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J’ai de la chance…

Chargé par la Direction des Écoles de présenter un spectacle de poèmes à des élèves de troisième, quatrième, cinquième et sixième années, je viens de passer une semaine dans les Écoles Primaires de Genève: en tout douze représentations pour vingt-quatre classes d’enfants, âgés de huit à douze ans.

J’aimerais vous faire part de mon bonheur… Non, d’abord de celui des enfants, reflété dans leurs yeux tantôt malicieux, tantôt sensibles, ou amusés, graves, tristes, à l’écoute des poèmes du magicien Prévert. Mais de mon bonheur aussi, bien sûr, ressenti dans le plaisir de pratiquer mon métier, de constater l’utilité de mon travail. C’est miraculeux de réunir en son activité la nécessité de gagner sa vie et la satisfaction de constater l’intérêt de son engagement. Pendant cinquante minutes, trois fois par jour, pour cinquante élèves à la fois, j’ai raconté sous forme de spectacle des poèmes de Jacques Prévert, en les interprétant à la manière du comédien.

Alors que je pratique ainsi la poésie depuis longtemps dans les écoles, une fois de plus j’ai été étonné de constater la joie et la spontanéité des enfants à recevoir des mots, des images, des histoires.

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Ce que l’adulte analyse par le cerveau, l’enfant le perçoit par intuition, ce qui l’on dissèque par le raisonnement, l’enfant le saisit par le cœur. Il a le sens inné de l’humour, beaucoup d’aisance dans l’image… Je me souviens d’avoir entendu un tout petit dire un jour, pour signifier qu’il avait mis ses souliers à l’envers: « Maman, j’ai les pieds qui font la grimace… »

Pour revenir à Prévert, je prends un exemple, « Inventaire ». Dans son avalanche d’énumération de vocables, le poète propose: « une femme du monde, un homme du monde, un couvercle de cabinets… », immédiatement les rires fusent chez des petits, alors que ce n’est pas souvent le cas chez les adultes. Je vois les enfants tout près de moi sourire quand Prévert propose de « faire le portrait d’un oiseau », je les entends rire à « L’Amiral Larima, l’Amiral rien… », je perçois fuser de grands OH! et AH! quand je dis « tu enlèveras tous tes vêtements et tu resteras debout, nue, avec ta bouche rouge comme les piments rouges… », je les devine rêver au périple des deux escargots qui s’en vont à l’enterrement d’une feuille morte… J’entends souvent des rires, mais je ressens aussi la gravité, ou un voile de tristesses dans d’autres poèmes: La Grasse matinée, Déjeuner du matin…

Je pourrais continuer à énumérer beaucoup de leurs manifestations sensibles, tout au long du spectacle…

Ce qui m’intéresse de ces réactions, c’est de vérifier combien leur perception de la poésie confirme le terrain fertile de la sensibilité des enfants. Si beaucoup de parents reconnaissent cette qualité chez leur propre progéniture, ils sont loin de la concéder aux « jeunes » en général, à un groupe d’enfants autres que les leurs. Souvent on me met en garde: « de la poésie dans ce quartier? Je me réjouis de voir comment ils vont se comporter, attendez-vous au pire… » Moi, je vois réagir mes petits spectateurs comme des enfants, des adolescents: le sourire aux lèvres, le cœur grand ouvert. Parfois, c’est vrai, il m’arrive aussi de reprendre l’un d’eux pour son comportement inadéquat, mais c’est très rare.

Non seulement je ne suis pas fatigué de « jouer » trois fois, parfois quatre, dans la même journée, mais j’en sors dynamisé, content, envieux de reprendre le lendemain.

Quand la poésie est adaptée, aussi bien dans le fond que dans la forme, à l’âge des enfants, c’est un outil puissant pour poursuivre avec eux notre travail d’adultes. Sur le plan humain, c’est un moteur à même de faire vibrer en eux la corde du beau, de la sensibilité et des sentiments. Sur le plan pédagogique, c’est la possibilité de développer chez l’enfant l’aisance dans la prise de la parole en public, l’entraînement de leur mémoire, l’élargissement du vocabulaire, leur imaginaire… Je suis donc très étonné de constater aujourd’hui le peu de place qu’il reste pour l’approfondissement de la poésie dans les programmes scolaires. S’il y a quelques années Prévert en faisait partie, il doit y avoir disparu. Et pas seulement lui… Aujourd’hui, à part un éventuel poème à Noël et à la Fête des Mères pour les plus petits, très peu d’enseignants continuent à la travailler avec leurs élèves autour du poème.

Je trouve cette carence dommageable…

Moi, je continue à me sentir chanceux de poursuivre mon périple dans des écoles. Je le trouve plus gratifiant que dans des théâtres, auprès du « public », en général. Les adultes, à un spectacle, attendent souvent des effets de manches ou de voix, un fastueux décor, de luxueux costumes, de somptueux éclairages. Avec des enfants disposés près de moi, les premiers à un mètre, le dernier à quatre au maximum, j’ai l’impression que les mots suffisent… Les mots, avec leurs multiples signifiés, leur simplicité, leur force, leur beauté…

Et je me sens heureux d’être pour eux un passeur d’images…

15 commentaires
1)
fxprod
, le 29.02.2008 à 00:26
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J’ai eu le même sentiment il y a qlq années, une école m’avait demandé de montrer succintement aux enfants du primaire le développement des papiers photos, leurs yeux admiratif devant leur oeuvres, la magie de l’image qui monte dans le révélateur. Nous n’avions fait que des contacts avec des objets de leur quotidien, ils étaient fâchés de ne pouvoir rentrer chez eux avec leur trésors, le lavage et le séchage prenant trop de temps.

Pour l’anecdote, la directrice m’avait prévenu bien gentiment qu’il y avait quelques petits numéros, tout c’est très bien passé jusqu’au jour ou dans le noir absolu j’ai pris un coup de pied au c…, n’ayant pas fait de cours de psychologie enfantine j’ai été vraiment ennuyé pour réagir, je suis parti dans un éclat de rire et la semaine suivante je suis venu avec du 10/100/1000 révélateur film qui a la fâcheuse tendance de brunir les mains de façon exagérée ( je précise sans aucun danger mais la teinte brune tient une bonne quinzaine de jours) et j’ai fait développer un film voilé par le loustic en question. A la sortie des cours je suis allé expliqué la chose aux parents du petit diable qui l’on très bien pris et son institutrice m’a expliqué qu’il gardait ses mains en poches et que tout le corps professoral le taquinait en lui disant que cela n’était pas très poli…

2)
Okazou
, le 29.02.2008 à 06:29
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« Souvent on me met en garde: “de la poésie dans ce quartier? Je me réjouis de voir comment ils vont se comporter, attendez-vous au pire…” »

Cette société marchande est parvenue à créer un gouffre entre la réalité sensible des gens, dont le caractère éternel n’est pourtant pas douteux, et la perception négative et agressive que l’on (ce monde marchand libéral) « vend » dans les médias pour décrire ceux que l’on veut exclure en les salissant.

Pourtant, tous ceux qui connaissent, parce qu’ils les rencontrent, les gens des « quartiers » disent et répètent qu’entre l’image ressassée dans les medias et la véritable nature des hommes qui vivent là il existe un abîme. Un abîme de racisme social savament distillé et aujourd’hui installé dans les esprits. C’est répugnant.

Les enfants les plus jeunes sont aujourd’hui soupçonnés ; on bafoue jusqu’à leur nature profonde, leurs qualités humaines ne sont pas mises en doute, elles sont niées. Les nouveaux parias habitent les quartiers populaires. On ne les contraint pas encore à porter un signe distinctif permettant de les reconnaître à distance – imaginez quelque chose en forme d’étoile de couleur particulière – mais déjà leur adresse est discriminante, comme leur identité. On parle d’eux couramment comme d’êtres potentiellement dangereux. Tout petit, déjà, l’enfant est suspecté ; souvenez-vous de ce merveilleux projet de Kasstoipôvkon 1er (spéciale zit) sensé détecter la mauvaise graine dès la maternelle, de la ficher et de l’ostraciser. De la maternelle à la prison sans passer par la case de ceux qui ont le droit de vivre. Rien à tirer de cette mauvaise graine, la Bible nous a appris à séparer le bon grain de l’ivraie, Dieu merci (spéciale Origénius). Méfiance, vous dis-je !

« Quand la poésie est adaptée, aussi bien dans le fond que dans la forme, à l’âge des enfants, c’est un outil puissant pour poursuivre avec eux notre travail d’adultes. Sur le plan humain, c’est un moteur à même de faire vibrer en eux la corde du beau, de la sensibilité et des sentiments. Sur le plan pédagogique, c’est la possibilité de développer chez l’enfant l’aisance dans la prise de la parole en public, l’entraînement de leur mémoire, l’élargissement du vocabulaire, leur imaginaire… Je suis donc très étonné de constater aujourd’hui le peu de place qu’il reste pour l’approfondissement de la poésie dans les programmes scolaires. »

Tu parles d’or, Roger. Les enfants sont dignes de la poésie comme la poésie est digne d’eux. Mais le système éducatif est considéré par la droite libérale comme un fournisseur d’une main-d’œuvre dont elle n’a rien à foutre qu’elle poétise. Perte de temps. Pensez donc ! Avec tout ce chômage, on a mieux à faire que chercher à élever l’homme et à lui donner le sens du beau, du généreux et du digne, encore moins du partage et du sens critique. Autrement dit, au prix où sont les nouilles il est temps de fermer sa gueule.

Alors, c’est curieux, Roger, nos pensées ont dû se croiser hier en fin d’après-midi car j’ai lancé dans une structure culturelle de mon quartier le projet, qui sera effectif à la rentrée prochaine, d’un atelier d’écriture ouvert à tous ceux que la plume démange, à tous ceux qui ont besoin d’exprimer des sentiments humains, de les faire partager, de sortir le meilleur d’eux-mêmes, ce qu’ils ont enfoui au fond de leur être et qu’ils voudraient donner aux autres. Les rimbauds nouveaux sont arrivés !

Car la poésie n’est pas morte, Roger, elle s’habille simplement de nouvelles parures.

Aujourd’hui, on « slame », on « spoken worde ». Bon, voilà encore l’Anglo-Saxonnie qui s’impose, dira-t-on (dix ratons… laveurs ?). Mais on « slame » en bon français et on « slame » bien. On joue du verbe en orfèvre, en amoureux des mots passionné par la langue et sa musique. On cisèle, monsieur ! On chantourne, on fait de la marquetterie du vocabulaire !

Le « slam » est un genre poétique qui s’exprime publiquement et s’appuie sur une scansion marquée du texte. La scansion porte, soutient les mots, marque et renforce l’expression, lui adjoint une manière de musique, presque un timbre, des formes, un relief, même si en guise de solfège on se contente de celui des rythmes. On « slame » dans les cafés, souvent. On organise des « battles », des batailles de textes très pacifiques dans lesquelles, pour lesquelles on s’expose ; des batailles joviales, tendres ou truculentes, sensibles ou drôles, infiniment humaines, devant un public captivé et gourmand qui en redemande.

Le « spoken word », quant à lui, est une « évolution » du slam, un surgeon, un drageon en marcotte. Point de batailles, point de scansion ostensible mais un spectacle complet.
Ce projet naissant verra ainsi intervenir un atelier de mots pour les « diseurs », des musiciens de jazz ou/et de musiques du monde, une troupe de danse, des décorateurs et des costumiers. Tous amateurs. Enfants des écoles, adolescents avides d’expression libre, musiciens et danseurs demandeurs de scène, bricoleurs émérites en manque de création. Des écoliers au doyen, poète presque octogénaire, pas de barrière d’âge, de sexe, de caste, que sais-je… Encore moins de bling-bling : de l’âme, du cœur. Du solide : des gens.

Tous derrière la poésie d’aujourd’hui.

3)
François Cuneo
, le 29.02.2008 à 06:48
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Il ne me semble pas que l’école soit à la solde des patrons Okazou, et nous faisons beaucoup pour ouvrir l’esprit des élèves indépendamment de ce qu’ils peuvent rapporter un jour, tout en les préparant tout de même à ce qu’ils vont devoir vivre. Toujours cette différence entre nous:-)

Le pragmatisme, faire avec ce que l’on a, pour qu’avec les contingences, on fasse au mieux, contre ton “tout est pourri, faut les éduquer autrement, tant pis si la société ne suit pas derrière tout de suite”. Ça fait tout de même quelques sacrifiés tout ça, jusqu’à ce que l’idéal passe…

Cela dit, les émerveiller devient de plus en plus difficile, blasés qu’ils sont par un peu tout, tellement souvent.

C’est d’ailleurs ce qui m’étonne quand Roger vient dans notre école. Je lui dis toujours: je suis sûr qu’ils sont trop petits… Il me répond inlassablement: on essaie… Et ça passe.

Ça passe d’autant plus quand il y a du sourire dans la poésie. Alors Prévert, vous pensez!

4)
Okazou
, le 29.02.2008 à 06:55
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« Il ne me semble pas que l’école soit à la solde des patrons Okazou »

Je ne dis pas que l’école est à la solde des patrons, je dis que les patrons veulent une école qui produise des employés utiles à leurs affaires.

Deux mondes s’affrontent donc, celui de ceux qui pensent que l’école doit développer les qualités potentielles de l’homme dans ses humanités et que tout homme ainsi enrichi de valeurs humaines saura s’adapter à un monde qui lui appartient, celui de ceux qui pensent que l’école est utilitariste et doit fournir les patrons, à qui le monde appartient, en futurs travailleurs soumis et malléables.

C’est assez clair maintenant ?

5)
Gr@g
, le 29.02.2008 à 07:45
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Merci Roger Cuneo pour cette belle humeur qui me fait penser à un passage que j’effectue à chaque volée dans la classe de ma femme (enseignante du CYP 1). En effet, je passe pour deux heures de présentation des instruments de type piano. Je me déplace dans la classe avec un synthé, des posters et une découpe du système (depuis la touche jusqu’au marteau qui frappe la corde).

Il faut voir que les quelques morceaux que je leur joue avec différents sons (orgue d’église, piano électrique, honky-tonk, clavecin…) provoque chez eux une surprise et un enthousiasme incroyable. Je ne fais même pas des morceaux en entier, et ils ont l’impression d’avoir assisté à un concert d’un virtuose (ce que je suis très loin d’être…).

En tout cas, en tant qu’intervenant extérieur dans des classes, je trouve formidable de voir quelle réaction nous sommes capables de provoquer, et souvent le souvenir que nous laissons… et bien sûr, les souvenirs que nous gardons en nous…

6)
Caplan
, le 29.02.2008 à 08:05
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C’est d’ailleurs ce qui m’étonne quand Roger vient dans notre école. Je lui dis toujours: je suis sûr qu’ils sont trop petits… Il me répond inlassablement: on essaie… Et ça passe.

Un peu, que ça passe! A chaque fois, c’est un enchantement. Les enfants regardent Roger et moi je regarde les enfants. La poésie est dans leurs yeux, c’est sûr et ça rassure.

Merci pour ton enthousiasme, Roger!

Milsabor!

7)
zit
, le 29.02.2008 à 08:09
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Merci pour ce témoignage, Roger, mais le titre ne dit pas tout, sutout, il cache l’essentiel!

Ce sont les enfants à qui tu “dit” Prévert, ainsi que leurs maîtresses et maîtres, puis leurs futurs professeurs de français qui ont bien de la chance! Comme certains ici, j’ai eu la chance et le privilège d’assister à une de tes représentations, sous les frondaisons, et je regrette de ne pas y avoir eu droit il y a 30 ans! Ça m’aurais ouvert le “coeur”, car c’est à lui que s’adresse la poésie. Malheureusement, l’école ne m’a ouvert que l’esprit, et aujourd’hui, mon coeur est sec: je ne “comprends” pas la poésie… Normal, il n’y a rien à comprendre! Juste à se laisser bercer par les sons, pénétrer par les images. Et pourtant, je suis un gros lecteur, justement très sensible aux enchaînements de sons, goûtant avidement à la poésie cachée sous la prose, mais incapable de tenir plus de 3 pages d’un recueil de poèmes. Même chez un Queneau, un de mes écrivains favori, qui émaille sa prose de nombreuses couches de sons jubilatoires… A trop vouloir faire apprendre “par coeur”, le plaisir du son et du sens se perd, on ne retiens que la coquille, et elle sonne creux.

Donc, merci pour eux, Roger, mais c’est vrai, tu as bien de la chance, de pouvoir faire ce que tu aime… Mais est–ce vraiment de la chance? On est ce que l’on fait, malgré tous les déterminismes, à force de “travail” sur soi, d’opiniâtreté, de courage, on va vers ce que l’on souhaite, encore faut–il souhaiter quelque chose.

Okazou, ils en ont, de la chance, ceux qui vont participer à ton atelier…

z (“vis chaque jour comme si ça devait être le dernier”, je répêêêêêête: “vis chaque jour comme si c’était le premier” Alain Damasio in La horde du contrevent, c’est probablement déjà une citation, mais de qui? magnifique ouvrage de “littérature de l’imaginaire”, où justement, l’auteur cherche à faire sonner juste ses mots, allez voir sur le site, dans “l’univers du livre”, la rubrique atelier dans laquelle il nous offre la genèse d’un paragraphe, quatre versions sur trois ans… texte ciselé! et on sent que tout le bouquin est comme ça…)

8)
fap76
, le 29.02.2008 à 09:15
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Hello à tous,

Juste pour rebondir sur ce qu’a Okazou.

J’ai pensé longtemps que la poésie faisait partie du passé et du parcours scolaire que j’ai quitté il y a déjà quelques années, qu’elle était limite obsolète…

Et j’ai, comme lui, découvert l’existence du Slam, surtout des slameurs les plus connus que sont Ab Al Malik et Grand Corps Malade pour les francophones que nous sommes. J’ai eu la chance d’aller les voir en concert, 2 fois pour le premier et 1 fois pour le second.

Et bien je dois vous avouer que j’ai eu la chair de poule en entendant Abd Al Malik slamer (déclamer)!! J’en suis arrivé à la conclusion que la poésie n’est pas morte, bien au contraire.

Elle a juste changé de forme, changé de code. Je vous accorde que la richesse grammaticale a peut-être diminuée, mais c’est sans doute au bénéfice d’une plus grande spontanéité dans l’émotions (attention, je n’enlève rien aux grands poètes de mes études :-) ).

Et puis, n’est-ce pas la première fois dans l’histoire que des poètes déclament devant des parterres de plusieurs milliers de personnes, n’est-ce pas la preuve que les jeunes, et même ceux de banlieue aiment la poésie ? :-)

Fred

9)
Emilou
, le 29.02.2008 à 09:53
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François, tous les instituteurs ne sont pas logés à la même enseigne, je suis certain que tu fais ton travail dans les règles de l’art… c’est le cas de le dire. Hélas à côté d’enseignants consciencieux il en est d’autres qui ne daignent pas s’investir dans des disciplines moins utilitaristes, comme ils disent. C’est souvent par pure paresse, même chez les professeurs il y a des fonctionnaires à la petite semaine. je crains que la relève soit plus soucieuse parfois de voir dans le métier essentiellement un confort d’horaire plutôt qu’une vocation avec la dose d’investissement nécessaire. Bon je ne voudrais pas jouer à l’ancêtre qui était parfait, il y a chez les jeunes recrues des personnes de qualité, inventives, courageuses. Il est sot voire inconscient de croire par exemple que les mathématiques soient toujours plus importantes qu’une initiation à l’art dans toutes ses formes. Je sais de quoi je parle j’ai été un prof de mathématiques et j’ai toujours évité de leurrer les élèves en leur disant que sans elles il n’y avait pas de salut et ce d’une façon pontifiante. Un prof qui se contente essentiellement de prêcher pour sa chapelle est une personne étriquée, emmerdante, qui fait un tort considérable à ses élèves. Un cours de français ne peut pas être uniquement un cours de langue….c’est plus facile évidemment ! Un cours de langue sans une allusion à la culture de l’autre est lettre morte. Un cours de sciences sans une approche “philosophique” est un cours tronqué. Un cours de morale qui ne serait qu’une juxtaposition de règles est une imposture. Un cours de géographie sans approche humaine est sans intérêt……..

10)
Roger Cuneo
, le 29.02.2008 à 10:23
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Je partage l’analyse d’Emile Verschueren dans son commentaire 9. Je voudrais ajouter, pour avoir travaillé dans un Institut de Formation Pédagogique, que peu de formateurs ont le souci de relier les enseignements, de les ouvrir sur le monde.

On apprend à un enseignant à dispenser le savoir de sa branche et l’on observe sa manière de gérer la classe de manière disciplinée.

On n’initie même pas les futurs prof à la manière de s’adresser aux élèves par la voix, ses modulations, par le corps, sa gestuelle, alors que c’est un des instruments de base de leur travail et que c’est un apprentissage précieux, utile pour faciliter la compréhension de l’élève, la fatigue du prof.

Alors quant à relier les savoirs…

C’est dans la formation des enseignants qu’on devrait porter le plus grand soin. Chez nous, à Genève, les perspectives ne sont pas réjouissantes…

11)
alec6
, le 29.02.2008 à 10:28
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Ce jour exceptionnel se devait d’être représentatif de sa rareté calendaire… pensez donc, une fois tous les quatre ans… vingt-cinq fois par siècle uniquement ! C’est un signe !
Un peu de poésie ne peut faire que du bien à tout le monde !

Merci Roger !

12)
alec6
, le 29.02.2008 à 10:45
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Quant à l’enseignement… mes enfants ont peut-être la chance inouïe de fréquenter une école de la République dans le XXe ardt à Paris où visiblement ils prennent plaisir à apprendre des poésies, à nous les lire et réciter…
Je précise que cet arrondissement est encore populaire, la mixité sociale y est réelle.

Comme quoi, tout n’est pas perdu.

13)
Caplan
, le 29.02.2008 à 11:32
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Dans Gougueule, j’ai entré “roger cuneo”, puis j’ai cliqué sur le bouton j’ai de la chance. Le résultat est bien joli!

Milsabor!

14)
fap76
, le 29.02.2008 à 11:57
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A alec6,

En effet, c’est un jour exceptionnel… c’est mon anniversaire, enfin, youhouhouhou…

Et personnellement, en effet, je trouve qu’il y a de la poésie dans ce jour, dans le pourquoi de sa création, dans les exceptions dans sa règle (en effet, il n’y a pas toujours 25 fois le 29 février par siècle (voir ici).

Bref, c’est une date qui a de l’histoire, des règles, des exceptions à ses règles… le français quoi :-)

Fred

15)
mff
, le 29.02.2008 à 13:13
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Roger, tu m’a fait sourire :) car je regarde ces mômes lorsque l’on raconte contes, histoires ou lorsque l’on fais du theatre avec eux et. . …. .j’y vais . . . .pour les regarder ;)

En ce moment mon mari répète avec eux un texte qu’il a ecrit pour un cadre scolaire, ! d’une representation .

Les plus jeunes ont une facilité plus naturelle d’acteur, les plus grands autour de 8 ans étant déjà plus « influencé »

Un petit, c’est interrompu dans son récit et à demander de sa petite voix serieuse, (s’apperçevant sans doute qu’il ne fallait pas réciter scolairement)

« Monsieur es-ce que je peux dire comme je veux ? Après encouragement en ce sens il l’a fort bien interprété ! assez inattendu !

Il faut dire qu’il y va beaucoup de la personnalité du conteur ou du comedien qui entre en jeu pour captiver ces mômes de tous bords.

Peut-être des personnes venant de l’exterieur et peu pris dans la machine scolaire change telle un peu l’oxygène ?

Je partage l’avie d ‘EmileVerschueren

Il y a pas mal d’enseignants à tous les nivaux ( en suisse en tout cas) à l’esprit « fonctionnaire fort gentil et fort poli »

Quoique les fonctionnaires il y en ait un peu partout si n’y à pas de passion !

La bouille des mômes émerveillés , c’est beau :)

PS: Si quelqu’un à une belle robe de princesse et tout le tralalal pour une petite princesse taille plus ou moins 128, merci de me contacter-Merci