insuffisances et de ses problèmes.

Dans son essai, L’Orda, revenant sur une époque désormais obsolète, puisque l’Italie est devenue elle-même pays d’accueil, l’écrivain italien Gian Antonio Stella l’exprime très bien:

«Lorsque les “ Albanais ” c’était nous», écrit-il, «nous émigrions illégalement par centaines de milliers, on nous lynchait en nous accusant d’être des voleurs de travail, nous étions tous mafieux et criminels. Lorsque les “ Albanais ” c’était nous, nous vendions nos enfants aux ogres ambulants, nous organisions la traite des Blanches, nous semions terreur et anarchie en assassinant chefs d’État et pauvres passants, et nous étions si sales qu’on nous interdisait même la salle d’attente de troisième classe. Lorsque les “ Albanais ” c’était nous, nous portions sur le dos le poids de siècles de famine, d’ignorance et de stéréotypes infamants… Nous étions les Albanais des autres, hier encore – parce que nous étions différents. 1»

Beaucoup d’ex-immigrés considèrent que ces propos pourraient tout aussi bien convenir aux Suisses; auraient-ils oublié, remarque-t-on sur un ton acerbe, que les Suisses aussi ont dû, pendant des siècles, quitter leurs vallées arides et partir au loin en quête de pain? Eux aussi, ajoute-t-on, ont été un jour les Italiens ou les Albanais des autres.

Après cette esquisse de la situation, j’en reviens à ma colère du Nouvel-An 1970. La radio, les journaux, les tracts qu’on nous donnait dans la rue, ceux qu’on nous envoyait par la poste, martelaient le message de James Schwarzenbach et de son Action nationale. Chacun de nous, Suisses et non-Suisses, connaissait quelqu’un qui aurait dû quitter le pays si l’initiative avait été acceptée, et à ce moment-là il n’était pas du tout évident qu’elle ne passerait pas. Certes (voir Annexes), elle a été rejetée, mais 46 % des votants, avec une participation de plus de 70 % des électeurs (les femmes n’avaient pas encore le droit de vote), l’ont acceptée. À lire le matériel de propagande de l’Action nationale (qui allait changer son nom quelques années plus tard en Démocrates suisses), on est frappé par les ressemblances avec ce que disent ou écrivent aujourd’hui certains membres de l’UDC. Ce sont eux qui ont ramené le souvenir de la colère de l’époque.

La réédition

Depuis quelque temps, les lecteurs les plus divers me demandent ce qu’est devenue La Vermine.

«Ce serait peut-être un livre pour la situation présente», m’a-t-on dit de plus en plus souvent. J’ai fini par fouiller dans mes archives, par retrouver un exemplaire de l’édition originale. Je l’ai relu. J’ai été étonnée de constater à quel point cette fable était actuelle. Il suffirait de changer quelques expressions aujourd’hui devenues moins compréhensibles. De nos jours, les «Albanais», les Arabes, les Chinois, les Indiens, etc., etc., ce ne sont plus les Italiens, qui ne constituent désormais qu’une forte minorité, largement acceptée, et dont les deuxième et troisième générations connaissent encore tout juste leurs origines. Mais ce qui est dit de «l’autre» par les tenants d’une certaine mentalité politique n’a pas changé. L’Union démocratique du centre (UDC) n’existait pas encore en 1970, elle n’est née que quelques années plus tard, mais il est pratiquement certain qu’elle a recruté dans les rangs des 46 % de Suisses qui avaient accepté l’Initiative sur la surpopulation étrangère. Les idées n’ont pas changé – seule la cible est différente.

Le discours politique actuel et ses aléas mettent en évidence que, presque deux générations plus tard, nous distinguons encore parmi nous des «moutons noirs» que nous rendons responsables de tous les maux, et qu’une politique populiste utilise pour faire peur et pour pouvoir dire: votez pour «nous»; nous vous protégerons contre «eux». Le discours même que tenait, il y a plus de trente-cinq ans, «Jacques Bolomet».

***

La Vermine a été écrite en quelques semaines. L’idée a surgi vers fin 1969, le livre étant en vente en avril 1970. Il s’agissait en effet de le distribuer largement avant la votation, pour qu’il soit utile.

Nous étions tous trop occupés pour fignoler le texte: il n’y a donc eu aucun lectorat, ni pour le style, ni même, si j’en juge par l’état du texte que j’ai récupéré, pour?l’orthographe. Il a sans doute été relu après la composition, mais à la va-vite.

Pour cette réédition, j’ai donc fait le travail de lectorat qui a manqué la fois précédente: j’ai supprimé les maladresses, les italianismes (encore très nombreux chez moi à l’époque), les répétitions, j’ai changé quelques termes afin de les rendre clairs pour ceux qui les avaient oubliés ou jamais connus plutôt que de mettre des notes en bas de page (irritantes dans un roman). Mais je n’ai pas touché à l’histoire, qui reste telle qu’elle était à l’origine.

La différence la plus notable entre 1970 et aujour?d’hui, c’est sans doute qu’il serait pour ainsi dire impossible à Jacques Bolomet, à notre époque de communication universelle instantanée, d’ignorer des événements qui secouent toute l’Europe, même en étant au fin fond de la Sibérie.

***

Le deuxième rabat de couverture de l’original annonce la couleur:

«La Vermine ne veut pas être un “ acte littéraire ”. Certes, le récit emprunte à la littérature sa forme romanesque. {…} Cependant, il s’agit ici avant tout d’une contribution – d’écrivain certes – à la lutte antixénophobe qu’une partie de l’opinion suisse mène actuellement.»

Le livre a été vendu à la fois dans les librairies et au coin des rues, de façon militante. Je ne me souviens plus exactement du tirage: plusieurs milliers d’exemplaires, en tout cas, qui ont été rapidement épuisés. Il a paru en feuilleton dans le périodique Emigrazione italiana. Deux cinéastes (Pierre Nicole et Willi Hermann) ont tenté d’en faire un film, mais n’ont pas réussi à financer leur entreprise. J’avais fait la connaissance de Max Frisch lors de la fronde des écrivains et j’avais sollicité son autorisation de citer un passage de Monsieur Bonhomme et les incendiaires. Avant de me la donner, il avait voulu lire le manuscrit, qui lui avait plu: il avait décrété qu’il aurait fallu en faire un texte dramatique, auquel il allait «réfléchir». On en a pas mal discuté par la suite, mais cela non plus, ne s’est pas fait.

Pendant toutes ces années, il s’est régulièrement trouvé des lecteurs pour me parler de La Vermine, et ce sont ces lecteurs qui m’ont encouragée à rééditer ce petit roman.

Ce n’est pas avec plaisir que je l’ai remis en forme, plus de trente-cinq ans après sa première parution. J’aurais préféré que l’état du monde le rende inutile, et même qu’il permette qu’on l’oublie 1.

Annexes

Initiative populaire fédérale «contre l’emprise étrangère»

La Constitution de la Confédération du 29 mai 1874 est complétée comme il suit:

Article 69 quater

I

  • La Confédération prend des mesures contre l’emprise démographique ou économique étrangère en Suisse.
  • Le Conseil fédéral veille à ce que dans chaque canton, Genève excepté, le nombre des étrangers ne soit pas supérieur à 10 pour cent des citoyens suisses dénombrés lors du dernier recensement. Pour le canton de Genève, la proportion admise est de 25 pour cent.
  • Dans le compte des étrangers, selon le présent article, lettre b, ne sont pas pris en considération et touchés par les mesures contre la surpopulation: les saisonniers (qui ne demeurent pas plus de 9 mois par an en Suisse, et y viennent sans famille), les frontaliers, les étudiants de degré universitaire, les touristes, les fonctionnaires d’organisations internationales, les membres des délégations diplomatiques et consulaires, les hommes de sciences et les artistes ayant des qualifications particulières, les retraités, les malades et personnes en convalescence ou en traitement, le personnel d’hôpital, le personnel d’organisations de charité ou ecclésiastiques internationales.
  • Le Conseil fédéral veille à ce qu’aucun citoyen suisse ne soit congédié en raison des mesures de restriction ou de rationalisation, aussi longtemps que des étrangers, de la même catégorie professionnelle, travaillent dans la même exploitation.
  • Le Conseil fédéral ne peut utiliser la naturalisation comme mesure de lutte contre la surpopulation étrangère qu’en décidant que les enfants de parents étrangers sont citoyens suisses dès leur naissance, quand leur mère est d’origine suisse, et les parents domiciliés en Suisse au moment de la naissance (cf. art. 44, 3e al.).

II

  • L’article 69 quater entre en vigueur immédiatement après son acceptation par le peuple et les cantons, et l’arrêté de validation de l’Assemblée fédérale.
  • Pour les mesures prévues au chiffre I, b, la réduction doit être réalisée dans le délai de 4 ans dès l’arrêté de validation de l’Assemblée fédérale.

© Bernard Campiche éditeur, CH 1350 Orbe (Suisse) «La Vermine», édition revue et corrigée par l’auteur, a été réalisé par Bernard Campiche avec la collaboration de Marie-Claude Schoendorff, Daniela Spring et Julie Weidmann. Photographie de couverture: Marie-France Zurlinden.

12 commentaires
1)
Okazou
, le 10.08.2008 à 06:33

Merci pour ce roman fièrement politique et pour sa postface qui nous éclaire sur le rejet de l’autre en Suisse alémanique, en continu, des années 70 (comment la Suisse a-t-elle vécu les événements de 1968 et intégré ses valeurs ?) à nos jours avec la funeste UDC.

Ces 46 % de Suisses si exemplaires (et leurs rejetons de l’UDC), si fiers de se penser tels qu’ils se rêvent : polis, propres, religieux, neutres, fiables, modestes, ponctuels, économes, travailleurs, honnêtes, et qui ne sont, de fait , bien loin de leur délire d’auto-représentation, que des barbares accoutrés d’un vernis de civilité, ces gens persuadés de représenter le nec plus ultra de la société des hommes n’ont pourtant pas même atteint le degré de civilisation des premières peuplades primitives qui, elles, ont appris bien vite qu’accueillir l’autre est une raison, une force et une dignité. Sans quoi nous ne serions tout simplement pas là.

On voit que le programme de l’UDC est cousin du sarko-lepènisme ambiant chez nous, quand il ne le dépasse pas sur sa droite, ce qui est un comble.

En effet, aujourd’hui même, et jusqu’à 2011, la plate-forme électorale de l’UDC affiche ses objectifs : L’UDC « demande le renforcement de la libre expression des opinions par la suppression de la norme pénale contre le racisme ainsi que la dissolution de la Commission fédérale contre le racisme. » Comme si le racisme, ce crime contre l’humanité (le pire puisque le refus de l’autre c’est le refus de l’homme, le refus de soi), pouvait constituer une opinion.

Brassens chantait « ces imbéciles qui sont nés quelque part » et qui ne se rendent pas compte que la qualité dont ils se targuent d’être, en l’occurence nés-natifs de Suisse, n’est en rien leur mérite et qu’être né ailleurs n’est en rien une tare. Ça leur échappe, à ces fruits blets du hasard qu’on appelle des nationalistes, que quand on a la chance de venir au jour dans un pays pourvu de tout, un de ces rares pays de la planète où le nouveau-né est presque assuré d’un avenir souriant, on doit faire son modeste. C’est de la politesse, de l’élégance, c’est rendre justice et service au monde que de tendre la main à son prochain quand il est dans la difficulté. Une fierté mal placée, illégitime, abusive, habite le nationaliste qui a chassé tout sentiment d’humilité de ses propres valeurs. Le nationaliste est ainsi fait qu’il prend ses tares pour des valeurs.

Merci donc, Anne, d’être encore et toujours sur la brèche. Tu n’es pas seule. Nous ne sommes pas seuls.

2)
LC475
, le 10.08.2008 à 09:37

Merci pour ces explications ainsi que ces rappels historiques qui restent malheureusement d’actualité.

PS : N’y aurait-il pas des “1” intrus qui se seraient glissés dans le texte ?

3)
Gr@g
, le 10.08.2008 à 10:02

merci pour cette postface, qui me permet de réaliser ce qu’était une partie de la réalité sociale de ces années (que du coup, je vais moins idéaliser)…

4)
Anne Cuneo
, le 10.08.2008 à 10:41

Les 1 et les 2 malencontreux se réfèrent à des notes dont je n’avais pas remarqué qu’elles n’avaient pas passé dans la mise en page. Ce sont les références des citations, pas très importantes au fond, c’était plus par souci d’exactitude qu’autre chose.

5)
Anne Cuneo
, le 10.08.2008 à 10:46

Chers amis,

Je vous informe que: a) François étant d’accord, b) Bernard Campiche (mon éditeur) étant d’accord c) le sondage ayant indiqué que 86 % des personnes qui ont répondu sont favorable à l’idée du feuilleton dominical, ledit feuilleton continue.

Il n’y aura rien dimanche prochain.

Mais dès le dimanche suivant, je mettrai en ligne la première aventure de mon enquêteuse Marie Machiavelli, Ame de Bronze. Le livre étant constitué de 14 ou 15 chapitres de longueur égale, vous aurez droit à un chapitre par dimanche.

Et si au bout de quelques chapitres certains d’entre vous souhaitent une lecture papier, je rappelle que tous ces livres existent, et qu’on peut les acheter directement par internet chez Bernard Campiche ou, du moins en Suisse, dans les librairies.

Merci de votre enthousiasme – et à bientôt pour de nouvelles aventures.

6)
François Cuneo
, le 10.08.2008 à 11:09

Bon, ben selon, j’espère que je serai prêt avec le premier chapitre dans deux semaines hein…:-)

C’est une très bonne idée, le chapitre par dimanche.

Merci à Bernard d’accepter.

7)
fxprod
, le 10.08.2008 à 11:11

Mais dès le dimanche suivant, je mettrai en ligne la première aventure de mon enquêteuse Marie Machiavelli, Ame de Bronze. Le livre étant constitué de 14 ou 15 chapitres de longueur égale, vous aurez droit à un chapitre par dimanche.

Voilà une idée qu’elle est bonne, Merci Anne de nous faire partager un peu de ton univers.

8)
LC475
, le 10.08.2008 à 11:17

Bonnne nouvelle ;)

9)
zit
, le 10.08.2008 à 11:54

Super !

Merci Anne, François et Bernard, vivement dimanche dans deux semaines…

Je sens que ça va me donner envie de passer commande chez un libraire, ça…

Sinon, on sent bien le “coup de pouce” de Kafka, quand ça devient bizarre…

z (encore merci cuk, et vive la lecture, je répêêêêêêête : en ce moment, je me détends avec Terry Pratchett, MDR ;o)

10)
mff
, le 10.08.2008 à 16:23

Belle idée Chouette, Chouette, Chouette, Chouette, Chouette, Chouette, Chouette, Chouette,

Merci :)

11)
Saluki
, le 10.08.2008 à 17:55

Voilà une idée qu’elle est bonne !

Peut-être bien que Marie Machiavelli roule en Alfa ;°)

Merci 1001 fois Anne de cette contibution à rendre l’attente des d!manches fébrile. Personne ne pourra plus chanter la chanson/goualante de Juliette Gréco

12)
Emilou
, le 11.08.2008 à 10:01

La Suisse Alémanique n’a pas, hélas, le monopole de ce racisme larvé à l’encontre des émigrants italiens. J’ai connu dans ma jeunesse en Belgique ce mépris choquant qu’avait le « bon « belge envers les mineurs italiens qui soit dit en passant venaient faire le travail, à la demande de notre gouvernement, que bon nombre de travailleurs indigènes jugeaient trop dangereux. Nous n’avons pas connu de mort d’homme, mais la démarche était la même. Le vocable « macaroni » qui pourrait paraître maintenant anodin ne faisait que traduire les peurs, peut être, mais surtout le dédain, l’arrogance aussi de certains « petits » belges. Je me souviens de ces baraquements indignes datant de la guerre 40-45 (quartier du pope disait-on à l’époque) où l’on entassait les mineurs italiens, je me souviens de l’indignation de mes parents envers le traitement inique infligé à cette main d’œuvre qui participait activement à l’essor de la Wallonie. La culture italienne était pourtant proche de la nôtre, la plus proche qui soit, comme chacun le sait ! Le remake actuel à l’encontre de l’arabe pourrait s’expliquer par la crainte d’une culture si différente de la nôtre qui pourrait la supplanter. L’expérience de l’émigration italienne prouve le contraire. La peur de l’étranger ne fait aucun tris ! Dieu merci le temps a aplani certains à priori , l’émigré italien a conquis ses lettres de noblesse en Belgique, des Adamo, Claude Barzotti, Frédérique François, des ministres même d’origine italienne font partie du patrimoine belge. Allons tout n’est pas perdu, mais pourquoi faut-il tant d’années pour que les intelligences se réveillent afin de se débarrasser de cette déviance de l’esprit qu’est le racisme. Il faudra attendre que des noms de chanteurs soient de consonances arabes pour que mon pays se guérisse de ses nouvelles inquiétudes Des hommes politiques portant des noms arabes fleurissent chez nous, c’est déjà bon signe. Foin d’optimisme béat, la xénophobie a encore de beaux jours devant elle, à croire qu’elle fait partie intégrante de l’âme humaine, mais si, n’ayons pas peur des mots, elle en fait bien partie….je me demande même si certain y échappe.